01/05/2018

Vélo de frime ou de triche

Vise un peu ces cuisses et ces jarrets d’acier! Et t’as vu aussi leur allure? C’est fou ce que ces coureurs pédalent vite, pour dire qu’ils ont déjà 180 kilomètres dans les pattes. La classe!

C’était dimanche après-midi. Des spectateurs, massés sur le quai du Mont-Blanc, assistent à l’arrivée de la dernière étape du Tour de Romandie: 130 cyclistes terminent la course dans un sprint étourdissant, sous les vivats de la foule. Bravo, bravo!

Ces cyclistes-là sont des extraterrestres. Ou des forçats de la route, comme l’écrivait le reporter Albert Londres il y a bientôt un siècle, rapport à tout ce qu’ils devaient alors ingurgiter pour tenir le coup. Reste que pour tous les cyclistes du dimanche, impossible de régater avec ces sportifs de pointe, même dans les rêves les plus fous.

Quoique. Deux jours avant l’arrivée du Tour de Romandie, un féru de deux-roues m’a signalé l’existence d’un vélo de course étonnant, aperçu dans un magasin spécialisé des Eaux-Vives. Une bécane très chic, destinée à ceux qui veulent nous en mettre plein la vue mais qui n’en ont pas les moyens.

Je parle des moyens physiques, bien sûr. Ceux qui se développent à la force du mollet et à l’endurance. Parce que des moyens financiers, il en faut un max pour se procurer ce petit bijou de triche électrique. Compter 9990 francs.

La publicité pour cet engin de course parle d’un «bouton discret» qui permet d’enclencher une «batterie cachée». Où se niche donc cette alliée qui va soudain donner des ailes au cycliste et faire croire à la ronde qu’il est maillot jaune?

Dans la gourde! C’est un sacré tour de passe-passe. Ni vu ni connu. Le ou la cycliste vous dépasse à toute vitesse, en montée, sans faire de bruit bizarre, sans faire d’effort. De quoi vous couper la chique. Mais c’est de la triche!
Et ça sert à quoi, finalement, ce dopage autorisé qui ne dit pas son nom. À frimer? A quoi bon...

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28/04/2018

Des réactions au clin d'oeil

Vous êtes décidément plus sensibles et réactifs que les décideurs de l’AI! Vous me direz que ce n’est pas très difficile…

Suite à mon billet de jeudi «Le clin d’œil qui fait tout», j’ai reçu une avalanche de courriers et de propositions pour venir en aide à Isabelle, dont le sort vous a touchés.

Pour rappel, cette Genevoise est atteinte de sclérose latérale amyotrophique. Privée totalement de parole et de mouvement, elle communique avec ses proches et soignants au moyen d’un ordinateur spécial qu’elle actionne en clignant des yeux.

Cet outil vital pour Isabelle arrivant en fin de course, elle a fait plusieurs courriels à l’assurance invalidité pour obtenir une nouvelle machine qui ne plante pas quand elle en a besoin. Une demande urgente, laissée sans réponse depuis six mois déjà. Or le temps presse.

Si l’AI tarde encore à se manifester ou, pire encore, si elle refuse de débourser 12 000 et quelques francs pour cet ordinateur adapté à la patiente (ce qui serait tout de même un comble), je proposais de lancer une collecte, le moment venu.

Eh bien un lecteur n’a pas attendu mon feu vert! Il est venu discrètement déposer à la rédaction de la Julie une enveloppe contenant mille francs, avec ce petit mot dessus: «Pour Isabelle, en attendant plus!» Signé Nicodème.
C’est extra!

Je collerais volontiers deux gros becs sur les joues de ce Monsieur au grand cœur. Comme aux autres personnes qui se sont déjà annoncées pour financer cet ordinateur, s’il y a besoin de le faire.

Mais avant de solliciter la République, il serait bon peut-être de suggérer à Mauro Poggia, qui sait si bien parler aux assurances, de peser de tout son poids de conseiller d’État pour régler cette situation incompréhensible.
Isabelle mérite bien une telle mobilisation.

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26/04/2018

Le clin d'oeil qui fait tout

Isabelle ne parle plus. Isabelle ne bouge plus, clouée dans une chaise roulante. Cette femme de 45 ans est atteinte depuis treize ans de sclérose latérale amyotrophique. La même méchante maladie qui a terrassé Stephen Hawking, le célèbre astrophysicien dont tout le monde a vu un jour ou l’autre la photographie dans un média.

Ceci pour se représenter combien ce handicap a changé radicalement la vie d’Isabelle.

Cette belle personne vit aujourd’hui dans un appartement, à Genève, avec sa maman de 84 ans qui veille sur elle nuit et jour. Elle est naturellement entourée de professionnels de la santé qui se relaient pour lui apporter les soins indispensables. Des proches et des amis lui rendent aussi visite.

Comment peut-elle communiquer avec eux puisqu’elle est totalement privée de parole et de mouvement? Isabelle dispose d’un ordinateur qu’elle actionne avec les yeux! Ça demande du temps et pas mal de volonté pour exprimer ainsi ses besoins vitaux, ses émotions ou ses envies, mais enfin, elle y parvient.

Cet outil de communication est donc vital pour elle. Mais il commence à fatiguer et devient moins performant. Pire, il bloque parfois. Et là, ça devient dangereux pour celle qui en dépend.

C’est pourquoi cette femme a entrepris, il y a plus de six mois déjà, des démarches auprès de l’assurance invalidité pour le financement d’un nouvel ordinateur. En écrivant, avec ses yeux, que c’était urgent.

Six mois ont passé. Pas de réponse. Ni oui ni non. Juste de l’indifférence.

Qu’attend donc l’AI pour réagir? Que la patiente ne puisse plus communiquer? Si l’assurance sociale fait encore l’autruche, on va finir par lancer une collecte pour réunir des fonds. Parce qu’un ordinateur adapté à Isabelle, ce n’est pas un caprice, mais une nécessité.

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24/04/2018

Le bonjour du rhododendron

Pour une fois, le retour des hirondelles au-dessus du quartier des Grottes coïncide avec mon retour de vacances. Serait-ce un signe?

D’ici à ce que je me prenne pour cet oiseau migrateur gracile, annonciateur des beaux jours, il n’y a qu’un battement d’ailes à tenter et quelques joyeux trissements à lancer loin à la ronde. Sauf que je ne vole point, ni dans les airs, ni ailleurs du reste, et que je ne gazouille guère.

Alors à défaut de voir le monde d’en haut avec légèreté et détachement, je l’observe à ras les pâquerettes. Et ce que l’on peut découvrir ces derniers jours à hauteur d’humain est ma foi assez extraordinaire.

Je ne parle donc pas des résultats des dernières élections genevoises, ou de ce qui se trame encore dans les coulisses du pouvoir local. Je pense plutôt à dame Nature, elle qui nous sort le grand jeu des feuilles déployant leur tendre vert et l’éclosion de fleurs multicolores.

Pour prendre la pleine mesure de cette explosion de vitalité, il faut se rendre au Jardin botanique, où l’allée des rhododendrons est au comble de sa splendeur. Elle offre une symphonie de tons violet, rose, blanc et rouge, et ce spectacle ravit les sens des passants.

Tout en admirant ces arbres à roses, puisque tel est leur nom, les promeneurs se parlent volontiers. Se sourient. Expriment tout le bien que ça leur fait d’être en présence de telles merveilles. C’est fou ce que la vue de belles plantes peut changer les gens!

Faut-il rappeler que cet espace de rêve est à portée de tous? Car contrairement à ce qui se fait dans d’autres villes européennes, il ne faut pas payer pour entrer au Jardin botanique. Un luxe que l’on oublie parfois, à toujours râler sur la vie genevoise…

Ici, que l’on soit riche ou pauvre, on peut profiter autant de fois que voulu de ce jardin des délices, tout en suivant des yeux le ballet des hirondelles.

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07/04/2018

Allez les vieux, dehors!

Parler de cette histoire, c’est donner peut-être du grain à moudre au parti qui caresse lourdement l’électorat genevois dans le sens du poil, affirmant que lui ne fera jamais, oh grand jamais, de résiliation de bail dès 65 ans. On parle ici de l’âge des habitants, donc. Pas de la durée de leur bail. Ah, la belle promesse électorale que voilà.

Mais bon. Il est temps aussi de dire la grogne qui monte chez les locataires de la Gérance Immobilière Municipale (GIM) dont le manque de souplesse est légendaire. Elle monte d’ailleurs à tel point, cette grogne, qu’une association de personnes fâchées par la politique de la GIM vient de voir le jour. C’est dire si le sujet est sensible.

Bref. C’est un couple de retraités de bientôt 70 ans chacun. Après avoir passé 35 ans dans un logement social des Grottes, ils reçoivent leur congé, sans possibilité de recours ou d’arrangement.

Motif: leur appartement est sous-occupé, depuis que leurs trois enfants ont quitté le nid. Or pendant des années, leur logis a été nettement sur occupé, sans que ça fasse d’histoire.

Et puis quand Monsieur et Madame sont entrés dans cet immeuble de la rue de la Servette, les étrangers n’avaient pas le droit d’y loger, ce qui était injuste. Mais quand ils ont mis la clé sous le paillasson, ils étaient les derniers locataires suisses de la maison. Ce qui ne joue pas non plus.

Comme tant d’autres de leur âge, ce couple a été obligé de déménager alors qu’il avait organisé sa vie aux Grottes pour s’occuper de la famille élargie. «Pourquoi ne tient-on pas compte des grands-parents qui gardent leurs petits-enfants? Bonjour la politique sociale affichée par la Ville de Genève!»

Ces locataires sont d’autant plus remontés qu’ils ont toujours payé leurs loyers, sans renâcler, et qu’ils n’ont jamais fait de vagues. Résultat: allez les vieux, dehors! «Nous sommes dégoûtés». On le serait à moins…

Cela dit, je m’esquive quelques jours et vous retrouve le mardi 24 avril.

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05/04/2018

Le temps des bras croisés

Après le Mardi gras, il y a le mardi noir. Et puis le mercredi pourri.

On a ainsi eu droit à des turbulences sur tous les fronts.

Éclairs, coups de tonnerre et averses se sont abattus hier sur la rade et ses environs. Ambiance électrique. Chargée et humide.

Coup de sang aussi à Cornavin, quand des passagers, comme tombés de la lune, ont soudain compris qu’aucun train n’allait partir de là en direction de la France, où les cheminots bloquent tout le réseau ferroviaire.

Rien à signaler du côté de l’aéroport, où l’on redoutait pourtant une grève à Air France. Le coup de théâtre est venu du CERN voisin, où le personnel d’entretien a débrayé. Bras croisés.

Enfin, méchant coup de froid à Crans-Montana, où les remontées mécaniques ont été mises à l’arrêt forcé. La faute à de grosses divergences entre la commune et la société propriétaire. Ceci au beau milieu des vacances de Pâques, quand les touristes paient bonbon leur location et leur abonnement. Bonjour l’accueil! Des Genevois sont déjà redescendus de la montagne pour prendre l’eau au bout du lac…

Coup de mou par contre chez les colleurs d’affiches du cru. Sinon comment expliquer autrement leur étrange façon de recouvrir les panneaux publicitaires de l’espace public?

Prennent-ils les passants pour des êtres à ce point primitifs qu’il faille répéter deux à trois fois la même image, sur le même panneau XXL, avec le même slogan, pour que le message passe? Une publicité suffit, merci, on a compris. À moins que cette pratique réponde à la loi du moindre effort.

Mais le principe de la pub, me direz-vous, c’est justement d’enfoncer le clou. De répéter jusqu’à plus soif le slogan qui fera date, pour qu’il en reste au moins une bribe, le moment venu. Suffit de voir les affiches de la campagne électorale. Autres turbulences en vue…

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03/04/2018

Les dégâts collatéraux

Les carottes sont cuites! Les fêtes de Pâques et leur cortège de joyeux lapins sont déjà derrière nous, même si on ne les a pas bien digérées. Je parle des montagnes de chocolat, donc. Le reste, c’est une autre histoire. Car le temps pascal, à savoir les 50 jours qui séparent le dimanche de Pâques de celui de Pentecôte, vient de commencer. C’est le temps de la résurrection. Du renouveau.

Alors que cette période donne plutôt des ailes à de nombreux croyants, elle peut aussi totalement démoraliser des personnes qui vivent depuis longtemps des situations critiques.

Je pense à cette mère de famille qui m’a adressé l’autre jour une lettre à propos d’un sujet «tabou», dit-elle. La drogue et ses dégâts collatéraux.

Quel est le message de cette dame? Tous les jours, écrit-elle, on peut lire dans les journaux l’arrestation de dealers, le démantèlement d’un trafic ou une saisie spectaculaire de drogue. Mais on ne parle jamais des problèmes découlant de la toxicomanie des jeunes. Notamment la détresse des familles, confrontées à la descente aux enfers d’un des leurs, et qui se battent pour les sauver, et pour ne pas sombrer à leur tour dans les tourments.

«Nous souffrons en silence, la culpabilité nous ronge… Nous n’osons même plus nous confier à nos amis de peur d’avoir à affronter leur regard, leur jugement, souvent très cruel…»

Personne n’étant en mesure de soutenir ces familles en plein désarroi, la dame lance cet appel, comme une bouteille à la mer. «Ne devrions-nous pas crier haut et fort notre détresse? Dénoncer le problème, à la manière de ce qui se fait à propos du harcèlement sexuel? Et devenir visibles, afin que nos édiles se rendent enfin compte de l’ampleur du phénomène et du nombre de citoyens impactés par cette lèpre qui ronge nos enfants…»

Voilà de quoi méditer, en ce temps pascal!

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29/03/2018

La poule aux oeufs d'or

Quelques semaines avant Pâques, une Genevoise est admise à l’Hôpital cantonal. Elle n’est pas au mieux de sa forme et ne peut rien avaler de ce qui lui est proposé au petit-déjeuner. La seule chose qu’elle tolère, sans avoir la nausée, c’est un simple œuf à la coque. Allez comprendre pourquoi.

La patiente en demande donc un. On la prévient que ce produit n’est pas compris dans le prix du repas du matin, et qu’il lui sera facturé.

À la bonne heure, un œuf, ce n’est pas du caviar! Elle le commande sans demander son prix et fait de même les deux jours suivants.

Au troisième jour de ce régime, elle reçoit un coup de fil des cuisines pour savoir si elle désire un autre œuf pour le lendemain. Sur le ton de la plaisanterie, la dame glisse qu’elle reprendra volontiers un, pour autant qu’il ne coûte pas dix francs. Pensant alors être au comble de l’exagération. Silence un brin embarrassé au bout du fil. Euh, c’est un peu plus.

Combien? 15 francs. Quinze francs pièce, donc!

À cette annonce, la malade manque de s’étrangler. Bon elle est à l’hôpital, elle ne risque rien. Mais tout de même. Trois thunes l’œuf à la coque, ça ne passe pas. La malade peine à digérer. J’ai demandé à voir la facture, car je n’en croyais pas mes oreilles. Mais oui, c’est bien ça: un total de 45 francs pour ces trois merveilles de la nature, pondus par une poule aux œufs d’or…

Et pour rester à l’Hôpital cantonal en cette période pleine de petits œufs en sucre et en chocolat, je vous signale le concert que l’Ensemble instrumental romand donnera Vendredi-Saint à 15 h, à la salle Opéra. Malades, visiteurs et amateurs de musique apprécieront les œuvres pour violons de Georg Philipp Telemann et un concerto de Vivaldi, dirigés par Eric Bauer. Entrée libre.

Cela dit, je vous pose un lapin samedi. Alors joyeuses fêtes de Pâques!

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27/03/2018

L'éveil à l'heure d'été

Le passage à l’heure d’été peut laisser des traces dans nos petits organismes fatigués par un long hiver. Certains peinent à s’adapter au nouvel horaire, d’autres développent des troubles du sommeil ou ne se sentent juste plus en phase avec leur quotidien.

Ce n’est pas pour rien que certains députés européens envisagent de supprimer un jour l’heure d’été qui est, à l’usage, ni bonne, ni mauvaise, bien au contraire…

Lundi, en ce premier jour ouvrable après le changement d’heure, le réveil sonne donc bien plus tôt que d’habitude. Le corps et l’esprit des dormeurs, encore tout embrumés, sont particulièrement lents au démarrage.

Sauf mon «œil», vif et alerte depuis l’aube. Cet homme qui voit tout et me raconte ensuite ses découvertes arrive de bon matin en ville. Parvenu devant une cassette à journaux, il regarde à deux fois l’étrange tableau qui s’offre à lui.

Deux longues tirelires métalliques, fermées à clef, reposent sur la cassette. Il les saisit et les secoue. Elles tintent fort! Normal, elles contiennent l’argent que les lecteurs de la Tribune de Genève ont versé pour payer leur information.

«Encore un qui n’était pas bien réveillé ce matin» se dit mon œil, en pensant à l’employé qui, dans sa tournée des caissettes, livre les nouvelles du jour et relève les compteurs. Alors, pour que la recette de la Julie ne tombe pas entre des mains malintentionnées, notre homme ramasse les tirelires et s’en va au poste de police voisin. Fermé.

Il se rend ensuite à la police municipale qui ouvre ses portes à 7 h 30. Mais il n’y a personne au guichet pour l’accueillir et apprécier, à sa juste mesure, son geste citoyen. Parce qu’il aurait pu se faire la malle avec tous les sous…

Il a fini par se pointer au journal, avec les deux tirelires pleines sous le bras. Et là, on lui a fait la fête comme il se doit: tournée générale de cafés pour siroter cette histoire à dormir debout.

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24/03/2018

ça bourgeonne un peu partout

Le printemps est arrivé, la belle saison!

Les terrasses des bistrots fleurissent dans les rues; les chaises longues s’étalent sur le quai Turrettini; les passants s’arrêtent pour prendre le soleil à la première occasion; des oiseaux chantent; les souliers remplacent les bottes; les tons clairs reviennent en force dans les habits majoritairement foncés.

Ces signes ne trompent pas. Il y a du renouveau dans l’air. Il était temps!

Bon, rien n’est encore joué: le marronnier de la Treille n’a toujours pas annoncé le printemps! Il bourgeonne tant et plus, la verdure pointe le bout de son nez, mais sa première feuille n’est pas éclose, «à l’heure où nous mettons sous presse», comme le veut la formule.

Le sautier de la République, à qui revient l’honneur de consigner cette sortie végétale dans le registre officiel, est allé vendredi vérifier toutes les deux heures s’il y avait du nouveau sur l’arbre. Avec ce coup de chaleur, hop, la belle devrait éclore n’est-ce pas? Mais non, rien! L’heureux événement devrait toutefois être annoncé par ses soins samedi midi, sur la Treille, avec les enfants du quartier rassemblés à l’occasion de la Fête de la première feuille. Qui tombe plutôt bien!

La nature genevoise n’a pas attendu cette nouvelle pour sortir de sa torpeur hivernale. L’horloge fleurie s’est ainsi mise à l’heure des élections à venir en accueillant 500 primevères jaunes et 500 autres rouges, du plus bel effet. Le cadran fait de l’œil aux passants, sans slogan électoral. Et c’est tant mieux!

Car ailleurs, ces couleurs genevoises recouvrent jusqu’à l’étouffement bus et trams, comme le font les couleurs d’autres formations politiques. Toutes vampirisent ces véhicules qui n’en demandent pas tant, avec des promesses qui ne tiendront que le temps de la campagne printanière. Du coup, des nez rouges bourgeonnent ces jours sur les images des candidats...

C’est ainsi, le printemps des Genevois, qui ne devraient pas oublier de passer, dimanche déjà, à l’heure d’été!

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22/03/2018

Un luxe, la convalescence?

C’est l’histoire d’une femme qui a un jour un gros pépin de santé, comme cela peut arriver à n’importe qui d’entre nous. Eva devra malheureusement subir une hystérectomie. Autrement dit l’ablation de l’utérus.

Une opération qui n’a rien d’anodin et qui laisse des traces, non seulement dans le corps, mais aussi dans le cœur d’une femme. Dorénavant, elle ne pourra jamais plus mettre au monde un enfant. Un constat qui peut être traumatisant.

Et puis Eva habite seule au 5e étage d’un immeuble sans ascenseur. Avant l’intervention, elle s’inquiète de savoir comment se remettre de tout ça à sa sortie de l’hôpital, sa mère n’étant pas en mesure de l’accueillir.

Renseignements pris, la Faculté dit qu’elle entend l’envoyer dans une maison de convalescence, à Montana, où elle sera bien entourée et pourra se remettre au mieux de cette lourde opération. Or son assurance ne l’entend pas de cette oreille. La patiente n’aura pas droit à cette solution. Elle n’aura que ses yeux pour pleurer.

Mais enfin, de quoi se plaint-elle, diront certains lecteurs. L’assurance lui paie déjà l’hôpital, que demander de plus? L’assurance d’une bonne convalescence, par exemple, afin qu’elle recouvre rapidement santé et moral!

Pourquoi n’y aurait-elle pas droit? Eva n’a-t-elle pas payé, des années durant, des primes exorbitantes, sans avoir pour autant coûté bonbon à sa caisse maladie?

Elle et sa maman auront beau tenter de faire revenir l’assurance sur sa décision, rien à faire. On lui permettra tout au plus de rester deux jours supplémentaires à l’hôpital. Après, débrouille-toi.

C’est une amie qui accueillera Eva quelques jours chez elle, pour lui éviter de gravir les 5 étages à pied et la laisser seule chez elle, à broyer du noir. Cette solution a l’avantage de ne pas coûter trop cher à l’assurance. Elle pourra ainsi dormir tranquille sur ses réserves...

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20/03/2018

Les dangers du baisemain

La galanterie n’est plus ce qu’elle était, me glisse sur le ton de la confidence Eliette, une dame de plus de 80 printemps. Méfiez-vous donc des baisemains!

À dire vrai, cette mise en garde s’adresse plutôt aux femmes de sa génération. À celles qui avancent seules dans les rues et qui sont des proies rêvées pour les malfrats, tant elles sont encore confiantes dans le genre humain.

Eliette me conte alors sa mésaventure, qui va définitivement la vacciner contre les bonnes manières d’un parfait inconnu. Un jour, après avoir été à la banque pour retirer de l’argent et fait ses courses au magasin, elle glisse son porte-monnaie dans la poche extérieure de son chariot à commissions et s’en revient tranquillement chez elle.

Ses faits et gestes n’ont pas échappé à un œil averti. Celui qui guette la bonne occasion de se faire de la thune sans effort. En usant au besoin de son charme.

Quand elle arrive à la porte d’entrée de son immeuble, Eliette voit un monsieur traverser la route et se diriger droit sur elle, tout sourire. Ce chevalier servant inespéré propose aimablement à son aînée de l’aider à tirer la charrette jusqu’à l’ascenseur, en haut des escaliers. Et elle, flattée que l’on s’intéresse à elle, ou reconnaissante de n’avoir pas à faire cet effort, accepte volontiers. La voilà qui grimpe l’escalier devant ce galant homme, lui laissant ainsi tout loisir de commettre son larcin.

«J’ai même voulu lui offrir un café pour le remercier» s’étonne encore la dame. Mais lui, soudain pressé, décline l’invitation et s’en va, non sans lui avoir fait un baisemain. La classe!

Elle recouvre ses esprits bien trop tard, en vidant ses affaires. Et là, patatras, plus de porte-monnaie: «J’ai été faite comme un bleu!»

Dans son malheur, (elle a tout de même perdu des centaines de francs), elle a pu compter sur la gentillesse de la police, des voisines et de ses proches, ce qui fait toujours du bien.

Mais ce qui lui reste sur l’estomac, c’est le baisemain!

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17/03/2018

Juste à l'envers du bon sens

Peut-être suis-je un poil chauvine, mais c’est l’une des plus belle vue qui soit sur Genève et sa rade. Celle que des milliers de touristes nous envient et immortalisent, en souvenir de leur passage au bout du lac.

Pour l’apprécier, il faut se trouver, rive droite, sur le quai des Pâquis, là où les amateurs de promenade lacustre patientent pour prendre leur mouette. Laquelle peut être entièrement noire, ô rage ô désespoir, depuis que la compagnie de navigation vend les flancs de ses bateaux à la publicité. Mais c’est encore une autre histoire…

Bref, lorsque l’on se tient là, tout près de l’eau, on voit au premier plan le bleu Léman, en face le jet d’eau qui domine la rade, avec la silhouette du Salève et celle de la cathédrale et, en toile de fond, comme pour couronner le tout, le Mont-Blanc dans toute sa splendeur. Un vrai décor de carte postale!

Où veux-tu en venir, Julie? Aux deux jolis bancs publics qui viennent d’être posés juste à cet endroit. Ce qui est plutôt une bonne idée, n’est-ce pas, le point de vue y étant unique en son genre. Oui mais voilà. Nous sommes à Genève. Et ces sièges bienvenus ont été mis à l’envers…

Oui, c’est ça: ils tournent carrément le dos au lac! Les passants qui s’installent sur ces bancs peuvent ainsi admirer les voitures en stationnement sur le quai et les grands hôtels alentour. Extraordinaire!

Ça paraît tant à l’envers du bon sens que je n’y ai pas cru, la première fois que je l’ai vu. Alors je me suis bêtement penchée pour voir si ces sièges étaient seulement posés là, en attendant leur installation définitive de l’autre côté. Mais non. Ils sont déjà solidement boulonnés au sol. Raté. Encore raté!

lI s’en faudrait pourtant de peu pour que ce soit réussi: déboulonner les bancs, les remettre à l’endroit, en les reculant un chouia. Les promeneurs pourraient ainsi s’y poser, reposer leurs pieds sur la barrière des quais. Et admirer la vue.

Serait-ce trop demander?

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15/03/2018

Le monde et les temps changent

«Car le monde et les temps changent…» Ce refrain vous dit quelque chose? En 1965, le chanteur Hugues Aufray annonçait, sur une musique de Bob Dylan, l’avènement d’une nouvelle société.

Depuis, le monde et les temps ont drôlement changé. En bien et en mal. Et alors? Alors j’ai pensé à cette chanson en recevant, à quelques jours d’intervalles, deux témoignages qui se font écho.

Le plus récent date de mardi. Une dame a vu rouge devant la photo en Une du magazine de la Coop. La couverture montre une jeune blonde très découverte dans sa salopette bleue. Sans petit haut dessous, donc. Juste une fine bretelle de soutien-gorge. Et un regard qui allume. Tout ça pour parler de jeans.

«Cette tenue est provocante. Trois bras pourraient se glisser dans la salopette de la fille», s’insurge la grand-maman, qui trouve que l’éducation des ados est déjà assez difficile comme ça. Et voilà qu’un journal qui entre dans toutes les familles montre pareil exemple. C’est juste scandaleux, dit-elle.

Auparavant, un lecteur m’avait apporté la photocopie d’un avis officiel de 1951, oubliée dans un coin et qui a ressurgi la veille de la journée des femmes. Ça vaut son pesant de cacahuètes!

«Le Conseil d’État, qui avait été saisi l’année dernière de plaintes justifiées au sujet de la tenue inconvenante affichée par certaines dames et jeunes filles sur la voie et dans les lieux publics, est décidé à ne pas tolérer le renouvellement de tels abus.

Il adresse en conséquence une sérieuse mise en garde aux personnes qui seraient tentées de faire preuve d’un trop grand laisser-aller.

Si cet avertissement n’était pas compris, le Conseil d’État n’hésiterait pas à envisager d’autres mesures, certain d’être approuvé par tous ceux, hommes et femmes, qui se respectent eux-mêmes et qui respectent autrui.»
Signé à Genève, le 4 juillet 1951. Et tout ça pour quel résultat? Le monde et les temps ont changé...

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08/03/2018

Très jeune, et si peu précoce

À force de voir lapins et poupoules gambader depuis des semaines dans les rayons des magasins, sur des tapis d’herbe au vert tendre parsemée de petits nids douillets plein de douceurs, ça commence par chatouiller les sens. Et l’on finit par s’impatienter.

D’ailleurs l’épisode neigeux semble déjà oublié, tout comme celui de la bise glaciale. Signe qu’il est temps de passer à autre chose. Au printemps, par exemple. Oui mais voilà: notre cher marronnier ne l’entend pas de cette oreille. Je parle du jeunot de la Treille, donc. Le 4e arbre officiel qui fait référence, depuis 2016, pour annoncer l’arrivée des beaux jours à Genève.

On aimerait croire que de ce gamin plein de vitalité jaillisse une verdure conquérante au moment où l’on s’y attend le moins, comme au milieu de bourrasques de neige. Bref, qu’il soit précoce, qu’il surprenne, vu son jeune âge.

Eh bien c’est raté! Le sautier confirme: les bourgeons sont bien là, mais loin d’être capables de s’ouvrir. Avec le froid qu’il a fait…

La sève n’est pas encore montée, voyez-vous. Compter encore deux semaines ensoleillées pour que ses bourgeons explosent enfin. Sage précaution. Car le marronnier fou, celui qui n’en fait toujours qu’à sa tête, a déjà sorti quelques feuilles, toutes rabougries et gelées. Le fou…

Mais tout de même, m’a glissé mon collègue qui en connaît un rayon sur le sujet. Pour marquer les 200 ans de notation officielle, on ne peut pas dire qu’elle se presse, cette première feuille.

Ainsi depuis pile deux siècles, Genève fait noter par un sautier la date de sortie d’une feuille. Extraordinaire! La chose était consignée auparavant par un Monsieur Rigaud qui venait, en voisin, vérifier l’état des bourgeons, et ce dès 1808. C’est fou, ce désir de marquer la venue du printemps!

Et si c’est une Genevoiserie, je la trouve plutôt jolie!

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06/03/2018

Les cartons de la déraison

Il y a, comme ça, des situations qui heurtent la vue et devant lesquelles on baisse les bras avant même de les lever. On capitule. On ne veut pas s’en mêler, parce qu’il faudrait soulever des montagnes pour obtenir pas grand-chose, et que c’est trop compliqué. Tant pis, ma foi, c’est la société qui veut ça…

Là, je ne pense pas aux horreurs de ce monde, comme ce qui se passe ces jours en Syrie dans l’indifférence générale. Non, j’évoque plutôt nos petits renoncements devant les agissements dérangeants de nos semblables.

Mais il y a aussi des gens, comme ça, qui réagissent. Par réflexe citoyen. Parce que le désordre, le gâchis, l’incivilité crasse, ça les heurte profondément. On se souvient tous de cette dame qui récupère les chariots égarés en ville et les rapporte aux magasins. De ces nettoyeurs spontanés, dans les parcs ou les rues, qui s’encombrent des déchets des autres, pour le bien-être général.

Ce sont des exceptions. Des êtres précieux. C’est à l’un d’eux que j’ai pensé hier en voyant des tas de cartons, restés en rade, gondoler dans la neige fondue. À Martin, donc. Ce redresseur de torts n’a jamais peur d’interpeller autorités ou firmes en mains publiques dès qu’il y a un truc qui ne fonctionne pas à ses yeux.

Ainsi sa dernière croisade auprès des CFF: pourquoi les employés qui réapprovisionnent les distributeurs en rouleaux de billets ont-ils tendance à jeter les cartons propres qui les contenaient, au lieu de les recycler? Cela éviterait un fameux gaspillage!

Car en bourrant les corbeilles métalliques des gares avec ces objets encombrants, ils donnent juste du boulot aux nettoyeurs de RailClean. C’est du gâchis de temps, d’argent et d’énergie. Mais voilà, ça ne dérange pas trop les responsables de l’entreprise qui parlent de volontiers développement durable, et qui ont d’autres chats à fouetter.

Alors Martin retrousse ses manches, et recycle les cartons des CFF…

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03/03/2018

La malédiction du flocon

Combien de temps peut bien mettre un flocon de neige, tombé sur un sommet des Alpes valaisannes, pour arriver jusqu’à Genève par les bons soins du Rhône? Des semaines, des mois, des années? La question en titille plus d’un.

Une autre taraude les milliers d’usagers des rues genevoises. Combien de temps mettra le redoux, avec le renfort des employés de voirie, pour venir à bout de ces centaines de milliards de milliards de cristaux de glace admirables? Un certain temps. Trop long, sans doute. Le Genevois n'ont aucune patience.

C’est toujours la même histoire, au bout du lac. Passé le premier émoi devant les délicats flocons venus de si haut et qui tiennent au sol, ça tourne vite au vinaigre, au petchi généralisé, voire aux vilains règlements de comptes.

Car il faut forcément trouver un responsable à la désorganisation incompréhensible qui frappe une communauté bardée de règlements et de certitudes.

Les bus sont en retard? C’est la faute aux TPG qui n’ont pas anticipé. Les poubelles ne sont pas relevées en bas de chez moi? La voirie s’en moque, elle préfère dégager la neige ailleurs… Les facteurs n’arrivent pas à livrer le courrier? Normal, la Poste réduit trop ses effectifs. Les trottoirs ne sont pas dégagés? Visez les motos parquées là et qui ne laissent pas passer les lames à neige. Les passants en sandales se cassent la figure? Les cantonniers n’ont pas mis assez de sel au sol! Les chiens ont mal aux pattes? La voirie répand trop de sel, bien sûr. Les voitures aux pneus d’été patinent? Tu voudrais pas qu’ils chaînent! Le Salon de l’auto, c’est demain…

Et si c’était juste un temps de neige? Celui qui met les contractuels au repos forcé, les flocons masquant les lignes bleues, jaunes, blanches, comme les plaques d’immatriculation. Un temps qui tempère les ardeurs des «scans cars», et ravit les sens.

Un temps de neige, donc. Il faut en profiter, car il reste encore assez de poudre blanche pour faire des batailles de boules et créer de belles bonnes femmes de neige. Ben oui. La semaine de l’égalité vient de commencer!

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01/03/2018

Le plan Vigiglaçon

Quand vous lirez ces lignes, la neige aura sans doute chassé bise et glaçons des discussions. Il n’y en aura plus que pour elle, pour sa splendeur immaculée, ou pour la pagaille à venir. Mais l’heure du blanc manteau n’a pas encore sonné pour moi qui rédige ce billet avec des moufles, tant ça caille…

Contre l’attaque en règle du froid, la défense citoyenne a adopté ces jours le plan Vigiglaçon. Chacun a sa manière. Chacun selon ses moyens.

Les Rues Basses n’ont plus vu depuis longtemps pareil défilé de visons, zibelines, astrakans ou renards se promenant sur deux pattes. Vous me direz que c’est l’occasion ou jamais de faire prendre l’air à sa fourrure, sinon à quoi bon la garder dans son armoire.

Partout ailleurs, c’est la grande sortie du bonnet à pompon. Ces bitos joyeux et un poil impertinents qui dodelinent à tout va au-dessus de la mêlée pressée sont décidément du plus bel effet!

Quant aux vigiles frigorifiés de la rue du Rhône, ils n’ont pas droit au pompon, même masqué. Ça ferait pas sérieux, devant les bijouteries. Alors ils remontent leur écharpe jusque sous les yeux et enfoncent leur chapeau. De loin, ces baraqués semblent encagoulés. Comme ceux qu’ils dissuadent d’entrer

Toujours dans le plan Vigiglaçon, Globus, pour ne pas le nommer, fait très fort. Le magasin a déjà pris le parti du printemps, avec ses vitrines exposant des tenues légères et des guirlandes de fleurs. Or son entrée principale raconte une autre histoire: les clients doivent entrer par une petite porte pour permettre au gros chauffage d’appoint d’envoyer assez d’air chaud en direction des vendeuses de cosmétiques. Vu qu’elles ne portent pas de petite laine, elles pourraient prendre un rhume. Et ce serait dommage. 

Notez que j’ai une autre solution contre la goutte au nez: les mouchoirs en papier de Terre des hommes. Ils seront en vente vendredi et samedi, devant plus de 30 marchés et supermarchés. D’ici là, bonne neige!

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27/02/2018

Une histoire venue du froid

«Tu connais la dernière? C’est l’histoire d’un Esquimau. D’un Lapon, peut-être. Bref, l’histoire d’un homme qui vit dans ces contrées arctiques, là où il fait nettement plus froid qu’ici.»

C’est un ami qui me raconte tout ça, lundi, en pleine bise. Un truc de givré! «Alors voilà, me dit-il en se frottant les mains pour se réchauffer. C’est un type qui attend sa belle en plein air. Le genre d’amoureux transi. Il prend son mal en patience en battant la semelle pour ne pas coller sur place, mais la promise ne vient toujours pas. Et avant de se transformer en statue de glace, il lâche enfin: «si elle n’arrive pas moins 20 je me tire!» En visant son thermomètre, bien sûr. Ha, ha, ha; gla gla gla…

C’est le genre de gag qui fait un bide assuré en plein été. Mais à l’heure où les bords du lac se parent de dentelles de glace, pour le plus grand bonheur des photographes, il est de circonstance et glisse tout seul. Comme sur des patins.

Et puis ce froid qui mord la peau est assez inspirant. Il peut même être plaisant. Il change de l’ordinaire. Il nous fait sentir vivant, capable d’affronter les extrêmes. Parce qu’au fond, on sait que lorsqu’on en aura marre de grelotter, on retrouvera son chez-soi bien douillet et bien chauffé. Un cocon familier où se réfugier lorsque le dehors devient vraiment trop hostile.

Et c’est là qu’il faut penser à ceux qui n’ont aucun lieu de repli. À ceux qui sont sans abri alors que les températures sont négatives. La Ville de Genève vient d’annoncer qu’elle ouvre deux abris supplémentaires en cette période glaciale. Il y aura ainsi 370 places disponibles ces nuits prochaines pour répondre aux besoins. Seront-elles suffisantes? Sauront-elles accueillir ceux qui résistent encore à toute aide proposée?

Quelles que soient les raisons qui les poussent à rester en dehors de tout, ne pas hésiter à composer le 144 si votre chemin croise celui d’une personne en danger, en raison de ce froid sibérien.

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24/02/2018

La fugue de la station météo

On voudrait l’ignorer qu’elle se rappelle à nous à chaque instant. Elle se faufile entre l’écharpe et le cou; se glisse sous les portes ou les fenêtres mal jointes; gèle les doigts et le nez qui ne sortent pas couverts.
Bref, la bise est là, et ça caille ferme!

Mais ceci n’est qu’une mise en bouche. Un léger apéro avant le plat surgelé qui nous sera servi dès lundi, avec cette masse d’air glaciale qui nous fondra dessus, en provenance de Sibérie. Et là, on ne va plus du tout plaisanter: faudra sortir fissa les chapkas et la vodka, je vous dis pas.

Ce n’est pourtant pas ce vent d’hiver qui a emporté la bonne vieille station météo qui trônait sur la place des Bergues depuis des plombes. Cette colonne d’un autre âge indiquait le temps, l’air ambiant et les distances d’un lieu à un autre. Elle aurait donc dû nous indiquer ces jours une bise persistante.

Mais voilà, elle a disparu lors de la première étape du chantier des Bergues et n’a pas fait son retour. Où se cache-t-elle? se demande Bernard. Dans une propriété privée, à l’abri des regards?

Mais non, voyons! Les biens publics ne se font pas ainsi spolier, dans notre belle ville de Genève. D’après ce que l’on m’a dit, la fugueuse se trouve actuellement bien au chaud dans un dépôt de la Municipalité. Tant mieux pour elle. D’autant que des spécialistes profitent de l’avoir sous la main pour lui refaire une beauté.

Comment se déroule une telle opération esthétique, lorsque la belle est de pierre faite? Eh bien on répare avec doigté la tête du pilier (boule et flèche) qui a subi les dégâts du temps, et on passe le reste le reste du corps à l’hydrogommage. La classe.

Ensuite, il faudra attendre avant de revoir la station météo sur la place des Bergues. Elle ne sera réinstallée qu’à la fin de la deuxième étape des travaux. Avant d’en voir le bout, il faudra encore obtenir les autorisations, lancer le chantier et le terminer. Compter une année au minimum. Avec ou sans bise…

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