31/01/2011

Opération à coeur ouvert en l'Ile

Vous qui pestez contre les chantiers, vous les avez déjà vus à l'œuvre, ces hommes-là? Qu'il neige ou qu'il bise, ils triment dans un bras du Rhône pour bâtir le pont reliant l'Ile à la terre ferme. Ils ont les mains et le visages rougis par le froid, le corps bardé de protections pour lutter contre l'humidité. Et sans doute la goutte au nez.

Si vous les observiez un tant soit peu, vous verriez le boulot qu'ils font! Ces ouvriers turbinent souvent depuis des barges, en équilibre sur les flots et dans un boucan indescriptible. Essayez toujours de causer avec une copine en attendant le bus au milieu des courants d'air. Tintin! Vous n'entendrez que le bruit de la machine diabolique qui enfonce les palplanches métalliques dans le lit du fleuve.

Ce ramdam ne gêne pas tout le monde. Chaque jour ou presque, un public fidèle vient prendre le pouls du chantier. Ce sont souvent des anciens du métier, des connaisseurs ou des badauds qui apprécient à sa juste valeur ce qui se trame sous leurs yeux: une opération à cœur ouvert dans la cité, qui exige du doigté et une attention de tous les instants.

Mais pour ces quelques passionnés, combien d'indifférents? Ou pire, de fâchés? Combien de passants pressés et rouspéteurs qui ne voient dans ce chantier que du bruit, de la saleté et des complications?

Alors au lieu de pester encore et toujours contre les travaux, les bus qui bouchonnent en l'Ile et les deux roues qui slaloment n'importe comment, prenez une fois le temps de regarder ces travailleurs à l'œuvre. Et là, vous comprendrez...

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29/01/2011

Les pirates attaquent

Paraît que je suis émouvante de crédulité, m'a dit un blogueur bien intentionné. Ah bon, c'est vrai? Pourtant, quand j'ai vu débouler dans ma messagerie électronique le courrier de Swisscom, je n'ai pas marché. Na!

Posté en dehors des heures habituelles de bureau, ce mail d'allure officielle m'informe que le payement récent de ma facture n'a pas pu être traité par les bons soins de la société. Etrange. Jusqu'à nouvel ordre, ce n'est pas moi qui règle mes coups de fil au boulot.

La missive expose ensuite plusieurs cas de figure pouvant expliquer la chose et m'invite à «cliquer Ici Pour Une Résolution». L'usage de la majuscule tient étrangement plus de la prière que de la simple consigne commerciale. Mais bon, comme c'est le big boss Carsten Schloter qui signe le courriel, on peut y aller les yeux fermés.

Alors là, stop, pas touche! Pas au dirlo, non, mais au lien. Car il suffit de cliquer dessus pour livrer des informations personnelles au pirate embusqué devant son ordinateur. Cette arnaque inonde actuellement  les messageries. A tel point que la police vaudoise s'est fendue d'un message de prévention pour que les clients ne tombent pas dans le panneau. A Genève, on devrait bientôt faire de même, car les attaques montent en puissance.

On rappelle au besoin que les entreprises officielles ne demandent jamais des informations de cette façon. Donc pas d'états d'âme en mettant à la poubelle ce courriel de Swisscom. Pareil pour les variantes avec Visa et Paypal qui viennent de faire leur apparition. Comme dirait Nathalie, faites gaffe. Moi c'est bon, je ne suis pas crédule!

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28/01/2011

Journée à risque pour les chats

Pourquoi tant de haine? De bêtise crasse? Alors comme ça, il y a des malades qui en invitent d'autres à massacrer des chats aujourd'hui! Pour le plaisir. Pour montrer qu'ils existent. Notez que c'est peut-être juste une provocation de fort mauvais goût, une blague, la chose ayant été largement diffusée sur Facebook.

Mais le seul fait d'y avoir pensé relève déjà d'une perversion grave. Parce qu'enfin, vous trouvez normal qu'on incite des gens à torturer un animal qui ne vous a rien fait?

L'appel affiché par intermittence sur le réseau social est explicite, photos à l'appui. Ce vendredi 28 janvier, il ne s'agit pas seulement de tuer un chat, mais aussi de le faire souffrir. Si possible de manière spectaculaire.

Moi qui suis une grande sensible, je n'ai pas regardé de trop près les images diffusées pour illustrer le propos. Même si elles sont bidons ou bidouillées. Car il y est montré les pires sévices que l'on puisse infliger à ces mistigris.

Et ce n'est pas fini. L'initiateur de cette funeste entreprise demande encore à tous ceux qui passeront à l'acte de photographier leurs exactions. Le but étant de réaliser ensuite une page «best of» des meilleures prises de vue. C'est vrai ça, ce sera tellement rigolo de regarder ces scènes sanguinolentes en se tapant sur les cuisses...

On aimerait croire à une mauvaise plaisanterie, tellement c'est gros, lourd et méchant. On aimerait croire qu'il n'y a pas lieu de s'inquiéter. Mais ce vendredi, gardez vos chats au chaud.

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27/01/2011

Yaka zigzaguer

Yaka. C'est la grande mode, à Genève. Yaka construire plus de logements; yaka faire une traversée de la rade; yaka pas mener tous ces travaux en même temps; yaka baisser les impôts. Yaka aussi mettre plus d'infirmières à l'hôpital. Ou yaka rester au lit, quand on a la grippe. Yaka faire ci, yaka faire ça. Oh, que c'est bon, ces solutions...

Yaka donne comme ça une merveilleuse impression de facilité, d'évidence, alors que les problèmes à régler sont affreusement complexes. C'est simpliste, mais ça rassure. D'ailleurs, c'est quand la dernière fois que vous l'avez eu en bouche, ce mot magique? Yaka réfléchir..

Yaka, donc.

Alors, vous êtes au courant? Il paraît que Yaka, c'est aussi le nom du petit Indien de Genève. Vous savez, le jeune pisteur dessiné sur des panneaux et qui aide les piétons à se déplacer dans les dédales des grands chantiers. Le mignon est posté sur ces parcours en zig zag, balisés par des planches vertes et blanches. Yaka! Alors là, je tombe à la renverse. J'ai peut-être raté un épisode, mais je ne savais pas que cette mascotte pour bipèdes perdus s'appelait ainsi. C'est dire si la situation est grave...

Après avoir chassé sur les terres de la Jonction en juillet, Yaka vient d'installer son campement entre le pont de l'Ile et Coutance. Le pisteur pointe du doigt. Partout, et dans tous les sens. Par ici. Attention. Oui, c'est bon. Non, pitié, pas là, c'est droit dans le Rhône.

N'en jetez plus! Le minot, il est sympa comme tout. Mais il ne fait pas vraiment le poids, dans la jungle urbaine. Yaka appeler le grand Bison futé.

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26/01/2011

Ces quelques précisions...

Yves me fait gentiment savoir que j'ai tout faux. Vendredi dernier, je conseillais à une personne qui dépanne souvent sa mère de télécharger, sur le site des TPG, l'horaire aller-retour de sa ligne favorite. Erreur.

Cette fonction était disponible avant, plus maintenant. Elle a été supprimée: le site internet doit rester accessible à l'ensemble des usagers, dit-on aux relations clientèle des TPG. Ce fichier ne sera donc pas remis en vigueur.Dommage. Pour une fois que c'était pratique! Reste la possibilité de trouver sur le site les heures de passage à un arrêt donné pour une direction précise. Pour le reste, il faudra acheter l'horaire papier. Retour à la case départ...

Suite à l'Encre bleue de samedi, des lecteurs ont cru à une plaisanterie et m'ont interpellée. Aussi étrange que cela puisse paraître, ce monsieur généreux et enthousiaste existe. Il faudrait le cloner, c'est sûr!

Toulouse? C'est le chat dormant sur l'orgue de Barbarie de Jo, et qui espère lui en offrir un tout beau tout neuf. Le numéro de téléphone que je vous ai donné ne suffit pas. Peut faire mieux, avez-vous clamé. Les coordonnées exactes, pour le don? Les voici: Crédit Suisse, mention Toulouse, à l'attention d'Anne Baillif, CH26 0483 5010 8004 7000 4.

En parlant de sous, vous avez sans doute remarqué que des petites tirelires en forme de cochon sont offertes aux clients de la Migros. A ma connaissance, ce ne sont pas les rejetons de Jules. Vous imaginez la portée? Bon. Si ces milliers de porcelets bossent durant toute l'année pour lui, donc pour la Thune, Jules veut bien les reconnaître. Quel grand cœur!

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25/01/2011

Gare aux menteurs

Combien de fois faudra-t-il le répéter? On ne répond jamais aux courriels en donnant des codes ou des informations confidentielles. Même des renseignements qui semblent anodins. Entendu?

Car les pirates informatiques sont de fins psychologues. Ils jouent la carte des bons sentiments. Imparable, pour certains. Et les gentils naïfs tombent dans le panneau. Certes, le procédé est retors. Ces courriels sont parfois signés d'un nom connu. Une vague connaissance, au mieux. Qu'importe. Enfoncez illico la touche «delete». La police atteste que ces demandes ne proviennent jamais de proches. Ou si peu.

Pour faire court, ces demandes qui engorgent les messageries sont des demandes d'aide pour débloquer des fonds spoliés, des appels pathétiques de victimes cumulant tous les malheurs du monde. Dickens, à côté, c'est drôle.

Amelia a ainsi reçu cette offre pour empocher un gain faramineux. Du grand guignol! La veuve éplorée qui lui écrit souffre d'un cancer. En phase terminale, forcément. Ça émeut. Elle a choisi Amelia au hasard pour lui faire don de tout ce qu'elle possède. Sept millions d'euros, à utiliser pour une bonne cause. C'est d'un crédible...

Sur son lit de mort, elle prie la Genevoise de la rappeler, pour autant qu'elle soit «une personne sincère.» Non, non, pas par téléphone: elle est incapable de parler. La maladie l'oblige à survivre sous oxygène. Pourtant, elle ne manque pas de souffle!

Amelia doit lui répondre par mail. Ne serait-ce que pour compatir. Elle ne l'a pas fait. Aurait-elle mauvais fond? Mais non! Elle ne veut juste pas être le Xe dindon de la farce.

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24/01/2011

L'amour ou la guerre?

Faites l'amour, pas la guerre. Ça vous rappelle quelque chose? Les slogans qui fleurissaient sur les murs des villes, les grandes et folles utopies de paix, calme et volupté...

C'est bien loin tout ça. Fini, enterré. Suffit de regarder l'affiche qui s'étale ces jours sur la voie publique en vue de la votation du 13 février sur les armes.

Elle montre, grandeur nature, un jeune homme barbu, bien fait de sa personne, et à complètement poil. Ciel! Mais que fait-il? Il tient à pleines mains son joujou érectile. Son sexe métallique. Son flingue, quoi. Enfin c'est du pareil au même, à voir l'amalgame qui est fait.

Touche pas à ma virilité, raconte cette image. Et je ne crois pas avoir l'esprit particulièrement mal tourné. Dans le tram, samedi, un petit gars soucieux demandait à sa maman: «C'est son zizi, au Monsieur?» Parce que oui, c'est aussi dans les TPG, cette pub. En plus petit format, heureusement, mais toujours aussi ras des pâquerettes. Et là, rien ne nous est épargné.

Ce n'est pas comme au cimetière des Rois. Jouant les vierges effarouchées, l'Exécutif genevois a refusé la stèle pour la tombe de Grisélidis Réal, la célèbre courtisane genevoise. Il y a certes une question de gros sous, là-dessous. Mais pas que: la sculpture pourrait choquer les familles. Car la forme triangulaire, gravée sur le disque de serpentine, évoque le sexe féminin. «Trop explicite», ont estimé les autorités.

Parce que l'artillerie lourde, brandie par le jeune militant nu dans les rues, ce n'est pas explicite, peut-être?

Faites la guerre, pas l'amour. Quelle époque!

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22/01/2011

Le lecteur qui nous veut du bien

La lettre adressée au rédacteur en chef débute ainsi: «Cher quotidien ami». L’intéressé fronce légèrement les sourcils. «…toute ma reconnaissance pour l’excellent journal dont vous assumez la lourde responsabilité». Ouh là là, se dit le boss, c’est pas normal, l’attaque va venir sous peu, déguisée, sournoise…

Elle ne viendra jamais. Car si Gérard a empoigné sa machine à écrire, c’est pour dire tout le bien qu’il pense de la nouvelle présentation du journal. C’est du lard ou du cochon? s’interroge encore le chef. Le tailleur de pierre traduit son bel enthousiasme en lettres capitales qui sautent aux yeux: «BRAVO MILLE FOIS». Oh, que ça fait du bien…

Tout à ses louanges, Gérard ajoute: «Je trouve que son coût est trop bas.» Le rédacteur en chef se pince! C’est bien la première fois qu’on lui dit ça. Oui, la Julie vaut plus que 2 fr. 60! Là, je suis entièrement d’accord.

Notre épistolier va plus loin encore. Chaque jour, dit-il, il achète trois exemplaires de la Tribune. Deux qu’il donne à de vieux amis, la troisième, il se la réserve pour lui. «Et depuis déjà fort longtemps, je verse 3 francs pour chaque exemplaire.» A ce stade, le rédenche verse une larme émue. Sort sa calculette: 9 francs par jour dans une caissette, je rêve!

C’est que Gérard, quand il aime, il ne compte pas! D’ailleurs, ce Genevois atypique persiste et signe. Il joint à son courrier une enveloppe avec de l’argent «pour le café de 09 h 00». Je vous assure que c’est vrai: le chef vient de me l’apporter. Ce ne sera pas pour boire. Mais pour Jules. Merci!

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21/01/2011

Horaires voyageurs

Balexert, vous en conviendrez, ce n'est pas l'épicerie du coin. Il se vend de tout partout et pour tous les goûts. Sauf l'horaire des TPG. Vous savez, ce petit carnet où l'on s'arrache les yeux tellement les chiffres et les lettres sont écrits petits. Mais bon, avec une loupe, on peut toujours se débrouiller..

Christiane a donc cherché dans le centre commercial où diable elle pouvait se procurer ce précieux document. Mais rien. Pas l'ombre d'un horaire de bus chez Naville, où on le trouvait auparavant, ni au point info des CFF, ni ailleurs.

Cette fidèle usagère des transports publics s'en inquiète. Car elle n'a pas internet. Donc pas moyen de trouver ces informations en ligne. Du coup, elle se sent désemparée. Un brin fâchée aussi. Les TPG auraient-ils renoncé à publier cette brochure?

Que nenni, clame-t-on à la centrale! Les documents sont encore et toujours tirés sur papier. On les trouve dans les trois agences TPG de Rive, Cornavin et Bachet-de-Pesey. On peut aussi les acheter dans les kiosques Naville, pour autant que les responsables des lieux veuillent bien les prendre. Car même s'ils vendent des billets de bus, ils n'ont pas l'obligation d'avoir ces horaires à disposition de la clientèle.

Alors elle fait comment, Christiane, près de Balexert? «Je téléphone à mon fils qui regarde sur internet quand mon bus va passer près de chez moi. Mais il n'est pas toujours là...» Un conseil: que le fiston tire une bonne fois pour toutes la fiche horaire de la ligne préférée de sa mère, en grossissant le caractère, au besoin. Autrement je lui envoie l'horaire.

Et dire que je ne suis pas payée par les TPG...

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20/01/2011

Des amours de gens

A en croire ces deux témoignages, il y avait quelque chose dans l'air, mardi. Un avant-goût de printemps. Une sorte de douceur. Un zeste de chaleur en plus entre les gens. La preuve?

Mardi, la patronne de l'Estaminet quitte son établissement en coup de vent pour aller faire ses courses à la minuscule Migros de la place du Cirque. Au moment de payer, mince! Il lui manque une thune. Gênant.

Brigitte se fait les poches, farfouille dans son sac, est prête à le retourner pour lui faire cracher quelque monnaie lorsque le jeune homme à la caisse la prend de court. «Attendez, j'ai cinq balles!» qu'il dit, en sortant des pièces de son jean. Et hop, l'employé met la différence de sa poche. Brigitte en est restée baba! Il n'est pas chou, ce vendeur?

Et c'est mardi aussi qu'un employé de la Voirie a sonné à la porte de Jacqueline, à Cointrin. Il lui rapporte un porte-monnaie, trouvé dans une poubelle. Celui que la retraitée s'est fait faucher dans son sac samedi, alors qu'elle était dans le tram. Elle en a d'ailleurs pleuré tout le week-end.

Alors oui, les 150 francs ont disparu de son porte-monnaie. Mais toutes les cartes d'identité d'elle et de sa fille sont bien là, tout comme les cartes bancaires et celles des assurances. Un miracle.

Elle voudrait embrasser l'homme de la voirie, tellement elle est soulagée. L'inviter pour un café, pour le remercier. Mais il n'a pas le temps de s'arrêter. Son camion jaune est mal garé. Et il est parti. Sans donner son nom. Merci à lui. Car depuis mardi, Jacqueline flotte sur un petit nuage.

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19/01/2011

Allô taxi? On est en rade...

Quand on nous explique, on comprend. Autrement, on s'énerve. La preuve? La veille de Noël, Janine et sa tante de 86 ans prennent un taxi pour aller casser la graine à Ferney-Voltaire. Elle règle la course en liquide et se renseigne auprès du chauffeur de Taxi-Phone. Doit-elle contacter la centrale pour le retour?

Oui Madame. Il oublie juste de préciser un détail. Et quand Janine commande un véhicule pour rentrer à Genève, elle n'en croit pas ses oreilles: le standardiste lui demande si elle a une carte de crédit. Elle n'en possède pas. Alors niet, pas de taxi! Et d'expliquer que ce sésame sert de garantie pour une course depuis la France.

Janine est furieuse. La voilà en rade avec une personne âgée qui ne peut pas marcher. Et il neige, pour couronner le tout. Mais bon, Ferney-Voltaire, ce n'est pas la rase campagne. Le patron du restaurant appelle alors un taxi pour les dames auprès d'une autre compagnie genevoise, et tout rendre dans l'ordre.

Alors? Ben oui, c'est embêtant pour elles, constate le boss de Taxi-Phone. Mais il n'a pas trouvé meilleur système pour protéger ses chauffeurs des fausses courses. Trop souvent, ils se déplacent loin à la ronde pour répondre à une demande. Or à leur arrivée, le client a déjà grimpé dans un autre véhicule. Il  a héhé le premier taxi qui passait par là, et en voiture Simone.

Depuis deux ans, cette société exige donc une carte de crédit pour s'assurer que la commande passée depuis la France voisine est sérieuse. Voilà. Il suffisait de le savoir. Car quand on nous explique, on comprend. Et on ne s'énerve plus...

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18/01/2011

Le pigeon fait jaser

Sacrés pigeons! Morts ou vifs, ils n'en ratent pas une pour se rappeler à nous. Ainsi donc, à Carouge, un ou plusieurs «justiciers» s'emploient à délivrer la cité de ces volatiles envahissants. Chaque jour, depuis plusieurs semaines, la voirie communale ramasse en effet 3 à 4 cadavres d'oiseaux près des Tours.

On parle de poison, et on frise la psychose. Une lettre étrange m'est d'ailleurs parvenue. Le nom de la personne présentée comme responsable de cette hécatombe m'est livré sur un plateau. Au secours, j'en fais quoi, de cette information?

Ce n'est pas parce que X a proféré des menaces contre ces oiseaux que X est forcément «pigeon killer». Rien de tel qu'une rumeur pour vous ficher la vie en l'air.

Parce qu'on peut nourrir de sombres pensées contre ces oiseaux sans vouloir pour autant les exterminer. Tenez, moi, par exemple. J'aime pas les pigeons. Ils me hérissent, même.

N'empêche. Lorsqu'au retour de vacances d'hiver, j'ai découvert un nid dans un bac à fleur de mon balcon, j'ai tiqué. Car il y avait deux jolis œufs dedans. Premier réflexe: loin. On dégage tout ça. Mais lorsque dame pigeon, toute inquiète, est venue tourner autour de sa nichée, mes réserves ont fondu. La faute à une bouffée grave de sentimentalisme. A une admiration béate devant le miracle de la vie. Et depuis, Madame couve ses œufs en paix. Je ferme les yeux, et je nettoie. Faut être stupide, c'est sûr. Totalement inconséquente, certes. Car j'aime pas les pigeons... Ils me hérissent. Comme X, sans doute.

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17/01/2011

Renfile toujours

«Brocante la Renfile, Centre social protestant». Cette adresse à Plan-les-Ouates, Isabelle la connaît bien. Elle va souvent y déposer des objets ou des vêtements en bon état.

L'autre jour, alors qu'elle décharge sa marchandise, à l'arrière du bâtiment, un homme lui saute dessus. Enfin, façon de parler. «Vous faites quoi, Madame?» «Et bien, je dépose des livres, une lampe de chevet, un sac avec des décorations de Noël, etc.» qu'elle répond.

Le gus réagit curieusement. Il se met en pétard. «Allez mettre tout ça à la poubelle. Ce n'est pas un dépotoir ici!» Tu parles d'un accueil... Fâchée, Isabelle ramasse ses affaires et s'en va.

"C'est tout juste s'il ne m'a pas demandé de lui apporter des trucs neufs», s'insurge-t-elle. On peut dès lors se poser la question. La Renfile a-t-elle changé de vocation? Veut-elle désormais jouer dans la cour des antiquaires, en n'acceptant que des objets de plus grande valeur?

Mais non! Isabelle est juste mal tombée. Son interlocuteur n'était pas bien luné. A moins qu'il ne fasse partie de la bande organisée qui sévit chaque dimanche sur place. Depuis plusieurs mois, des personnes qui prétendent travailler pour le CSP font en effet main basse sur les objets déposés. Méfiance, donc, si un type vient fureter sans gêne dans le coffre de votre voiture.

Reste que la Renfile refuse certaines marchandises. Les canapés, les matelas avec de grosses taches ou déchirés. Les postes de télé, depuis cette année. Ou les choses cassées. Tout le reste est pris. Car c'est avec ces 4000 m³ de matériel récolté chaque année que le CSP vit!

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15/01/2011

L'homme, le chat et l'orgue

Toulouse est le chat le plus choyé de la République! Tous les jours, cette boule de poils se fait caresser par des tas de mains baladeuses. Ceci pendant des heures! Vous en connaissez beaucoup, des matous qui remportent pareil succès? Faut dire que ce gros tigré aux yeux verts est une invite aux câlins, lorsqu'il paresse tout contre l'orgue de Barbarie de Josef.

Vous les avez sans doute déjà croisés en ville. L'homme, le chat et l'orgue. Un trio paisible, comme hors du temps.

Jo, pour faire court, a été infirmier. Aux salles d'opération, il a préféré la vie au grand air et la bohème. Depuis plus de 20 ans, ce barbu aux allures de Père Noël joue ses ritournelles aux quatre coins de Genève. Il veille à sa manière sur les enfants et les vieux d'ici: réserve de sucettes pour les uns, présence généreuse et conseils de sage pour les autres. Jo est une présence rassurante dans le paysage genevois.

C'est pourquoi Anne et Marlise ont décidé de lui donner un coup de main. Parlant au nom du chat Toulouse, elles viennent de lancer un appel aux habitants de la Cité de Calvin pour trouver des fonds. Car l'orgue de Barbarie de Jo se fait vieux. Rafistolé, usé, il risque à tout moment de rendre l'âme. Et ce n'est pas avec ce qu'il gagne en tournant la manivelle que le sexagénaire pourra s'offrir un nouvel outil de travail. Un orgue robuste, bavarois, capable d'affronter tous les temps et d'offrir un nouveau répertoire. Avec lui, Jo et Toulouse pourront encore égayer pendant des années les rues de Genève. Chiche?

Toulouse, GBG, 6, rue Guillaume-Tell, CP 1557 1211 Genève 1. 022 906 48 18

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14/01/2011

Histoires vraies

C'est l'ami Jean-Claude qui me l'a racontée. Il tient cette histoire fribourgeoise d'une proche parente de Marthe et Cécile. Des sœurs inséparables, âgées respectivement de 84 et 90 ans. Mais voilà. Peu avant Noël, la plus âgée des deux décède.

Toute endeuillée, Marthe assiste au service religieux à l'église. Alors que la messe est dite, elle se précipite soudain vers le cercueil ouvert où repose son aînée. Que va-t-elle faire? La famille est aux aguets. La douleur fait perdre la tête, parfois. Mais l'octogénaire surprend son monde. «T'es vraiment pas chic!» reproche-t-elle tendrement à sa défunte sœur. «Samedi, on devait regarder Alain Morisod à la télé. T'aurais pu attendre!» Ça ne s'invente pas.

Tout comme cet étrange courrier, reçu par Antoine à mi-décembre. C'est un recommandé de l'Office des faillites. Le genre de pli qui crispe son lecteur. Là pourtant, il se marre. Car on le prie de régler, avant le 15 janvier, la somme de... CHF 0.00! Hilare, Antoine pense à négocier un payement par tranches. Sauf que. On lui demande d'adresser une preuve de versement, lorsqu'il aura payé son dû. Il va faire comment?

Et encore une, pour la route. A l'arrêt du bus N° 1, place de la Navigation. Un vieux monsieur, assez marqué par la vie, attend le bus avec son chien. Il se racle bruyamment la gorge avant de cracher tout ça par terre. Raté! Le glaireux atterrit sur la tête du toutou. Beurk! Mine dégoûtée des passants, qui en voient pourtant des vertes et des pas mûres. Le pépé, tout désolé, s'excuse platement auprès de son chien. S'il l'a nettoyé? Je vous laisse deviner...

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13/01/2011

Patience, qu'ils disent!

Compréhension et patience! Ces vertus, on le sait, ne sont pas le fort des Genevois. Pourtant, la direction du chantier du tram Cornavin-Onex-Bernex n'a pas trouvé meilleur remède à proposer aux usagers de la route pour leur éviter la crise de nerfs.

Dans son petit communiqué publié dans la FAO, elle les remercie d'avance de bien vouloir développer cette zen attitude pour les temps à venir. Pendant cinq mois, pour commencer. Puis pour le reste de l'année 2011. Vous voilà donc avertis.

Car c'est aujourd'hui que le feu est mis aux poudres, du côté de l'Arquebuse. Ça n'a l'air de rien, vu de loin, un bout de rue qui se ferme à la circulation. Mais là, ce sera vraiment rock and roll. Et pas seulement dans le secteur Georges-Favon/Coulouvrenière. Les perturbations vont ricocher en ondes bouchonnantes jusqu'à Cornavin et Plainpalais, causer des inversions de sens de circulation, fermer un bout de quai. Bref, le chenil complet.

Le piquant, c'est qu'il n'y a rien de nouveau sous le soleil. Dans un courrier que m'a envoyé un homme ayant le sens des archives parlantes, une image. «Genève, ville ouverte», tel est le titre de ce dessin de presse signé Leffel et paru dans le journal Construire. On y voit la ville transformée en gruyère et hérissée de panneaux de chantier. Un couple d'Américains, le plan de Genève à la main, demande sa route à un ouvrier dont la tête sort d'un trou: - «Please! pour visiter your city?...» - «Prenez l'hélicoptère!"

Le dessin date du 9 juin 1971! Compréhension et patience...

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12/01/2011

La Thune du Coeur 2010: 62 242 francs

Tant pis pour les retardataires. Oh, qu'ils se rassurent: Jules ne dira jamais non à un don! Seulement ces sous reposeront dans sa panse rose un bon bout de temps. Jusqu'au 21 novembre, précisément, lorsqu'il reprendra du service pour récolter de l'argent en faveur des plus démunis du canton.

Le compteur de la Thune du Cœur 2010 s'est donc définitivement arrêté. Il affiche 62 242 francs. Le top!

On s'était quitté la veille de Noël sur la somme de 51 619 francs. Quand je vous disais alors que ce cochon grossissait à vue d'œil, je ne vous racontais pas des salades...

Merci à la Ville de Genève d'avoir sérieusement contribué à engraisser Jules dans les derniers jours de décembre, tout comme la commune de Genthod. Les intérêts de Confignon ont aussi fait prendre bon poids à notre cochon préféré avec les dons récoltés lors de leur Fête de Noël.

Bises à Pascale de Genève, Françoise de Chambésy, Georges de Champel, aux familles de Vessy et à toutes les personnes généreuses du canton qui ont ainsi «apporté un peu de réconfort à ceux qui en ont besoin», comme il était écrit sur un bulletin de versement.

Grâce à vos dons, petits et grands, la centrale alimentaire Partage reçoit 37 345 francs, les Colis du Cœur et La Virgule 12 448 francs chacun. Un coup de pouce bienvenu pour ces associations qui viennent en aide à ceux qui en ont besoin!

Dès demain, promis, Jules ira se refaire une beauté, tandis que Julot verra sa patte réparée. Ils seront ainsi d'attaque pour la Thune du Cœur 2011.

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11/01/2011

Têtes en l'air, la série

Oups, je me suis un peu vite avancée... Lundi, je vous promettais de divulguer mardi le montant total de la Thune du Cœur 2010. Et bien ce sera mercredi! Car j'avais totalement oublié le passage par la case vérification des comptes. On fait donc les dernières additions ce matin avec Patrick, notre grand argentier, et on en reparle demain.

Le temps de vous poser cette question: connaissez-vous des époux, âgés de plus de 70 ans, se prénommant Marguerite et Louis? Rui Carlos aimerait bien les retrouver. Car en se promenant au bord de l'Arve, à mi-décembre, il est tombé sur un objet brillant dans le sable. Une alliance en or. Une vraie! A l'intérieur, la date du mariage: le 15 mai 1954. Avec la signature «De Marguerite à Louis», gravée pour la vie. Le promeneur, ça l'émeut: 56 ans de mariage, tout de même... Monsieur doit y tenir, à cette bague! Il peut me faire signe, je sais où elle est.

Dans le genre tête en l'air, Jürg est pas mal non plus. Le jour après Noël, lors d'une balade digestive à travers les vignes du coteau de Bernex, il perd son appareil de photo numérique. Etait-ce un cadeau de la veille? Mystère. Mais il contenait déjà pas mal de clichés. Dont ceux de la maison de Jürg.

L'inconnu qui a retrouvé la caméra l'a déposée au poste de police Onex-Lancy. Deux agents ont alors visionné ces images. Et ça leur a fait tilt: ils savaient où se trouvait cette maison. Le jour de la fête des Rois, ils sont venus sonner à la porte du photographe pour lui rendre son appareil. Il en est resté sans voix, devant tant d'honnêteté et de gentillesse. Ah oui, j'allais oublier: Jürg m'a demandé de les remercier. Voilà!

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10/01/2011

Et c'est reparti pour un tour!

Et voilà! Noël et Nouvel-An sont derrière nous. Finie, la course aux cadeaux. Digérés, les repas de famille. Oubliées, les vacances. Mais pas moyen d'hiberner tranquille pour autant. C'est que l'heure est aux bonnes résolutions! De celles qui vous dopent pour attaquer la nouvelle année. Alors, vous avez fait le plein de ces grandes décisions qui vont vous changer la vie? Oui? Des tenables? On l'espère. Car c'est reparti pour un tour!

Enfin, pas pour tous: après avoir été enguirlandés, les sapins font le trottoir. Tous seuls, sous la pluie de dimanche. Dépouillés de décorations, jetés comme de vieux Kleenex. C'est triste à pleurer, comme fin de vie. Si on pouvait au moins faire un grand feu de joie de tous ces arbres, avec des gens réunis tout autour pour leur faire la fête, ce serait moins glauque. Mais faut pas rêver...

Quoique! Le sort des sapins de Noël vous laisse peut-être de bois, on peut le comprendre. Mais vous êtes sensibles aux conditions de vie difficiles des plus démunis de Genève. La solidarité, ce n'est pas un vain mot. Et si la 15e édition de la Thune du Cœur a mis du temps à démarrer, les dons ont continué à arriver régulièrement sur son ccp pendant et après les Fêtes.

Avec Jules, on a décidé de ne pas arrêter le compteur aux 51 619 francs annoncés la veille de Noël, mais de prendre en considération les sommes versées jusqu'à aujourd'hui. Les fonds récoltés seront donc versés mardi aux trois associations bénéficiaires de la Thune du Cœur 2010, Partage, les Colis du Cœur et La Virgule. Le temps que je change encore en billets plus de dix kilos de monnaie reçue les derniers jours de décembre...

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