15/05/2015

Une virée à Dijon

Nous parlons beaucoup des Genevois qui font leurs courses en France, mais rarement de ceux qui continuent, mordicus, à faire leurs achats ici. «Je vis à Genève, j’achète à Genève»!

Quand il arrive à ces irréductibles de faire leurs emplettes sous d’autres cieux, pendant les vacances, par exemple, leurs principes vacillent…

Après Jean-Jacques et son Cassis de Dijon, voici Danièle et sa moutarde. De Dijon, toujours. Le produit, même marque, même contenant et contenance s’achète ici CHF 4,40 et 74 centimes d’euro en France. Il y a comme un hic!

Les grandes enseignes ont beau claironner «l’euro baisse, nos prix aussi», ça coince sérieusement. Comment se fait ce? demande Danièle, dans un courrier adressé au service des consommateurs de la Coop.

La réponse vaut ce qu’elle vaut, mais elle a le mérite d’exister.

Quand ce magasin propose à ses clients des spécialités, comme cette moutarde Amora qu’elle fait venir en toutes petites quantités, les coûts de base sont conséquents. Les raisons?

Ces spécialités sont livrées par des importateurs établis en Suisse qui se servent au passage. A quoi s’ajoutent encore les frais de douane, de logistique et de personnel. Tout ça se paye.

Comment faire diminuer les prix? Paraît que la Coop a signalé à l’importateur qu’une baisse du prix de ce produit est attendue, sans quoi elle pourrait être forcée de retirer l’article de son assortiment. Affaire à suivre, donc.

En attendant d’être fixée sur le sort de la moutarde, je vous conseille, chère Danièle, une virée à Dijon. A moins que cette pub ne vous monte au nez…

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13/05/2015

Ascension droit devant

Tapez Ascension 2015 sur votre clavier d’ordinateur et vous verrez apparaître à l’écran les dates de ce jour férié pour les années à venir.

Arrivent sitôt après les précisions concernant les vacances scolaires; les idées d’évasion; les propositions de sorties, d’activités sportives ou de bons plans. De quoi remplir ce temps libre sans s’ennuyer.

C’est ainsi! Pour les trois quarts des gens, et même davantage, l’Ascension ne signifie rien d’autre qu’un jour de congé généreusement offert.

Par qui et à quelle occasion? Peu importe, au fond, puisque c’est un jeudi de gagné. Et une occasion rêvée de faire le pont.

J’avoue que je n’aurais pas spécialement pris garde à cet aspect des choses si un message interne à la rédaction ne m’avait titillée. Ce courriel rappelait les horaires d’édition de l’Ascension et était illustré, une fois n’est pas coutume, par une peinture ancienne.

Elle représente l’élévation du Christ après sa résurrection et la fin de sa présence sur terre. Avec des auréoles dorées et des anges tout partout. Mais oui, mais c’est bien sûr!

Cette petite piqûre de rappel n’est pas inutile, qu’on soit croyant ou non: avant d’être un simple jour de congé, l’Ascension est une fête chrétienne intervenant 40 jours après Pâques.

Ainsi donc, cette montée aux cieux correspond à la descente dans le Sud des amateurs de pont. Allez y comprendre quelque chose!

Notez que cette année, l’Ascension tombe sur la journée mondiale contre l’hypertension. Et je n’ai pas trouvé de quoi faire le lien entre les deux...

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12/05/2015

Essayé, pas pu

Ils se sont plantés, ils ont fait chou blanc. Et quand les carottes sont cuites, paraît que c’est la fin des haricots…

Peut-être que ces comparaisons potagères ne plairont pas à tous les candidats malheureux, eux qui ont bu la tasse (ou le bouillon) dimanche. C’est qu’ils sont dans les myrtilles, me glisse le Chaux-De-fonnier d’en face.

La chose peut encore se dire d’autres façons. Ils ont fait buisson creux. Ils se sont pris une pelle. Voire une veste.

Ou alors les recalés sont chocolat. A prendre dans le sens frustrés de ne pas avoir obtenu ce qu’ils désiraient. Les expressions ne manquent pas pour signifier que les électeurs n’ont pas voulu d’eux…

Le deuxième tour des Municipales  est donc terminé et nous avons eu droit à toutes ces photos d’élus posant, tout sourire, avec des grosses gerbes de fleurs plein les bras.

Et les autres? Ils font le plus souvent dans la discrétion. Ils ont essayé, pas pu. Mais ils y ont cru. D’où leur triste mine dimanche soir. Après aussi.

Pourtant, leur bobine souriante et conquérante s’étale toujours sous nos yeux. Sur les panneaux d’affichage. En grand parfois sur les bus et les trams.<

J’ose pas imaginer l’effet que ça leur fait de se dévisager ainsi, alors que les jeux sont faits. Vous me direz que ces gens-là ont le cuir solide, sinon ils ne se mettraient pas dans de telles situations. Mais tout de même. C’est rude.

En ville, les colleurs d’affiches sont à l’œuvre depuis hier pour recouvrir de publicités estivales les portraits de tous les politiciens, élus ou pas. Les TPG devraient s’y mettre aussi. Qu’ils fassent vite, ce serait mieux pour tous.

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11/05/2015

parlez-moi d'moi...

Une chanson tourne en boucle dans ma tête depuis des jours, et pas moyen de m’en débarrasser. Comment pourrait-il en être autrement, puisque ce qui la déclenche se répète tous les jours dans la rue?

La ritournelle en question est un vieux tube, dont je ne retiens que cette supplique: «Parlez-moi d’moi, y a qu’ça qui m’intéresse, parlez-moi d’moi, y a qu’ça qui m’donne d’l’émoi…» le tout sur un mode guilleret et entraînant.

Guy Béart chantait ce refrain, Jeanne Moreau aussi. C’est dire si ça fait un bail que le sujet titille. Parlez-moi d’moi!

Avec la mode des selfies, autrement dit autophotos, c’est pas loin la même histoire. Plus besoin de se faire flatter avec de belles paroles, suffit d’être au cœur du regard. Pile dans le viseur.

Notez que le refrain de Béart ne me vient pas en tête lorsque je vois ce type de photo immortaliser des groupes de copains, des familles. Le pape avec les jeunes. Une équipe de sportifs. Une classe en vadrouille. Très bien.

C’est l’égoportrait, comme ils disent du côté du Québec, qui me chagrine toujours plus. Celui qui se pratique comme un clic devant le miroir.

Ça finit par donner: moi à la plage; moi au magasin; moi dans le métro; moi avec la statue; moi et le coucher de soleil. Partout moi, moi et moi. C’est pas un peu lassant, à la fin?

Alors pour varier les plaisirs, on a inventé la perche télescopique. Celle qui donne plus de recul à l’appareil, qui replace mieux le sujet au centre du vaste monde. L’égoportrait devient grand art.

Parlez-moi d’moi, y a qu’ça qui m’intéresse…

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09/05/2015

La fête de qui, déjà?

Une bonne nouvelle pour commencer. L’horrible grillage qui se dressait au sommet du mur des Réformateurs vient de disparaître, comme par enchantement.

Lundi en tout cas, il n’était plus là. Exit les piques, les grilles et les fils de fer barbelés. J’en suis ravie, tout comme l’est aussi l’architecte qui a rénové en son temps le monument, plus les lecteurs qui ont réagi à mon encre de fin avril, «L’auréole qui fait tache».

Ces barrières ont été retirées à la suite du réaménagement de la rue de la Croix-Rouge et de la plantation de nouveaux micocouliers, expliquent les services de la Ville de Genève. Elles devenaient trop visibles. Trop moches, dans tous les sens du terme.

Un nouveau dispositif de protection devrait être pensé pour empêcher les ballots de s’aventurer au-dessus des statues et de commettre des déprédations. Des études sont en cours. Comment dissuader, sans amocher? Si vous avez des idées...

Des idées, il en faudrait aussi pour assurer le prochain rendez-vous de mai. Car dimanche, c’est la fête de qui, déjà? Des mamans! Nous les couvrirons de fleurs, de becs ou d’attentions. Nous les inviterons à la maison, au restaurant.

Où d’autre encore? A l’hôpital, par exemple! Pour vivre ensemble un moment de grâce à la salle Opéra des HUG. L’Ensemble instrumental romand jouera, sous la direction d’Eric Bauer, le concerto pour violon et orchestre kV 216 de Mozart et la symphonie N° 44 en mi mineur de Haydn. Les musiciens sont talentueux, l’entrée est libre.

Que demander de plus? L’heure, peut-être. Le concert débute à 15 h. La tasse de thé attendra.

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08/05/2015

Cherchez l'erreur...

Le principe du Cassis de Dijon, ça vous dit quelque chose?

Je vous la fais courte, car ce principe économique fait débat depuis 2010, et que ce n’est pas encore terminé…

Cette arme contre les entraves au commerce entre l’Union européenne et la Suisse était censée provoquer une baisse des prix chez nous. A l’évidence, ça n’a pas marché. Ou pas encore.

N'empêche. Avant d’être un principe, le Cassis de Dijon est surtout un produit. Une liqueur de belle couleur tirant à 15 degrés et qui se marie à merveille au Bourgogne aligoté pour faire du kir.

C’est justement pour faire ce cocktail que Jean-Jacques descend l’autre jour à la cave chercher la fameuse crème de cassis. Des amis bourguignons arrivant bientôt, il s’agit de bien les accueillir.

Mince! La dernière bouteille a été sifflée. Monsieur file à la Coop voisine pour en acheter une autre. Rupture de stock. Ils font exprès ou quoi?

Madame se presse alors au Casino de Divonne. Pas vers les machines à sous, mais devant les rayons du grand magasin où il y a l’embarras du choix. Faut savoir que 21 maisons françaises produisent cette crème liquoreuse.

La cliente prend la même marque que d’habitude, même bouteille, même contenu. Tout pareil. Sauf le prix!

Le Cassis de Dijon est à 5 euros 90 à Divonne, à 14 fr. 90 à la Coop. Cherchez l’erreur…

Ou ne cherchez plus!

Prévoyez plutôt une virée à Dijon pour aller y déguster un kir. Ce sera encore meilleur. Car la ville ne se limite pas à son cassis et à sa moutarde. Elle réserve d’autres bonnes surprises... Dont une chouette!

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07/05/2015

L'histoire en balade

Après la balade le long de l’Arve pour se donner des frissons vient le temps de la promenade instructive au bord du lac. Quai Wilson, de préférence.

C’est là que vient de s’installer une exposition qui fera date. Car elle met à portée de tous l’histoire du canton, ou plutôt une partie de son histoire. Celle qui commence avec l’union de Genève à la Suisse. Ça fait tout de même deux cents ans à conter, sur cent panneaux…

J’ai testé pour vous, comme dirait l’autre. Bon, très bon, même!

L’expo en plein air du Bicentenaire a furieux un goût de reviens-y. Faut dire qu’il y a beaucoup, beaucoup d’informations à lire, à regarder. Tout ne peut pas être digéré en une seule fois. Et puis cette plongée dans le temps est vite chronophage…

A partir de 1814, chaque année est résumée par trois sujets qui ont fait l’actualité. Les documents d’époque illustrant les propos se donnent à voir dans des formats agréables à l’œil.

Chaque anecdote, ou fait historique, est racontée en quelques lignes claires en français, et très condensées en anglais. Les langues nationales ne sont pas ici conviées. Ciao les Confédérés…

Les promeneurs qui aiment l’ordre chronologique opteront pour la marche allant des Pâquis à la Perle du lac. Les autres prendront les panneaux à contresens, pour avoir le jet d’eau en toile de fond.

Les passants peuvent aussi butiner entre les époques, repérer les innovations techniques, les chantiers en cours, ou regarder ce qui se passait lors de leur année de naissance. Quelle histoire!

L’exposition est visible jusqu’au 30 juin 2015, par tous temps. Faudrait pas s'en priver.

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06/05/2015

Les petits ruisseaux...

On dit que les petits ruisseaux font les grandes rivières. Et c’est vrai! Je ne pense pas spécialement à l’Arve sortant de ses gonds, mais plutôt à ces dons, venus de partout, qui finissent par faire des miracles.

Car miracle il y a eu. Vous souvenez-vous de la collecte dont je vous avais parlé en avril? Il s’agissait d’aider une maman qui venait de perdre tragiquement son fils de 18 ans et qui voulait rapatrier son corps au Brésil afin qu’il y repose, selon ses dernières volontés.

Elle n’avait hélas pas un sou devant elle pour réaliser ce souhait. Eh bien, grâce à un grand mouvement de solidarité, c’est aujourd’hui chose faite!

Mère et fils sont dans l’avion, et les funérailles sont prévues en fin de semaine dans leur village du Mato Grosso do Sul. La famille remercie du fond du cœur tous ceux qui ont rendu possible ce

Il y a les copains des Pâquis qui ont fait de nombreuses collectes dans le quartier. Puis les nombreuses personnes, touchées par ce triste événement, qui ont fait un don sur le compte ouvert à cette occasion.

D’autres m’ont glissé de l’argent sous enveloppe que j’ai remis entre de bonnes mains. A noter que le billet de banque, envoyé à mon attention à la Tribune de Genève, mais à l’adresse de feu "La Suisse", m’est aussi parvenu… Merci aux petites mains de la Poste.

Merci également à la fondation privée qui a apporté une aide financière conséquente et bienvenue, ainsi qu’au consulat brésilien qui a facilité les démarches administratives et soutenu humainement cette famille en deuil. Tout ça a fait du bien.

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05/05/2015

Suivez le guide

L’Arve n’en finit pas de faire couler de l’encre, en plus du reste. Normal: ce n’est pas tous les jours que la rivière se met dans un tel état, et nous avec.

Toutes les mesures ont donc été prises par les services compétents pour gérer au mieux cette situation exceptionnelle et assurer la sécurité publique. On peut leur dire merci et chapeau! Joli boulot!

Dans l’urgence, forcément, il y a quelques couacs. Oh, rien de grave. Des broutilles. Des grognements bien genevois suite à la fermeture des ponts et à la pagaille qui en a résulté.<

Martin, 87 ans bien sonnés, a suivi de près les événements, samedi. Il sait donc le pont des Acacias impraticable et le tram coincé. Alors quand il voit des gens attendre leur 15 favori à Uni Mail, il leur dit que c’est pas la peine. Et leur conseille un itinéraire de remplacement qu’il écrira ensuite, à la main, sur l’annonce-perturbation des TPG.

L’aîné pousse ensuite la promenade à travers le marché aux puces. A l’arrêt de la place du Cirque, que voit-il? Des usagers qui patientent encore et toujours là pour se rendre aux Acacias, tandis que cinq contrôleurs TPG discutent entre eux…

Bizarre, bizarre, se dit Martin. Ils ne savent pas que le pont est coupé?

Mais rien ne l’indique, à cet endroit. Il annonce la couleur à une dame qui attend. Elle ne veut pas le croire. Ça se saurait, voyons. Les contrôleurs, là, nous auraient avertis, tout de même!

Pour en avoir le cœur net, elle se renseigne aussitôt auprès d’un des cinq contrôleurs. Qui confirme l’info. Oups! Paraît qu’il s’est pris en retour une bordée aussi mémorable que la crue de l’Arve! Martin n’a pas attendu la décrue. Il a filé sur la pointe des pieds…

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04/05/2015

Que d'eau! Que d'eau!

arve.JPGDevant la Garonne en crue, Patrice de Mac Mahon, alors Président de la République française, avait eu ces mots historiques: «Que d’eau! Que d’eau!»

A quoi on lui aurait répondu: «Et encore, Maréchal, vous ne voyez que le dessus…» C’était en 1875.

Devant la crue historique de l’Arve, les sauveteurs et les passants se sont sans doute fait semblable réflexion, à quelques mots près. Pareille déferlante, ça fait sensation!

Une fois les premières frayeurs passées et la situation devenant sous contrôle, du moins provisoirement, les Genevois font la promenade au bord de l’eau. Ils veulent voir la métamorphose de la rivière. Sa soudaine démesure.

De nombreux piétons empruntent le sentier des Saules, tandis qu’une brume inhabituelle flotte en ce dimanche sur le Rhône. Ils soulèvent les bandes de plastique rouge et blanc qui barrent l’accès et passent outre l’interdiction d’aller par là.

But avoué de ces curieux: se rendre à la pointe de la Jonction pour assister aux noces contrariées de l’Arve et du Rhône. Ils ne seront pas déçus.

Certes, le terrain est glissant et l’approche se fait sur la pointe des pieds. La veille encore, les lieux étaient entièrement sous l’eau. Mais une fois aux premières loges, quel spectacle!

Dans l’union de la rivière au fleuve, l’Arve a clairement pris le dessus. Ses flots bruns et tempétueux envahissent le Rhône et repoussent son eau bleue verte, qui bat en retraite devant tant d’ardeur.

Devant ces turbulences extraordinaires, les spectateurs restent sans voix. Ou lâchent alors «Que d’eau! Que d’eau!»

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02/05/2015

Le muguet prend l'eau

Pas de chance. Il pleut des cordes, en ce 1er mai. Certains Genevois font le pont, d’autres sont sur le pont. Seule la pluie ne fait pas dans la demi-mesure.

Elle s’offre à tous, sans compter. C’est tournée générale de flotte!

Le muguet du jour prend donc l’eau et ses délicates clochettes font le dos rond sous la pluie qui tombe à verse. Ses brins se vendent pourtant à tous les coins de rue, avec des bonheurs divers.

Sur une quinzaine de marchands croisés tout mouillés vendredi, entre la poste du Stand et le carrefour de Rive, seuls quatre semblent faire commerce de leur récolte. On pourrait croire qu’ils ont cueilli ces fleurs odorantes dans leur jardin ou dans un coin de bois connu d’eux seuls.

Ils ont la table pliante, la cuvette en plastique emplie d’eau et le bouquet assemblé par du fil ou un élastique. Ces artisans du muguet vendent assez bien. Ils ont le négoce discret.

Et puis il y a ces vendeurs ambulants bien organisés qui tentent d’écouler la marchandise sous cellophane en harponnant les passants d’une manière moins délicate que leurs fleurs.

Ces pros du «muguet nantais» quadrillent les Rues Basses. Difficile de leur échapper, à moins d’avoir déjà fait cueillette au stand voisin. Celui qui fait champêtre, donc…

Ainsi parée, je me suis faufilée entre les gouttes et les sollicitations. Mais que faire pour cette Rom qui se fait enguirlander par un malabar pour avoir si peu vendu? Lui acheter un brin porte-bonheur? Elle en aurait besoin!

Tout ça m’a mis dans mes petits souliers. Très trempés, les souliers.

Et dire que ce week-end, c’est la fête de l’eau de Genève au Jardin anglais…

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01/05/2015

La journée qui divise

En ce joli 1er mai, c’est toujours la même rengaine. Elle fait d’ailleurs grincer des dents une partie de la population active, et il y a de quoi!

Car les masses laborieuses du canton ne sont pas toutes à la fête. Il y celles qui bossent aujourd’hui comme si de rien n’était et celles qui se la coulent vraiment douce.

Normal, c’est un jour à moitié férié!

Officiellement parlant, le 1er mai n’est pourtant pas férié. Mais dans les faits, les bureaux de l’administration genevoise et les écoles sont fermés ce jour-là.

Un bien curieux régime, pas vrai, pour la fête des travailleurs!

Le service des impôts et celui des autos sont par exemple aux abonnés absents. De son côté, l’instruction publique ayant glissé le 1er mai dans la rubrique «vacances», elle renvoie tous les élèves à la maison. Et avec eux les enseignants. Ça fait du monde.

Le parascolaire suit le mouvement, en bonne logique, tout comme les crèches qui rendent les bébés à leurs parents ce vendredi.

Ça leur fait, à tous, un joli pont supplémentaire en mai…

Ceci alors que vendredi, les autres travailleurs turbinent et ruminent. Ils sont sur le pont à la Poste, dans les grands magasins, les bistrots, les journaux ou les entreprises privées.

Certains travailleurs vont obtenir congé cet après-midi pour participer au cortège traditionnel de cette journée de contestation. J’ai vu que le slogan du défilé 2015 était «Unissons-nous». Pour les emplois, les salaires et les retraites. On ajoute pour un 1er mai férié pour tous?

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30/04/2015

En quête de billets

Les Transports publics genevois! Il me semble que ça fait des plombes que je n’en parle plus ici.

Anne vient donc fort à propos me faire une petite piqûre de rappel TPG. L’usagère se trouve l’autre jour à l’arrêt «Epeisses», à Avully. Elle attend le bus K qui va de Chancy au Petit-Lancy.

Que voit-elle dans l’armoire horaire? L’annonce suivante: «Merci de prendre votre titre de transport au distributeur automatique.» Soit. Mais à cet endroit, il n’y en a pas. Et la précision qui suit l’achève: «Pas de vente à l’intérieur du véhicule.» Ben voyons!

Le tout est dit en quatre langues. Qu’importe au fond, car le message est clair: tu grimpes dans le bus sans titre de transport, t’es mort. S’il y a un contrôleur, bien sûr. Zut alors, c’est vraiment pas juste!

Aux TPG, on ne parle pas d’injustice, mais de coquille… Le placard en question daterait de Mathusalem, ou presque, et l’info mobilité Unireso qui figure sous l’annonce n’est plus ouverte non-stop, comme indiqué, depuis 2008. L’autocollant et ses frères, s’il en a, seront donc enlevés au plus vite. On respire.

Mais que doit faire Anne à l’arrêt Epeisses, si elle n’a pas d’abonnement? Prendre un billet par SMS, par exemple. Ou acheter un titre de transport à l’intérieur du véhicule, si le bus de campagne en possède un. Depuis Mathusalem, des progrès ont été faits.

Elle peut aussi prendre son billet à arrêt suivant, après avoir averti le conducteur, ou au besoin signaler l’absence de distributeurs au contrôleur. Il devrait faire preuve de compréhension.

Disons que ce serait la moindre des choses.

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29/04/2015

L'auréole qui tache

Mais quel dommage, c’est d’un moche!

Et pourtant, le mur des Réformateurs fait partie des monuments phares du canton. C’est un pan de notre histoire, un incontournable des circuits touristiques, bref, un haut lieu pris en photo par des milliers de visiteurs depuis le parc des Bastions.

Eh bien, il faut qu’ils cadrent vraiment leur sujet au plus près s’ils veulent garder un bon souvenir des quatre Réformateurs posant dans leur robe de Genève.

Car on ne voit bientôt plus que lui. Le grillage, donc. Celui qui se dresse au-dessus des statues et sur toute leur largeur. Il brille au soleil, rehaussé de fil de fers barbelé, encadré de sacrés pics.

Comme auréole, on a vu mieux!

Ainsi parés, Guillaume Farel, Jean Calvin, Théodore de Bèze et John Knox sont d’une austérité qui frise le code. Certes, ce dispositif de protection n’est pas né de la dernière pluie. Il était en son temps noyé sous quelques buissons de houx et par la verdure des grands arbres. Or ceux-ci ont disparu.

Les plantations qui les ont remplacés, rue de la Croix-Rouge, sont encore trop jeunes pour faire oublier le grillage. Et celui-ci ne peut être enlevé aussi longtemps qu’il y aura des crétins pour balancer des pots de peinture sur les statues.

Alors quoi? Je ne sais pas, moi.

Il faudrait peut-être disposer dans de gros bacs des plantes qui partiraient à l’assaut de ce bastion métallique. Pour le transformer en mur végétal, fait de vigne, de chèvrefeuille ou même de fruits de la passion.

Tout, sauf cette vision sèche et pointue. Les réformateurs méritent mieux qu’une couronne d’épines au-dessus de leur tête.

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28/04/2015

Cliente à part entière

Comment faire pour bien faire?

Danielle vit seule, elle n’est plus toute jeune et a un appétit d’oiseau. Autant dire que les courses au magasin, c’est pas tout rose pour elle.

 Comme cette cliente achète peu de choses à la fois, pour éviter le gaspillage alimentaire, elle s’y reprend souvent à trois fois pour réfléchir à ce qu’elle veut devant les rayons. Et là encore, ce n’est pas gagné d’avance.

Car si les fruits et légumes se vendent maintenant au détail, ce qui est une bonne chose, il n’en va pas de même pour tous les produits, dont la viande.

Allez trouver, dans un grand magasin, une barquette qui contienne de quoi faire un ragoût de bœuf ou une blanquette de veau pour une personne!

Alors pour la viande, c’est décidé, Danielle ira chez le boucher de son quartier. Histoire de favoriser aussi les commerces de proximité dont les produits sont souvent plus chers, mais de bonne qualité.

Le problème, c’est que le commerçant en question est un peu bouché.

Il refuse ainsi de lui couper et de lui vendre une seule tranche de jambon. La pièce étant encore sous vide, ça l’embête de l’ouvrir pour si peu. Vous me mettrez alors deux petites saucisses, demande la cliente sans se démonter. C’est non, à nouveau. Il les vend par six!

Quand Danielle fait remarquer au marchand qu’il n’est pas très serviable, il rétorque qu’elle peut toujours aller se servir à la Coop. C’est noté!

Tout compte fait, la dame a jeté son dévolu sur les Halles de Rive. C’est assez loin de chez elle. Mais là au moins, les personnes seules sont encore considérées comme des clients à part entière.

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27/04/2015

Echanges bienvenus

gautierdessus.jpgElles nous sont revenues plus solides et plus belles qu’avant. Mieux: pendant leur absence, elles ont fait des petits!

Les boîtes d’échanges entre voisins viennent donc de faire leur retour en force dans les quartiers genevois, après quelques mois d’absence.

Elles étaient attendues de pied ferme par de nombreux usagers accros au système: après deux jours de présence au coin de la rue, on trouve déjà des tas de bouquins, de peluches et de babioles en transit dans ces toutes nouvelles caisses métalliques décorées avec goût.

Posées fin 2012 sur la voie publique à titre de test, les onze premières boîtes d’échange avaient séduit habitants et décideurs: 108 000 objets, à vue de nez, avaient été échangés par ce biais en une année. Soit environ 32 tonnes de matériel. Une vraie économie parallèle!

A l’origine de ces installations interactives, l’association "Happy city lab" a décidé de passer à la vitesse supérieure avec la bénédiction des autorités. En 2015, le canton va compter quarante lieux d’échange, dont deux déjà actifs aux Services industriels genevois. Là, on parle de boîtes d’échanges entre collègues, et ça fonctionne plutôt bien!

«Donnez quelque chose… prenez quelque chose!» L’invite est connue, et la plupart des gens en reste là. Mais à l’heure du tout connecté et des joies à partager avec le plus grand nombre, il est désormais proposé de dire merci à ses voisins ou de publier les photos de ses découvertes sur le réseau. Pour faire le buzz.

Je crois que je vais plutôt guetter, près de la boîte de mon quartier, celui ou celle qui dépose de si bons polars. Histoire d’échanger quelques mots…

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25/04/2015

La mi-temps électorale

coluche.JPG«Si voter changeait quelque chose, il y a longtemps que ça serait interdit.» Signé Coluche et sa bonne bouille ronde.

Ce petit placard ironique est collé à la va-vite sur une affiche incitant les citoyens à élire leurs représentants…

L’intervention n’est pas isolée sur cette rangée de panneaux électoraux. «Personne ne décidera pour moi», clament à l’envi des bandes de papier imprimé qui masquent les bobines de candidats aux Municipales. «Voter bouche les artères sociales…» «Ne pas voter aussi!» relève au stylo un passant.

Il y a là tout et son contraire. On a vu plus croustillant. Plus décalé aussi. Faut croire que le premier tour des élections genevoises n’inspire pas trop les promeneurs. Il y a bien des commentaires inscrits au feutre, mais ça vole plutôt bas…

Et les dessins sur les affiches? Ils sont du genre classique inoxydable. J’en ai sans doute raté quelques-uns, mais j’ai repéré pas mal de portraits de candidats affublés de nez rouge, bonjour les clowns ou de bandeau de borgne, tous des pirates.

A quoi s’ajoutent les dents cariées, les yeux brouillés, la moustache hitlérienne, la langue pendante et les dents de vampire.

Il faut décidément avoir le cuir solide pour faire de la politique!

En cette mi-temps électorale, celles et ceux qui sont encore dans la course respirent un peu. Pour leur image, du moins.

De nombreuses affiches graffitées du premier tour ont déjà disparu, et les nouvelles, toutes belles, toutes neuves et prometteuses vont bientôt recouvrir les panneaux officiels.

Le deuxième tour peut commencer…

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24/04/2015

Concert à Saint-Georges

Faut-il encore présenter aux Genevois le centre funéraire de Saint-Georges? Non. L’adresse est connue: on s’y rend trop souvent avec des mouchoirs en poche et le cœur serré.

Ce dimanche pourtant, ça devrait changer! Le service des pompes funèbres ne va pas y organiser des funérailles, mais un concert. C’est une première.

Un concert au centre funéraire? Certains vont crier au sacrilège. Ils ont tort: le programme est totalement en phase avec l’esprit du lieu.

Le public pourra ainsi assister à un concert de chants orthodoxes de mort et de résurrection, donné par le chœur Yaroslavl’. Un ensemble a cappella, composé d’une quinzaine de chanteurs amateurs et professionnel, spécialisé dans ce répertoire. Emotions musicales garanties et plus, si entente.

Pourquoi donner cette prestation dans un lieu si fortement marqué? Pour le rendre plus accessible, peut-être. Ou pour le valoriser d’une autre manière, la musique permettant aussi un moment de partage et de recueillement.

Même si cela peut surprendre, le service des pompes funèbres n’en est pas à son coup d’essai, côté concerts. Il en a déjà proposé un à la chapelle de l’Ange de la Consolation et un autre à la chapelle des Rois, pleine à craquer. Le public en redemande!

La chapelle A du centre funéraire pouvant accueillir plus de 300 personnes, il devrait donc y avoir de la place pour tous. On dit que l’acoustique y est excellente. Vivement dimanche!

Dimanche 26 avril à 17 h, chapelle A du centre funéraire de St-Georges. Entrée libre mais réservation conseillée: pompesfunebres@ville-ge.ch

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23/04/2015

Parlons bulbes

Parlons bulbes, parlons fleurs, elles sont si admirables en cette saison.

Les parcs et les pelouses bordant le lac explosent ces jours de couleurs grâce aux milliers de fleurs qui s’épanouissent près du frais gazon. Ça donne sacrément bonne mine à la ville!

Devant ces belles qui nous font tourner la tête, j’ai eu soudain une pensée pour les jardiniers. Combien de bulbes faut-il donc mettre en terre pour obtenir un tel effet?

Eh bien je vais vous le dire, maintenant que je le sais: en 2012, sur toute la ville de Genève, 400 000 bulbes ont été plantés!

Ils ont donné différentes variétés de tulipes et de narcisses (version précoce et tardive, histoire de faire durer le plaisir), mais aussi des fritillaires impériales, des muscaris et des aulx.

Ces petites choses magiques se multipliant d’année en année, il est aujourd’hui impossible de chiffrer précisément le nombre de bulbes enfouis en terre municipale. Quand on aime, on ne compte pas…

Le Service des espaces verts estime toutefois qu’il y en a environ 55 000 de plantés le long du quai Wilson et à la Perle du lac, et quelque 65 000 sur le quai de la rive gauche!

C’est là que s’étale ce splendide tapis de tulipes hautes en couleurs, allant de la statue de la Bise jusqu’à Genève-Plage. Et après? Après, plus rien. Ne reste qu’un simple gazon parsemé, au naturel, de pâquerettes et de pissenlits.

Nous sommes arrivés à Cologny, où la bande herbeuse se fait plus économe, moins exubérante.

Alors vite, rebroussons chemin, jetons des fleurs aux jardiniers de la cité et ne boudons pas notre plaisir.

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22/04/2015

Le piano désaccordé

La musique, c’est bon pour le moral! C’est dire si les humains en ont besoin lorsqu’ils sont hospitalisés…

Dans un pavillon de Belle Idée trône un piano désaccordé qui sonne faux et heurte les oreilles sensibles. Un patient en fait la remarque à un proche.

Ni une ni deux, ce parent entreprenant réagit: il contacte un accordeur de piano, s’engage à payer les 200 francs de l’intervention et s’arrange pour qu’elle soit faite le plus vite possible.

Notre homme, qui connaît la musique, téléphone au pavillon pour avertir qu’un professionnel passera le lendemain accorder l’instrument.

Mais qu’avait-il fait, le malheureux: oser prendre une initiative, sans être de la maison! Au bout du fil, une dame en blouse blanche lui passe un savon. Genre, mais de quoi je me mêle? Les soignants ont d’autres problèmes plus importants à régler qu’un piano désaccordé!

Notez que ça ne lui coûte rien, cette remise en harmonie. Ça pourrait même faire plaisir aux patients, la musique étant aussi la langue des émotions…

Bien que sonné par cet accueil réfrigérant, l’entreprenant téléphone à l’administration pour expliquer l’affaire. On se renseigne, lui dit-on.

Renseignements pris, il apprend qu’une telle initiative citoyenne n’est pas envisageable. L’hôpital disposant d’un service d’entretien, il faut passer par lui quand il y a un problème.

Les équipes doivent le contacter pour obtenir un bon de réparation, au service de trouver ensuite une solution. Si d’aventure un accordeur de piano fait partie du personnel technique, en avant la musique!

Tout est décidément question de tempo…

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