12.05.2012

Week-end surchargé

Le week-end n'a pas commencé que je suis déjà sur les rotules. Pensez donc: en cette fin de semaine, il faudra faire des heures supplémentaires pour tenir le programme et profiter un maximum de ce qui nous est proposé. Car l'heure est au grand réveil des animations genevoises!

Tout le monde s'est donné le mot pour organiser des fêtes qui vont attirer les foules sentimentales en plein air. C'est le printemps, forcément. Alors on sort.

Mais où? Telle est la question!

Pour les seules Caves ouvertes, ce samedi, on recense déjà 91 bonnes adresses dans le canton. Je ne vous dis pas comme c'est dur de faire un choix! On commence chez quel vigneron? On y va comment? Qu'il soit à Chouilly ou à Cologny, on y achètera son verre, à ne lâcher sous aucun prétexte. Car avec lui, c'est parti pour la tournée générale!

Et ce n'est pas tout. On fête aussi la nature dans la campagne, on célèbre la "Ville est à vous" à Sécheron. Certains danseront même sur la voie publique, lors de parcours chorégraphiques, tandis que d'autres se mesureront pour les 100 ans de la mensuration officielle suisse, quai Gustave-Ador.

A ce propos, faites une pierre deux coups, si j'ose dire. Prenez un jour d'avance pour fêter votre maman. Invitez-la à cheminer sur le petit ponton et à grimper sur une pierre du Niton, où on la prendra en photo. Le point de référence, c'est bien elle! On la gâtera encore dimanche par une brassée de fleurs des champs.

J'en profite pour vous annoncer que l'encre bleue se met au vert toute la semaine prochaine. Rassurez-vous, je ne vais pas cuver tous ces jours près des barriques d'Essertines. Je vous retrouve donc lundi 21 mai et d'ici là, très bon week-end!

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11.05.2012

De l'aide, tôt ou tard

C'est l'histoire d'une mère de famille qui va se faire opérer. Et quand on sait le boulot qu'elle abat, cela promet de grands chambardements: Sabrina aura six semaines de plâtre et des cannes. Le tout avec trois enfants dans les pattes, un mari qui bosse à plein-temps et un logis en duplex. On a vu plus tranquille!

Un mois avant de passer sur le billard, elle prend donc ses dispositions pour organiser les repas et les transports de sa «nichée». Puis elle sollicite le service d'aide à domicile pour un coup de main au ménage et au repassage.

On lui répond que sa demande arrive bien trop tôt! «Appelez simplement de l'hôpital et on s'organisera. Ne vous inquiétez pas, nous sommes là!»

Un brin méfiante, Sabrina rappelle le service une semaine avant son intervention chirurgicale. Même réponse: «bien trop tôt! Prévenez-nous deux jours avant votre sortie de l'hôpital.» Ce qu'elle fait alors, du fond de son lit.

«Je prends note», lui dit-on. «Mais il n'est pas sûr que nous ayons une personne disponible. Je vous tiens au courant...» Au secours, se dit Sabrina. Arrivée chez elle, elle reçoit ce coup de fil sidérant: «Dans l'urgence, vous savez, c'est dur de trouver quelqu'un!»

Mais c'est à se taper la tête contre les murs! La convalescente obtiendra finalement de l'aide pour le lundi. Puis deux heures par semaine. Pas plus. Sabrina a vu rouge. A fait des courriers, qui ont porté.

Deux responsables de service l'ont contactée pour dire que sa prise en charge n'avait pas été correcte. Elles ont donc fait le nécessaire pour que la maison de Sabrina tourne à nouveau. La voilà soulagée. Elle trouve juste triste de devoir s'énerver pour obtenir l'aide promise dans les dépliants officiels...

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10.05.2012

Service minimum

Paraît que certains commerces genevois ont un peu mal à la clientèle. Qu'elle se fait rare, ou sort son porte-monnaie moins volontiers qu'avant. La faute à la crise, pour faire court.

Alors quand les clients sont là, il faut les accueillir. Etre aux petits soins pour eux. Sourire aussi, ça aide drôlement!

Mais c'est parfois trop demander. Muriel me raconte que l'autre jour, elle s'est rendue dans un établissement de la rive droite avec une copine. Elles commandent une infusion de tilleul et un coca zéro «pas trop froid». Un truc de filles, quoi.

La serveuse, peu amène, leur apporte les boissons désirées. Merci! Lorsque la jeune femme porte son verre aux lèvres, le fond cède! Il tombe avec fracas sur la table et le liquide brun pétillant se répand partout ailleurs que dans son gosier...

Tandis que Muriel éponge son pantalon, la copine avise l'employée qui préfère continuer son téléphone plutôt que de leur venir en aide. Lorsqu'elle arrive, oh surprise, c'est pour retourner la faute sur la cliente. Ben oui! Elle voulait une boisson tempérée? Le verre a été passé sous l'eau chaude. Il y a donc eu choc thermique, normal. C'est presque si elle n'engueule pas la cliente.

Celle-ci demande alors à parler au patron, pour son pantalon. Il n'est pas là. Et la serveuse ne donnera pas son nom. «Vous avez commandé un coca pas trop froid, vous l'avez eu!»

Oui, mais sur les genoux.

Muriel finira par obtenir à grand-peine le remplacement de sa boisson. Glacée, c'est à parier. Il y a des gens qui ne sont vraiment pas faits pour le commerce!

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09.05.2012

Panneaux dans le jus

Le Genevois est râleur. Expéditif, parfois. Mais franchement, pourquoi les balancer à l'eau, ces panneaux?

Sept piquets, surmontés de ce rond rouge et blanc qui donne des boutons aux automobilistes, reposent depuis ce week-end dans le lit du Rhône, entre les ponts des Bergues et de la Machine.

Et c'est un peu absurde de voir ces "Interdiction de stationner" s'adresser, dans un doux glouglou, au courant qui passe en continu, aux poissons qui frétillent aux alentours et aux algues qui s'enroulent entre leurs pieds. D'ailleurs vous imaginez l'effet que ça leur fait, aux perchettes, une telle interdiction? Le flop total!

Un huitième panneau du même genre vient d'être tiré hors de l'eau. Il devait y séjourner depuis plus longtemps que les autres car il fouette. On voit les narines des clients des Bergues se pincer à son approche sur le trottoir.

Alors devant tout cet arsenal au jus, inutile, limite ridicule, je me demande s'il y a un message caché dans cet acte. Une revendication. Une pêche miraculeuse en vue avec, en prime, une barrière métallique sans moules et un vélo. Mais j'en doute.

Reste la thèse du vandalisme bête et méchant. Une grosse colère, ou un simple besoin de se défouler. Dans ce cas, les gros malins qui ont lancé tout ce matériel à la flotte auraient mieux fait de courir le Marathon de Genève, pour lequel ces signaux avaient été installés.

Ils se seraient au moins dépensés. Et cela aurait évité à la police du lac ou aux nettoyeurs du Rhône de se mouiller pour eux. Mais ils s'en moquent, ces expéditeurs. A moins qu'ils ne s'en souviennent plus...

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08.05.2012

"Merci!" à faire suivre

Ça n'arrive qu'aux autres, dit-on. Anne a pourtant vécu cette mésaventure, vexante au possible, au parking du Mont-Blanc. Au moment de chercher sa voiture bleue, le blanc total! Impossible de se souvenir où elle l'a mise...

Elle passe en revue les trois premiers niveaux souterrains: rien. Désemparée, elle remonte en surface pour demander de l'aide à la caisse. Serviables, un employé l'accompagne dans sa quête tandis qu'un autre file sur un stegway et trouve enfin l'égarée au 4e dessous.

Désormais, Anne regardera les couleurs des étages et notera le numéro de sa place. Elle n'y avait jamais prêté garde jusqu'alors. Toute remuée par son trou de mémoire inhabituel et crevée d'avoir tant marché, elle n'a pas eu l'occasion de témoigner toute sa reconnaissance à ses deux sauveurs. Voilà qui est fait!

Béatrice voudrait pour sa part dire merci à deux messieurs. Au pêcheur qui a trouvé, sur les berges du Rhône, son abonnement TPG et son permis de conduire et qui les a déposés au guichet. A l'homme des transports publics qui est ensuite venu déposer ces documents dans sa boîte aux lettres pour lui éviter des frais. Ce bel exemple de solidarité lui fait voir la vie en rose!

Quant à Micheline, elle en a marre d'entendre les gens critiquer les jeunes ou les gens de couleur. Dimanche, à un arrêt de bus au Lignon, cette septuagénaire a eu une chute de tension qui l'a fait s'écraser à plat ventre sur le sol.

Eh bien ce sont trois jeunes Noirs et une dame métisse qui sont venus la relever et se sont inquiétés pour elle, avant de l'aider à s'installer dans le bus. «Ils étaient adorables!» Micheline les remercie donc du fond du cœur.

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07.05.2012

La chute du marronnier

Ils forment un ménage à trois, depuis aussi longtemps que je m'en souviens: trois marronniers, deux blancs, un rouge.

Cette boule de verdure somptueuse se trouve tout près du monument Brunswick, à l'angle du quai du Mont-Blanc et de la rue Adhémar-Fabri. Vous situez? Elle abrite les passants des excès de pluie ou de soleil et fait partie du décor de rêve qui s'offre aux clients du Beau-Rivage.

Eh bien ce ménage à trois a vécu!

C'était samedi matin, à l'heure de l'apéro. Un fidèle lecteur de la Julie sirote les nouvelles de son quotidien quand soudain il entend un grand, un sinistre «CRAC»... Le temps d'arriver à sa fenêtre, il voit s'effondrer sous ses yeux le beau marronnier rouge. Un peu à la manière des tours de Manhattan, mais dans un tourbillon d'écorces brisées et de feuilles affolées.

Ici, par miracle, personne ne passait sous l'arbre ou n'y était stationné. La masse verte s'est couchée sur la rue Adhémar-Fabri. Sitôt alertés, les pompiers sont arrivés pour dégager tout ça. Une heure après, il ne restait plus grand-chose à voir. Sinon le tronc, qui laisse songeur: il est creux!

A l'heure où les jardiniers de la ville abattent des arbres à titre préventif, comment se fait-il que ce monument vert soit passé entre les coupes? Ils allaient peut-être le faire, j'en sais rien. Cela aurait sans doute fait polémique.

Le marronnier rouge a donc eu le bon goût de s'effacer discrètement. De ne pas tomber sur des passants et de le faire la veille du Marathon.

Nous avons, à Genève, des arbres fort bien éduqués...

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05.05.2012

Y'a comme un défaut

Comme le disait si bien Fernand Reynaud, y'a comme un défaut!

Le plus charmant est sans doute la faute de frappe dans le courrier que m'a envoyé Willy. Avec lui, le premier jour de mai devient le 1er ami. C'est joli, pour commencer une lettre!

L'histoire ensuite: ce vaillant nonagénaire a reçu une contravention qui l'a littéralement renversé. C'est une amende d'ordre d'un montant de 250 francs. Qu'a-t-il donc fait pour mériter pareille sanction? Selon l'appareil photographique qui l'a piégé, il a dépassé de 11 km/h la vitesse autorisée à la route de Florissant. C'était en mars. Il conduisait une moto.

Une telle somme pour si peu fait déjà tousser. Bon, ce sont les règles du jeu. Mais là où Willy a failli s'étrangler, c'est d'apprendre qu'il roulait à moto. Car il n'a pas et n'a jamais eu pareil engin. Et ce n'est pas à son âge qu'il va s'y mettre, c'est sûr!

A y regarder de plus près, le numéro d'immatriculation du deux-roues fautif ne lui est pas totalement inconnu. C'est celui de sa voiture, une Peugeot 405. C'était, plutôt. Car le conducteur âgé a déposé définitivement les plaques au guichet de l'Office cantonal des automobiles en décembre 2011. Et il a retourné son permis de conduire dans la foulée. Une sage décision...

Willy n'en revient toujours pas: confondre une auto avec une moto! Ils ont la tête où, là-bas? Il n'a donc pas pu s'empêcher de glisser quelques piques en marge de la contravention retournée à l'expéditeur.  «Vous allez bientôt amender les morts. A moins que ce ne soit déjà fait...»

Allez, joyeuse fin de semaine!

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04.05.2012

Donnez votre sang

Aujourd'hui, c'est la journée «don du sang» chez Cargill. Pour cette grande première, le siège genevois de la multinationale invite ses six cent et quelques employés à se mettre au lit... Oh, pas des heures, faut pas rêver. Juste le temps, pour eux, de donner un peu de leur énergie renouvelable: leur sang!

Vous ne trouvez pas cette initiative épatante? Si toutes les entreprises d'ici et les collectivités publiques faisaient de même, on ne serait pas en manque de donneurs, dans cette République.

Evidemment, une «Blood Donation» demande pas mal d'organisation. Dans les couloirs de Cargill, des affiches ont été posées depuis des semaines pour annoncer l'événement. Les intéressés se sont inscrits, afin que les organisatrices sachent s'il y avait assez de donateurs. On ne déplace pas toute une équipe des Hôpitaux universitaires de Genève pour des prunes.

A l'évidence, les 70 à 80 employés motivés par l'expérience valent bien le déplacement. A eux se joindront encore dans la journée tous ceux qui donneront leurs cellules souches ou leurs plaquettes, à défaut de pouvoir offrir leur sang.

Les blouses blanches des HUG vont donc investir ce vendredi deux salles de conférences pour y installer lits et matériel de prélèvement. Plus une table avec des collations pour se requinquer, après la prise de ces quelques décis. J'espère que ça va faire un tabac!

Car pour chaque don de sang, le comité de charité de l'entreprise déboursera cinquante francs. Le montant total ainsi récolté sera versé à une ONG Suisse œuvrant dans le domaine de la santé.

Ça ne vous donnerait pas des idées, des fois?

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03.05.2012

Question d'écoute

Les médecins sont des gens formidables. Ils sauvent des vies, réparent la casse et soignent tout, du bobo au cas désespéré. Mais parfois le stress, ou un excès de confiance en leur jugement, leur fait oublier une chose primordiale: l'écoute du patient.

Tania se rend lundi soir dans une clinique privée près de chez elle. Une boule est sortie assez rapidement sous sa langue. C'est grave? La doctoresse aux urgences pose son diagnostic, peu rassurant: thrombophlébite! La jeune femme reçoit illico une bonne dose d'antibiotique par intraveineuse et doit revenir le lendemain pour un scanner d'urgence. Aïe aïe aïe!

La patiente ose une question. Est-ce que cela ne serait pas simplement une glande salivaire bouchée? Elle connaît: quelqu'un dans sa famille a déjà eu de tels calculs dans la bouche.

La professionnelle la regarde d'un air de dire «mais de quoi je me mêle», et lui affirme que la chose est impossible.

La jeune femme s'en va, toute angoissée. Difficile de fermer l'œil. Elle revient au matin à la clinique pour l'examen. Résultat? Pas de thrombose. Pas de phlébite, rien. Arrive alors la toubib. Celle des urgences, toute ravie d'annoncer la bonne nouvelle: il n'y a pas d'infection. C'est juste la glande salivaire qui est bouchée!

Pardon? Tania se pince. N'est-ce pas précisément ce qu'elle lui avait suggéré, la veille?

Si l'on avait pris ses propos en considération, elle aurait évité le scanner, les antibiotiques, le vent de panique et une facture sans doute salée. On lui aurait surtout débouché sur place ce qui coinçait. Ce qu'elle a été faire ailleurs. Et vive l'écoute!

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02.05.2012

Congé pour tous

Nous ne sommes pas tous égaux. Devant le travail, par exemple.

Est-ce que vous trouvez normal, vous, que des gens bossent le 1er mai, tandis que d'autres se dorent au soleil, avec la bénédiction de leur employeur? Je ne vous dis pas le chenil que provoque cette inégalité entre secteur public et privé. Entre ceux qui ont droit ou non au jour férié. Ce régime bancal n'est pas bon pour notre équilibre à tous.

Un exemple bête? Les profs ont congé. On est content pour eux. Les élèves aussi sont ravis. Mais leurs parents, pas forcément. Comment font ceux qui turbinent le jour-là? Les vendeuses qui s'occupent seules de leurs enfants? Et il y en a...

Eh bien, débrouillez-vous! J'ai vu des mères qui venaient au boulot avec leur minot. D'autres qui rameutaient le beau-père ou la cousine pour s'occuper des petits. Tu parles d'un jour férié!

J'ai vu des citoyens qui avaient besoin de documents se heurter aux portes closes de l'administration publique. Mais j'ai appris que les employés de chez Rolex avaient aussi eu congé mardi, que certains avaient fait le pont!

J'ai même vu des rues où l'on circulait comme un dimanche (sauf sur le parcours du défilé!). Et puis j'ai croisé une copine qui rentrait d'une balade en forêt avec des brins de muguet. Ça m'a fait drôlement envie.

Alors, je vous fais une demi-encre, pour marquer ce 1er mai où j'étais au bureau, avec mes collègues? Pour dire qu'il y en a marre de ces demi-mesures? Si c'est congé pour les uns, c'est congé pour tous. Na!

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01.05.2012

Le voleur de pizza

Il s'en passe des choses dans notre ville. Des drôles, des tristes, des saugrenues même. Comme ce qui est arrivé à Daniel dimanche soir.

Il achète une pizza dans un restaurant du coin et l'emporte pour la manger chez son amie, du côté de la rue Voltaire. Il porte son repas tout chaud dans son carton tout plat.

Alors qu'il emprunte une rue peu fréquentée, il se casse le nez sur un groupe d'individus connus du quartier pour être... disons peu respectueux des biens d'autrui. Tout va bien, ouf.

Passé l'angle de la rue il sent, à tous les sens du terme, qu'un homme le suit et s'approche trop près de lui. Il accélère le pas. L'autre aussi. Et là, surprise, il se fait braquer sa pizza!

Il en reste baba. Il avait craint pour son téléphone, ou son porte-monnaie. Pas son repas, tout de même!

Arrivé chez son amie, il appelle le 117, pour le principe. Il pense bien que la police a autre chose à faire que de courir après un voleur de pizza. Erreur! Elle le fait et met assez vite la main sur deux ou trois types qu'elle lui demande d'identifier. Non ce n'est pas eux. La police rappelle Daniel à 22 h pour lui dire qu'elle a enfin mis la main sur l'amateur de Napolitaine. L'homme reconnaît les faits.

Mais pour la pizza, c'est cuit. Le glouton ne peut plus la rendre. A cette heure, elle est presque digérée!

La situation devient franchement cocasse quand le braqueur propose de rembourser le prix du repas pour éviter une plainte. Marché conclu.

Daniel a donc récupéré ses sous. Mais tant pis pour la pizza au feu de bois, il ne ressortira pas. Ce sera pasta, et basta!

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30.04.2012

Question d'hygière

On critique volontiers les TPG. C’est de bonne guerre, après tout! Mais franchement, ils ne sont pas toujours aidés par certains usagers.

Arlette me fait ainsi part de sa dernière déconvenue. L’histoire est peu ragoûtante: je conseille aux personnes un peu chatouilleuses sur les questions d’hygiène de ne pas lire la suite…

En sortant du Salon du livre, la tête encore sur un petit nuage, elle s’assied dans le bus à côté d’une jeune fille. La demoiselle doit être étudiante: elle surligne avec son marqueur certaines phrases de son livre. L’Histoire de la Russie. Ah, se dit Arlette, admirative. C’est bien ces jeunes qui ne perdent pas de temps dans les transports et qui en profitent pour s’instruire.

Tandis qu’elle se fait cette réflexion, sa voisine commence à se curer méticuleusement le nez. Très moche. D’ailleurs, avez-vous déjà remarqué le nombre de personnes qui se livrent à cette activité pendant les trajets? Il y aurait une étude à faire.

En général, ces nettoyeurs compulsifs de pif mettent leur butin dans un mouchoir, ou l’escamotent on ne sait où. Là, rien du tout! L’étudiante dépose ses crottes sur la vitre devant elle et les étale généreusement en esquissant des courbes artistiques. Beurk! Beurk! 

Arlette, ça lui donne la nausée. Et une idée. Elle pose discrètement un paquet de mouchoirs sur le livre ouvert pendant que la miss parle à son portable. Est-ce que ça va lui faire tilt? Puis elle s’en va, avec une pensée émue pour ceux qui se farciront le nettoyage.

Que faire? Mener une campagne anti doigts dans le nez dans le bus? Perdu d’avance! Ils ne sont vraiment pas aidés, les TPG!

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28.04.2012

L'arrivée des hirondelles

Enfin une bonne nouvelle, après cette triste semaine: les hirondelles sont de retour!

Fausto, ça l'a carrément mis en joie de les revoir! Il les attendait impatiemment depuis des jours, comme on guette l'arrivée de l'être aimé. Et hier matin, de sa fenêtre du quartier des Grottes, il les a vues arriver dans le ciel après des milliers de kilomètres de vol.

Même pas fatiguées, les belles, à leur retour d'Afrique! Elles s'amusent dans les airs, graciles, et trissent à tout va dans la nature qui s'éveille. Une véritable ode à la joie, ces petites bêtes.

S'il habitait près d'une grange ou dans un lieu bucolique, Fausto aurait pu se réjouir un poil plus tôt. Au Centre ornithologique de Genthod, on me dit que les hirondelles rustiques et les hirondelles des fenêtres ont été observées dans la campagne genevoise il y a une petite semaine déjà.

Des mâles principalement, si j'ai bien tout compris. Ces messieurs arrivent en ambassadeurs dans nos contrées pour faire la tournée des nids et les bricoler au besoin. Ces dames vont suivre sous peu pour faire famille.

Alors je vous le dis tout net: n'allez pas démolir ces petits nids d'amour, sous prétexte qu'ils salissent la façade. Elle peut se nettoyer ou même être protégée contre les salissures. Car le drame de ces jolis oiseaux, ici, c'est de parvenir à trouver un lieu où accrocher leur logis. Les nouvelles constructions sont trop lisses pour les recevoir et les anciennes s'en protègent. A cause des fientes, justement.

C'est pas chic. Où voulez-vous que se posent alors ces messagères de l'espoir?

Parce que l'hirondelle ne fait pas seulement le printemps. Elle porte aussi bonheur.

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27.04.2012

Promenade en péril

Promenade des Lavandières. C'est un joli nom, vous ne trouvez pas?

«Tout c'qu'est dégueulasse porte un joli nom» chante pour sa part un poète français. Il exagère. Quoique.

Car les Lavandières ne sont plus ce qu'elles étaient. Non pas que je regrette l'époque où ces femmes laborieuses battaient le linge sur le fleuve. Il y a plus drôle à faire. Surtout depuis que les machines à laver existent.

Mais j'ai la nostalgie de ce temps, pas si lointain, où l'on pouvait cheminer en paix entre les Halles de l'Ile et la passerelle des Forces Motrices, les deux bras du Rhône encadrant la flânerie.

Car en cet entre-saison, les dealers ont pris cette promenade en otage. Ils se postent le long du trajet. Attendent l'acheteur seul ou en groupe. Planquent leur marchandise dans les failles des murets, les interstices des rochers, les plantations ou dans le passage sous le pont de la Coulouvrenière.

Je peux presque vous dire exactement où, car ça se passe sous nos yeux! Tous les jours. Le trafic s'épanouit à l'air libre, et la chose semble normale. Le passant dit quelque chose contre ce cirque? Il est taxé de raciste.

Mais Julie, de quoi tu te plains? Ceux-là sont gentils. Ils ne font que dealer (!) Ils ne volent pas les simples promeneurs, m'a-t-on dit. Peut-être.

Mais quand je marche pour aller au boulot et que je vois, de loin déjà, qu'il faudra passer seule au milieu d'une bonne dizaine de trafiquants peu amènes, qu'est-ce que je fais?

Je change d'itinéraire. Je renonce à la Promenade des Lavandières. Et je grommelle jusqu'au bureau, d'où je vous écris ces quelques lignes...

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26.04.2012

La gueule de bois

Dur dur, le réveil, ce mercredi matin. La bonne gueule de bois. Et pourtant, je n'ai rien bu. Alors quoi? Eh bien tout! 

Il y a d'abord ces 1250 postes de travail supprimés d'un coup d'un seul chez Merck Serono. Ouste, du balai!

J'ai le bourdon rien que d'imaginer ce que vivent tous les employés, après ce genre de secousse. Colère, dépit, inquiétude. Le moral dans les chaussettes. Ça vous plombe une ville, c'est sûr.

Car les personnes touchées en première ligne par cette liquidation ne sont pas seules au monde. Elles ont une famille, des amis, des activités. Des engagements, aussi. Tout un monde qui s'effondre, soudain.

Et puis, comme si cela ne suffisait pas en ce mardi noir, la Faucheuse a encore fait des siennes. Le chômage, connaît pas! Elle serait plutôt du genre à faire des heures sup non rémunérées. La Mort emporte ainsi, à quelques heures de distance, deux personnalités de Genève. Deux hommes qui ont compté dans cette ville, chacun à leur manière et dans leur temps. Michel Chevrolet, flamboyant homme politique et médiatique. Jo Johnny, infatigable artiste de music-hall, du haut de ses septante ans de carrière

Ça fait beaucoup de trucs tristes, vous ne trouvez pas? Faudrait dénicher au moins une nouvelle réjouissante.

Le départ de l'ancien procureur Zappelli, qui s'en va vivre et travailler à Dubaï? Même pas. Le retour d'Alves au Servette? Si on aime le foot, pourquoi pas.

En tout cas moi, j'ai toujours la gueule de bois. De bleu de bleu! aurait dit Jo Johnny. Je l'entends encore.

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25.04.2012

Acheter local, certes

Les envies de fraises de Yolanda m'ont valu une avalanche de courrier. Je vous la fais courte: pas besoin d'être grand clerc pour savoir que ce n'est pas la saison des fraises, ici et maintenant.

Dans le jardin de Cécile, elles en sont encore au stade de jolies fleurs blanches. Alors...

Alors on sait bien qu'elles viennent d'Espagne, les fraises! Mais il serait bon que les magasins le disent et indiquent leur provenance. Pas les conditions dans lesquelles elles ont été récoltées. Juste la provenance. Après, les clients font ce qu'ils veulent.

S'ils désirent consommer local et de saison, le bon sens devrait suffire. Mais il existe aussi un dépliant, édité par l'Union maraîchère suisse, qui peut donner un coup de main. Il indique ce qui sort et quand. (www.swissveg.com). Cela concerne uniquement les légumes. Pour les fruits, on me recommande le site www.suissebalance.ch, un organisme fédéral œuvrant pour la santé publique. Voilà!

Acheter en Suisse, certes. Une campagne d'affichage nous incite ces jours à le faire. Entièrement d'accord, dirait Pascale, mais faut pas non plus nous prendre pour des pigeons. (C'est pourtant très local...)

La dame fait souvent ses emplettes sur le net et compare les prix. Eh bien, il n'y a pas photo: un thermomètre sonde de cuisson, même marque, même appareil, vaut 78.90 francs sur un site suisse. Sur un site français, il est à 29.90 euros. Soit 35.95 francs au cours du jour. Même avec les frais de port depuis la France, la différence de prix reste énorme.

C'est pas du jeu!

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24.04.2012

SOS Chats: le top!

C'était un haret. C'est quoi un haret? J'avoue que je ne le savais pas, jusqu'à hier. Selon le dico, c'est un animal domestique qui est redevenu sauvage.

Alors oui, Mutzli était un haret. Dans sa jeunesse, il avait été balancé par la fenêtre par un humain peu accommodant. Depuis, il vivait sa vie de chat errant du mieux qu'il pouvait.

Mais un matou, c'est futé. Ça retombe vite sur ses pattes. Il y a sept ou huit ans, il a trouvé une bonne adresse. Le jardin de Tante An! Là, il était tranquille: repas assuré, repos garanti. Plus une grattouille, au besoin.

Samedi pourtant, il gisait dans le jardin, gravement blessé. Sa protectrice appelle illico SOS Chats. L'association, qui n'assure pas de permanence téléphonique, donne un contact pour les urgences. Là, c'en est une!

«Je viens», dit une voix au bout du fil. Arrive alors un vétérinaire avec tout ce qu'il faut comme matériel d'intervention, et une jeune dame avec son bébé de six semaines dormant paisiblement dans un couffin. Si c'est pas du dévouement pour la cause des chats...

Les deux spécialistes s'occupent du blessé, tandis que Tante An surveille le nourrisson. Ils emportent finalement Mutzli. Mais il ne reviendra pas. Trop mal en point: bassin cassé, lésions internes. Il a sans doute passé sous une voiture. Le vétérinaire l'endort...

Tante An souhaite remercier ces gens de SOS Chats pour leur gentillesse et pour la qualité de leur intervention, gratuite, en plus. Mais elle est triste. Même si le haret a rejoint le paradis des chats, où il peut faire ce qu'il préférait: dormir au soleil.

Nous, c'est pour tout bientôt, à ce qu'il paraît. Le soleil, donc!

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23.04.2012

La voix du client

Le client est roi, dit-on. Mais il n'est pas toujours courtisé de la même façon. C'est parfois même le jour et la nuit.

Steve, un homme d'affaires au délicieux accent anglais, en a ainsi fait l'expérience il y a peu, au cœur de la Genève commerçante.

Rue du Rhône, un beau samedi de printemps. Il se rend dans le temple de la technologie Apple où il reçoit toutes les infos utiles sur sa nouvelle tablette. Service impeccable, bonne qualité d'écoute, conseils avisés. Il reviendra!

En allant reprendre son tram, il passe devant une arcade où on lui tend une publicité qui le titille. C'est une offre Eliteman pour des vêtements. Steve n'a absolument pas besoin d'habits. Mais curieux, et flairant la bonne affaire, il grimpe à l'étage et découvre cette vente à un prix défiant toute concurrence. Jugez plutôt: un complet veston avec chemise, ceinture, cravate et des chaussures pour 199 francs le tout. C'est donné! Il ressort de là avec son petit paquet sous le bras.

La semaine suivante, il enfile ses nouvelles chaussures pour aller à un rendez-vous d'affaires important. C'est alors qu'une odeur très gênante monte de ses pieds. Ça ne sent pas le fromage, mais une vilaine odeur de goudron, entêtante. Il ne sait plus où se mettre...

Le client retourne au magasin pour un retour ou un remboursement partiel des chaussures défectueuses. C'est niet! Le désagrément subi par l'acheteur? Le vendeur n'y trouve aucun intérêt. Il pense sans doute qu'au prix payé pour cette promotion, le client n'a pas encore à se plaindre. Erreur!

Un client insatisfait est perdu pour toujours. Et Steve n'y mettra plus les pieds. Avec ou sans goudron...

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21.04.2012

Circulation pas si libre

Vous connaissez la «Geneva Transport Card 2012»? C'est la carte de libre circulation sur les TPG que ni vous ni moi ne possédez, normalement, puisqu'elles sont remises aux clients des hôtels genevois.

Lundi dernier, des contrôleurs font leur boulot dans le bus 9. Ils avisent un «pépé» (c'est lui qui le dit!). Confiant, il leur tend son sésame touristique.

Cela ne suffit manifestement pas. «Vos papiers!» exige l'uniforme. Le passager sort sa carte d'identité suisse. «Si vous êtes d'ici, vous n'avez pas le droit d'utiliser ce titre de transport!» Ah bon?

Le client argumente. Il est Suisse mais habite désormais en Espagne. Comme il n'a pas gardé de pied à terre à Genève, il va à l'hôtel quand il revient au pays. Voilà.

Le contrôleur s'étrangle. «Quoi, un Suisse dans un hôtel? Mais vous êtes amendable, Monsieur!» (?) Il exige un «passeport valable» (?)

Le «pépé» fourrage dans son sac et en extrait son document rouge à croix blanche. «Il ne vaut rien! (?) Vous me présentez votre passeport espagnol ou rien du tout». Le cerbère rebrandit la menace de l'amende. Puis se ravise. «Je vous laisse aller, mais la prochaine fois, vous y avez droit!» (à l'amende, donc).

Le «pépé» repense alors au texte de Peter Bichsel "Des Schweizers Schweiz". Tout cela lui semble bien loin. Il se dit que désormais, le Suisse qui revient chez lui est un étranger.Il conte sa mésaventure au réceptionniste de l'hôtel, qui confirme. Oui, il a droit à cette carte de libre circulation, qu'importe sa nationalité. Oui, hélas, de nombreux touristes suisses sont victimes de ce type de harcèlement de la part des contrôleurs TPG. Non mais...

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20.04.2012

Une envie de fraises...

Certains magasins jouent le jeu, d'autres moins, voire pas du tout.

Ceux qui mettent cartes sur table affichent la provenance de leurs fruits et légumes. Ils ont tout intérêt à le faire, normalement. Mais voilà...

A la Coop de son quartier, Yolanda est accueillie par un étal fort alléchant. Des fraises lui font de l'œil dans leur emballage en bois fin, très flatteur au teint. Les fruits sont rouges à souhait, la décoration plaisante. La cliente n'est pas enceinte mais son envie de fraises devient soudain irrépressible.

Dans un ultime sursaut de consommatrice responsable, elle se demande d'où viennent des délicatesses. Car il lui arrive de boycotter certains produits. Selon leur provenance, justement. Or, il n'y a rien d'indiqué sur le panneau de promotion. On sait qu'il s'agit de fraises, on voit leur prix, mais pour le reste, circulez, y'a rien à voir. Elle s'adresse au vendeur. Il ne sait rien. Faut regarder sous la barquette, suggère-t-il. Et mener l'enquête.

La cliente se met en pétard. Une fois de plus, on nous cache tout, on nous dit rien. Elle qui a envie d'acheter local se voit poussée à prendre des produits dont elle ignore tout. «Ça devient un vrai parcours du combattant pour connaître où les fruits et les légumes ont été cultivés.» Ils en ont honte, ou quoi?

Yolanda pourra au moins manger «local» samedi à la Fusterie. L'Armée du Salut y tient un stand «Sucré-salé» de 8 h à 16 h avec, qui sait, des tartelettes aux fraises. La recette servira aux défavorisés de Genève qui reçoivent accueil et repas chaque dimanche, rue de Seillon. Une bonne façon, pour les gourmands, de joindre l'utile à l'agréable.

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