24/09/2016

Auspice favorable

Ça vous tombe dessus sans crier gare, c’est absolument dégoûtant, mais ça devrait à coup sûr vous porter chance. Qu’est-ce?

C’est la fameuse merde d’oiseau qui vous arrose sans que vous n’ayez rien demandé. Les superstitieux y voient un signe du destin, un présage de bonne fortune. J’ai testé pour vous et je peux vous l’assurer: c’est du pipeau!

La scène se déroule sur un quai où de grands volatiles se plaisent à survoler lentement les passants. Oh que c’est beau, ces oiseaux. Sauf quand ils se lâchent!

Car sans l’avoir demandée, ni même envisagée, j’ai pris ce matin-là une bonne douche de fientes. Ça surprend! Le temps de lever le nez pour comprendre ce qui se tramait là-haut, j’ai pu voir partir au loin la mouette qui m’avait tapissée de pois blancs de la tête aux pieds. Pas possible, ce doit être un goéland pour en faire autant. Beurk!

Me voyant ainsi décorée, des gens goguenards et propres sur eux m’ont consolée. «Ça porte chance! Si on était vous, on jouerait aujourd’hui. Et gros!» A quoi? A la loterie, pardi.

Alors j’ai repris une douche, une vraie, et m’en suis allée tenter ma chance au kiosque voisin. Car si une seule fiente d’oiseau est un auspice favorable pour les jeux d’argent, je dois être sacrément vernie, avec tout ce que j’ai pris sur la tête. A moi le gros lot.

Eh bien rien du tout. Ça n’a pas suffi. Faut croire qu’en plus de me faire ainsi arroser, j’aurais dû aussi marcher du pied gauche dans une crotte de chien en me croisant les doigts sur une feuille de trèfle à quatre dotée de coccinelle.

Du pipeau, tout ça! La prochaine fois, j’évite la mouette.

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23/09/2016

Le voile ou l'habit

Mon collègue a eu la vue troublée, l’autre jour, en faisant ses courses à la Coop de son quartier.

Tout d’abord, il les a vues de dos. Deux silhouettes, toutes de noir vêtues, se déplaçant silencieusement dans les couloirs du magasin. Deux ombres drapées de la tête aux pieds dans des tissus flottants sous lesquels les corps se cachent. Tiens, des femmes en niqab qui font leurs emplettes à Florissant. Etonnant, se dit l’homme à l’œil averti.

Puis au détour d’un rayon débordant de biscuits, il les aperçoit de face. Et c’est la révélation! Car si leurs cheveux disparaissent sous une coiffe, leur visage est entièrement découvert.

Elles ne portent donc pas le voile islamique, mais l’habit chrétien. Ce sont des religieuses. Des dames bien de chez nous qui ont fait le choix de consacrer leur vie à Dieu.

Et alors? Alors cette découverte perturbe notre journaliste, un poil vexé sans doute d’avoir pris ces tuniques d’ici pour des tenues de là-bas. Mais surtout il se demande pourquoi, au fond, ça le dérange moins de croiser entre les rayons de la Coop des bonnes sœurs que des femmes en niqab.

Ne font-elles pas preuve d’obéissance, chacune à leur manière, à une religion? Dans ce cas, ce qui est une tradition dans notre culture l’est aussi dans une autre, se dit-il. Elles ne jouent pas la provocation en se vêtant ainsi.

Est-ce le signe manifeste de leur appartenance religieuse qui le heurte? Alors que ce soit scapulaire ou niqab, ça devrait lui être égal! Il en était encore à ces réflexions quand les dames en noir ont quitté le magasin, sans se douter de rien. Les bienheureuses!

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22/09/2016

Sans ma voiture

Le constat est officiel, et sans appel: la sécurité routière genevoise, ça craint!

Tous les usagers de la route s’en étaient déjà rendu compte, merci. Ils n’ont pas attendu les statistiques dévoilées cette semaine pour réaliser que le danger peut venir de partout quand ils se déplacent.

Mais quantifier ce sentiment de vulnérabilité, c’est toujours instructif. Les chiffres sont là, et ils font froid dans le dos: en cinq ans, les accidents avec dommages corporels ont augmenté de 38%! A qui la faute?

La faute à pas de chance, parfois. Et à l’attitude désinvolte des Genevois au volant ou au guidon de leur véhicule. Ils seraient inattentifs, irresponsables, voire les deux à la fois. Ça se soigne? Pas vraiment. Ou à coup d’amendes. Mais quand elles sont trop salées, elles n’ont pas l’effet escompté…

Alors à défaut de manier le bâton avec discernement pour remettre bon ordre dans la circulation, nos autorités préfèrent manier la carotte. Elle se dégustera dimanche lors de la 3e édition de la «Journée sans ma voiture».

Une journée sans autos, motos ou scooters; sans bouchons ou pétarades et, qui sait, sans accidents! Cette mise entre parenthèses de la circulation devrait permettre aux Genevois de se réapproprier le pourtour de la rade.

Six petites heures durant, si le beau temps le permet, ils pourront profiter des quais joyeusement animés et du pont du Mont-Blanc transformé en terrasse géante. Un spectacle peu ordinaire et gratuit. Que demander de plus, je vous le demande. Euh, comment y aller, sans ma voiture?

Pour plus d'infos pratiques: www.ge.ch/transports

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21/09/2016

Une idée saugrenue

Que se passerait-il s’il me prenait l’idée saugrenue de faire hurler ma radio «à toute caisse» sur mon balcon autant le soir que le week-end?

La question m’est posée par une personne âgée, qui apporte aussitôt la réponse: «Mes voisins feraient appel à la maréchaussée qui m’ordonnerait, avec raison, de cesser mon tapage sous peine d’amende.»

Mais voilà. Ce qui serait valable pour une personne isolée ne l’est pas pour tous. Cette dame vit en effet sur les falaises de Saint-Jean. Elle et ses voisins subissent, dit-elle, les effets de la foire permanente installée en bordure des rives du Rhône et de l’Arve. Ils sont donc aux premières loges, question ramdam. Et ça dure, été après été.

«Où donc résident les notables de notre canton qui se fichent comme d’une guigne des plaintes et récriminations des habitants? A la campagne? En France?» No comment, pourraient-ils dire, pour clore le sujet.

Or c’est un fait que les nuisances sonores commencent à nous taper grave sur le système. Qu’elles soient nocturnes ou diurnes. C’est un problème de santé publique que l’on traite un peu par-dessus la jambe. Sous prétexte qu’il y a des maux plus graves.

Peut-être. Mais le bruit fatigue. Il rend les gens grinches, irritables, surtout si l’origine de ce désagrément peut être évitable. Ou mieux contenu. Il y aurait déjà là de quoi limiter les dégâts. Pour le reste, difficile de se battre contre les décibels de l’aéroport ou des grands axes de circulation…

Quoique. Et s’il nous prenait l’idée saugrenue de faire tous un peu moins de bruit autour de nous?

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20/09/2016

Un peu de tolérance

C’est l’histoire d’une dame âgée qui s’éteint tranquillement, un soir d’été, dans un EMS du canton.

Après avoir pris le temps de lui dire au revoir, ses enfants, encore tout chamboulés, s’attaquent aux premières démarches administratives.

Il est alors 23 heures et c’est la veille du week-end. Un médecin doit venir constater la mort de leur maman et établir le certificat de décès indispensable à la suite des événements.

Or leur médecin de famille est en vacances. Il a bien établi une délégation en faveur du toubib de l’EMS, mais celui-ci est également en congé. Que faire?

L’infirmière de garde appelle donc SOS Médecins pour qu’une personne autorisée vienne établir ce document. Et le travail de deuil peut commencer.

Mais voilà. Ça va coincer là où la famille s’y attend le moins. Quand elle envoie à l’assurance la facture pour le remboursement des frais liés au constat de décès, en précisant que le toubib attitré de leur mère n’était pas disponible.

Le contrat d’assurance LAMAL de la défunte prévoyait en effet qu’elle devait faire appel, en priorité, à son médecin, une tolérance étant admise pour les cas d’urgence.

Or l’assureur ne tient pas compte des circonstances et refuse de prendre en charge toute la facture. Comprenez-vous, les choses n’ont pas été faites dans les règles. «Aucun bon de délégation ne nous est parvenu pour ce traitement». Et pour cause!

Après moult téléphones et rappels, l’affaire s’est enfin arrangée. Mais elle n’aurait jamais dû exister. Les assureurs devraient, parfois, faire preuve d’un peu plus de discernement!

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19/09/2016

Une sortie côté jardin

L’aventure se cache parfois au coin de la rue. Ou au fond d’un parc…

Doris et une amie se rendent un soir de grand beau au Théâtre de l’Orangerie pour voir la pièce de Yasmina Reza. Après le spectacle, et parce que le temps et le lieu s’y prêtent à merveille, ces dames prennent un verre au bistrot de l’Orangerie. Les bienheureuses...

Vers 23 h, deux couples quittent la terrasse où elles sont attablées, et nos amies décident de faire de même. Elles suivent l’homme et la femme qui se dirigent vers le lac, mais ils s’évanouissent rapidement dans la nature, laissant les deux amies soudain seules dans le noir, et pas trop rassurées.

Parvenues enfin près de la sortie, les voilà coincées: la porte est verrouillée! Le parc La Grange étant l’un des rares jardins publics genevois fermé la nuit. Elles s’approchent du mur d’enceinte. Mais il est bien trop haut pour tenter la courte échelle. Et puis elles n’appartiennent plus à la jeune génération.

Alors que font-elles, pour éviter de passer la nuit à la belle étoile? Elles appellent la police municipale. Celle qui assure une sécurité de proximité, de jour comme de nuit. «Au secours, nous sommes enfermées!» Réponse: «Je ne peux rien faire pour vous, je suis seul et termine mon service. Retraversez le parc et sortez sur la route de Frontenex.» Autrement dit débrouillez-vous toutes seules comme des grandes.

Le secours ne viendra donc pas de la police mais de deux jeunes étrangers qui, passant par là, vont parvenir à mettre la main sur un collaborateur du théâtre. Lequel viendra ouvrir la porte à ces dames pour les libérer. Une sortie, côté jardin, on ne peut plus théâtrale!

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17/09/2016

La poutse volontaire

Pourquoi faut-il que ce soient toujours les mêmes qui s’y collent?

Chaque année, à diverses saisons, des centaines de bénévoles retroussent les manches ou enfilent leur tenue de plongée pour aller ramasser, au fond de l’eau vive, tout ce qui ne devrait pas s’y trouver.

Ils remontent à la surface des pneus et des canettes en alu, des chariots, des sacs à main et des habits, des téléphones, des vélos, des chaussures. Et aussi des armes, des bouteilles en tous genres plus des tas de trucs inimaginables en ces lieux. Tout ça finit par former un tas triste recouvert de moules et d’algues…

Vous trouvez ça normal?

Après l’opération Net’Léman, en mai dernier, et le grand nettoyage du Rhône au début de septembre, la prochaine poutse aquatique aura lieu ce dimanche durant toute la journée.

Au lieu de faire la grasse matinée, Patty Moll et ses équipes de plongeurs, sauveteurs, ramasseurs et trieurs de détritus seront d’attaque dès 9 h, devant l’entrée des Bains des Pâquis, pour la 24e édition de nettoyage du lac. Et ce par tous les temps. Chapeau.

Ça va donc bientôt faire un quart de siècle que ces amateurs d’eau propre prennent sur eux de vider les poubelles lacustres que d’autres remplissent à tour de bras sans être particulièrement inquiétés ou punis.

Et il y a presque toujours autant de cheni qui passe au jus chaque année. C’est à pleurer. Quand s’arrêteront-ils, ces ballots, de tout jeter à l’eau?

Faudrait qu’ils participent, une fois, à ces levées de déchets. Ils comprendraient. En attendant, c’est toujours les mêmes qui s’y collent!

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16/09/2016

Errance médicale

Elle souffre depuis le 24 juillet. Depuis le jour où elle s’est cassé le col du fémur en chutant lourdement à domicile.

Cette patiente a pourtant été prise en charge par quatre centres de soins genevois. Elle y a entendu tout et son contraire sur son état de santé, sans aller mieux pour autant.

A l’évidence, la coordination entre les différentes blouses blanches du canton n’a pas bien fonctionné. A qui la faute? A pas de chance ou au système?

Avec le recul, elle se dit qu’il aurait mieux valu se rendre tout de suite aux HUG. Mais par crainte d’attendre, elle a préféré la permanence de son quartier. Là, on lui fait des radios, mais son cas paraissant compliqué, la blessée est dirigée vers les urgences de la clinique la plus proche, où elle a droit à un scanner. C’est grave docteur?

Fracture en trois morceaux du col du fémur, à opérer de suite! Or vingt minutes plus tard, changement de programme. On la renvoie à la maison, alors qu’elle a déjà bracelet et cathéter.

Son mari va tenter le lendemain de la faire hospitaliser ailleurs, ce qui n’est pas gagné d’avance. Une place lui est finalement trouvée à l’hôpital de Loëx où elle passera trois semaines, le temps de voir si la fracture bouge ou pas.

La patiente sortira de là avec des béquilles, des radios fraîches et un rendez-vous pour début septembre aux HUG. Et là, radio à nouveau, plus trois heures d’attente. Tout ça pour apprendre qu’elle devra contacter son médecin généraliste, voire un orthopédiste, afin de se faire opérer plus tard. Quand? A la Saint-Glinglin, vu comme c’est parti! Mais en attendant, elle a toujours mal…

Alors bonjour la prise en charge médicale!

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15/09/2016

Caméléon aquatique

Il en voit décidément de toutes les couleurs, celui-là!

Drapé de rouge samedi à la nuit tombée et de vert hier, il enfilera ce soir sa tenue bleue. Qui donc? Le Jet d’eau!

Depuis qu’il s’est offert une cure de jeunesse au printemps, avec un tout nouveau système d’éclairage, l’emblème de Genève se plaît à faire le caméléon lors de ses sorties nocturnes.

Certes, sa tenue classique et élégante reste le blanc. Mais lorsqu’il accepte de soutenir une action humanitaire ou un événement sortant de l’ordinaire, il affiche la couleur de circonstance pour porter cette cause loin à la ronde.

Comment décoder les messages colorés que nous envoie le Jet d’eau? Le rose pour la journée des femmes et du cancer du sein, on connaît. Mais le reste? Mystère! Pour éclairer nos lanternes, il faut se rendre sur le site des Services industriels.

L’illumination en rouge de samedi dernier signalait la Journée mondiale de prévention du suicide. Hier, le panache coloré en vert lançait dix jours de sensibilisation au cancer de l’ovaire. Ce soir, son passage au bleu dira qu’il faut penser à votre prostate…

C’est du grave, du lourd! Aura-t-on droit, une nuit, à un arc-en-ciel aquatique pour lancer la journée du rire ou de la bonne humeur?

Encore un mot sur le Jet d’eau. Une rumeur circule en ville selon laquelle il faudrait payer pour avoir le privilège de l’allumer. Tout faux! Cet avantage ne se monnaie pas. Il se mérite, tout au plus.

Les SIG ont ainsi lancé un concours à l’occasion de leurs 125 ans. Et que peut-on gagner à ce jeu? L’allumage du Jet d’eau! Un plaisir qui n’a pas de prix...

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14/09/2016

Les fautifs se rebiffent

Ainsi donc, des Genevois se révoltent! Qu’ils soient automobilistes, motards ou cyclistes, ils sont plus de 16 000 à en avoir marre de se faire tondre à tout bout de champ: «Stop aux contraventions scandaleuses» clament-ils à l’unisson dans une pétition qui vient d’être remise à qui de droit.

Dans l’idéal, les contraventions ne devraient tout simplement pas exister! Les usagers de la route respectant scrupuleusement les règles et les lois en vigueur, pour bien vivre ensemble. Avec de tels comportements, nul besoin de sévir, n’est-ce pas? Bon, faut pas rêver…

En réalité c’est le «beuzier», comme dirait un fin connaisseur du sujet. Chacun fait ce que bon lui semble et doit parfois passer à la caisse pour ses incartades. Normal. Mais ces amendes actuelles aux montants insensés, doublées de frais d’émolument qui frisent le code, ne font rien pour arranger les choses.

Au contraire. Cette politique attise les rancœurs et un fort sentiment d’injustice chez les personnes ainsi punies. Et ce n’est jamais sain. D’autant que se greffe là-dessus une grande incompréhension du système punitif.

Comment expliquer le fait que pour des infractions a priori semblables, à savoir le mauvais stationnement d’un véhicule sur la voie publique, les montants exigés par l’administration puissent varier du simple au triple…

Ça dépend de qui colle la bûche? De la tête du client? De la grosseur de sa voiture? Toutes les suppositions sont permises, tant que le flou perdure.

Faudrait tirer tout ça au clair. Et faire aussi un sérieux effort pour éviter de recevoir ces contraventions scandaleuses. Ce serait déjà un bon début!

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13/09/2016

Une statue qui voit loin

statue.JPGC’est fou comme la douceur de ces jours peut arrondir les angles, rendre les gens plus nonchalants ou distraits…

Une paire de lunettes a ainsi été oubliée en fin de semaine au parc des Bastions. A vue de nez, elle pourrait aussi bien appartenir à des étudiants venus réviser là avant la rentrée universitaire qu’à de jeunes parents surveillant d’un œil leur progéniture, voire à un lecteur sur gazon qui aurait préféré la sieste à son bouquin. Ce sont des choses qui arrivent.

Toujours est-il que cette monture aux branches multicolores s’est retrouvée sur le carreau. La personne qui l’a ramassée a dû se demander ce qu’elle pouvait bien en faire. La déposer au service des objets trouvés? Trop loin. Ou trop compliqué. Alors pourquoi ne pas profiter de cette occasion pour soulager celui dont le regard scrute jour et nuit la flore des Bastions?

Et c’est ainsi que ces lunettes se sont retrouvées, on ne sait trop comment, sur le nez haut perché d’un érudit impassible, figé dans le bronze depuis plus d’un siècle.

Le contraste entre ce buste sévère tournant le dos aux Réformateurs et ces bésicles pimpantes a sauté aux yeux d’une bibliothécaire à la retraite qui se promenait dans le parc.

Avec un peu de chance, le brave homme n’a jamais eu de lunettes de son vivant, s’est dit la dame. Mais avec le temps, il en a peut-être eu besoin…

Qui sait! Car le brave homme en question est le botaniste genevois Edmond Boissier, mort en 1885 après avoir étudié comme nul autre la flore d’Espagne et d’Orient. Désormais, sa statue voit aussi loin que lui!

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12/09/2016

Allons voir si la rose...

Nos lecteurs sont de grands poètes! Jean-François m’a adressé ce sonnet, à la manière de Pierre de Ronsard, à qui une merveille de rose a d’ailleurs été dédiée. Ce lecteur se fait du souci pour l’avenir de la Roseraie de la Grange. En fait, il n’a rien à craindre, j’y reviendrai après son poème de circonstance:

«Julie, allons voir si la rose (raie) / Qui jusqu’alors était grandiose/ Offrant sa beauté au soleil/ N’a point perdu en cette année/ Ce qui faisait sa renommée/ Et sa splendeur sans pareille.

Las! voyez comme en peu d’espace/ Julie, on a réduit sa place / Et las! sa beauté laissé choir./ Pourquoi, triste Magistrature / Avoir fait modifier l’allure / De ce parc que l’on aime voir?

Donc si vous m’en croyez, Julie,/ Tandis que notre Ville oublie / Ce qui fit sa célébrité,/ Clamez, clamez, et sans faiblesse / Combien est grande notre tristesse / De voir ternir tant de beauté.»

C’est charmant. Mais pas juste.

Certes, le site est un peu chamboulé ces jours. La faute à quelques travaux de régénération du sol, mais rien de plus. Car le SEVE n’a aucune intention de réduire la Roseraie dans les années à venir. Au contraire.

D’ailleurs les plans sur lesquels se greffe cette rumeur étonnante ne viennent pas des architectes paysagistes du SEVE, seuls compétents en la matière. Rien à craindre, donc. Vive les roses de Ronsard. Et les autres aussi!

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10/09/2016

Pas mal, c'est selon

Le Genevois est volontiers râleur, c’est un fait. La Genevoise aussi.

Il leur arrive également d’être avares en compliments. Mais comme ils sont prêts à faire un effort en société, ils ont trouvé la formule passe-partout quand ils sont amenés à donner un avis.

«C’est pas mal!» Et ça veut tout dire. Le pire comme le meilleur.

Tout est en fait question d’intonation et de rythme. De l’endroit où l’on fait traîner sa voix plus que de raison. De la façon de la faire monter ou descendre.

Il y a le «pas mal» poli et monotone dit rapidement, un brin agacé. Parce que tout de même, c’est pas bon du tout. Le jugement pourrait s’accompagner d’un «bof» de circonstance, mais reste coincé à l’intérieur. Il peut être accompagné d’un toussotement gêné, avant de passer au point suivant.

Le «pas mal» montant dénote un léger mieux dans l’appréciation. Ça commence à devenir intéressant, mais on en a vu d’autres, pas vrai? Peut faire mieux.

Le «pas mal» modulant trahit quant à lui un début d’intérêt. Un semblant d’enthousiasme. Oh, très retenu, il ne faudrait pas croire, mais on le sent légèrement frémir.

Et puis il y a le «pas mal?!» lâché un peu plus fort, les mots bien détachés, avec une pointe d’interrogation dans la voix. Comme si l’on n’osait pas vraiment croire à la qualité de ce que l’on voit, lit ou entend. Ailleurs les gens utiliseraient les adjectifs emballants comme superbe, excellent, génial. Voire trop bien!

Les Genevois, eux, se contenteront de leur formule passe-partout. Ainsi, ils n’ont pas besoin de se mouiller…

Alors, ce billet du jour, il est pas mal comment?

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09/09/2016

Service compris

La toute première fois, c’est toujours mémorable!

La voiture flambant neuve les attend au garage. Elle possède plein d’automatismes et de gadgets qu’il va falloir apprivoiser avec doigté…

Un brin intimidés par tant de nouveautés, Anne et son mari grimpent dans leur véhicule immaculé et s’en vont le tester en allant faire des courses Tout se passe à merveille dans un premier temps, Monsieur n’étant tout de même pas un débutant au volant.

Mais les choses se corsent assez rapidement dans le parking de la Migros Vibert. L’engin refuse d’aller plus loin une fois sorti de sa place de stationnement. Pire. Il s’arrête pile sur le passage de toutes les voitures qui veulent quitter le centre commercial. Pressées, forcément.

Un concert de klaxons monte alors des entrailles du parking, ponctués de coups rageurs. Le mari d’Anne devient de plus en plus nerveux, ce qui n’arrange rien.

Avant qu’il ne perde totalement les pédales, une jeune femme vient à sa rescousse. Cette conductrice, bloquée dans la file d’attente, a manifestement la même voiture que celle qui fait grève.

Gestes à l’appui, elle explique au mari d’Anne comment se tirer d’affaire, mais sans grand résultat. Alors avec un sourire désarmant, elle propose de conduire elle-même la voiture pour dégager l’allée.

L’offre agit comme un électrochoc. Sur la voiture ou son pilote, à choix! Car soudain, elle se remet en marche, comme si de rien n’était.

Merci pour le service! Était-il compris dans cette toute première sortie?

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07/09/2016

Gare aux deux-roues

Une nouvelle campagne de sensibilisation vient de fleurir sur les guidons des deux-roues, avec ou sans moteur.

Ces papillons en carton noir qui s’accrochent le plus souvent aux rétroviseurs portent un message clair. On trouve d’un côté le constat «stationnement gênant» avec un gros point d’exclamation jaune, et de l’autre l’invitation à déplacer l’engin.

«Les deux-roues ne doivent pas entraver le cheminement et les espaces piétons» est-il précisé. Bien vu!

C’est pour lutter contre l’invasion des motocycles sur la place du Rhône toute belle, toute neuve (et surtout très piétonne) que cette action a été développée par les services de la Ville de Genève.

Et elle ne devrait pas s’arrêter en si bonne route: d’autres lieux sensibles servent trop souvent de parking improvisé pour les vélos et les scooters. Bientôt ces papillons noirs vont envahir les rues de Genève pour préciser aux conducteurs de deux-roues ce qui est autorisé ou pas comme stationnement.

Ah, parce qu’il y a un cadre légal qui dit où je peux abandonner ma bécane? Eh oui. Petite piqûre de rappel.

Les vélos peuvent être parqués sur les trottoirs et des zones piétonnes pour autant qu’un espace de 1.5 mètres subsiste. Pas bien, donc, de cadenasser sa petite reine sur le mobilier urbain…

Motos et scooters doivent être garés dans les cases prévues pour. Comme il n’y en a pas assez, les contractuels se montrent un peu plus souples envers les motocycles garés sur les trottoirs.

Autrement c’est la prune. Et pas celle dont on fait les gâteaux du Jeûne genevois!

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06/09/2016

Le temps du client

Elle se pointe à l’agence TPG de Cornavin le lendemain de la rentrée scolaire pour renouveler son abonnement. Il n’est pas encore 9 h, mais déjà la foule se presse au portillon.

Ça n’avance pas. Faut dire que seuls deux guichets sont ouverts. C’est peu. Bon, il y a encore un employé de piquet à côté d’un distributeur à tickets pour orienter les gens ou leur filer le bout de papier numéroté qui leur donnera le droit d’attendre gentiment leur tour.

Quand Sonia obtient le sien, elle défaille: le délai d’attente est estimé à 44 minutes environ!

Et pour cause: il y a une trentaine de personnes qui patientent devant elle, sans compter tous ceux qui ont été dirigés ailleurs ou qui ont bâché.

«Quand est-ce que vous allez ouvrir un autre guichet?» demande à brûle-pourpoint notre blonde incendiaire à l’employé au "ticketing". «Vous m’empêchez de faire mon travail, Madame». Elle insiste. «Appelez alors le responsable». «C’est moi!» On imagine la scène. Mais ça ne fait pas avancer le schmilblic pour autant. Alors Sonia s’en va, en pétard.

Le temps du client n’a-t-il donc aucune valeur? Il n’a que ça à faire, attendre?

Qu’elle se rassure. Si elle s’était retrouvée là en fin d’après-midi, quand les clients se concentrent le plus, c’eût été pire. Quoique. C’est à ce moment que le personnel est au maximum…

Pour éviter de tels désagréments, les TPG travaillent à la mise en place d’un futur shop en ligne, prévu pour le changement d’horaire de décembre. Sonia pourra ainsi renouveler son abonnement depuis chez elle. Mais a-t-elle seulement Internet?

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05/09/2016

Là-haut, sur la montagne

Ah, prendre l’air! Filer à la montagne, s’évader loin du monde pour faire le plein de nature et de calme. Rien de tel pour recharger mes batteries genevoises, se dit Denis, en sortant du télésiège de la Breya.

De là, il prend le sentier pour gagner la cabane d’Orny, à 2 h 30 de marche. Quelle belle journée en perspective! A peine a-t-il fini d’ajuster son sac à dos que retentit déjà, à deux pas de lui, un «driiiiiiiiiiiiiing» strident. Le sportif d’à-côté braille alors au natel: «Oui oui, on redescend dans trente minutes». Ça commence? Quelle purge ces engins!

Plus loin sur le sentier escarpé, Denis frôle la collision. Le randonneur lui venant contre est coupé du monde par ses écouteurs qui lui balancent des musiques venues d’ailleurs. Dois-je sauter dans le ravin pour lui faire place?

Le paysage se fait toujours plus majestueux, au fur et à mesure que Denis grimpe. Et c’est dans ce décor de rêve qu’il croise un gus parlant tout seul, oh miracle de la technologie. «Ouiii, t’imagines? J’ai trouvé hier un plat pyrex pour mes gratins.»

Tu parles d’un appel urgent! Quand ce type devra joindre le 144 pour demander de l’aide, il n’aura plus de batterie, ronchonne le Genevois.

Puis la cabane apparaît enfin, dans un cirque de roches impressionnant à l’entrée de la moraine du glacier du Trient. Tiens, de la musique! Elle vient tout droit du sac à dos d’un promeneur diffusant de la musique techno avec des haut-parleurs intégrés. Faut croire que pour certains citadins, il y a trop de silence là-haut, sur la montagne.

Et Denis, ça le fait enrager. Où faut-il aller pour avoir enfin la paix?

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03/09/2016

Nuisances nocturnes

C’est une bande de jeunes qui fait du bruit la nuit. Pourquoi pas, tant qu’elle s’amuse loin des dormeurs.

Oui mais voilà. Ces jeunes-là boivent sec, mettent du rap à plein tube, font rugir les moteurs, se soulagent la vessie et le reste aussi toujours dans le même coin. Un coin très urbain, du côté de la rue Montchoisy et du préau de l’école des Vollandes.

Isabelle, qui crèche aux premières loges, ne ferme plus l’œil de la nuit. Ou si peu. La retraitée a bien essayé de faire entendre raison à ces bruyants personnages. Pour des prunes: ils continuent d’agir totalement à leur guise. Et ça dure depuis des mois. «On ne vit plus!!»

La police municipale est intervenue à de nombreuses reprises, suite aux plaintes du voisinage, mais semble un peu dépassée par les événements.

En haut lieu, on confirme les nuisances générées par ce groupe ingérable. Que faire pour qu’elles cessent au plus vite, avant que les gens des environs ne pètent un plomb?

Paraît que le poste de police municipale des Eaux-Vives collabore avec la Maison de quartier pour tenter de trouver une solution. Normalement, me dit-on, un local sera mis à disposition de ces jeunes. Fort bien.

Mais quand? Rapidement…

C’est vague, mais ça donne déjà quelque espoir à Isabelle. Tout l’été, elle a songé à prendre une chambre d’hôtel loin de chez elle pour pouvoir dormir un peu. Mais sa rente AVS ne lui permet pas ce luxe. Alors elle trinque.

La situation risque de durer encore quelques nuits, avec le beau temps qui se prolonge. M’est d’avis qu’elle devrait donc investir dans les boules Quiès!

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02/09/2016

Les clowns hospitaliers

Depuis la fameuse prestation du conseiller fédéral Schneider-Ammann, à l’occasion de la Journée des malades, tout le monde sait que «rire de bon cœur, avec quelqu’un, c’est partager un moment de bonheur…»

Et si l’on avait encore un doute sur la pertinence de ce propos, une nouvelle exposition raconte, mieux qu’avec des mots, ce que des clowns d’ici apportent à ceux qui passent leurs jours en milieu hospitalier ou médico-social.

Présentées sur le mur d’entrée des bains des Pâquis, les photographies grand format d’Olivier Carrel montrent les liens que tissent 14 clowns professionnels avec les malades genevois, petits et grands. Des moments de grâce, d’émotions et de grands éclats de rire.

L’association Hôpiclowns se présente ainsi au grand public pour marquer les vingt ans de sa création. Vingt ans déjà que ces comiques formés à bonne école ajustent pif rouge, sourire en banane et yeux pétillants pour aller à la rencontre des hospitalisés. De leurs proches aussi.

«Je ne pensais pas sourire aujourd’hui!» a dit un jour la maman d’un petit malade à un clown dans une chambre de soins. Et pourtant. Ces personnages drôles et sensibles parviennent à créer des bulles de bonheur et des parenthèses ludiques dans des lieux pas forcément marrants.

Vingt ans d’engagement pour soulager par le rire ceux qui souffrent, ça se fête. Les réjouissances auront lieu samedi 24 septembre, on a donc tout le temps d’en reparler. Mais ce qu’il faut encore ajouter, c’est qu’Hôpiclowns vit de fonds privés, et que toute aide financière est bienvenue!

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01/09/2016

Le barrage à vin divin

On a eu très chaud cet été. Voyez plutôt.

En feuilletant un magazine d’art qui présente les expositions à voir en Suisse pendant la belle saison, un lecteur a eu soudain les yeux scotchés par un avis qui lui a mis l’eau à la bouche.

L’homme étant partageur, il nous en file une goutte. Une savoureuse. L’annonce qui a excité ses papilles indique ainsi que le Musée de Bagnes expose les photographies japonaises et valaisannes d’Alain Bublex. Où donc? Sur le couronnement du barrage de Malvoisie…

Vous m’en direz tant! Un barrage à vin; c’est juste divin.

Imaginez la scène: un ouvrage d’art dressé entre de fières montagnes qui retient des millions de mètres cubes de ce fameux nectar. On ne peut concevoir meilleur bar à vin. Les Valaisans sont décidément très forts.

Du réservoir de Malvoisie monteraient des effluves enivrants évoquant «la gelée de coing, la confiture de mirabelle, le miel, les fruits confits et les épices orientales» caractéristiques de ce Pinot gris.

Les vaches paissant sur les alpages alentours en seraient toutes choses. Les promeneurs aussi, eux qui viendraient en troupeaux se rincer copieusement le gosier au robinet public. Que d’ivresses en perspective dans nos montagnes…

Elles gagneraient aussi la plaine si le barrage libérait la Malvoisie. Le temps d’arriver ici, au bout du lac, ce vin blanc serait hélas trop dilué pour nous griser.

Mieux vaut donc le consommer sur place. En Valais. Et en profiter pour découvrir l’exposition qui se tient, jusqu’à dimanche, sur le couronnement du barrage… de Mauvoisin.

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