16/05/2017

File d'attente à l'ombre

C’est un lundi matin comme un autre. Un jour de reprise, avec des gens qui couratent et s’agitent dans tous les sens en centre ville. Sauf à la place de la Fusterie où une longue, très longue file d’attente s’étire, côté ombre, des voies du tram jusqu’à l’arrière du temple.

Tiens, c’est bizarre! Que font là tous ces messieurs dames? Qu’espèrent-ils, si sagement alignés les uns derrière les autres dans l’espace public? La sortie d’un nouveau bidule électronique? Un rôle de figurant dans un film, un billet de faveur pour un concert?

Curieuse comme je suis, j’ai remonté la file à distance pour me casser finalement le nez sur le Bus Santé des HUG stationnant contre le vieil édifice. Et que propose le cabinet ambulant, en ce lundi 15 mai? Une journée de dépistage gratuit du mélanome, cette forme de cancer cutané qui peut vite faire des dégâts.

L’histoire est aussi simple que ça: tous ces patients font donc la queue en plein air pour obtenir une consultation à l’œil. Ou plutôt à leurs grains de beauté!

Sans avoir besoin de prendre rendez-vous, ils grimpent à tour de rôle dans le bus, montrent leurs taches pigmentées au dermatologue oncologue et repartent de là en sachant si oui ou non il y a de quoi se faire du souci.

D’où la mine assez grave de certains citoyens qui trompent leur attente en bouquinant ou en regardant rêveusement le ciel. Ils veulent être fixés, mais redoutent le verdict. N’ont-ils pas abusé du soleil, dans leur vie?

L’an dernier, 184 personnes ont ainsi été examinées lors de la journée de dépistage et 25 lésions suspectes identifiées. Combien de mélanomes malins seront repérés parmi celles et ceux qui attendent ce lundi, à l’ombre de la Fusterie?

«Ne sois pas banane», dit une nouvelle pub de santé publique. «Protège-toi du soleil!» Message reçu!

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13/05/2017

Le jour à ne pas oublier

Il y a des rendez-vous qui ne se ratent pas. Celui de dimanche, par exemple. Ben oui. C’est la Fête des mères, au cas où vous l’auriez oublié!

Fâcheux oubli… Ça ne se fait pas de sauter à pieds joints par-dessus cette date. Parce que très vite, les mères qui sont restées tout le dimanche à espérer vainement un signe de leur progéniture adulte vont la trouver saumâtre.

Elles auront beau affirmer, la bouche en cœur, que c’est pas grave, au fond. Que la Fête des mères est une invention purement commerciale. Que leur enfant est tout pardonné de ne pas céder à cette obligation de témoigner ainsi leur amour. Et que d’ailleurs, elles n’attendent rien. Tu parles!

Une petite attention ce jour-là, même un simple coup de fil leur aurait fait drôlement plaisir. Au lieu de ça, elles ont un petit pincement au cœur.

Car il est loin déjà le temps où les mômes leur apportaient fièrement de menus cadeaux par eux fabriqués. Pour maman. Les bracelets en pâquerettes, les colliers de pâtes, les fleurs plantées dans des pots en terre cuite peints à gros traits vifs pour l’occasion, les miroirs entourés d’une couronne de pincettes en bois. Tous ces bricolages enfantins réalisés en classe et en cachette pour ravir les jeunes mamans.

Après, ça se gâte…

D’où ce petit vague à l’âme, cette bouffée de nostalgie les jours de Fête des mères oubliées.

Alors comment faire pour bien faire dimanche avec sa mère, si elle est toujours de ce monde? Tout dépendra d’elle et de ses envies. C’est sa fête, tout de même!

On pourra la chouchouter avec des fleurs, un bon bouquin, un resto, une croisière en bateau, une sortie au ciné.

Ou simplement passer un peu plus de temps avec elle, comme avant. Pour profiter de sa présence, essentielle.

Allez, bonne fête, les mères!

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12/05/2017

Mobilisation pour Laetitia

Il faut que cela se sache. Hier après-midi, la famille, les amis et de simples citoyens écœurés par ce qui arrive à Laetitia sont venus exprimer leur indignation devant l’Hôtel de Ville où se réunissait le Grand Conseil.

La jeune femme au cœur de toute cette attention est assise là, dans son fauteuil roulant. Elle porte un T-shirt où est écrit «Moi, Laetitia, polyhandicapée, complètement abandonnée par l’Etat». A moins que ce ne soit «M. Poggia, quand me verserez-vous enfin ma rente AI?» D’autres slogans sur des pancartes relayent cette colère populaire.

Car une telle histoire est assez dure à avaler: la Genevoise vit depuis sa prime enfance dans un foyer de Clair Bois, mais elle est privée de l’AI et de sa rente d’impotence depuis six ans! Ceci pour une sombre histoire de lieu de domicile des parents. Pour faire court, ceux-ci l’ont accueillie les week-ends dans leur résidence secondaire, en France voisine. Il y a eu dénonciation et les experts de l’AI sont montés au front.

Je ne vais pas résumer ici les batailles juridiques entre les avocats de la famille et ceux des assurances sociales qui durent depuis 2011 déjà. Au Tribunal fédéral, Laetitia a perdu, et cela a ému. D’autant que la jeune fille, désormais majeure, devrait être accueillie dans un foyer de Clair Bois pour adultes. Mais elle ne peut pas exprimer sa volonté d’y aller, et ne touche pas les rentes pour y vivre.

Devant cette situation humainement inacceptable, certains députés ont monté les tours. Ils disent vouloir faire leur possible pour faire pression sur l’AI et régler le problème. Car L’Etat a l’obligation morale de la prise en charge d’une Genevoise dont les parents travaillent et payent des impôts dans le canton, n’est-ce pas? Et il doit assurer l’encadrement elle a toujours bénéficié. Sinon, c’est à n’y rien comprendre!

La pétition en faveur de Laetitia sera déposée lundi prochain au bureau du Grand Conseil. Affaire à suivre, donc.

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11/05/2017

Parrainez un triporteur

L’association Partage demande ces jours au grand public de parrainer un triporteur. Peut-on aussi marrainer une triporteuse, tant qu’à faire?

Non Julie, ça ne se dit pas des choses pareilles, même en langage épicène. Dommage! Mon dictionnaire me signale juste que le mot «tripoteuse» existe bel et bien. Mais il ne colle pas au propos… Alors soit, parrainons!

La banque alimentaire genevoise lance ainsi une campagne de "crowdfunding", un mode de financement participatif en ligne, pour financer l’achat d’un triporteur électrique.

Vous me direz que cela fait déjà un moment que l’on voit sillonner un peu partout dans le canton ces engins à trois roues, équipés d’une grosse caisse, blanche comme un frigo, et actionnés par de solides pédaleurs.

Ils s’en vont dans un sens récupérer des denrées alimentaires invendues auprès des grands magasins ou des maraîchers. Et repartent dans l’autre sens les distribuer à des associations caritatives et à des services sociaux.

Ces triporteurs sont plus appropriés que les camions quand il s’agit de transporter de petites quantités. Mais ils fatiguent, à force d’aller à gauche et à droite, et il faut les renouveler. Ne serait-ce que pour garantir la chaîne du froid et éviter que la nourriture collectée ne se dégrade en route.

Restent encore dix jours pour réunir la somme nécessaire à cet achat. Les personnes qui souhaitent donner un coup de pouce à ce projet peuvent choisir le montant de leur don et recevoir en échange un souvenir. Leur prénom figurera notamment sur les flancs du triporteur.

Des autocollants porteurs de petits noms de filles et de garçons se déposeront alors sur la caisse de livraison. Comme autant de chaînons de cette grande chaîne de solidarité.

https://wemakeit.com/projects/parrainez-un-triporteur

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09/05/2017

Tranche de vie à la Poste

Les grands offices de poste accueillent parfois dans leur salle d’attente des agences ou des produits n’ayant aucun rapport avec leurs activités de base. La chose peut surprendre, voire agacer, mais ça fait passer le temps…

Je patientais justement dans un hall postal lorsque j’ai capté cet échange entre un vendeur d’assurance et un homme âgé apportant son courrier. Histoire d’appâter ce client potentiel, le commercial l’invite à participer à un jeu concours. «Pourquoi?» lui demande alors le retraité. «Pour gagner!» «Certes, mais gagner quoi?» «De l’argent!»

«J’ai pas envie de gagner» réplique aussi sec le monsieur. «En fait, vous voulez me pousser à acheter quelque chose. Je connais, j’étais du métier…» Tiens, ça devient intéressant, et je tends l’oreille un peu plus. Car il poursuit.

«Mais y’en a marre de cette obligation de gagner à tout prix! On nous bassine avec ça depuis l’école. Tu dois gagner, encore et encore, tel est le credo. Or la vie te fait vite déchanter: à un moment donné, tu ne fais plus que perdre. Tu perds ta jeunesse, tu perds tes parents, et puis tu perds la vie…»

Il aurait aussi pu perdre ses illusions, sa tête, ou carrément le Nord. Je n’ai hélas pas eu le temps d’écouter la suite de son propos (de l’utilité d’apprendre aux enfants à perdre) car l’on m’attendait au guichet F. Dommage. L’homme gagnait à être connu!

Ces tranches de vie, on les rencontre fréquemment dans les offices de poste. Or le géant jaune veut les supprimer les uns après les autres, même dans les quartiers les plus animés de la ville.

Il est ainsi question que l’office des Pâquis ferme ses portes, alors qu’il venait d’adopter un nouvel horaire qui satisfaisait les gens du quartier…

Bref. Ces fidèles usagers sont attendus aujourd’hui mardi à 18 h 30 devant leur poste préférée pour montrer leur attachement à ce service public. Et pour ne pas perdre cette bonne adresse.

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Tranche de vie à la Poste

Les grands offices de poste accueillent parfois dans leur salle d’attente des agences ou des produits n’ayant aucun rapport avec leurs activités de base. La chose peut surprendre, voire agacer, mais ça fait passer le temps…

Je patientais justement dans un hall postal lorsque j’ai capté cet échange entre un vendeur d’assurance et un homme âgé apportant son courrier. Histoire d’appâter ce client potentiel, le commercial l’invite à participer à un jeu concours. «Pourquoi?» lui demande alors le retraité. «Pour gagner!» «Certes, mais gagner quoi?» «De l’argent!»

«J’ai pas envie de gagner» réplique aussi sec le monsieur. «En fait, vous voulez me pousser à acheter quelque chose. Je connais, j’étais du métier…» Tiens, ça devient intéressant, et je tends l’oreille un peu plus. Car il poursuit.

«Mais y’en a marre de cette obligation de gagner à tout prix! On nous bassine avec ça depuis l’école. Tu dois gagner, encore et encore, tel est le credo. Or la vie te fait vite déchanter: à un moment donné, tu ne fais plus que perdre. Tu perds ta jeunesse, tu perds tes parents, et puis tu perds la vie…»

Il aurait aussi pu perdre ses illusions, sa tête, ou carrément le Nord. Je n’ai hélas pas eu le temps d’écouter la suite de son propos (de l’utilité d’apprendre aux enfants à perdre) car l’on m’attendait au guichet F. Dommage. L’homme gagnait à être connu!

Ces tranches de vie, on les rencontre fréquemment dans les offices de poste. Or le géant jaune veut les supprimer les uns après les autres, même dans les quartiers les plus animés de la ville.

Il est ainsi question que l’office des Pâquis ferme ses portes, alors qu’il venait d’adopter un nouvel horaire qui satisfaisait les gens du quartier…

Bref. Ces fidèles usagers sont attendus aujourd’hui mardi à 18 h 30 devant leur poste préférée pour montrer leur attachement à ce service public. Et pour ne pas perdre cette bonne adresse.

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04/05/2017

Les voisins du quotidien

C’est comme à la loterie: suivant sur quels voisins vous tombez en emménageant dans votre nouveau logis, ça peut vous rapporter gros. En bien ou en mal!

Car les voisins, on doit faire avec. Avec les bruits, les odeurs de cuisine, les relents de poubelles, les échanges sur la météo, l’arrosage des plantes ou la garde du chat pendant les vacances.

Avec eux, on partage au quotidien plus de choses qu’avec nos amis ou la famille. Mais à bonne distance, bien sûr. Chacun chez soi, on vit les mêmes pannes d’électricité, les mêmes dégâts d’eau, jusqu’aux transports amoureux du couple du 5e. Tout ça crée des liens, forcément.

Bref. On fait avec eux, mais ils peuvent aussi nous venir contre: les querelles de voisinage sont de nature à pourrir la vie. Et ça dure parfois sur des générations. Bon, c’est plutôt dans les campagnes…

Mieux vaut donc faire connaissance avec ses voisins pour favoriser les échanges et les services, plutôt que les embrouilles. La Fête des voisins, qui aide à ces rencontres, aura lieu tout soudain, le 19 mai. La Ville de Genève vient de mettre en ligne le matériel promotionnel pour organiser au mieux l’événement. Les intéressés peuvent ainsi remplir les cartes d’invitation avec les infos pratiques et les envoyer aux locataires d’à-côté...

Les voisins qui ne sont pas branchés électronique ne sont pas condamnés à rester chez eux: les supports traditionnels pour préparer ces réjouissances sont à leur disposition dans les points info service de la ville, dans les maisons de quartier ainsi qu’aux services clients Migros du canton.

On se donne tous rendez-vous le vendredi 19 mai, côté cour ou jardin, ou pourquoi pas dans le hall d’entrée. Là où l’on ne peut pas se rater. Alors bonne fête, les voisins!

www.lafetedesvoisins.ch

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02/05/2017

Le marronnier du 1er mai

Genève a tout d’un canton à l’abandon, en ce 1er mai frisquet. Rues désertes, écoles fermées, enseignes hésitantes, froid de canard et neige sur le bas des Voirons. Un temps à ne pas mettre le nez dehors. Ça tombe bien, c’est jour férié. Enfin, pas pour tous…

Car hier, la moitié des habitants a eu congé, et l’autre pas. Enfin, quand je dis la moitié, c’est une estimation à la louche, devant la torpeur citadine de ce lundi. A croire que les heureux élus ayant droit à ce jour en rab ont tous profité de l’aubaine pour faire le pont. Ils ne vont tout de même pas rester trois jours de suite au bout du lac.

Les autres laissés en rade peuvent toujours trimer, si ça leur chante. Notez qu’ils n’ont pas vraiment le choix. C’est ça ou le carton rouge. Bonjour l’égalité de traitement.

Le 1er Mai est ainsi devenu notre marronnier du printemps. Le rappel que les masses laborieuses genevoises ne sont pas toutes égales devant le turbin. Officiellement, le jour de la Fête du travail n’est donc pas férié. Mais l’Etat fait comme si, en accordant du bon temps à ses troupes.

Toutes les écoles publiques sont ainsi fermées, comme l’administration judiciaire, l’office de la population, le Service des autos ou des impôts, les bibliothèques et les musées.

Par contre, les employés de La Poste sont sur le pont, en compagnie de tous leurs collègues des entreprises privées. Seuls ceux qui ont bossé quelques minutes de plus chaque jour pour avoir droit à cette petite gâterie ont congé, de même que certains travailleurs des métiers du bâtiment et de l’industrie.

Ce qui fait qu’au lieu de rassembler les gens qui bossent, le 1er Mai monte finalement ceux du secteur privé contre ceux du secteur public. Mieux vaut le congé pour tous ou le boulot pour tous! Quoique. Diviser pour mieux régner, c’est vieux comme le monde…

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29/04/2017

Les nœuds qui se défont

Malgré son titre, ce billet n’est pas une chronique sur le fameux lâcher prise, ce cliché du développement personnel, très en vogue, qui veut que l’on soit dans l’ouverture aux autres et à la vie, non dans le contrôle absolu de tout ce qui nous entoure. Ce qui est également très à la mode…

Bref, s’il est ici question de nœuds qui se défont, ce sont uniquement ceux de nos lacets de chaussure!

Des scientifiques tout ce qu’il y a de plus sérieux viennent ainsi de se pencher sur cette étrange défaillance que nous connaissons tous. Sur ce relâchement sournois de la godasse suite à la libération de ses attaches, sous l’effet des mouvements de la marche. Pourquoi pareil phénomène?

Ces physiciens de l’Université de Berkeley ont étudié la chose, partant du principe que c’est tout d’abord l’impact du pied sur le sol qui desserre l’assemblage, et que la foulée du marcheur met ensuite en mouvement le bout des lacets, ce qui finit par les délier. Les deux actions conjuguées étant nécessaires pour parvenir à ce résultat désolant.

Avant de procéder à ces essais, les chercheurs ont constaté qu’il existe une bonne façon de nouer ses lacets, et une mauvaise.

La bonne méthode se distingue par le fait que les deux boucles obtenues à la fin du tour de passe-passe sont bien horizontales, car elles ont été nouées successivement dans des sens opposés.

La mauvaise s’affiche par contre toute de bisingue par rapport au laçage, les deux boucles ayant été nouées dans le même sens. Ce qui donne un nœud dit en queue-de-cochon, ou de vache…

D’après la revue qui relate ces recherches fondamentales, il semblerait que le bon nœud simple tient plus longtemps que le mauvais. Mais qu’au bout du compte ils cèdent tous les deux. Que faire, devant pareille fatalité?

Tester par exemple ce que font les montagnards depuis belle lurette. Le double nœud! Y a pas mieux quand lacets doivent absolument garder prise…

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27/04/2017

Bonjour l'accueil...

Genève, la ville des droits de l’homme, devrait soigner un peu plus son image de marque. En veillant, par exemple, à l’accueil réservé aux personnes qui débarquent un beau jour à l’aéroport international. Car la réalité n’est pas toujours à la hauteur des espérances.

De retour de vacances, Christopher commande dimanche soir un taxi Uber. Le Genevois n’est pas un inconditionnel de ce type de transport, il prend aussi régulièrement les taxis genevois. Ceci pour dire qu’il n’a pas de parti pris pour l’un ou l’autre service dans la guerre économique qui les oppose.

La voiture demandée arrive tant bien que mal à l’endroit où les Uber peuvent venir prendre leurs clients. Soit juste à côté du lieu où stationnent les taxis officiels.

Le conducteur, d’origine africaine, essuie alors les quolibets de six ou sept chauffeurs de taxi qui s’attroupent pour lui lancer des «Eh, Bamboula!» et autre, avec l’accent africain.

Imperturbable, le conducteur démarre tandis que les remarques désobligeantes lui parviennent encore par la fenêtre entrouverte. Un homme lui barre la route, puis prétend qu’il a été touché à la jambe. N’importe quoi.

C’est une démonstration de racisme primaire, intolérable.

Christopher est choqué. Il a honte. Pour l’homme en boubou qui tient le volant, car on ne traite pas les gens de cette façon. Pour les autres clients qui pourraient assister à pareille scène, un autre jour. Quelle image garderaient-ils de ce premier contact avec la cité?

Depuis le siège arrière de la voiture Uber, le passager contacte la police pour dénoncer ce qu’il a vu. On lui répond alors que, sans plainte formelle du chauffeur, la police n’intervient pas. Même si, avec le conflit actuel, ces tristes dérapages arrivent tout le temps. Dommage, n’est-ce pas?

Bienvenue à Genève, terre d’accueil!

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25/04/2017

Précipitations significatives

C’est ainsi, les vacances de Pâques appartiennent déjà au passé…

La surdose chocolatée n’est plus qu’un lointain souvenir, de même que les promenades insouciantes durant ces après-midi qui s’étirent en longueur, ou la chasse aux œufs menée par des enfants surexcités. Sans oublier les petites fleurs des champs au printemps. Et maintenant? Les affaires reprennent, comme s’il ne s’était rien passé.

Pourtant, rien n’est plus tout à fait comme avant.

Chez nous, des milliers élèves, et sans doute autant de profs, ont repris le chemin de l’école en se demandant combien de semaines il leur restait au juste à tirer avant l’arrivée des grandes vacances. Alors c’est vite vu.

Sachant que les relâches scolaires débutent le 3 juillet, et qu’ils ont droit d’ici là à trois jours de congé officiels (dont le prochain lundi 1er mai), ça leur fait long, très très long, avant de voir le bout du tunnel.

Heureusement, chez nos voisins, la perspective est bien plus courte. Depuis dimanche soir, ils mettent les bouchées doubles pour en finir avec l’élection présidentielle. Dans deux petites semaines, les Français seront fixés sur leur sort, mettant ainsi un terme à ce suspens à rallonge. On pourra enfin passer à autre chose.

Mais que ce soit de part et d’autre de la frontière, la douche froide, c’est pour aujourd’hui. Et c’est tant mieux!

Après quatre semaines de temps trop sec pour la saison, Météo Suisse nous promet avec gourmandise, pour mardi et mercredi, des «précipitations significatives». Ces trombes d’eau vont mettre en joie nos végétaux et remettre un peu de jus dans les nappes phréatiques, qui ont soif.

Bon, je sais, c’est moins drôle de se balader sous la pluie et le froid que par beau temps. Mais de toute façon, les vacances de Pâques sont terminées.

Alors…

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15/04/2017

Pleine comme un oeuf, la Plaine

Depuis quelques jours, la plaine de Plainpalais est pleine comme un œuf. Un œuf de Pâques, forcément!

Manque juste le ruban autour pour faire joli et des douceurs à l’intérieur. Car c’est plutôt la soupe à la grimace qui mijote là-dedans.

Ce samedi encore, les puciers repliés au cœur de la Plaine pour cause de travaux vont partager leur espace vital avec les forains plus le Cirque Starlight. Ça fait du monde. beaucoup de monde! A quoi il faut encore ajouter les clients de passage, les piétons, les cyclistes, les trottinettes, les toutous. Et tout le reste, par-dessus le marché.

C’est donc la grosse foire!

Ne manque plus que la fan zone des footeux ou une bonne fête de lutte pour que chaque centimètre carré de ghorr du beaujolais piétiné par les foules ne soit exploité au maximum de ses possibilités.

Notez que ce ghorr-là est de nature partageuse. Il s’invite partout. Dans les caravanes et les autos tamponneuses, sous chapiteau, parmi les cartons de livres ou de vaisselle de Langenthal, entre les doigts de pieds nus.

Par temps sec, il fait l’unanimité contre lui. Certains forains l’arrosent ainsi pour éviter la poussière tandis que d’autres installent des tapis devant leur attraction pour éviter que les souliers plein de ghorr ne fusillent les surfaces caoutchouteuses. Un vrai plaisir.

Elle sera donc pleine comme un œuf, la Plaine, en ce samedi de Pâques. Mais je devrais l’écrire au conditionnel, car s’il pleut, abracadabra, il n’y aura plus un chat!

D’ailleurs d’ici deux ou trois jours, la caravane Starlight lèvera le camp et les forains rangeront leur Luna Park le dernier jour des vacances scolaires.

Et là, certains Genevois diront que la Plaine, c’est d’un mortel ennui…

Sur ce, je m’en vais aller rouler les œufs dans de vertes prairies, et vous retrouve à la rentrée. Joyeuses Pâques!

 

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13/04/2017

Donner du sens à Pâques

Tant de sucreries finissent par écœurer!

Depuis des semaines, la publicité nous gave de clichés montrant des lapins mignons tout plein batifolant dans les prés ou des poules bavardes et dodues pondant de beaux œufs frais.

Ces adorables personnages se retrouvent ensuite sur les étals et se déclinent en chocolat, nougat, pâte d’amandes, bonbons et compagnie.

Des montagnes de sucre dans lequel nos esprits finissent par s’enliser. Et le reste du corps aussi.

A croire que le temps de Pâques se résume à de grosses orgies de douceurs et de bouchons sur la route des vacances. C’est un peu court, non?

Notez que des annonceurs s’emmêlent déjà les pinceaux entre traditions pascales et destinations touristiques. Le catalogue de la chaîne Lidl vante ainsi les fontaines décorées de la petite ville de Nyon, canton de Vaud, où les bénévoles décorent joliment les fontaines.

Or la photo censée représenter la cité lémanique a un air très provençal, avec ses cyprès, son clocher ajouré, ses volets bleu lavande et ses toits en tuiles romaines si caractéristiques du Sud. Le réchauffement climatique, sans doute…

Ne serait-il pas temps de redonner du sens à Pâques? Alors que les églises chrétiennes célèbrent cette fête à leur manière, une manifestation protestante propose «La fin du monde - et après», soit deux événements décalés de nature à nous faire réfléchir.

«La fin d’un monde» se vivra ainsi à l’Espace Fusterie Vendredi-Saint à 17 h. Un moment de poésie et de musique dans le cadre de l’exposition «Embaumer les corps, prendre soin de la vie» qui se tient là jusqu’à la fin du mois.

«Aube de Pâques, ressusciter, c’est pour bientôt (?)» sera le thème d’une réflexion à plusieurs voix qui aura lieu dimanche de Pâques, à 7 h du matin, aux Bains des Pâquis. Pas dans l’eau tout de même! Mais au chaud et à l’abri, pour profiter ensuite d’un petit-déjeuner pascal.

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11/04/2017

L'opéra côté rue, côté salle

Ils ont commencé par chanter un extrait de La Traviata au milieu de la foule qui passait, indifférente à tout. Et puis le charme a opéré.

Faut dire que c’est plutôt rare d’entendre ce type de répertoire dans les Rues Basses, un mardi, sans raison particulière. Un attroupement s’est alors rapidement formé autour des deux artistes lyriques pour profiter de ces airs d’opéra venus d’ailleurs.

Applaudissements nourris à la fin du Verdi. Le public, enchanté, en redemande. Un peu comme dans les arènes de Vérone...

Dame, ce n’est pas tous les jours qu’on entend ici pareilles voix! Or, au moment où les chanteurs entament le fameux tube «O sole mio», deux agents municipaux sortis de nulle part les font taire et demandent leurs papiers, pour voir si tout est en ordre.

L’irruption de la maréchaussée fait brusquement tomber les mélomanes du petit nuage où ils flottaient jusque-là. Place aux tracasseries administratives. Aux consignes. Les papiers présentés disent que les artistes ont le droit de chanter, certes, mais pas sur une musique d’accompagnement.

Ce sera donc a cappella ou rien. Alors dans ces conditions, tant pis pour l’opéra dans les Rues Basses. Faudra attendre la Fête de la Musique pour en écouter à nouveau en plein air. Ou se rendre dans un lieu fait pour. Quel dommage…

Reste la bien nommée salle Opéra des HUG! C’est là que se déroulera le concert du Vendredi-Saint, donné par l’Ensemble instrumental romand, avec le soutien de la Fondation Coromandel. Placés sous la direction d’Eric Bauer, les musiciens interpréteront des œuvres de Bela Bartók, Gustav Holst et Benjamin Britten.

Le concert, ouvert aux malades, à leur famille et au grand public, aura lieu le 14 avril à 15 h. Un bon moment de musique et de convivialité en vue. Entrée libre, en plus!

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08/04/2017

Ces drôles de contrôles

Renée est une fidèle usagère des TPG. Elle possède l’abonnement annuel, ce qui la met normalement à l’abri des tracas. C’est donc l’âme sereine qu’elle voit monter l’autre jour deux contrôleurs dans le bus 5 où elle se trouve. Et qu’elle sort le portefeuille de son sac pour y prendre le document demandé. Or, oh stupeur, il n’y est pas.

C’est bien la première fois que ça lui arrive! René est affreusement vexée d’être ainsi prise en faute devant tout le monde.

Le contrôleur lui tend un formulaire à remplir. Il est obligé de le faire, dit-il à la fautive, en s’excusant presque. Mais si elle apporte la preuve de sa bonne foi le lendemain à l’agence de Rive, précise-t-il, elle ne paiera que 6 francs, ce qui n’est pas catastrophique.

Soit. Renée remplit le formulaire, donne sa date de naissance et signe. L’employé lit le tout et reste scotché sur l’année indiquée: 1922… La dame qu’il a devant lui a donc 95 ans. Respect!

L’homme en uniforme n’écoute alors que son cœur, ou son bon sens, et annule toute la procédure. La passagère n’aura pas à se rendre à Rive pour présenter son abonnement TPG. Tout va bien. Et puis il repart avec un grand sourire. Avec les remerciements de la nonagénaire, qui a pris ce geste de confiance comme un rayon de soleil.

Un qui se méfie de tout, par contre, c’est celui qui a collé une prune sur la Peugeot de José garée, un dimanche soir, sur une place de stationnement privée. Car le hic, voyez-vous, c’est que c’est justement la place de José!

Celle qu’il loue depuis plus de douze ans dans la cour qui jouxte le poste de police de Fontenette. Ça fait bizarre, tout de même, d’être verbalisé quand t’es dans ton bon droit. T’y crois pas! Nous non plus, et pourtant…

La contravention en main, notre homme est donc allé alerter la police d’à côté, qui l’a rassuré. Sa régie a fait pareil. Pas besoin de raquer, ni de s’énerver: la prune va sauter. Devrait-il dire merci, en plus?

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06/04/2017

L'odeur qui sort de l'eau

Elle sortait du Rhône et m’a sauté au nez quand je me baladais, l’autre jour, sur la passerelle qui enjambe le fleuve. J’ai humé à pleins poumons cette odeur indéfinissable, et pourtant si connue.

Je la sentais déjà, enfant, en passant le pont du Goléron qui rattache la jetée des Bains des Pâquis à la terre ferme, aux premiers beaux jours de l’année.

Une forte odeur d’eau.

Mais Julie, l’eau, c’est comme l’argent. Ça n’a pas d’odeur! Sauf quand c’est sale et vaseux…

Pour en avoir le cœur net, je me suis renseignée. Eh bien oui, m’a-t-on dit. Le lac et le Rhône dégagent au moins deux fois par an senteurs ou remugles, c’est selon. Le phénomène se manifeste notamment au printemps. Il dure une semaine, dix jours tout au plus. Et là, on est pile dedans!

Sous l’effet de la chaleur, les planctons commencent à pousser et à prospérer joyeusement, provoquant ainsi ces drôles de relents.

Ceux qui redoutent ce signal olfactif sont les pêcheurs professionnels. Car ces planctons ne font pas leur beurre. Ils s’accrochent et prolifèrent à toute allure sur leurs filets qu’ils transforment en murs verts. C’est le «verdia», disent alors les hommes du lac. La merde, quoi! Car les poissons, qui ne sont pas idiots, refusent d’entrer dans ces pièges trop voyants et les pêcheurs rentrent bredouilles au port.

Il faut ensuite attendre quelques jours, le temps que les zooplanctons débarquent et broutent tout ça, pour que les odeurs disparaissent.

En cas de forte bise, le lac peut aussi sentir bizarre. Les moules zébrées, qui vivaient pépères dans les profondeurs, remontent à la surface à la faveur de ce grand brassage. Elles s’échouent sur la rive, finissent par mourir et pourrir tristement au bord l’eau. Et là, ça pue grave, effectivement…

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04/04/2017

La nuit toute la journée

palissades.JPGLe mois de mars a été exceptionnellement beau et chaud, la température grimpant jusqu’à des pics rarement égalés depuis que Météo Suisse prend ses mesures. Et ça continue…

Cet ensoleillement précoce n’est pas de nature à réjouir certains habitants de la région. Faut dire qu’ils sont dans la nuit à longueur de journée, depuis que des palissades en bois obstruent complètement leurs fenêtres.

Je ne sais pas si vous avez déjà vu ces fermetures radicales sur quelques chantiers de rénovation d’immeubles. Il en est actuellement un remarquable dans le vieux Carouge, le long du tram. Cette vue rappelle le G8 et les arcades genevoises retranchées derrière des planches en bois jaune. Sauf que là, c’est à l’étage!

Et à l’étage, généralement, il y a des habitants. Ou des employés. Ce n’est pas très folichon pour eux de vivre dans cette obscurité permanente. Pourquoi pareil traitement, me direz-vous?

Eh bien c’est simple: lorsqu’un échafaudage est monté à proximité de lignes électriques alimentant le réseau des TPG, la loi veut que des mesures de sécurité soient prises pour éviter tout risque d’électrocution des personnes actives sur le chantier.

Dès qu’un échafaudage se trouve à 7,60 m des fils de contact et des supports sous tension, les TPG exigent des entreprises privées qu’elles posent un blindage résistant et isolant allant de 2 à 8 mètres de hauteur!

Euh, n’est-ce pas pousser le principe de précaution un peu trop loin?

Car une fois ces exigences posées, les TPG s’en lavent les mains. Qu’importe pour eux si les palissades sont en plexiglas, en plastique ou en bois. Les entreprises font donc souvent au plus simple, au moins cher et au plus hermétique qui soit. Le bois.

Et tant pis pour les habitants coincés derrière l’écran qui les prive de lumière naturelle pendant des plombes. S’ils pouvaient au moins scier là-dedans un coin de ciel bleu, ils s’en porteraient déjà mieux…

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01/04/2017

Le praf se propage

Praf un jour, praf toujours!

Evidemment, ça ne va pas nous mener loin,de tels propos. D’ailleurs, de quoi parle-t-on au juste? Ce praf, est-ce une maladie honteuse? Un slogan? Un tas de poudre blanche? Même pas.

C’est une attitude. Une mode, peut-être. Personne ne l’avait vraiment vue venir jusqu’à ce qu’un politologue français ne l’affuble de ce drôle de nom pour la mettre en lumière. Et en fasse un livre.

Car la chose commence à prendre sérieusement de l’ampleur à l’approche de l’élection présidentielle française. Tout porte à croire qu’elle s’étendra à d’autres domaines, et sous d’autres latitudes.

Praf. Comme plus rien à faire, pour rester poli. Ou plus rien à foutre, pour épouser de plus près ce ras-le-bol désabusé des citoyens français face à la politique et à ses petits arrangements entre amis.

Nos voisins parlent déjà de prafistes ou de prafisme. C’est du sérieux. A croire que cette façon de penser sera bientôt conjuguée, de façon à exprimer les changements de personnes, ou de temps. Genre: «Prafons ensemble, cher ami!»; «prafiez-vous en juin?»; «ils praferont sans doute au prochain scrutin…»

Mais pourquoi réserver ce terme à la seule sphère politique? Le praf peut facilement s’adapter à toutes les sauces, tant il est dans l’air du temps. C’est tellement plus simple ainsi.

Le monde va mal? Praf alors. Ma voisine de palier se sent trop seule? Praf encore. Les gens démunis ont besoin de soutien? Praf toujours.

Ce détachement complet pour tout et rien inquiète lorsqu’il vient des plus jeunes. Des plus vieux, on pourrait presque comprendre...

Praf, donc!Tel est donc le slogan de ce printemps balbutiant. Une saison pleine de promesses, pourtant…

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30/03/2017

Ordre plus contrordre

Ordre plus contrordre égale désordre, disait une aînée de mes connaissances. C’est aussi basique que ça. A force de changer souvent d’avis, les choses les plus simples finissent par devenir très compliquées, pas vrai?

Alors que l’on soit au moins clair à ce sujet: la fête au Vélodrome aura bien lieu aujourd’hui jeudi et non pas samedi prochain, date prévue normalement pour le report de la manifestation programmée le samedi d’avant, mais annulée pour cause de mauvais temps annoncé. Vous me suivez ou je recommence?

Un papillon orange vient d’être collé un peu partout à la Jonction sur les annonces de la manifestation, afin d’indiquer ce nouveau changement de date «pour cause de beau temps», cette fois-ci. On s’en réjouit d’avance.

Mais pourquoi tenir ainsi compte des caprices de la météo? Le vélodrome, c’est bien ce circuit fermé où pédalent les cyclistes, à la Queue-d’Arve?

Erreur! Le Vélodrome en question est un square joliment arborisé et aménagé où les gens des immeubles voisins se rendent pour se ressourcer. Ou se retrouver. En cette fin de journée printanière, il y aura donc à boire et à manger et la projection du film «Les temps modernes» de Chaplin. Chaises longues à disposition, couvertures conseillées, est-il précisé. Sage précaution. Car malgré tout, nous sommes au mois de mars, ou je me trompe?

Ordre plus contrordre égale parfois aussi retour à la case départ…

Je vous avais parlé des difficultés rencontrées par Brigitte qui ne pouvait plus se faire livrer par la Poste des paquets volumineux destinés aux soins pour son fils handicapé. La faute à un nouveau règlement appliqué à la lettre.

Eh bien le problème est réglé! Suite à ses protestations, le géant jaune a revu sa copie et accepté que le facteur fasse une exception pour elle. Et dépose les paquets devant sa porte. En bon ordre!

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28/03/2017

Le printemps de la poésie

Il y a comme ça des êtres qui éprouvent le besoin viscéral d’exprimer ce qu’ils ont en tête et de le faire savoir loin à la ronde. Mais vu que personne ne leur tend le micro pour demander leur avis, ils se débrouillent tout seuls. Ils utilisent alors les murs des villes pour y déverser le fond de leurs pensées.

Des pensées assez sombres, ma foi, tracées au spray, à la va vite, la rage au ventre. Elles peuvent se limiter à de simples obscénités, crachées à la face des passants qui n’y peuvent rien. Ou se transformer en slogans vengeurs, voire en déclarations définitives: «Genève, ville morte»; «Mort aux banques»; «Pays de merde.» Amis de la poésie, bonjour!

Ces pensées anonymes se font aussi préventives, à l’image du regretté «Tourne, eh, connard!» du plateau de Frontenex, invitant les automobilistes à braquer ferme vers les Eaux-Vives, sous peine de rentrer droit dans le mur.

Elles sont un tantinet nunuches lorsqu’elles parlent d’amour toujours; énigmatiques avec ce «Pierre Maudet n’a pas dit bonjour» figurant devant le chantier du Grand Théâtre; reconnaissantes sur les palissades du CEVA, à Champel, où un «MERCI!» a fleuri.

Devant toutes ces pensées déversées pêle-mêle sur la voie publique, je ne savais pas trop à laquelle m’attendre en allant regarder de plus près ce texte placardé sur une borne électrique et qui me faisait de l’œil.

Un nouveau manifeste? Un avis de recherche? Non. Un poème!

Quelqu’un avait pris la peine de recopier, en entier, «Il était une feuille» de Robert Desnos, de tirer ce texte et de le coller en ville sur un lieu de passage.

Alors j’ai pris le temps de lire «Il était une feuille avec ses lignes/Ligne de vie/Ligne de chance/Ligne de cœur…»

Et je ne vous dis pas quel bien ça fait de se laisser ainsi happer par la poésie, un matin du mois de mars, au carrefour de Rive, au milieu des klaxons…

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