15/10/2010

Fumet d'automne

Le stratus a du bon parfois. Les yeux n'ont plus à rêvasser dans les nuages ou le bleu du ciel. Là, c'est gris, sobre, uniforme. Rien à voir, circulez! Le couvercle qui plombe la ville est juste troué par des vols de cormorans ou d'étourneaux. Noir sur gris, ce n'est pas follement gai, vous conviendrez. Mais c'est de saison. Ah, l'automne!

Dans cette ambiance ouatée, les autres sens se mettent en éveil, forcément. Avez-vous déjà senti l'odeur du froid, avant la première chair de poule? A moins que ce ne soit la froideur qui rend plus piquant notre environnement olfactif.

Les feuilles mortes que l'on foule dégagent ainsi des senteurs fanées. Les gaz des pots d'échappement accumulés dans les bouchons vous sautent au nez. Comme les effluves des clopes grillées à même la rue, devant les troquets libérés de leur stratus nicotinique. Mais ce qui frappe le plus l'odorat ces temps-ci, c'est ce fumet délicieux, presque incongru en ville. L'odeur du feu de bois.

En campagne, rien de plus naturel. Mais dans la cité, au détour d'une banque ou dans une rue piétonne, ce bouquet champêtre nous prend par surprise. Comme une survivance des temps anciens. Des rassemblements autour de l'âtre. Ils sont encore nombreux à Genève, ceux qui se chauffent au bois par nécessité? J'en doute.

Ce sont plutôt des habitants qui s'offrent une petite flambée dans la cheminée, juste pour le plaisir. Où se cachent-ils? Je m'inviterais presque chez eux pour en profiter. Car lorsque le stratus s'installe sur Genève et bouche l'horizon, l'odeur du feu de bois me met en joie. Pas vous?

12:14 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook |  Imprimer | | |

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