12/02/2016

Les choses de la vie

Je ne savais pas les Genevois si taquins. Marina m’a ainsi livré sa technique mise au point pour lutter, avec le sourire, contre les démarchages téléphoniques.

Avant de répondre à l’appel, elle enclenche sur son lecteur CD une petite chanson d’Henri Dès: «Pan pan pan, qui est là? C’est la pt’ite Charlootte…» Les intrus craquent assez vite.

La facétieuse varie les plaisirs. Elle place parfois l’écouteur devant sa TV où s’échangent quelques répliques suaves de top models. Un autre nanar fait aussi bien l’affaire. Effet garanti.

Il faudrait un jour qu’un démarcheur téléphonique me file la liste des plus grosses ficelles inventées pour lui faire lâcher prise…

Lâcher prise, les partis devraient aussi y penser quand ils font de la retape personnalisée pour les votations. Une Pâquisarde a eu dernièrement la surprise de découvrir, dans sa boîte aux lettres, un courrier adressé à son mari l’appelant voter socialiste et signé par les élus du parti à la rose.

Mais il y a une épine. Une grosse qui fait mal. Le capitaine de la gendarmerie genevoise à qui s’adresse cette missive est décédé d’une crise cardiaque lors du G8. C’était en 2003! Sa femme n’a pas encore digéré ce courrier déplacé.

Une autre veuve a reçu un pli du Service des successions et de l’enregistrement qui l’a aussi mise hors d’elle. Cette dame a donc perdu son mari, mais la lettre officielle s’adresse à «Monsieur» pour lui présenter les condoléances, avant d’entrer dans le vif du sujet. Nul!

Car Monsieur a été frappé par la mort, pas par le deuil. Et Madame est dans la peine. Pas besoin d’en rajouter.

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11/02/2016

Encore les abeilles...

Planter des crocus? Il y a mieux à faire pour sauver les abeilles, me signale Pierre, en réaction à l’encre d’hier. Mieux vaut signer la pétition en ligne «protégeons les abeilles» visant à interdire les pesticides qui les tuent à petit feu. Ce sera plus efficace.

Ou alors signer cette requête sur les stands de Greenpeace qui se trouvent dans les Rues Basses, me dit-on par ailleurs. Je ne savais même pas qu’une telle collecte de signatures était en cours. C’est dire…

Mais j’ai rattrapé mon retard. J’ai par exemple appris, sur le site de l’organisation citée plus haut, que des experts avaient estimé la valeur économique du travail de pollinisation de nos chères butineuses.

Ne me demandez pas comment ils ont calculé, j’en sais trop rien! Ce boulot représenterait, disent-ils, environ 300 milliards de francs suisses par an…

Braves bêtes! Qu’on les laisse donc faire leur boulot gratos sans les gazer. Ces alliées ailées sont trop précieuses pour qu’on les traite ainsi.

M’est donc d’avis qu’on peut signer la pétition pour assurer leur survie et faire pousser aussi pour elles des plantes à floraison précoce. Histoire de fournir de quoi manger à leurs larves. Les deux choses sont compatibles.

Que faire autrement? Attendre que les abeilles aient disparu de nos vies pour les regretter et pleurer sur notre triste sort? Ce serait pas très malin.

Autant agir pour elles maintenant, même si cette action n’est qu’un grain de sable. Notez qu’avec la raréfaction de ce matériau à la surface du globe, c’est toujours bon à prendre!

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10/02/2016

La santé des abeilles

Mettre le nez dehors? Faut vraiment le vouloir, ou le devoir: le temps est tout sauf aguichant! Pourtant, des tas de fleurs s’épanouissent déjà dans les prés ou les plates-bandes alentours. Des primevères, crocus et perce-neige, qui n’ont pas eu trop à percer cet hiver.

J’admire depuis toujours ces fleurs qui annoncent le printemps. Mais après avoir écouté l’émission «On en parle» de la RTS, j’aimerais carrément en planter, pour qu’il y en ait davantage.

Parce que si j’ai tout bien compris, ces plantes à floraison précoce fournissent aux abeilles, avec les saules, les noisetiers et les cornouillers, le pollen dont elles ont cruellement besoin pour nourrir leurs larves.

Si elles n’ont pas assez à becqueter à cette période de l’année, ces futures butineuses ne pourront pas se développer. Et ce serait plutôt moche!

Alors pour que ces mouches à miel puissent continuer à faire leur boulot dans un monde qui leur est toujours plus hostile, les humains pourraient peut-être leur donner un coup de main. En faisant pousser, par exemple, des plantes à floraison précoce dans leur jardin ou dans des bacs, sur les balcons.

Ceux qui possèdent un coin de terre pourraient aussi y planter des saules ou d'autres arbustes fleurissant tôt dans la saison. Les abeilles passeraient ainsi bien mieux ce moment critique, et ce serait bénéfice pour tous.

La nature étant bien faite, les butineuses s’en iront ensuite polliniser les fleurs des arbres à fruits, ce qui assurera une bonne récolte de cerises ou de pommes. Miam…

Sans oublier le miel. Slurp…

C’est décidé, je plante demain des crocus!

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09/02/2016

La frousse s'invite

Les Genevois sont curieux. Dimanche, au lieu de rester au sec chez eux, ils ont bravé la pluie battante pour découvrir, de leurs yeux, le nouvel Opéra des Nations. Une scène lyrique toute en bois, vous imaginez?!

Il y avait foule à l’intérieur des portes grandes ouvertes de l’institution. On a donc fait la queue pour visiter la salle, la scène et les coulisses de cette construction provisoire faite en un temps record. Ou faite tout court, ce qui est déjà un exploit.

Sur le plateau, au milieu des décors d’Alcina, les visiteurs pouvaient poser toutes sortes de questions au maître de cérémonie. L’une revenait souvent.

Côté sécurité, le bâtiment est fiable? Euh, tout ce bois, ça ne brûle pas des fois trop facilement?

Nous y voilà! Le bois est encore et toujours intimement lié au feu. A la bonne vieille peur de l’incendie. Une construction publique faite avec ce matériau peut inquiéter plus qu’une autre les gens qui aiment se faire peur. Et le bel Opéra des Nations n’y coupe pas.

Avec pédagogie, l’homme de théâtre explique alors les tonnes de précautions prises. Les exigences du service du feu. Les fauteuils changés pour être conformes aux normes suisses. Les sièges étaient sûrs pour les Parisiens, pas assez pour les Genevois. Sourires soulagés…

Et s’il reste des inquiets dans la salle, qu’ils filent au Printemps Carougeois! La manifestation aura bientôt la frousse aux trousses. Elle cherche des figurants bénévoles prêts à participer à la parade effrayante et démoniaque de la Cie Transe Expresse, qui aura lieu le vendredi 22 avril. Y a-t-il des amateurs?

(www.carouge.ch)

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08/02/2016

Liaisons contrariées

Dans la rubrique «c’était mieux avant», une dame regrette de ne plus pouvoir prendre son bus à la place Dorcière pour se rendre à Annecy, comme elle le faisait jusqu’en décembre dernier.

Elle achetait alors son billet à la gare routière et grimpait directement dans le véhicule aux plaques françaises qui stationnait là, au cœur de la ville.

Eh bien c’est fini! Sans crier gare, il a été décidé que le bus 72 ne desservirait plus ce lieu central. La passagère doit désormais aller le chercher plus loin, du côté de l’aéroport ou du Bachet, là où passent d’autres lignes d’Unireso.

Seules les liaisons du matin et du soir sont encore maintenues place Dorcière pour les personnes venant de France voisine œuvrer dans la cité. On parle de bus, bien sûr.

Pour les clients branchés, ça ne change pas grand-chose, finalement. Mais pour ceux qui, comme cette dame, ne peuvent pas acheter leur billet par Internet ou prendre un abonnement, comme la plupart des usagers font, ça complique la donne.

Car ils seront pénalisés s’ils payent leur titre de transport directement dans le véhicule. Pour éviter cette surtaxe, ils peuvent toujours aller chercher leur ticket à la gare routière, comme avant, puis retraverser toute la ville en TPG. Et ça passe assez mal quand le client a le sentiment que le service est moins bon et plus cher. Mais c’est ainsi!

Les autorités cantonales veulent en effet diminuer le nombre de cars qui transitent par la place Dorcière, afin de décharger le site et fluidifier la circulation alentours. Puis viendra le temps de la mise en service du CEVA.

Pour le plus grand nombre, ce sera alors mieux après. Enfin on l’espère!

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06/02/2016

La filature publique

Souriez, vous êtes filmé. Même si vous faites semblant de ne pas remarquer les caméras qui pointent leur museau un peu partout au-dessus de vos têtes.

Bientôt, plus personne ne se formalisera d’être constamment pris en filature sur la voie publique. Ça fait partie du jeu: ces yeux fouineurs sont là pour nous protéger. Ils veillent sur nous et sur nos biens. Bien.

Grâce à la vidéosurveillance, la criminalité va baisser, le sentiment d’insécurité disparaître et la concorde revenir en ces lieux, dit-on. Peut-être. Notez qu’avec les menaces terroristes et les mesures qu’elles imposent, ce type de contrôle a encore de l’avenir!

N’empêche. C’est pas drôle de se sentir toujours épié quand on n’a rien fait de mal et donc strictement rien à se reprocher. Ça me donne juste envie de faire un pied de nez à chaque appareil espion repéré...

Alors quand on m’a signalé la présence d’une caméra cachée, place du Cirque, pour mater les lieux sans que ses usagers ne puissent s’en rendre compte, j’ai foncé. Pour voir.

Et là je dis chapeau! Car il faut être à pieds et s’arrêter tout contre l’immense platane dominant la place pour découvrir son existence. La machine est juchée sur un poteau planté à deux pas de l’arbre. Certes, un petit panneau rond signale que vidéosurveillance il y a. Encore faut-il pouvoir le lire.

Renseignement pris, la caméra zieute uniquement les flux de circulation, et rien d’autre. Elle ne capte ni les visages des cyclistes ou des piétons passant au rouge, ni les plaques de voitures forçant le passage. Elle n’est là que pour gérer la mobilité générale. Soit.

Alors sourions!

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05/02/2016

Pousser à l'achat

«Pour moi et pour toi». On connaît par cœur le slogan d’un des géants de la grande distribution suisse.

Cette semaine, la Coop nous offre, à toi et à moi, la possibilité d’obtenir cinq fois plus de superpoints lors nos achats. Wouah, quelle aubaine!

L’action se découvre dans les pages du journal de l’entreprise, et elle a le don d’énerver une cliente. Car si l’on regarde de près ce qui est proposé, la multiplication des points (et non des pains) est valable uniquement si l’on fait des achats pour un montant minimum de 50 francs.

Or la plupart des acheteurs ne dépensent pas une telle somme, affirme cette lectrice. A moins de faire les courses une fois par semaine. Ou d’être appâtés par les superpoints.

Et puis à voir la liste des produits qui n’entrent pas en ligne de compte dans cette superaction, c’est à se demander ce qui reste pour faire le poids.

Mais ma brave dame, c’est du pareil au même à la Migros! Ils se tiennent à la culotte, ces deux-là, pour nous pousser à la consommation.

Car «M comme Marque d’exception» fait aussi fort, ces jours, avec ses paquets surprises. Si t’as pas acheté la sucette pour le petit dernier et que tu n’arrives pas aux 20 francs pile nécessaires pour avoir droit à l’autocollant, c’est râpé. Tu reviens une autre fois. Et là, tu calcules tes dépenses au centime près pour être sûr d’arriver au total voulu.

Si t’es bien sage, après vingt stickers, tu as droit au cadeau. Bravo!

Avec ces promotions, ils nous prennent un peu pour des ballots. Ne feraient-ils pas mieux, finalement, de baisser les prix de certains produits? Ce serait une vraie bonne action!

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04/02/2016

T'es Pas Gentil?

Allez, Julie! Fais un truc bien piquant sur les TPG. Et spécialement sur les contrôleurs «T’es Pas Gentil» qui n’en font qu’à la tête du client, me glisse-t-il à l’oreille.

Bof! Le retour de ce froid bien humide ne donne pas envie de piquer. Plutôt de ronronner au coin du feu… Mais je ne suis pas payée pour. Alors va pour un billet doux, cette fois. Ça peut pas faire de mal, comme dirait l’ami Gallienne sur les ondes de France Inter.

J’avais parlé l’automne dernier de cette retraitée qui s’était pris 100 balles d’amende parce qu’elle n’avait pas réussi, lors d’un contrôle, à présenter le ticket qu’elle avait pourtant acheté. Elle avait ensuite remis la main dessus et contesté la sanction. Eh bien elle a eu gain de cause! A titre exceptionnel. Et en tenant compte de sa situation financière. Bien vu!

L’autre fait remarquable a été relevé samedi, à l’avenue Louis-Casaï. L’abri TPG, situé devant l’Hôtel Crowne Plaza, est désaffecté depuis longtemps. Or, il y a toujours des touristes, ou des gens dans la lune, qui patientent longtemps à cet endroit avant de réaliser que quelque chose cloche.

Normal. Seule une petite affiche rédigée en français indique que l’arrêt est déplacé 50 mètres plus loin. Pour les non-francophones, qui sont légion dans le canton, ça ne dit juste rien.

Samedi, ils étaient ainsi une dizaine à attendre le bus qui, le moment venu, leur passe évidemment sous le nez. Mais! Réalisant le trouble de ces clients abandonnés, le chauffeur s’arrête plus loin, laissant le temps à la petite troupe de courir sous la pluie pour grimper à bord du véhicule. C’est-y pas sympa?

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03/02/2016

La piqûre de rappel

Un son oscillant continu qui troue l’air pendant une longue minute et qui revient, à pleins tuyaux, deux minutes plus tard. C’est aujourd’hui, à l’heure de la sieste, que 116 sirènes d’alarme vont se réveiller pour pousser leur longue plainte lugubre sur Genève.

Rien de très exceptionnel à cela, me direz-vous. L’exercice a lieu chaque année, même date, même heure, partout en Suisse. Et pour cause: c’est toujours l’Office cantonal de la protection de la population et des affaires militaires qui pilote la chose, tip top, propre en ordre.

Chaque fois pourtant, ces essais me font froid dans le dos, alors que je n’ai pas l’âge d’avoir connu la guerre. D’où me vient donc ce sentiment de crainte diffuse, de malaise, quand ces sirènes se mettent à hurler?

Ces alarmes ne font finalement que leur boulot. Elles prouvent loin à la ronde qu’elles fonctionnent bien et que la couverture sonore du canton est assurée. On est donc prêt. Mais à quoi? A l’alarme générale réelle! Celle qui arrivera un jour. Ou pas. Qui sait…

Alors si ces simples essais me font froid dans le dos, je n’ose imaginer l’effet que ça va faire, cet après-midi, à certains négociateurs syriens présents à Genève aux pourparlers sur l’avenir de leur pays. Ou à tous ces réfugiés qui ont fui les conflits armés, n’en pouvant plus de toutes ces horreurs qui leur tombent dessus sans crier gare, et qui tâchent de se reconstruire dans notre région.

Vont-ils croire que ça recommence? Faudrait les rassurer. La complainte des sirènes vise plutôt à montrer que tout est ici sous contrôle. C’est une piqûre de rappel pour dire que tout va bien...

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02/02/2016

La main secourable

«Elle jette des aînées par terre pour les voler.»

Tel était le titre, glaçant, d’un article paru hier dans nos pages. Il relatait le procès d’une trentenaire qui s’était attaquée, en pleine rue, à des êtres bien plus fragiles qu’elle.

Une agression très moche dont les victimes peinent souvent à se remettre.

Mais l’inverse peut aussi se produire. A savoir que des personnes relèvent une vieille dame à terre pour l’aider. Il faut aussi en parler, sans quoi ce serait minant d’avoir toujours de mauvaises nouvelles à donner. Pas vrai?

Alice vient ainsi de m’envoyer une lettre manuscrite. Par le biais de l’encre bleue, cette arrière-grand-maman de 88 ans voudrait remercier chaleureusement le couple qui l’a secourue dernièrement.

C’était un dimanche soir, le 24 janvier, à la rue de Lyon. Alice cheminait avec une amie quand elle a soudain perdu connaissance et s’est affalée sur le trottoir. Deux personnes «compatissantes» lui sont aussitôt venues en aide, l’ont remise debout et ont pris soin d’elle. Comme elles ne pouvaient pas obtenir de taxi pour dépanner l’aînée, elles ont alors eu la gentillesse de la reconduire à son domicile!

Evidemment, entre le malaise et le trop-plein d’émotion, Alice et son amie ont totalement oublié de demander leurs coordonnées à ces gens si prévenants.

Qu’ils sachent en tout cas qu’après avoir passé une nuit à l’hôpital pour un contrôle, Alice a pu rentrer le lendemain. Et qu’elle est très reconnaissante pour cette aide précieuse. Voilà!

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01/02/2016

Allô c'est toi, chériiii?

Appels pompants, la suite. Comment se débarrasser des démarcheurs téléphoniques qui vous harcèlent, alors que vous ne leur avez rien demandé?

Micheline a trouvé un truc poilant. Elle fait la dure d’oreille. Elle braille avec conviction: «C’est toi chériiii?» ou alors «Chériiii, mais parle donc plus fort, je ne te comprends pas! Chériiii?» Un tel déferlement d’amour lui coupe généralement la chique, à l’autre bout. Et ça raccroche vite fait pas tard.

Vous êtes aussi d’humeur taquine? Jouez  à fond les borborygmes à rallonge, les parlers inventés ou les réponses totalement décalées. Il semble que ces réponses déstabilisent l’intrus et lui font rapidement battre en retraite.

L’exercice demande certes de la repartie. Mais on s’améliore vite à ce jeu. Comme au ping-pong. Et puis ça stimule les neurones, ce qui est toujours bon à prendre.

Plus simple, peut-être? Dire non merci d’entrée de jeu et couper court à la conversation. Surtout ne pas tenter de discuter et de se justifier. Non, c’est non. Inutile d’être grossier ou insultant, même si vous en avez ras l’écouteur. La personne qui appelle le fait pour gagner sa vie, pas pour son plaisir.

Une autre façon de lui clouer le bec poliment demande un peu plus de manipulation, me dit une lectrice. Quand ça sonne vous prenez l’appel et, le temps de constater que ce n’est pas votre chéri au bout du fil, vous raccrochez aussi sec. Tapez ensuite *00 # + la touche d’appel (suis-je claire?) et le tour est joué. L’indésirable ne peut plus vous contacter. Victoire, un de moins!

Oups! C’était peut-être chériiii?

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30/01/2016

Cirer les pompes

Comment faire pour bien faire? Mon collègue possède deux belles paires de chaussures en cuir mais ne sait pas trop comment les entretenir. Faut dire que la pratique demande un certain doigté. C’est même tout un art. Or, il a deux mains gauches.

Il prend donc ses godasses sous le bras et s’en va chez le premier cordonnier venu. Vous pouvez me les cirer? L’artisan veut bien lui vendre la crème et la brosse. L’huile de coude, c’est au client de la fournir, faut pas pousser.

Deuxième tentative dans une autre échoppe spécialisée. Et toujours la même réponse négative.

Zut et flûte! Il existerait ainsi des tas de commerces dans cette ville pour nettoyer les habits, et rien pour les souliers?

S’il visait dans le haut de gamme, notre homme trouverait des adresses où les confier. Ben oui, on est à Genève! Mais de simples cireurs de rue, il n’y en a point. D’ailleurs, je n’ai pas souvenir d’en avoir vu dans le coin.

Ce serait pourtant un bon petit boulot, non? Un service à rendre pour se faire quelques sous, pas trop compliqué à mettre sur pied.

A première vue seulement. Car avant de se lancer dans cette activité de contact, faudrait apprendre quelques notions de base, se faire la main sur des escarpins, trouver le kit du parfait cireur. Puis obtenir l’autorisation d’utiliser l’espace public. Et payer une taxe. Plus un impôt. Rien n’est simple, ici.

Mais le plus dur resterait encore à faire: trouver des clients qui oseraient se faire cirer les pompes en public, dans cette République si pudique.

Parfois, on n’est jamais si bien servi que par soi-même…

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29/01/2016

Un amour de mimosa

Il fut un jour, dans la Julie, où l’on fit grand, très grand, pour annoncer la vente du Mimosa du Bonheur qui se déroule, comme toujours, les derniers vendredi et samedi du mois de janvier. Aujourd’hui, donc. Et demain aussi.

Je n’ai pas retrouvé la date exacte de l’événement dans les archives de la Tribune. Mais je tiens de source sûre qu’aux alentours de l’an 2000, une édition de ce journal avait été parfumée au mimosa!

Il avait même été question d’imprimer ce numéro sur un papier qui aurait pris, pour l’occasion, la couleur des fleurs. Mais c’était trop compliqué du côté des rotatives. L’encre bleue passe encore, mais le papier jaune…

N’empêche, une Julie fleurant bon le mimosa, fallait oser!

Aujourd’hui, ces boules d’or embaument déjà mon bureau. Elles sont là pour rappeler que chaque hiver, depuis 1948, elles sont vendues par des bénévoles dans les rues pour récolter de l’argent. Des fonds destinés à aider des enfants d’ici à partir en vacances, ce qu’ils ne pourraient pas faire sans ce coup de pouce.

A l’origine de cette action, il y a une autre histoire de solidarité initiée par la Croix-Rouge suisse. Celle des familles de ce canton qui avaient accueilli, lors de la 2e Guerre Mondiale, des enfants déshérités de Cannes. Les hostilités terminées, les autorités françaises étaient alors venues à Genève offrir des brassées de mimosa pour les remercier.

Depuis, la Croix-Rouge genevoise et la Chaîne du Bonheur ont lancé la vente de ces brins de fleurs. Ceux que vous allez sans doute acheter aujourd’hui. Parce que le mimosa, c’est beau, ça sent le Sud et en plus, ça aide des enfants!

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28/01/2016

L'arroseur arrosé

Le sujet ne vole pas bien haut, et même plutôt bas. Mais il passionne, si j’en crois le nombre de réactions que je reçois chaque fois qu’il est ici question de toilettes publiques.

Pour rester dans ce sujet inépuisable, j’en ai appris une bien bonne.

On m’a ainsi parlé d’un truc assez marrant pour lutter contre l’incontinence publique. Autrement dit contre les pipis sauvages des êtres qui se soulagent n’importe où, ni vu ni connu, faute d’avoir trouvé un endroit fait pour ça.

Bref, des chercheurs ingénieux ont mis au point une peinture hydrophobe du plus bel effet. Posée sur un mur, elle le rend imperméable au liquide. Mieux: quand un jet arrive avec une certaine pression sur ce revêtement répulsif, c’est l’effet boumerang assuré. Le retour direct à l’expéditeur. L’arroseur arrosé. Sur les pieds, de préférence!

La chose a été mise en pratique au printemps dernier dans un quartier festif de Hambourg, où les habitants en avaient marre de respirer des relents d’urine laissés par les fêtards. Ils ont donc badigeonné de cet enduit magique les murs les plus exposés et posé des panneaux disant aux intéressés les risques encourus. Un pisseur averti en vaut deux…

Après Hambourg, c’est San Francisco qui a testé la peinture «Ultra-ever-dry» dans ses rues animées, avec des résultats assez prometteurs. On se prend à rêver d’une solution miracle…

Las, les articles ne disent pas les solutions de repli qu’ont trouvé depuis les noctambules pour soulager leur vessie, après la tournée des bars. Tel est bien le problème. M’est d’avis qu’on n’est pas encore sorti de l’auberge!

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27/01/2016

Les appels pompants

On peut se faire vacciner contre la grippe, mais pas contre le démarchage téléphonique, cette épidémie qui empoisonne la vie des gens qui passent pas mal de temps chez eux.

A ce que j’ai lu, paraît que le nombre d’appels reçus en un mois pour une même personne pouvait aller jusqu’à 200! De quoi en faire une jaunisse…

Faut dire que le fameux astérisque figurant dans l’annuaire n’est plus respecté depuis belle lurette par les vendeurs de poudre de perlimpinpin. Et que le boîtier Katia, qui écartait automatiquement les appels indésirables, n’est plus en vente pour vous et moi depuis 2015. On n’est pas aidé…

Comment clouer le bec à ces intrus? J’en connais un qui a toujours un sifflet près du combiné et qui souffle un bon coup dedans quand on le dérange. Ça fait mal à l’autre bout. Mais ça soulage!

L’astuce de Christiane est plus douce et tout autant efficace. Quand elle reçoit un appel pour lui vendre ce qu’elle ne veut pas, elle enregistre une lettre majuscule correspondant à ce numéro.

Quand la sonnerie retentit et qu’une telle lettre apparaît à l’écran de son téléphone fixe, elle ne répond pas et ne s’énerve plus. Elle se contente de décrocher puis de reposer le combiné. Mardi dernier, le «M» s’est ainsi affiché six fois. Un vrai harcèlement!

Si par hasard elle baissait la garde et tombait dans le piège, qu’elle sache une chose: depuis le 1er janvier 2016, elle peut résilier un contrat conclu suite à un démarchage téléphonique. Ceci dans les 14 jours dès l’accord passé.

Cette nouveauté n’est pas un vaccin pour lutter contre l'épidémie. Mais c'est déjà un bon remède!

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26/01/2016

Cafouillage en série

Mais où sont les banques d’antan? La question est signée Tantale.

Tantale, comme celui du supplice? Le fils de Zeus qui avait fait de grosses boulettes? Oui, c’est lui. Ou presque: il est devenu, pour faire court, le symbole même de la frustration permanente… Aïe, ça craint. Que lui est-il donc arrivé?

Tantale avait juste besoin d’un relevé bancaire au dernier jour de l’an 2013. Le genre de document demandé par l’administration fiscale. Un truc simple.

Il décroche donc son téléphone pour demander une copie à sa banque chérie.

Taper 1-2-3-4... musique, tous nos collaborateurs sont occupés, musique…

Quand il parvient enfin à joindre son conseiller, le banquier lui dit mettre le document sous pli illico. Hélas, la poste lui livre le relevé d’octobre 2015. Raté.

Rebelote, taper 1-2-3-4... musique, etc. Son conseiller n’est plus joignable. Mais on lui préparera le papier désiré, à retirer le lendemain à la caisse.

Il reçoit le jour venu une enveloppe pleine de feuilles. Tant qu’à faire, on lui a tiré copie de tous ses comptes! Mais ils ne sont pas complets: les papiers sont imprimés aux trois quarts seulement et les sommes qui pourraient intéresser les impôts n’y figurent pas. Encore raté.

Re-rebelote. Tapez 1-2-3-4... musique etc. Aaarghl! Tantale n’en peut plus. Au bout du fil, on lui explique que l’informatique a des ratés et qu’on est désolé pour ces cafouillages. Pour arranger les bidons, on va donc lui faxer les documents comme au bon vieux temps.

Il reçoit alors trois fois la série des papiers. Des copies toutes noires et indéchiffrables, sauf la seule et unique feuille dont il avait besoin… Ouf!

Mais où sont les banques d’antan?

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16/01/2016

Mélange de pinceaux

Elise soigne les petits petons de Genève. Un jour, elle accepte de dépanner une cliente de sa collègue partie en vacances. La dame lui donne alors son nom, son adresse et l’étage où elle habite.

La podologue y va avec son petit matériel, grimpe au bon étage et n’a pas le temps de regarder les noms sur les portes qu’un voisin lui demande déjà «Ah, vous allez chez Mme Tartempion?» «Oui!» répond Elise. Car c’est bien le patronyme dont elle se souvient.

Quand la soignante passe la porte désignée, la locataire la regarde d’un drôle d’air. «Euh, je ne crois pas que j’ai pris rendez-vous avec vous…»

Mais Elise la rassure: «Regardez, il y a votre numéro de téléphone affiché sur mon portable. Et pourquoi je serais là si vous ne m’aviez pas appelée?»

La personne âgée, perplexe, finit par dire qu’elle a effectivement assez mal. Elle se déchausse et tend son pied à la visiteuse. Pendant que le cor de son orteil passe entre les mains expertes d’Elise, elle s’inquiète encore. «Vous êtes sûre que je vous ai appelée?» «Oh que oui!» Et l’affaire est dans le sac.

De retour chez elle, la podologue est surprise en pleine popote par le coup de fil de la cliente: «Il y a un problème? Vous deviez passer me faire un soin!»

Elise se pince. «Je l’ai fait!» «A moi?» «Oui, à vous!» «Mais non.» Alors à qui?

A la voisine, pardi! Ben oui: quand deux dames vivent au même étage du même immeuble et portent le même nom, à une syllabe près, il y a de quoi se mélanger les pinceaux! Comment savoir à quels pieds se vouer quand ils se découvrent avec tant de facilité…

Et c’est sur la pointe des pieds que je prends à mon tour congé. J’espère avoir de vos nouvelles à mon retour le 25 janvier.

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15/01/2016

Le flocon de neige

Combien de temps met un flocon de neige tombé sur un glacier valaisan pour arriver jusqu’à nous? Au bout du lac, s’entend?

La question taraude depuis des plombes un ami cher et la réponse varie selon ses interlocuteurs. Voyons. Il faut estimer la durée de la transformation de la neige en eau, puis son entrée dans le Rhône, son périple pour gagner le Léman et sa longue descente jusqu’au cœur de la rade. Compter un an, dix ans? Plus encore? Comment le savoir… On dira que ça prend un certain temps!

J’ai lu qu’un morceau de bois lâché au Bouveret mettait onze ans pour traverser le lac en longueur, ballotté qu’il était en avant en arrière par les vagues. Alors un flocon, vous imaginez!

Si vous avez la réponse à cette drôle de question, je suis preneuse.

Pour faire plus simple, les flocons de neige sont arrivés jeudi droit sur nos têtes. Il était temps! L’or blanc a daigné descendre froidement des hauteurs pour se répandre sur la plaine et chambouler notre quotidien.

Car il suffit de deux ou trois centimètres de poudre pour que tout change. Ce duvet gomme les aspérités, adoucit les angles, enrobe le paysage d’une blancheur qui lui sied: Genève devient presque coquette sous la neige!

Deux centimètres de neige suffisent aussi pour changer le comportement des passants. Certains semblent marcher sur des œufs alors que d’autres replongent carrément en enfance. Ils lèvent la tête au ciel et ouvrent grand la bouche pour happer ces cristaux glacés qui les chatouillent au passage. D’ailleurs, combien de temps met un flocon de neige pour fondre sur la langue?

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14/01/2016

Les oeufs de l'an

Maintenant que Jules est au placard, revenons à nos moutons.

Je vous avais parlé en septembre dernier de l’action «SOS Népal village Sakkal» menée par Rita. Cette dame de Satigny voulait reconstruire un village qu’elle et son mari avaient connu lors de leur premier trek dans la région, celui de leur guide et ami népalais.

Après le tremblement de terre d’avril dernier, il ne restait plus rien de Syalu, perché à 2100 mètres d’altitude près de la frontière du Tibet. Plus de maisons, plus d’école, plus d’accès à ses habitants oubliés.

Evidemment, un tel projet ne se fait pas toute seule. A plusieurs, c’est mieux! Grâce à une bonne mobilisation locale, Rita a ainsi collecté des dons, des kilos d’habits et d’autres biens. Et puis elle est partie début décembre au Népal avec des montagnes de bagages.

Sur place, beaucoup reste à faire, dit-elle. Les habitants logent encore dans des baraques de fortune faites de bâches et de planches, en attendant que leur soient livrées les tôles qui les mettront à l’abri.

La distribution des vêtements venus du bout du lac a ravi les villageois. Bien emmitouflées dans des habits chauds, des personnes âgées sont venues saluer Rita et lui ont offert des œufs pour la remercier, elle et tous ceux qui ont rendu la chose possible. La Satignote (qui retournera là-bas en avril) en était toute remuée. Car un œuf, c’est tout un symbole!

D’ailleurs j’en ai reçu un hier sous forme de carte de vœux: «Le passé est un œuf cassé, l’avenir est un œuf couvé». Paul Eluard. A méditer pendant la nouvelle année...

(page Facebook SOS Népal village de Sakkal)

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12/01/2016

Alcool et croix verte

Gaëtan est un grand amateur de vins. Pas du genre piquette. Au gros rouge qui tache il préfère les grands crus qui ne font pas mal à la tête...

En novembre dernier, ce bon vivant fait une dégustation qui l’enchante chez un des deux géants de la distribution helvétique. Il commande donc deux cartons de six bouteilles.

Ces flacons doivent lui être livrés avant Noël. A l’horizon du réveillon, ils ne sont toujours pas là. L’acheteur ne s’en formalise guère. Il a d’autres bonnes bouteilles à déguster pendant les Fêtes. A moins qu’il ne préfère laisser se bonifier ces crus ailleurs que dans sa cave. En gros, il les oublie.

Ne voilà-t-il pas qu’au début de ce mois, il reçoit un coup de fil d’une pharmacie de la place. L’homme n’est pourtant pas souffrant. Il sait aussi qu’il n’a pas commandé de produits à cette officine du centre-ville située loin de son domicile. Alors quoi?

Après avoir vérifié qu’il était bien lui, la personne au bout du fil demande tout bonnement à Gaëtan de venir retirer les deux cartons de vin déposés à son nom!

A l’idée que son pinard transite par une pharmacie, il en reste comme deux ronds de flan. Il se montre néanmoins accommodant et s’en va chercher ses topettes à l’enseigne à croix verte.

Les médicaments et l’alcool ne font pas forcément bon ménage, conclut notre amateur de vin. Mais la stratégie de vente ainsi inaugurée offre de grisantes perspectives. Viendra peut-être un jour où l’on pourra prendre possession de sa tondeuse à gazon chez le philatéliste… 2016 sera rigolote ou ne sera pas!

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