04/05/2016

La passion du dessin

Quand elle est entrée en août dernier à l’EMS des Bruyères, Myssia Clerc a mis son passé de côté pour vivre au mieux les jours à venir.

Sa vue ne lui permet plus de coudre ou de broder? Qu’importe. La résidente va trouver un autre moyen d’occuper sa tête et ses mains. Et c’est ainsi qu’elle s’est mise à dessiner. A 94 ans!

Elle qui n’avait plus touché aux crayons de couleur depuis son enfance a sorti sa boîte de Caran d’Ache et s’est attelée au travail. Elle a trouvé des tas de sujets à recopier. Des feuilles, des fleurs, un motif de foulard ou un détail dans une image. Puis sont arrivés les oiseaux, capturés dans des livres.

Après des débuts un peu timides et hésitants, où elle a produit «de la petite bricole», la main de Myssia a pris de l’assurance. Les traits sont devenus plus précis, les nuances de couleurs plus subtiles, les compositions plus libres.

Faut dire que cette dame étonnante passe désormais des matinées entières plongée dans ses dessins. Et le temps file si vite, quand on a la passion…

Malgré ses yeux qui lui jouent des tours, la dessinatrice sait bien observer ses modèles et s’applique à les rendre les plus vivants et gracieux possibles, en jouant avec les couleurs. Il n’y a aucune tristesse dans ses images. Juste le plaisir de montrer comme la nature est belle.

Myssia n’aurait jamais pensé pouvoir être capable, un jour, de réaliser de tels dessins. Et pourtant! Elle en compte aujourd’hui près de 230, dont certains sont exposés à la cafétéria de l’établissement, pour son plus grand plaisir.

Le dessin m’a sauvé, sourit encore cette dame au regard vif. C’est un bonheur tombé du ciel! Qui dit mieux?

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03/05/2016

Le coup de la panne

Sur la panne d’hier qui a privé de jus une partie de la République, il y aurait mille histoires à raconter.

Mais j’ai bien aimé celle de Pauline. Pauline? C’est une copine lancéenne qui se rend généralement au turbin avec le tram 15. Lundi matin, le véhicule qu’elle attend est immobilisé sur les rails, entre deux arrêts. Rien ne bouge. Mauvais signe: elle va être en retard…

Elle grimpe alors vite dans un bus pour tenter d’attraper le tram 14. C’est là qu’elle entend l’annonce des TPG évoquant la panne électrique. Plus rien à espérer du côté des trams, hélas.

Qu’à cela ne tienne, elle descend du bus et presse le pas en direction de la ville. Tout en marchant, la belle blonde fait du stop. Mais les véhicules ne la remarquent pas. Ils sont trop pressés pour s’arrêter. Trop dans leur bulle.

Après un bon moment de trotte, une bagnole freine enfin à la hauteur de Pauline. Le conducteur descend la vitre et la piétonne lui dit, comme pour s’excuser du dérangement: vous savez, il y a une panne, les trams ne marchent pas.

Oui, on sait! répondent en chœur les occupants de la voiture. Car en plus du chauffeur, il y a aussi deux passagères. Des usagères des transports publics que Charles a déjà embarquées au passage.

Faut dire que lui aussi s’était fait surprendre par la coupure d’électricité, apprendra Pauline en cours de route. Quand il a réalisé que son tram chéri n’arrivait pas, il est retourné dare-dare chez lui prendre son auto. Et il a fait ensuite le taxi pour dépanner les autres. Sympa!

D’autant qu’à bord du véhicule, l’ambiance était chaleureuse. Du coup, Pauline n’a pas regretté une seconde la panne!

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02/05/2016

Le gardien du jet d'eau

Après, c’est promis, j’en parle plus. Ou plus autant. Mais voilà: suite au récent feuilleton que j’ai consacré au Jet d’eau, Samuel m’a téléphoné.

Samuel, c’est le gardien du Jet d’eau! Il le met en marche le matin, l’arrête le soir et reste aux aguets toute la journée pour épier les vents qui pourraient lui donner le tournis. Car si l’eau valse trop loin à la ronde et arrose la République, c’est lui qui coupe le robinet.

Bon, Samuel n’est pas seul à occuper ce poste privilégié: ils sont cinq à se partager les tours de garde. Tous des retraités des SIG. Des volontaires.

Ça vous dirait de venir voir comment ça se passe, sur place? m’a demandé cet homme affable. Je veux!

Et me voilà l'autre matin sur le quai des Eaux-Vives, dans un local discret situé juste à côté de la police du lac.

Un poste d’observation de rêve! Sur la rade et ses bateaux, sur le vol des hérons et sur l’objet de toutes les attentions. Pour l’heure, il dort encore.

Tout se joue donc dans ce modeste local. Il y a là un écran de commande, des cadrans montrant la force des vents, la température et autres mesures utiles pour prendre les bonnes décisions.

Samuel explique avec fierté ce qui lui permet d’exercer au mieux la surveillance du grand panache blanc. Puis il me demande en souriant: Ça vous dirait de faire partir le Jet d’eau?

Je veux! Alors j’ai appuyé où il fallait. Tac, l’aiguille de la première pompe a bougé, tac la deuxième aussi. Et hop, miracle, il est sorti, et il est déjà tout en haut dans le ciel. De bleu de bleu comme c’est beau!

Quand je serai retraitée de la Julie, pensez que je pourrai aussi faire gardienne du Jet d’eau?

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30/04/2016

Une sortie entre filles

Attention, les filles! Les grandes, donc. Si vous allez boire un verre le soir dans un bar, sortez avec une pièce d’identité et tenez-vous à carreau. Les forces de l’ordre font du zèle, parfois.

Mercredi dernier, quatre habitantes des Pâquis passent une soirée entre copines dans un établissement de leur quartier. Elles papotent et rigolent. Rien de mal, a priori. Mais il est tard. Près d’une heure du matin.

La police fait soudain irruption dans le troquet. Paraît que quelqu’un s’est plaint du bruit. Les deux hommes en uniforme demandent aux gens qui se trouvent encore là de quitter les lieux.

Les quatre amies obtempèrent sans faire du foin. Elles allaient partir, de toute façon. A peine ont-elles mis le pied dehors que les pandores exigent leur pièce d’identité et leur demandent de souffler dans l’éthylomètre.

Les papiers oui, souffler, ça non! disent-elles en chœur. Elles logent à deux pas de là et se déplacent justement à pied. A quoi bon?

Mais les policiers n’aiment pas trop que des femmes leur tiennent tête. Ils demandent des renforts, qui arrivent en moins de deux. Ça nous fait cinq policiers pour examiner des pièces d’identité. N’est-ce pas un peu exagéré?

Dans la rue le ton monte, forcément. Les policiers menacent d’emmener le quatuor au poste, alors que les réfractaires à l’alcootest exigent de voir le numéro de matricule des policiers, qui se contentent de le décliner. La scène se passe sous les yeux amusés des dealers. Chaude ambiance!

Les Pâquisardes n’ont finalement pas soufflé. Mais elles ne sont pas pour autant sorties d’affaire. Une amende pour tapage nocturne leur pend au nez. Mais à qui la faute, tout ce ramdam?

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29/04/2016

Retomber en enfance

Il y a des jours où j’aimerais retomber en enfance… Ça m’a pris pas plus tard qu’hier, lors de l’inauguration de la place de jeu de l’Ancien Palais.

Ah, s’amuser comme avant! Faire comme tous ces gosses qui partent à l’assaut de la butte pour glisser ensuite dans un tubotube géant, le sourire jusqu’aux oreilles.

Ou alors, grimper avec eux dans les cordages, attraper de ses pieds le ciel en balançoire et faire tanguer la barque à rames échouée sur le gravier, entre les arbres. Comme si on jouait à être au bord de l’eau. Il est vrai que l’Arve n’est pas bien loin…

Mais voyons Julie, c’est plus de ton âge, tout ça! Il y a déjà assez d’enfants qui s’amusent par ici. C’est pour eux, ce terrain de jeu! Bien sûr.

Inspiré des palafittes, autrement dit des villages sur pilotis, l’aménagement s’inscrit très bien dans le paysage. Il a été conçu par Aloys Lolo. Un artiste, un vrai, et aussi un habitant du quartier.

Son projet sensible et rassembleur a eu l’aval des différents services de la ville, la bénédiction des habitants et a été plébiscité par les enfants. Que demander de plus?

Une telle réalisation ne se fait jamais seul. Lors de l’inauguration de jeudi, l’artiste a dit merci à toutes les personnes sans qui les jeux ne seraient pas. C’est fou comme la liste était longue!

Aloys Lolo a donc cité les acteurs de cette œuvre collective, les artisans de tous les corps de métier jusqu’au certificateur. Car l’installation est aux normes. Qui sont nombreuses et tatillonnes, comme on le sait. Mais allons plutôt jouer.

Il y a des jours où j’aimerais tant retomber en enfance…

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28/04/2016

Entre singe et oignon

C’est la colle du jour: quel est le point commun entre un singe et un oignon?

J’ai donné ma langue au chat!

Eh bien voilà ce qu’il m’a répondu, le chat: leur point commun, c’est le printemps capricieux que nous avons, avec ses températures en dents de scie qui nous mettent sur les rotules.

Certes, mais encore… Vous ne saisissez toujours pas le rapport ainsi établi entre le mammifère plantigrade et la plante potagère?

C’est simple, pourtant: depuis le début du mois de février, nous sommes entrés dans l’année du singe. On parle ici d’horoscope chinois, bien sûr.

Chez les Chinois, cet animal vif est perçu comme le symbole de l’imprévu. Le singe ne fait jamais, semble-t-il, dans la demi-mesure. Avec lui, tout peut arriver, le meilleur comme le pire. Comme ce printemps, donc…

Alors pour s’adapter à ce temps de cochon, l’humain se prend pour un oignon! Il s’habille à la manière d’un bulbe. Avec des couches superposées.

Il les enfile les unes sur les autres en prévision du froid et les ôte au fur et à mesure que la température remonte. L’exercice peut se répéter plusieurs fois au cours de la journée. Etre couvert comme un oignon, c’est s’assurer un vrai boulot de singe...

Mais ce n’est pas tout. Le chat a oublié un truc. Le temps imprévisible de ces jours n’est pas le seul point commun entre le mammifère et la plante. Ils se rejoignent parfois dans nos assiettes.

Je suis ainsi tombée sur une recette végétarienne oignon moutarde pain de singe. Et aussi sur la promesse d’un plat de singe cuisiné aux petits oignons. Du corned-beef, aux dernières nouvelles!

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27/04/2016

Jet d'eau, le retour...

De quoi souffre-t-il? A vue de nez, on pourrait dire qu’il a la crève. A peine revenu lundi matin dans la rade, après deux semaines de repos forcé, le Jet d’eau s’éclipsait déjà dans l’après-midi. Un coup de froid, peut-être.

Mardi, il ne s’est pas levé avant midi, pour disparaître ensuite bien avant l’heure. C’est grave, docteur?

Au chevet du malade, les avis divergent. Les spécialistes évoquent le niveau extrêmement bas du lac. Puis les travaux sur la jetée des Eaux-Vives. Voire les deux à la fois. Et si c’était quelque chose de plus grave, au fond, qui minait notre Jet?

Les SIG ne s’en rendent peut-être pas compte, mais la santé vacillante de leur protégé fait jaser dans la République. Elle inquiète les Genevois, accros à leur panache d’eau, et attriste les touristes qui le cherchent partout.

Pas de souci, comme dirait l’autre, tout est sous contrôle et le malade est guéri! Les interventions qui le touchent de près sont momentanément finies. Dès aujourd’hui il se lèvera donc comme toujours, fidèle au poste. Sauf cas de vent turbulent.

Pour éviter de me faire bombarder d’appels à la prochaine absence du symbole de la ville, je vous annonce d’ores et déjà qu’on lui coupera le sifflet trois jours d’affilée, dans la semaine du 16 mai. Soit juste après Pentecôte, quand les touristes seront encore plus nombreux à vouloir se faire photographier en sa compagnie…

Mais c’est pour une bonne raison: le Jet d’eau sera arrêté, le temps que soit installée la toute nouvelle passerelle qui permettra au public un meilleur accès à la Jetée des Eaux-Vives. C’est noté?

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26/04/2016

Drôle de proximité

Ah, dormir en paix!

Les morts en savent long sur le sujet, eux qui reposent à tout jamais en des lieux tenus à l’écart de toute agitation. En retrait du monde. Au calme plat.

Entre les logis des morts et des vivants, il a toujours été de bon ton de garder une distance assez respectable. Sait-on jamais…

Mais voilà que çà et là des immeubles commencent à pousser tout près des murs des cimetières. Ou à deux pas. Vue plongeante assurée depuis son salon sur les alignées de tombes, les sentiers en gravillon et les familles éplorées. Ambiance!

Ce rapprochement ne répond pas forcément à la volonté des autorités de la ville de Genève d’ouvrir les cimetières au grand public pour en faire des lieux de méditation ou de promenade, avec concerts et lectures.

C’est une autre logique. On construit des logements là où il y a encore de la place. Alors pourquoi pas près d’un lieu où dorment les défunts? Il n’y a plus de tabou ou de gêne à cet égard.

Mais les habitants de ces nouveaux immeubles ne sont pas tous logés à la même enseigne. Ceux qui donnent sur les Rois ont un parc à leurs pieds, alors que ceux de Chambésy ou de Vésenaz ne peuvent ignorer près d’où ils sont.

Vous me direz que tant qu’à faire, mieux vaut loger près d’un cimetière que le long d’une autoroute. Ou près de l’aéroport.

Les voisins ne sont au moins pas trop bruyants. Et ils sont bien gardés. Rien à craindre de ce côté-là, disait Prévert en son temps. Non, franchement, il y a pire comme proximité.

Mais il y a plus drôle aussi…

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25/04/2016

Un billet à apprivoiser

Le billet bleu, je connais. Le vert, un peu moins. Surtout le dernier-né de la Banque nationale suisse, celui de 50 balles, tout juste mis en circulation.

Comme me disait un bon commerçant genevois, quand t’as un nouveau billet entre les mains, t’as intérêt à vite faire connaissance avec lui. Pour savoir qui il est, vraiment. Et pour apprendre à distinguer le vrai du faux.

Vous me direz qu’avec toute la technologie utilisée pour la confection des nouvelles coupures, c’est pas demain la veille que des petits malins perceront la cuirasse sécuritaire protégeant cette neuvième série de billets suisses. Mais bon. Apprenons…

Le commerçant m’a conseillé d’aller à la Poste pour que l’on me détaille les points qui ne trompent pas un œil averti. Mais la Poste m’a renvoyé à la BNS. Ou plutôt à son site qui dit tout sur tout. Et là, je dis chapeau. Plus clair et transparent, comme info, tu fais pas. Encore faut-il disposer d’un ordinateur.

Devant l’écran, j’ai donc fait plus ample connaissance avec le nouveau billet, tout en vérifiant sur la bête les nombreux tests proposés. Au bout de l’exercice, on ne le regarde plus la coupure de la même façon. Tant de complexité forcerait presque le respect.

Le billet comporte pas moins de treize éléments de sécurité, dont dix aisément repérables aux yeux mais aussi à la main, pour que les non-voyants puissent s’y retrouver. Le reste étant sensible aux ultraviolets ou infrarouge.

Un film vient compléter la présentation de ce billet qui décoiffe. Il faut bien ça, pour rester dans le vent!

(www.snb.ch/fr/iabout/cash)

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23/04/2016

Le Jet d'eau a la molle

«J’ai la molle de printemps…»

La déclaration a comme un air de déjà-vu. Normal. Elle revient chaque année à pareille saison. Avec les soupirs de lassitude qui vont avec, et la mine un peu pâlotte.

La molle? Ben oui, la molle, disais-je. C’est une Genevoiserie. Une de plus. Selon un vieux glossaire des mots du cru, ça signifie «n’avoir pas le cœur au travail, être plus disposé à flâner qu’à s’occuper. Exemples: j’ai la molle, la molle me gagne, la molle me tient.»

Ça ne date pas d’hier, et pourtant, rien n’a changé! Les habitants de ces doux rivages développent toujours cet état léthargique quand les températures font le yo-yo, quand la sève monte irrésistiblement alors que tout en eux les pousse à rester au plumard. Pour y dormir, souvent.

La molle de printemps, donc.

Faut croire que même le Jet d’eau a la molle ces temps, et la grosse! Il a ainsi disparu des écrans radars depuis bientôt deux semaines, et les avis de recherche sont lancés.

Il est où? Au fond du trou!

La faute au niveau du lac, exceptionnellement bas en cette année bissextile (371,6 m pour être précis, soit 70 cm en dessous de la cote maximale) ce qui empêche les pompes du jet de propulser l’eau tout là-haut.

Mais pas que. Les travaux sur la jetée des Eaux-Vives y sont aussi pour quelque chose. On y améliore l’accès pour tout le monde et on en profite pour aménager la petite rotonde. Aux dernières nouvelles, des travaux seront effectués cette fin de semaine encore sur le site.

Mais promis, le Jet d’eau devrait redémarrer lundi. Adieu la molle!

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22/04/2016

Spectacle de plein air

La grue rouge a fini par replier ses ailes et se faire la malle. Ne restaient hier sur la scène à ciel ouvert qu’un immense levier orange haut de plusieurs étages, un bout de quai barré à la circulation et un pont de Carouge tout dépenaillé, au chevet duquel les ouvriers s’activaient toujours.

L’ouvrage d’art est en effet aux soins intensifs, intubé de partout, protégé par des tas de barricades et soutenu par des poutres métalliques. Des hommes casqués s’affairent sur le tablier ou près des piliers, indifférents aux regards qui se portent sur eux. Ils ont l’habitude.

Tous les chantiers de la République ont ainsi leurs fidèles et leurs curieux. Aux premières loges de ces spectacles de rue très prisés, les parents avec leurs jeunes enfants. Ils observent le ballet des machines et des travailleurs, commentent et puis s’en vont.

Et puis il y a les retraités. Des messieurs, principalement, qui ont leur poste d’observation préféré et le regard un brin nostalgique. Ou connaisseur. Ils étaient peut-être du métier.

Entre ces deux grandes catégories de spectateurs, pas grand monde, il faut bien l’avouer. Je connais un jeune sexagénaire qui, à chaque chantier qui s’ouvre en ville, se dit encore: tiens, je pourrais y aller avec les garçons!

Mais ses garçons sont adultes depuis belle lurette… Regarder les chantiers, c’est plus de leur âge. Ou pas encore. S’ils y jettent encore un œil en passant, c’est peut-être pour se rappeler de ces moments passés en famille. Pas plus.

Les chantiers, c’est un peu comme les spectacles de cirque. On les regarde à des moments précis de sa vie. A propos, le Nock vient d’arriver sur la plaine de Plainpalais, si jamais…

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21/04/2016

Eléphant et pain-choc

Comme un éléphant dans un magasin de porcelaine…

Cette expression fait craindre le pire. Bonjour les dégâts! Ciel, vise un peu celui-là comme il est maladroit, sans finesse, déplacé.

Rien de tout ça, en fait. L’expression du jour figure sur le carton d’invitation à une exposition originale qui se tient à Meinier. Un village qu’Hannibal, aux dernières nouvelles, n’aurait pas traversé avec ses pachydermes.

N’empêche. La galerie au «Coin du Centre» accueille dès aujourd’hui les dessins d’éléphants de Thierry Ott. Soit une bonne grosse vingtaine de variations hautes en couleur et stylisées sur le sujet. Pourquoi cet animal? Il faudrait le lui demander! A l’artiste, donc.

Quant à la céramiste Séline Kocher, elle a repris ces dessins de ces mastodontes qui trompent énormément pour en faire les décors de ses bols et autres pièces délicates en porcelaine. Leur travail se découvre jusqu’au 8 mai et vaut le détour.

L’autre rendez-vous maousse de la semaine, c’est ce vendredi 22 avril, près des canons, en vieille ville. Les Artisans Boulanger-Confiseurs du canton y invitent la population genevoise à un apéritif géant en présence de tous les députés. Ça va tirer à gros boulets…

Au menu: pain et chocolat, à croquer sur place de 11 h à 14 h. Entre avelines et petits ballons, les gourmands pourront assister à une cérémonie d’intronisation de la confrérie genevoise des chevaliers du bon pain, ainsi qu’à l’attribution du titre du meilleur chocolatier de l’association.

Miam slurp, les becs à sucre s’en lèchent déjà les babines!

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20/04/2016

Les fidèles messagers

Il y a ceux qui guettent la sortie de la première feuille du marronnier pour se croire au printemps et d’autres qui préfèrent scruter le ciel à la recherche de la première hirondelle.

Eh bien sachez qu’elle est enfin de retour! Lundi après-midi, elle et ses compagnes de migration ont tracé des zébrures gracieuses au-dessus des Grottes, au milieu d’un splendide arc-en-ciel.

Dommage que l’ami qui me signale toujours cette arrivée émouvante n’ait pas eu son téléobjectif à portée de main pour immortaliser la scène. Mais on l’imagine volontiers, accompagnée de plein de joyeux trissements aériens.

Ces fidèles messagers du printemps prennent donc ces jours leurs quartiers dans la région, après des milliers et des milliers de kilomètres de vol incessant. Et ils en ont plein les ailes!

Ces grands voyageurs, qui pèsent tout juste 20 grammes, ont ainsi survolé le Sahara et la Méditerranée, puis ont passé sur l’Italie ou le couloir rhodanien avant d’arriver sur les bords du Léman. A nous de bien les recevoir, à leur retour d’Afrique.

Mais nos traditions d’accueil se perdent. Pour les humains comme pour les oiseaux…

Les hirondelles qui viennent ici faire famille retournent toujours pondre au même endroit, là où elles ont leurs habitudes. C’est donc pas chic de détruire ou de boucher leur nid, sous prétexte que ça salit.

Oui, bien sûr, ces cacas d’oiseaux font tache dans le paysage. Et alors? Une fois les petits hors du nid, on poutze. Car c’est plutôt une chance, et non une punition, de pouvoir héberger les messagers du printemps!

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19/04/2016

Le temps de respirer

Des magasins ouverts jour et nuit? Et puis quoi encore!

Aux dernières nouvelles, il serait question de faire tomber les tabous. De s’adapter à un nouveau mode de vie. Pourquoi fermer les commerces en début de soirée et le dimanche, quand tout le monde veut précisément faire ses achats à ces moments-là?

Pour répondre à la demande des consommateurs, il faudrait donc que les marchandises soient en permanence accessibles et achetables. Pour avoir tout, tout de suite.

Comme des enfants gâtés qui font leur crise!

D’abord j’ai rien demandé du tout, même si les décideurs parlent au nom des consommateurs. Ensuite, pas dit qu’une plus longue ouverture des magasins soit la meilleure réponse qui soit aux problèmes qui plombent le commerce de détail d’ici: les achats à l’étranger et sur Internet.

Enfin, est-ce souhaitable, pour les vendeurs comme pour les clients, de prolonger jusque tard dans la nuit la fièvre des achats? Il y a mieux à faire.

Car il est un temps pour tout.

Et je préfère le temps de la fleuriste, qui nous fait si bien respirer. Celui qu’elle prend pour écrire à la craie, sur l’ardoise de sa vitrine "Juste en passant", la citation d’un auteur. Paraît que des amateurs de pensées font le détour par Micheli-du-Crest pour les découvrir, au milieu des fleurs.

En date du 10 mars, Boris Vian: «Ce qui m’intéresse, ce n’est pas le bonheur de tous les hommes, c’est celui de chacun». Ou le 7 avril: «Ce n’est pas en tournant le dos aux choses qu’on leur fait face». Signé Pierre Dac, bien sûr.

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18/04/2016

Les chants du matin

Tiens! Le réveil n’a pas encore sonné que déjà des chants s’élancent dans la cour, joyeux et flûtés. Les oiseaux sont de retour, enfin.

Et c’est la tête sur l’oreiller ou dans les nuages que s’écoutent ces concerts printaniers et aériens.

Les chanteurs entrent dans le chœur en fonction des heures du matin, me glisse à l’oreille Patrick Jacot, du centre ornithologique genevois.

Les premiers mâles à se manifester dans l’aube naissante sont les rouges-gorges et les merles noirs qui s’en donnent vite à cœur joie.

Ces lève-tôt sont suivis vers neuf heures par les pinsons des arbres, puis les verdiers, les sittelles torchepots et les troglodyles mignons. Alors ça gazouille, ça pépie et ça babille ferme, sur fonds de pics qui donnent le rythme en tambourinant.

Dans une quinzaine de jours les fauvettes des arbres et les coucous se joindront à ces choristes. Coucou!

Les rossignols philomèles viendront à leur tour pousser leur très beau chant de nuit. Dommage pour ceux qui ne pourront l’entendre.

Sauf que ces mélodies ne nous sont pas vraiment destinées. Les oiseaux mâles chantent à proximité de leur nid pour marquer leur territoire et tenir compagnie à leur femelle qui couve, ou qui s’occupe des petits.

Paraît d’ailleurs que les cris des jeunes moyens ducs qui appellent leurs parents exaspèrent certains habitants de Meyrin qui n’hésitent pas à leur jeter des cailloux pour les faire taire. C’est toujours plus facile de viser les nids que les avions qui volent sur leurs têtes

Mais le chant des oiseaux, c’est bien plus joli!

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16/04/2016

De bleu le billet vert

Tâtez-le donc: il est tout lisse, tout neuf. Et puis il n’est pas encore plié, écorné ou taché par des milliers de mains. Oh qu’il est beau, le billet vert!

La scène se déroule dans une grande banque de la place. Là où les distributeurs automatiques donnent de l’argent à ceux qui en font poliment la demande.

A ma gauche, une blonde parvient à obtenir facilement la nouvelle coupure de 50 francs mise en circulation depuis mardi par la BNS.

Comme c’est la première fois que le biffeton apparaît au grand jour, les clients s’approchent de la dame qui le détaille en public. Il passe même de main en main. On le palpe, on l’apprécie des doigts et des yeux. On veut l’avoir aussi.

Un homme retourne vite au distributeur pour s’en tirer un. De billet. Pas de café. Pourquoi pas moi?

Je demande alors poliment à l’automate un montant avec le chiffre 50 au bout. Comme ça, c’est sûr, le billet convoité sortira. Mais niet. La machine refuse. Au lieu de 50, elle me suggère 60. Nouvelle tentative, nouveau refus. J’insiste. Rien n’y fait.

C’est donc une conspiration! Pourquoi j’y ai pas droit, hein? Les banquiers font ainsi de la rétention de nouvelles coupures? Ils les distribuent au compte-gouttes, à la tête du client?

Pauvre fille. Faut lire ce qui est écrit sur la machine, Julie! Ton automate ne distribue que des billets de 20 ou de 100 francs. Pas de 50. Celui d’à-côté oui, mais pas celui-là. Oups!

Un moment de honte étant vite passé, j’ai appris autre chose de la banque: il y a bien eu une petite ruée sur le billet vert. Mais pas de quoi friser la rupture de stock. Voilà l’histoire.

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15/04/2016

Vive les contrastes

«Nuit de Chine, nuits câlines, nuits d’amou-ou-our» chantait l’autre. Nous, à Genève, on a la Nuit antique!

Certes, celle-ci est prometteuse. Mais dans un registre moins sensuel que celui de la chanson: les amants n’iront pas, deux par deux, chercher les coins ombreux… Ce sera plutôt sanglier rôti et promenades en char romain aujourd’hui et demain aux Bastions.

Le Département des sciences de l’Antiquité organise une grande nouba historique au parc en y recréant un village comme au temps des Grecs et des Romains. Ceci sous le nez et la barbe des Réformateurs. Vive les contrastes.

Les visiteurs feront tout ou presque comme s’ils vivaient avant, en se déguisant, en mettant les mains dans la terre pour faire des pots, en frappant la monnaie, en assistant à un rap en grec ancien (!), voire en buvant de la bière ou du vin antique. Hips!

Et tandis qu’ils feront ami ami avec leurs lointains ancêtres, d’autres visiteurs, à l’autre bout du canton, vibreront aux dernières trouvailles du XXI siècle. Au Salon des inventions et du futur. Vive les contrastes.

C’est à quoi je songeais hier en regardant cet étrange totem miroitant posé jusqu’à côté de la statue du bon vieux Rousseau, sur l’île du même nom. C’est quoi le rapport entre eux?

Eh bien il n’y en a pas! Car ces structures poussent ces temps-ci un peu partout dans l’espace public. Ce sont en fait des bornes conçues par la HES qui fonctionneront dès le 28 avril prochain. Pour développer une réflexion sur les frontières et l’urbanisme de demain.

Sur les nuits de Chine aussi?

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14/04/2016

Le jet d'eau s'évapore

J’en fais pas une fixette. Mais quand le Jet d’eau persiste à ne pas vouloir se dresser dans la rade, comme il aime à le faire en temps normal, c’est qu’il y a problème!

Il est passé où, se demandent ces derniers jours touristes et Genevois, qui le cherchent du regard.

Eh bien il pique un petit roupillon. Pépère dans son coin. Il se lèvera quand il le pourra. Mais là, il a un gros coup de pompe.

Ou plutôt, ce sont les pompes qui ne parviennent plus à faire correctement leur boulot et faire gicler l’eau dans le ciel. La faute à qui, à quoi? Au niveau du lac, qui est au plus bas.

L’avez-vous déjà remarqué? Chaque année, de janvier à mi-avril, le niveau d’eau de la grande gouille descend de cinquante à soixante centimètres.

Mais en cette année bissextile, il est maintenu quinze centimètres plus bas encore, afin que les travaux d’entretien sur les berges et dans les ports puissent être effectués.

Cet abaissement représente, m’a-t-on dit aux SIG, 87 millions de m3. Soit l’équivalant de 35 000 piscines olympiques. Sans le chlore…

Ça en fait un paquet! Et d’ailleurs, combien de bassins faudrait-il compter pour rivaliser avec le lac, sachant qu’il contient grosso modo 90 milliards de m3? Je vous laisse faire les calculs.

Tout ça pour expliquer le coup de mou actuel du jet d’eau. Sa remise en service va donc dépendre de la remontée du niveau du lac. Elle devrait intervenir sous peu, vers la mi-avril, quand la fonte des neiges donnera plus de jus au Léman et aux pompes du jet d’eau. On s’en réjouit déjà!

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13/04/2016

Des livres à partager

Le Salon du livre va bientôt s’ouvrir et offrir aux amateurs de lecture quelques brassées de nouveaux titres. Or je parie que les rayons de leur bibliothèque croulent déjà sous les bouquins qui débordent de partout…

Rien de tel qu’un bon nettoyage de printemps pour faire un peu de place là-dedans. Mais attention. Un livre ne devrait jamais se jeter aux vieux papiers, surtout si on l’a aimé. Autant qu’il touche un autre lecteur.

On peut alors le poser sur un banc public pour qu’il fasse de l’œil à un passant, le glisser dans une caissette à l’intention des voisins du quartier ou le donner à diverses œuvres caritatives.

Et puis il y a PartagerLire, une opération qui débute ce mercredi 13 et qui dure jusqu’au samedi 23 avril.

Cette collecte solidaire, neuvième du genre, est organisée par Payot Librairie. Elle se fait au bénéfice de l’Hospice général de Genève, de la Fondation Almadanya et de l’action «Un temps pour lire à l’hôpital» en Suisse.

Particularité de cette opération: près de quarante points de récolte sont répartis dans le canton! Les Genevois apporteront ainsi leurs ouvrages en bon état en français, ou en langue étrangère, dans une librairie Payot, un kiosque du groupe Naville-Relay qui participe à l’action ainsi qu’un magasin Nature & Découvertes Suisse. (Pour plus de détails pratiques: www.payot.ch)

L’opération PartagerLire jouera les prolongations au Salon du livre, du 27 avril au 1er mai: les visiteurs pourront déposer leurs romans ou dicos dans un emplacement situé devant les halles de Palexpo, où ils seront triés et classés en bon ordre. Les livres, donc!

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12/04/2016

Ca roule, ma poule!

On dirait que ça roule, ces jours.

La personne âgée qui m’avait alertée la semaine dernière pour dire que des résidents de la Maison de Vessy étaient privés de leur canard favori les samedis me signale que le problème est réglé. Ouf! Après plusieurs week-ends sans, ils ont à nouveau reçu leur Julie, ou autre gazette, le jour voulu. Comme convenu. Chouette alors.

Ça roule aussi pour tous les motards de la région: le magistrat Luc Barthassat, grand amateur devant l’Eternel de ces gros cubes qui rugissent haut et fort, vient de donner sa bénédiction à l’utilisation des voies de bus aux deux roues motorisées.

A titre d’essai, bien sûr. Et sur six sites bien précis. C’est gentil de sa part. Sauf que les intéressés n’ont pas attendu son feu vert pour pratiquer la chose un peu partout en ville, sans craindre outre mesure les amendes…

Pourtant, ça roulait super bien pour les contractuels, ce week-end. Ils ont collé une ribambelle de prunes aux sportifs réunis à la Queue d’Arve pour un tournoi de badminton. A croire qu’ils repèrent ce type de manifestation pour se faire du blé. Bon score garanti...

Et puis ça va rouler festif ce jeudi en ville. Tous les cyclistes genevois sont conviés à un festival européen du vélo ce jeudi par la mission néerlandaise. Ils prendront possession de la ville dans une sorte de joyeuse critical mass avant l’heure, des Nations aux Bastions.

Ils pourraient d’ailleurs faire un crochet sur les quais de la rive gauche pour aller admirer ces milliers de tulipes fleurant bon les Pays-Bas et qui s’étirent le long du lac. C’est d’un beau!<

Tout roule, ma poule! Je sens que la semaine sera bonne.

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