10/11/2010

Mâle ou femelle?

Une odeur de beurre rance flotte sur la rue Caroline. De vomi, même. Vous me direz que ce n'est pas forcément pire que le fumet des gaz d'échappement. Mais ça peut indisposer.

Des riverains se sont plaints. Oh, ils ne l'ont pas fait auprès des responsables de cette puanteur: les arbres, c'est sacré. Pourtant, si ça fouette, c'est la faute aux ginkgos! Enfin, pas à tous. Aux ginkgos femelles uniquement. Ce sont leurs ovules, que l'on prend pour de petits abricots, qui tombent là, sur la chaussée, se font écraser puis pourrissent. Et ça dégage! A tel point que des balayeuses passent actuellement deux fois par jour pour les ramasser.

Pierrette en est toute retournée. Pas de l'odeur, mais d'apprendre que ces arbres aux mille écus vont être arrachés sous peu. Pourquoi les avoir plantés si c'est pour les ôter quinze ans après? C'est qu'entre-temps, les ginkgos ont atteint leur maturité sexuelle. Ils s'affirment mâles ou femelles vers 30-35 ans.

Or, les arbres de 15 ans que la Commune de Carouge avait achetés étaient «garantis mâles». Sur un alignement de 10 éléments, à la rue Caroline, le pépiniériste s'est trompé pour au moins quatre d'entre eux. Ces belles odorantes devraient donc être enlevées et remplacées par des messieurs de même taille.

Que Pierrette se rassure, les ginkgos du cimetière ne sont pas encore visés par ce mouvement d'éradication des femelles au profit des mâles. D'ailleurs, comment être sûr qu'ils le soient vraiment? Grâce à leur ADN! Carouge a sollicité le Centre horticole de Lullier qui a mis au point dans ses labos une technique de sexage des ginkgos. Les arbres à planter seront authentifiés «mâles». Ouf, on respire!

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