17/02/2011

Tout va très bien, Madame la Marquise

Est-ce de l'humour noir ou de la maladresse? Plutôt une faute de goût, compte tenu des circonstances. Toujours est-il qu'en faisant son marché mercredi matin à Carouge, Jean-Charles reste sans voix: le carillon de l'église Sainte-Croix sonne à toute volée un air qui ressemble furieusement au tube de Ray Ventura «Tout va très bien Madame la Marquise».

Ça donne quoi, dans la tête des Carougeois encore sous le coup? Allô, allô, James, quelles nouvelles! L'ancien curé de cette église s'est suicidé? Expliquez-moi, paroissien fidèle, pourquoi cela s'est-il passé? Avant d'attaquer en chœur «Mais à part ça, Madame la Marquise, tout va très bien, tout va très bien!»

Entre les étals du marché pourtant, c'est une toute autre musique. Jean-Charles et les autres habitants de la cité sarde estiment qu'il faudrait faire taire ce carillon. Même s'il pousse cette chansonnette depuis quelque temps déjà. Juste par gain de paix.

Car ce qu'ils espèrent, c'est que lumière soit faite au plus vite sur cette triste affaire qui bouleverse Carouge. Pas que les cloches sonnent toutes les heures cette vieille rengaine qui leur file le bourdon.

Et moi, ce qui me chagrine, c'est de vous annoncer que je m'en vais. Oh, pas pour toujours. Juste le temps de me faire bricoler le peton. Et de ne plus entendre les quolibets sur ma chaussure robocop (c'est pas l'pied, hein? Tu fais le messager boiteux, maintenant? Bla bla bla...) Demain, je lève donc le pied pour deux bonnes semaines. Mais à part ça, comme dirait l'autre, tout va très bien...

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16/02/2011

Nos chers impôts

Christiane y perd son latin, mais pas son humour. Et c'est le principal! Car cette contribuable genevoise est restée scotchée en découvrant le décompte intermédiaire de ses impôts.

Je vous la fais courte? Au cours de l'année écoulée, elle a payé dix fois le dixième du montant total de ses contributions publiques. Elle s'est donc acquittée de son dû. C'est du moins ce qu'elle croyait.

Erreur! Le solde qui lui est aujourd'hui réclamé équivaut exactement à ce qu'elle a déjà versé. C'est comme si tous ses payements mensuels n'avaient jamais existé. Pschitt! Envolés! Du coup, Christiane hésite à prendre un comptable pour gérer ses affaires, voire à se faire soigner contre les premières atteintes d'Alzheimer.

Elle me demande donc de l'aider à résoudre cette équation pire, pour elle, que les problèmes de robinets à l'école primaire. La malheureuse! Je pataugeais à l'époque dans ces histoires confuses de fuites d'eau et de calcul du temps nécessaire pour remplir une baignoire. Ça ne s'est pas amélioré depuis...

Si je peux risquer un conseil, c'est que Christiane se fende d'un courrier aux impôts pour mettre les points sur les i. Leur dire qu'ils ont tout faux. Mais sans faire d'humour: on ne plaisante pas avec cette administration-là.

C'est elle qui se paye ce luxe, sans le vouloir. Brigitte a ainsi écrit à l'Hôtel des finances pour demander un nouvel examen de son dossier. La direction de la taxation des personnes physiques a fait du zèle. Elle vient de lui envoyer un accusé de réception en neuf exemplaires, et autant d'enveloppes. Des fois qu'elle n'aurait pas compris!

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15/02/2011

Privés de ciné

Que peut-on faire un samedi soir? Aller au cinéma, par exemple! Le 12 février, il y a foule à Pathé Balexert. Ados et adultes se pressent à la séance de 19 h 30. Benoît Poelvoorde et Dany Boon attendent de pied ferme les chalands sur l'affiche de "Rien à déclarer"

Les treize salles du multiplexe se remplissent, les bandes-annonces défilent. Enfin, le film commence. Bien calé dans les fauteuils, le public se laisse emporter au loin. Pas pour longtemps. Car soudain, c'est l'écran noir. Les bobines ne répondent plus.

Les plafonniers se rallument alors et tirent les spectateurs de leur bulle. On les prie de quitter les lieux. Vous imaginez la scène. Treize salles qui se vident d'un seul coup! Il y a là un millier de cinéphiles désemparés, qui se pressent aux guichets pour obtenir remboursement de la séance ou des billets valables pour une autre soirée. Ce qui devait être une soirée récréative devient un parcours du combattant.

Alors, la faute à qui, ce gâchis? La faute aux interventions techniques entreprises par le centre commercial de Balexert, répond la direction romande de Pathé. Ces travaux ont déclenché l'«asservissement» des salles de cinéma. L'alerte générale, pour faire court. Tout le monde dehors, et plus vite que ça.

Evidemment, Pathé est désolé d'avoir, sans le vouloir, frustré ses clients. Un tel couac ne fait pas son beurre. Mais il en a mis un peu dans les épinards d'un cinéma indépendant. Car ceux qui tenaient mordicus à rigoler avec les douaniers se sont rué au Central, à la séance de 21 h. Et là, ils ont été servis!

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14/02/2011

Dites-le lui avec quoi?

A force de l'annoncer, on va finir par oublier que c'est aujourd'hui, la Saint-Valentin. La fête des amoureux, et celle des commerçants.

Je m'en voudrais d'être rabat-joie, ce n'est pas le genre de la maison. Mais à force de nous vanter tout ce qu'il faudrait débourser pour combler l'être aimé, on se dit que c'est mission impossible. Comment faire, malgré tout, pour passer le message du jour à l'élu(e) de son cœur?

Dites-le lui avec des fleurs! Des roses rouges, tant qu'à faire. Certes. Mais les fleurs, c'est périssable, comme disait le grand Brel. Et si elles se fanent trop vite, c'est mauvais signe pour l'amour toujours.

Avec des chocolats? Ils fondent moelleusement dans la bouche pour mieux rebondir sur nos poignées d'amour, les traîtres.

Avec quoi d'autre, alors? Les plus romantiques entretiendront la flamme par un dîner à deux dans la suite d'un palace, avec vue sur le lac. Ou lors d'un menu spécial Saint-Valentin décliné à toutes les sauces dans les bonnes tables de la région. Mais tout ça coûte bonbon.

Pas tant que le collier pour Madame ou les boutons de manchette pour Monsieur qui brillent dans les joailleries à côté de la montre en forme de cœur, à porter impérativement le 14 février.

Dites-le lui donc en offrant de votre temps. Des heures entières à passer avec l'être aimé. Des moments doux à partager ensemble, à marcher la main dans la main, à faire des projets, à se raconter des histoires, à échanger. Du temps pour vivre, tout simplement.

Oui mais le temps, c'est de l'argent! Au secours, on ne va pas s'en sortir...

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12/02/2011

Un si long silence

Dix ans! Il a fallu dix ans au Service de comptabilité des Hôpitaux universitaires de Genève pour solder le compte d'une patiente.

Or, celle-ci n'est plus patiente depuis longtemps, hélas. Elle est décédée en 2001. Non pas chez elle, en Italie, mais bien aux HUG où elle avait suivi toutes sortes de traitements contre le cancer.

Son amie à Genève avait d'ailleurs reçu, à l'époque, une lettre de condoléances de l'Hôpital. C'est pourquoi Iris s'est étranglée en lisant le courrier adressé chez elle à l'attention de la défunte.

L'administration lui annonce tout de go la découverte d'un solde en sa faveur. Chic! On l'invite donc à remplir le formulaire ou à signer une procuration pour procéder à son remboursement.

Iris, ça la choque que l'on ne prenne pas plus de précautions avant d'envoyer pareille missive. Vérifier que la patiente soit encore en vie, par exemple. Ça ne coûte pas grand-chose comme effort. Et en dix ans, on devrait trouver le temps de le faire, non?

Elle s'est donc fendue d'une lettre pour expliquer le topo. Las. Elle n'a reçu en retour qu'un courrier laconique et technique. Pas la moindre trace de gêne et encore moins d'excuses pour avoir ravivé, par cette procédure, tant de souvenirs douloureux. Ce manque d'empathie de l'administration hospitalière lui a filé un sacré coup de blues.

Et comme si cela ne suffisait pas, Iris a reçu la même semaine un courrier de son employeur. Il lui demandait de cocher une case sur un formulaire pour attester qu'elle était bien vivante. On se pince!

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10/02/2011

Une vache de grippe

Dis Julie, t'étais où ces derniers jours? Au fond du lit, pardi. J'étais balâââde, complètement balâââde... L'oignon n'a pas suffi, comme d'ailleurs tous les autres remèdes de grand-mère. Ils ne font pas le poids contre pareil cocktail de microbes. Car elle est vache, la grippe de cette année! Carabinée même. Elle vous lamine en moins de deux. Vous en avez fait l'expérience?

Paraît que j'aurais dû avertir, m'ont reproché des lecteurs. Annoncer que j'allais tomber malade. D'accord, mais quand on sent que ça vient, c'est trop tard pour bien faire: les neurones sont déjà en berne. Le teint a viré vasouillard sans qu'on y prenne garde, les jambes sont devenues coton et la voix s'est fait la malle. Un collègue a dû me montrer la porte de sortie pour que je dégage au plus vite. Pas question de contaminer toute la rédaction, qu'il m'a dit.

Mais le mal était fait. Les microbes ont fait leur boulot. Sournoisement. Ce n'est pas pour dire, mais ils n'ont pas la mine des grands jours, les journalistes maison. Ça tousse, ça renifle, ça se mouche à tous les étages. Bientôt pire que dans les transports publics.

Là pourtant, on ne fait pas mieux pour choper tous les virus possibles, entre ceux qui éructent dans leur natel à deux centimètres de vous et les musiciens qui chantent à gorge déployée «besame mucho». Le tout sous l'œil égrillard de Chevrolet.

Parce que vous l'avez vu comme moi. Dans ces espaces confinés, on balance ces jours en grand format les bouilles des candidats aux prochaines élections. Les passagers vont vite en avoir leur dose. D'ici à ce qu'ils les prennent en grippe...

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04/02/2011

Les joies du matin

Il travaille tard le soir et se lève donc tard le matin. C'est une personnalité de la vie culturelle genevoise que j'appellerai Pierre. Mercredi, à 8 h pétantes, un coup de sonnette à la porte le tire d'un profond sommeil. Coucou, c'est le facteur. Un recommandé pour vous!

Ça y est: le palpitant de l'artiste grimpe à 140. Un recommandé! Le ciel va lui tomber sur la tête, c'est sûr. La régie lui annonce la résiliation du bail. La police lui retire son permis. Ou pire encore?

Tout ensuqué et angoissé, il ouvre la porte. S'empare de ce courrier chargé de dynamite. Tiens, les impôts! Il a pourtant scrupuleusement payé tous ses acomptes. Pas assez, à l'évidence. L'administration lui signale qu'il doit encore payer 12 francs pour solder ses impôts communaux et cantonaux. A régler dans les dix jours.

Mince, ils ont vraiment besoin de me réveiller pour si peu?

Le lendemain, rebelote. A 8 h piles, ça sonne. C'est qui? C'est l'facteur. Un recommandé pour vous!

Le palpitant de Pierre grimpe à nouveau. A 120, cependant. Il saisit le pli redouté. Les impôts. Encore? Mais ils m'en veulent ou quoi? Nuance. Cette fois, ce sont les fédéraux. L'administration réclame à Pierre la somme de 2 fr. 40. Pas même le prix d'un café! Et encore moins d'un recommandé.

Pour vous et moi, un tel envoi coûte une thune. Ils ont peut-être des prix de gros, à l'Etat, pour se permettre ces deux courriers séparés. Autrement, ça rime à quoi de dépenser 10 francs pour encaisser 14 fr. 40? A rien.

Et ce matin à 8 h pétaradantes, qui sait qui va encore sonner chez Pierre?

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03/02/2011

Le secret de l'oignon

Comment lutter contre cette crève qui me fusille les neurones? Georges vient de me rappeler un bon vieux truc que j'avais complètement oublié. Le fameux coup de l'oignon!

Je vous file la recette? Elle simple comme bonjour. Avant d'aller vous coucher, vous coupez la plante en deux et vous disposez ces rondeurs tout près de votre lit. Au petit matin, l'oignon aura pompé toutes les bactéries environnantes. D'où son triste aspect. Tout flapi et flagada. Bon à jeter. Pas comme vous, qui aurez la mine des grands jours. L'odeur? De toute façon, vous aviez le nez bouché, alors...

L'oignon, c'est encore du gâteau par rapport à ce remède de grand-père. Le cataplasme de beurre autour du cou, pour faire passer l'enrouement ou l'extinction de voix. Oui, j'ai testé. Une fois. Efficace, certes, mais d'un compliqué! Car la matière grasse fond, faut-il le rappeler. Et je ne vous dis pas l'état des foulards après une nuit au beurre...

On peut encore coupler l'expérience avec du sirop fait maison. Il faut pour cela un bon gros navet! On le coupe en deux et on l'évide juste assez pour y déposer des morceaux de sucre candi. Attendre quelques heures, le temps que les cailloux bruns se liquéfient. Vous m'en direz des nouvelles.

Ma copine Sonia m'a aussi conseillé la botte de persil à porter en pendentif. Il paraît qu'il n'y a rien de tel pour dégager les poumons. C'est d'un chic, ma chère! Mais là, c'est trop pour moi. Me trimballer avec du persil!

Je vais faire plus discret. Ce soir,  c'est dodo à côté de l'oignon! Et si ça ne marche pas, je reste au lit.

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02/02/2011

Le jardin des Alpes

Rasez les Alpes, qu'on voie la mer! A Genève, où l'on a toujours un temps de retard sur les slogans, on rase plutôt les arbres, pour voir les Alpes. A moins que ce soit pour les embellir. Enfin, je m'embrouille les pinceaux. La douleur m'égare. Voyez plutôt.

Pour éviter de prendre la population par surprise, la Ville de Genève vient de distribuer, dans les boîtes aux lettres des Pâquis, un petit feuillet rouge. Tout y est dit sur les travaux d'aménagement qui débutent ces jours-ci au Jardin des Alpes. Vous situez l'endroit? C'est le délicieux petit espace vert et triangulaire situé juste derrière le Monument Brunswick et le Cottage Café.

En théorie, et sur le papier, cela donne quelque chose d'assez sobre et rassurant: coupe de 4 arbres malades; suppression de vieux troncs; réparation des chemins pavés; plantation de 16 arbres, d'une haie et de fleurs vivaces. Bien, on applaudit des deux mains.

Sur le terrain, en revanche, c'est à pleurer. Le hêtre géant qui occupe majestueusement tout l'espace va être abattu. Comme l'a été l'an dernier son alter ego. Débité, haché menu. Malade, il est. Et malade, ça me rend. Des monuments pareils, ça ne devrait pas se laisser bouffer par les champignons, tout de même!

L'antique tronc de paulownia, dont les immenses racines torturent les pavés, ne sera plus qu'un souvenir. Les buissons et les buis seront dégagés. Place aux fleurs chatoyantes. Aux jeunes arbres prometteurs. A demain.

Il faudra alors croire très très fort à ces lendemains qui chantent, quand les tronçonneuses raseront les arbres pour voir les Alpes...

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01/02/2011

Pigeons et sirènes

Finie la psychose! La nouvelle, tout ce qu'il y a de plus officielle, est tombée hier après-midi. Et elle rassure, en ce qui concerne le genre humain. Il n'y a pas de tueur de pigeons à Carouge et environs. Pas d'empoisonneur public. Pas de responsable à désigner du doigt. Car ces oiseaux qui se ramassent à la pelle, comme les feuilles mortes de Prévert, sont tout simplement morts de maladie. Eh oui!

Ils sont victimes de l'épidémie dite de «pigeon paramyxovirus 1», communique le vétérinaire cantonal.

C'est triste pour eux, puisque cette infection virale va sans doute continuer à faire des morts, à Genève comme ailleurs en Europe. Mais l'homme n'y est pour rien. Sauf lorsqu'il s'avise à nourrir les pigeons bisets. Et là, il fait tout faux. Car les graines distribuées attirent forcément la foule des volatiles, ce qui favorise la propagation de l'épidémie. Donc fini de donner la becquée sur la voie publique si vous aimez vraiment ces oiseaux.

Autre chose. Mercredi, il ne faudra pas baliser à l'heure de la sieste. Car ça va striduler haut et fort dans le canton sur le coup de 13 h 30. La faute aux 114 sirènes de la protection civile qui vont pousser leur sinistre complainte annuelle, pour voir si elles ont encore de la voix.

En général, elles en ont, et du genre puissant. Ça me fiche toujours la chair de poule, ces alarmes. Mais ce n'est rien par rapport au chien de la voisine. Il hurle à la mort à chaque sirène. Surtout sur la fin, lorsque le son dégringole. Et quand on croit que c'est fini, ça recommence. Alors tous aux abris. Sous la couette, de préférence...

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