31/10/2011

Pas de vin genevois

Deux couples de vignerons genevois descendent en ville faire une petite balade. Il fait beau, l'air est doux, la rade toujours aussi séduisante. Et si on allait prendre un verre? Ils choisissent la terrasse du restaurant Le Lacustre, près de l'arrêt des Mouettes genevoises, pour prolonger encore le plaisir.

Tandis que les dames optent pour un thé, ce sera un petit coup de blanc pour les messieurs. On ne se refait pas.

«Vous nous mettrez trois décis», disent-ils au garçon. «Plutôt pinot gris ou chardonnay?» «Ça dépend, il vient de chez quel vigneron?» se renseigne Guy, qui aime savoir ce qu'il boit.

Et là, mauvaise surprise. Le serveur répond qu'il ne sert que du vin italien. L'homme du Mandement s'étrangle. «Quoi? Vous ne servez pas ici de vin genevois?» «Non Monsieur, il est trop cher!» répond tout à trac l'employé. Ce que le principal intéressé dément avec vigueur. Faudrait pas raconter n'importe quoi. Par dépit, et parce que la conversation lui a donné un peu soif, il commande 3 dl de pinot gris italien (plat et sans prétention, à ses dires.)

L'addition, elle, lui laisse un goût particulièrement amer: 7 francs de déci! Alors que le ballon de vin du terroir est généralement vendu dans les restaurants entre 2.90 et 4 francs le dl. Cherchez l'erreur!

Mais ce qui énerve plus encore notre vigneron, c'est que l'établissement appartienne à la Ville de Genève. Où l'on est censé donner priorité aux produits du cru. Or, à l'évidence, on y prend de piètres vins transalpins, bon marché à l'achat, pour réaliser ainsi un maximum de profit. Trop cher, le vin genevois? Faut pas charrier!

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22/10/2011

L'esprit de Genève

Esprit de Genève, es-tu là? Ouh ouh... t'es passé où?

Ce grand souffle altruiste qui anime la République depuis belle lurette vient d'être inscrit à l'inventaire suisse des traditions vivantes. Mais oui! Et avec six autres coutumes propres au canton. Excusez du peu. Il y a de quoi se la péter...

L'Esprit de Genève, on s'en gargarise dans les discours officiels, dans les pubs touristiques. Vive notre tradition d'accueil, notre sens de la compassion, notre ouverture au monde. Voyez comme nous sommes bons.

Voilà pour le concept. Restent les faits. Et ils sont parfois cruels. Ils sont là, sous nos yeux, mais on fait comme s'ils n'existaient pas. Puis un soir d'automne, de bise et de grand froid, la réalité nous saute soudain contre.

Il y a de quoi se sentir mal à l'aise, ou d'avoir mal tout court, en découvrant tous les Roms qui dorment dehors. Ceci alors que l'on sort de salles de concert bien douillettes, de bons bistrots où l'on s'est tapé la cloche. Eux tentent de fermer l'œil sous le porche de l'Eglise du Sacré-Cœur. Sous la passerelle du Bois de la Bâtie. Dans les rues, sur des bancs publics.

Ces Roms et tous les autres exclus ne campent pas au froid par conviction, comme le font les indignés aux Bastions. Ils n'en tirent aucune satisfaction, ne font aucune revendication. L'esprit de Genève? Ils ne connaissent pas. Et vous?

Si vous le pratiquez, cultivez-le! Car pour rester inscrit à l'inventaire, ce patrimoine doit être transmis! Sur ce, on se retrouve lundi. Celui d'après la rentrée scolaire. Ben oui, c'est relâche!

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21/10/2011

Positivons localement

Allez, je vais donner dans le localement positif, aujourd'hui! Pas de gna-gna-gna sur le trafic genevois, de ronchonnements sur le temps, d'aigreurs en tous genres. Que du bonheur, vous dis-je.

Ça commence portant mal: Danièle crève un pneu tout neuf contre une berme de sécurité en voulant éviter un cycliste. La tuile. Impossible de changer de roue sur place, ou même ailleurs: elle ne saurait le faire. L'automobiliste rentre donc cahin caha jusque chez elle avec un pneu plat. Au coin de sa rue, deux contractuels lui font signe. Elle se range, intriguée. Ils enlèvent leur veste.

Des Chippendale? Waouh..!

Hélas, ces jeunes messieurs ne continuent pas l'effeuillage. Ils se contentent de retrousser leurs manches. Et changent la roue de Danièle en un clin d'œil. Des amours! Ils n'ont pas même accepté le billet que la septuagénaire leur tendait. Il ira paraît-il à mon bon gros Jules, lorsqu'il se mettra en campagne pour la Thune du cœur.

Il est une autre personne qui met en joie les usagers de la rue des Bains. Qu'ils soient enfants, cyclistes ou automobilistes. C'est la patrouilleuse scolaire! Une dame haute en couleurs, la plus marrante de la République qui soit dans l'exercice de ses fonctions. Elle n'hésite pas à se déguiser en clown pour la venue du cirque et sans doute bientôt en sorcière pour Halloween.<

Les gosses qui traversent la rue sous sa protection doivent se réjouir d'aller à l'école rien que pour la croiser. Et puis elle dit bonjour à tout le monde.

«C'est mon petit bonheur du matin», confie ma collègue Pascale, en parlant de la patrouilleuse. Dommage presque qu'elle ne travaille qu'une semaine sur deux...

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20/10/2011

On est dans le jus!

Il y a des signes qui ne trompent pas.

Mardi matin, les Mouettes genevoises ont actionné les cornes de brume: purée de pois sur le lac. Et nappes de brouillard dans les campagnes.

Dans les airs, cormorans et étourneaux ont fait leur grand retour. Puis les températures ont chuté. Mercredi, le ciel nous est carrément tombé sur la tête. Y'a pas à dire, on nage en plein automne. Et ça risque de durer. On est vraiment dans le jus...

Pourtant l'automne, c'est la plus belle des saisons, question couleurs. Pour autant que le soleil brille. Mais lorsque le couvercle gris pèse sur la morne plaine et qu'il pleut des cordes, c'est Waterloo!

Le mot de Cambronne s'impose alors devant ce temps de chien, de pépins, de crachin. De pieds mouillés, de goutte au nez. Et les oreilles?

Elles frémissent au chant pétaradant qui monte des pelouses. Ah, les redoutables souffleuses à feuilles!

Elles nous offrent leur traditionnel concert de saison, fait de décibels à gogo et d'odeurs d'essence. Existe-t-il une machine moins polluante et surtout moins bruyante, demande Elisabeth, déjà très à cran, alors que les arbres n'ont pas encore perdu toutes leurs rondeurs.

Il y a le râteau! Actionné par des bras. Puis des tas de feuilles qui se ramassent à la pelle pour finir au compost. Mais voilà, ça prend un certain temps.

Et le temps, c'est comme l'argent. Il file à toute allure. D'ailleurs, saviez-vous qu'entre le 1er et le 31 octobre, les jours décroissent de 97 minutes? C'est signe que l'hiver approche...

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19/10/2011

Tout disparaît

Wanted! Placardé à la Terrassière, l'avis surprend: recherche Dracena. Quèsaco ? C'est une plante verte, «perdue par erreur» le 3 octobre, lors d'un déménagement au 20, rue Henri-Mussard. Le temps que la locataire pose le végétal sur le trottoir pour transporter d'autres affaires chez elle, et hop, le voilà ravi. Or, la dame tient à sa plante. Elle est même prête à donner 100 francs à qui la rapporterait. Mais attention. Inutile de lui fourguer une réplique de sa protégée pour toucher le jackpot. Elle la reconnaîtrait entre mille: c'est son porte-bonheur depuis 10 ans! (079 752 99 81)

Wanted 2. Le même jour, une mère de famille pose deux bagues auxquelles elle tient comme à la prunelle de ses yeux sur le lavabo des toilettes d'un cabinet de pédiatrie. Elle se lave les mains quand soudain son petit de 3 ans file. Elle lui court après, puis ils vont  tous deux en salle de consultation. Dix minutes passent avant qu'elle ne réalise son oubli. «Ciel, mes bijoux!» Trop tard. Ils ont disparu. Malaise: qui a pu les prendre? Isabelle a fait une lettre très émouvante aux dix parents présents en même temps qu'elle chez les pédiatres. Elle leur raconte pourquoi ces bagues symbolisent sa famille et pourquoi elle veut à tout prix les retrouver. Cela n'a encore rien donné. Mais qui sait?

Wanted 3. Christine, une dame de près de 80 ans, s'est fait plusieurs fois vandaliser son pousse-pousse rangé dans l'allée de son immeuble. Il gêne? Mystère. Là, il vient de disparaître. Cet engin dépanne Christine au quotidien. Il faut le lui rendre. Car elle se désole: «La méchanceté c'est moche, voler c'est moche, et détruire le bien d'autrui est encore plus moche et répréhensible!» Voilà qui est dit.

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18/10/2011

Police dépassée

Rue de l'Ecole de Médecine, ce n'est jamais calme, les soirs de beau temps. Les autres non plus, d'ailleurs, mais là n'est pas le propos. Or donc, vendredi dernier, sur le coup de 23 h, un bruit du tonnerre de Dieu tire Catherine et sa fille de leurs rêveries.

Elles filent à la fenêtre. D'où vient cette explosion de décibels? De là: il y a un attroupement à la hauteur de la rue des Maraîchers. Des jeunes tapent avec des bâtons sur une sorte d'énorme tambour. Je vous jure qu'une cinquantaine de batteurs déchaînés, ça craint! Et ça attire les badauds. Ambiance!

Arrive alors une voiture de police. Qui bloque la rue. Le spectacle peut commencer, drôle et pathétique à la fois. Car les forces de l'ordre semblent impuissantes face à ces bruyants citoyens.

Les gendarmes n'en mènent pas large. Ils sont là, mais pas vraiment, osant à peine sortir de leur véhicule. Le vacarme redouble donc de plus belle, attirant la foule aux balcons.

Arrive une deuxième voiture de police. La situation ne change pas pour autant. C'est le petchi complet dans la rue. Les oreilles en compote, Catherine appelle le 117 vers 23 h 20. «Je sais ce qui se passe en bas de chez vous!» répond la policière au bout du fil. «Mais vous avez vu, on est 4, ils sont 200: on n'est pas pressé d'aller se faire massacrer!»

La dame exagère un tantinet. Et les renforts qu'elle annonce à Catherine ne viendront pas. Inutiles. Les batteurs sont finalement partis d'eux-mêmes, après une demi-heure de tintamarre, en narguant encore la police au passage. Celle-ci est restée stoïque jusqu'au bout. Les habitants aussi!

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17/10/2011

Circulez, qu'ils disent

Ils gagnent leur permis dans un paquet surprise, ou quoi?

La circulation à Genève, c'est à grimper aux murs! Le Code de la route y est bafoué à longueur de journée par des conducteurs qui se moquent joyeusement du monde. Ces chauffards à la petite semaine auraient tort de se gêner: ils ne sont que peu sanctionnés...

Bon. Paraît que les policiers sont déjà au bord de la crise de nerfs, avec ce qu'ils font sur tous les fronts. On s'en voudrait d'en rajouter une couche. Alors autant laisser aller la situation. Retirons des panneaux d'interdiction, de limitation de vitesse, ôtons quelques feux, si personne n'est plus en mesure de faire respecter ces règles.

D'autre part, jamais l'obtention d'un permis de conduire n'a été si scandaleusement chère, longue et tatillonne. Et que je t'impose des cours obligatoires de pratique. Et que je te rajoute de la sensibilisation. A quoi, au juste, et surtout, pour quel résultat?

Il y a décidément un gouffre entre ce qui est appris et ce qui est pratiqué.

Pas plus tard que samedi, deux bleus à moto dotés d'un «L» remontaient à folle allure une file en zigzaguant au besoin. Pour ensuite griller allégrement les feux. Vive la sensibilisation!

Pas le temps de dire ouf qu'une voiture conduite par une personne aux cheveux blancs s'engouffrait dans une rue en sens interdit en forçant méchamment le passage aux piétons.

Au secours, ils sont devenus fous, sur les routes. Trop pressés, trop sûr d'eux, trop nombreux!

Dans la pochette-surprise, faudrait plutôt offrir à ces excités du trafic un abonnement Unireso. Ce serait moins ballot.

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15/10/2011

La dent dure

Elle marchait dans les couloirs de la rédaction presque en rasant les murs. Pour cacher l'énorme hématome qui lui mangeait la mâchoire. Et pour éviter, autant que possible, les quolibets ou les regards inquiets. Dis, tu crois qu'il faut appeler SOS femmes battues?

Mais non! Maria a juste fait un tour chez le dentiste...

A la section de clinique dentaire, où elle déboule fin août avec une douleur qui lui vrille la tête, on la prend en urgence. Après trois heures d'attente. Radiographie, puis diagnostic: il faut ôter fissa la 16e dent, à l'origine du mal.

Elle passe donc sur la chaise. Pas l'électrique, l'autre. Et ce n'est pas vraiment une partie de plaisir. Ce satané croc à racines multiples ne veut pas s'en aller. Il faut forcer. Maria en a la bouche en compote.

Dans la nuit, elle fait une hémorragie. Elle se repointe donc le lendemain rue Barthélémy-Menn. La dentiste sursaute en voyant son visage qui a drôlement changé de couleurs et d'allure.

«C'est moi qui vous ai fait ça?» Ben oui, qui d'autre... La toubib doit alors traiter la plaie, faire une anesthésie, un curetage et des points de souture.

La patiente encaisse tout ça sans trop broncher. Ils vont sans doute trouver un moyen de s'excuser. Au moins dans la facture. Tu parles!

Au bistrot, quand il y a un raté dans le service, on fait un geste commercial. On offre le café. A l'hosto, rien du tout! Peut-être juste la séance où on lui a ôté  les points de souture.

Reste que tous les frais supplémentaire liés aux suites de cette rude extraction lui ont été facturés au centime près. Ce qu'elle ne digère pas. Et elle a la dent dure, Maria!

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14/10/2011

Paulette et les taxis

Paulette, elle aime bien faire la causette. Sur les arnaques au téléphone, mais aussi sur les taxis. D'ailleurs, si on la lance sur ce sujet, elle pourrait en raconter des vertes et des pas mûres. Des jolies également. En nonante ans de vie, elle a accumulé une certaine expérience...

«Les taxis actuels sont beaucoup trop hauts sur pattes! Voyez-vous, je suis petite! Alors je dois carrément faire de la varappe pour grimper dans ces véhicules.» La sortie s'avère tout aussi acrobatique. La technique? Serrer les jambes, les basculer vers l'extérieur et se laisser glisser, en espérant un bras secourable en bas du toboggan...

Ce qui l'agace, surtout, ce sont les chauffeurs qui font des détours en pensant que la petite vieille n'y verra rien.

Comme ce jour où Paulette était très pressée. Un rendez-vous médical. «Mais par où vous passez?» demande-t-elle à l'homme au volant. Il bougonne. Elle répète sa question. Lui: «Je connais la ville!» Elle: «Moi aussi! Et il ne faut pas aller par là!» Faut dire qu'elle s'est souvent fait balader par des indélicats. Le conducteur lui demande s'il doit changer d'itinéraire. «Oui, bien sûr»

Ce qu'il fait. Puis silence radio dans le taxi. A l'arrivée, le chauffeur, d'une politesse extrême, prie Madame de bien vouloir sortir. Il lui ouvre la portière, elle fait la glissade, il la réceptionne.

Elle a déjà son porte-monnaie dans une main, sa canne dans l'autre. «Je vous dois combien?» L'homme referme la portière sans piper mot, contourne le véhicule et retourne à son volant. Paulette s'énerve. Ça y est, il n'a même pas pris la peine de regarder son compteur...

«Dites, c'est combien la course?» Soudain, le taxi met les voiles. Et Paulette range ses sous, en souriant.

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13/10/2011

Tout pour plaire

La Perle du Lac, ça vous dit quelque chose? Pas le parc, non, le restaurant! Dans son écrin de verdure, ce petit bijou a tout pour plaire. Il possède une des plus belles terrasses de la ville. Une des mieux situées. Pourtant, le bâtiment est fermé depuis des semaines. A titre provisoire, certes, mais c'est un vrai crève-cœur pour les amoureux du lieu.

Même les moineaux sont estomaqués de cet abandon. Les premiers jours de fermeture, alors que la terrasse était encore en place, ils ont fait comme d'habitude. Tentatives d'approche dans les airs, puis vol en piqué avec atterrissage surprise sur les tables à la recherche d'un mille-feuille ou d'un petit pain à se fourrer dans le bec. La routine, quoi...

Et puis là, soudain, plus rien. Pas une miette en vue. Pas l'ombre d'un banquet. Les piafs ont continué leur ballet pendant quelques jours. Et ils ont compris. Le festin était fini. Ne restait plus qu'à dénicher une autre crémerie.

Car on n'est jamais si bien servi que par soi-même. Même dans la grande famille de la gastronomie.

La DSR, société suisse spécialisée dans la restauration des collectivités, a ainsi envoyé un courrier à tous ses collaborateurs. Et ça en fait un paquet.

Elle leur demande de voter pour le groupe qui espère dérocher l'Oscar de la restauration en Suisse alémanique, le «Best of Swiss Gastro» pour l'un de ses nouveaux établissements ouvert à Zurich. Ce prix étant décerné par le public, chaque voix compte. Même les romandes. La missive donne la marche à suivre pour valider le choix. Et surtout, «N'oubliez pas d'affranchir s.v.p.!»

Votez pour nous, mais payez le timbre! Les politiciens n'oseraient pas...

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12/10/2011

Le ticket de Luna Park

C'est un Genevois pur sucre. Bonne pâte dans le fond mais râleur au besoin. Or là, justement, Daniel est dans la panade. Le voilà en instance de divorce, à l'AI, et avec des démarches administratives à faire pour réactualiser sa rente.

Il prend donc son courage à deux mains pour appeler le Service des prestations complémentaires. Rappelons que ce n'est jamais une partie de plaisir de demander de l'aide...

Comme il a oublié la ligne directe de la personne qui suit son dossier, Daniel passe par la centrale téléphonique du SPC. Un monsieur décroche. L'employé lui demande une précision figurant sur un document, un code, un numéro d'AVS ou que sais-je. Or ce papier, Daniel ne l'a pas sous la main. «Attendez deux secondes, je ne le trouve pas» qu'il fait dans le combiné, avant de vite fouiller dans ses affaires.

Au bout du fil, le préposé s'impatiente illico. «Mais vous voulez quoi, pour finir? Un ticket pour Luna Park?»

C'était peut-être de l'humour pour évacuer la pression. Ou une vacherie facile. En tout cas pas le genre de remarque qu'un professionnel de l'accueil doit faire à une personne un peu déboussolée.

Daniel, pourtant, ne perd pas le Nord. Il raccroche avant de dire des mots fort regrettables. Puis retrouve, trois secondes plus tard, la feuille que son chaton farceur avait dissimulée.

Il rappelle alors la centrale, retombe sur la même voix masculine. Et boit du petit-lait en lui annonçant, gouailleur, qu'il n'a pas besoin d'un ticket pour Luna Park. Il a bien mieux que ça pour s'amuser: il peut désormais se passer de ses services. Daniel a décroché la lune!

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07/10/2011

Le temps des cirés

C'est la chute finale, la dégringolade, le coup de blues assuré. Sortez les mouchoirs: le temps des cirés est revenu.

Oui, je sais, la pluie est nécessaire. Alors tant mieux pour les nappes phréatiques, et tant pis pour nous. Mais tout de même! Se prendre dix degrés en moins et la flotte en plus... On a beau être prévenu, ça fait toujours mal, cette entrée de plein fouet dans l'automne.

Et ce n'est pas l'actualité genevoise qui va nous redonner envie de sourire. Quoique. Avec la dernière lubie de l'UDC de bannir la prostitution des Pâquis, on n'a pas fini de rigoler...

Martin, lui, l'avait un peu grinche lundi à l'agence TPG de Cornavin. Après un gros quart d'heure d'attente, il arrive enfin au guichet et demande deux cartabonus à 20 francs. «Désolé, Monsieur, il n'y en a plus», lui dit-on. «La nouvelle série ne sera pas disponible avant la fin du mois.»

«Pourquoi donc?» s'émeut le client. «Parce qu'elle a un défaut de fabrication!» Pour une genevoiserie, c'en est une belle, me dit Martin, énervé d'avoir dû patienter pour des prunes.

Un coup de fil aux TPG pour savoir de quel défaut souffre donc la nouvelle «cart@bonus». Et bien d'aucun! Le seul problème à signaler, c'est la rupture de stock à l'agence de la gare. Que Martin se rassure: les cartes tant recherchées sont arrivées à la centrale jeudi et seront disponibles dans les agences dès aujourd'hui, ou au plus tard lundi.

Ça tombe bien, avec la pluie qui vient! Et les contrôles qui se renforcent dans les trams bondés de gens mouillés. Brrr! C'est décidé, j'hiberne deux ou trois jours. On se retrouve mercredi.

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06/10/2011

Méfiance, méfiance!

Le coup du téléphone, suite. Je vous contais l'autre jour l'histoire d'Andrée, piégée par une société qui lui promettait une heure de conversation gratuite par mois, et qui s'est retrouvée au final avec un nouveau contrat d'une année sur les bras. A voir tous les témoignages reçus après ce papier, c'est drôlement tendance! Rosemary me dit avoir été ainsi sollicitée six fois ces trois dernières semaines! Pas de chance pour le démarcheur: Rosamary, elle écrit. Elle ne téléphone pas...

Selon Swisscom, ces pratiques douteuses ne sont pas en forte augmentation ces temps-ci. Je ne sais pas à partir de combien de clients floués elle s'inquiète, mais là, il y a urgence. Car les victimes de ces arnaques sont presque toujours des personnes âgées, trop gentilles pour dire non. Certaines sont même importunées dans les EMS...

Au lieu de réaliser des économies, ça leur coûte bonbon: si elles ne résilient pas dans les dix jours l'accord obtenu «à l'arrache», l'ancien opérateur leur facturera 270 francs pour rupture de contrat. Sympa, non?

Un truc en passant: si vous êtes chez Swiscom, tapez *99#, et attendez la confirmation. Ainsi, les appels non identifiés n'arriveront plus. Selon Daniel, qui me file le tuyau, ça élimine un raseur sur dix.

Un autre "nuisible" est venu gâcher mardi l'anniversaire d'une adolescente. Tandis que sa maman préparait le repas de fête à la cuisine, un cambrioleur a visité la chambre de la demoiselle en son absence. Uniquement la sienne, pas de bol. Il y a piqué tout ce qu'il trouvait. Appareil de photo, natel, sous. Même les jolies boucles d'oreilles qu'elle venait de recevoir. C'est moche, un truc pareil, quand on fête ses 16 ans!

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05/10/2011

Les bijoux de famille

De l'or, de l'or! La chasse est ouverte.

Avec la montée vertigineuse du cours de la pépite, l'appétit des pros du négoce s'aiguise: comment parvenir à mettre la main sur toutes les réserves de métal précieux qui sommeillent au fond des tiroirs genevois?

Les annonces se multiplient ces jours dans la presse pour inciter les particuliers à se défaire de leurs bijoux de famille. Enfin, vous voyez ce que je veux dire.

Tout est bon à recycler. Vous n'avez d'ailleurs plus besoin de ces parures, vous ne les portez jamais! Alors par ici les chaînes démodées, les bracelets, les médailles. Les montres, cassées ou non. Les diamants aussi. Même l'or dentaire de votre vieux tonton.

Pour ceux qui mordraient à l'hameçon, quelle adresse choisir? A qui confier ses trésors? Presque tous les commerçants spécialisés se vantent d'être les numéros 1 de l'achat...

En matière de pub, le pompon revient à l'annonce de «Goldshow europe», parue dans nos éditions de lundi. Un quart de page pour annoncer la venue de ce groupe de London. «Nous visitons Genève pour trois jours». Chouette, j'ai compris. Mais le reste fait mal aux yeux...

La maison «ha 25 ans de l'expérience en voyagent»; elle recherche des bijoux «de bonne qualitée», à «n'importe de quelle condition». «Amener votre montres!» dit-elle, sans se soucier outre mesure de conjugaison et d'accords.

Quand une entreprise peut s'offrir un tel espace publicitaire et acheter des montagnes d'or, elle pourrait aussi se payer un traducteur correct. Ce serait pas du luxe!

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04/10/2011

Affiches d'indignés

Vous les avez sans doute déjà aperçues, ces petites affiches antibonneteau placardées autour de la rade. Elles ne font pas dans la dentelle!

Un gros avis «DANGER!» y apparaît en jaune sur fond rouge. Comme mise en garde genevoise, on ne fait pas mieux. D'autant que figure juste dessous une tête de mort, comme pour souligner l'aspect hautement toxique de cette pratique. Le bonneteau, donc.

Le message diffusé? «Arnaque. Ne jouez pas à ce jeu, ces gens sont des voleurs», avec la photo d'un joueur pris en flagrant délit. Mazette, c'est direct, comme info!

Eh bien ces affiches sauvages viennent d'inspirer d'autres indignés de la place! Ils les ont photocopiées en noir et blanc, faute de sous, probablement. Mais ils ne se sont pas arrêtés là. Ils ont détourné le propos et collé leur placard revu et corrigé sur les originaux.

A ce jeu, les bobines des patrons de banques remplacent désormais les images des malfrats. Quant au texte, il ne bouge pas. Oh là là...

Il existe plusieurs variantes de la chose, à ce que j'ai pu voir. La solitaire avec, par exemple, l'ancien boss de l'UBS immortalisé alors qu'il risquait un sourire. Ou le portrait de groupe, avec les plans plus resserrés de huit banquiers aux mines préoccupées. On le serait à moins.

Certains passants s'amusent à légender les photos. D'autres arrachent ces preuves de lèse-majesté, craignant déjà la prochaine vague d'indignés qui en ajoutera encore une couche. Les poteaux de la rade sont bien partis pour devenir un grand dazibao à ciel ouvert. Jusqu'à la prochaine pluie!

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03/10/2011

Vive l'été genevois

Les élections fédérales approchent, l'économie a des ratés, l'insécurité guette, et pourtant! On n'a parlé que de ça, durant tout le week-end, dans les rues endimanchées et les salons. «Non mais, t'as vu le temps qu'il fait? C'est extra!»

Ah, l'été genevois! Quand il se décide à venir, il est aussi beau que l'été indien d'Amérique du Nord. Aussi bon que l'été des bonnes femmes, comme on le dit en Europe centrale pour ce bonus de chaleur de fin septembre. J'adore d'ailleurs cette expression. Mais pourrait-on m'expliquer pourquoi cela se limiterait aux seules «bonnes femmes»?

Car à voir la mine épanouie des gens de Genève, ce rab de beau et de chaud fait sacrément du bien à tous. Il y a des sourires dans l'air. C'est dire!

Sur les terrasses des bistros, les clients optent pour l'ombre du parasol; les marchés en plein air attirent les foules; les quais, les parcs et la campagne sont envahis de promeneurs. La sardine grille ferme, de l'Allondon au Vengeron. Mieux qu'en juillet!

Alors les filles profitent de montrer encore jambes et épaules dénudées, un ventre, parfois. Les espadrilles sont toujours de sortie.

Tandis que l'été nous fait ronronner d'aise, il y a déjà les rabat-joie pour nous annoncer que ça ne va pas, que ça ne peut pas durer. Et d'évoquer la perspective de froids rarement atteints pour décembre. Casse-pieds, va!

Mais comme dirait mon copain Raymond, ceux qui nous prédisent un hiver hyper polaire sont les mêmes que ceux qui nous bassinaient avec leur été caniculaire. On a vu le résultat. Alors on se calme, et on profite de l'été genevois!

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01/10/2011

le coup du téléphone

«C'est une arnaque? Une de plus?» Andrée se méfie des boniments qu'on lui sert au téléphone. Elle a appris à ne plus croire aux propositions alléchantes. Le type insiste: «Mais non, voyons, Madame. On vous offre juste une heure de communication gratuite par mois!»

«Bonard», se dit finalement cette dame de 80 ans. «Pour une fois que Swisscom me fait un cadeau!»

Tu parles d'un cadeau... On ne saura jamais si elle a mal entendu, ou si le démarcheur a volontairement mal prononcé le nom de sa société. Ce qui est sûr, c'est qu'Andrée a reçu peu après un courrier de «Swissphon» confirmant sa décision de téléphoner à moindre coût... pendant douze mois.

Cette «offre» ressemble furieusement à un nouveau contrat. Qui annule celui qu'elle a chez Swisscom depuis des lustres. Or, elle n'a pas du tout l'intention de changer d'opérateur. La retraitée a dû se faire aider pour résilier le document, avec envoi de recommandé et tout le tintouin. «Je me suis fait avoir!» lâche-t-elle. Alors autant le faire savoir, pour éviter de tels désagréments à d'autres.

Ces pratiques douteuses ont-elles été signalées à Swisscom? Je pars aux infos. Remplis le formulaire pour les journalistes: question, coordonnées, numéro de téléphone. Et paf, ça bloque grave! «Informations incorrectes» me dit la machine. «Corrigez les erreurs», qu'elle rajoute. Mais y a pas d'erreurs! Alors je tente encore le coup deux, trois fois. Pour le même flop. Les tours montent...

Un simple coup de fil fera l'affaire. Il n'y a pas le feu au lac, affirme Swisscom, qui n'a pas constaté une recrudescence de ce genre d'arnaque. Reste à bien tendre l'oreille, et ouvrir l'œil!

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