29/04/2011

Les joies du printemps

Ah, les joies bucoliques du printemps! Rosemary peut vous en parler, elle qui profite du moindre rayon de soleil pour se mettre au vert et goûter aux délices de saison. Mardi dernier, par un grand beau temps, elle s'installe sur un mur en pierres du petit jardin des Asters. Un coin cosy, abrité par des buissons, où elle lit en paix. Le paradis sur terre...

Soudain, c'est la douche froide! Un jardinier vient d'arroser généreusement les arbustes qui la protégeaient. Rosemary ruisselle d'eau fraîche. Elle n'a pourtant rien d'une plante verte souffrant de sécheresse. «Vous auriez pu prévenir!» dit-elle, un brin agacée. «Oh, vous êtes mouillée?» s'inquiète le jardinier. «Non. Je dé-gou-line!»

L'arrosée réussit l'exploit de rentrer chez elle pour se changer sans croiser une tête connue en route. Ça l'arrange. Vu l'état de son pantalon, on aurait pu jaser, dans le quartier. Se serait-elle oubliée, la pauvre?

Christiane et ses trois petits-enfants ont failli eux aussi se retrouver avec une tache humide au mauvais endroit. Lundi de Pâques, la famille mange à la pizzeria du Centre commercial de Balexert. L'établissement n'a pas de WC, rien de nouveau sous le soleil. Les habitués savent que deux toilettes publiques sont ouvertes à l'étage.

Là, rien du tout. Fermés, les lieux d'aisances. Christiane a dû batailler ferme entre le cinéma et le Mac Do pour que la famille puisse utiliser les leurs. Et ça la contrarie. «Le client d'un restaurant a le droit d'aller au petit coin sans que cela pose problème.» Bien vu! Car s'il n'y a pas de toilettes accueillantes dans «le plus grand centre commercial de Suisse romande», mais où va-t-on?

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28/04/2011

Les piafs ont soif

«S'il faut faire des économies, qu'on coupe le Jet d'eau, pas les fontaines!» Ce cri du cœur est lancé par une amoureuse des oiseaux. C'est quoi le rapport, me direz-vous? Celui-là: les volatiles des villes ont soif, en ces temps de sécheresse. Pas une goutte de pluie, pas un reste de flaque à se glisser dans le bec. Et les fontaines sont à sec, pour la plupart d'entre elles.

En pleine période de nidification, une telle carence en eau peut se révéler néfaste pour les moineaux et ce qui reste de pigeons. D'où cet appel citoyen à entreprendre quelque chose avant que cela ne devienne trop grave.

Cette dame propose à qui veut bien le faire de poser des barquettes de fruits vides à l'intérieur des bassins, là où piafs et roucouleurs ont l'habitude de venir se désaltérer, puis de remplir ces récipients d'eau. Faute de mieux.

Une fausse bonne idée, dit-on du côté du centre ornithologique genevois. Pour bien faire, il faudrait assurer le service deux fois par jour. Car qui dit eau dit aussi baignade. Si les oiseaux font trempette dans ces coupelles, la flotte sera souillée et les maladies se propageront à toute allure.

Alors, comment faire pour bien faire? Laisser les oiseaux se dépatouiller tout seuls? Il y a dans le canton pas mal de points d'eau naturels, ça devrait jouer. Ouvrir enfin les robinets publics? Ce sera bientôt chose faite.

Si la mise en eau des fontaines de la cité a une quinzaine de jours de retard, (la faute aux Fêtes de Pâques, et non à des coupes budgétaires), tout sera réglé d'ici dix jours. D'ailleurs, ça glougloute déjà dans soixante bassins. Les piafs ne vont donc pas mourir de soif. Le Jet d'eau non plus...

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27/04/2011

Chut, plus de bruit...

«Chut, plus de bruit, c'est la ronde de nuit...» Cette berceuse, fredonnée aux nouveau-nés, est souvent très efficace: la voix qui la chante se fait toujours plus ténue jusqu'à ce que, oh joie dans les foyers, l'enfant s'endorme enfin.

A plus grande échelle, les autorités nous bercent aujourd'hui avec leur «Journée contre le bruit». Avez-vous pour autant perçu une différence de volume sonore dans la rue, dans votre immeuble, à la sortie des bars? Oui? Ah, mais c'est bien sûr: cette campagne de sensibilisation tombe pile pendant les vacances de Pâques. Quand il n'y a plus un chat dans le canton. C'est malin!

Reste que trop de Genevois disent souffrir du bruit. D'où ce slogan «moins on s'entend, mieux on s'entend» (faudrait donner un décodeur pour les non-francophones), ou «faites la fête, pas le bruit», avec un rappel des consignes de savoir vivre ensemble.

Ne figure hélas pas parmi elles une invite à limiter une source de pollution sonore: les conversations au natel dans les lieux clos, genre transports publics ou salles d'attente. Ça vous dit quelque chose? Ces «T'es où?» «Ah, t'es là!» «Moi? J'suis au boulot» (tu parles!). Quand c'est juste bête et inutile, passe encore.

Mais devoir subir des histoires sans queue ni tête débitées à haute voix et sans vergogne, c'est trop! Cet étalage de vie privée qui tombe dans l'oreille publique a quelque chose d'indécent. De moche, comme quand le voisin de bus crache son venin dans le téléphone et que ça vous éclabousse le moral.

Or donc, si l'on pouvait penser à ne pas beugler dans le portable au milieu des gens, ce serait déjà tout ça de pris. Au moins aujourd'hui. Chut alors!

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21/04/2011

Histoires d'oeufs

Eh bien oui, on finit quand même par y arriver, à Pâques!

Comme d'habitude, la fête a été vendue deux mois trop tôt dans les magasins, avec des montagnes de lapins, poules et poulettes aux rondeurs chocolatées. Les gourmands se sont rué sur ces objets de tentation bien avant l'heure. Du coup, ils sont saturés de douceurs. Ils ne peuvent plus les voir, même en peinture...

C'est pourtant aujourd'hui que les choses sérieuses commencent. Il va donc falloir y aller pour écouler tous ces stocks sucrés. Ces milliers de petits œufs fondant sous la dent, ces friandises craquantes. De quoi nous mettre le foie en charpie.

On se calme! Vous me direz que Pâques, c'est avant tout une fête religieuse. Qu'il ne faut pas oublier son côté spirituel et s'y préparer en conséquence. Bien sûr. Sauf que la plupart des gens ne préparent que leur départ en vacances. Vous avez vu? Il n'y a bientôt plus un chat dans les rues de Genève, et des places de stationnement en veux-tu en voilà.

C'est donc l'occasion rêvée d'aller y rouler les œufs. Ou de les cacher, c'est selon. Il y a bien assez de trous dans la cité pour dissimuler ces trésors teints aux pelures d'oignons ou décorés par de petites mains.

Et si vous n'en avez pas encore plein les pattes, de tous ces oeufs, allez faire un tour au Muséum d'histoire naturelle. L'institution de la route de Malagnou vient de s'enrichir d'une collection de 28 693 œufs d'oiseaux (!), dont une partie se découvre dans une vitrine.

Je vous retrouve la semaine prochaine. D'ici là, prenez soin de vous. Et Joyeuses Pâques!

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20/04/2011

Recyclage bienvenu

Depuis dimanche, les carottes sont cuites, pour certains politiciens. Le fauteuil tant convoité leur a filé sous le nez. Ils en restent comme deux ronds de flan en ville à regarder défiler leur mine radieuse, celle d'avant les élections, sur les Transports Publics Genevois. Ça doit faire mal à l'ego, tout ça. Sans oublier qu'il est temps de passer à autre chose.

L'opération de recyclage a déjà débuté lundi sur les panneaux électoraux officiels. Adieu les bobines des candidats. Place aux slogans, au choc des images. Ça change! Car les carottes dessinées par Exem sont encore loin d'être cuites: elles filent à toutes jambes se mettre à l'abri d'une irruption de goudron volcanique. Trouveront-elles un coin de campagne où s'épanouir?

Recycler c'est bien, encore faut-il que cela intéresse quelqu'un. Yertha est ainsi dépitée: aucun organisme d'entraide à Genève ne s'est montré intéressé à reprendre sa télévision qui fonctionne encore très bien.

Elle a appelé plusieurs associations, caritatives du cru pour leur proposer sa boîte à images. Partout, elle a eu la même réponse. «Même gratuite, personne n'en veut...» Pourtant, sa télé n'est pas une antiquité qui diffuse les infos en noir et blanc. Elle voit la vie en couleurs, même. Mais elle n'est pas du dernier cri, ni extra-plate, ni extra-grande. Tant pis.

Alors que la voirie avait été contactée pour venir ramasser le petit écran, la fille de Yertha a encore tenté dernier truc pour ne pas jeter bêtement cet objet en bon état. Elle a mis une annonce à l'Uni: «télévision à donner». Deux étudiantes l'ont aussitôt adoptée. Et voilà!

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19/04/2011

Tournée générale

Heureusement, il fait beau! Vous imaginez la scène si, en plus, ça caillait ferme? Ou s'il pleuvait, comme dame Nature l'espère depuis des jours? Les Genevois ne se contenteraient pas de rouspéter jusqu'à plus soif. Ils déprimeraient grave!

Car c'est reparti pour une tournée générale. La tournée des bouchons en ville de Genève! La faute à ces quelques mètres de bitume fermés au trafic, pour les beaux yeux du tram. Depuis samedi, on roule sur une seule file, entre la fin du pont de la Coulouvrenière et le début du boulevard Georges-Favon, en direction de la place du Cirque. Enfin «roule», c'est une façon de dire...

Sur le papier, ça n'a vraiment l'air de rien, une voie de circulation striée de gris où il est écrit «secteur en travaux». Mais sur le terrain, je n'ai pas besoin de vous faire un dessin! Surtout quand ce terrain se trouve pile sur le passage d'une rive à l'autre.

Les automobilistes qui ont tenté hier l'expérience du centre-ville l'ont regretté. Et ça ne va pas forcément s'améliorer. Bon, certains Genevois pourront toujours aller rouler les œufs ailleurs, à Pâques, pendant que les travailleurs trimeront pour terminer le chantier à temps. Le 30 avril, tout devrait être remis en ordre. Du moins à cet endroit.

Pour celles et ceux qui pourront quitter ville et travail dès ce soir, grâce aux vacances scolaires, champagne! Quant aux citadins fidèles au poste, ils se débrouilleront, avec des ruses de Sioux, pour tenter de se la couler douce entre un bouchon et un autre.

Heureusement, il fait encore beau!

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18/04/2011

Le sens du commerce

Le sens du commerce, on l'a ou pas. Comme la souplesse, d'ailleurs.

Bella, par exemple, elle sait y faire! Dans son tea-room de Bernex, elle est aux petits soins pour ses clients. Tous sont accueillis par un grand sourire, un mot gentil, quel que soit leur âge ou l'état de leur porte-monnaie. L'autre jour, six ados sont venus acheter des sandwichs au Beauvent. Bella n'a pas tiqué parce qu'ils se sont installés à table sans commander des boissons payantes. Mieux: elle a servi les casse croûtes sur assiette et invité ces jeunes à prendre des verres derrière le comptoir et à se servir d'eau. Une telle hospitalité, ça devient rare, vous ne trouvez pas?

Autre cas de figure. Une maman entre dans un magasin de Rive avec ses filles de 5 et 7 ans. Tandis que la plus grande choisit ses chaussures, la petite a soudain un besoin urgent d'aller au petit coin. Evidemment, ce n'est pas le bon moment, ni le bon endroit...

La maman file à la caisse avec ses achats et demande à l'employée si sa puce peut utiliser les toilettes. «On n'en a pas, allez au Mac Do!» Ah bon, elle fait aussi comme ça, la dame? Mère et filles n'ont pas le choix: elles filent donc chez le grand voisin. Mais le fast-food est fermé. Retour en urgence à la case départ, pour tenter d'amadouer la vendeuse d'escarpins.

Intraitable, la dame. Elle regarde sa montre: «C'est dix heures, ils vont ouvrir!» Retour ventre à terre au Mac Do, qui lève le rideau. A toute vitesse, la maman commande un café, puisque le code d'accès aux WC figure sur le ticket de caisse. Et c'est le soulagement pour la puce, qui n'en pouvait vraiment plus.

Le sens du commerce, on l'a ou pas! 

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15/04/2011

Genève pavoise

Le temps des promesses est bientôt terminé. Lundi déjà, les affiches électorales auront disparu du paysage, emportant avec elles toutes ces bouilles joviales et sympathiques annonçant des lendemains qui chantent: plus (+) de logements, d'emplois, de sécurité, d'énergies renouvelables. Et la liste n'est pas exhaustive.

Profitons alors jusqu'à plus soif de ces mines prometteuses, en format mondial dans les rues, détourées sur les trams, réduites pour être glissées dans les boîtes aux lettres ou coincées sous les pare-brise des voitures. Après, ça risque bien d'être la soupe à la grimace. La gueule de bois, quoi!

Est-ce pour rappeler à la population genevoise l'imminence du scrutin de dimanche que Maudet a frappé si fort? Il vient de pavoiser la rade, comme cela se fait traditionnellement devant les locaux de vote. Bon, il a mis juste un peu plus de drapeaux. Beaucoup plus, même.

On aime ou pas. C'est une question de goût, comme toujours. Disons que l'installation prend beaucoup de place dans le panorama. Et qu'elle est partie pour durer.

Ces bannières sont alignées en ordre de marche sur les quais: 24 sur chaque rive, séparées en trois groupes de huit bien serrés. Et que j'alterne les couleurs genevoises avec les suisses. Comme si les passants n'avaient pas encore compris où ils se trouvaient!

Ce dispositif de pavoisement vise à redonner au site toute sa prestance. En avait-il vraiment besoin? Il n'était déjà pas assez beau comme ça? Parce que là, franchement, on frise l'overdose patriotique au bord de l'eau!

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14/04/2011

Economies en vue

On sonne à la porte un matin. Bizarre! Robert n'attend personne, et les coups de sonnette à l'improviste sont plutôt rares, avec le digicode à l'entrée de l'immeuble. Il ouvre.

«Do you speak English?» demande le bonhomme qui lui fait face. Là, c'est un peu fort de café, se dit celui qui émerge. Ils démarchent en anglais, maintenant? Il est prêt à envoyer le visiteur sur les roses, mais se ravise. Car son interlocuteur est en tenue de travail, avec un badge bien en vue. «Electricity», il dit.

L'employé demande s'il y a dans cet appartement un souci avec les lampes fixées dans l'armoire à glace de la salle de bains. Ah, c'est donc ça! Le locataire se radoucit et engage la conversation. «Vous venez d'où?» «De Romanshorn» répond l'employé, en anglais dans le texte. Ça tombe bien, Robert parle le suisse allemand couramment!

Ces messieurs babillent la moindre. Le Thurgovien raconte au Genevois qu'il travaille pour entreprise spécialisée dans le «spiegelschränke», qu'il est arrivé la veille à Genève et repartira dans l'après-midi, une fois son boulot terminé. Très bien. Ça crée des liens entre Confédérés.

Mais à l'heure où l'on parle d'économies en tous genres, est-ce bien utile de faire quatre heures de route dans un sens, et autant dans l'autre, pour visser des ampoules? N'y a-t-il personne qui soit capable de le faire, dans un rayon de dix kilomètres autour de la Servette?

L'immeuble appartient à une Fondation de droit public, gérée par des représentants des partis politiques du cru. Il aurait été plus malin de faire travailler sur ce coup une entreprise genevoise. Ou je me trompe?

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13/04/2011

Du retard? Tais-toi!

Parfois, il vaudrait mieux se taire. Mais on ne se refait pas, n'est-ce pas?

Comme tous les matins, Léa prend le train à Bellegarde pour aller travailler à Genève. Elle pourrait faire comme tant d'autres, prendre sa petite voiture pour se déplacer plus à sa guise. Mais non, elle adapte ses horaires à ceux de la SNCF, pour ne pas en rajouter une couche.

Elle grimpe donc dans le train du matin. Et le cirque recommence, comme bien trop souvent sur cette ligne. Des policiers débarquent pour vérifier les papiers des passagers. Oh, pas de tous. L'opération se fait à la tête du client. Mieux vaut alors être passe-partout ou transparent. Car ces contrôles prennent vite du temps. Et le train ne bouge pas tant que ce n'est pas terminé.

Et voilà que l'agent avise le Japonais assis à côté de Léa. Lui, évidemment, il n'y comprend rien. Farfouille dans ses documents. Les secondes, les minutes filent. Il y a d'autres Japonais dans les compartiments voisins. D'ici à ce qu'il vérifie leurs papiers, c'est sûr, elle sera en retard au turbin.

La jeune femme sent la moutarde lui monter au nez. C'est pourtant avec un sourire charmeur, et sans agressivité aucune, qu'elle lâche un «Excusez-moi, vous ne pourriez pas plutôt contrôler les gens sur le quai, avant que le train arrive?» Fatale erreur!

Car l'homme qui incarne l'autorité se venge aussitôt. Dehors, vous! Léa ramasse ses affaires et redescend sur terre. Là, elle doit présenter sa pièce d'identité. C'est petit, non?

Parce que pendant ce temps, son train est parti. Avec les Japonais à bord. Le train suivant? Une heure d'attente! Ça l'a mis furax, et c'est peu dire!

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12/04/2011

Bienvenue à Genève

Deux coups de gueule de deux femmes, voilà qui promet!

Les cyclistes qui se sont fait houspiller par des automobilistes dimanche, du côté de Pierre à Bochet, n'ont pas le profil «cycloterroristes». C'est juste une famille qui fait une balade tranquille à vélo: le père, la mère avec un petit sur le porte-bébé et la jeune Lina, 4 ans et demi, toute fière sur ses deux roues.

Pour la fillette, cette sortie est une première. Le début de l'aventure dans la circulation. Elle ne va pas être déçue! Car pour gagner la piste cyclable, il faut emprunter la route normale.

Or, les voitures n'entendent pas la partager avec une débutante. Il y a soudain beaucoup de coups de klaxon rageurs dans ce coin de campagne. Genre «ôte-toi de là que je m'y mette, et vite!» C'était pourtant un dimanche matin de grand beau. Propice à la zen attitude. Raté, encore raté. Du coup Gaëlle, la maman, a piqué la mouche.

"Ils n'ont jamais fait de vélo avec des enfants, ces gens-là? Qu'ils utilisent un peu plus leur cerveau, et un peu moins leur klaxon!» Voilà qui est dit.

Jenny a aussi vu rouge l'autre jour. La Martiniquaise débarque à Cointrin et a rendez-vous au restaurant «Altitude», route de l'Aéroport. Elle ignore que l'établissement se trouve pile dans le bâtiment. La touriste grimpe dans un taxi et donne l'adresse. «Mais montez donc!» La conductrice slalome alors entre les giratoires, pousse une pointe jusqu'à Palexpo et revient au point de départ. Prix de la course, 14 fr. 30.

Jenny, à qui on ne la fait pas, sort du taxi, refuse de payer et menace de se plaindre à la police.

Bienvenue à Genève!

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11/04/2011

Quelqu'un de bien

Allez, on commence la semaine sur une note positive, c'est toujours ça de pris!

Claude me signale qu'il existe encore des anges sur cette bonne vieille Terre. Et à Genève, en particulier. La preuve?

Sa maman, d'un âge fort respectable, est tombée dernièrement chez elle en glissant sur un tapis. La chute classique qui arrive à tout le monde. Et hop, on se relève en un clin d'œil tout en maudissant la maudite carpette.

Sauf que pour cette petite dame aux cheveux blancs, cette chute vire au cauchemar. La voilà à terre, avec la perspective d'y rester un bon bout de temps encore: elle n'arrive pas à se relever seule. Et pour ne rien arranger, son téléphone se trouve hors de portée.

Alors péniblement, elle rampe et se tortille jusqu'à parvenir à l'appareil. Epuisée par ce marathon qui n'est plus de son âge, elle compose un numéro pour appeler son mari à l'aide. Mais ses doigts ou sa tête lui jouent des tours.

Car la voix qui lui répond à l'oreille est celle d'un parfait inconnu. Qu'importe, elle s'y accroche ferme! Elle lui raconte sa mésaventure et lui demande d'appeler son mari qui a une quincaillerie dans le quartier. «Et faites vite s'il vous plaît, j'en peux plus!»

Ce monsieur aurait pu lui raccrocher au nez. S'en laver les mains. Mais non! Il passe illico le message au magasin où travaille aussi Claude. La fille arrive ventre à terre chez sa mère. Celle-ci, toute tourneboulée, est encore assez en forme pour lui filer une bordée: «C'est à cette heure-là que t'arrives?»

 Mère et fille se portent bien depuis. Et remercient de tout cœur cet homme altruiste qui leur a ainsi tendu la main au bout du fil.

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08/04/2011

Les petits et les gros

«Pourquoi il y a tant de différence entre les petits et les gros salaires?»

La question taraude Jeannette depuis belle lurette. Cette dame de la Jonquille a donc pris sa plume pour exposer la chose: «Si un ouvrier a une augmentation de 100 francs, un gros salarié en aura peut-être une de 2000 francs ou plus, suivant son salaire, et ainsi de suite. C'est un cercle vicieux! Car si une marchandise augmente de 2 francs, le gros salarié payera la même somme que l'ouvrier. La justice serait que les augmentations soient les mêmes pour tous.»

Voilà qui est dit! Jeannette a couché sur le papier ce qu'elle avait sur le cœur, et ça la soulage. Pas d'acrimonie dans ses propos, pas de propagande électorale de saison. Juste du bon sens terrien, à partager avec d'autres citoyens. Même si cela ne change rien à la donne. Elle ne se fait pas d'illusion, Jeannette. La justice est ce qu'elle est. Alors elle parle encore du printemps, du bonheur d'être au monde et d'y voir clair.

Mais parfois, ces plaisirs simples ne suffisent pas. Ainsi, depuis le 1er avril, ce n'est pas la franche rigolade pour tous les Genevois. Surtout pour ces 2000 personnes et plus qui vont connaître des fins de mois plus difficiles qu'avant à cause de la nouvelle loi sur l'assurance-chômage. Elles le trouvent particulièrement saumâtre, ce printemps social.

Alors si tout cela vous prend la tête, ne reste plus qu'à lever les yeux au ciel dès aujourd'hui. Pas pour y chercher le salut, non, mais pour voir un spectacle magique: un ballet de montgolfières haut en couleur, qui rend soudain la vie un peu plus légère et pétillante.

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07/04/2011

Rubrique chien écrasé

Dans la rubrique des faits divers, le chien écrasé est en voie de disparition. Il ne fait plus guère le poids. Pourtant, le sujet reste sensible, et Monique en sait quelque chose. Vendredi dernier, elle chemine rue Maurice-Barraud et se prépare à gagner le parc Bertrand en traversant sur un passage clouté.

L'une de ses petites chiennes marche en laisse devant elle. L'animal s'avance d'un bon pas sur les lignes jaunes au moment où arrive une voiture. Sa conductrice ne réagit pas. Ne freine pas. Et malgré les hurlements de Monique, les deux roues droites de l'engin passent sur la chienne. Une puce de six kilos, qui se traîne ensuite tant bien que mal sur la chaussée.

L'automobiliste, une personne âgée, doit se rendre compte que quelque chose cloche. Elle s'arrête enfin. Sort de son véhicule et demande ce qui se passe. «Vous avez écrasé un chien!» La dame, il paraît que ça lui fait ni chaud ni froid. Et quand la promeneuse lui demande de la conduire chez le vétérinaire, elle refuse.

Ce sont les spectateurs de la scène qui prennent les choses en main. Une passante prête à Monique une couverture pour emporter la petite blessée, un monsieur va chercher sa voiture pour assurer le transport à la Clinique vétérinaire, tandis qu'une autre jeune femme aide au chargement.

Ce mouvement de solidarité se déroule sous les yeux de la responsable de l'accident, qui ne pipe mot et ne bouge pas. Trop d'émotions, peut-être.

Comment va la chienne? Au plus mal. Et Monique? Elle se demande bien quelles suites la police donnera à cette affaire.

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06/04/2011

Conflit de voisinage

Comment en est-on arrivé là? Dans ce bel immeuble de la rue des Charmilles, on s'insulte, on se fait des crasses, on menace, quand on ne porte pas plainte à la police. Le tout gros malaise, quoi!

Ce conflit de voisinage ne se livre plus uniquement à l'intérieur des vieux murs. Il s'affiche désormais sur la rue. Des annonces poussent sur des balcons, sur des fenêtres du numéro 30. «Pas de prostitution dans cette maison», qu'elles clament haut et fort. Et à l'étage, la réponse des bergères aux bergers: «I love QG», avec un gros cœur rouge dessiné dessus.

La raison de tout de ramdam? Un salon de massage, tout ce qu'il y a de plus légal, s'est installé là en novembre dernier. Et cela fait tache, semble-t-il. Des voisins ne tolèrent pas la présence de Florian et de «ses» filles parmi eux. Question de standing, de moralité ou que sais-je.

Certains habitants de l'allée ont donc décidé de mener la vie dure à ces indésirables. L'adresse de l'appartement est systématiquement arrachée. Quelqu'un a uriné sur le paillasson. Renversé des ordures et posé des résidus malodorants dessus.

Pire. Les filles du salon sont régulièrement insultées, le patron menacé physiquement. On sonne à la porte du salon de massage à toute heure de la nuit. Et ce ne sont pas les clients. Car ceux-ci cultivent plutôt la discrétion quand ils vont faire des galipettes, tout en évitant l'affiche «On ne veut pas de détraqués sexuels» placardée à l'entrée de l'immeuble.

Pour éviter tout débordement de violence, Florian va sans doute «délocaliser» dans les jours à venir. Mais pas tout. «S'il n'y a plus rien ici, les voisins vont s'ennuyer. Car c'est leur seule occupation...» Ambiance!

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05/04/2011

Sourd, vraiment?

Crier à tue-tête dans les oreilles des gens, ça ne se fait pas. Même pour vérifier s'ils sont aussi sourds qu'ils le prétendent. Pour lever le doute, il faut parfois se débrouiller autrement.

Depuis plusieurs jours, des jeunes s'installent devant la Migros ou la Poste du Grand-Lancy et disent œuvrer pour l'«Association des sourds et malentendants International». Ils demandent à leur manière de l'argent et récoltent sur une liste les coordonnées des gentils donateurs.

Ce qui a mis la puce à l'oreille de Kristine, c'est que ces grands ados ne semblent pas savoir lire sur les lèvres ni maîtriser la langue des signes. Elle a donc pris contact avec la très officielle Fédération suisse des Sourds SGB-FSS, basée à Lausanne.

La réponse à ses questions n'a pas tardé: «Nous vous informons que ces personnes ne font en aucun cas partie de notre Fédération suisse des Sourds. Ces personnes utilisent la Fédération à des fins malhonnêtes.»

Dans ce cas, ne jamais livrer votre nom et votre adresse, c'est la porte ouverte à toutes sortes d'ennuis. Mais donner des sous à ces vrais ou faux sourds, pourquoi pas, si vous en avez les moyens. Parce que les temps sont vraiment durs pour certains.

Après l'opération «nettoyage de printemps» entreprise par les autorités genevoises, il y avait, samedi soir, des personnes qui se préparaient à dormir en se glissant sous un arbre collé tout contre l'église de la place du Cirque. A quelques pas de là, des gens mangeaient encore sur une terrasse.

Un tel contraste, ça fait vraiment mal au cœur.

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04/04/2011

Un chalet pousse au jardin

L'été fut court et bon, ce week-end! Les maillots de bain et les petites tenues ont fleuri un peu partout sur le frais gazon des parcs. «Avril, n'ôte pas un fil» disait un vieux dicton populaire. Tu parles!

Au Jardin Botanique, c'est une autre explosion de formes et de couleurs qui attendait les promeneurs, avec ces milliers de fleurs délicates s'épanouissant un peu partout dans les arbres. Un vrai bonheur pour les sens!

Mais voilà qu'au détour d'une allée, surprise! Près de la vieille serre qui trône en haut de la majestueuse allée de platanes, un truc totalement incongru en ces lieux a poussé. Un petit chalet!

Un petit chalet propret, construit sur une petite butte, avec des petites fenêtres, des petits volets et un petit tas de bois sagement rangé devant. Ne manquent que les géraniums et les nains de jardin pour parfaire l'image.

Mais qu'est-ce qui leur prend de nous poser là cette maisonnette pittoresque, version bonsaï? On est où? Là-haut sur la montagne, ou au Jardin Botanique? Bon d'accord, il y a des sapins juste derrière, mais ce n'est pas une raison pour nous la jouer Heidi...

Il paraît que cela s'inscrit dans le cadre de l'exposition «Edelweiss» qui débutera en mai. Mais est-ce bien utile de construire une chose si kitsch, si déplacée, et probablement si définitive, dans un lieu pareil?

Car nous sommes dans le Conservatoire et Jardin botanique, et non dans un parc d'attractions. S'il faut un petit chalet bien de chez nous pour évoquer la trajectoire de «L'étoile des Alpes», pourquoi ne pas déguiser la serre tropicale en pagode, tant qu'à faire

Il y a des clichés qui ont la vie dure!

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01/04/2011

Rive droite, rive gauche

C'est un vrai casse-tête qui finit par casser les pieds à pas mal de monde. Pourquoi faut-il donc que les habitants de la rive droite fassent plus de gosses que ceux de la rive gauche, je vous le demande?

Car les faits sont là, têtus: d'un côté du canton, les Cycles d'Orientation ne savent plus où mettre les nouveaux élèves. Ça frise la surchauffe. De l'autre côté, les bâtiments sont sous-occupés. Alors, dans les hautes sphères scolaires, et faute de mieux, on organise la grande transhumance de la rentrée.

C'est ainsi que des enfants des Pâquis, Saint-Gervais et Seujet vont bientôt jouer les pendulaires d'une rive à l'autre. Ils se cultiveront au Cycle de la Gradelle, à Chêne-Bougeries! Ce n'est pas la porte d'à côté. Et c'est ce qui est le plus rageant, quand on a justement des Cycles à deux pas de chez soi.

La chose émeut les parents. Une pétition a déjà été déposée au Grand Conseil et au Conseil municipal, munie de 426 signatures provenant du quartier de Saint-Gervais. Aux Pâquis, la récolte des paraphes est en cours pour une dizaine de jours encore.

Vous me direz que c'est beaucoup de bruit pour une cinquantaine d'ados déplacés, sur plus de 13 000 élèves à répartir dans vingt bâtiments. Mais c'est toujours 50 de trop.

Alors quoi? Faut-il pousser les gens de la rive gauche à faire plus de bébés? Et inciter ceux d'en face à freiner la moindre? Ou remplir les quartiers qui se vident par les habitants des quartiers surpeuplés? Un vrai casse-tête! Je vous laisse méditer sur le sujet durant ce beau week-end estival, et vous retrouve lundi.

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