18/05/2013
Les uns et les autres
Je ne sais pas si je deviens trop sensible, mais il est une affiche qui me file froid dans le dos. Et vu la caillette ambiante, ça n’aide pas vraiment.
En fait, cette affiche se décline en plusieurs formats, avec quelques variantes à la clé, mais promet toujours la même chose: encore plus d’émotions par seconde. Le bonheur, en somme!
C’est une campagne publicitaire de Swisscom, notre grand communicateur national.
Le passant y voit ce qui semble être une famille. Maman se trouve au centre de l’image, assise à sa table. Garçon et fille sont vissés de part et d’autre de la pièce dans un fauteuil. Papa est au coin, à califourchon sur le canapé. Chacun a la bouche bée devant son écran. La mine épanouie, radieuse. Ouah, mégacool, disent-ils à l’unisson.
Et que font-ils? Ils surfent, ils jouent, ils zieutent, ils chattent peut-être. Ils font corps avec leur machine. Chacun dans sa bulle, chacun dans son monde.
Bonjour la communication! Si elle fait le beurre de l’entreprise, elle ne fait pas forcément celui des foyers.
Vous me direz que le loto des familles, les parties de rami, de scrabble ou de hâte-toi lentement, c’est d’un autre âge. Limite ringard. Disons que ces jeux impliquent d’être les uns et les autres réunis pour faire quelque chose. Et que ça aide à vivre ensemble.
Cette affiche n’est pas la réalité. Ce n'est que de la pub. Du moins je l’espère. Car cette ode au «chacun pour soi et technologie pour tous» illustre surtout l’incommunicabilité générale. C’est plutôt moche!
Mais tout n’est pas perdu: une grande fête réunit ce samedi toutes les générations au Bout du Monde. C’est la Fête de l’Espoir! Et tant qu’il y en a…
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17/05/2013
Un peu de remontant
Vous prendrez bien quelques doses de gentillesse, aujourd’hui?
Ces petits riens du quotidien sont peu vendeurs, mais ils font du bien. Je vais vous en faire part d'un max pour tenter de lutter contre le blues qui menace…
Une maman désire remercier l’agent circulant à bord d’une voiture de la police municipale de Veyrier qui a pris en charge sa jeune étourdie de 11 ans. La petite s’était trompée en descendant du bus 41 et se trouvait un peu perdue dans la campagne. Le policier l’a embarquée… pour la conduire à son cours d’anglais. Classe!
Un autre policier mérite des fleurs, aux yeux de Sophie. Comme son père avait de la peine à porter l’ordinateur qu’elle devait faire réparer, l’homme en uniforme a proposé son aide. C’est lui qui s’est farci l’objet encombrant, de la rue du Port jusqu’à l’intérieur du magasin de Rive. Puis il a filé, une fois son service à la population terminé. Il faudrait le cloner, ce policier…
Le même 10 avril, à Aire-la-Ville, une automobiliste a crevé. Son pneu, plutôt. Danièle ne sait que faire, à part poser son triangle de panne. Passent deux joggers qu’elle ose interpeller. Bien vu. Ils ont changé la roue et sont repartis au petit trot, les mains pleines de cambouis, sans accepter de dédommagement. De vrais chevaliers de la route!
On pourrait dire pareil de ces deux conducteurs des TPG. Marie a pris le bus à Hermance et s’est aperçue, en route, qu’elle avait oublié ses papiers. Le chauffeur a fait signe à son collègue arrivant en sens inverse. Et tous deux ont arrêté leur engin pour permettre à cette dame handicapée de 78 ans de retourner chez elle. Mieux encore: le chauffeur l’a attendue au terminus!
C’est pas sympa, tout ça?
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16/05/2013
Envies d'ailleurs
Vous avez le moral dans les chaussettes, à force de prendre l’eau? Marre de ce temps pourri? Envie de filer loin d’ici pour vous mettre au chaud et au sec?
Ce sont des signes qui ne trompent pas: il est temps de songer à l’été! Et de concocter des vacances, pour ceux le peuvent encore.
Je viens hélas de découvrir, en lisant notre brave Feuille d’avis officielle, que certains projets d’évasion risquaient fort de tomber à l’eau, si j’ose dire.
Sous la rubrique «infos utiles», les autorités nous prient de ne pas attendre pour renouveler nos documents d’identité arrivant à échéance. Ceux qui ont été édités en 2003, donc. Et il y en a un paquet, semble-t-il.
Face à cet afflux, sachez qu’il faut déposer la demande au moins deux mois avant la date du voyage prévu. Deux mois! Vous risquez d’être dans le jus si vous comptiez partir début juillet…
Faire la demande, dites-vous? Ben oui. C’est fini, le temps des démarches administratives spontanées. Depuis l’introduction du passeport 10, il faut réserver son passage dans les cabines de biométrie qui vont désormais tout savoir de nous.
Et pour obtenir ce rendez-vous, c’est la galère. Du moins pour ceux qui tentent de l’avoir par téléphone, et non via le site de la Confédération.
Une lectrice m’a signalé, début avril déjà, avoir mis une semaine pour avoir enfin un interlocuteur au bout du fil. Qui lui fixait l’entrevue à mi-mai. Alors je vous laisse imaginer le temps qu’il faudra pour obtenir le précieux sésame.
Finalement, il fera peut-être beau, cet été, pour nos vacances à Genève.
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15/05/2013
Appel pour un studio
Il porte beau, mais ses yeux sont tristes.
Celui que j’appellerai Roberto a la petite soixantaine alerte et travaille à mi-temps à la brocante de Caritas. S’il est venu me voir avec «Monsieur Roland», son patron, c’est pour tenter de trouver une solution au problème qui lui prend la tête: le logement. Vous me direz qu’il n’est pas seul dans ce cas à Genève. Certes. Mais il y a urgence si l’on veut éviter de le retrouver, un jour, dans la rubrique des faits divers.
Je ne vais pas ici vous raconter sa vie. Disons juste qu’elle a basculé lorsque ce travailleur s’est retrouvé sans emploi à un âge où il est dur de se faire engager. Le voilà dépendant de l’Hospice qui lui dégote, il y a deux ans, de quoi se loger.
Roberto tombe chez un marchand de sommeil qui lui loue une chambre de sa maison pour 1150 francs par mois. Pour cette somme rondelette, il a le droit de partager la cuisine, la salle de bains et les toilettes avec cinq autres personnes logées à la même enseigne!
Cette promiscuité forcée favorise les tensions. Il y a peu, il a été agressé physiquement par un locataire de cette villa. On lui a fortement recommandé de ne pas porter plainte. Depuis, il ne dort plus et veut partir de là au plus vite.
Il a donc visité quantité de chambres et de studios! Mais quand il dit que le loyer sera pris en charge par l’Hospice, les portes des régies se ferment. Même les hôtels abordables affichent complet. C’est à se taper la tête contre les murs!
Alors voici ma proposition. Si vous possédez un studio correct, à prix décent, et que vous êtes prêt à le louer à Roberto, faites-moi signe rapidement. Je ferai suivre. Car cet homme mérite sincèrement un bon coup de pouce.
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14/05/2013
Mi-ange mi-démon
Il a pris congé de nous en adressant ces quelques mots à la rédaction. Nous l’avions connu plus bavard. Etait-ce un zeste d’émotion, au moment du départ?
La nouvelle circulait depuis un bon moment, mais personne ne voulait trop y croire: Etienne Dumont arrêterait d’écrire dans la Julie, après 39 ans de ponte continue. A la retraite, lui? Allons donc, impensable! Et pourtant…
Il a pris son envol hier au tout petit matin. A libéré en catimini son bureau. A déposé des piles de bouquins sur les bureaux de ses collègues. A envoyé un dernier mail depuis son ordinateur, avec une photo. Puis a quitté la maison.
L’avez-vous déjà vu en ange, Etienne Dumont? En démon, oui, avec sa corne au vent et ses tatouages. Pour ses adieux à la Tribune, le photographe Francis Traunig l’a immortalisé pensif, accoudé à une table, torse nu, avec de splendides ailes blanches sur fond de petits nuages. Mi-ange, mi-démon.
Quel panache, cette sortie de scène! Elle correspond bien au personnage. A la plume. Au caractère d’un journaliste comme on n’en fait plus. Mais au secours, on dirait une nécro, ce billet.
C’est que ça me rend toute triste, cette première journée sans lui. Car je l’aimais bien! Finis les babils entre cinq articles prêts à paraître. Plus de récits de ses virées à Venise, Paris ou Londres, de la dernière expo découverte ou d’un nouveau potin. Vachard, de préférence. Moins de fantaisie et de couleurs dans les couloirs du journal. Et tout le reste...
A vous aussi, sa plume incisive et cultivée va manquer. Mais il y a, semble-t-il, une vie après la Julie.
Etienne saura en profiter!
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10/05/2013
Je dis oui aux musées
«Dites oui aux musées!»
Je suis entièrement d’accord. Je signe où? C’est quand la votation?
Mais non! Il n’y a rien à voter, les 11 et 12 mai. Ce n’est pas le sujet de ces affiches qui fleurissent en ville et nous font de l’œil. Dire oui à ces institutions, cela revient à sortir ce week-end de chez soi pour participer à la première édition genevoise de la Nuit des musées.
Très bien, sortons donc! Mais où?
Comme pour la Fête de la musique, l’offre est à ce point gargantuesque que le mangeur ne sait pas très bien par quel bout attaquer le morceau. Jugez plutôt.
Sur tout le canton, 22 musées vont passer en mode nuit samedi dès 17 h et rester ouverts le lendemain pour un «after» en famille. Ce qui tombe bien, puisque c’est la Fête des mères!
Tous rivalisent d’imagination pour proposer des animations décoiffantes: 163 moments de médiation culturelle et 58 activités différentes sont ainsi programmés en cette fin de semaine…Il y aura un rallye dans les musées de la rive droite, une visite à la lampe de poche du Jardin Botanique, une grimpette à la nuit tombée des tours de la cathédrale Saint-Pierre, une plongée dans l’antre des pompiers et j’en oublie.
Pour dire oui aux musées et concrétiser sa flamme, il faudra passer à son doigt un anneau en caoutchouc blanc (dix francs pièce). Il fait office de pass pour toute la nuit et donne libre accès aux transports publics. Les enfants auront droit à des bracelets, en vente à l’entrée des institutions. Vous trouverez plus d’infos sur le site www.ville-geneve.ch
Bonne nuit, et vive les mamans!
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08/05/2013
L'Ascension a du bon
Après un premier mai à moitié férié, c’est férié pour tous, ce jeudi. L’Ascension a du bon!
Comme à chaque congé tombant en semaine il y aura, dans l’air, quelque chose de spécial. Rien à voir avec le retour programmé du temps frisquet qui commence sérieusement à nous pomper, soit dit en passant.
Ce quelque chose ressemble plutôt à quelques points de suspension. Une respiration. Une parenthèse bienvenue dans le déroulé des jours.
Angela m’a ainsi appelé mercredi dernier, le 1er mai donc, pour me dire le bonheur de vivre ce jour-là dans une ville devenue presque silencieuse. Libérée du trafic pendulaire, la route de Malagnou devenait plus fréquentable. Ah, pouvoir à nouveau respirer un air non saturé de gaz, sentir les odeurs des fleurs, entendre chanter les oiseaux, c’est fantastique…
Pas dit que les riverains de l’aéroport puissent en dire autant, mais enfin!
Une autre Angela m’a écrit pour me raconter une histoire de gens heureux, croisés le 1er mai à un arrêt de bus du quartier de Saint-Jean.
Le regard de ma correspondante est attiré par un beau bouquet printanier resplendissant sous le timide soleil printanier. La dame qui le tient marche main dans la main avec un homme aussi charmant qu’elle. La bonne soixantaine, tous deux, ils irradient de bonheur. Et ça devient contagieux.
La dame croise le regard d’Angela et lui fait un sourire sympathique. «Ça a été comme une bouffée de joie qui nous a frôlés. Et je suis restée sous le charme de ce moment magique.»
Ça va planer, à l’Ascension…
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07/05/2013
Le vol de la trottinette
Pourquoi tant de méchanceté? Il faut en avoir une sacrée couche pour voler la trottinette de Florian!
Cet objet n’est pas un simple joujou ou un moyen de transport à cent balles dont la disparition ennuie, mais ne change pas la vie. Là, ça la bouleverse…
Car la «trot» en question est un petit engin électrique, avec un siège, des freins et tout ce qu’il faut pour que ce jeune homme à mobilité réduite puisse se déplacer. Etre autonome, comme la plupart d’entre nous.
Jeudi dernier, il rentre à 12 h 30 chez lui, cadenasse son carrosse au pied de son immeuble des Asters, cadenasse aussi à double tour le transformateur, on n’est jamais assez prudent. Une fois son repas expédié, il ressort dans la rue.
Et là, plus de trottinette, plus de chargeur, plus rien. Juste une grosse colère! Il a déposé une plainte à la police, forcément. Mais comment va-t-il faire, maintenant, pour se mouvoir?
Lui reste encore sa chaise électrique, me précise Florian. J’ose espérer qu’il s’agit plutôt d’un fauteuil roulant! Mais ce véhicule, peu commode et poussif, ne lui permet pas de bouger comme il le souhaite.
Le temps que les assurances s’en mêlent, il s’écoulera pas mal de jours pendant lesquels le jeune artiste sera limité dans ses mouvements. Moche!
Si la personne qui a piqué cet engin lit ces lignes, elle comprendra qu’il faut le rendre à Florian. Et vite! Car il existe d’autres solutions pour se déplacer à l’œil en ville: la saison des prêts gratuits de vélos vient de commencer.
Et une petite reine vaut bien une trottinette, sans doute.
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06/05/2013
Service à domicile
Le temps a certes été un peu humide et tristounet, ces derniers jours. Mais comme disait à Sonja une petite puce de sept ans, «S’il n’y avait pas la pluie, comment ils feraient, les arbres, pour se doucher?»
Dans ces conditions, vive la pluie! Et vive les gens qui nous font chanter sous la douche et voir la vie du bon côté.
Jean-René rentre ainsi jeudi soir à la maison après une journée bien remplie. Il relève son courrier, comme d’habitude. Là pourtant, une grosse surprise l’attend.
Dans sa boîte à lait, il trouve le sachet contenant les médicaments pour sa femme qu’il était allé chercher dans une pharmacie à sa pause de midi. Ça alors, il n’en revient pas!
Par quel tour de passe-passe ce petit sac est-il arrivé là? Il l’avait pourtant en main, en sortant du magasin! Pourquoi d’ailleurs ne l’a-t-il plus sur lui?
Il y a eu un raté quelque part, mais où? Jean-René déroule fébrilement sa journée dans sa tête. Jusqu’à ce que «tilt!» le distrait réalise qu’il a dû oublier ses courses dans le tram.
La suite, il la devine, et le laisse baba. Tandis qu’il bossait sans se douter de rien, une bonne âme a retrouvé le sachet contenant, en plus des pilules, l’ordonnance faite au nom de sa femme Sonja. Et où figure son adresse. Cette personne a donc pris la peine de se déplacer jusqu’à Carouge pour poser les précieux remèdes dans la boîte à lait.
Sans laisser de petit mot. Un service à domicile juste pour rendre service. Ce geste est la meilleure médecine qui soit!
Car ces deux Carougeois reconnaissants sont, depuis ce jour-là, heureux comme des arbres sous la pluie...
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04/05/2013
L'eau à la bouche
En faisant ses courses, un couple tombe sur un Epoisses de derrière les fagots. Un magnifique spécimen, si j’en crois mon correspondant, encore attendri par ce fromage bourguignon.
Devant l’objet de leur désir, Monsieur glisse peut-être à Madame ces vers appropriés, écrits en son temps par un curé inspiré: «Regarde-moi, voyons, sa rougeâtre patine/ Vois les pleurs épaissis qui coulent sur ses flancs/ Sens ce fumet subtil adoré des gourmands/ Et conviens que c’est là dessert de haute mine»
Ces fins becs en conviennent tant qu’ils ont déjà l’eau à la bouche en se saisissant de la pâte molle. Une bombe, soit dit en passant, question calories… Mais quand on aime, on ne compte pas!
En lisant de plus près son étiquette, ils se rendent compte que le fromage a dépassé la date de vente autorisée. Il n’en devient que plus intéressant à leurs papilles. Tout heureux de cette trouvaille, ils passent à la caisse.
Ils déchantent vite. Car avec son œil de lynx, la caissière repère la date de péremption de l’Epoisses. Et annonce à ses clients qu’elle n’a pas le droit de leur vendre un article périmé. Quelle poisse!
Le couple insiste. Affirme qu’il le veut, malgré tout. L’employée appelle la cheffe de rayon qui confirme hélas le verdict.
A défaut de le vendre, pourrait-elle peut-être le donner? Ils sont preneurs! Impensable… Signer alors une décharge à la Coop? Disant que s’ils sont malades, ils l’ont bien voulu. Et que jamais,oh grand jamais ils ne porteront plainte? Inutile…
La seule décharge possible, ici, c’est la poubelle. Moralité: mieux vaut jeter que donner. Pas de quoi en faire tout un fromage, sans doute. Mais drôle de société, quand même.
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03/05/2013
La vie au parc Galiffe
«Café Cornavin», vous connaissez?
Ce n’est pas l’express que vous buvez à la gare. Mais le nom d’une association indispensable qui fête aujourd’hui dix ans de présence active en milieu ouvert. Autrement dit dans la rue.
Elle tire son nom des cafés que Glenn offrait, au début de ce siècle, aux toxicos dépendants qui erraient près de Cornavin. Depuis, l’éducateur et une quinzaine de bénévoles viennent plus largement en aide aux personnes très précarisées. En leur donnant un coup de pouce alimentaire, en tissant des liens sociaux et en les aidant à avoir une meilleure estime de soi.
Ce soir à 18 h, Café Cornavin organise un repas convivial au parc Galiffe pour fêter le printemps. Ce sera l’occasion de faire meilleure connaissance!
Car c’est dans ce petit triangle de verdure du bas de Saint-Jean, entre les voies ferrées et les baraquements, que se déroule une bonne partie de ses activités. A l’abri des regards. Ce qui semble arranger tout le monde.
Chaque mercredi et vendredi, l’association y sert le café, puis assure la distribution de nourriture, denrées fraîches ou plats cuisinés, venant de la centrale alimentaire Partage. Entre 40 et 80 personnes en profitent.
Vendredi, c’est également le jour du Cyber de Rue. Un ordinateur avec une connection internet est mis à disposition des intéressés.
Ailleurs, il y a encore distribution de cornets alimentaires et d’habits, des cours, des sorties organisées. Du beau boulot, utile, et qui n’est pas prêt de s’arrêter, vu la situation économique…
Pour en savoir plus: www.cafecornavin.ch. Petit reportage à visionner.
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02/05/2013
Autour de l'encrier
Un poète genevois me signale que l’"Encre bleue" est un peu de sa famille. Celle de l’encrier…
«Savez-vous qu’il existe une revue poétique et une maison d’édition belge dénommée "Bleu d’Encre"?» me demande Jean-Daniel. Euh, non!
«Et les cahiers poétiques "Encres vives" et leur collection "Encres Blanches"à Toulouse» Pareil, hélas.
Mais la maison d’édition genevoise l’"Encre fraîche", c’est bon, je connais. Tout comme l’"Encre bleue".
D’ailleurs, j’ai une bonne nouvelle à vous annoncer à ce propos. En juin 2010, Sandra Mamboury rédigeait son dernier billet sous le pseudo de Julie, après vingt ans de présence quotidienne. Depuis, elle ne s’est pas contentée de jardiner ou de se reposer sur ses lauriers: Sandra a écrit son premier roman. "L’improbable Genève de Clémentine Pinson" vient de sortir de presse chez Slatkine et se découvre ces jours-ci au Salon du livre.
Je n’ai pas encore lu ces 160 pages. Mais si j’en crois le résumé, il met en scène une pétillante journaliste du quotidien "Le Gniolu libéré" à travers une année d’imprévisibles rencontres où la réalité se mêle à la fiction.
Vendredi 3 mai, Sandra signera son roman au Salon du livre sur le stand Slatkine de 15 h à 16 h 30 (n° H862, rue Hemingway) et sur le stand de la Librairie Nouvelles Pages de 17 h à 18 h 30 (N° L1270). Si vous souhaitez la rencontrer, il faudra donc grimper à Palexpo. Autrement, une séance de rattrapage est prévue le mardi 14 mai dès 17 h 30 au "Boulevard du Vin", sis au 3, boulevard Georges-Favon.
A un jet d’encre de la Julie…
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01/05/2013
Congé pour tous
Aujourd’hui, c’est la Fête du travail! Sortez les cotillons et les calicots.
Pourtant, en ce premier jour du joli mois de mai, nous allons à nouveau vivre coupés les uns des autres. Il y aura ceux qui bossent, comme si de rien n’était, et ceux qui se la coulent douce, alors qu’ils pourraient être au turbin.
Tout ça parce que dans notre beau canton, la Fête du travail n’est pas un jour férié, légalement parlant.
Le 1er mai ne figure pas dans la liste des congés officiels de l’Etat. Mais, car il y a forcément un mais, on le trouve dans la liste des congés tout court. Son personnel y a droit. Et ça fait pas mal de gens. Tant mieux pour eux!
C’est pourquoi ce mercredi, les services publics sont aux abonnés absents. Toutes les écoles sont fermées. Et avec elles certaines crèches ou institutions de la petite enfance.
Les parents qui travaillent aujourd’hui dans le secteur privé apprécieront. A eux de se débrouiller pour faire garder leurs enfants.
Ils pourront toujours prétexter une envie farouche d’aller défiler au cortège du 1er mai pour avoir le droit de s’absenter. Et encore, cela ne règle pas le problème du matin…
Sans parler de toutes celles et ceux qui n’oseront jamais faire une telle demande, de crainte de perdre leur emploi. Les temps sont durs.
Une telle inégalité de traitement favorise les aigreurs, et ce n’est pas très sain. Un seul remède, je vous le dis: faire du 1er mai un jour férié pour tous. Et pas seulement pour une partie de la population.
D’autres cantons l’ont bien fait. Pourquoi pas nous?
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30/04/2013
Comment faire envie
T’as remarqué, Julie, la tête qu’ils font? Non mais, vise un peu!
L’ami de Dardagny me montre des canards en papier glacé. Ceux que je feuillette parfois dans la salle d’attente du dentiste. Sauf que là-bas, j’ai tant les chocottes que j’y vois rien. Là, tranquille au bureau, je zieute enfin ces revues de mode. Je fais un métier formidable.
Il a raison, le collègue: les mannequins n’esquissent pas le moindre sourire. Vous pensez, ça leur ferait mal!
Les grandes tiges affichent un regard détaché, fatigué, limite méchant. Elles ont la dalle, c’est sûr. Ou elles boudent. C’est un genre!
Du côté des messieurs, ce n’est pas mieux, coincés qu’ils sont dans leurs tenues rétrécies au lavage. Les pauvres semblent à la peine, un zeste minés.
Et après ça, il faudrait avoir envie de les imiter? D’acheter ce qu’ils portent? A ces prix-là? Pas folle, la guêpe!
A ces revues hors sol, mon voisin de rubrique préfère les catalogues bien de chez nous. Ceux des firmes de vente par correspondance de Suisse profonde. Très profonde, même.
On y voit des gars costauds en habit de travail maniant la pelle ou la pioche. Les mains parfois dans le cambouis. Les dames portent de seyantes salopettes et soulèvent l’arrosoir pour abreuver d’eau pure les jolies fleurs.
Tout est calme, simplicité et volupté. Tous ont bonne mine, le sourire radieux.
Pas follement glamour, ces clichés de Suisse profonde. Mais ils donnent envie d’acheter les produits ainsi mis en avant. Et c’est un peu le but, non?<
Au milieu de tout ça, j’ai oublié de demander à l’ami du troisième pourquoi il trimballait encore les canards glacés…
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29/04/2013
Dimanche matin
Dimanche, je me suis rendue de bon matin à la turbine pour venir vous livrer ma petite encre fraîche du jour.
Le soleil ayant osé une percée, j’ai eu le temps de faire ma trotte au sec. Et d’apprécier ce moment particulier: une ville qui se réveille, un jour de congé.
Pas un chat dans les rues. Juste un coq qui s’égosille au loin. Libérées du trafic, les artères semblent soudain plus généreuses, les espaces alentours plus grands et ouverts, les arbres plus remarquables. Un calme curieux règne sur l’ensemble.
«Il y a moins de bruit et ça s’entend» clament les affiches de la Ville de Genève, croisées en chemin. Sauf qu’en ce dimanche matin, ce n’est pas le revêtement phono absorbant de la chaussée qui explique ce silence relatif. Mais bien l’absence de voitures et de motos, avec leur cortège de klaxons et de pets d’échappement.
Tout est calme, jusqu’au croisement d’une troupe de fêtards sur le retour. De grands ados aux paupières lourdes, canettes en main et rires fatigués.
Un peu plus loin, des cyclistes se sont donné rendez-vous pour une grande virée. J’entends parler du col du Mollendruz. Bonjour la grimpette…
Non loin de là, les dealers arpentent le macadam tandis que des taiseux, accoudés à la balustrade, laissent leur fil de pêche s’étirer dans le Rhône. Ça mord?
Et tandis que je les regarde pêcher, je me prends les pieds dans un tas de bouteilles éventrées, gobelets renversés et paquets chiffonnés. Plus tout le reste. De bien tristes lendemains d’hier.
Le monde appartient à ceux qui se lèvent tôt. Parfois, j’en doute…
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27/04/2013
"Tous en choeur"
Chanter, c’est bon pour la santé!
Ça fait un bien fou tout partout, et ça ne coûte rien. De nos jours, c’est plutôt une bonne nouvelle, non?
Vous et moi pouvons le faire avec trois fois rien: des cordes vocales, du souffle et un brin d’envie. A partir de là, à nous la belle vie!
On peut chanter seul, c’est déjà bien. Mais chanter en groupe, je ne vous dis pas: ça donne une pêche d’enfer. Pour tester la chose en grand, sortez vos agendas et cochez les dates des 17, 18 et 20 juin, à 19 h 30. Il y a répétitions. Ouvertes à ceux qui aiment chanter.
Le Grand Théâtre de Genève nous invite à venir répéter quatre chœurs d’opéras célèbres en vue d’une unique représentation qui sera donnée lors de la Fête de la musique, le samedi 22 juin.
Au programme de cette opération «Tous en chœur», du beau, du lourd! Trois extraits des œuvres de Verdi: le chœur des Hébreux (Nabucco), le chœur des gitans (Trouvère) et Brindisi (La Traviata). Plus un extrait de la Carmen de Bizet.
Quand je vous disais que c’était du costaud! Du qui fait envie… Inutile de jouer les complexés: cette fois-ci, nous pouvons tous chanter à l’opéra, quel que soit notre niveau de chant, que l’on fasse ou non partie d’une chorale, que l’on sache ou non lire la musique.
Il suffit juste de s’inscrire par e-mail à choeur@geneveopera.ch. Ou par courrier, à l’adresse du Grand Théâtre, mention administration des chœurs. Les partitions sont téléchargeables sur le site www.geneveopera.com
Je sens que je vais rôder tout ça sous la douche en chantant à tue-tête «Va, pen-sie-ro, sull’a-li do-ra-te». Les voisins sont avertis!
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26/04/2013
Prestation imposée
Il y a des pratiques commerciales qui agacent prodigieusement les clients. Pour autant qu’ils s’en aperçoivent, ce qui n’est toujours le cas…
Jean-Claude a vite monté les tours devant le courrier du Touring Club Suisse (TCS). La raison? En tant que fidèle client de cette société (notez qu’ils doivent être des milliers dans son cas), il a bénéficié pendant une année d’une assurance complémentaire «frais de guérison hors d’Europe».
C’était cadeau! Très bien, merci. Mais il n’en avait pas besoin.
Or, l’«information contractuelle importante» qu’il reçoit lui dit, en gros: vous avez profité d’une protection supplémentaire gratuite. Désormais, elle est payante. Si vous y renoncez, vous devez nous le signaler par écrit.
Ben voyons. C’est le monde à l’envers! En général, le client signe pour donner son accord. Pas pour signaler qu’il n’est pas d’accord. Car s’il laisse filer les jours, s’il ne répond pas, il passera à la caisse pour une prestation qu’il n’a pas expressément demandée.
Et ce n’est pas correct. La Fédération des consommateurs le précise d’ailleurs: pour qu’il y ait contrat, il faut un accord réciproque sur les points essentiels. Accepter un produit parce qu’il est gratuit est une chose, le faire quand il devient payant en est une autre et devrait obtenir l’accord du consommateur.
Jean-Claude a écrit au TCS pour dénoncer cette pratique. Et la société l’a contacté pour dire qu’elle tiendrait compte de ses remarques. Tant mieux!
En attendant, je me demande combien de clients vont se retrouver à payer 45 francs de plus, sans l’avoir voulu, et sans voyager hors d’Europe...
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25/04/2013
Un temps d'adaptation
J’adore cet entre-deux présent.
Ces jours où l’on sent un certain flottement dans l’air. Une hésitation. Le temps n’est plus froid comme avant, mais pas encore chaud comme après. La nature elle-même se tâte. Sortir tout d’un coup ou patienter un peu avant de déployer toutes ses splendeurs? Ce temps d’adaptation à la nouvelle saison est toujours un poème.
A l’évidence, nous ne sommes pas tous égaux devant ces changements. Ou pressés de la même manière de passer du côté du beau. Certains diront que c’est normal, vu les températures qui jouent au yo-yo. Dans ces conditions, comment s’habiller?
Il suffit de regarder autour de soi. Les tenues témoignent d’un certain état d’esprit. Il y a ceux qui regrettent hiver et ceux qui aspirent à l’été.
Mercredi, je me suis posée à midi sur un banc pour regarder passer les gens. Je ne vais pas vous dire que j’ai vu des passants en doudounes. Mais pas loin! Dans le défilé, j’ai repéré les écharpes en laine sur des manteaux épais, des bottes fourrées, des capuches douillettes, des impers doublés, des gants.
Et se faufilant au milieu de ces emmitouflés, des filles aux épaules, jambes et pieds nus, des tenues légères. Très très courtes, les jupes, et puis des petites chemises ouvertes au vent, des sandales et des bermudas.
J’étais plongée dans ces réflexions quand soudain deux agents de police ont passé sous mon nez. Rollers aux pieds, mollets à l’air, sourire aux lèvres.
Quand les poulets descendent ainsi dans la rue pour se rapprocher de nous, il n’y a plus d’hésitation possible: on va vers le beau!
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24/04/2013
Hirondelles et martinets
Il guettait leur arrivée depuis des jours. Et hier, au saut du lit, Fausto a bondi sur son téléphone pour m’annoncer la bonne nouvelle: «Ça y est, elles sont là. Je viens de les voir, il y en a plein le ciel au-dessus des Grottes!»
Qui donc? Les hirondelles, bien sûr.
En fait, ce sont des martinets noirs. Mais ces oiseaux annoncent tous la même chose: le retour des beaux jours. C’est sans doute pourquoi leur vue nous rend si guilleret. Leur ballet aérien, gracile et joyeux, suffit déjà à nous faire tourner la tête.
Au centre ornithologique genevois, l’arrivée des grands voyageurs est confirmée par Patrick. Son œil expert a déjà repéré, il y a plusieurs jours, les hirondelles rustiques. Les martinets ont quant à eux atterri en nombre dès vendredi dernier, vers Chambésy.
Ce jour-là, cet homme, qui en a pourtant vu d’autres, a poussé un retentissant «yahou!» de bonheur et versé une petite larme. Tellement c’est émouvant de les voir débarquer. D’imaginer les milliers de kilomètres parcourus pour venir se reproduire chez nous, comme toujours.
C’est qu’elles sont fidèles, ces petites bêtes. A leur partenaire. A leur nid. Comment le sait-on? En les baguant. C’est ainsi, m’a dit Patrick, que l’on a pu observer le même couple revenir au même endroit 18 ans de suite!
Le gros des troupes de martinets arrivera dans nos régions d’ici la fin du mois. Pour les hirondelles, ce sera au cours de la première quinzaine de mai. Tout ce petit peuple des airs devrait pouvoir trouver refuge chez nous, pas vrai?
Alors s’il vous plaît, ne déguillez pas ses petits nids d’amour! Ils sont bien trop rares…
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23/04/2013
Lapin dans le viseur
Tout se pique, dans cette République!
Je ne vous parle pas ici des vélos, sacs à main, téléphones, portefeuilles, bijoux et autres grands classiques de la fauche. Je pense à un objet peu banal.
Le lapin du Remor, par exemple. Figurez-vous que c’est la deuxième fois ce printemps qu’on le kidnappe. A se demander quelle mouche les pique de s’attaquer à pareille chose! Parce que dans le genre encombrant, on ne fait pas mieux: la statue jaune vif mesure tout de même deux mètres de haut, comme son frère (ou son cousin?) posté sur la terrasse, place du Cirque.
En mars, lors du premier enlèvement, le lapin avait fini dans le Rhône et mal en point. Repêché, remastiqué, repeint, il était comme neuf, à Pâques.
Et ce samedi, rebelote! En fermant son établissement, Antoine Remor constate que sa mascotte ne monte plus la garde, boulevard Georges Favon. Où la chercher? Il retourne sur les «lieux du crime». Sait-on jamais? Bien vu: place des Volontaires, l’animal joue les vedettes au milieu d’admirateurs.Il n’y est pourtant pas venu à pinces!
Cette fois-ci, le lapin n’est pas passé au jus. Ni à la casserole. Mais lundi, il a fini attaché à un poteau du Remor. Avec une grosse visse dans la queue, reliée à une chaîne et à un cadenas. Dommage. C’est triste et moche, pareil attirail. Mais comment faire autrement?
Au Chat Gourmand de la rue Jean-Violette, ce n’est pas le matou qui s’est envolé du seuil du restaurant, mais un grand palmier. Il ne sera pas remboursé par les assurances. Donc pas remplacé.
Pas étonnant que les exploitants ne fassent bientôt plus l’effort de décorer leur terrasse si tout se pique, dans cette République…
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