02/04/2015

Joyeuses Pâques

Pâques, ce n’est pas non plus que le lapin, pas que les œufs, pas que le chocolat. Sur le papillon bleu et vif qui circule en ville, comme sur la Toile, un pasteur écrit encore que Pâques, ce n’est pas que le tombeau vide…

C’est pourquoi il organise le service funèbre de Jésus au cimetière des Rois le Vendredi-Saint! Le faire-part annonçant cette cérémonie qui bouscule un peu la tradition protestante signale que poètes, musiciens et amis sont conviés à donner un sens à ce qui n’en a pas.

Plus de cent personnes ont déjà annoncé leur présence à la célébration du 3 avril à 17 h, ainsi qu’à la collation qui suivra. Et il devrait y avoir autant de monde le dimanche 5 avril lors d’une aube de Pâques aux Bains des Pâquis. La résurrection, ici et maintenant, est prévue à 7 h du matin! Un petit-déjeuner prolongera la rencontre des lève-tôt plein d’espérance.

Et pour ceux qui souhaiteraient se rendre à d’autres services religieux, je croise les doigts pour que les heures, les dates et les lieux figurant en page 28 de cette édition soient exacts. Le tableau des services religieux paru dans la Julie du dernier week-end de mars était en fait celui de l’an dernier… L’erreur de fichier informatique est humaine, certes. Mais moche!

Pour soigner encore et toujours l’esprit, rien de tel que la musique: l’Ensemble Instrumental romand, placé sous la direction d'Eric Bauer, donnera le concert du Vendredi-Saint à l’Hôpital, salle Opéra à 15 h. Alors on y court, malade ou pas!

Pâques, ce n’est pas que les vacances, même si j’en prends… A lundi prochain. Celui d’après les lapins, donc.

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01/04/2015

Assis mais debout

Dimanche soir à l’Arena. Les stars des années 80 se déchaînent, le public rugit de plaisir. Quelle pêche, ces artistes!

Dans la salle, 5000 personnes se régalent de la prestation en se trémoussant sur leur siège. Faut dire que c’est un spectacle vendu assis, afin de tenir compte de l’âge présumé des spectateurs et de leur offrir plus de confort.

Entre les premiers rangs et la scène, une barrière et un espace laissé vide. C’est la distance nécessaire pour que le public assis puisse voir les chanteurs, et pas seulement leurs pieds…

Pascal a choisi une place tout devant pour profiter au mieux de la soirée. Il plane pendant la première partie du concert. Tout se gâte après pour lui. L’ambiance est telle dans la salle que les spectateurs se lèvent et se pressent en masse devant la scène pour y danser.

Autant dire que ceux qui se retrouvent assis derrière eux et qui ont payé plus cher pour être là ne sont pas ravis.

Pascal abandonne sa place d’où il ne voit plus ni la scène ni l’écran au-dessus et va poser une fesse sur un escalier.

Il a juste l’impression de s’être fait rouler et le signale à l’organisateur, Live Music Production. Lequel lui répond que si les gens se lèvent en nombre, ce qui n’est pas prévu à l’avance, il est impossible de les faire se rasseoir, pour éviter l’émeute. Et tous ces gens debout, ça signifie qu’ils sont enthousiastes et qu’ils ont du plaisir. Où est le problème?

Le problème, c’est que Pascal pense que derrière tout ça, c’est business et compagnie. L’organisateur affirme, lui, qu’il fait plus d’argent sur un concert debout que sur un concert assis. Comment s'en sortir...

Auraient-ils un point sur lequel ils seraient enfin d’accord? Oui. Dimanche soir, la musique était bonne!

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31/03/2015

Gare au poison rose

Quelle boulette, c’est pas croyable!

Pas touche, donc, aux gros bonbons roses pétant qui se trouvent encore au pied de certains arbres et dans les enrochements situés le long des bords de l’Arve. C’est de la mort au rat!

Eh oui. La société mandatée par la Ville de Genève pour dératiser les lieux n’a manifestement pas pris toutes les précautions, cette année, pour disposer le poison dans des boîtes où seuls les rongeurs auraient accès.

Le produit toxique est ainsi mis en libre-service sur les sentiers publics. Par l’odeur alléchés, les chiens et autres animaux de passage peuvent sans autre croquer cet appât et s’empoisonner. Et on ne parle pas des minots qui échapperaient la vigilance des adultes…

C’est vraiment n’importe quoi!

Claudine est en colère. Sa chienne a mangé ces boulettes roses et est restée quelques jours entre la vie et la mort au Tierspital, à Berne. La citoyenne a donc fait parvenir un appât au vétérinaire cantonal. Non pas pour l’intoxiquer, mais pour qu’il réagisse vite.

Ce qu’il a fait: tous les vétérinaires sont désormais avertis de la présence de ce poison. Seuls les promeneurs ne le sont pas: il n’y a aucune pancarte pour leur signaler le danger!

Les responsables de cette action ont certes été sommés de retirer les appâts au plus vite. Ce qu’ils ont commencé à faire, semble-t-il. Mais pourquoi ne pas prévenir les usagers des lieux?

Pour éviter pareil problème, le mieux serait peut-être de repenser la politique qui conduit à toujours mener ces campagnes de dératisation. La psychose des rats fait parfois plus de dégâts que les rats eux-mêmes…

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30/03/2015

Des lapins à croquer

Pâques et ses ribambelles chocolatées ont beau camper dans les magasins depuis des plombes, nous arrivons là, maintenant, dans le vif du sujet.

D’ici à la fin de cette semaine, des cargaisons de sucreries devraient disparaître des étals pour se transformer insidieusement en une couche de plus sur nos hanches. Ou nos bidons.

Malgré nos bonnes résolutions, nous prendrons quand même un bout de lapin. Plutôt les oreilles, les pattes ou le dos? Les gosses, à coup sûr, vont arracher en tout premier les oreilles: c’est là où il y a le plus de choc…

Mais mieux vaut qu’ils craquent pour une croque sucrée que pour de vrais lapins, ces boules de poils douces et mignonnes comme tout que l’on voit un peu partout à pareille époque.

Ces adorables animaux se vendent comme des petits pains pour faire plaisir aux minots qui les réclament à cor et à cri. Ils sont hélas trop souvent largués peu de temps après leur arrivée dans le nouveau clapier.

Normal: les enfants se rendent vite compte qu’un lapin n’est ni un jouet, ni une peluche. Il est fragile, craintif. Il a son caractère. Et comme les humains, son adolescence est une période assez difficile…

Mais ce n’est pas tout. Ces animaux de compagnie se vendant normalement par paire, suffit qu’un vendeur se plante dans le sexe des lapins pour se retrouver vite fait pas tard avec une colonie de lapereaux sur les pattes. Et là, bonjour l’ambiance.

Ah oui, j’oubliais encore ce détail: un lapin peut vivre une dizaine d’années. Sa copie en chocolat, elle, ne dure que le temps de faire saliver les gourmands!

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28/03/2015

Choisir son camp

Chiens ou enfants, il faut choisir son camp.

Seules quelques familles parviennent à élever ensemble, et en bonne harmonie, ces êtres à deux et à quatre pattes. Tant mieux pour elles. Mais pour le gros de la population, c’est ou bien les gosses, ou bien les chiens. Ou rien du tout…

Le partage de l’espace public entre ces deux catégories d’usagers devient un vrai un casse-tête pour les autorités. A Collonge-Bellerive, des panneaux ont ainsi poussé en début d’année le long de la promenade qui part derrière la Mairie. Dans le but de signaler qui peut faire quoi et où.

En apercevant ces pancartes, lors de sa balade favorite, Catherine a juste avalé de travers. Et pourquoi donc? C'est simple.

A gauche du sentier se trouve un terrain de jeux pour enfants posé sur une pelouse bien entretenue. Bordant cet espace aménagé, des panneaux interdisent aux promeneurs de laisser leurs chiens divaguer à cet endroit. Bon point pour les minots.

A droite du sentier, à la même hauteur, un espace naturel avec des fleurs, un marronnier et des cerisiers où viennent butiner les passants, à la belle saison. C’est l’espace de liberté et de déjections réservé aux chiens, comme l’indique clairement le panneau. Mauvais point pour les petiots.

C’est le monde à l’envers! s’insurge Catherine. A quand le harnais pour empêcher les bambins de s’aventurer dans la nature, alors qu’elle leur tend les bras? D’autres rétorqueront que les chiens ont aussi le droit de vivre…

Chiens ou enfants? Il faut désormais choisir son champ.

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27/03/2015

Petit tour aux Rois

Quand l’actualité me file le bourdon, et dieu sait si elle nous gâte ces temps-ci, je m’en vais faire un petit tour aux Rois. Le cimetière d’à-côté.

Rien de tel qu’une conversation silencieuse avec ceux qui reposent là pour prendre un peu de recul et se remettre les idées en place.

Il n’y a là rien de morbide ou de déprimant. Au contraire: une simple promenade dans ce parc central nous fait croiser des personnalités et artistes d’ici et d’ailleurs qui comptent.

Leur présence en ces lieux rassure, d’autant que leur mémoire est entretenue avec beaucoup de soins et d’attentions. Tout n’est donc pas perdu…

Prenez Michel Viala: sa tombe est toujours recouverte de fleurs fraîches joliment disposées. Georges Haldas en a souvent, lui aussi, tout comme Jorge Luis Borges. Les hommes de plume ont la cote, aux Rois.

En prenant un chemin de traverse, en retrait de ces tombes chéries par les amateurs de littérature, il est une pierre plus ancienne, d’aspect sévère. Pas de bouquets, ici, pour ce professeur à l’Académie de Genève, un certain Marc Auguste Pictet, mort en 1825 déjà. Mais une longue épitaphe qui faut le détour.

Dans cet éloge, on peut lire: «Il fit le bien et ne soupçonna jamais le mal». Extraordinaire! Ce n’est pas que cet homme n’a jamais fait le mal, mais il en ignore même l’existence, étant «un modèle de simplicité et de candeur.»

Je ne sais pas pourquoi, mais ce genre de déclaration, ça me met en joie. Un petit tour aux Rois, il n’y a rien de tel pour oublier cette actualité qui nous file le bourdon…

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26/03/2015

Tournus de lessive

«Mon dressing se compose de 28 slips, 28 chemisettes, 14 pantalons et 14 jupes, idem pour mon époux.» (exception faite des jupes, peut-être…?) «Vous allez me demander pourquoi?»

Oui, Berthe, dites-nous pourquoi!

Eh bien voilà: le planning lessive de son immeuble est justement de 28 jours! Et cela depuis le début des années soixante. Autant dire un bail.

Berthe aurait eu le temps de glisser un lave-linge dans sa cuisine ou dans sa salle de bains pour revoir sa garde-robe. Le temps oui, mais la place non. C’est vraiment minuscule chez elle.

Au fil des ans, les 36 locataires de cette coopérative immobilière ont trouvé de petits arrangements entre voisins pour utiliser au mieux les machines à disposition, en se filant les clés de la chambre à lessive.

La formule a duré le temps que de jeunes couples s’installent dans cet immeuble du Petit-Lancy et désirent laver leur linge à un autre rythme. La régie a donc installé une troisième machine à laver avec séchoir. Fort bien.

Mais voilà. Le calendrier des lessives ne suit pas. C’est le petchi, dit Berthe. Il faudrait y mettre de l’ordre pour savoir qui lave quand, mais personne ne s’y colle. Il existe bien un comité de coopérative, mais il est formé «d’hommes qui ne cherchent pas à comprendre les problèmes des femmes ou ne veulent pas comprendre.»

Comme si la lessive était seulement un problème de femmes. Berthe, vous voilà sur un terrain bien savonneux…

Bref, mettez une femme dans ce comité de coopérative et le tournus des lessives tournera rond. La garde-robe suivra…

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25/03/2015

Toujours trop jeune?

Moins nous avons affaire à elles, mieux nous nous portons, par définition. Je parle des assurances-maladie, donc.

Nous raquons et raquons encore, mois après mois, espérant ainsi être bien protégé lorsque la tuile tombera. Et patatras! Quand elle est là, la tuile, rien se passe vraiment comme prévu…

Celle que je vais nommer Aline en a gros sur la patate. C’est la deuxième fois que l’assurance lui refuse une convalescence pour se remettre d’une intervention chirurgicale.

Il y a quatre ans, alors qu’on lui avait posé une prothèse entière au genou gauche, le médecin-conseil de sa caisse maladie avait estimé qu’elle était trop jeune pour bénéficier d’un tel séjour. Aline avait 60 ans et vivait déjà seule, sa parenté se trouvant à 200 km de là.

Et je vous laisse imaginer comme c’est pratique, avec deux béquilles et le genou en compote, de faire seule sa cuisine, sa toilette et ses courses, ou d’aller chez le physiothérapeute.

Aujourd’hui, même opération, mais au genou droit. Et même refus de l’assurance de l’envoyer à Jolimont après l’intervention, comme demandé par le médecin traitant d’Aline.

A 64 ans serait-elle toujours trop jeune pour avoir droit à un temps de convalescence? Mystère, le refus n’est pas argumenté. Son médecin traitant va donc revenir à la charge.

Mais si rien de change, Aline sera clouée chez elle après son opération, seule avec ses béquilles, son genou en compote et quelques soins à domicile. Et gare à elle si elle tombe et se blesse. L’assurance lui dira peut-être qu’elle devait se faire aider pour éviter cette nouvelle tuile. Oui mais par qui?

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24/03/2015

Centenaire en fête

Elle aura cent ans le 13 juin prochain. Autant dire une gamine: Hans Erni avait six ans déjà quand l’école de Saint-Jean a vu le jour…

La première pierre de l’édifice a été posée la veille de la Première Guerre mondiale, et le bâtiment trône encore dans le quartier. Il est aussi imposant qu’à l’origine, mais il est devenu plus pimpant: une rénovation bien menée lui a mis du jaune dehors et du jaune dedans. Un sacré coup de soleil!

L’école pouvant accueillir jusqu’à 840 élèves, ce sont donc des milliers d’enfants sur plusieurs générations qui y ont appris les bases de ce qu’il fallait savoir pour se débrouiller dans la vie.

Tous ces anciens écoliers ont sans doute gardé, quelque part au fond de leur mémoire ou de leurs tiroirs, des souvenirs de cette époque.

Eh bien, il est temps de les sortir!

Le comité d’organisation de la fête du centenaire recherche les témoignages de ceux qui ont usé leur fond de culotte sur les bancs de classe il y a plus ou moins longtemps, joué aux mâpis, à la marelle ou à cache-cache dans la cour, ont rempli de dessins appliqués et d’écritures soignées des cahiers de biologie et tant d’autres.

Il est aussi en quête d’anciens livrets scolaires, d’abécédaires brodés au point de croix, avec la date et le nom de la maîtresse. Sans oublier les inévitables photos de classe, sourires crispés, les petits devant, les grands derrière, tous bien peignés, ou le récit de la visite au zoo de Saint-Jean.

Souvenirs, souvenirs…

Pour toute correspondance: Ecole de Saint-Jean, 12, rue de Saint-Jean, 1203 Genève; centenairesaintjean@gmail.com

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23/03/2015

Johnny le désossé

Johnny, c’est une célébrité locale, une présence attachante, une silhouette fluette. Elle était tordue en diable quand le contorsionniste, les jambes nouées derrière la tête, traversait sur les mains le pont de la Machine.

Un fol exploit qui a valu à notre «désossé» du cru une mention dans le Guinness Book des records.

C’était dans les années septante. Puis les temps ont changé. Trahi par ses articulations, le frêle septuagénaire ne se plie plus en huit pour la galerie. Son truc, désormais, c’est la presse.

Johnny le désossé se met en scène dans un journal, son journal, qu’il vend dans les bistrots et autres lieux publics avec une candeur déroutante.

Son quotidien tient dans quelques feuilles agrafées contenant des bribes de texte, des annotations pas toujours lisibles, des photos et de jolis dessins. Ceux de sa nièce, Précieuse, 13 ans, qui prépare un livre pour les enfants.

«Mon journal, c’est comme si je fais une carte postale et que je l’écris à 300 personnes» sourit Johnny. Et quelle est nouvelle principale de ce numéro 342?

La sortie de son premier film! Car le Genevois s’est mis au cinéma. Il a écrit le scénario de «Drame de la jeunesse» qui voit la belle Dadynette (sa belle-sœur) visiter divers lieux de la ville et finir sa course terrassée à la Terrassière.

Il a aussi filmé le tout et joue de l’harmonica sur la bande-son. «Je ne pensais pas que je pourrais faire tout ça…» Et pourtant!

Ce film sera projeté vendredi 27 mars à 20 h au Moulin à Poivre de l’Hôtel Calvy, entrée 5, ruelle du Midi.

Sacré Johnny!

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21/03/2015

Arnaques florissantes

Le soleil s’est donc éclipsé derrière les nuages genevois, nous privant du spectacle tant attendu. Puis les températures ont chuté. Tant pis, et vive le printemps!

Car la nature reprend du poil de la bête: ça bourgeonne, ça pousse et ça fleurit de partout. Comme les arnaques, d'ailleurs.

Celle-ci est une nouvelle variante d’un grand classique: le jeu de piste pour accéder à un compte en banque… Début mars, une dame de 88 ans reçoit ainsi un courrier qui pourrait sembler sérieux, du moins dans sa présentation.

Il est signé Cigna, une société offrant un accès mondial aux soins de santé. Que veut ce courrier? Lui rembourser des factures. A la bonne heure! Pour ce faire, la cliente doit donner toutes les informations sur son compte en banque. Six en tout. Et après? Hop, dans la poche. Mais pas dans la sienne.

Car la dame en question n’a jamais envoyé de factures et n’attend strictement rien de Cigna, si ce n’est qu’elle lui fiche la paix. Elle n’a donc pas mordu à l’hameçon. Mais combien l’ont fait? Méfiance, méfiance! Ne jamais donner ses coordonnées bancaires et autres infos sensibles à des inconnus. Surtout quand ils ne répondent pas aux questions qu’on leur pose…

Manor met aussi en garde ses clients contre une tentative d’escroquerie par téléphone. Des personnes reçoivent ces jours des appels venant soi-disant de l’enseigne pour leur dire «Bingo, vous avez gagné un bon de 500 francs!» Pour l’obtenir, faut composer un numéro. Fortement surtaxé, bien sûr. Les clients, par le gain alléchés, l’appellent et dépensent des fortunes pour écouter des musiques sirupeuses. Et quand ils en ont marre, c’est trop tard!

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20/03/2015

La molle de printemps

«J’ai la molle de printemps!» lâche un cher collègue, Genevois pur sucre, en s’affalant dans un fauteuil. La molle? Ben oui, la molle! Tu connais pas, Julie?

Ben non… Pour en savoir plus sur le cas, Wikipédia n’est d’aucun secours: j’ai testé, il n’y a rien sur cette expression du bout du lac. Reste alors le bon vieux "Glossaire genevois " de Jean Humbert.

Et la molle y figure! Ça veut dire «n’avoir pas le cœur au travail, être plus disposé à flâner qu’à s’occuper. Exemple: j’ai la molle; la molle me gagne; la molle me tient.»

Tiens, c’est donc ça! Cette nonchalance qui nous gagne aux premières douceurs. Ce sentiment béat de bien-être, la face au soleil (sauf lors de l’éclipse partielle de ce jour…) Ce besoin de traînasser, alors que tout presse. Cette envie de ne rien faire, si ce n’est d’envoyer balader les obligations pour profiter du moment présent.

La molle de printemps, donc.

Mais attention, prévient ce collègue attentionné, elle est particulièrement redoutable quand elle se double de la molle du lac!

Tiens donc, qu’est-ce encore que cette molle-là?

Elle est du genre tenace et dure bien plus longtemps que celle du printemps. Elle saisit les gens à proximité du plan d’eau, les rend rêveurs, un brin nostalgiques, l’œil dans le vague et flottant entre deux eaux.

Elle est portée par des odeurs d’algues, de crème à bronzer et invite au farniente. Elle est terrible…

Et dans ce cas, on dit comment, en Genevois: j’ai la molle double, la double molle ou la molle au carré?

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19/03/2015

Le retour gagnant

Vendredi 13. Jour de malheur ou jour de chance? A 2 h de ce matin-là, Odile ne le sait pas encore. Tandis qu’elle cherche le sommeil et que tout Florissant dort, elle entend un chien aboyer. Pas le petit jappement plaintif, mais le hurlement qui déchire la nuit. Et qui dure.

Ces cris ininterrompus l’inquiètent. Il lui semble que l’animal cherche ainsi à signaler un danger. Mais lequel? Et où? Elle n’a pas l’habitude de déranger la police. Mais elle finit par l’appeler, par acquit de conscience.

L’agent de garde prend la chose au sérieux et lui demande un témoignage sonore. Odile tend alors le téléphone par la fenêtre: ahouahou wouaf wouaf! Message reçu! Le policier envoie une patrouille localiser le bruyant animal, et la dormeuse contrariée retourne au lit. Bientôt, elle n’entendra plus rien.

Jusqu’à ce coup de fil, en journée. Courtois et prévenant, le policier vient rassurer celle qui l’avait appelé dans la nuit: oui, le chien va mieux! Car c’est bien lui qui était malade. Des allergies. Fortes, à l’évidence. Son patron, lui, n’a rien entendu, grâce aux boules Quiès.

Extraordinaire, se dit Odile. Le coup des boules? Non. Le fait que le policier l’ait rappelé pour la rassurer!

L’autre fait de ce vendredi 13 se passe au Da Marino, un resto des Eaux-Vives où dix bénévoles et personnes handicapées d’Agis sont de sortie. Ils évoquent peut-être au passage l’encre bleue du jour qui parle de leur association.

Toujours est-il qu’au moment de régler l’addition, après un bon repas, le serveur annonce à la tablée qu’un client a déjà payé la note pour tout le groupe. Le donateur est resté inconnu, et les convives en sont encore tout émus!

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18/03/2015

SOS pour le Vanuatu

Le cyclone Pam a dévasté l’archipel du Vanuatu et les secours s’organisent à travers le monde pour venir en aide à ces îles du Pacifique Sud.

En Suisse, la Chaîne du Bonheur a lancé un appel aux dons. Et à Genève, l’entreprise Grellor collecte du matériel pour donner un coup de main pratique aux victimes de cette catastrophe.

Et pourquoi donc? Parce que Pierre, le patron de la maison, n’a pas pu rester les bras ballants devant les scènes de désolation que nous avons tous vues. Alors il agit.

Comme il s’y connaît en bâtiment, il vient d’installer deux containers dans la cour de son entreprise, située dans la zone industrielle de Carouge et invite les amis, connaissances commerciales et habitants de la région à les remplir.

De quoi? De tout ce que l’on pourrait avoir besoin si notre environnement bâti et cultivé n’existait plus.

«Il faut déjà des bottes et des gants de travail pour commencer à déblayer», détaille Pierre. «Et puis des pelles, des haches et des tronçonneuses. Des scies à mains. Des râteaux et des balais. Ils ont besoin de tout pour reconstruire!»

Si des contacts ont été pris avec des entreprises de construction et des voiries pour trouver du matériel plus conséquent, du genre petits ponts roulants, échelles ou brouettes, les citoyens peuvent apporter vis, boulons, marteaux et clous. Plus ce qui peut être utile pour bâtir ou consolider.

Tout sera trié avant d’être mis en containers. Ceux-ci resteront sur place jusqu’au mercredi 25 mars, puis seront expédiés au Vanuatu. Le temps presse.

Pour tout renseignement: Eloïse, 022 307 14 14. Grellor, rue Baylon 8.

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17/03/2015

La fin du feuilleton

Très digne, très droite, et bien qu’affreusement gênée de comparaître devant le Tribunal de police, Anne-Marie ne s’est pas dérobée, ce lundi. Pour la première fois de sa vie elle a affronté, à 86 ans, un juge. En tant que prévenue!

Pour rappel, celle qui est devenue la vedette de Saint-Jean avait reçu en 2013, et pour la première fois de sa vie aussi, une amende. A cause du petit chien qu’elle promenait en laisse, tout près de son immeuble, là où il ne fallait pas aller avec un toutou.

Elle avait alors contesté avec fermeté l’amende de 350 francs, préférant faire trois jours de prison comme peine de substitution plutôt que de la payer. Une décision qu’elle a réaffirmée crânement hier, devant le juge. Sauf que la procédure n’en est pas encore là…

Au terme de l’audience, Anne-Marie a demandé l’acquittement et le représentant du Service des contraventions a maintenu sa position. Et le juge a jugé que l’aînée est certes coupable, mais lui a reconnu des circonstances atténuantes.

Résultat des courses? La faute étant somme toute légère, l’amende est réduite à 50 francs. Mais les 200 francs de frais de justice sont à la charge d’Anne-Marie…

Va-t-elle contester le jugement? Non! Car elle en a assez de cette histoire qui lui fait perdre le sommeil et sonne comme une fausse note dans sa longue vie de citoyenne modèle genevoise.

Elle passera à la caisse, satisfaite, malgré tout, d’être allée au bout de la démarche. Tout en se demandant s’il est vraiment raisonnable de dépenser tant de temps, de travail et d’argent pour un si petit délit. Un peu plus de bon sens, au départ du feuilleton de Saint-Jean, aurait permis de limiter la casse.

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16/03/2015

Contre le racisme

La semaine genevoise contre le racisme, c’est maintenant. Et c’est à cette occasion, peut-être, qu’une feuille a été distribuée à de jeunes ados, dans une école du canton.

Elle m’est arrivée par courriel, sans plus de précisions. L’histoire qu’elle contient ne m’est pas inconnue. Elle est presque trop gentille et caricaturale pour être vraie. Mais sait-on jamais…

La voilà donc, pour avoir matière à réflexion en ce début de semaine. La scène se déroule dans la cantine d’une université en Allemagne. Notez qu’elle pourrait se passer ici. Une étudiante allemande prend son plateau-repas et s’installe à une table. Réalisant qu’elle a oublié les couverts, elle va les chercher.

A son retour, elle découvre avec stupeur qu’un jeune homme africain s’est assis à sa place et mange son repas. Quel sans gêne! Elle se sent déconcertée, agressée presque par ce qu’elle voit. Son éducation reprenant le dessus, elle suppose que le garçon ne connaît pas la notion de propriété privée. Ou alors n’a-t-il pas assez d’argent pour se payer à manger. Le pauvre.

La demoiselle décide de s’asseoir en face de l’inconnu et lui sourit. Il lui rend son sourire. La fille commence alors à piquer dans son assiette, en prenant l’air le plus naturel possible. L’histoire ne dit pas quelle tête fait le garçon. Ils mangent ainsi, sans mot dire.

Le repas terminé, elle se lève pour aller chercher un café. C’est là qu’elle aperçoit, sur la table derrière elle, son plateau-repas intact, devant une chaise où repose son manteau. Oups…

C’est une histoire de préjugés. De rapports biaisés. Ou une nouvelle technique de drague!

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14/03/2015

Horaires perdus

«Scandale au service des objets trouvés!» clame un lecteur courroucé.

Que se passe-il donc? Est-ce une taxe de plus à payer? Un trousseau de clés permuté? Un chapeau écrasé? Non.

Il se passe que les objets trouvés ont perdu leurs horaires!

D’habitude, ce sont les hommes qui n’arrivent pas à faire deux choses à la fois. Là, c’est tout un service de l’Etat! La faute au manque d’effectifs.

«On ne peut pas être au guichet et au téléphone à la fois» confesse un employé, de nature fort serviable, qui n’est pas encore doté des bras de Shiva. A l’impossible, nul n’est tenu.

L’institution a donc de nouveaux horaires depuis le 2 mars. Et ce service alterné agace ceux qui en ont besoin. Même si ces modifications ont été apportées pour coller au plus près des habitudes des citoyens, selon l’explication officielle.

Désormais, pour joindre un employé des objets trouvés et tenter de lui expliquer ce que vous cherchez, il faut téléphoner le matin. De 8 h à midi. Les guichets sont alors fermés. Quand ils ouvrent, uniquement de 13 h à 16 h, les lignes téléphoniques sont fermées. Il y a des files d’attente à l’entrée et de la tension dans l’air.

Et entre 12 h et 13 h? Les employés ont le droit de manger.

Et les citoyens qui bossent aux horaires de bureau et qui ne pourront plus aller sur place, dès 7 h 30, pour repérer leur trousseau de clés au milieu d’un tas monstrueux?

Ils tenteront de le décrire au téléphone. Sûr que ça va faire gagner du temps à tout le monde!

Faudra s’y faire. Ou alors arrêter de perdre ses affaires…

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13/03/2015

Envie de s'engager

Il suffit parfois de pas grand-chose pour changer son quotidien. Pour l’enrichir. Le rendre plus joyeux, plus vivant, plus profond.

Il suffit de donner un peu de son temps et un peu de soi, si la chose est possible. En devenant bénévole auprès de l’association genevoise d’intégration sociale. L’agis, pour faire simple.

Pour faire quoi, au juste? Pour se mettre à disposition des personnes handicapées et de leurs proches.

L’agis accueille des enfants, ados et adultes en situation de handicap mental, physique, sensoriel, de bonne et de moyenne autonomie.

Elle forme aussi les bénévoles qui vont s’impliquer dans une relation régulière avec eux, lors d’activités de groupe ou individuelles. Ils vont ainsi partager du temps de loisirs pour sortir ces personnes handicapées du cadre familial ou de l’institution où elles se trouvent. Et ces rencontres fréquentes créent souvent des liens forts. C’est donc un engagement. Un vrai.

Annick en sait quelque chose. La bénévole a rejoint l’association agis et cette expérience lui fait voir la vie d’une autre façon. Elle a fait la connaissance d’une jeune femme solitaire avec qui elle a pu créer une relation privilégiée. Elles font désormais des courses en ville, se promènent, discutent de tout et de rien et s’amusent. Une rencontre qui les a toutes deux transformées.

Actuellement, 157 personnes handicapées à Genève bénéficient de relations de ce type. Grâce à ces bénévoles, qu’il faut encore et toujours recruter, et puis former…

Pour plus de renseignements: 022 308 98 10; www.agis-ge.ch

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12/03/2015

Prolongés, désherbés

Que vont devenir tous les messages accrochés au vénérable érable du Jardin Botanique?

Je me posais cette question il y a quelque temps déjà, voyant qu’une partie de l’Arbre à Vœux était encore en place, alors que son éclairage nocturne s’était éclipsé le 15 février.

J’ai la réponse: les responsables des lieux ont fait une fleur aux visiteurs tombés sous le charme. De l’installation, donc. Ils ont décidé de la conserver durant toute l’exposition estivale «Plantes et spiritualités».

Le tronc et les branches de l’arbre resteront parés de saris multicolores jusqu’à l’automne et les vœux adressés à la planète flotteront également au vent sur les rubans, porteurs d’espoir.

Quant aux messages plus personnels et intimes que les gens ont déposés dans des boîtes, ils ont été transférés dans un grand coffre, puis seront brûlés à la Saint-Jean, lors d’une fête du solstice d’été dédiée aux plantes solaires. Tout un symbole!

Et tandis qu’au Jardin Botanique la sève monte à toute allure grâce aux températures printanières de ces jours, les bibliothèques municipales pratiquent le désherbage…

Drôle de nom pour dire qu’elles retirent de leurs rayons des ouvrages défraîchis pour faire place nette aux nouvelles parutions.

Les livres désherbés pour les adultes et la jeunesse vont être mis en vente à prix d’ami, au tarif unique de 2 francs. Cette grande braderie aura lieu ce samedi 14 mars dans toutes les bibliothèques de la Ville de Genève, sauf celle de la Cité, selon les horaires habituels. Trop bien!

(www.bm-geneve.ch)

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11/03/2015

Le banc d'Eric

Hommage banc.JPGIl avait jeté l’ancre au Grand-Lancy il y a une bonne dizaine d’années, après avoir bourlingué dans le monde entier.

Son port d’attache, c’était un banc, en face de l’église. Plus un autre, du côté de la place du 1er Août. Cet homme sans domicile fixe avait ses habitudes, et les passants s’étaient habitués à lui.

Mais ils ne verront plus Eric et son déambulateur chargé de cabas. Eric et sa tignasse blonde et son caractère bien trempé. Eric et son regard perdu dans la contemplation des trams.

Il a été enterré mardi après-midi lors d’une cérémonie assez touchante qui a réuni, autour du prêtre de Notre Dame des Grâces, gens de la rue et autorités communales, habitants du quartier, policiers municipaux, amis et résidents de la Virgule, l’association venant en aide aux personnes sans abri.

Eric vivait en marge de la société, et pourtant les acteurs les plus divers de cette société étaient là pour lui rendre hommage!

Car cet homme avait, selon la présidente de la Virgule, «le rayonnement mystérieux de ceux qui s’attirent les amis et la solidarité des gens».

Il reposera désormais dans le jardin du souvenir du cimetière du Grand-Lancy, juste à côté du banc où il passait le plus clair de son temps.

Un banc qui s’est transformé au fil des heures en un petit autel improvisé, abritant de nombreux témoignages de sympathie. Il y a là des petits mots, des bougies résistantes. Des fleurs.

Et puis du tabac, un bon litron de rouge et une canette de bière! Eric n’en profitera plus. Mais il aurait apprécié. Comme tous ceux qui dorment encore dans les rues.

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