02/09/2014

La fraude aux biscuits

Un soir de la semaine passée, on sonne à la porte de Chantal, dans un immeuble du Petit-Saconnex. Confiante, elle ouvre et se trouve face à deux jeunes.

Ils se disent étudiants au Collège de Candolle. Ça présente bien. Et que font-ils là, en cette première semaine de rentrée scolaire? Ils cherchent à vendre des biscuits pour financer leur voyage d’études à Londres.

Braves petits! Chantal trouve sympa de soutenir ces collégiens qui se démènent pour trouver des fonds. Elle prend donc un paquet, puis s’étrangle devant son prix.

Le sachet de quatre biscuits coûte dix francs! Normal, c’est du «fait maison» affirme le vendeur. Soit. Chantal fait sa BA. Mais quelque chose la chiffonne.

Elle téléphone au collège le lendemain pour se renseigner et apprend que ce démarchage est une arnaque!

L’affaire a débuté en juillet déjà dans le quartier de Florissant. Deux jeunes y font du porte à porte avec leurs biscuits, munis d’une présentation écrite du projet de voyage d’études, avec l’en-tête du collège de Candolle et un texte truffé de fautes d’orthographe.

Cela met la puce à l’oreille d’un membre de la police qui contacte le département. Il apparaît rapidement qu’un tel voyage n’est pas programmé et qu’aucune récolte de fonds n’est en cours, surtout pendant les vacances. Plainte pénale a donc été déposée.

Cerise sur le gâteau, les biscuits viennent droit de la Migros, m’a-t-on dit, et non d’une cuisine familiale…

Gare à ces petits malins. Certes, leurs biscuits ne sont pas mauvais. Ils sont juste durs à digérer, quand on s’est fait rouler dans la farine!

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01/09/2014

En prison pour si peu?

C’est une petite dame de 85 ans, très souriante et pleine de détermination. Une grand-maman modèle.

Pourtant, d’après l’ordonnance du service des contraventions qu’elle vient de recevoir, Anne-Marie risque trois jours de «peine privative de liberté de substitution» si elle ne paye pas l’amende qui lui a été infligée, il y a un an, et qu’elle avait vivement contestée.

Faut dire que c’était pour elle la première contredanse d’une longue vie «sans tache». C’est pourquoi la Genevoise se dit prête aujourd’hui à aller en prison! Par principe. Pour ne pas avoir à débourser 350 francs pour ça.

Son crime? Avoir pris l’air à la promenade De-Warens avec Punky, son petit chien d’un kilo et demi, tenu en laisse et porteur de médaille. Or, ce lieu était interdit aux chiens. Même s’ils ont la taille d’un chat…

Pourquoi tant de zèle? avais-je alors titré en septembre 2013 pour raconter l’histoire et préciser qu’une pétition des riverains de Saint-Jean demandait à l’époque aux autorités de rétablir l’accès de cette promenade aux chiens.

Depuis, le petit compagnon d’Anne-Marie est mort et les agents zélés ne traquent manifestement plus les promeneurs qui passent par là avec leur toutou. Le bon sens aurait donc voulu que l’on enterre cette affaire en même temps que Punky.

Mais voilà. La machine administrative étant lancée, plus moyen de l’arrêter. Il y a enquête, paperasse, menace. Et une dame de 85 ans que tout ça rend malade.

A quoi bon?

S’il existe dans cette République un être qui puisse éviter la prison à cette octogénaire genevoise pleine de détermination, qu’il se manifeste!

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30/08/2014

Bienvenue chez nous!

Marie ne demandait rien à personne. Elle voulait simplement inviter un ami égyptien à Genève. Pour deux petites semaines de vacances.

En bonne Suissesse, soucieuse de faire les choses en règle, elle indique à son invité les démarches à entreprendre pour obtenir le visa Schengen. Et ce n’est pas rien, côté paperasse et finances!

Lui doit produire à l’ambassade suisse au Caire l’invitation de la Genevoise, le plan de vol, l’itinéraire de séjour, un extrait de compte bancaire, des attestations de son employeur, et j’en oublie sans doute.

Elle paye le billet d’avion aller-retour, contracte une assurance-maladie accident pour la durée du séjour de son invité, s’engage à ce qu’il parte après ses vacances. Elle donne aussi son adresse, son salaire et tout le tra la la. Une vraie mise à nu administrative!

Tout ça pour quel résultat? L’ambassade n’autorise pas l’ami de longue date à mettre les pieds en Suisse. «Sa volonté de quitter l’espace Schengen n’étant pas établie…» dit l’autorité.

Stupéfaite, la Genevoise fait opposition à l’Office fédéral des Migrations, et débourse encore 150 francs en passant.

Refus à nouveau. Manifestement, celui qui ne gagne pas assez d’argent chez lui n’est pas le bienvenu chez nous. Même s’il est hébergé et pris en charge par une citoyenne solvable.

Mais l’ODM a du cœur. Certes, il refuse le visa. Mais il n’empêche pas cet homme de voir Marie. En dehors de l’espace Schengen, évidement.

Alors ça, c’est gentil. Merci!

Où est Marie aujourd’hui? En vacances en Egypte! Là-bas, elle est accueillie à bras ouverts…

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29/08/2014

Les rats et les hommes

Ça fait toujours bizarre, en pleine ville, de se trouver face à un rat. Un vrai, donc. Avec sa queue nue, son museau pointu et ses petites dents acérées.

Alors je ne vous dis pas dans quel état peut se trouver une dame après en avoir croisé une colonie!

Rose Marie avait juste envie de se poser un moment au soleil dans le petit parc situé au bout des voies couvertes de Saint-Jean, côté Aïre. Elle n’était pas la seule à apprécier le coin, en ce samedi: plus de vingt rats trottinaient là, pas dérangés par sa présence. Ni par celle d’un jeune gars, assis sur un banc, mais les pieds à l’abri des rongeurs.

«N’ayez pas peur, ils n’attaquent pas» prévient-il. Encore heureux!

Alors quoi, c’est l’invasion des rats en ville? Même pas.

Ils préfèrent généralement vivre cachés, loin des prédateurs et sortent juste de leur trou quand il y a trop de nourriture à la surface. L’odeur les attire. Et avec tous les déchets alimentaires que les gens laissent sur la voie publique, les rats ont de quoi se régaler.

Ces petits mammifères peuvent squatter un lieu tant qu’il y a bombance en vue. Et ne plus y revenir dès qu’il n’y a plus rien à croquer. Pas bêtes, les rats!

Ils sont d’ailleurs si futés qu’ils ne succombent pas fatalement aux nombreuses campagnes de dératisation menées en ville et dans le canton.

Aux aliments empoisonnés, ils préfèrent manger le pain et les vivres laissés dans les buissons et autres enrochements par les amis des bêtes…

Si les Genevois ne veulent pas se faire peur en croisant trop de rats, ils devraient ne plus laisser traîner de la nourriture n’importe où. Facile à dire!

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28/08/2014

Le rite de fin d'été

Pour des générations de gamins genevois, le Cirque Knie a toujours annoncé la rentrée des classes.

C’était le rite de fin d’été. Le temps de la grande bascule: la piste aux étoiles avant les alignées de pupitres. La magie et les rêves avant la réalité scolaire. Ça aidait à faire passer la pilule…

Alors que les grandes vacances finissaient, il y avait encore ce sursaut. Ce petit grain de folie: la perspective de se lever à l’aube pour assister au montage du chapiteau sur la plaine endormie. Et après les coups de sifflets, le ballet des machines, voir les tentes se dresser, les animaux arriver en cortège dans la ville qui se réveillait. Puis réserver sa place pour le soir même et s’en réjouir, tout le reste de la journée.

Mais voilà. Tout change. Même le cirque. Ou alors l’école.

Quand la cloche de la rentrée des cours a sonné ce lundi, la plaine de Plainpalais était vide. Pas de caravanes. Juste quelques marques au sol dans le ghorr du Beaujolais. Tristesse.

Et puis quatre mâts solitaires se sont soudain dressés au milieu de rien. Tendues entre eux, quatre lettres rouges se sont détachées là-haut dans le ciel. Signe que Knie va bientôt arriver…

C’est désormais chose faite! Si vous lisez ces lignes de bon matin, il est encore temps de vous rendre à Plainpalais pour suivre ce spectacle étonnant.

La représentation débute à 6 heures. Soit 49 minutes avant le lever du soleil. Le lever du chapiteau prendra lui un peu plus de temps. Faut dire qu’il n’y a pas le feu au lac.

Les gosses sont déjà à l’école, et la première a lieu vendredi!

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27/08/2014

Pas le bon moment?

Un père d’élève s’énerve contre nos autorités. Elles n’auraient rien trouvé de plus intelligent que de commencer des travaux sur la route de Malagnou le jour de la rentrée scolaire, à la hauteur du Collège Claparède.

Bravo pour la coordination entre les départements concernés, dit-il. Et merci pour le bruit et les perturbations qui affecteront des centaines d’élèves et de professeurs pendant tout un mois!

«Il est vrai que de mi-juin à fin août, le DETA n’avait pas le temps d’entreprendre ces travaux…»

Ce citoyen fâché a raison sur un point: la pose de l’enrobé phonoabsorbant n’intervient pas au meilleur moment qui soit. Mais y en a-t-il un?

Pour le reste, faudrait pas oublier que ce chantier vise à diminuer le bruit routier! Ce sera un sacré plus pour les collégiens et les 15 000 riverains situés le long de cet axe, entre le chemin du Velours et la route de Sous-Moulin.

Faudrait aussi rappeler que, pour des raisons techniques, ces travaux de reprofilage s’effectuent seulement de mai à fin septembre.

Or, me précise-t-on du côté du DETA, ils n’ont pu être faits sur ce tronçon pendant les vacances, les Services industriels ayant terminé leur chantier au même endroit le 18 août.

Si cela peut rassurer ce père d’élève, une grande partie du boulot sera exécutée de nuit, entre 20 h 30 et 5 h 30, afin de réduire au maximum les perturbations sur le trafic routier. Les riverains apprécieront…

Ces travaux auront donc peu d’influence sur le collège Claparède. Pas que quoi nécessiter une coordination particulière avec le DIP.

Voilà une communication limpide!

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26/08/2014

La montre baladeuse

Je m’en voudrais de passer sous silence cette petite histoire. Elle rappelle, si besoin est, qu’il existe encore des gens bienveillants par ici. C’est bon à savoir!

Samedi dernier, Chantal revient à la maison après avoir fait des courses au magasin. Elle fait alors une triste découverte: sa belle montre, celle que lui ont offerte ses enfants, n’est plus à son poignet. Elle l’a perdue en route. Mais où?

Fébrile, elle vide ses cabas pour voir si sa toquante y a glissé, puis fait le chemin inverse, se rend au garage, fouille sa voiture. Rien. Par acquit de conscience, elle appelle le service clientèle de la Coop de Blandonnet.

L’employée lui demande la marque de sa montre. Sous le coup de l’émotion, Chantal ne s’en souvient pas. On lui demande alors de la décrire, ce qu’elle parvient à faire. Ce ne serait pas une Tissot, par hasard? Oui, c’est exact!

Eh bien vous avez de la chance: un monsieur l’a retrouvée au rayon fruits et légumes et nous l’a rapportée!

Le bijou se trouvait parmi les poires. Pas de quoi en faire tout un fromage! Mais Chantal est heureuse de l’avoir récupéré et remercie de tout cœur l’inconnu qui a pensé à elle.

Et Daphné, vous savez ce qui lui ferait vraiment très plaisir?

La marcheuse aimerait se procurer une lampe frontale qui se recharge à l’énergie solaire. Ceci pour éclairer les promenades qu’elle fait avec son chien à la nuit tombée. Elle a cherché un peu partout cet article, mais sans succès.

J’aimerais bien l’aider, mais je ne connais rien aux lampes frontales, qu’elles soient à piles ou rechargeables. Pourriez-vous m’éclairer? Je transmettrai les infos à Daphné.

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25/08/2014

C'est reparti pour un tour

"Sur la plage abandonnée/Coquillage et crustacés/Qui l’eût cru déplorent la perte de l’été/Qui depuis s’en est allé/On a rangé les vacances/Dans des valises en carton/Et c’est triste quand on pense à la saison/Du soleil et des chansons…"

Ben oui, c’est fini tout ça!

La Madrague, c’est la chanson de la rentrée. Même si on n’est pas parti à la mer. Et même si elle date un peu.

Qu’elle soit interprétée par Bardot ou tant d’autres, elle dit la fin de l’insouciance. Du temps qui n’est pas minuté. Des espaces de liberté, du soleil sur la peau. Enfin, quand il y en a…

La Madrague sonne bien la fin de la récréation.

Car c’est aujourd’hui que tout rentre dans l’ordre. Que la vie reprend son cours «normal». Comme avant les vacances, mais pas tout à fait. Pour les enfants, ces deux mois passés loin de l’école valent une année de plus!

Ce matin à Genève, des dizaines de milliers d’élèves et d’enseignants se retrouvent donc en classe. Ils font connaissance les uns des autres. Que le courant passe ou non, ils devront faire avec, une année durant. Courage!

Ce matin aussi, les parents commencent à jongler entre les horaires de la famille et ceux du boulot. Les voitures prennent la ville d’assaut. Les deux roues se faufilent dans la circulation et irritent les quatre roues prises dans les bouchons. Les politiciens se réveillent en vue des votations à venir. Les rues sont éventrées pour permettre l’assainissement des nuisances sonores. C’est reparti pour un tour…

Je sens que je vais siffloter La Madrague toute la journée.

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23/08/2014

Appel urgent

Des chercheurs américains ont mené une étude pour fixer le prix du bonheur. Il faudrait ainsi gagner 68 000 francs par an pour être heureux!

Bien. C’est à peu de chose près le montant que recherche l’association les Colis du Cœur pour boucler son budget et faire son boulot: offrir des vivres à celles et ceux qui sont vraiment dans la mouise. Ici, à Genève.

Connaissez-vous cette association? Elle est faite de bénévoles qui se démènent pour assurer le remplissage et la distribution de colis alimentaires.

Chaque mardi, des familles et des personnes recommandées par les services sociaux genevois viennent chercher, au chemin de la Gravière, leur paquet de nourriture hebdomadaire.

Il contient de quoi faire des repas équilibrés. Ce coup de pouce alimentaire est actuellement donné à 1370 personnes.

Si les produits contenus dans ces paquets sont offerts par des partenaires (Partage, Maraîchers genevois et autres), l’association doit encore acheter des denrées pour compléter l’offre, comme les œufs et le lait.

 

D'où ce pressant besoin de sous pour aborder les mois à venir. Si des personnes préfèrent donner de leur temps en devenant bénévoles, elles seront accueillies à bras ouverts.

Cela fera beaucoup d'heureux!

Colis du Cœur, www.colisducoeur.ch; CCP 12-20190-8; 077 465 05 25

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22/08/2014

Mauvaise chute

Un jour, ils tomberont à leur tour!

Ce n’est pas une prophétie mais la réflexion bien mûrie d’Anne-Marie. Elle gît depuis plusieurs minutes sur le trottoir, incapable de se relever seule, et voit défiler des gens fort pressés qui ne semblent pas la voir…

Bref retour en arrière. Mardi dernier, la jeune retraitée fait sa promenade quotidienne dans le beau quartier des institutions internationales. Son pied bute soudain contre le reste d’un poteau de signalisation mal scié. Elle trébuche et se prend une gamelle monumentale.

Là voilà donc à terre, bien secouée, les mains amochées et le coude cassé. Ceci juste au pied des escaliers menant au CICR…

Anne-Marie espère qu’en ce lieu, on lui viendra rapidement en aide. Tu parles!

Des personnes grimpent l’escalier sans la regarder. Elle pourrait pourtant être leur mère, ou leur grand-mère. Mais rien, pas de réaction. Dix minutes passent. Et c’est rudement long, dans cette position.

Passe sur la route une jeune cycliste. A la vue de la blessée, elle saute illico de son vélo et l’aide à se remettre debout. Ouf, c’est mieux ainsi!

Son intervention n’a duré que quelques minutes. Mais elle a réchauffé le cœur de celle qui m’a conté sa mésaventure et qui remercie encore la demoiselle providentielle.

Quant aux autres, ils tomberont un jour à leur tour. Reste à savoir comment ils se relèveront...

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21/08/2014

Brassage des eaux

Comment mesurez-vous les températures du lac figurant sur votre carte météo?

Une lectrice s’étonne du grand écart existant entre les degrés annoncés et la réalité de l’eau, souvent bien plus crue…

Qu’elle se rassure, il n’y a pas tromperie sur la marchandise!

Car la valeur transmise par MeteoNews est un relevé de la veille, non une prévision. Et en été le lac peut perdre ou gagner 5 à 7 degrés, en moins d’un jour, selon d’où ça souffle.

En gros, il faut savoir que le vent fait chuter la température du lac et que la bise l’aide à remonter. Tout tient dans le brassage des eaux de surface et de profondeur, mais je n’ai pas la place ici de m’y plonger.

Les degrés de l’eau varient aussi d’une plage à une autre, en fonction de leur exposition au vent. MeteoNews prend comme référence la température relevée aux Bains des Pâquis,  seule mesure régulière faite à Genève.

Elle s’effectue par une sonde située à plus d’un mètre sous l’eau et reliée à un programme informatique réglé pour faire le point chaque cinq minutes.

Tous les nageurs en eau vive espèrent d’ailleurs que la sonde indiquera au moins 16°, dimanche 24 août: c’est le minimum requis pour que la Course autour du phare puisse avoir lieu!

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20/08/2014

Le temps de la carte postale

Qui écrit encore des cartes postales, de nos jours?

Des gens de plume; des pros de la phrase fleurant bon les vacances; des correspondants lointains et détendus n’ayant pas peur d’une certaine lenteur.

Deux jeunes collègues parties à Cuba ont tenté l’exercice. Une performance, soit dit en passant, de la part de ces journalistes connues comme étant les plus connectées de la rédaction.

Mais avaient-elles vraiment le choix? Au pays de Fidel et Raoul, un simple SMS coûte le lard du chat et Internet est une denrée rare. «Cherche wi-fi désespérément» écrira d’ailleurs l’une d’elles, en mal de connexion.

Et puis il existe un rituel auquel ces rédactrices n’auraient pu se soustraire: le clin d’œil des vacances adressé aux collègues qui partagent la même table, les mêmes bruits, les mêmes odeurs.

Nos deux localières traquent donc dans les rares étals cubains l’image la plus exotique qui soit et remplissent son verso jusqu’à ras bord d’observations drôles et piquantes. Un boulot de pro!

Ecrites le 16 juin et postées par un logeur attentionné, les cartes sont arrivées hier à destination. Deux mois après! Plus personne n’y croyait. Entre-temps, les filles ont eu tout loisir de raconter leur périple, montrer les photos et passer à autre chose.

Comme écrire des articles bien sérieux sur la politique genevoise. Les vacances sont terminées. Restent les cartes postales...

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19/08/2014

Perdre le contrôle

Elle voulait ardemment vivre jusqu’à cent ans. Par curiosité. Mais depuis peu, Rosemary n’en est plus si sûre.

Faut dire qu’en vieillissant, tout se complique. Et je ne parle pas ici des bobos physiques. C’est plutôt ce sentiment gênant de se trouver toujours plus à la traîne de la société. A côté de la plaque.

Car cette dame de 79 ans a beau se tenir informée, lire la presse, bouquiner, discuter, ça ne lui suffit plus pour être à jour.

Son handicap? Rosemary n’a pas d’ordinateur. Et sans lui, elle est désormais «out»: impossible de renouveler son passeport britannique depuis que cette démarche se fait en ligne.

Comment procéder alors? Allez donc dans un café internet, lui a-t-on gentiment dit à l’ambassade. Certes. Mais à quoi bon, si elle ne connaît rien à la chose…

L’aînée a dû quémander de l’aide pour se tirer d’affaire. Ça lui laisse un goût amer: elle a soudain eu l’impression de perdre le contrôle de sa vie, elle qui pensait avoir tout en main pour se débrouiller seule.

Pour retrouver son indépendance et son peps, Rosemary devrait se rende à Cité Seniors pour y suivre le programme de «sensibilisation à l’informatique», très prisé. Sûr qu’elle y trouverait vite son bonheur.

Elle deviendra centenaire. Et branchée, qui plus est!

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18/08/2014

Parlons gros sous

Je me suis gentiment fait remonter les bretelles pour une question de gros sous.

Pendant mes vacances, un descendant de Paul Burkhard s’est manifesté, suite à un papier paru mi-juillet où je m’inquiétais de l’épidémie de fausses thunes sévissant à Genève.

Paul Burkhard? C’est l’artiste qui a gravé la pièce de 5 francs émise en 1922. Et qui reste à peu de chose près celle que nous utilisons aujourd’hui. Autant dire une autorité en la matière.

Son arrière-petit-fils me signale deux erreurs dans la prose où je conseillais d’ouvrir l’œil pour traquer les imperfections des faussaires. Moche!

Ce n’est pas Guillaume Tell qui figure sur le côté face de la thune, mais un berger d’alpage. Un mythe s’effondre pour moi…

Ensuite, je pensais que sur le côté pile se trouvait une double guirlande d’edelweiss de là-haut, sur nos montagnes. Or, si elles ornent bien la droite du drapeau, ce sont des rhododendrons qui s’épanouissent à gauche. Voilà!

C’est d’ailleurs l’exécution bâclée de ces fleurs qui signale une fausse pièce, tout comme le relief de la croix moins accentué et l’aspect de la pièce plus mat que normal.

Pas rancunier pour un sou, le descendant du graveur me glisse une thune dans l’enveloppe qui servira de modèle lors de notre opération de fin d’année.

Laquelle? La Thune du Cœur, voyons!

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16/08/2014

Censure insensée

Sandro rentre tout juste d’Italie où il a fait le plein de soleil, de bonnes tables et de Beaux-Arts. Heureux homme!

Il ne va hélas pas rester longtemps sur son petit nuage. Ce qui le fait revenir sur terre genevoise? Un simple passage à la Poste du Mont-Blanc.

A l’intérieur du bâtiment, ce client, encore de bonne humeur, tire son numéro de passage au guichet. Puis attend sagement son tour. Au lieu de regarder tout le bazar mis en vente pour tromper l’ennui des consommateurs, il observe le hall.

Son œil d’architecte repère vite les interventions de couleur jaune réalisées au plafond par l’artiste Felice Varani. C’est pas mal. Pas mal du tout!

Sandro sort son appareil de photo de son sac à dos. Prend le temps de cadrer son sujet quand il est brusquement interpellé.

Halte là! Stop!

Un employé zélé fond sur l’amateur d’art. Il est défendu de photographier ce plafond!

Et pourquoi donc? C’est un ordre reçu. De qui? Sandro n’en saura pas plus. Mais ça le désole.

«J’ai pris en photo le plafond de la chapelle Sixtine. L’œuvre de Michel-Ange. Sans problème. Ici, tout est interdit!»

Renseignements pris, cette censure insensée n’a pas raison d’être. La Poste Suisse s’excuse d’ailleurs pour ce malentendu. Sandro pourra donc retourner photographier à sa guise les voûtes de l’office du Mont-Blanc.

Pas dit qu’il en ait encore envie…

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15/08/2014

La vieille chatte

Aux Pâquis vit une vieille chatte nommée Lula. Une belle bête de 18 ans qui a pour habitude de marcher en équilibre sur le bord du balcon, à l’affût des oiseaux.

Un soir de cet été pourri, la chatte se rate: elle chute de deux étages et atterrit sur le trottoir.

Combien de temps reste-t-elle là, avec sa patte cassée? Mystère. La blessée ne peut témoigner. Mais ses miaulements attirent l’attention d’un couple de Pâquisards rentrant chez eux.

Ils auraient pu s’apitoyer sur son sort et passer leur chemin. Mais non. Ils prennent la minette dans leurs bras et la conduisent à une permanence vétérinaire.

Ce n’est pas tout: ils payent encore 250 francs pour les soins prodigués, sans savoir s’ils seront un jour remboursé. Puis ils s’en vont mettre la photo de la chatte, avec un numéro de téléphone, à l’entrée de l’immeuble où ils l’ont trouvée.

Bien vu. Car lorsque Pascal revient chez lui peu après, il n’est pas accueilli par les miaulements habituels. Lula? Pas un chat dans l’appartement.

Et là, ça lui fait tilt. Il dévale les escaliers pour aller examiner la photo vue d’un œil distrait en arrivant. Oui, c’est bien elle…

Tout finit bien: la chatte est remise sur patte et des habitants du quartier ont fait connaissance grâce à elle. C’étaient les dernières nouvelles des Pâquis!

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14/08/2014

Un bon remède

Hier matin, j’arrive au turbin sous une pluie battante, un brin grinche et les pieds trempés. J’allume l’ordinateur. Oui, ça réchauffe, parfois.

Et là, sur quoi je tombe? Sur un message qui me file soudain la patate! Comme quoi tout peut arriver, même quand la journée semble fichue d’avance.

Une dame à l’enthousiasme partageur m’a envoyé un lien pour visionner un truc sur YouTube. Entre deux éternuements, je clique dessus, sans trop savoir à quoi m’attendre.

Et hop, c’est parti pour 4 minutes 35 de pur bonheur… Gene Kelly danse et chante sous la pluie. Ça vous dit quelque chose, cette scène géniale de «I’m Singing in the rain»?

Malgré ses soixante ans bien sonnés, elle fonctionne encore! A peine entendue, la musique s’incruste dans la tête, se sifflote, se chantonne et rend plus léger.

A voir le danseur s’épanouir sous des trombes d’eau, ça donne envie de faire comme lui. De ne pas aller contre la pluie, mais avec elle. Comme sous la douche. Et comment donc?

Suffit de se débarrasser du parapluie. De laisser couler l’eau du ciel sur le visage. Puis sauter joyeusement dans les flaques, envoyer des gerbes de flotte tout partout et retrouver ainsi les plaisirs de l’enfance.

Allez, je repasse encore une fois la scène. Trop bien! Et à force de la regarder, il arrive une chose étonnante. Une fenêtre s’ouvre dans le ciel, le soleil fait une timide apparition.

Je tenterai les claquettes sous pluie un autre jour…

www.youtube.com/watch?v=rmCpOKtN8ME

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13/08/2014

Trop ou pas assez

Trop ou pas assez: tout est question de dosage. En cuisine comme partout ailleurs.

Jeudi matin, Céline se trouve dans un bus pour aller au boulot. A l’approche d’un arrêt, elle voit qu’une flopée de personnes en uniforme attend au dehors l’arrivée du véhicule.

C’est quoi encore tout ce cirque? Ce sont dix policiers et autant de contrôleurs des TPG qui vont bientôt prendre le bus d’assaut et vérifier les titres de transport des passagers. Ambiance à bord!

Une intervention disproportionnée pour traquer un ou deux resquilleurs estime Céline, in petto. Ces policiers auraient mieux à faire que de se déplacer à dix dans un bus…

Sur ce, la course se poursuit. A l’arrêt Bel-Air, un homme est étendu sur le sol, inanimé. Des gens passent près de lui sans le voir. Devant tant d’indifférence, le sang de Céline ne fait qu’un tour. Elle sort du bus et s’approche du gars qui ne va pas fort.

Il respire. Manifestement, il a bu. Beaucoup trop bu. Sur son dos est écrit au stylo, sans doute par des copains de virée, «le trou de balle C moi». C’est bon pour l’estime de soi… Que faire?

Avec une autre dame venue en renfort, elle tente de le réveiller. De voir comment il va. Pas de réaction. Et pas de policier à l’horizon pour leur venir en aide. Seraient-ils donc tous en bus?

Elles appellent finalement une ambulance qui transportera l’homme à l’hôpital.

Trop ou pas assez. Telle est la question.

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12/08/2014

Entre les gouttes

Alors, quoi de neuf sous le ciel genevois?

Je vous avais quitté alors qu’il pleuvait des cordes et je vous retrouve, un petit mois plus tard, encore et toujours sous les averses. A croire que vous n’avez fait que slalomer sous les gouttes, au bout du lac.

Erreur. Au milieu de toutes ces rincées, paraît qu’il y a bien eu un jour de beau. Même deux ou trois, ne chipotons pas. Reste que c’est peu, pour un été!

Cette abondance de flotte ravit sans doute la nappe phréatique et dope incroyablement la verdure. Mais tout de même, que d’eau, que d’eau…

Elle plombe les activités de plein air, celles qui encouragent l’exploit sportif, les jeux d’enfants et les rencontres. Elle favorise le repli chez soi, ou sur soi. Les rangements aussi, qui sont typiquement un truc de temps frais.

Ce n’est pas pour rien que les déchetteries cartonnent ces jours avec tous ceux qui profitent des ondées à répétition pour vider caves et greniers.

Mais qu’il pleuve ou qu’il fasse grand beau, le temps passe, insensible aux caprices de la météo.

Ces derniers jours, des êtres sont nés, d’autres sont morts. Des voisins ont déménagé, des travaux éventrent à nouveau une rue. Une femme sans abri dort à l’entrée d’un magasin du centre-ville. Les grandes surfaces vendent des cartables pour la rentrée.

Rien de neuf, finalement, sous le ciel genevois. Sauf le grand feu d’artifice de samedi, qui a réussi à exploser entre les gouttes. Et quel spectacle!

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12/07/2014

Envie de chaise longue...

J’ai comme une envie de chaise. De chaise longue, forcément. C’est de saison…

Depuis le début de ce mois, l’objet de ma convoitise s’est multiplié à l’envi dans plusieurs parcs de la ville.

Pas moins de 470 chaises longues sont mises à disposition des amateurs de farniente pour se remettre des matches de la veille ou s’offrir de petites vacances à domicile.

Et tandis qu’ils se prélassent sur le frais gazon, des jeunes filles et garçons s’occupent des transats, assurent la propreté des lieux et un brin d’animation pour les petiots. Le bonheur!

J’aurais aimé vous raconter comment j’ai testé la chose, un samedi après-midi ensoleillé, avec un bon bouquin en main, les enfants jouant au loin, leurs cris couvrant parfois le chant des oiseaux. Ou le clapotis des vagues…

Mais rien. J’ai dû rester à l’abri et me contenter d’une chaise droite. Raide comme ce temps qui nous fait garder les cirés et les bottes aux pieds.

Puisque c’est comme ça, je m’en vais chercher des cieux plus cléments où les transats ont encore de beaux jours devant eux. Ça prendra du temps. Serai donc de retour à mi-août.

D’ici là, tâchez de profiter au mieux de ces chaises longues. Vous me raconterez… Bel été!

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