31/03/2011

L'invitation au jardin

Ça vous démange, le printemps? Envie de grattouiller la terre, de planter des choux, de bichonner le rosier pour préparer la venue des beaux jours? Ah, mince! Vous n'avez pas de jardin... Qu'importe: allez visiter celui du voisin!

C'est ce que propose ces jours-ci le Centre social protestant. Vous ne voyez pas le rapport? Et bien, au lieu d'envoyer l'habituel bulletin de versement pour soutenir la bonne cause, le CSP remet le couvert avec son opération «jardins ouverts». Cela permet de joindre l'utile à l'agréable, et le public averti en raffole.

Le principe? Plusieurs propriétaires de petits coins de paradis vous accueillent au milieu des fleurs et des arbres, le temps d'une visite payante. Ben oui, on vous l'a dit, ce n'est pas seulement pour vos beaux yeux!

Mais ils vont se régaler, c'est sûr, dans ces vingt jardins à partager qui fleurissent à Saint-Jean, Genthod, Carouge ou Soral. Les curieux pourront même se glisser dans un coin de verdure sis rue des Granges. Ciel!

Compter 25 francs pour une seule visite, 40 francs pour plusieurs, avec la formule de soutien à 100 francs. Les bénéfices ainsi réalisés seront destinés aux activités sociales du CSP.

Cela dit, il faut songer à réserver car il n'y aura pas forcément de la place pour tous les samedis 28 mai et 4 juin. Programme complet et inscriptions sur www.jardinsouverts.ch.

Tout ceci me donne des idées. Pour alimenter la prochaine Thune du cœur, je pourrais peut-être vous faire visiter les locaux de Tribune. Ça vous dit? Bon, c'est peu bucolique, mais on pourrait faire un petit effort...

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30/03/2011

Nom d'un chien...

Elle a la rage, Christine! Cette propriétaire d'un toutou tout chou vient d'apprendre qu'elle risque une amende de 500 francs. Elle serait «hors la loi». Or, il lui semblait avoir tout fait juste!

Il y a plus de deux ans, elle achète un Cairn terrier dans un élevage en France. La race n'est pas interdite en Suisse. Mais il n'y a aucun éleveur dans la région qui vend ces chiens un brin pot de colle et de bonne composition.

Christine possède donc le contrat de vente de sa charmante boule de poils et le passeport de l'Union européenne qui lui correspond. Comme elle habite à deux pas de la frontière, c'est un vétérinaire français qui suit l'animal.

L'automne dernier, elle fait suivre à son toutou les quatre heures d'éducation canine obligatoires. Pour faire les choses en ordre, l'éducateur remet au service du vétérinaire cantonal le numéro de la puce électronique française du petit chien.

Pique-t-elle trop fort? Ou pas assez? Toujours est-il que cette satanée puce est introuvable par l'autorité genevoise. Après plusieurs coups de fil, il s'avère que seul un vétérinaire bien de chez nous peut contrôler la petite bête électronique et le passeport délivré par les Français. Encore fallait-il le savoir.

Christine risque donc une amende salée alors qu'elle paye déjà les impôts, la médaille, les cours pour son chien et qu'elle ramasse les crottes de son protégé dans la rue. Trop, c'est trop!

Paraît que nul n'est censé ignorer la loi. Mais quand on voit les quatre pages parues lundi dernier dans la Feuille d'avis officielle sous le titre «Loi sur les chiens», on se dit que leurs propriétaires ont décidément du souci à se faire...

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29/03/2011

Genève, une ville en marche

Un prospectus vert tendre est tombé dans ma boîte aux lettres ce matin. Avec un «Genève, une ville en marche» écrit en gros dessus. Ah bon?

A pied, c'est rapide!» annonce cette publicité, offerte par la Ville de Genève à ses administrés. C'est le genre d'affirmation qu'on adore, quand on se traîne avec des béquilles...

"Genève, une ville à la mesure du piéton». Tiens, c'est nouveau! Voyons ça de plus près: le dépliant contient une carte qui estime les temps de parcours entre une septantaine de lieux dans la cité. Pointe de la Jonction-Place Neuve: 15 minutes. Place de la Navigation-Cornavin: 10 minutes. Plateau de Champel-HUG: 5 minutes. C'est joli sur le papier, et valable pour les bien portants.

Pour les autres, on repassera. Je vous la joue grincheuse? Prenons le cas des trottoirs, par exemple. Là où le piéton est censé s'épanouir. Et bien, dans certains quartiers, c'est encore la jungle! Les voitures s'y parquent sans être inquiétées, ou stationnent si serré le long de la chaussée qu'on ne passe plus entre elles. Les piétons? Ils font le détour. C'est top, avec une poussette, un déambulateur ou des cannes.

Les vélos en mal de barrières où se cadenasser gênent les passants peu souples, tout comme ces dépôts «sauvages» qui fleurissent au pied des immeubles. Sans oublier les terrasses qui n'en peuvent plus de grignoter l'espace public en poussant toujours plus loin leurs bacs à thuyas ou leurs chaises. Et, pour couronner le tout, les travaux, les fouilles, les trous et les déviations...

Genève, une ville en marche. Mais toute en zig-zag.

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28/03/2011

Les pendules à l'heure

Dimanche, ça comptait pour beurre. C'est ce matin, au réveil, que vous avez senti la différence. Ben oui, elle nous manque déjà, cette heure piquée dans la nuit, sous prétexte de faire des économies d'énergie. Moi, je veux bien qu'on fasse gaffe à ne pas trop gaspiller. Mais nos horloges biologiques, hein? Qui s'en soucie?

Il faut encore et toujours remettre les pendules à l'heure.

Un charmant chargé de communication de l'administration fiscale m'a ainsi sermonné: en février, j'ai égratigné les impôts deux fois en une semaine. La chose a blessé, semble-t-il, taxateurs et percepteurs. Désolée! Je les ignorais si chatouilleux.

Sur plus de 260 000 courriers envoyés en début d'année, me signale-t-il, plus les milliers de demandes d'explications et de renseignements, il arrive qu'il y ait des couacs. Les employés ne sont pas des robots, l'erreur est humaine. Ouiiii! Justement! Quoi de plus humain que de se gausser des absurdités administratives?

Marcel reçoit ainsi des impôts deux enveloppes. Une pour lui, une pour sa femme. Madame ouvre la sienne en premier et vacille. Sous «état civil», oh stupeur, la voilà séparée. Le couple est pourtant marié depuis 45 ans, «pour le meilleur et pour le pire»...

Monsieur appelle fissa l'Hôtel des Finances. Où des employés prévenants finissent par lui dire que la bourde vient du Contrôle de l'habitant. C'est lui qui a signalé la séparation des contribuables. Il paraît que ça arrive parfois. Un doigt qui se trompe de touche sur le clavier et paf, vous voilà divorcé. Simple, facile, pas besoin de lourdes procédures.

Sauf que Marcel et sa femme préfèrent vivre ensemble.

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25/03/2011

Si tu savais, Elvis!

Tu t'es plantée, Julie...» Aïe, vous m'avez à l'œil! J'ai pas intérêt à écrire des âneries: mercredi, quand passait le nuage invisible, c'était le 23 mars, pas le 22, donc! Mea culpa, je m'embrouille vite avec les dates.

Mais là, je ne vais pas me tromper. Facile, l'événement a lieu ce vendredi soir et demain samedi. Les 25 et 26 mars. Jusque-là, tout va bien.

A condition d'aimer Elvis. C'est votre cas? Alors vous aller adorer Melvis. Melvis Bouvey! Il paraît que ce beau ténébreux chante et se déhanche comme le King, qu'il a les rouflaquettes aussi avantageuses que l'Adonis de Memphis et une voix à faire se pâmer d'aise la salle communale d'Onex.

Qu'est-ce qui me prend? Mais non, je ne me suis pas transformée en agence de pub! Si je vous en parle, c'est parce qu'Elvis, non, Melvis, chante pour la bonne cause. Ce rendez-vous rock and roll est en effet organisé par l'association «Lumière pour Haïti».

Ces bénévoles n'ont pas attendu le tremblement de terre de 2010 pour se mobiliser en faveur de ce pays. Grâce à ces deux soirées, à la buvette et à la petite restauration qui vont de pair, ils espèrent rassembler assez d'argent pour financer leurs engagements. Pour en savoir plus, consulter le site www.lumierepourhaiti.org.

Et si vous voulez encore aider Haïti, le Japon ou tous ceux qui en ont besoin, n'oubliez pas de vous procurer un billet de loterie. Paraît que ce soir, il y a un gain fabuleux en jeu. 170 millions! Vous imaginez? Tant d'argent pour une personne, d'un coup d'un seul, ce n'est pas vraiment raisonnable. Alors vous partagerez, n'est-ce pas?

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24/03/2011

Un nuage passe...

Le soleil brille dans un ciel bleu. Il fait beau et doux, ce mercredi 22 mars. Pas un nuage à l'horizon, exception faite d'un léger voile sur le bassin genevois au cours de l'après-midi. Pas l'ombre d'une menace qui planerait sur les gens et les lieux. Et pourtant! Le nuage radioactif passe en ce moment quelque part au-dessus de nos têtes.

Ça vous fait une belle jambe? Pas moi. Parce que le temps d'une journée radieuse, la catastrophe nucléaire qui ébranle l'autre bout de la planète s'est discrètement invitée chez nous.

Oh, bien sûr, c'est une plaisanterie par rapport à ce que ramassent les Japonais. Ici, c'est du dilué, du trois fois rien. Ici, on n'est pas inquiété. Parce qu'on peut boire l'eau du robinet. Parce que les légumes et le lait sont consommables. Parce notre confort n'est en rien menacé.

Mais ce nuage sur nos têtes, chargé ou non de Césium 134, nous lie d'une façon plus concrète à la population japonaise, à ses peurs, à son désarroi face aux radiations. Il nous pousse à plus de compassion envers ces sinistrés que l'on regarde par médias interposés.

A ce propos, Georges Baumgartner, vous connaissez? Je l'adore. Car ce correspondant permanent de la RTSR au Japon est un journaliste rare, précieux. Il ne s'agite pas comme une mouche et est capable de nous transmettre une émotion palpable.

Les épaules abattues face à la caméra, il ose parfois une touche de poésie au milieu de toute cette désespérance. N'a-t-il pas dit que, grâce aux économies d'électricité qui plongent la ville dans le noir, on peut désormais voir briller les étoiles au-dessus de Tokyo?

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23/03/2011

Des vols en baisse

Ainsi donc, les vols seraient en baisse à Genève. C'est la bonne nouvelle du jour, livrée par une police rasée de près. Bravo, beau boulot, et merci!

Là, vous allez dire que je suis mauvaise langue, que ce n'est pas le moment de taquiner les forces de l'ordre. Mais je ne résiste pas à l'envie de vous la raconter, même si l'histoire date de fin janvier. Un locataire rentre chez lui. Derrière la porte de son logis, au 1er étage d'un immeuble du centre-ville, il perçoit des bruits suspects. Bizarre, bizarre! Il appelle la police qui rapplique aussitôt.

Or, curieusement, les bleus ne passent pas à l'action. Ils demandent le renfort de la brigade canine, pendant que l'homme qui se fait dévaliser piaffe d'impatience dans le couloir. L'équipe d'intervention étant enfin au complet, elle fait irruption dans l'appartement. Zut! Trop tard! Les voleurs ont eu le temps de prendre la fuite par la fenêtre du balcon, non sans avoir raflé tous les objets de valeur...

Lui a tout fait pour se faire voler, mais n'y est pas parvenu! Ce monsieur d'un certain âge, grand distrait devant l'Eternel, téléphone depuis une cabine en gare de Lausanne, avant de grimper dans le train pour Genève. Et tandis que le paysage défile, il tâte ses poches à la recherche de son porte-monnaie. Sapristi, il ne l'a plus! Volé? Non. Oublié? Sans doute. Où ça? Mais oui, à côté du téléphone, forcément!

L'homme aux cheveux blancs saute alors du train à Renens, grimpe dans un autre pour Lausanne et déboule, une demi-heure après, dans la cabine. Son porte-monnaie l'attend sagement, bien en vue, avec son argent, ses cartes de crédit, d'identité et tout le tra la la. Sacré papa!

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22/03/2011

Le retour de l'éclopée

Mais où donc êtes-vous passée, chère Julie? Vous manquez, beaucoup!» Oh, comme ça fait du bien, ce petit mot de Liliane. «Vous aurez un cake quand vous serez de retour» me promet tante An, pour activer ma guérison. Depuis un mois, vous avez été nombreux à m'envoyer de gentils messages, et j'en suis toute retournée. «Reviens vite, avec un pied tout neuf» m'encourage encore Georges. Tout neuf? Tu parles! Il est tout balafré. Le pied, donc.

Alors je l'ai levé. Pas pour deux bonnes semaines, comme annoncé dans mon Encre bleue de mi-février. Cet optimisme béat, c'était avant de passer sous le bistouri. Après, j'ai eu besoin d'une double dose, côté temps de réparation. Et encore, c'est pas la forme olympique...

Vous me direz qu'on n'écrit pas avec ses pieds. Quoique. Ça aide, ces extrémités-là. A se déplacer, par exemple, pour répondre au téléphone. Vous avez déjà essayé de décrocher le combiné avec une canne dans chaque main et le pied en l'air? Ou tenté de grimper en béquilles dans un bus bondé pour vous rendre au boulot? C'est d'un pratique...

C'est pourquoi, oh miracle de l'informatique, je vous écris ces quelques lignes depuis chez moi. Et je ne vous le dis pas pour vanter les mérites d'un canapé par rapport à une chaise de bureau, bien qu'il n'y ait pas photo quand on est éclopé. Plutôt pour vous demander de préférer le courriel et le courrier au coup de fil si vous avez des histoires à me raconter.

Car ces jours, je vais avoir besoin de vos yeux et de vos oreilles pour me transmettre ce qui bruisse et se trame dans le canton. Vous imaginez bien que ce n'est pas en restant à domicile que je vais pêcher de nombreux sujets. De plus, les témoignages déjà reçus ayant une durée de vie relativement courte ne pourront pas être utilisés. Dommage. Je compte donc sur vous pour faire le plein d'inspiration. Et ça tombe à point: depuis hier, c'est le printemps!

Un printemps magnifique, doux, ensoleillé, porteur d'espoir. On voudrait presque oublier un instant que, sous d'autres cieux, il pleut des bombes ou des substances radioactives. Et pourtant...

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