28/10/2010

Peluches en voyage

Vous connaissez la dernière? Vos peluches ont besoin de prendre l'air. Aucun problème, me direz-vous. Il suffit d'ouvrir la fenêtre. Eh bien, non! Ce qui leur faut, ce sont des vacances. Des vraies, de celles qui dépaysent. Car ces braves jouets n'en peuvent plus de traîner derrière votre chérubin, de sa chambre à la cuisine, salon et retour. Ils tournent en rond. Ils dépriment.

Une entreprise s'en est émue. Sa pub affirme ainsi que les peluches «méritent une vraie récompense, pour toute la tendresse, l'amour et la douceur qu'elles nous apportent chaque jour».

L'agence parisienne, qui fait son beurre dans les loisirs pour jouets, prend tout en charge. La réception par colis postal du nounours, mouton ou lapin. Puis la visite organisée de 16 monuments: le Sacré-Cœur, le Louvre ou la tour Eiffel. Comme si vous y étiez.

Car bien sûr, votre petit protégé sera photographié devant chaque haut lieu. Vous vivrez ainsi sa virée parisienne presque en direct grâce aux images reçues par mail ou sur Facebook. Et puis rassurez-vous, votre peluche ne manquera de rien: des pauses déjeuner sont prévues dans les parcs et les cafés de la capitale. Elle dormira près de l'arc de Triomphe, en compagnie de copines venues du monde entier. Peut-être s'écriront-elles. La pub ne le précise pas.

Combien coûte cette plaisanterie? 100 euros la semaine. Compter 50 en plus pour le circuit thématique «chic» ou «arty». Merci! Je crois bien que ma peluche n'a pas besoin d'air parisien.

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02/09/2010

La déchetterie, un coin de paradis

Mon œil m'a dit qu'il se passe de drôles de choses à la déchetterie de Cologny. Oh, rien de répréhensible, bien entendu. Juste amusant!

Depuis son poste d'observation, mon œil suit l'action qui se déroule devant le container à verre où échouent les bouteilles sirotées par les Colognotes. Enfin, quand je dis «mon» œil, c'est façon de voir! L'organe appartient en fait à un grand arpenteur de Genève qui sait, à merveille, capter les scènes de la vie quotidienne. Il se plaît à me les glisser parfois à l'oreille pour que je vous les raconte. Une vraie chaîne d'infos!

Or, il observe un homme, très propre sur lui, qui se livre à un étrange cérémonial. Ce personnage plonge son bras dans les entrailles de la caisse, fourrage dans le tas puis extirpe une bouteille intacte. Une fois l'objet du désir lové entre ses mains, il scrute sa partie centrale. Fait alors son choix: oui je prends, non je rejette. Et il recommence.

Mon œil se gratte la tête. Ça rime à quoi, tout ça? Eurêka, mais c'est bien sûr! Pour un collectionneur d'étiquettes de vin, car c'en est un, à l'évidence, la déchetterie de Cologny, c'est le paradis! La meilleure adresse qui soit pour trouver les cadavres de crus très selects. Il y a bien plus de chances de dénicher ici une bouteille de Château d'Yquem, de Lafite Rothschild ou de Romanée-conti que dans le container de la Navigation. Et tant pis si le nectar est bu depuis belle lurette. L'étiquette, c'est pour la vie. Allez, santé, mon œil, et conservation!

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28/08/2010

Dernier bol d'air avant la rentrée

Driing! Fini la rigolade. Lundi, c'est la rentrée. En tout cas pour ceux qui vont à l'école. Et ça fait un sacré paquet de gens, si l'on y songe: 71 140 élèves, tous degrés confondus, et au moins 5000 profs. Les chiffres doivent être justes, ils viennent du DIP. Et là, on sait compter, normalement.

Pour compléter le tableau, il faudrait encore ajouter quelques dizaines de milliers de personnes. Celles qui gravitent de près ou de loin autour de l'école, ce haut lieu de transmission des savoirs: les chauffeurs de bus, les bibliothécaires, les patrouilleuses scolaires, les secrétaires. Les boulangers des p'tits pains de dix heures. Et puis les parents. Faudrait pas les oublier, les parents!

D'innombrables foyers genevois vont donc vivre la rentrée de plein fouet. Alors, ayons une pensée émue pour les enfants qui ne vont pas bien dormir, dans la nuit de dimanche à lundi. Surtout les plus jeunes. On aura beau essayer les envoyer plus tôt au lit, ce sera peine perdue. Car ils vont baliser ferme. Sur la nouvelle maîtresse, l'état du cartable, les notes. Au secours!

Une pensée aussi pour les enseignants qui feront leur traditionnel cauchemar de la rentrée. Celui où ils se font chahuter, où ils ratent lamentablement le premier contact avec la classe, et donc l'année entière.

Elèves et profs, profitez bien de ces deux derniers jours de paix. Prenez un bon bol d'air. Et puis courage: il ne vous reste que huit semaines de cours avant les prochaines vacances!

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27/08/2010

Le cadeau n'était pas empoisonné

Avez-vous déjà tenté d'offrir quelque chose à des inconnus dans la rue? Si l'on ne craint pas le ridicule, l'expérience vaut la peine d'être vécue. Il suffit déjà de sourire aux passants pour les désarmer. Alors quand un cadeau leur tombe du ciel, ils se méfient.

Alice a testé la chose samedi dernier. Dans son sac à main, quatre billets de ciné pour enfants et étudiants, valables jusqu'au soir même dans un multiplexe de la ville. Impossible de les faire prolonger, et ses ados se dorent encore la pilule sous d'autres cieux. Autant que ces places profitent à d'autres, pense-t-elle. Il doit bien y avoir des jeunes prêts à se faire une bobine à l'œil.

Elle se dirige vers la zone piétonne du Mont-Blanc et prend son courage à deux mains pour aborder un groupe de garçons. La scène qui tue: «Vous êtes libres ce soir? J'ai des entrées de ciné à donner.» «Euh non, on est déjà pris», sourires gênés, regards en coin. Elle est folle la vieille, ou bien?

Un peu plus loin, deux ados sur un banc, les bras ballants. «Ça vous intéresse, des billets gratuits?» «Non non, on fait autre chose.» Ah bon. Rebelote à 10 mètres de là. Les filles pouffent de rire devant la proposition, sans doute malhonnête, et prennent le large. Ça continue ainsi sur plusieurs centaines de mètres. Les jeunes sont tous très très occupés. Alice est prête à déchirer ses billets quand apparaît une mère, entourée de quatre enfants. Et là, sourire radieux. «Oui, on veut bien, c'est gentil!» Alice lui aurait filé deux becs en plus pour la remercier.

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26/08/2010

Une dent contre la cliente

Le dentiste, c'est rarement une partie de plaisir. En sortant de chez lui mardi, la gencive en compote, Martine file au bistrot. Pour se retaper, rien de tel qu'un petit noir bien tassé siroté devant sa Julie. On est tous d'accord.

Martine vise un bar des Glacis-de-Rive. Pas question en effet de remettre les pieds dans le troquet où le garçon l'avait malmenée, sous prétexte qu'elle cachait Le Matin sous la Tribune . «Pas le droit de lire deux journaux à la fois!» il avait craché, avant de lui arracher des mains son journal préféré.

Elle entre donc dans le bar en lançant quelque chose comme «ponchour». Satanée gencive... Pas de réponse. Ici, c'est la soupe à la grimace. Elles ont aussi fait un tour chez le dentiste, les serveuses? Avant de s'asseoir, Martine prend un croissant sur une table à l'aide d'une petite serviette. Sacrilège! La cliente se fait sommer par une employée de le poser illico dans une assiette. «Chez nous, pas de miettes par terre», annonce la responsable des lieux. Qui ajoute: «Et puis vous n'avez pas dit bonjour.» Ambiance!

Martine consomme alors en vitesse, paie la donneuse de leçons et s'en va. Non sans avoir laissé un franc de pourboire. Ce qui est cher payé pour l'accueil. Et là, stupeur. Le temps de faire quelques pas dehors, voilà que deux furies la prennent en chasse et la houspillent pour qu'elle règle son dû. Pauvres employées. Elles n'avaient pas compris que c'était leur bonne-main. Le client n'est plus roi, résume Martine. C'est pas une raison d'avoir une dent contre lui...

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20/08/2010

Le digicode ne répond plus

Il revient à la Jonction après un long voyage. Pose ses valises devant le vieil immeuble, fourbu mais heureux d'être bientôt chez lui. Pianote sur les touches du digicode de l'entrée principale. La porte ne s'ouvre pas. Etrange. Refait son code. Toujours rien. Il le sait pourtant par cœur, depuis le temps! Le doute s'installe. Et s'il s'était trompé de chiffres? Les neurones se ramollissent parfois en vacances.

L'homme essaie toutes les combinaisons possibles, peine perdue. Il se met à transpirer. Tente encore le coup. Le manège n'échappe pas à un voisin secourable: «Vous ne savez pas? La régie a changé le code. Le nouveau est arrivé par la poste!» Pratique quand la boîte aux lettres est hors de portée.

A peine a-t-il le temps de déballer ses affaires que le téléphone sonne à son domicile. C'est son neveu qui vient aux nouvelles. «Passe boire un verre!» l'invite aussitôt le tonton. Sans lui filer le code.

Parvenu devant le bâtiment, l'invité rejoue la scène du digicode. Mais là, personne ne l'aide à entrer: il est trop basané, ou trop jeune. Son parent, qui habite au rez-de-chaussée surélevé, n'entend pas ses appels.

Ni une ni deux, ce grand gaillard escalade le mur et pénètre dans le logis par la fenêtre, sous le nez des passants qui s'étranglent d'indignation: «Encore un cambriolage, et en plein jour! Mais que fait la police?»

Pour calmer le jeu, oncle et neveu se montrent alors à la baie, comme le font les membres d'une famille royale devant leurs sujets. Circulez, il n'y a rien à voir! Bingo: le boulevard s'est tu.

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16/08/2010

Douche froide sur Ciné Transat

Le ciel nous est tombé sur la tête ce week-end. La douche froide. Du coup, les Martiens n'ont pas débarqué. Dommage! Car les occupants de la Perle du Lac étaient prêts à leur faire la fête samedi.

Pour cette soirée placée sous le signe extraterrestre, le public était invité à venir déguisé à Ciné Transat. Avec ou sans soucoupe volante, mais à la dernière mode galactique: crânes comme des choux-fleurs fluo, yeux exorbités et fumigènes à gogo. Rien de tel pour vibrer au «Mars attacks!» de Tim Burton

Mais voilà! Ciné Transat a pris l'eau. De cette flotte qui tempère les ardeurs et vous file comme un avant-goût d'automne.

Pourtant, c'était encore l'été, vendredi soir! Une douce nuit, même. Avec ces centaines de gens de toutes nationalités et de tous âges, réunis sur la pelouse du Musée des sciences pour passer un bon moment ensemble. Les uns allongés dans des transats, les autres sur des couvertures.

Il arrive que ces cinéphiles détendus commentent les moments-cultes du film ou reprennent en chœur une chanson. Un baiser sur grand écran? Ça frétille de plaisir sur le gazon. Et il n'y a pas un grincheux dans le public pour s'en plaindre: tout le monde ou presque a déjà vu les films à l'affiche de cette manifestation gratuite. On ne vient pas là pour découvrir le dernier film dont on parle dans les salons, mais pour se faire du bien en bonne compagnie.

Des instants comme ça, il faut les engranger avant l'arrivée des frimas. Alors faites vite: Ciné Transat se termine en fin de semaine.

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13/08/2010

Ronds de gambe dans la gouille

Camber ou gamber? Une lectrice me fait remarquer que chez elle, à Neuchâtel, on utilise semble-t-il le verbe «camber» quand on franchit un obstacle en levant la gambette. Par esprit d'escalier, j'avais écrit «gamber» dans l'encre bleue de mercredi. Vérification faite, j'ai pas tout faux!

Le Dictionnaire suisse romand admet ce terme, tout comme l'antique Glossaire genevois de Jean Humbert, qui varie encore les plaisirs: ce jeu de jambes se dit aussi «écamber». D'où l'exemple donné, fleurant bon le terroir: «Ecamber une gouille.» Vous imaginez la scène?

Bon, il n'y a vraiment pas de quoi se noyer dans la flaque ou faire rougir l'amie neuchâteloise: camber et gamber font tous deux l'affaire. Son solide accent des montagnes ne lui aura donc pas joué des tours.

Mais il en joue à d'autres. Certains présentateurs de la RSR nous offrent ainsi des couacs amusants en lisant des noms de lieux d'un fol exotisme pour eux. Pour peu, les bulletins routiers deviendraient presque des plages de poésie.

L'autre soir, l'animateur de la ligne de cœur annonce un bouchon à «Sème sa laisse». Ça se niche où ça? Du côté de Semsales, sans doute. Mercredi, une voix chantante laisse entendre qu'il y a des problèmes au col du Jaune. Une avalanche de soleil?

Notez qu'ils nous avaient déjà gâtés avec «Meyrin-gêne» pour Meiringen. Bien qu'à Meyrin, avec le chantier du tram, ça gêne toujours grave. Grave? L'adjectif ne figure pas dans le Glossaire genevois...

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