30/10/2010

La ruée vers l'or

C'est la ruée vers l'or. Celui qui dort au fond des tiroirs: la chaîne passée de mode, l'alliance qui ne sert plus à rien, les vrenelis du grand-père. Faut-il encore garder tout ça?

Non, s'écrient en chœur les publicités qui déferlent dans les boîtes aux lettres et dans les journaux. L'or, on vous l'achète! Au meilleur prix! Et là, je vous le dis, prudence! Car depuis 2008, plus besoin de patente spéciale pour négocier les matières pour la fonte. Tout le monde peut s'improviser acheteur itinérant. Même les arnaqueurs. Ils ne se gênent pas! La preuve?

Marie a des difficultés à boucler ses fins de mois. Comme elle possède deux ou trois bijoux en or, elle finit par craquer. Elle les vendra. Mais à qui? Elle téléphone aux numéros figurant sur les flyers reçus à domicile. Et prend rendez-vous: la transaction se fera à Plan-les-Ouates où l'acheteur lui a garanti le gramme d'or 18 carats à 22 fr. 80.

Sur place, c'est une jeune fille qui pèse les bijoux. Ça fera 410 francs. Ce n'était pas la somme escomptée. Marie demande quel est le prix du gramme d'or. Il est soudain tombé à 15 fr. 20!

Marie se rebiffe: ce n'est pas le montant convenu. La demoiselle prétend qu'elle a dû mal se renseigner. Marie insiste, exige de parler à son premier interlocuteur. Au bout du fil, l'homme affirme qu'en cinq jours, le prix de l'or a fluctué. Mon œil! Marie a fini par récupérer ses bijoux. Mais la dame âgée qui était avant elle au rendez-vous s'est fait plumer sans rien dire...

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29/10/2010

Chiffres en pagaille

La nouvelle m'est venue aux oreilles en mode stéréo. Ce mois d'octobre, qui touche à sa fin, serait exceptionnel. A la bonne heure! Il compte en effet 5 vendredis, 5 samedis et 5 dimanches. Soit 5 week-ends

Et alors? Un petit malin a fait courir le bruit sur la Toile que la chose était incroyable, dans la mesure où cela se produit tous les 823 ans seulement. Un événement suffisamment rare pour émouvoir les foules.

Du coup, les bonnes gens voient là comme un signe. Le moment ou jamais de jouer à l'Euro million, au Swisslotto, au Casino ou que sais-je. Se marier, peut-être.

Mais c'est faux. Archifaux même. Ne me demandez pas pourquoi, je n'y connais rien aux histoires de chiffres, de calendriers, d'années bissextiles qui décalent les dates sur les jours. A moins que ce soit le contraire, j'y perds mon latin...

Un lecteur s'est chargé de remettre les pendules à l'heure. Merci à lui. Il semblerait qu'un mois d'octobre à 5 week-ends (c'est valable pour tous les mois de 31 jours) se produit chaque fois que le 1er tombe sur un vendredi. Et que Noël arrive un samedi, évidemment! Il y aura ainsi pareilles donnes en 2021, 2027, 2032, 2038 et 2049, mais là, ça devient franchement loin.

A défaut d'être exceptionnel, ce mois d'octobre a ravi les amateurs de numéros. Précisément à 10 h 10, le 10 du 10 2010. Oups, ça fait vite beaucoup de chiffres. Les avez-vous joués?

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28/10/2010

Peluches en voyage

Vous connaissez la dernière? Vos peluches ont besoin de prendre l'air. Aucun problème, me direz-vous. Il suffit d'ouvrir la fenêtre. Eh bien, non! Ce qui leur faut, ce sont des vacances. Des vraies, de celles qui dépaysent. Car ces braves jouets n'en peuvent plus de traîner derrière votre chérubin, de sa chambre à la cuisine, salon et retour. Ils tournent en rond. Ils dépriment.

Une entreprise s'en est émue. Sa pub affirme ainsi que les peluches «méritent une vraie récompense, pour toute la tendresse, l'amour et la douceur qu'elles nous apportent chaque jour».

L'agence parisienne, qui fait son beurre dans les loisirs pour jouets, prend tout en charge. La réception par colis postal du nounours, mouton ou lapin. Puis la visite organisée de 16 monuments: le Sacré-Cœur, le Louvre ou la tour Eiffel. Comme si vous y étiez.

Car bien sûr, votre petit protégé sera photographié devant chaque haut lieu. Vous vivrez ainsi sa virée parisienne presque en direct grâce aux images reçues par mail ou sur Facebook. Et puis rassurez-vous, votre peluche ne manquera de rien: des pauses déjeuner sont prévues dans les parcs et les cafés de la capitale. Elle dormira près de l'arc de Triomphe, en compagnie de copines venues du monde entier. Peut-être s'écriront-elles. La pub ne le précise pas.

Combien coûte cette plaisanterie? 100 euros la semaine. Compter 50 en plus pour le circuit thématique «chic» ou «arty». Merci! Je crois bien que ma peluche n'a pas besoin d'air parisien.

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27/10/2010

Chien sous contrôle

José est en rogne. On cherche des poux à sa chienne. A lui aussi, du coup. Car une amende salée vient de lui tomber sur la tête: 600 francs. Caramba!

Ce maître responsable ne fait pourtant pas pisser sa protégée dans les jeux pour enfants. Il ne la laisse pas non plus souiller les roues de vélo ou les trottoirs de la cité. Il prend le temps de l'emmener faire un tour dans la nature.

Il y a six mois de ça, homme et animal se baladent au Bois des Frères, dans la zone autorisée «Chien en liberté». Mais voilà, le toutou est un molosse. Un rottweiler de 7 ans qui compte deux ans de dressage et deux autres de concours canins. C'est donc un chien sous contrôle. Mais sans laisse ni muselière.

Arrivent des gendarmes. Très pros, ils contrôlent l'immatriculation de l'animal, pensant que c'était un chiot, vu sa petite taille. Après une grattouille amicale au rottweiler, ils demandent au maître de remettre ses entraves à sa petite louloute. Et passent leur chemin. José pensait que cela allait s'arrêter là...

La contravention l'a pris de court. Il ne l'a pas contestée, étant en tort. Mais 600 francs, pour lui, c'est de l'abus! Une dépense de plus, pour décourager les propriétaires de chiens d'en avoir.

José va même jusqu'à poser cette question à vous autres lecteurs. Les molosses étant considérés à Genève comme des armes, vaut-il mieux promener son flingue et faire quelques cartons ou décompresser en promenant son fidèle compagnon à quatre pattes? Il est en rogne, José.

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26/10/2010

Un air de vacances

Vous avez senti la différence? Mais oui, c'est les vacances! Celles de la Toussaint pour les Français. Celles des patates pour les Genevois et les Vaudois. Encore que l'appellation se perde: on préfère parler de vacances d'automne. Ça fait plus chic. Plus urbain.

Quand les relâches scolaires des trois régions tombent sur la même semaine, c'est toujours pareil. La cité se vide. Un peu comme une baignoire à qui l'on a retiré le bouchon.

Ils ont filé où, tous ces bienheureux? Loin. Au chaud. A la campagne. Partout ailleurs qu'en France. A moins d'avoir assez d'essence pour partir en voiture dans le Beaujolais ou le billet du bon TGV. Celui qui roule encore. Car la semaine dernière, de nombreux Genevois affirmaient vouloir renoncer à partir au pays des grèves.

Ils ont dû changer d'avis. Car lundi, la circulation était presque fluide à Genève. Un vrai miracle. Plus d'attentes, plus de klaxons rageurs, d'automobilistes qui vitupèrent. A peine quelques ralentissements. Scooters et vélos se tiennent à carreau. Et les passants rentrent vite au chaud.

Faut dire que la bise fouette méchamment tout sur son passage. On a pris hier une sacrée avance sur la saison: les feuilles tombent à folle allure, la neige blanchit déjà toutes les montagnes alentour. Pire. Ce week-end, on passe à l'heure d'hiver. Dites, ils ne se sont pas trompés, en haut? Là, c'est les vacances de patates. Pas celles de fin d'année, tout de même!

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25/10/2010

La bague bleue des célibataires

La bande bleue m'a mis la puce à l'oreille, au rayon des petites annonces de la Migros. Vous savez, ce panneau où figurent, sur des cartes souvent écrites à la main, les demandes d'heures de ménage ou les offres de cours d'informatique.

Eh bien samedi matin, j'y ai trouvé ce billet intriguant, tapé à la machine serré serré et surmonté de la bande bleue. Avec un O noir au beau milieu. C'est quoi, cette plaisanterie? A y regarder de plus près, c'est une bague à découper. L'alliance des célibataires!

Si vous êtes seul(e) et que vous cherchez l'âme sœur, ce truc simple et gratuit devrait faciliter les rencontres réelles. C'est du moins le but recherché. Il vous suffit de découper ce ruban et de le scotcher autour de votre auriculaire droit. Pour info, c'est le petit doigt. Ou le glinglin, en patois genevois.

Muni de ce signe discret, vous allez alors dans tous les lieux où l'on croise du monde, en espérant repérer une personne avec une marque semblable. Libre à vous de montrer ou non votre glinglin enrobé de bleu. De faire connaissance et plus si entente.

Cette initiative rassembleuse, qui vient d'être lancée à Genève, s'adresse à des célibataires majeurs. Des jeunes comme des vieux. Pas de honte à afficher en public que l'on en a marre d'être seul! Et puis, cela ne coûte rien d'essayer. Au cas où ce petit coup de main vous a réussi, vous me faites signe!

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23/10/2010

Bon magique

Il y a sur Terre des gens qui vous veulent du bien. Vous ne leur avez rien demandé, mais ils veillent sur vous. Et un jour, ils se manifestent. Par courrier.

Christiane a ainsi reçu une lettre d'un devin rédigée, semble-t-il, à New Delhi et postée à Zurich. L'expéditeur se nomme Joseph von Jalan. Ça fait sérieux, non? Pour personnaliser la missive, il montre sa bobine. Ce qui frappe, dans ce visage buriné, ce sont ses yeux jaune vert perçants. Ils ressemblent comme deux gouttes d'eau à ceux du python Kaa dans Le livre de la jungle , quand il hypnotise Mowgli en lui répétant: «Aie confiance, aie confiance.»

Car c'est bien le but de l'opération! Le devin annonce à Christiane qu'il va l'aider gratuitement à gagner plus d'un million de francs. Ben voyons... Car lui seul est capable de connaître le jour exact où elle devra jouer les chiffres qu'il lui donnera. Pour bénéficier de ce traitement de faveur, elle doit compléter le «bon magique» avec le prénom de son père et sa date de naissance. Et là, abracadabra, le devin lui offrira la fortune sur un plateau.

Mais pourquoi à Christiane et pas à moi? Parce que Joseph von Jalan a su voir, de New Delhi, que cette femme possède «un fil conducteur sous-spirituel qui n'est pas donné à beaucoup de gens...» Le bonheur lui a fait signe. On se pince! Il y croit, à ses bêtises?

Ah oui, j'allais oublier. L'heureuse élue doit retourner son «bon magique» à Hambourg. Dans une enveloppe affranchie à 1 fr. 30. «Aie confiance», répétait Kaa, pour mieux embobiner sa victime. A sa place, je me méfierais!

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22/10/2010

Ecriture urbaine

Des empreintes blanches à quatre doigts sont apparues cette semaine sur les sols de la ville. Avec cette mise en garde: "Les énergivores nous ont envahis!" C'est qui, ces bestioles? A voir la taille de leurs pattes griffues, ça craint!

Plus trop, tout de même, depuis que l'on sait les Services Industriels derrière cette opération de sensibilisation. A quoi, au juste? On en saura plus dès le 8 novembre. D'ici là, ces traces auront perdu de leur éclat. Car ces tags sont biodégradables. Mais si!

Pas comme cette marque noire sprayée à tout va dans le quartier des Bains. Signé GUCCI. Vous pouvez me dire à quoi rime ce tag? Une invite à consommer des produits de luxe, peut-être. Un slogan vibrant pour la haute couture. Ça fait tache, au milieu des graffitis. A moins que Gucci ne soit le nom d'un petit chéri.

Il était un temps, dans cette cité, où les écrits qui fleurissaient sauvagement sur les murs disaient une autre façon de voir le monde. Entre "vive les squats", "non au nucléaire" ou "faites l'amour pas la guerre". Mais Gucci, franchement...

Depuis la fermeture du Moa, des phrases tracées au gros feutre racontent d'autres soucis sur les panneaux de chantier. "Genève, sale, ringarde, mortelle". Ou sa variante "Genève, ville morte". La nuit, s'entend. Une autre plume juvénile a rétorqué, en l'Ile, sous forme de prière: "Faites de Genève une ville moderne, vivante et propre pour tous. Et des logements, par pitié aussi." Chiche?

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20/10/2010

Nettoyage d’automne

Propre en ordre! Au Comptoir immobilier, on ne fait pas dans la demi-mesure, côté nettoyage. Normal, me direz-vous, ça fait partie du métier de régisseur que de veiller à la salubrité de ses bâtiments. Oui mais. Un peu de doigté, tout de même!

A Troinex, les locataires des petits immeubles du chemin Dottrens ont reçu en septembre un courrier assez ferme. A quel sujet? Les trop nombreux objets entreposés sur les paliers. Les «envahisseurs» sont alors sommés d’ôter de là tous leurs effets personnels. Sinon, ce sera l’évacuation, «sans avis préalable, tous frais inhérents à la charge des concernés». Oups!

Le 12 octobre, la société mandatée par la régie a fait le ménage. Radical. Tout a été enlevé. Meubles, vélos, canne de hockey. Même les chaussures, rangées sur les paillassons. Ça, c’était pas très malin! Des locataires se sont plaints. On leur a répondu que les pompes se rangent dedans. Pas d’exception, même pour les enfants à qui l’on demande de se déchausser avant d’entrer dans l’appartement.

 Notez que les gosses, au lieu de s’amuser dans la belle campagne troinésienne, ils feraient mieux de rester dedans. Ils ne risqueraient pas de salir leurs baskets préférées, celles «qui courent très vite». Et qui ont disparu du palier.

 Bref, les parents veulent les récupérer. Echange de coups de fils et de courriers. Le Comptoir immobilier, dans ses petits souliers, a fait un geste. Hier après midi, il a fait livrer les souliers subtilisés à leurs propriétaires. Avec des chocolats dedans, comme à Noël? Faut pas rêver! Car pour retrouver les autres objets enlevés, les locataires casqueront.

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19/10/2010

Service restreint

Ôh rage, ôh désespoir! Ce qui semblait hier facile devient soudain un vrai casse-tête. Et pourtant, quoi de plus simple, a priori, qu'un déplacement à Lyon? Une Suissesse résidant en France voisine doit s'y rendre pour refaire ses papiers à l'ambassade. Une vraie partie de plaisir en vue. Mais Raymonde veut se la jouer écolo. Pas question de prendre la voiture. C'était la semaine dernière, avant la pénurie d'essence...

Donc, mère et fille optent pour le TGV. Au matin du jour J, Raymonde appelle la gare. Mince! Leur train est supprimé. La faute à la grève. Au bout du fil, une dame à l'accent suisse alémanique lui annonce qu'un autre convoi va à Lyon. Celui de 10 h 58. Faut vous dépêcher! Branle-bas de combat. Et puis non, il est aussi annulé. Dommage. Mais il faut faire vite quand même, pour vous faire rembourser le billet. Une vraie girouette la dame, je vous dis.

La fille arrive de sa campagne ventre à terre. Mais à Cornavin, on lui glisse qu'il ne servait à rien de courir. Quand il y a grève et qu'un train est supprimé, pas besoin de se pointer avant l'heure prévue du départ. On peut venir après pour récupérer ses sous. Les voyageuses éconduites et stressées ont apprécié! Je vous raconte l'histoire car elle peut vous servir: ça coincera encore ferme sur les rails aujourd'hui, et plus si mésentente chez nos voisins français.

Sur le site www.cff.ch/166 , on informe sobrement les passagers: «Veuillez prévoir une durée de voyage plus longue»; «Les correspondances ne sont pas assurées»; «Durée de grève indéterminée». Au final, «il est actuellement déconseillé de voyager». Elle va faire comment, Raymonde?

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18/10/2010

La soupe à la grimace

Ça va toujours, l'automne? La grisaille, le frais et les mines renfrognées des passants? Faudra s'y faire, car ça risque de durer un moment. C'est peut-être pour se remonter le moral que deux amies décident de se retrouver jeudi soir dans un restaurant à l'entrée du Vieux Carouge.

Le cadre est chaleureux, ambiance vieux bistrot cosy. Elles font leur choix. Ce sera de la soupe à la courge pour commencer. Par ici la bonne soupe! Sauf que celle qui leur est servie est tiède.

Je ne sais pas de quelle école vous êtes, question soupe, mais pour moi, elle se consomme chaude. Les clientes sont du même avis. Elles demandent à la serveuse si on peut la réchauffer (la soupe, donc).

Les assiettes retournent en cuisine, et l'on entend alors cette exclamation: «Ah, les chieuses!» Stupéfaction dans la salle. Le patron soupe au lait abandonne ses fourneaux, lance un coup d'œil dans la salle et vise les coupables. «Ah ouais, dit-il, ça ne pouvait être que des femmes!»

Piquée à vif, Aline lui demande s'il parle d'elle et de son amie. Il acquiesce. Elle ose lui répondre. L'homme, qui manie peut-être l'humour au quatrième degré, lui lance un «Ouh là, avec ce caractère, vous devez être célibataire!» avant de retourner en cuisine. C'est quoi le rapport, au juste?

Dans la salle, ça gronde ferme. Faut dire que ce soir-là, il n'y avait que des «chieuses» (plus trois Messieurs) pour remplir le tiroir-caisse de l'établissement. Aline n'y remettra plus les pieds. Il existe d'autres bonnes adresses, à Carouge, où l'on mange bien, sans se farcir pour autant la soupe à la grimace du patron.

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Silence, on compte

Mieux vaut être prévenu: ce dimanche, jour du Seigneur, pas de sports nautiques sur le Rhône. Ni de navigation de plaisance. Ce n'est pas moi qui fabule: l'information est parue dans la Feuille d'Avis Officielle. C'est dire si c'est du sérieux!

L'arrêté interpelle. Tout d'abord, on se demande bien quelles pratiques sportives se font encore à l'automne dans le fleuve. La nage? Mais non! L'aviron? Peut-être. Parce que le ski nautique, je n'en ai pour ainsi dire jamais vu sur ce plan d'eau.

La navigation de plaisance?  Je croyais que les croisières qui font la navette entre la ville et le barrage de Verbois s'arrêtaient en octobre, pour ne reprendre qu'en avril. Naviguent parfois encore sur ces larges courbes quelques barques à rames, des radeaux de fortune, des canoës. Qu'importe. Tout devra rester à quai dimanche, de 8h à 13h. Silence: on recense les oiseaux d'eau!

Là, j'aimerais être une mouche pour assister à la scène. Comment vont-ils faire, tous ces spécialistes de la faune, pour compter ces volatiles qui bougent tout le temps? Car ils volent, plongent sous l'eau pour réapparaîtres des mètres plus loin ou barbotent dans tous les sens. Impossible de les compter...

On les bague, alors? On les photographie et on compare? Ou on mesure la quantité de déjections et on fait ne moyenne? Je donne ma langue au chat.

Reste que l'opération doit prendre un sacré temps. Car ce n'est pas seulement ce dimanche que l'on demande aux humains bruyants ou agités de se retirer du Rhône. Ce sera un dimanche par mois, et ceci jusqu'en mars. L'excuse toute trouvée pour faire la grasse matinée.

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15/10/2010

Fumet d'automne

Le stratus a du bon parfois. Les yeux n'ont plus à rêvasser dans les nuages ou le bleu du ciel. Là, c'est gris, sobre, uniforme. Rien à voir, circulez! Le couvercle qui plombe la ville est juste troué par des vols de cormorans ou d'étourneaux. Noir sur gris, ce n'est pas follement gai, vous conviendrez. Mais c'est de saison. Ah, l'automne!

Dans cette ambiance ouatée, les autres sens se mettent en éveil, forcément. Avez-vous déjà senti l'odeur du froid, avant la première chair de poule? A moins que ce ne soit la froideur qui rend plus piquant notre environnement olfactif.

Les feuilles mortes que l'on foule dégagent ainsi des senteurs fanées. Les gaz des pots d'échappement accumulés dans les bouchons vous sautent au nez. Comme les effluves des clopes grillées à même la rue, devant les troquets libérés de leur stratus nicotinique. Mais ce qui frappe le plus l'odorat ces temps-ci, c'est ce fumet délicieux, presque incongru en ville. L'odeur du feu de bois.

En campagne, rien de plus naturel. Mais dans la cité, au détour d'une banque ou dans une rue piétonne, ce bouquet champêtre nous prend par surprise. Comme une survivance des temps anciens. Des rassemblements autour de l'âtre. Ils sont encore nombreux à Genève, ceux qui se chauffent au bois par nécessité? J'en doute.

Ce sont plutôt des habitants qui s'offrent une petite flambée dans la cheminée, juste pour le plaisir. Où se cachent-ils? Je m'inviterais presque chez eux pour en profiter. Car lorsque le stratus s'installe sur Genève et bouche l'horizon, l'odeur du feu de bois me met en joie. Pas vous?

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14/10/2010

Baby blues dans le bus

C'est l'histoire d'une jeune mère, en congé maternité. Elle décide d'aller faire un petit coucou à ses collègues de travail et leur montrer la raison de son absence: Sofia, une adorable puce de trois mois.

L'enseignante taille une bavette avec les profs et les élèves. On fait des risettes au bébé. Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil. Ça fait du bien.

Mais voilà, l'heure tourne. Silvia sait que sa petite va bientôt avoir faim et qu'elle le fera savoir haut et fort. Or, rien de tel pour vous crisper une assistance que les pleurs d'un nourrisson. Mère et fille s'en vont à temps reprendre le bus.

Celui qui arrive est un vieux modèle. Le cauchemar des pousseurs de poussettes. Car en plus de ses marches, il a une barre au milieu de l'entrée. La maman demande de l'aide. A une passagère. Entre femmes, c'est souvent plus facile.

Erreur. L'interpellée fait la sourde oreille. A la deuxième sollicitation, la voilà qui s'énerve: «Non, c'est votre enfant. Vous vous débrouillez avec!»

Des phrases comme ça, il faudrait les enregistrer, car on a peine à croire. Tandis qu'une tierce personne aide la maman à hisser la poussette dans le bus, l'autre remet la compresse, genre «Vous faites des gosses, vous assumez!» avant de se replonger dans son sudoku.

Des mots d'oiseau ont alors plu. Pas très classe, admet l'enseignante, qui n'a pas pour habitude de sortir de ses gonds. Mais comment tolérer pareille attaque gratuite? Sylvia a eu soudain le baby blues. Il n'a pas trop duré: le biberon de Sofia a remis les pendules à l'heure.

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13/10/2010

Coucou, je suis là...

Alors, vous avez fini par me retrouver? Ou avez-vous commencé de ce côté-ci du journal? J'imagine votre surprise, ce matin, en ouvrant la Julie. Mais qu'est-ce qu'ils nous font, à tout chambouler ainsi! Vous avez dû pester, c'est sûr. On a beau dire, les habitudes...

Eh bien, tant pis pour elles. Car une nouvelle formule est née. Un nouveau média, en fait. Ce n'est pas pour rien que vous verrez aujourd'hui des cigognes un peu partout en ville. Là, vous tournez les pages dans tous les sens à la recherche de vos repères. Oui, ils ont changé! Les titres ne sont plus pareils. Il y a beaucoup de couleurs, de nouveaux rendez-vous, des enquêtes, des services en veux-tu en voilà. Je ne vous refais pas l'article, tout a déjà été présenté par mes chefs.

Mais est-ce que je vous plais en dernière page? En si bonne compagnie? Celle de Herrmann, bien sûr. Moi, j'adore! Et puis la colonne à disposition est plus large, plus confortable à la lecture. Les concepteurs de la maquette m'ont aussi fait une fleur en me collant une grosse tache d'encre sur mon espace vital. Comment savent-ils que je m'en mets toujours plein les doigts, lorsque j'écris avec ma plume à réservoir?

Reste la signature! Tassée comme c'est pas permis... On va te la changer!, m'a dit le boss des formes. Attends un peu, ça n'urge pas. C'est vrai. Il y a plus pressé. Car vous n'imaginez juste pas l'agitation et l'excitation qui règnaient dans la maison ce mardi, veille du lancement de la nouvelle formule. Celle-ci nous poussera à penser plus loin.

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12/10/2010

Ces arnaques qui marchent encore

Le bonneteau perd du terrain, mais une autre arnaque fleurit dans la cité: le bon vieux coup de l'alliance en or. Une bague pur toc, en fait, mais qui peut rapporter gros.

Alors que le bonneteau se pratique dans les rues très passantes, cette escroquerie se déroule plutôt dans des lieux retirés. L'essentiel étant, pour le malfrat, d'établir un rapport de confiance avec sa victime, loin de tout regard.

Ce qui est rageant, c'est que cette arnaque vise trop souvent les personnes âgées. Celles qui ne savent pas dire non. Ou qui sont d'une touchante naïveté.

C'est le cas de Tina. Cette grand-maman de 83 ans se promène mardi dernier au parc de Contamines. Surgit un jeune homme. Il semble découvrir, en même temps qu'elle, une alliance dorée sur le sol. Il la ramasse et la glisse à son doigt. Mince, elle est trop petite pour lui.

Et à vous, chère Madame, elle n'irait pas? En un clin d'œil, Tina se retrouve avec la bague à l'annulaire. Il faudrait la rendre aux objets trouvés, se défend-elle. Mais lui a soudain besoin d'argent en échange de ce service. La situation se tend. Par gain de paix, elle prend alors son porte-monnaie, l'ouvre devant l'inconnu et lui donne quelques pièces. Mais lui voit les billets. Il les veut. Et finit par les avoir!

Confuse de s'être laissé embobiner, Tina n'a pas dit à son fils combien d'argent elle avait ainsi perdu. Il a tout de même averti la police. Depuis, trois autres dames de Florissant ont été victimes de cette arnaque, et ne le claironnent pas sur les toits. Alors gare au coup de l'alliance, Mesdames!

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11/10/2010

Question sans réponse

Quelqu'un aurait-il la solution? Comment faire pour se rendre en ville quand on peut difficilement prendre le bus, à cause d'un handicap, et qu'on n'a pas les moyens de s'offrir le taxi?

C'est la question que me pose Mirella, une dame de 73 ans qui habite dans le quartier de Varembé. Là, je n'ai hélas pas de réponse à lui donner. Et vous?

Cette veuve de fraîche date a certes un couple d'amis qui la dépanne de temps à autre pour ses rendez-vous médicaux. Mais ça la gêne, Mirella. A trop solliciter ses connaissances, elle a l'impression de les fatiguer.

Or, elle peut difficilement se débrouiller seule pour les longs trajets. A cause d'une méchante polyarthrite, elle se déplace avec un déambulateur. Vous avez déjà essayé de grimper dans un bus avec un tel engin? Avec les articulations qui coincent de partout? C'est déjà galère pour les jeunes parents qui manœuvrent des poussettes, suivant quel véhicule dessert le quartier... Alors vous imaginez une personne âgée!

Un transport spécial pour personne à mobilité réduite? Elle n'y a, semble-t-il, pas droit. Reste le taxi. Pratique. Mais trop cher! Quand on ne touche que l'AVS et le 2e pilier, et que des frais dentaires grèvent encore le budget, c'est niet.

Mirella se console avec son jeune chat. Un farceur, qui aime laper l'eau courante sous le robinet de la cuisine. Mais ça ne règle pas pour autant ses soucis. Comment se rendre chez son médecin? Help, aidez-la à trouver une solution!

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09/10/2010

Perturbations en vue à Genève

Vous voulez rire? Il paraît que dès lundi, ça va être encore pire qu'aujourd'hui, sur le front de la circulation. Profitez de ce week-end pour vous faire du bien. Soyez zen, à titre préventif. Car la semaine qui s'annonce risque de mettre vos nerfs à rude épreuve, si vous devez traverser la ville.

L'avancée du chantier du tram Cornavin-Onex-Bernex va engendrer, nous dit-on, quelques perturbations. Où ça? Existerait-t-il encore un lieu préservé à Genève? Une rue qui ne soit pas éventrée pour un tram, du gaz ou de la fibre optique?

On croyait avoir atteint le sommet, dans le genre crise du trafic. Mais on peut faire mieux, ou du moins varier les plaisirs. Dès lundi, les feux de signalisation seront éteints pour la bonne cause du tram à deux carrefours stratégiques: vers la place des Vingt-Deux-Cantons, pas loin de la gare, et dans le secteur de la route des Jeunes.

Plus de feux, et pas de gendarmes sans doute pour régler la circulation. Ce sera la jungle urbaine dans toute sa splendeur. Prudence! Car plus loin, une autre gâterie est prévue dans la nuit de lundi à mardi. Il y aura basculement du trafic sur les ponts de l'Ile.

Tout ceci, on le sait bien, vise à améliorer la circulation en ville. Mais en attendant, tout le monde en a marre, et ça se sent. Que faire?

Se jeter à l'eau, pardi! Se rendre à la nage au boulot pour éviter les flots d'autos, scooters et autres engins qui pétaradent et bouchonnent.

Les voies lacustre et fluviale présentent tous les avantages par rapport aux voies terrestres. Elles sont silencieuses, larges et peu fréquentées. Sans oublier que l'eau fraîche, ça calme les nerfs! Ça vaut bien toutes les thérapies...

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08/10/2010

Un cadeau encombrant

Si ce n'est pas se faire forcer la main! En début de semaine, je reçois, comme des milliers d'autres clients sans doute, un courrier d'une grande banque. UBS, pour ne pas la nommer.

Après les circonvolutions d'usage, elle m'annonce la bonne nouvelle. Vous aviez une seule carte de crédit chez nous? Vous en aurez deux! C'est cadeau. Pour votre fidélité.

Merci, je dis, mais je ne vous ai rien demandé! La lettre insiste. Lourdement. Ce sera tellement mieux, avec ce nouveau duo de cartes. Plus de soucis! De l'argent où vous voulez, quand vous voulez. Le rêve, à portée de main.

Je reviens vite sur terre. Tout compte fait, la situation actuelle me va très bien. Je ne la désire pas, cette carte de crédit supplémentaire. Au moment de balancer la lettre au papier à recycler, une phrase me saute aux yeux. Et m'achève.

Ce qu'elle dit? Si je ne veux pas accepter le cadeau, je dois me justifier. Eh oui! Signer une «déclaration de renonciation». La glisser dans l'enveloppe prévue à cet effet. Et puis la poster. On se pince!

Si je ne réponds pas dans les temps? Si j'avais jeté la missive sans la lire jusqu'au bout? Eh bien, j'aurais reçu la carte non désirée. Gratuite, il va sans dire. Jusqu'à quand? Cela n'est pas précisé.

Par contre, tout en bas du bulletin à retourner, figure une prière «... ne pas ajouter de commentaires en raison du traitement informatique». Ah bon? Ils craignent quoi? Des mots doux, sans doute, pour ce cadeau si désintéressé.

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07/10/2010

Un «tourner à gauche» attendu

Sainte Cécile, patronne des musiciens, est fêtée le 22 novembre. Sortez luths et guitares. Mais Sainte-Cécile, c'est aussi une grande avenue, à Meyrin, où quelques habitants grincent des dents. Ce qui est fort peu musical, ma foi.

La raison de la fâcherie? Les travaux. Vous me direz que ce n'est pas difficile d'être irrité contre les trous ou bouchons qui prolifèrent sur les voies publiques. Sauf que là, après le chantier du tram, tout est revenu à peu près à la normale. Tout, sauf un «tourner à gauche» qui a disparu de la circulation, par les bons soins de la Direction générale de la mobilité.

La présélection permettait pourtant depuis longtemps aux habitants de l'immeuble 33-43, avenue Sainte-Cécile de rentrer directement chez eux lorsqu'ils venaient de la cité ou de Genève.

Depuis cette suppression, ils doivent désormais rouler 1500 mètres en plus. Ce serait plus simple si je vous faisais un dessin... Bref, à la hauteur de leur immeuble, les automobilistes continuent tout droit. Puis poireautent au feu de Champs-Fréchets, braquent plus loin, refont le feu dans l'autre sens et arrivent enfin chez eux.

Les locataires ont fait une pétition pour que ce fameux «tourner à gauche» soit rétabli. Les cent signatures n'ont pas suffi. L'Exécutif communal s'est réfugié derrière la DGM affirmant qu'une telle présélection nuirait à la fluidité du trafic. Une résolution vient d'être votée par Conseil municipal pour demander à nouveau ce rétablissement. Toutes ces voix à l'unisson... sainte Cécile en est toute retournée. Vers la gauche?

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