18/11/2017

Vous avez dit novembre?

Novembre? C’est une punition! Une vraie purge qui vous lessive de fond en comble et vous laisse tout mollasson. Seuls les anniversaires des gens aimés sauvent ce mois d’une profonde déprime saisonnière. Car en novembre tombent les feuilles, le froid, la pluie et le moral. Ambiance.

Que peut-on d’ailleurs attendre d’un mois qui commence en fanfare avec la Fête des morts et des chrysanthèmes à gogo? À croire qu’il fait exprès! Suivent quatre semaines au cours desquelles le temps se dégrade méchamment et où les messieurs sont invités à laisser pousser leur moustache. Pour mieux se protéger des frimas?

Même pas. Si les hommes de «Movember» laissent ainsi libre cours à leur pilosité, c’est pour lever des fonds contre le cancer de la prostate et d’autres maladies masculines. Joie dans les foyers.

Les femmes, elles, connaissent plus facilement les fameux «bleus» de l’hiver. Ce vague à l’âme saisonnier lié au manque de lumière naturelle, à la sinistrose ambiante et au surmenage de fin d’année.

Le ciel commence à peser ces jours plus lourd sur la tête des êtres sensibles. Et il est du genre plombé. Quant à l’horizon, il se fond dans le crachin…

Un temps à se pendre! clamait jeudi dernier sur Couleur 3 Yann Marguet dans sa chronique «Les Orties, ça fait mal et c’est désagréable». Novembre? Une horreur, résumait l’humoriste tout emmitouflé, en énumérant les bonnes raisons d’en finir avec ce mois. À visionner au plus vite, pour se bidonner.

Car il n’y a pas de quoi se passer la corde au cou. Nous sommes déjà dans la deuxième moitié de ce mois à risques, il faut donc continuer en s’accrochant à de bonnes perspectives. Comme celle de commencer la Thune du Cœur tous ensemble la semaine prochaine.
J’espère que cela vous met en joie!

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16/11/2017

La truffe vagabonde

Un éléphant dans un magasin de porcelaine, ça fait pas mal de dégâts. Un chien dans un jeu de quilles aussi. Dans une boulangerie, c’est une encore autre histoire.

Claude se rend fin octobre à la gare Cornavin pour aller y acheter du pain, et non pour y prendre un train. Ce sont des choses qui arrivent, les stations ferroviaires étant désormais bonnes à tout faire…

La cliente arrive devant le magasin Pougnier dont les portes s’ouvrent et se referment automatiquement. Pratique. Elle voit qu’à l’intérieur se trouvent quelques personnes. Plus un chien en liberté. Genre pas timide pour un rond, à l’aise, la queue frétillante et les yeux cachés par de longs poils gris et blancs.

Tiens, que fait cet animal dans une boulangerie? Il n’a rien à faire ici, se dit la nouvelle arrivante. Mais l’intrus à quatre pattes ne s’en soucie guère. La truffe à l’air, il hume toutes ces bonnes odeurs qui lui ouvrent l’appétit. Or les brioches ne sont pas à sa portée. Ni les caracs, ni les choux à la crème, hélas.

Il est à vous ce chien? demande le vendeur aux différents clients. Non, à l’évidence. Et alors que Claude passe sa commande, que le chien s’occupe dans un coin, elle entend soudain l’employé s’écrier «Mais non, pas ça!»
Car le toutou gobe un œuf «Kinder surprise» happé sur un présentoir, dévore le chocolat, tout en recrachant méthodiquement l’emballage en alu et les bouts de plastique qui forment le jouet tant apprécié des enfants.

Agitation générale: le boulanger pique la mouche et s’en va chercher la maréchaussée, tandis qu’un client, qui a l’air de s’y connaître en cabot, intime à Médor l’ordre de le suivre, ce qu’il fait. Le fautif est ainsi conduit à la police.

Claude n’a pas su le fin mot de l’histoire et ignore comment les poulets ont réagi. Sûr qu’ils ont d’autres chats à fouetter que de couver un chien gourmand sans collier…

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14/11/2017

Ambiance plus ou moins

Ça fait des jours et des jours qu’il nous boude. Qu’il fait le mort. Qu’il reste coincé au fond de son trou, loin des yeux, loin du cœur.

À croire qu’il fuit le vilain temps. Il doit se rendre compte qu’en pleine grisaille, il passe presque inaperçu, lui qui a besoin d’un ciel bleu ou bien dégagé pour faire tout son effet.

Le Jet d’eau est donc aux abonnés absents. Quelle idée! Depuis le 30 octobre, il a disparu du paysage. Les touristes le demandent; nos yeux le cherchent. Pour des prunes.

Paraît qu’il est au repos forcé, à l’arrêt temporaire «pour des raisons d’entretien et de maintenance», nous dit-on. Inutile d’aller se rincer l’œil sur le site des Services industriels genevois (www.sig-ge-ch), où une webcam permet de voir le Jet d’eau en direct

Car c’est effectivement du direct! Sur l’image ne bougent ces jours que des mouettes et quelques mâts de bateaux. On peut si jamais se rabattre sur la visite virtuelle de la salle des machines. Cette plongée dans les entrailles du phénomène permet de voir toute la mécanique nécessaire à son épanouissement. Et pourquoi l’attraction locale s’éclipse quinze jours par an pour se refaire une santé. Heureusement, elle nous revient mercredi 15 novembre, avec l’horaire d’hiver. Lever à 10 h, coucher à 16 h. C’est peu, mais mieux que rien!

Si l’ambiance genevoise est un tantinet plombée par l’absence du Jet d’eau, d’autres apparitions ont fait leur retour: les décorations de Noël!

La zone piétonne du Mont-Blanc est surplombée de lanternes géantes et déhanchées, les hauts de Coutance de parenthèses blanches, la façade du temple de la Fusterie et celles de différents bâtiments commerciaux sont désormais enguirlandées. Elles ne sont pas encore allumées. Mais cela ne saurait tarder. Avec leur mise en lumière commencera le compte à rebours des Fêtes de fin d’année. Ciel. Déjà?

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11/11/2017

La porcelaine généreuse

Cette fois, je m’y prends assez tôt. Histoire que vous ne puissiez pas dire que vous n’étiez pas avertis à temps, que vous auriez bien aimé venir, mais encore fallait-il être au courant de l’événement, et toutes ces sortes de choses.

Alors voilà l’histoire. Elle est jolie! Annette Bonnet, 90 ans bientôt, dotée d’une belle énergie et d’un cœur gros comme ça, donne depuis toujours des cours de peinture sur porcelaine à l’atelier Décorann de Vésenaz, avec la belle complicité de Martine Maréchal.

Ces deux enseignantes ont proposé à leurs fidèles élèves, des dames, faut-il le préciser, de réaliser des pièces qui seraient mises en vente au profit de la Thune du Cœur. Toutes ces dames ont dit oui. Extraordinaire!

Et c’est ainsi que depuis le début du mois de septembre, ces femmes aux doigts de fée se sont dépensées sans compter pour la bonne cause. Elles ont peint sans relâche, mais avec délicatesse, de petits objets comme des plus gros, qui ont été ensuite cuits au four à porcelaine pour être prêts à l’emploi.

Elles ont décoré des coupelles, des objets de décoration pour Noël, des pieds de lampe et de nombreux objets utilitaires qui seront exposés la semaine prochaine pour être vendus. Il y en aura assez pour tout le monde, et à des prix accessibles.

En plus des porcelaines peintes, les visiteurs pourront se procurer du linge de cuisine et profiter aussi d'une petite buvette et des pâtisseries véritablement faites maison par les exposantes. Jules sera de piquet dans un coin pour rappeler que tout ici se fait pour la Thune. «Il faut offrir un peu de soi et penser aux autres» relève Annette Bonnet. Elle et toutes les autres artistes généreuses méritent une ovation. Et des bisous!

L’exposition-vente aura donc lieu le vendredi 17 (10 h à 18 h) et le samedi 18 novembre (10 h à 17 h) à la salle paroissiale de Vésenaz (14, chemin des Rayes), parking à deux pas de là. On note les dates, et on y va!

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10/11/2017

Donner c'est donner...

«Donner c’est donner, reprendre c’est voler». On connaît tous ce dicton populaire, plein de bon sens. Eh bien, faut croire que la raison d’État se place parfois au-dessus de tout ça.

Ce que sa main gauche offre, sa droite le récupère, ou inversement, l’histoire marche dans n’importe quel sens. À moins que l’une ignore totalement ce que l’autre fait, ce qui serait tout de même un comble…

Bref. Vous avez sans doute appris les dernières aventures d’Ulysse, le nouveau hameau de studios mobiles de Carrefour-Rue qui devait s’installer cet automne au chemin Colladon, sur un terrain gentiment concédé par un service de l’État. Or un autre service du même État s’est rendu compte que non, finalement, ce n’est pas possible. Pour une question de zone. Ah, la zone!

Le terrain du Grand-Saconnex se trouve dans un coin de verdure où les constructions ne sont pas admises. Pas de chance! Car c’est bien l’État qui fixe ce qui est constructible, où, combien, comment. Mais il n’était pas au courant de la chose en filant la parcelle à Carrefour-Rue pour loger des sans-abri.
Une telle légèreté laisse pantois!

Les spécialistes en tous genres que compte l’administration genevoise ne pouvaient-ils pas se coordonner et vérifier ce point avant de proposer le terrain? Et donner de faux espoirs à ceux qui en attendent de vrais?
Car de son côté, l’association s’est démenée sans compter pour trouver un budget pour ce hameau, commander les containers, les attribuer, peut être, aux personnes qui n’ont pas de quoi se loger. Il y a quelque chose qui nous échappe dans cette histoire.

Carrefour-Rue est donc à nouveau à la recherche d’un terrain et ne baisse pas les bras. Afin de chanter un jour prochain, avec l’ami Brassens: «...Heureux qui comme Ulysse/a vu des paysages/et puis a retrouvé/après maintes traversées/le pays des vertes années…»

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07/11/2017

Une couche de fond

stan.JPGEt hop, il a mis sa première couche. Celle qui tient le froid à distance, qui rassure et tient un peu chaud. Une sage précaution, lorsque la bise fouette les visages et que la neige blanchit les sommets alentour. Brrr…

Jules, car c’est bien de lui dont il s’agit, a ainsi pris de l’avance sur le calendrier: mon cochon, version XXXL, a fait sa grande sortie publique jeudi dernier, à la patinoire des Vernets, pour se remplir la panse après une très longue diète. La Thune du Cœur était en effet la cause mise à l’honneur d’un match à haute tension entre Genève et Lausanne. Une telle invite ne se refuse pas. Même pendant un congé…

Les braves petits nourrains et leurs porteurs, qui étaient aussi de la fête, ont tout fait pour attirer l’attention des milliers de personnes rassemblées dans cette immense halle, dans un boucan du diable. Mais ils avaient de la peine à régater face au goret rose sur roulettes. Faut dire que dans une patinoire, plus on est gros et visible, mieux c’est!

Notre énorme mascotte a si bien fait son boulot qu’elle a tapé dans l’œil de Stan Wawrinka, présent en ces lieux pour lancer le puck à l’ouverture du match, en compagnie de notre dessinateur Herrmann. Le tennisman a même signé un autographe sur le dos rond du cochon. Des fois que ça lui porterait chance…

Paraît que des Lausannois, beaux perdants, ont aussi glissé des sous dans les tirelires genevoises. Signe que la solidarité n’a pas de frontière, ce qui est toujours rassurant, par les temps qui courent.


Au final, Jules et sa bande sont repartis de la patinoire des Vernets avec 1500 francs dans le bidon. Ça fait une bonne couche de fond. Elle sera bientôt rejointe par d’autres collectes, en cours ou à venir, pour la Thune du Cœur. Avec les temps froids qui s’installent, un peu de chaleur humaine n’est jamais de trop. Pas vrai?

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26/10/2017

Un léger tremblement

wcdorciere.JPGParaît que la terre a tremblé la nuit dernière en France voisine. Un léger séisme de 3,2 sur l’échelle de Richter. Pas de quoi nous faire tomber du lit, même à 5 h 41 du matin.

Pas de quoi non plus faire vaciller le mobilier urbain. Pourtant, on se demande bien quel étrange tremblement a saisi les deux cabines en plastique rouge qui sont totalement de guingois, en bordure de la place Dorcière.

Un tremblement de dégoût?

Faut dire que ces drôles de cabines sont des toilettes publiques. Quand elles gîtent ainsi, c’est peu pratique! Pire encore: ces installations ayant une contenance limitée, ça finit par sentir, à l'usage. Bonjour la puanteur. Quant aux clients de ces lieux dits d’aisance, ils sont condamnés à aller se laver les mains à la fontaine voisine. Par tous les temps.

Bienvenue chez nous, amis touristes et autres usagers des bus. Ici, c’est Genève!

Faut pas t’agiter, Julie. Ces cabines, c’est juste un poste de secours pour les passagers avant de grimper dans un car. Il y a forcément des WC dignes de ce nom dans la gare routière d’une ville classe et internationale. Eh bien non!

Les gogues situés à l’arrière du pavillon sont fermés depuis 2010, pour raison de sécurité. Un urinoir sauvage à ciel ouvert l’a remplacé et fonctionne depuis à jets continus. À l’intérieur du bâtiment? Une salle d’attente miteuse, triste à mourir.

Le bureau de change a fermé il y a sept ans et ses stores, toujours baissés, racontent l’abandon. Serait-ce trop demander que d’installer là toilettes et lavabos? En 2012, le magistrat Pagani affirmait dans nos colonnes que l’on était à bout touchant pour rénover le pavillon de la gare routière. Des clous!

On n’est pas loin ici des deux poids deux mesures. À l’aéroport, il y a des WC gratuits en veux-tu, en voilà. À la gare Cornavin, le soulagement est rare et payant. Mais à la gare routière, c’est la misère. Les usagers des cars seraient-ils des citoyens de seconde zone?

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25/10/2017

On me refile la patate...

Nous sommes en pleines vacances de patates, comme peuvent s’en rendre compte tous ceux qui restent ces jours à Genève. Mais voilà. Contrairement à ce que j’ai raconté samedi en ce lieu, cette appellation ne serait pas d’origine rurale, mais bien citadine.

La patate, c’est donc moi, si je sais lire entre les lignes.

Alain me signale que la récolte des pommes de terre débute généralement pendant les vacances d’été, plus précisément en août. Sauf pour les variétés hâtives, tient-il à me préciser. Notez qu’il y a encore les semi-hâtives et des tardives…

Bref, lorsqu’arrive le mois d’octobre, avec son cortège de feuilles mortes et de pieds froids, les tubercules sont tirés de terre depuis belle lurette. Ce seraient donc les habitants des villes qui, par méconnaissance des périodes de récolte, auraient donné le nom de patates aux relâches d’automne. Les pives!

Lorsqu’il y avait effectivement des vacances dans les communes rurales genevoises pour permettre aux enfants d’aller aider les parents aux champs, elles avaient lieu en septembre, me dit encore Alain. Ce qui impliquait une rentrée avancée. Mais un ancien de la rédaction, à qui j’ai posé la question, me dit que pas du tout, les «patates» ont toujours été prises en octobre.

Au secours!

Si les plus âgés d’entre vous se souviennent avec précision des vacances de leur enfance, n’hésitez pas à me le signaler. Je pourrai alors transmettre au Département de l’instruction publique une autre version que celle figurant sur son site pour expliquer pourquoi on parle de patates!

Et puisqu’il est question d’instruction publique, sachez qu’en octobre 1817 éclatait une émeute au marché du Molard, à cause de l’explosion du prix des patates, la faute à une longue période de disette. C’était pile il y a deux siècles. Autant dire une éternité!

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21/10/2017

Les bonnes à tout faire

Ça sent les patates à plein nez!

Les relâches, donc. Ou les vacances d’automne, pour faire urbain. Certains évoquent même celles de la Toussaint. J’avoue pour ma part avoir un faible pour l’appellation franchement rurale de ce congé de saison: les patates!

Elle rappelle le temps où les petits Genevois étaient dispensés d’école, en octobre, pour aller donner un coup de main à leurs parents qui trimaient à récolter des pommes de terre.

Une époque que je n’ai pas connue. Les gosses de mon âge récoltaient tout au plus des glands et les marrons pour les animaux de la Ferme Vecchio, histoire de faire quelques sous pour la prochaine course d’école.

Aujourd’hui, personne ne songerait à envoyer des élèves ramasser ces riants tubercules. Faire travailler des enfants aux champs? Mais vous n’y pensez pas! Ce serait la révolution, et pas chinoise pour un rond…

Leurs parents seraient d’ailleurs bien incapables de montrer aux mômes comment procéder. Combien sont-ils ceux qui reconnaissent encore au premier coup d’œil les feuilles caduques de ces plantes potagères?

Et qui saurait s’y prendre pour extraire une pomme de terre du sol sans la réduire illico en purée?

Vous me direz que plus grand monde ici n’a besoin de maîtriser ce savoir paysan. L’agriculture intensive et la grande distribution se chargeant de fournir Bintje, Charlotte et consœurs dans des filets, légumes qui semblent sortis du chapeau d’un magicien.

Pas étonnant dès lors que les enfants aient toujours plus de peine à faire le lien entre ce qu’il y a dans leur assiette et l’étrange forme brunâtre ou jaunâtre dont la publicité vante les vertus.

La pomme de terre est donc bonne à tout faire. Même à servir de prétexte à une semaine de congé. Et puis, c’est bien connu, les vacances donnent la patate!

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19/10/2017

Le joli pont des Bergues

Il y a un truc qui me chiffonne avec les vélos. Pas avec les engins en tant que tels, et encore moins avec ceux qui les activent. Ça tient plutôt aux circuits qui leur sont proposés pour se faufiler dans la circulation genevoise.

On teste ces jours un aménagement cyclable sur le pont du Mont-Blanc. Le but étant d’essayer de faire se côtoyer au quotidien, et en bonne intelligence, 5000 vélos et 70 000 véhicules à moteur. Un vrai défi!

Or j’avais cru comprendre, au début des années 80, que le pont des Bergues avait été fermé au trafic automobile pour être justement réservé aux seuls vélos et piétons. Que ces deux catégories d’usagers de la route, les plus fragiles, allaient y trouver un havre de sécurité. Un moyen tranquille de passer d’une rive à l’autre, sans risquer gros.

Pour quel résultat? Eh bien c’est plutôt raté, côté vélos! Si les piétons ont vite adopté ce joli pont, au point d’en occuper toute la chaussée, il n’est pas vraiment pris d’assaut par les petites reines. Sauf lorsqu’elles s’y donnent rendez-vous pour des défilés.

Alors quoi, les pédaleurs seraient-ils des enfants gâtés? Que veulent-ils de plus? Un accès moins dangereux et stressant à ce pont! Mais là, c’est mission impossible, tant il y a de nœuds de circulation autour…

Et puis les cyclistes pendulaires d’aujourd’hui préfèrent les itinéraires courts, rapides, sécurisés. Un deux-roues qui se rend de Cornavin aux Eaux-Vives doit faire un gros détour s’il emprunte le pont qui lui est réservé. Il lui préfère donc celui du Mont-Blanc où il va partager ces jours, à l’essai, le trottoir aval avec les piétons. Qui vont apprécier…

Mais ceux qui vont pedibus sur le pont menant à l’île Rousseau ne se soucient pas des vélos qui s’aventurent encore sur la chaussée. Les promeneurs y sont rois. Et ils ne sont pas solitaires, comme le philosophe. Un vrai casse-tête…

Quand je vous dis que ce truc avec les vélos me chiffonne, voyez le résultat!

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17/10/2017

Des nains un brin fâchés

La saga des Géantes n’en finit pas de remuer notre collectivité.

Serait-ce que leur ombre, poétique et démesurée, plane toujours sur Genève? Ou que la grand-mère et sa petite-fille laissent, dans leur sillage, des notes insoupçonnées? Allez savoir!

Toujours est-il que j’ai reçu une missive à leur propos qui m’a mise en joie. Un lecteur assidu de la presse locale s’étonne, avec malice, que les gens s’étonnent du coût du déploiement sécuritaire occasionné par la venue des deux grandes marionnettes.

Il est vrai qu’il y avait plus de forces de l’ordre que de Géantes et même de Lilliputiens dans le cortège et alentours, et qu’il faut bien les dédommager.

Mais ce qui le laisse baba, c’est que personne ne pose la question qui tue: «Qui a décidé de l’arsenal des mesures grâce auxquelles 800 000 personnes ont eu la vie sauve?»

Je lui cède la parole, qu’il a ironique: «Belle démonstration de force, diront certains. Edifiante illustration de notre trouille au contraire… Mais il faut positiver. La protection civile aura eu une opportunité inespérée de sortir des catacombes et d’aérer ses fripes. Les blocs de béton auront prévenu toute attaque à l’arme blanche. L’hélico aura démontré son aptitude à mieux voler qu’un fer à repasser.

Deux réserves cependant.

Comment justifier que l’on n’ait pas appelé la population à rentrer les géraniums?

Pas de sous-marin dans la rade, tous missiles pointés: voilà qui est irresponsable. Attend-on une nouvelle tragédie pour appliquer le principe de précaution?»

Enfin, et c’est bien là le sens plus profond du message: «En tant que président de l’Association des Nains Genevois (ANG), je fais part de mon indignation face à la stigmatisante exaltation du gigantisme!»

Des nains de jardin, je suppose?

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14/10/2017

Par ici la bonne soupe!

Il est souvent question de malbouffe dans les conversations ou dans la presse. Rarement de bouffe tout court. Ou de manque de bouffe.

Car la réalité est parfois dure à avaler. Et surtout à digérer: dans nos contrées si prospères, où la majorité mange trop de tout et tout le temps, des familles peinent encore à acheter de quoi se nourrir correctement.

Oh, elles se font aider, bien sûr. Personne ne meurt de faim dans notre belle République. Des êtres de bonne volonté et des associations veillent. Et agissent.

La fondation Partage récupère ainsi depuis des années les invendus des grands magasins et les distribue à une cinquantaine de services sociaux et associations caritatives.

En 2016, 900 tonnes de denrées alimentaires ont été sauvées, ce qui a permis de faire plus d’un million de repas. On estime que 9400 personnes en moyenne sont aidées chaque semaine à Genève. Chapeau, et merci!

Pour la Journée mondiale de l’alimentation, qui a lieu lundi 16 octobre, la banque alimentaire genevoise va servir la soupe à la population. Un geste symbolique, généreux, pour rappeler l’importance de se serrer les coudes en ces temps difficiles. La distribution de soupe gratuite se fera aux arrêts Bel-Air, Rive et place Neuve des TPG, rebaptisés pour l’occasion arrêts «Solidarité».

Il n’est pas précisé si les usagers devront demander l’arrêt. Mais il y a fort à parier que par l’odeur de la soupe alléchés, ils sauteront vite du véhicule. Surtout si l’une des personnalités genevoises assurant la distribution entre 11 h et 19 h leur fait de l’œil.

Préférez-vous alors être servi par Darius Rochebin, Joël Dicker, Brigitte Rosset ou bibi? Marc Bonnant ou Jean Ziegler? Ou au bol? D’autres volontaires connus seront de piquet ce jour-là pour rappeler, si besoin est, que partager, ça rend meilleur!

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12/10/2017

On joue les prolongations

«Le temps ne fait rien à l’affaire» chantait Georges Brassens. «Quand on est con, on est con». Ce constat, vieux de plus de cinquante ans, n’a pas pris une ride. Je dirais même qu’il est d’une troublante actualité…

Le temps ne fait donc rien à l’affaire. Mais le temps qu’il fait, ça change tout!

Je me faisais cette réflexion mercredi midi, au cœur de la rade, dans cet été genevois qui n’en finit pas et qui rend la vie un peu plus douce.

Dans ce splendide décor de carte postale, avec le Jet d’eau et le Mont-Blanc qui irradient de blancheur, tout semble calme, luxe et volupté. Les rumeurs de la ville ne viennent pas troubler ceux qui se dorent au soleil, dans leur bulle de béatitude.

Et ils sont si nombreux, ces gens qui lézardent un peu partout pendant la pause de midi, voire plus encore! Ils repèrent vite chaque parcelle gorgée de lumière et de chaleur et s’en emparent. Ils s’attardent à une terrasse, sur un banc public, contre un mur au soleil. Ils profitent tant qu’ils peuvent du temps présent pour faire leurs réserves.

Il y a chez eux, chez nous, cette envie irrépressible de jouer le plus longtemps possible ces prolongations bienveillantes, de fuir les zones d’ombre froide, de repousser l’idée même des grisailles à venir.

Là, il fait beau, il fait bon, et ça fait du bien par où ça passe!

Ce sursis estival pourrait nous faire croire que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes genevois. Même si les primes maladie augmentent à la folie; si le prix des loyers explose; si l’emploi se fait rare; si personne ne sait de quoi demain sera fait.

On fait semblant momentanément que tout baigne. Que ça roule. Pourquoi pas, finalement?

La présente douceur du temps nous met du baume au cœur, ravit les yeux. C’est tout bénéfice pour nous. Alors profitons-en.

Quand le béret de Calvin se posera à nouveau sur nos têtes, ce sera une autre histoire. Le temps, je vous dis, ça change tout!

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10/10/2017

Parlons une fois musique

Une fois n’est pas coutume, je vais vous parler musique. Pas celle, lancinante, que font les souffleuses de feuilles mortes, les sirènes des ambulances ou les moteurs des motards qui rugissent furieusement en s’élançant au feu vert.

Non, je veux parler de la musique qui s’écrit en solitaire et se joue à plusieurs, avec un chef d’orchestre au milieu. Le maestro qui nous intéresse ici se nomme Eric Bauer et ceux qu’il dirige sont des musiciens de l’Orchestre de la Suisse romande, réunis au sein de l’Ensemble instrumental romand.

Si j’en parle aujourd’hui, c’est pour vous annoncer tout d’abord que cette belle équipe est à nouveau partante pour donner le Concert de l’An en faveur de la Thune du Cœur. C’est là un magnifique cadeau! Parce que oui, il y aura bel et bien une Thune 2017, et elle se prépare ces jours. Si vous avez d’ailleurs des idées pour la renforcer, c’est volontiers.

Mais l’actualité la plus brûlante, c’est le concert que cet ensemble offrira le dimanche 15 octobre à tous les patients de l’Hôpital cantonal ainsi qu’aux amateurs de musique dans la bien nommée salle Opéra. Entrée libre, donc.

Seront interprétés deux classiques, la Symphonie No 88 en sol majeur de Joseph Haydn et la pièce baroque Canon en ré majeur de Johann Pachelbel. La nouveauté sera à chercher du côté du Requiem-Gesänge d’Henri-Louis Matter. Un compositeur vaudois qui fera le déplacement au bout du lac pour assister à l’événement.

Faut dire que le chef d’orchestre s’est démené depuis des années pour que la partition de ce compositeur atypique soit éditée, ce qui est chose faite. Et c’est bien pratique pour les musiciens qui veulent l’interpréter! Le public découvrira cette œuvre pour cordes et voix, celle de la soprano Marion Grange, dimanche à 15 h. Répétitions publiques samedi et dimanche à 14 h.

Fin de ma plage musicale…

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07/10/2017

Une puanteur si naturelle

Comment la qualifier, quand on ne peut aller la humer sur place? C’est une odeur franchement écœurante, entre le vomi, le lait caillé, le beurre rance et la matière fécale. Beurk! Narines sensibles, passez votre chemin…

Ces boules puantes tombent en même temps que les feuilles des arbres. Et pour cause: ce sont les fruits du Ginkgo biloba, dit l’arbre aux 40 écus, l’un des plus beaux qui soit en automne. L’un des plus résistant aussi au temps qui passe et à la pollution.

Oui mais voilà. Si ces arbres mâles ont toutes les vertus et ne sentent rien, les femelles ont mauvaise réputation. Rapport à l’odeur, donc. Les humains vivant à proximité s’en plaignent d’ailleurs ces jours en se pinçant le nez.

Vous me direz qu’à l’heure actuelle, ça devrait pas être trop sorcier de connaître le sexe de l’arbre avant de le mettre en terre. Bien vu! La Ville de Genève, et sans doute les autres collectivités publiques, ne plante plus que des mâles génétiquement certifiés par les pépiniéristes. Ça évite bien des tracas.

Mais cela n’a pas toujours été le cas. Il fallait auparavant attendre la majorité sexuelle des Ginkgo pour savoir à quoi s’attendre, ce qui leur donnait le temps de devenir grands. Et beaux.

Alors à défaut de les arracher, parce que c’est dommage d’en arriver à pareille extrémité, il faut faire avec. Ce qui désole les riverains du 4-6 rue de la Gravière ou de la rue Lamartine, malgré le ramassage régulier des petites prunes malodorantes.

Il faut encore savoir que sur les 154 Ginkgo répertoriés vivant en ville, la plupart sont des mâles sans histoire qui poussent dans les rues. Les femelles trouvent le plus souvent refuge dans les parcs, où leurs fruits ravissent la faune indigène. Mais pas que.

Des Asiatiques les récoltent pour leurs vertus médicinales. On dit que ces fruits garantissent santé et longévité. Et l’immortalité n’a pas d’odeur…

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05/10/2017

Peur bleue dépassée

Colette a toujours eu une peur bleue de l’eau. C’est drôle, d’ailleurs, d’utiliser cette couleur froide pour exprimer ce sentiment, mais c’est ainsi. La dame a la frousse de se noyer, et sa phobie est bien installée: la Genevoise a 68 ans. Une gamine, diraient certaines aïeules de ma connaissance.

Bref. Un jour qu’elle se promène au bord du lac, à Versoix, elle aperçoit au loin une scène qui la ravit: un jeune avance sur l’eau, droit comme un i!

L’homme ne marche pas sur les flots, tel le Messie. Ses pieds reposent sur une longue surface qui flotte et ses mains tiennent fermement une pagaie qu’il active de part et d’autre de sa planche de salut. Il fait donc du paddle…

Pour Colette, cette apparition est une véritable révélation! Ainsi donc, il est possible de se trouver sur le lac, et non pas dedans, tout en maintenant une bonne séparation entre le corps et l’eau. Vous me direz que les bateaux et les pédalos n’ont pas été inventés pour rien. Mais ça ne lui a jamais fait le même effet, à notre Genevoise.

Elle se rend donc fissa à l’endroit où le jeune homme vient de rapporter son paddle. Elle se renseigne pour savoir si elle peut essayer à son tour. Mais elle affiche tout de suite la couleur, bleue, comme sa peur de l’eau.

On la rassure. Oui, on peut apprendre à pratiquer la «planche à rame» à tout âge, et malgré une trouille tenace. Alors Colette se lance. Il lui faudra des semaines d’encadrement et d’encouragements de la part de ses instructrices pour arriver à surmonter ses craintes.

Et ces jours derniers, elle parvient à éprouver enfin une grande joie d’être sur l’eau, sans peur d’y tomber ou de risquer sa peau. Cette petite victoire sur elle ne va certes pas changer le monde. Mais c’est peut-être un modèle à suivre pour les gens qui renonceraient, un peu vite, à se lancer des défis qui les feraient avancer. Sur la terre comme sur l’eau.

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03/10/2017

Des bancs de grisailles

En quittant Genève par le lac, les deux Géantes nous ont bien enfumés!

Depuis leur départ, dimanche en fin d’après-midi, les nuages artificiels qui masquaient en partie la procession lacustre sont devenus réels. Et ces voiles grisâtres semblent vouloir s’installer là pour de bon. Enfin, façon de dire…

Le fameux couvercle genevois s’est à nouveau posé sur la rade et la cuvette environnante. Et il faudrait des géants autrement plus vigousses et nombreux que nos deux charmantes visiteuses pour soulever cette chape de stratus qui va bientôt nous faire mariner dans une sauce fade et froide. Pendant des plombes.

Alors on fera avec. Avec tous ces bancs de grisailles. Qui pourrait d’ailleurs s’asseoir dessus, à part celles qui s’en sont allées?

L’automne s’installe à petits pas, c’est un fait. Tandis que les arbres prennent des couleurs, les habits des humains en perdent. La tendance de saison est aux tenues sombres et enveloppantes. Les bas recouvrent les jambes, les cols se relèvent, les visages se ferment. L’automne, quoi!

Et la poésie, dans tout ça? Elle ne s’est pas fait la malle avec les Géantes! Elle est toujours à notre portée, libre, sous la forme la plus légère et gracile qui soit. Mieux: elle n’a pas besoin d’une armada de policiers pour être partagée avec le plus grand nombre…

Suffit de lever la tête, de regarder, voire d’écouter. Et là, c’est magique: des nuées d’étourneaux offrent à qui le veut de bruyants et somptueux spectacles qui prennent aux tripes!

Ces vols de petits oiseaux effectuent des sortes de respirations désordonnées, des pulsations vives dans le ciel. Des murmures, dit-on, pour qualifier ces mouvements spontanés. Bon, c’est plus riant de les voir sur fond bleu. Mais nous avons ici à l'automne un penchant naturel pour les ciels grisouilles.

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30/09/2017

La journée sans et avec

Il y a des jours où ça bouchonne grave. Où tout se passe furieusement en même temps. A croire que c’est fait exprès!

Ainsi ce premier dimanche d’octobre. A Genève, on a en temps normal la Journée sans ma voiture. «La rade vous appartient!» clament généreusement nos autorités.

Chouette! Profitons de tous ces quais fermés à la circulation dès potron-minet et du pont du Mont-Blanc, prêté pour une fois aux piétons. Son tablier XXL sera ainsi recouvert de tables et de bancs pour permettre à la population d’aller casser la graine en famille ou entre amis, au milieu de l’eau.

Mais voilà. Pas question de s’éterniser sur cette terrasse populaire. Faudra plier bagage à l’heure du dessert ou du pousse-café. Et vite, pousse-toi de là! Car bientôt, les Géantes vont poser leurs grands pieds dans la rade. Et là, je vous dis pas!

Ça va bouchonner grave. De monde! A la foule d’ici se mêleront des milliers de gens par les Géants attirés. Des petits curieux venus de partout pour assister, dans l’après-midi, au lent défilé des grandes filles du parc La Grange jusqu’à la rotonde du Mont-Blanc.

A cette multitude s’ajoutent encore les très nombreux policiers, civilistes, bénévoles, samaritains, pompiers et j’en passe, qui viendront grossir les rangs de la manifestation. Un truc de ouf!

Au milieu de cette agitation dominicale, Partage, la centrale alimentaire genevoise, fera le baptême de deux triporteurs flambant neufs financés par de généreux donateurs. Vous, peut-être! Ces engins de courses, fabriqués à Genève, seront présentés au quai du Mont-Blanc, à l’heure de l’apéro.

Et si je vous disais encore que ce 1er octobre, c’est aussi la journée internationale des personnes âgées, qui danseront en trois lieux dans le canton, que le Jet d’eau sera illuminé le soir pour le début du mois du cancer du sein? Et que… oups, y’a plus de place! 

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28/09/2017

On retombe en enfance

Bienheureuse, elle dort, indifférente à la foule qui se presse à ses pieds. Grand-mère pique un petit roupillon dans son monumental lit de bois, un vague sourire aux lèvres. Quelqu’un l’a gentiment bordée pour qu’elle ne prenne pas froid et glissé un oreiller sous son chignon d’un autre âge.

La scène se déroule mercredi dans le Bâtiment des Forces Motrices. Parce que oui, j’ai craqué! Je suis allée la voir, en voisine, et plutôt deux fois qu’une. Car on a beau dire, elle nous fait vite retomber en enfance!

«T’as vu, elle dort avec ses pantoufles…» Dingue! «Pis des fois, elle pète, et ça sent la vanille» affirme très sérieusement un petit gars qui a l’air d’en savoir long sur le sujet. «Attendez, M’dame. Elle va bientôt respirer…»

Alors j’attends. Mais la respiration ne vient pas. «C’est le signe que son âme n’a pas encore passé le mur de Planck» me glisse, sur le ton de la confidence, un organisateur de l’événement. «Quand elle arrivera et que la Grand-mère se réveillera enfin, vous allez voir ce que vous allez voir!»

On le croit sur parole. Car même allongée, la marionnette géante de la Compagnie Royal de Luxe a un sacré impact sur les humains. Spécialement sur les minots. Ils sont venus par centaines avec les crèches, les écoles ou les parents, certains bizules accrochés à la main d’un adulte, tétanisés par la taille de la vieille dame.

Les plus grands s’enhardissent. Bombardent de questions les personnes au survêtement bleu ciel qui montent la garde autour du lit: elle vient d’où?; elle mange quoi?; elle rêve?; elle est née comment? Ils la dessinent sous toutes les coutures. Ils marchent à fond dans la saga des géants!

Les grands enfants aussi. Ils se donnent déjà tous rendez-vous en fin de semaine à Carouge et en ville. Pas question de rater ça. Qu’importe la foule ou le temps qu’il fera. On y sera pour vivre un moment magique. J'en fais un peu trop? Même pas. Car c'est géant!

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26/09/2017

La partie de cache-cache

Les limites du terrain de jeu sont grosso modo celles du canton.

Ceux qui s’y collent sont des gens qui vaquent à leurs affaires au bout du lac et qui sont d’un naturel un peu plus curieux que les autres. Ils ont souvent l’œil ouvert, et le bon!

La partie de cache-cache a débuté il y a une bonne semaine. Faut dire que tout Genève ne parle bientôt plus que d’elles, de leur démesure, de l’émotion qu’elles procurent où qu’elles passent. Alors on les cherche, car elles séjournent déjà ici, c’est sûr. Mais où?

Le premier qui a crié «trouvé!» m’a signalé, tout fier, qu’il les avaient vues. «Oui, là-bas! Je les ai aperçues en conduisant ma voiture. Si c’étaient vraiment elles? Ben oui! Y’a pas photo!»

Justement, il n’y avait pas d’image pour prouver ses dires. Alors j’ai filé «là-bas» pour vérifier. Eh bien elles n’y étaient plus: les Géantes avaient disparu sans laisser de trace. Vu leur taille, c’est tout de même assez fortiche!

Et il en est ainsi depuis des jours: on nous annonce avoir trouvé la planque de la grand-mère en charentaises et de la petite géante sauvageonne, et pfft, elles s’évaporent, se dissimulent, pour mieux se faire désirer. Un grand classique!

Dimanche pourtant, des lève-tôt ont découvert un étrange convoi sur le quai, côté rive gauche. Des vidéos ont circulé, prises depuis un bateau. Pas de doute, c’en est bien une! Qui roupille dans son lit, comme la Belle au bois dormant…

Mais chut, je n’en dirai pas plus. Je fais comme la copine qui fait partie des bénévoles inscrits pour encadrer la venue des géantes. Elle les a approchées, en sait long sur elles, mais refuse d’être cuisinée à leur sujet. Motus et bouche cousue. Faudra donc patienter jusqu’à demain, jour de la première apparition officielle de la grand-mère.

Avant de partir à la découverte de Genève, l’aïeule fera dodo mercredi et jeudi au BFM. Elle dormira de 10 h à 18 h. Un doux baiser pourrait sans doute la sortir de cette torpeur. Mais qui sera à sa hauteur?

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