30/09/2010

Dites, elle n'est pas belle, la vie?

Rue de Berne, à deux pas du poste de police. Il fait frisquet, en ce magnifique mercredi matin. Un petit 16 degrés et encore, pour autant que l'on musarde au soleil!

L'homme qui arrive en tirant son chariot de postier est pourtant bras nus. Tête nue aussi, bien que passablement dégarnie. Le photographe du magasin Au Père et Fils interpelle familièrement le piéton d'un «Eh, Charly, attention! Ne prends pas froid!»

La scène qui suit ne pourrait sans doute pas se passer à Champel. Quoique... Car ledit Charly pile net, lâche son chariot et pose le courrier qu'il tenait à la main sur une poubelle proche. Méthodiquement, sans piper mot, il enlève ses lunettes, dévisse son gros cigare du bec et range le tout sur la pile de journaux et de babillardes.

Et alors? Cet homme étonnant saisit le bas de sa chemise à manches courtes et la retire par la tête. Le voilà torse nu et triomphant. Velu devant, velu derrière. Froid moi? Jamais! Il fait le beau, esquisse trois pas de danse, le temps d'une photo.

Les passants font leur boulot. Ils regardent. Et se marrent. L'improvisateur se rhabille et glisse en rigolant qu'il va se faire coffrer au poste, après cet effeuillage partiel sur la voie publique.

Mais il n'est pas sérieux, Charly. Avant de reprendre sa tournée, il prend le ciel et le public à témoin: «Dites, elle n'est pas belle, la vie?»

A ce moment-là, oui, c'est sûr. Car ce jaillissement de bonne humeur est communicatif en diable. Grâce à lui, la journée a bien commencé!

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29/09/2010

Le piano voyageur met la sourdine

Pourquoi toutes ces complications? Muriel avait juste envie de rendre service! Depuis ses 15 ans, elle possède un piano droit en acajou. Elle y a fait ses gammes, la Bagatelle «pour Elise», sans doute, et plus encore. Mais c'est fini depuis quelque temps. Son Yamaha prend la poussière.

Le vendre ou le donner? Muriel n'y parvient pas. Ses parents se sont serré la ceinture pour le lui acheter. Le prêter? Volontiers. Elle le confiera à sa filleule, qui prend des cours de piano. Le seul problème: elle habite de l'autre côté de la frontière.

Notre quinquagénaire, qui aime faire les choses en ordre, contacte les douanes suisses. Et là, surprise! On lui demande si les touches du piano sont en ivoire. Alors là, elle n'en sait rien. D'ailleurs, qu'est-ce que ça change, pour un ancien clavier? Si les touches étaient en ivoire, le permis d'exportation qu'on lui demande ne ressusciterait pas l'éléphant pour autant.

Muriel persiste dans sa volonté de bien faire. Elle contacte la maison de pianos. L'instrument acheté à l'époque était-il correct, côté défense des éléphants? Oui, semble-t-il. Les touches blanches étaient déjà en matière plastique. Mais, car il y a un mais: «Avez-vous le certificat d'expertise?» C'est quoi ça encore? «Si vous ne l'avez pas pour passer la frontière, votre piano sera taxé comme s'il était neuf.»

Là, Muriel a «pété un câble». Fini les principes. Elle appelle les déménageurs. «Etes-vous partants pour transporter le piano en sourdine et sans papiers?» Bien sûr! Depuis, une petite se régale de musique et fait la bise à sa marraine.

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28/09/2010

La contredanse, le vote et la danse

Au menu du jour, deux coups de gueule et une bonne nouvelle. Je commence par ce qui fâche?

Brigitte est encore en pétard en me racontant l'histoire. Son mari se rend samedi soir à la Praille pour assister au derby lémanique. En voiture. Erreur... Il y avait là 15 000 amateurs de foot et plus une place au parking. Il se gare finalement sur le trottoir. Comme les autres.

Servette perd, c'est déjà la soupe à la grimace pour ce supporter. Mais quand il voit la contredanse de 120 francs qui l'attend sur le pare-brise, il voit rouge. Et il vire grenat en découvrant toutes les voitures collées alentour.

Ah, c'est comme ça? On profite des manifs sportives pour renflouer les caisses publiques? C'est décidé, il n'encouragera plus Servette. Trop cher, le match! Quand il sera un peu moins fâché, on pourra lui suggérer de venir en TPG soutenir son équipe. Car elle en a bien besoin!

Isabelle aime aller voter le dimanche matin en faisant causette avec les gens de son quartier. Par habitude, elle se rend donc à son local de vote, situé dans l'Ecole de Saint-Jean. Or, la bâtisse est en travaux. Un chantier sans panneau de signalisation pour indiquer où aller glisser le bulletin de vote. Isabelle a fini par trouver le chemin de l'urne. Mais combien de gens ont renoncé à le chercher, alors que le scrutin était d'importance?

La bonne nouvelle: vous avez été très, très nombreux à répondre à l'appel de Lady qui recherchait une salle pour aller danser. J'ai mis toutes vos bonnes adresses sous pli à l'attention de l'alerte octogénaire. Elle vous remercie de tout cœur!

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27/09/2010

Pêche miraculeuse dans la rade

La pêche était-elle bonne? Excellente, ma foi! 500 kilos Rive droite, et une tonne et demie Rive gauche. Chapeau, il faut le faire! La récolte tirée samedi de la rade a pourtant fini sur le sol. En gros tas, autour desquels on tourne, la mine dégoûtée et le nez pincé.

Car la pêche du jour, c'est tout ce que des ballots ont balancé à l'eau. Et que des bénévoles vont rechercher, une fois par année.

Ce qu'ils ont remonté, Rive droite? 450 bouteilles, 350 cannettes, 51 vêtements et chaussures, 6 natels. Une trottinette, une poupée vaudou (mais oui), trois montres, un caddie couvert de moules, un panneau de signalisation, des écrevisses vivantes (remises à l'eau), deux batteries de bateau.

Mais aussi un sac à main, des portes monnaie, des pneus, un barbecue. Un blaireau, des clés, un parasol. Et on ne parle pas des centaines de gobelets en plastique, mégots et autres objets non identifiés (beurk!) remontés par les plongeurs.

Ils ont superbien bossé, dira Patty Moll, à l'origine de cette action de nettoyage depuis 1992. Avec l'équipe de Scuba-Dream & Aqua-Diving et de nombreuses petites mains, elle poutze les fonds de la Rive droite, du pont du Mont-Blanc jusqu'à la Perle du Lac. L'Association Net'Léman a concentré son action genevoise sur la Rive gauche. Dans les 7 m3 de déchets sortis de l'eau se trouvaient un banc public, des vélos, des trottinettes, caddies et quelques jouets. Tout ceci a été trié et sera récupéré, dans la mesure du possible. Grand merci à tous ces vrais amoureux du lac.

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25/09/2010

Portes ouvertes sous la pluie

Il pleut, il mouille, c'est la fête à la grenouille. Et la grenouille, c'est pas spécialement mon amie. Mais plutôt celle de Pierre Challandes. Normal me direz-vous. Cet homme-là aime tous les animaux, qu'ils soient à poil, à plumes ou en laine. Il adore même une mouche, Véronique, de son petit nom. C'est dire!

Il pleut, mais qu'importe. Ce sera portes ouvertes ce samedi et dimanche au Parc d'accueil Pierre Challandes. Ouvertes au public, s'entend. On ne va tout de même pas suivre les conseils de Pierre Perret. Vous imaginez, 350 oiseaux prenant leur envol sous des trombes d'eau? Ils risqueraient la noyade...

Ce week-end, les amis des bêtes feront donc coucou aux pensionnaires logés au 33, route de Valavran. Gâtés, ils sont! Soignés aux petits oignons, même. Certains s'y sentent si bien qu'ils font des petits. On pourra ainsi admirer les bébés maras, ouistitis et chat du Bengale. Aller saluer Marie-Rose et Suzie, les cousines de Jules, qui prospèrent en ces lieux depuis une dizaine d'années. Et puis regarder vivre les 90 autres mammifères accueillis dans ce havre de Bellevue.

Près de 3000 personnes sont venues l'an dernier marquer leur attachement à ce lieu. En prenant aussi une raclette, en buvant un coup, ou en chinant. Il ne faudrait pas que la flotte tempère ces ardeurs. Car l'Association du Parc d'accueil, qui tourne grâce au bénévolat, a besoin d'argent pour faire son travail. Pour soigner. Et puis essayer de remettre en liberté des animaux blessés ou abandonnés qui ne cherchent pas forcément la compagnie des hommes.

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24/09/2010

Homme molesté et anges gardiens

 

Journée de transition, qu'ils annonçaient à la météo. Tu parles. Grand bleu, le ciel d'hier! La foule, dehors, des terrasses pleines de visages écarlates au soleil et des peaux dénudées, un peu partout, pour capter les dernières chaleurs de l'été.

Après cette transition, on va basculer. Dans le frais. Le mouillé. Le brouillardeux. Autant conter cette histoire avant qu'il n'y ait plus un zeste de chaleur pour nous requinquer. Car c'est moche.

Le 13 septembre, le Grand Théâtre se vide de ses derniers spectateurs. Il est 23 h 30. Sophie discute avec une amie dans une voiture garée à la place Neuve. Parlent-elles de Rossini? Du beau Comte Almaviva?

Toutes deux reviennent à la dure réalité en regardant passer, devant leur véhicule, un monsieur plié en deux. L'homme marche tout doucement, à l'aide d'une canne. A cet endroit, le trottoir est étroit.

Arrive juste derrière lui un jeune gars très pressé. Sophie râle. Non mais, c'est pas possible de marcher si vite près d'un handicapé. Il va le percuter! Mais c'est ce qu'il cherche: le malandrin plaque sa victime contre le mur et tente de lui arracher sa sacoche. Les deux femmes réagissent au quart de tour. Elles hurlent avec une rare intensité en sortant comme des diables de leur véhicule. Effrayé par ce ramdam, le voleur s'enfuit.

Remué par cette violence, l'homme demande toutefois à ses anges gardiens si l'agresseur est un ami à elles... Mais non! Il se laisse alors accompagner jusqu'à sa voiture. C'est moche, je vous avais avertis.

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23/09/2010

Une visite en EMS pour des pruneaux

Un jeune père de famille veut rendre visite à son grand-père. Un être exceptionnel, à ses yeux. Ce monsieur de 97 ans vit depuis peu dans un EMS. Sa famille l'entoure du mieux qu'elle peut. Car ce n'est jamais facile, pour une personne âgée, de devoir quitter son chez-soi.

Philippe débarque dans la maison de retraite avec ses trois jeunes enfants de 3, 5 et 7 ans. Une vraie bouffée de fraîcheur! Ils sont tout guillerets, les mômes: ils viennent de faire la cueillette de pruneaux dans le verger de l'aïeul. Et ils lui apportent des fruits. Pour montrer que ses arbres sont généreux et que l'on prend soin d'eux.

Mais à l'EMS, hélas, c'est déjà l'heure du repas. Le personnel de salle fait preuve de souplesse. On propose aux visiteurs de prendre place un moment à la table du grand-père. On leur apporte des chaises, on leur sert à boire. Le vieux monsieur est aux anges en présentant à ses voisins ses arrière-petits-enfants.

Arrive alors une infirmière. Qui intime très sèchement à la petite famille de quitter les lieux. Pas le droit de faire des visites durant les heures de repas! Elle ne leur laisse pas même le temps de finir leur verre. Ouste, dehors!

Le grand-père n'a rien dit, les bizules n'ont rien compris et Philippe avait le cœur gros comme ça devant ce manque de tolérance. Il n'a pas voulu faire de foin sur place, mais a tenu à effacer ce triste moment en invitant son aïeul au Jeûne genevois. Ce jour-là, il y avait quatre générations réunies autour d'une solide tarte aux pruneaux. Et personne pour gâcher ces retrouvailles.

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Avant l'heure, c'est pas l'heure

"Vous avez déjà accroché les décorations de Noël dans votre bureau?" me lance Myriam. "Euh, non, voyons. C'est encore l'été!"

Et pourtant. Si elle parle boule et guirlandes, c'est à cause de l'hiver qui s'est installé bien avant l'heure à la Migros de Balexert. C'était vendredi dernier, au rayon poissonnerie. Rien à dire sur le rouget ou la perche. La marchandise est belle. Cela coince plutôt à l'emballage. Lorsque le vendeur glisse la pêche du jour dans un papier claironnant "Joyeuses Fêtes!" Avec clochettes, traîneaux, sapins et tout le tintouin.

 ça l'agace, Myriam. Elle veut bien qu'il y ait peut-être des stocks de papier à liquider. Autant les utiliser. Mais tout de même. "Qu'ils laissent  au moins passer l'Escalade, avant de nous servir les Fêtes. Ils nous tuent, avec cette manie de toujours tout anticiper des mois à l'avance."

Ce n'est pas Millie qui dira le contraire. Le 19 août, elle piquait aussi la mouche. "Il y a déjà des chrysanthèmes en vente à la Coop de Versoix, et la Toussaint se fête dans 73 jours. Je déteste qu'on nous raccourcisse pareillement la vie..."

On connaissait la rentrée des classes que les commerces vendent avant la sortie. Les doudounes en vitrine quand on veut acheter un maillot de bain. Les marmites d'escalade qui se croquent dès octobre. A quand les cloches de Pâques sonnant avant les Rois?

Il n'y a qu'une chose avec laquelle on est d'accord: la Thune du coeur avant l'heure. Le restaurant des Tilleuls a ainsi versé à Terre des Hommes les 1000 francs gagnés lors du concours de la plus belle terrasse de Genève. Bon, faudra pas oublier Jules pour autant...

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Une Genève de carte postale

C'est une manif, sur le pont du Mont-Blanc? Depuis les quais, on aperçoit des grappes de gens près d'une hampe. Un drapeau blanc en descend, un bleu est hissé. Une commémoration, peut-être? Je presse le pas. C'est terrible d'être si curieuse...

Mais rien à voir, circulez! Ce sont deux employés qui changent le pavoisement du pont. Et des touristes qui font du sur-place, souriants, détendus, en ce splendide dernier matin d'été. Ces estivants babillent dans une langue inconnue, le visage tendu vers le large. Un coup d'oeil parfois à la montre. Il attendent. Quoi, au juste?

Je pose la question. Avec les mains. La réponse est limpide: l'index de la dame pointe droit vers le ciel en montant et revient en direction de sa toquante. Elle fait ensuite dix, de ses dix doigts.

Bon Dieu, mais c'est bien sûr! Tous ces badauds guettent la sortie du Jet d'eau. Alors je fais pareil. J'attends avec eux. Pourvu qu'il soit à l'heure. Bingo! A 10 h pile, un grand "oh" d'admiration s'élève du groupe. La colonne d'eau a surgi. Quel panache, ensuite. Et ça filme, et ça mitraille à plein régime. Ceux qui se contentent de voir la scène sont comme des gamins, émerveillés. Moi aussi.

La dame au petit chignon me fait voir la montée du Jet d'eau dans son caméscope. Elle est ravie de partager avec l'autochtone ses prises de vue.Wouaw! Que c'est beau, Genève, en carte postale.

En vrai aussi, il faut le dire. Il suffit un instant d'oublier tout ce qui fâche. C'est possible. Et admirer la rade, un beau jour d'été, avec des yeux nouveaux. Ca vous recharge les batteries illico.

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Une salle de danse pour les aînés

Au bout du fil, une dame au délicieux petit accent british et aux jolies tournures de phrase. A l'entendre, on la devine coquette, pétillante. Lady, ainsi que ses amies la surnomment, s'avoue malgré tout un peu perdue. Comme les dames de son âge. Mon interlocutrice  a 88 ans. Elle ne les fait pas, c'est sûr!

Car Lady a une passion: la danse. Sa pratique ne procure  pas que du plaisir, dit-elle. C'est aussi une thérapie! "Quand on souffre des hanches, des genoux, de partout, il suffit d'entrer sur la piste et on oublie tout!"

Mais où aller, pour danser? Lady ne peut  plus conduire de voiture pour se rendre loin de la ville. Elle ne peut pas aller en discothèque, ce n'est plus de son âge. A passé 80 ans, on ne s'aventure plus si facilement à Genève de nuit. Les thés dansants? Oui, bien sûr. mais où, et quand? Ca la dépasse!

Le plus simple serait de trouver un espace libre l'après-midi. Un lieu qui pourrait accueillir régulièrement une quarantaine de personnes désireuses de se faire du bien. "On a encore dansé dernièrement dans un tea-room, à Onex. Mais c'est fini à la fin du mois. Il n'y a plus de place ici pour les vieux!"

Alors quoi, ils seraient condamnés à se tourner les pouces, au lieu de valser gaiement? N'y aurait-il pas, dans cette ville, un local tout simple, accessible en TPG? Un endroit pas trop cher, bien sûr, les rentes AVS étant ce qu'elles sont.

Lady lance cet appel car elle et ses amies entendent profiter de la vie jusqu'au dernier moment. En dansant. Ne les privons pas de cette belle perspective. Avez-vous la salle qui leur conviendrait?

 

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Le funambule se lance à l'hôpital

Knie vient de partir, mais le cirque demeure. Vous êtes au courant que Genève est capitale du Monde du cirque 2010, j'espère?

Si vous ne le saviez pas, il n'est pas encore trop tard pour en profiter. Car l'attraction à ne pas rater, celle qui filera les grands frissons, aura bientôt lieu. Sortez vos agendas et cochez mercredi 22 septembre, à 18h. Pas de monnaie à prévoir pour l'occasion, le spectacle est gratuit. Là, c'est noté...

Si le temps n'est pas au vent, un funambule passera à l'action. Gonzalo Concha marchera sur un câble tendu à 36 mètres du sol au-dessus de la rotonde et entre deux bâtiments de l'hôpital. Il faut bien compter 104 mètres de traversée dans le vide, sans filet de protection.

Les mauvaises langues diront que le Chilien a bien choisi l'endroit, en cas de pépin... N'importe quoi! Ce spectacle, organisé en partenariat aves les HUG, veut plutôt faire le lien entre les donneurs de sang et les malades qui profitent de ce geste généreux.

D'ailleurs, si vous avez un peu de temps à offrir (en plus de votre sang, qui sait?), les organisateurs cherchent encore des volontaires. Un tout en biceps pour aider au montage du dispositif lundi. Plus 22 petites mains de 17 ans au moins pour tenir mercredi les cavalettis, ces cordes qui assurent la stabilité du câble. Plus une poignée d'adultes pour contenir les spectateurs au parc des Chaumettes. En cas de météo tempétueuse, la prestation du funambule, accompagnée du "Spécial quartet" de Béatrice  Graf, est repoussée au jeudi 23, même lieu, même heure. Les bénévoles peuvent s'inscrire à l'adresse volunteer@mondeducirque.ch

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Quand les patients perdent patience

Jeudi matin, de bonne heure, un appel à la rédaction de la Julie. Au téléphone, la voix est celle d'un monsieur âgé et très fatigué. "Je vous appelle de l'Hôpital, plus précisément du service d'orthopédie." L'homme est patient. Mais sa patience a des limites.

"Vous entendez le bruit?" On ne l'entend hélas que trop bien. Il perfore les tympans, même à distance! Des rythmes percutants, lancinants comme des maux de tête. "C'est un marteau-piqueur" lâche-t-il. abattu. "Et ça dure depuis mardi! De 8 h du matin à 18 h 30, non stop. On ne peut pas se reposer à midi, ils ne font pas de pause."

Le patient est à bout. Et il n'est pas le seul. Dans le service, il y a des malades cloués au lit, sans issue de secours. Ils ont les oreilles en charpie, les nerfs en pelote. Qu'est-ce qu'ils fabriquent, avec leur marteau-piqueur? Ils nous font le coup du tram, comme en ville? Ils éventrent tout? Et pourquoi personne ne nous dit rien?

La porte-parole des HUG parle. Et confirme. Oui, il y a bien des travaux dans le bâtiment. Désolée. Mais les ouvriers ne peuvent pas démolir les murs en silence.

On aurait peut-être pu déplacer les malades, pour les mettre à l'abri des nuisances? Impossible de transférer ailleurs tout un service, nous dit-on. Le taux d'occupation de l'Hôpital est bien trop élevé. Et avertir les personnes exposées au bruit? Oui, certes. Mais l'information n'a pas passé. Dommage.

La seule bonne nouvelle du jour à retenir, c'est que ce chantier est désormais terminé. Le patient, en l'apprenant, va soudain beaucoup mieux. 

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16/09/2010

Vous avez dit absurde?

Disons qu'il s'appelle Albert. Ce Suisse vit en France, à cent mètres de la frontière. Pour renouveler ses pièces d'identité, il s'est toujours adressé au consulat général de Suisse à Lyon. Un simple courrier et hop, l'affaire était dans le sac.

Un jour, Albert a besoin d'un passeport biométrique pour se rendre aux Etats-Unis. Le vrai cauchemar administratif! Car pour prendre la photo et les empreintes digitales, une formalité de 45 secondes montre en main, il faut aller à Lyon. Compter une demi-journée, en semaine. Albert voit ce que la plaisanterie va coûter pour lui, sa femme et ses quatre enfants.

Il plaide alors sa cause à Genève et à Lyon. «Je peux me faire tirer le portrait et les pouces au Service des passeports, à la route de Chancy, puis faire suivre?» Le temps d'une valse-hésitation, c'est nein. Il doit faire le voyage. Et prendre rendez-vous. Ce qu'il fait, résigné.

Le jour J, sa fille ayant congé, il l'embarque dans son expédition lyonnaise. Ce sera toujours ça de fait. Ils arrivent bien avant l'heure dite. Le consulat est presque désert. A l'accueil, Albert demande si sa fille peut passer au scanner avant lui.

«Nein. Faut avoir rendez-vous.» «Mais puisqu'elle est là!» «On est surchargé. Il faut analyser son cas avant. C'est long!» «Vous pourriez peut-être saisir ses données biométriques et les garder, non?» «Nein!» Albert passe alors au grand fonctionnaire fédéral. Raide comme la justice de Berne. La règle, c'est la règle. Absurde. Sur la photo, Albert est furax. Sa fille? Elle reviendra. Un autre jour. Punkt, Schluss!

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15/09/2010

La baguette du Jeûne genevois

La baguette à 7 fr. 30, qui dit mieux? Vous la payez plus cher encore? Vrai? Vous me donnerez l'adresse de la boulangerie: à ce prix-là, le pain doit juste être divin.

Rien de tout cela, en ce qui nous concerne. Achetée le jour du Jeûne genevois, la baguette en question était mangeable, sans plus. Or, l'aimable grand-père de la rue Caroline ne l'a toujours pas digérée.

Aujourd'hui encore, il n'en revient pas. Comment a-t-il pu accepter de payer ce pain 7 fr. 30? Ça le dépasse! Une chose est sûre pourtant: personne ne l'a obligé à l'acheter. Il pouvait dire non.

Mais bon, à la maison, il y avait les petits-enfants de passage. Ils voulaient croquer une morce avant de partir, en famille, à un mariage en Italie. Bonne pâte, le «Nonno» s'est donc rendu à l'épicerie d'en face, ouverte en ce jour férié.

La loi de l'offre et de la demande étant ce qu'elle est, on lui a fait payer le prix fort. Il n'a pas bronché. Sa femme, elle, a piqué la mouche. Et les voisins du quartier l'ont traité de fou. Le ticket de caisse, pour aller protester? Il n'en a pas. Se serait-il trompé sur le montant? Non. Il n'a simplement pas réalisé ce qui se passait. Après, il n'a pas voulu faire de scandale.

Dommage. Car depuis jeudi, ce pain l'indispose. Il aurait mieux fait de jeûner...

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14/09/2010

Elle offre des roses pour son retour

La fleuriste a tenu sa promesse! Michèle était de retour hier dans sa petite boutique du 18, rue Micheli-du-Crest. Avec des béquilles et un grand sourire.

Ces derniers jours, une affiche posée sur la vitrine aux stores baissés annonçait la couleur: «Ma tête et mes mains n'ont qu'une envie: revenir dans mes fleurs. Mon doc et mon corps ne sont pas du même avis. Lundi, je vous retrouve et vous offrirai une rose!»

Les gens sont venus, pas tant pour la fleur que pour la fleuriste! Une dame passe lui faire un petit coucou. Une autre prend de ses nouvelles. Un voisin apporte à croquer. Michèle a beau avoir ouvert son magasin «juste en passant...» en novembre, elle a vite gagné la sympathie du quartier. Car on se sent bien chez elle. On y vient autant pour les plantes que pour parler des choses de la vie.

Un stupide accident vient pourtant tout gâcher en juillet dernier. Une voiture la fauche alors qu'elle roulait en scooter. La voilà avec des fractures au coude, au bassin, au sacrum. Et mal partout.

Avec la volonté qui est la sienne, Michèle pensait revenir vite aux affaires. Plus facile à dire qu'à faire. Reprendre le 23 août? La Faculté refuse. Le 30, pour la rentrée? Non. Le 13 septembre? Elle n'a pas attendu la réponse.

Mais c'est dur, le boulot de fleuriste, quand on a deux cannes dans les pattes. Sa famille lui donne un coup de main. Ses clients? Ils sont bien embêtés: seule Michèle sait faire les décorations florales pour les souhaits de rétablissement. Alors santé, et vive les roses!

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13/09/2010

La colocation, un remède tendance

Vous cherchez un logement aux Pâquis, à un prix raisonnable? Mission quasi impossible, à moins d'avoir un piston ou un sacré coup de bol.

Alors ils font comment, les jeunes? Et ceux qui n'ont pas assez d'argent pour s'offrir un nid douillet, même minuscule? Ils campent à l'Allondon? Ils squattent? Ils vont voir dans une autre ville si c'est plus accueillant?

Ces personnes en quête de toit tentent la colocation. Entre copains si possible. A condition de trouver un logis. Autrement, elles visent des locataires, prêts à céder un bout de leur chez soi. Contre rétribution, bien sûr.

Car ils sont toujours plus nombreux, ceux qui peinent à boucler les fins de mois. Certains ont une pièce en trop. D'autres se sentent un peu seuls. Tous se disent prêts à partager les lieux sensibles de l'appartement, comme les toilettes, la salle de bains et la cuisine.

Pour mettre en contact ceux qui cherchent et ceux qui offrent un tel lieu de vie, une «Soirée colocation Pâquis» est organisée par l'Espace solidaire Pâquis et l'Hospice général. Elle aura lieu mercredi 15 septembre dès 18 h 30 au cœur du quartier. Au temple de la rue de Berne, où tables, chaises et coin buvette ont remplacé les bancs d'église. Un avocat sera là, au besoin.

Le reste sera une question de goûts et de couleurs entre les intéressés. «Je suis allergique aux poils de chat!» «C'est quoi, vos horaires?» «Vous feriez aussi du baby-sitting?» «Non, je ne fume pas!» «J'écoute toujours Mahler à plein pot.» Ça vous tente, la colocation?

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11/09/2010

Les courriers en poste restante

Aujourd'hui, je fais la factrice! L'encre bleue sur les boîtes aux lettres qui valsent m'a valu de nombreux messages des Charmilles. En gros, chacun cherche encore sa caisse jaune, partie sans laisser d'adresse. Est-ce à dire que la Poste a mal communiqué dans ce quartier?

Pas grave, je fais la tournée pour vous: les deux boîtes des rues de la Dôle et Charles-Giron ont donc disparu. Paix à leur âme. Il faudra dorénavant faire le crochet par le 34, rue Daubin et le 20, rue Lamartine pour confier vos lettres au Géant jaune. L'office postal? Rassurez-vous, il n'a pas quitté la rue des Charmilles!

Dans ma sacoche, il y a encore cet appel en attente. Louis aimerait dire merci à deux dames, mais ne sait pas à qui s'adresser. Au secours! Le samedi d'avant la rentrée, son épouse de 82 ans tombe, rue de Montchoisy, et se fracture le bassin. Avec gentillesse, deux passantes l'aident et la réconfortent avant l'arrivée de l'ambulance. Tout chamboulé, Louis a oublié de prendre le nom de ces dames. Il se souvient juste que l'une vient de Neuchâtel et que l'autre habite au Grand-Lancy. Si vous vous reconnaissez, faites-moi signe, et je transmettrai.

Une lectrice me dit avoir trouvé un doudou-lapin aux Bastions, pattes vertes et salopette rouge. Je livre à l'attention de quel petit?

Enfin, Danielle recherche toujours son chat noir de 15 ans, Maori , disparu du côté Pâquis-Sécheron. C'est qu'elle y tient, à son matou! Elle placarde des avis de recherche partout. Las, Maori se fait désirer. Vous savez où il se cache? L'adresse aussi? J'en connais une qui serait aux anges si la factrice réussissait cette livraison.

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10/09/2010

Les éléphants privés d'apéro

Vous l'espériez encore? Eh bien, c'est raté. La traditionnelle parade des éléphants dans les rues de Genève n'aura pas lieu cette année. La faute à Sabu !

Ce nom vous dit quelque chose? Cette demoiselle éléphant a fait les très gros titres des journaux au début de juin. Faut dire que c'est énorme, un pachyderme qui se fait la belle dans les rues de Zurich! Voulait-elle épater ses trois copines de tournée ou monter aux Knie qu'elle faisait ce qu'elle voulait? On n'en sait trop rien.

Toujours est-il que des passants médusés l'ont vue quitter le cirque, qui pliait alors bagage. Cap sur le lac, plouf dans l'eau. Puis elle a gagné la ville, avec les gens du cirque et la police aux fesses. Mais on n'arrête pas un éléphant en pleine virée.

Sabu a suivi sans aucune hésitation l'itinéraire de «l'apéro des éléphants» de Zurich: Bahnhofstrasse, Paradeplatz, elle a tout fait tout juste. Elle s'est même assise à la Lowenplatz, en attendant qu'on la serve. Y a rien à manger? Elle est sagement rentrée à l'écurie, sans faire de casse.

Mais la belle a pris goût à l'aventure. Deux jours plus tard, à Wettingen, elle remettait ça. Ni une ni deux, les deux Franco Knie l'ont renvoyée à Rapperswil. Elle y restera le temps de rentrer dans le rang, sous l'autorité naturelle de la vieille Patma .

Le cirque a décidé de laisser les trois copines trouver un nouvel équilibre entre elles. Dehli , Ceylon et Ma Palaj sont donc privées d'apéro en ville jusqu'à la fin de la tournée. Mais elles ne voient pas rouge pour autant: elles adorent déjà le gorrh de Plainpalais.

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08/09/2010

Rock and roll et nains de jardin

Rock and roll et nains de jardin

C'était sa dernière mise en page, mardi soir. Il a encore rédigé les légendes sous les photos, placé les intertitres aux bons endroits, réglé le corps d'un caractère. Et puis fini. Rideau. Jean Desbaillet s'en va.

Le secrétaire de rédaction de la Locale, celui qui fait exister les sujets dans les pages que vous tenez en main, prend sa retraite le jour même de ses 65 ans. Avec lui, c'est tout un savoir-faire qui disparaît. Une façon de travailler, à l'ancienne. Le cousu main, fignolé avec soin, même dans l'urgence.

«J'te fais une forme et tu t'mets dedans», qu'il lançait au localier de retour à point d'heure d'un fait divers. C'est que cette crème d'homme a le goût du coup de feu, le sens de la maquette qui évolue et s'adapte.

Un pro comme lui, on n'en fait plus: quarante-huit ans au service de l'écrit! Entré comme apprenti typo à la «Tribune de Genève», à l'âge de 17 ans, il rejoint vite ses copains à «La Suisse», avant de revenir, deux décennies plus tard, à ses premières amours. Celui qui incarne le journalisme populaire aura ainsi partagé sa carrière en parts égales: vingt-quatre ans dans chaque titre.

 Le boulot oui, mais ce n'est pas tout! Ce bon vivant est aussi un rocker pur jus. Dans la dégaine, les tatouages, la voix rocailleuse qu'il pousse à l'extrême dans Chuchichäschtli, son groupe de gros rock qui tache. Dès aujourd'hui, Jean va enfin pouvoir se consacrer à des occupations majeures: le rock and roll, le jardinage et la peinture sur nains de jardin. Tant mieux pour lui. Et pour sa famille. Nous, on le regrette déjà!

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07/09/2010

Ténors, sopranos et altos en lice

C'est une femme qui a écrit la phrase, et un homme qui a réagi. Bien vu, Monsieur le Pasteur Neeser!

A la une de son édition de samedi, la Julie titrait sobrement: «Les ténors sont en lice pour le Conseil fédéral.»

Ténors? A voir la photo illustrant le propos, le doute est vite effacé. La scène ne se déroule pas au Grand Théâtre de Genève. Là où le flamboyant ténor argentin Juan Francisco Gatell attendrit de sa belle voix Rosina dans «Le Barbier de Séville». Faut pas rêver.

Alors adieu Rossini et son comte Almaviva. Les ténors, ici, sont des hommes politiques. Les favoris de leur parti. Ceux qui aspirent à devenir sage parmi les sages.

Le terme «ténor» est donc resté en travers de la gorge de notre lecteur blogueur. «De deux choses l'une», dit-il. «Ou je ne sais pas compter, ou les femmes valent la moitié d'un homme. Et encore... Cela aurait fait la parité.»

Eh oui! Pour celles et ceux qui auraient raté un épisode dans cette longue course au pouvoir, c'est un quatuor de femmes et un duo d'hommes qui visent les sièges des deux partants.

Pourquoi ne pas parler alors de sopranos en lice pour le Conseil fédéral? Je suis assez d'accord. Enfin presque. Car on retombe vite dans les clichés.

Pourquoi forcément une voix haut perchée? Ça ne vous dit rien, altos ou contre-altos? C'est plus proche des ténors. Même si, au final, cela fera sans doute une belle cacophonie.

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