31/01/2012

La pêche aux vélos

Serait-ce déjà l'ouverture de la pêche? Mais non! En tout cas pas sur le Rhône. Car jusqu'au premier samedi de mars, les poissons ont la paix. Enfin ces jours, ils doivent tout de même se les cailler: elle frise les 5 degrés, l'eau qui coule sous nos ponts...

On y pêche pourtant les vélos, à cette saison. Ceux qui séjournent contre leur gré au fond du fleuve, avec des caddies, des chaises et autres trucs non identifiables au premier coup d'œil. Dévorées par les algues et les coquillages, grignotées par la rouille, les petites reines ont bien perdu de leur superbe...

Ces épaves ont surgi samedi sur le quai de la Poste. Par petites grappes éparses, à l'endroit où de mystérieux pêcheurs ont remonté ces trouvailles dans leurs filets. Fallait être drôlement motivé pour aller faire trempette dans cette eau glacée. Qui sont-ils donc, ces nettoyeurs du Rhône?

La police de la navigation, sans doute. Eh bien non, ce n'est pas elle. En tout cas pas à cette période. Les entreprises responsables du chantier sur le fleuve? Que nenni, m'ont dit des charmants bateliers. Les pompiers, peut-être? Il n'en est rien.

La Voirie municipale, alors? Oui, elle a bien enlevé ces déchets lundi matin. Mais ce n'est pas elle qui les a sortis de l'eau. C'est une association qui l'a fait.

Grand merci à elle! Si j'avais son nom, ce serait plus facile pour lui dire bravo. Mais je ne désespère pas de le savoir un jour.

Car la pratique de cette pêche a encore de longs jours devant elle. Il semble que le lancer de vélo à l'eau, ou de caddie, soit un sport très prisé dans la région. On s'amuse comme on peut!

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30/01/2012

Le temps des rissoles

Vieusseux a vécu le temps des rissoles aux poires! Et tous ses habitants s'en lèchent encore les babines...

En moins d'une semaine, les gens de bonne volonté du quartier ont fabriqué et vendu 2 150 pâtisseries pour la bonne cause. Comme cela se fait depuis une bonne trentaine d'années déjà.

A l'époque, Monique avait lancé cette action de solidarité avec les dames du voisinage. Le choix de faire toutes ensemble cette recette genevoise s'était vite imposé, car les poires à rissole ne manquent pas dans la région. Mieux: elles ne sont souvent plus ramassées.

Monique a donc pris l'habitude de les marauder un peu partout dans la campagne, jusqu'au pied du Salève. Elle connaît ainsi tous les poiriers, surtout les plus généreux, au point de leur donner des petits noms! A 80 ans, elle a fait dernièrement la tournée des arbres avec une autre Monique. Celle qui prend désormais le relais de l'organisation.

Mercredi dernier, vingt dames se sont retrouvées au matin dans un laboratoire du quartier, avec la farce aux poires et les œufs. Charly, un boulanger à la retraite, a préparé la pâte. En quelques heures, 2150 rissoles étaient cuites!

Elles ont toutes trouvé preneur. Faut dire que tout le monde les attend dans les environs, grâce aux affiches collées un peu partout annonçant leur venue. Il y a donc eu, ces derniers jours, un sacré trafic de rissoles dans les allées et à la buanderie des grands immeubles, chez les particuliers comme à l'école.

L'argent ainsi récolté soutient des projets de développement durable au Burkina Faso, au Cambodge et à Haïti. Superbe.

Longue vie aux rissoles de Vieusseux!

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28/01/2012

Silence, on dort!

Youpi! Cette nuit, c'est la fête dans la rue. Comme toutes les nuits, bientôt. Il faut s'éclater non-stop, telle est la tendance. Et elle est bruyante!

Or vous savez aussi bien que moi que dormeurs et noceurs n'ont jamais fait bon ménage. A long terme, cette union contre-nature use. Les tensions s'accumulent. Et tout dégénère, comme mercredi dernier en Vieille-Ville: un tapage nocturne de trop, un coup de feu et deux vies changées à tout jamais. Cette chronique d'un désastre annoncé est triste et rageante à la fois.

Car les habitants privés de sommeil, il y en a trop dans cette ville.

Et que font nos autorités? Elles créent de belles affiches. Marrantes en plus. Mix et Remix au service de la prévention contre le bruit, c'est super, mais ça ne sert à rien, hélas. Elles autorisent par contre des boîtes de nuit à ouvrir 7 jours sur 7 dans des quartiers d'habitation. Elles permettent la prolifération de petits commerces où l'alcool se vend à toute heure de la nuit dans des quartiers déjà saturés de débits de boisson.

Mais la population n'est pas livrée à elle-même, me direz-vous. La police? Trop souvent débordée. Les «chuchoteurs» engagés par les établissements? Leur efficacité a des limites. Les cris se déplacent, ils ne cessent pas.

Dis Julie, tu délires. On a bien le droit de s'amuser, non?

Oui, bien sûr! Tant que vous voulez, même. Dans une boîte en pleine zone industrielle, ce serait idéal. Ou alors la nouba une nuit sur deux, pour que les habitants se reposent en pointillé. On peut toujours rêver!

Cette nuit, c'est à nouveau la fête dans la rue. Youpi, j'ai les boules Quies!

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27/01/2012

La police se broute

Une lettre venue tout droit d'Appenzell Rhodes-Extérieures! C'est quoi ce gag? Luca regarde de plus près l'adresse de l'expéditeur. Et là, plus question de rigoler.

Police d'Appenzell Rhodes-Extérieures. Luca déglutit. Qu'ai-je fait pour mériter ça? En trois secondes, il passe sa vie en revue. Non, sûr et certain, il n'a jamais mis les pieds là-bas.

Fébrile, il déchire l'enveloppe. Aïe, c'est auf Deutsch, natürlich. Ça file d'autant plus les jetons. Le Genevois ne capte pas grand-chose à l'étrange missive. Il voit seulement le prénom de sa fille apparaître à plusieurs reprises. Avec des numéros à côté.

Pourquoi sa petite Emma est-elle citée? Et que cachent ces chiffres? Le père se rue à son ordinateur et actionne le traducteur automatique.

Un peu gênée aux entournures, la police appenzelloise lui signale qu'elle a annulé, par erreur, la carte d'identité de sa fille de 5 ans! Elle s'est mélangée les pinceaux en traitant un autre document officiel déclaré perdu. Un truc rarissime. Fallait que ça tombe sur eux...

La police s'excuse donc platement. Car il faudra refaire ce document. Elle payera, normal. Sauf que c'est aux parents de se taper les démarches administratives.

Et là, surprise! Ils apprennent qu'ils doivent prendre rendez-vous avec le service des passeports et se rendre avec leur fille à Onex aux heures de bureau. Là, ils n'auront rien à débourser. Mais c'est compliqué, question organisation. Résultat: la pièce d'identité a été refaite à l'Arcade municipale, et à leurs frais.

Vive Appenzell Rhodes-Extérieures!

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26/01/2012

Le blues du chauffeur

Les temps sont durs pour les chauffeurs des Transports Publics Genevois.

Ces employés ne sont pourtant pas responsables du nouveau réseau. Ni du trafic en ville, ni de la conduite irresponsable de certains usagers de la route. Ils font leur boulot, du mieux qu'ils peuvent. N'empêche...

C'était un jeudi de début janvier. A la Servette, une voiture coupe soudain la route du bus. Son conducteur plante les freins pour éviter la collision. Dans le véhicule, tout le monde est secoué, mais personne n'est blessé.

Le conducteur se lève, demande aux passagers si tout va bien, s'excuse et retourne au volant. Poli. Un vrai pro. C'est alors qu'un voyageur «pète les plombs» et se met à l'insulter copieusement. Pas avec des noms d'oiseau. Bien pire, rapporte Hélène qui assiste à la scène. Tout en l'invectivant, il s'approche dangereusement du chauffeur, qui tente de le calmer. Sans succès.

Tandis que l'agité du bocal prend les autres passagers à témoin, Hélène s'aperçoit que le chauffeur, plus tout jeune, s'est effondré sur son volant. Il pleure. Trop de méchanceté.

Hélène lui apporte des mouchoirs. Une passagère vient lui témoigner son soutien, puis un homme fait de même. Un seul...Tous les autres voyageurs font profil bas. Ils ne bougent pas quand l'excité fond sur Hélène, lui reprochant d'avoir pris parti pour l'employé des TPG.

La courageuse quitte le bus, mais le triste sire fait de même pour la houspiller encore. Elle le sème. Pas trop tôt!

Cette Québécoise aimerait dire au conducteur qui avait le blues qu'elle le soutient et le respecte. Comme tous ses collègues d'ailleurs. Voilà qui est fait!

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25/01/2012

Le coup du calendrier

Elle a un sacré toupet, la fripouille!

Ce joli brin de fille sonne dimanche après-midi à la porte de Florence, dans le quartier de Malagnou. La miss vend un calendrier. C'est pour financer la course d'école, dit-elle. Un brin méfiante au début, la locataire se laisse amadouer. Quelle école? Le Collège Rousseau. (Tu parles! Il n'y a rien de tel organisé là-bas, j'ai vérifié.)

Rassurée, la charmante octogénaire part chercher son porte-monnaie. Elle sent alors dans son dos la fille qui la suit dans son appartement. Ce sans-gêne l'étonne mais ne la perturbe pas trop. Elle a l'air si gentille, la petite. Et puis, c'est un peu de compagnie.

La visiteuse prend rapidement ses aises. Après avoir encaissé les dix francs pour son calendrier, elle aperçoit trois chats qui dorment sur le lit de la chambre à coucher. Ça tombe bien, elle adore les chats! Elle va les caresser, puis visite les lieux, en faisant des compliments sur cet intérieur si douillet. Près d'une heure passe ainsi.

La demoiselle a soudain un besoin pressant. Polie, elle demande la permission d'aller aux toilettes. Puis celle d'aller se laver les mains à la salle de bains. Ces choses faites, elle lâche: «Bon, je vous ai assez dérangée, Madame». Et s'en va.

A son tour, la locataire va se rincer les mains. Là, elle tombe de haut! Tous ses bijoux, rangés sur la tablette, ont disparu. Une bague de son mari, un bracelet de son père et deux chaînettes.

Inutile de courir après la voleuse, elle s'est volatilisée. Florence est effondrée. Avec ses bijoux, ce sont les souvenirs d'êtres chers qui ont disparu. «J'ai tout perdu et j'en suis malade!»

Gare au coup du calendrier, donc...

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24/01/2012

L'heure et le choeur

Deux copains sont abordés vendredi soir par un jeune passant sympathique: «Vous auriez l'heure?»

Le réflexe des garçons n'est pas de consulter leur montre, question de génération. L'heure se lit désormais sur natel. Max sort donc le sien en même temps que son ami, fait l'horloge parlante et remet son joujou en poche.

S'ensuit tout naturellement une discussion à bâtons rompus entre les trois jeunes gens sur un coin de trottoir. Au moment de se quitter, l'inconnu prend fraternellement dans ses bras les deux copains. Une belle accolade, parce que c'est si bon de pouvoir se parler encore dans ce monde de brutes.

Quelques minutes plus tard, bizarre, se dit Max en tâtant ses poches. Où est mon natel? Son copain fait pareil. Ça y est, crotte! Ils se sont fait avoir comme des bleus et piquer leur natel. Sans aucune violence. Avec le sourire, en plus. «Je n'ai rien senti du tout» résume Max, limite admiratif devant la prouesse du pickpocket.

Donner l'heure oui, mais à distance!

Dans un tout autre registre, il est une activité qui rapproche les gens sans les plumer pour autant. Le chant!

Sa pratique est bonne pour le cœur, la tête et tout le reste. Or donc, si vous être jeune retraité(e) et que vous aimez vocaliser ailleurs que sous votre douche, sachez que le Chœur des Aînés de Meyrin vous attend. Les répétitions ont lieu le jeudi à 17 h à l'école du Livron et sont menées par une cheffe de chœur, professionnelle et dynamique. Plaisir et convivialité assurés! Les chanteurs intéressés, de Meyrin ou d'ailleurs, contacteront Claudine au 079 371 47 65. Ils ne le regretteront pas.

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23/01/2012

La panne sèche

Dimanche après-midi. Je suis en panne. En panne d'inspiration. Et ça dure depuis des heures. Je pourrais peut-être rendre mon encre bleue blanche. Mais vous verriez rouge! Que faire...

Je ne vais pas rajouter une couche sur les TPG, vous devez en avoir assez. Idem pour les prunes ou les vols, j'ai déjà écrit là-dessus il n'y a pas si longtemps. Parler du temps? J'ai tartiné samedi sur le ciel lourd, et voilà qu'il fait presque beau. Bécasse!

Je pourrais vous raconter l'histoire de ce monsieur qui a reçu une bûche de Noël sur son pare-brise le 24 décembre au soir? Trop tard, les Fêtes sont loin derrière. Pour les autres sujets à traiter, je n'ai pas tout en main. Help!

Non mais, t'as vu l'état de ton bureau, Julie? Tu ne peux pas avoir les idées claires avec un cheni pareil.

Alors je fais le ménage. Vider toutes ces paperasses, c'est bon pour la tête. Je tombe sur un courrier en attente. J'y réponds vite. Tiens, un formulaire à remplir. Au stade où j'en suis...

Une petite soif. Allez, un café, ça me stimulera. Mais les minutes passent. L'écran reste désespérément vide. Et si je faisais un tour dans la rédaction? Quelqu'un aura bien une histoire pour moi. Que pouic! Retour à mon bureau propre en ordre, où plus rien n'est à ranger. Les crayons sont tous taillés, les blocs-notes empilés.

Mon collègue Herrmann dirait que je procrastine. Que je pratique l'art de remettre au lendemain ce qui peut être fait le jour même. Sauf que je ne le fais pas par paresse, comme le prétend le dictionnaire. On peut procrastiner par angoisse de la page blanche. La preuve!

Ah, je tiens enfin l'idée: je pourrais raconter comment une encre blanche devient bleue. Allez, au boulot. Et vivement demain!

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21/01/2012

Le temps sur Genève

Vous connaissez la chanson? Celle qui s'appelle tout simplement «Genève». Je vous la siffloterais volontiers, mais on n'est pas à la radio...

Les paroles, peut-être, pour vous la remettre en tête?«Juste un concert au bord de l'île Rousseau/Et le hasard de se voir à nouveau/Tu viens vers moi et tu me dis bonjour/Le temps sur Genève est bien lourd».

Puis la ballade nostalgique de William Sheller décline le temps sur notre ville. Il devient bien noir. Et trop court. Comme une histoire d'amour.

Vous ne trouvez pas que ça colle parfaitement avec notre actualité locale?Temps gris mouillé du ciel, frisquet, venteux. Maussade, pour tout dire. Temps plombé sur la République, secouée par les affaires, les conflits, les soucis et la grogne générale. Il y aurait de quoi sombrer dans la sinistrose. A moins d'en rire!

C'est le parti pris par Martin. Devant ces genevoiseries à répétition, une citation d'Albert Einstein lui est revenue en mémoire. Eurêka! Elle illustrerait parfaitement le fonctionnement de l'Etat: «La théorie, c'est quand on sait tout et que rien ne fonctionne. La pratique, c'est quand tout fonctionne et que personne ne sait pourquoi. Ici, nous avons réuni théorie et pratique: rien ne fonctionne... et personne ne sait pourquoi!»

Ça vous rappelle quelque chose, peut-être?

Ce week-end, temps lourd sur Genève. Heureusement, les jours rallongent!

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20/01/2012

Une prune indigeste

Champel déboussolé! Vous avez vu ça? Les travaux du CEVA ont mis le plateau sens dessus dessous et c'est, comme par hasard, toujours les mêmes qui trinquent. En gros: les piétons, les cyclistes, les usagers TPG. Et les toutes les personnes à mobilité réduite.

Le chantier a en effet déplacé les passages cloutés, l'arrêt de bus, et il a fait disparaître quelques places de stationnement réservées aux titulaires d'un macaron «handicapé».

En temps «normal», ces places sont déjà insuffisantes. Là, ça devient galère. Celles qui existent se font trop souvent squatter par des automobilistes bien portants. Un vrai casse-tête!

Georges en sait quelque chose. Cet octogénaire, plein de détermination et d'humour, livre régulièrement bataille contre le dragon. Le service des contraventions...

Là, il vient à nouveau de se faire pruner. Il conteste à nouveau. Sa faute? Avec sa voiture à macaron «handicapé», il s'est garé sur le seul emplacement disponible, empiétant d'un cinquième environ sur un passage piéton. Ce dernier avait été déplacé sans que la ligne bleue suive. Il y avait donc de l'espace pour stationner, mais pas assez pour y caser l'entier du véhicule. Et paf. La prune de janvier.

Ne serait-il pas temps de faire preuve d'un peu de souplesse? De fermer les yeux, dans ces cas-là? Etre privé de mobilité, c'est déjà bien assez pénalisant. Pourquoi en rajouter avec ces chicaneries? Ça énerve pour des prunes.

Encore un truc. Lorsqu'un quartier est pareillement chamboulé par un chantier, ne vaudrait-il pas mieux informer sa population, au lieu de la verbaliser?

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19/01/2012

Un homme de terrain

Embouteillage monstre ce mercredi matin en bas de la rue Rousseau et alentours. Rien à voir avec les festivités liées au tricentenaire de la naissance de l'écrivain. C'est juste un gros camion qui bloque tout. Il s'est installé au beau millieu de la rue pour déployer sa nacelle. But de l'opération: enlever les décorations de Noël. Il était temps.

Si ça dégage dans l'air, ça bouchonne grave au sol. Des files de voitures qui s'allongent dans tous les sens, des coups de klaxon, des deux roues qui zigzaguent à toute allure, pas besoin de vous faire un dessin.

Au milieu de ce maelström urbain, un simple citoyen assure la circulation, près de deux agents municipaux. Cet homme âgé explique aux automobilistes courroucés ce qui se passe, les invite à se diriger plutôt par là, en joignant le geste à la parole. Il tempête aussi contre ce conducteur, pas fichu de ranger son camion sur le côté pour laisser le passage. Il a d'ailleurs été le lui dire.

Le monsieur porte une casquette de marin. C'est un capitaine à la retraite. Un vrai de vrai. Pas un de ces capitaines d'opérette qui font l'actualité. Il a la voix qui porte et l'assurance de celui qui a eu l'habitude de prendre des décisions.

Je le connais? Mais oui, c'est Robert Ducret! L'ancien conseiller d'Etat. Un homme de terrain, à l'évidence. Mais aussi un politicien pragmatique, encore et toujours soucieux de la chose publique. Bref, un magistrat comme on n'en croise  plus guère aujourd'hui. Et c'est bien dommage.

A le voir ainsi intervenir dans la rue, je ne sais pas pourquoi, mais ça m'a fait drôlement plaisir.

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18/01/2012

Les travaux d'Hercule

Genève, ville propre. Le rêve! Mais le cauchemar de notre maire à nous...

A première vue, l'entreprise semble surhumaine. La preuve? Pierre Maudet recourt à la mythologie: la cité sera libérée de la saleté si l'on accomplit les douze travaux d'Hercule!

Vous imaginez le programme? Nettoyer les écuries d'Augias, descendre aux Enfers, voir même tuer l'hydre de Lerne, c'est beaucoup demander, pour obtenir plus de propreté!

Revenons un peu à des choses plus terre à terre. Sur les douze missions fixées par le magistrat, la 8e concerne les WC publics et leur amélioration. Bien vu!

Car le problème, d'une troublante actualité (voir p. 19), désole les touristes comme les habitants. Michel a testé dimanche les toilettes super retapées de la Perle du lac. Elles ont, hélas, quelque chose d'inachevé.

Comme il est éduqué, cet usager n'est pas allé côté filles. Pourtant, il n'y avait pas un pet de lumière, et surtout pas un carré de papier, côté garçons. Je vous passe les détails rapportés. Disons qu'il était scabreux de se soulager dans de telles conditions.

Que faire? Recréer des postes de travail pour dames pipi (existe-il l'équivalent au masculin)? Ajouter des lieux d'aisances dignes de ce nom? Sucrer des débits d'alcool qui poussent les buveurs à se libérer n'importe où? Vaste problème. Le magistrat parle pudiquement d'«étoffer» l'offre de WC publics. Et ce n'est qu'un des douze travaux d'Hercule!

Selon les Anciens, le fils de Zeus a mis dix ans pour terminer sa tâche. Autant dire que Genève, ville propre, ce n'est pas encore pour demain...

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17/01/2012

La chasse à la bougie

La critique est souvent facile et alerte. Le compliment plus vite gnangnan. Et le remerciement? Ouh là là! Il donnerait vite des boutons à certains. Pourtant, parler de gens qui font du bien ne peut pas faire de mal, n'est-ce pas?

Voici donc l'histoire que Véronique m'a contée avant Noël. 

Chargée d'organiser la décoration de 35 tables pour le gala de charité de l'association Action Innocence, elle recherchait 130 bougies pour parfaire sa réalisation. Après une étude de marché, Véronique trouve enfin le modèle tip top à la Coop. Une bougie qui brûle régulièrement, sans trop couler, bonne taille, couleur délicate, et qui ne plombe pas son budget.

Comme une gourde (c'est elle qui le dit, je n'oserais pas!) elle n'achète pas immédiatement tout le lot. Et quand elle revient au magasin, il n'y en a plus.

Panique à bord. Mais pas question de renoncer à cette bougie. La décoratrice passe 52 coups de fil dans toute la Suisse pour en glaner quelques-unes par ci par là. Mais le temps presse, et la mission semble impossible.

Touchés par tant de détermination, des vendeurs s'impliquent. Depuis Aigle, un employé expédie un paquet de chandelles à la vitesse de la lumière. Et Maria, à Neuchâtel, fait un geste extra. Quand Véronique lui explique la situation, elle dit simplement: «Je ne vous connais pas, mais je vous fais confiance! J'achète ces 24 bougies, je vous les poste demain et vous les aurez à temps. Vous me remboursez après!»

Aussitôt dit, aussitôt fait. Incroyable, non? Et le gala Action Innocence? Il y a eu des belles tables chaleureuses avec plein de bougies et plein de sous récoltés pour la cause des enfants. Je remercie qui, au fait?

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16/01/2012

Problème technique

Quand quelque chose devrait marcher et ne marche pas, c'est forcément à cause de lui. Sacré problème technique! Il explique tout, on lui pardonne tout, du moment qu'on n'y comprend rien... Or donc, problème technique il y a bien eu dimanche 18 décembre, lors de la projection d'un ballet du Bolchoï au cinéma Rex.

Car ce «Casse-Noisette» a vite tourné au casse-pieds: pas de générique, pas de présentation, puis des images floues sans le son dix bonnes minutes durant. Et enfin le son, mais sans aucun rapport à l'image.

Les spectateurs demandent haut et fort que le projectionniste repasse le film depuis le début. En vain. Une fois le son et l'image réconciliés, voilà qu'un entracte de 35 minutes leur est imposé!

Micheline a manifesté sa mauvaise humeur auprès de Pathé, les spectateurs n'ayant eu droit à aucune excuse ou explication. Et encore moins au remboursement de leur billet.

Voici ce que le cinéma lui a finalement répondu: problème technique! «Casse-Noisette» étant retransmis en différé et par satellite depuis Moscou, il y a eu une coupure de signal de 7 minutes, due à une météo sibérienne. A quoi s'est ajouté un hic dans les installations numériques à Genève. Impossible ensuite de reprendre le ballet depuis le début ou de faire un saut de chat par dessus l'entracte, la retransmission ayant lieu dans les conditions du direct. Voilà!

Micheline a reçu en retour deux invitations et Pathé assure qu'il présentera ses excuses aux spectateurs lors de la prochaine retransmission. Il aurait pourtant dû le faire le jour même. Les gens auraient compris. C'est fini, l'époque du cinéma muet!

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14/01/2012

Une mode à lancer

J'avais bouclé la Thune du Cœur 2011 le lundi de la rentrée scolaire. Or le lendemain déboulait un don qui m'a fait tomber les chaussettes et reprendre la calculette. Je vous raconte?

Une grande entreprise internationale, basée à Genève, a décidé de collecter des fonds pour notre action de solidarité. Et d'une manière très efficace. Lors des cinq vendredis du mois de décembre, les 700 employés de Cargill qui versaient une thune à Jules avaient le droit de porter des jeans!

Cent sous pour venir au boulot décontracte, sans costard cravate. Vous imaginez? Payer pour travailler fringué comme vous et moi (encore que je sois plutôt jupe), fallait y penser!

Même mon gros Jules s'est mis à l'anglais pour les besoins de la cause: «Hey, you are wearing jeans? Please give me a thune!» Avec photo de la pièce à l'appui, parce que ce mot est inconnu au bataillon, dans la langue de Shakespeare.

Toujours est-il que ce «Jeans Friday» a connu un franc succès. La somme collectée par les employés a été ensuite doublée par l'employeur. Et c'est ainsi que la Thune du Cœur 2011 affiche désormais 77 000 francs. Thank you!

Et là stop, on arrête les compteurs. A moins qu'un milliardaire genevois se manifeste dans l'heure... En attendant, j'espère que l'initiative de Cargill fera des petits lors de la Thune de l'hiver prochain. La cité ne regorge-t-elle pas de banques, d'organisations internationales et d'entreprises où les codes vestimentaires sont encore très stricts? Quand elles se mettront toutes au «Jeans Friday», Jules passera gaillardement à la taille XXXL. Une mode à lancer, je vous dis!

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13/01/2012

Place à l'an neuf

Et si, en même temps que le ramassage des sapins sur les trottoirs, on pensait aussi à décrocher tous ces Pères Noël abandonnés qui pendouillent aux fenêtres et aux balcons?

Faites quelque chose pour eux, ils n'en peuvent plus, les pauvres! Les bras levés vers le ciel, exposés aux vents et à la pluie, ils vont craquer, c'est sûr. A les voir ainsi perdus, Ordalie se demande si ce n'est pas de la maltraitance faite aux seniors. Tout de même, quel manque de respect pour le grand âge. Faudra pas s'étonner si l'un d'eux manque à l'appel, lors de la prochaine grande distribution.

Dodo, les Pères Noël! Laissons ces grimpeurs d'opérette retourner bien au chaud dans les armoires, en compagnie des petits anges et des guirlandes lumineuses. Car les Fêtes, c'est derrière. Place à la nouvelle année.

Bernard me fait justement remarquer que pour fêter son arrivée, la Julie coûtait quatre sous de plus. Aïe! Je ne m'en étais pas même aperçue. Que j'étais plus chère, donc.

Paraît que j'exagère. Et puis d'ailleurs, pourquoi cette hausse? Parce que je le vaux bien, pardi!

L'autre raison, cher lecteur, c'est que tout augmente. Eh oui. Les coûts de distribution, de fabrication et de matière première du journal. Tous à la hausse, à ce qu'il paraît. Sauf mon salaire, mais c'est une autre histoire.

Franchement, quatre sous de plus, ça fait toujours moins qu'un café au bistro. Et encore moins qu'un billet de TPG (T'es Pas Guilleret?) Alors, quand je vous dis que je le vaux bien...

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12/01/2012

Une forêt en rade

Il y a déjà la complainte du phoque en Alaska. Il faudrait un jour écrire celle des sapins en rade de Genève. Pour évoquer le sort de ces centaines, de ces milliers d'arbres qui ont poussé des années durant et qui sont abattus pour briller quelques jours dans nos logis. Ils sont alors au top de leur magnificence, avec leurs bougies, leurs boules et leurs guirlandes. Puis en janvier, patatras.

Ils atterrissent misérablement dans la rue. Ça me filerait vite le bourdon, tous ces résineux jetés comme de vieilles chaussettes après usage.

Tristes, secs et dégarnis, ils font le trottoir. Ils servent de pissoirs aux toutous. De joujoux aux fêtards avinés qui les trimballent comme des trophées, laissant dans leur sillage des tas d'aiguilles et de branches cassées. Ça sent la forêt après un ouragan.

Là, j'exagère un brin. Car la Ville de Genève s'est engagée à offrir à ces sapins une deuxième vie. Jusqu'au 31 janvier, ils seront spécialement levés et transformés en bois de chauffage. La Voirie les récoltera donc les jours de ramassage des ordures ménagères aux emplacements des conteneurs. Et pas ailleurs...

Ce service est proposé car les sapins de Noël ne suivent pas la filière normale de recyclage des déchets organiques. La faute aux sprays et autres décorations en matière synthétique. Les petits sapins seront ainsi réduits en copeaux et chaufferont à distance la région d'Onex. Les grands alimenteront la chaufferie à bois de Cartigny.

Passé la fin du mois, ça coûtera plus cher. Il faudra incinérer ces sapins avec les ordures ménagères, et ce sera moins écolo. Alors on se grouille. Histoire d'assurer au moins le recyclage du roi des forêts. On lui doit bien ça!

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11/01/2012

Jeu de rôle aux TPG

Marthe n'est pas allée à la manif de samedi contre les TPG. Elle n'était pas au courant. Si elle avait su, elle aurait pris la peine de se déplacer, c'est sûr! Car cette dame de 81 ans est très fâchée contre les «artistes» qui ont créé le nouveau réseau.

Elle leur propose donc de se glisser un jour dans la peau des usagers. Un jeu de rôle, en quelque sorte.<

Première condition fixée à ces ingénieurs et autres beaux penseurs de la mobilité: abandonner leur voiture pour tester ce qu'ils ont conçu. Car Marthe n'envisage pas une seconde qu'ils utilisent les transports publics au quotidien. Ils n'auraient pas imaginé ça!

Il faudrait ensuite leur demander de se déplacer dans les trams et bus avec des chariots de magasin dans une main, et des paquets dans l'autre. Puis leur glisser des cailloux dans les chaussures et les poches pour qu'ils aient toutes les difficultés du monde à se mouvoir.

Ainsi parés, ils vivraient le calvaire des mères de famille avec poussettes, des personnes âgées ou handicapées. Ils comprendraient alors leur hantise des transbordements. Leur peine, dès qu'il s'agit de descendre ou de grimper dans des convois surchargés. Leur crainte, aussi, de traverser des zones à fort trafic pour tenter de trouver une correspondance.

Marthe espère qu'après une telle expérience, les spécialistes des TPG réaliseraient enfin qu'il y a un sérieux hic sur leur réseau tout beau tout neuf. Et rêve que les usagers les plus fragiles seraient dès lors mieux pris en considération. Car les transports publics sont bien au service de l'ensemble de la population, n'est-ce pas?

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10/01/2012

La Thune du Coeur 2011: 70 000 francs!

Vous savez quoi? La Thune du Cœur a franchi la barre des 70 000 francs. C'est extra! Elle l'a même dépassée, avec quelques poignées de francs et de centimes en plus. Mais j'en reste à ce chiffre rond, clair et net. Il marque mieux les esprits. Et puis c'est plus simple, pour la division...

Rappelons que trois associations se partagent ce montant récolté depuis fin novembre par Jules et sa tribu. Il s'agit de Partage, les Colis du Cœur et Carrefour-Rue. Les sous qui restent en caisse à ce jour alimenteront la Thune du Cœur 2012.

Parce que oui, nous allons remettre ça. Il n'y a pas de raison de s'arrêter. Car cet élan de solidarité de fin d'année nous met tous du baume au cœur. Surtout lorsque l'on voit la quantité de personnes, d'associations et de collectivités publiques qui se mobilisent à cette occasion pour venir en aide aux plus défavorisés du canton.

Je ne vais jamais arriver à remercier ici tous les donateurs qui ont permis de franchir ces derniers jours le cap des 70 000 francs. J'essaie. Il y a la Brasserie des Artisans, qui a organisé deux superbes soirées en faveur de la Thune, entre rock et tombola. Et puis la Ville de Genève, la Mairie de Puplinge, l'association des Intérêts de Confignon, la Pétanque de Confignon, le personnel du Cycle des Grandes Communes et les scrabbleuses d'Anières.

Il y a aussi Michel, qui a offert à Jules le drink le plus cher du monde, un cocktail de thunes servi dans un long verre avec des pailles. Slurp! Sans oublier celles et ceux qui ont alimenté notre cochon sur le ccp. A tous, merci!

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09/01/2012

Toujours plus sale

Ne me parlez pas de la fin du monde, par pitié, j'en ai déjà marre!

Qu'on me laisse entamer en paix cette année 2012, sans me bassiner avec ces funestes prédictions mayas. Avec ces relents d'apocalypse servis à toutes les sauces ces temps-ci. «C'est la der des ders qui sonne... Faudrait en profiter un maximum... Alors, Madame Michu, qu'allez-vous faire de votre ultime année sur terre?» Non mais, c'est d'un pathétique!

Pour bien commencer cette nouvelle année (que je vous souhaite d'ailleurs pleine de santé et de bonheur), rien de tel qu'un petit coup de gueule. Ça se dit, en français, n'est-ce pas? Parce que je suis parfois dans le doute, à voir ce qui se passe en ville.

La tendance est au sale. Au «SALE», en fait. Ecrit souvent en rouge et en lettres capitales. Ce mot barre les vitrines des grands magasins comme des petites échoppes. «SALE, SALE, SALE»! Aucune envie d'entrer là-dedans si le lieu est si peu ragoûtant!

Alors je vous le demande: est-ce que le mot «soldes», c'est vraiment plus moche que sale? Plus sale que sale?

C'est quoi le calcul des commerçants qui nous servent ce slogan à longueur de vitrine? Serait-il plus percutant? Sonnerait-il mieux auprès des clients anglophones, des fois qu'ils ne comprendraient pas ce qui se trame sous leurs yeux en période de soldes? Serait-ce par pur snobisme? Moi, ça me file des boutons, ce sale partout!

A part ça, bon lundi de reprise, avec les TPG au bord de la crise de nerfs, les taxis en grève et la reprise de l'école. Demain, si tout va bien, je vous donne le montant définitif de la Thune du Coeur 2011.

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