31/03/2012

Ce soir, je tire la prise

Si le Jet d'eau s'éteint ce soir, et avec lui toutes les ampoules qui illuminent la rade et les monuments publics, n'enguirlandez personne!

Et surtout pas les SIG. Ils l'ont fait exprès, cette fois-ci. En clin d'œil à notre planète.

Car ce 31 mars à 20 h 30, on tire tous la prise pendant soixante minutes. Pour participer à l'Heure de la Terre. Mais c'est quoi encore, cette invention?

C'est une action lancée par le WWF et la ville de Sydney, en 2007, pour une meilleure protection du climat. Et depuis, tout le monde s'y met, particuliers et collectivités publiques.

Dans le cadre de cette «Earth Hour» des personnalités de chez nous payent de leur personne pour la cause du climat. Le bel Antonio Hodgers, notre député Vert à Berne, s'engage ainsi à donner «un cours de tango aux cent personnes qui adoptent un régime végétarien pendant un mois».

Chiche! Je veux bien mâcher du tofu et des petites graines tous les jours pour danser avec Antonio. Ce natif de Buenos Aires a biberonné au tango, on ne peut donc pas rêver mieux. Comme danseur, s'entend.

En attendant, je débranche tout ce soir. Même si cette Heure de la Terre ne changera pas forcément grand-chose, vu son état. Quoique... Une heure sans lumières, sans ordi et sans TV, on sait ce que ça fait, dans les chaumières!

On se retrouvera avec plein de bébés à Noël. Surpopulation en vue. Paraît que c'est pas terrible, pour la santé de la planète. On ne s'en sortira donc pas...

Reste que si les villes s'éteignent, on pourra au moins lever le nez et regarder briller les étoiles. Ça ne peut faire que du bien!

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30/03/2012

Un cadeau mal perçu

Le Grand Théâtre de Genève se plie en quinze pour son public. Aujourd'hui, il ouvre ses 3000 m2 d'ateliers aux curieux dans le cadre de la première Journée des métiers d'art en Suisse. La visite affiche déjà archicomplet.

L'Opéra tend aussi la main aux spectateurs de demain, en accueillant dans ses murs les jeunes «de tous horizons, dans l'esprit des valeurs civiques et humanistes de notre cité.» Il a même créé un programme pédagogique intitulé «Les jeunes au cœur du Grand Théâtre». C'est dire s'il y croit. Et il a raison!

C'est pourquoi l'attitude de certains d'entre eux laisse plus que perplexe. Oh, cela représente une toute petite minorité, ces semeurs, sur les 2500 élèves qui viennent assister ici aux spectacles. Mais une minorité qui mine. Par son manque de respect.

Lundi, c'était soir de générale. Un véritable cadeau, relate Coline, puisque les billets sont offerts pour assister à la répétition du «Chevalier à la rose» de Richard Strauss.

Certes, l'opéra est long. Et alors? A côté de Coline, des ados sortent sans discrétion biscuits salés, sandwichs odorants, chips et boissons pétillantes. Plus le natel dernier cri. Tout un arsenal strictement prohibé en ces lieux.

Après la représentation, troublée de pschitt et de crunch intempestifs, les cadavres non exquis jonchent le sol. Pire qu'au cinéma. Ces invités filent alors sans demander leur reste, laissant à leurs accompagnants le soin de passer derrière eux. Mais au final, ce sont les nettoyeurs qui vont trinquer.

Tant de sens civique, ça force vraiment le respect.

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29/03/2012

Le troc des chariots

Cela se passe dans un grand supermarché du coin, ce lundi matin vers 9 h. Le passage à l'heure d'été est tout frais et pas vraiment digéré.

Gabriel a encore la tête dans les plumes. Il s'accroche au chariot que sa femme est allée chercher en glissant une pièce de monnaie. Il y dépose sagement ses deux sacs à commission rouge et orange dans lesquels il rangera plus tard les achats.

Et tandis que sa belle s'en va de son côté chercher des marchandises, le voilà qui furète au rayon des bouquins, en choisit un, puis fait un crochet au stand des volailles. Il s'apprête à mettre un poulet dodu dans son chariot quand il lève soudain les bras au ciel en poussant une gueulante.

Ça y est. On m'a piqué mes sacs à commission! s'écrie le grand gaillard, en découvrant deux autres cabas en lieu et place des siens. Mais ils s'amusent à quoi, les gens? T'as pas idée!

Gabriel tournique un moment à la recherche de ses affaires, puis file au stand «info» pour y conter l'histoire, avec force gestes. Faut dire que l'homme est un bateleur de première et les clients suivent la scène, amusés. Surtout lorsque arrive à son tour un autre endormi, poussant un chariot qui n'est pas le sien. Mais avec les sacs rouge et orange dedans.

Heu... C'est le vôtre? Non, pas vraiment. Un moment de distraction, peut-être. Ces messieurs décident alors de garder chacun leur véhicule de courses, mais procèdent à l'échange des contenus. Fastoche.

N'empêche. Lorsque Gabriel termine ses achats et remet son chariot en place, qu'est-ce qu'il récupère? Un jeton en plastique! Non mais, je rêve...

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28/03/2012

L'esprit d'escalier

Le célèbre escalier du bois de Vessy serait donc en cours de démolition. Quelle drôle d'idée!

Pourquoi casser ces 117 marches étroites qui ne mènent nulle part et qui ne dérangent personne, je vous le demande. Une question de sécurité, dites-vous? Mais ce sacro saint principe de précaution finira par nous étouffer à petit feu.

Car jusqu'à preuve du contraire, les sportifs ne sont pas obligés d'emprunter cet escalier vertigineux pour se mettre en jambes. S'ils le font, c'est pour leur bien. Ou pour leur plaisir. Alors ils regardent où ils mettent les pieds, ils font attention, et tout va bien!<

Pour soulager les propriétaires de l'installation, on aurait pu mettre un panneau, genre «Vous utilisez cet escalier sous votre propre responsabilité». Mais non. On démolit.

Et c'est un peu triste, un escalier qui disparaît. Il est comme un trait d'union dans le paysage, permettant de passer d'un lieu à un autre, de monter ou de descendre. Il se tend, zigzague parfois ou s'enroule en colimaçon. C'est admirable, un escalier!

Surtout en ces premiers jours de beau. En ville, tous ces degrés superposés exposés au soleil sont pris d'assaut. Pas par des sportifs, mais par des contemplatifs qui posent leur postérieur à même la marche bien chauffée.

De là, ils croquent le sandwich à midi, taillent une bavette en groupe ou fument une sèche. Puis regardent passer les gens dans la rue en rêvassant. Ces degrés de pierre servent de bancs publics et de lieux de rencontre, en plus de leur fonction première.

Et dire qu'on démolit encore un escalier...

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27/03/2012

Oreilles indiscrètes

Si je peux me permettre ce conseil, surveillez ce que vous dites en public. Ne lâchez rien de trop personnel si des oreilles indiscrètes traînent alentour. Ça donnerait vite des idées à certains individus. Ceux dont le but est d'arnaquer les personnes âgées. Et crédules.

Colette vient ainsi de me raconter ce qui est advenu à son mari. Une variante très raffinée de l'arnaque à l'ordinateur dont je vous parlais vendredi.

L'escroc qui aborde sa victime dans la rue a une bonne connaissance de sa vie familiale, ce qui est très troublant. Il sait le prénom du petit-fils habitant aux Etats-Unis, le jour et l'heure de son coup de fil à la maison, le fait que sa mère a un souci avec son ordinateur. D'où cette surprise pour le remplacer, à livrer au domicile du grand-père.

Ce dernier tique néanmoins quand «l'ami» de son petit-fils lui demande 1700 francs pour finir de payer la bécane. Il ne marche donc pas dans la combine.

Colette et son mari se sont creusé les méninges pour savoir comment ce type avait appris toutes ces infos sur eux. Ils pensent avoir trouvé: chaque semaine, ils prennent un café avec leur fille dans le même établissement public et parlent famille. Souriez, vous êtes écoutés!

Monique me dit que son mari, ancien gendarme, a lui aussi failli se faire avoir par la même tromperie. Le lascar lui demandait 3600 francs pour finir de payer le matériel informatique de son fils, qu'il connaissait bien!

Ce monsieur de 84 ans n'ayant pas la somme sur lui, le voleur proposait de l'accompagner à la banque pour retirer l'argent. Seulement 1700 francs, si ça l'arrangeait mieux. Splendide, non?

Alors gare aux oreilles indiscrètes et à cette arnaque très tendance.

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26/03/2012

L'heure est à l'été

Alors, vous l'avez appréciée à sa juste valeur, cette heure de soleil en plus? Ou êtes-vous plutôt chagrin, la faute à cette heure de sommeil en moins?

Mais ne me dites pas que vous ne le saviez pas, tout de même! Et que vous êtes arrivés ce matin au turbin sans vous douter de rien, avec une bonne heure de retard sur l'horaire. D'où un léger flottement...

Mince, vous aviez oublié le coup de l'heure d'été! Pourtant, il revient avec une troublante régularité. Chaque dernier dimanche de mars. Depuis 31 ans déjà. Et dire qu'il y a encore des gens qui ne l'ont pas percuté...

Hier en tout cas, les Genevois n'étaient pas à une heure près pour déguster une journée qui avait un délicieux avant-goût d'été. Pour une fois que le passage à l'heure estivale correspondait à la température ambiante, fallait surtout pas s'en priver.

Il y avait donc foule sur les quais, foule dans les bois, foule aussi dans les campagnes. Là où, m'a-t-on dit, la guerre des banderoles fait rage avec l'arrivée des beaux jours.<

Je vous parlais jeudi dernier de ces quatre publicités artisanales qui avaient été arrachées sans ménagement au giratoire de Bernex. Ce n'est pas une première, semble-t-il. D'autres ont été enlevées et jetées un peu plus loin dans les prés. Pour faire propre en ordre.

Il y a aussi les petits malins qui piquent la place des autres dans ces espaces autorisés. Na! Je te cache le troc de Dardagny avec ma banderole plus mieux bien. Alors ça fâche. Et ça jase. Les pancartes qui fleurissaient le long des routes de campagne, c'était plus paisible...

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24/03/2012

Arnaque originale

Les escrocs débordent d'imagination! Vous connaissez la dernière arnaque?

Pierre marche dans la rue quand il se fait soudain klaxonner par une voiture. Un passager en descend, vient à sa rencontre et l'interpelle par son nom de famille. Bizarre! se dit l'octogénaire, comment peut-il bien me connaître?

L'inconnu s'empare des mains de Pierre et lui dit tout le plaisir qu'il a de le rencontrer enfin. C'est presque s'il ne le prend pas dans ses bras! Le baratineur se présente comme étant une bonne connaissance de son fils, dont il sait le prénom par cœur. Ah, je l'aime, c'est un très bon client!

D'ailleurs ce fils (qui a tout de même 45 ans et n'habite plus chez papa maman depuis longtemps) a commandé un ordinateur très cher et lui a donné l'ordre de le livrer au domicile de ses parents. Il est déjà monté sonner à la porte, mais il n'y a personne.

Pas vrai, rétorque le père. Ma femme est là, mais elle n'ouvre pas aux inconnus! Et tandis qu'ils devisent ainsi, le comparse du prétendu livreur gare sa voiture juste à côté d'eux.

Pierre, qui n'est pas né de la dernière pluie, presse son interlocuteur de questions. Vous travaillez pour quelle maison? Où se trouve-t-elle? Depuis quand? Et devant les réponses très emberlificotées, il commence à s'énerver. L'escroc s'en va alors à reculons. Le fils confirmera par la suite ne jamais avoir commandé d'ordinateur...

Que se serait-il passé si ces deux lascars étaient entrés dans l'appartement de cette personne âgée? Facile à imaginer!

Reste une question qui tarabuste les parents. Comment savaient-ils donc le prénom de leur fils? Vous avez une idée?

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23/03/2012

Brassée de fleurs

Vous vous souvenez du banc d'Edmond, aux Grottes? Dix jours après la disparition de son principal occupant, le siège est toujours aussi fleuri et semé de mots doux. Les bougies l'illuminent toutes les nuits. Magique!

Et puis Jacqueline vient de poser une petite plaque commémorative sur le banc, en souvenir de cette figure du quartier qui disait bonjour à tout le monde. C'est pas touchant, tant d'attention?

Alors merci à elle, mais aussi à Erika, Cathy, Véronique et tous les autres, enfants et adultes. A l'heure où l'on ne parle que de vols, d'agressions ou de solitude, tant de chaleur humaine, ça fait un bien fou! J'espère juste que cette plaque pourra rester longtemps en place. Sur le banc d'Edmond.

Pour rester sur une note résolument optimiste, Françoise me signale un autre beau geste. Lors de la journée des femmes, un homme s'est déplacé jusque chez elle, à Plan-les-Ouates, pour rapporter l'abonnement CFF perdu par son fils. Trouvant la porte close, il a déposé l'objet trouvé chez une voisine, sans laisser pour autant ses coordonnées. Ça vaut bien quelques pensées, non? Ou des tulipes.

Et puis Harold nous donne un bon conseil pour ne pas jeter du riz qui a dépassé la date de préemption. Pour le recycler, il suffit de confectionner une petite housse. Plus facile à dire qu'à faire, pour certains... Remplir ensuite cette housse de riz, la refermer. Glisser le tout dans un four à micro-ondes, mais pas trop longtemps. Résultat? Un coussin confortable et malléable, idéal contre les rhumatismes. Ce truc mériterait bien un bouquet!

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22/03/2012

Banderoles envolées

Désolée de vous avoir fait faux bond, mais ce chaud-froid-chaud-froid-chaud a eu raison de moi. Or pendant que je faisais mes fumigations, il s'est passé un truc bête et méchant dans le canton.

Plus précisément du côté du grand giratoire de Bernex. Là où fleurissent, avec le printemps, les banderoles qui annoncent les manifestations culturelles de la région. Des publicités faites à la main, avec application, pour faire envie au public de venir se changer les idées.

Eh bien ces invites ne sont pas du goût de tout le monde! Samedi dernier, deux d'entre elles ont été enlevées sans ménagement. Autrement dit arrachées. Et dimanche, les deux restantes ont connu le même triste sort.

Qui peut bien en vouloir à des marchés d'artisans? A une galerie d'art? A une pièce de théâtre? 

Faut-il voir dans ce vol l'acte d'un justicier traquant les publicités illicites? Il aurait alors tout faux: ces avis avaient le feu vert des autorités communales.

Non décidément, c'est du grand n'importe quoi. «En vingt ans d'organisation, c'est la première fois que ça arrive», déplore Françoise qui a vite refait l'annonce du marché artisanal de Pâques: il aura lieu ce dimanche dès 10 h sur la place du Vieux-Lully.

Et je me fais un plaisir de vous signaler ce qui a encore été arraché: le marché printanier du samedi 24 à la salle communale de Sézegnin, avec la participation des dames paysannes. La pièce de théâtre "Tueuses de cinq à sept" à voir tous les soirs jusqu'à samedi à la salle communale de Chancy. La galerie d'art... Oups, je ne sais pas où elle est!

Si le gros malin pouvait replanter la banderole qui le dit, ça m'arrangerait...

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19/03/2012

Croissant indigeste

La scène se déroule vendredi dernier dans un supermarché de quartier.

Une dame arrive à la caisse et dépose ses commissions sur le tapis roulant. Sa fille d'une dizaine d'années l'accompagne. Elle porte un minisac en plastique transparent dans lequel l'attend un croissant. Petite veinarde! Sur ordre de sa mère, elle agite son goûter devant la caissière, pour qu'elle le voie bien et le facture. Mais patatras, le sachet tombe par terre.

Une chute malheureuse. Car la mère n'en veut plus. Du croissant, donc. C'est sale par terre. Pas question d'acheter une marchandise souillée. Elle demande à la caissière de retirer illico cet article du ticket de caisse.

L'employée refuse poliment. Si le croissant est protégé par un sac fermé, il est consommable. Point barre. La mère n'en démord pas. Ce croissant, elle ne le prendra pas et le pose rageusement à côté de la caisse. Elle colle aussitôt une baffe à sa fille. Coupable de gaspiller la nourriture!

Comme si cela ne suffisait pas, cette championne de l'hygiène lui fait encore la morale sur la place publique. Mon collègue, qui me rapporte la scène, en est tout chagriné et confus. Il ne sait que faire. Intervenir, quitte à envenimer plus encore la situation, ou laisser la petite se ratatiner sous les reproches qui fusent. C'est la caissière, sans doute une mère de famille, qui fera entendre raison à cette cliente irascible en lui parlant avec son cœur.

«Vous savez, vous pouvez être contente qu'elle soit en vie, votre fille!»

Un ange belge passe. Et une grosse bouffée de tristesse saisit alors tous les clients.

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17/03/2012

A louer au plus offrant

Il y a parfois des annonces qui frisent l'indécence, vous ne trouvez pas?

Bon, si vous êtes bien logé, à l'abri des caprices d'un propriétaire, d'un avis d'expulsion ou d'une augmentation phénoménale de loyer, passez un tour. L'encart publicitaire, objet de ce coup de sang, vous laissera de marbre. Ou de béton armé.

Mais si vous êtes à l'affût d'un nouveau logis, le même avis vous fera instantanément grimper aux murs: «Villa à louer, 9 pièces, au plus offrant». Au plus offrant!

Vous imaginez un peu? Voilà un particulier qui propose une location aux enchères de son bien immobilier. On aura décidément tout vu!

Alors ma brave dame, vous me donnez combien, pour ce petit havre de paix dans la campagne genevoise? 7200 francs? 8400 francs? J'avoue, j'hésite. Non, tant pis, j'ai une meilleure offre à plus de 9000 francs. A moins que vous ne fassiez encore un tout petit effort, hmm?

Arrêtez ce souk! Que ce propriétaire affiche tout de suite le montant faramineux qu'il veut pour sa villa. Elle se louera de toute façon. Au prix super plus que fort.

Et tant pis pour tous ceux qui sont largués d'office. Qui n'ont que des salaires normaux pour essayer de se caser, pas même dans une villa, mais un simple appartement.

Il est déjà totalement déprimant de chercher un logement à Genève. Il n'y a rien, ou alors à des prix insensés. Alors ce genre de provocation... A louer au plus offrant!

Je crois que je vais prendre mes gouttes, et vous souhaiter néanmoins un très beau week-end.

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16/03/2012

Le banc d'Edmond

«Les Grottes, c'est le Paradis. Pourquoi es-tu parti le chercher si loin?»

La question restera sans réponse. Car Edmond ne viendra plus s'asseoir sur son banc préféré, celui qui domine la rue des Grottes, à l'angle de la rue du Midi. De ce poste d'observation, il avait une vue imprenable sur le quartier.

L'ancien routier y avait ses habitudes. Depuis des années, il trônait sur ce banc public, restant assis des heures durant pour voir passer les gens, tirer sur sa clope et dire bonjour à tout le monde. Une vraie figure du quartier.

Alors, quand ils ont appris sa mort, les habitants lui ont rendu un bel hommage. Le banc s'est recouvert de bougies, de vases débordant de fleurs, de témoignages. «Je ne connaissais pas ton nom, mais ça suffisait de te voir là, sur ton banc, de te parler...»

Des mots de gosses aussi, à qui manque déjà la présence rassurante de ce bon gros monsieur. «Edmond, c'est un merveilleux prénom» écrit ainsi en rose une petiote.

Mardi en fin d'après midi, les villageois des Grottes se sont retrouvés autour du banc pour une chaleureuse verrée d'adieu qui s'est prolongée dans la nuit, avec le copain Alex à la guitare.

Camel, le patron de Saveurs & Couleurs, a mis du vin à disposition et celui de Don Corleone a fait livrer des pizzas. Même si le disparu, avec sa modeste rente AI, n'avait pas les moyens d'aller manger au resto. Mais il avait, semble-t-il, un faible pour les croissants au jambon. Noémie espère d'ailleurs qu'il s'en régalera là-haut, si les anges lui en offrent.

Pour Edmond, le Paradis, ce n'est définitivement plus les Grottes. Mais ça doit drôlement y ressembler.

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15/03/2012

L'affiche qui trouve

L'affiche placardée sur la voie publique m'a scotchée sur place. Règle numéro 1, dit-elle, ne jamais se faire aider. Et vous savez quoi? C'est la police qui l'affirme. Au secours! Il y a quelque chose qui ne tourne pas rond...

Quand se fait voler ou tabasser, c'est la police qui nous vient en aide, jusqu'à preuve du contraire. Quand il y a des accidents de la route, des conflits de voisinage ou des scènes de ménage, c'est encore elle qui intervient. Alors si la population ne peut plus être secourue par cette force-là, à quoi bon?

Passé ce premier choc, j'ai regardé l'affiche d'un peu plus près. On y voit un homme à barbe blanche, perplexe devant un bancomat, les mains sur le clavier. A ses côtés, une jolie brunette lui explique la marche à suivre, les mains légèrement baladeuses. Ah ah, Monsieur, attention. Gare au skimming!

C'est quoi encore ça? Une tentative de drague? De dragage de votre compte en banque, plutôt!

Très en vogue, l'arnaque permet aux fraudeurs de s'emparer d'informations relatives à vos cartes bancaires. Pour mieux vous plumer ensuite. Face au bancomat, il ne faut pas se faire aider ou se laisser distraire. Tel est le message de l'affiche qui renvoie au site www.stop-skimming.ch. On y apprend qu'il faut absolument mémoriser son code NIP et avoir un comportement adéquat lors du retrait d'argent.

Les personnes âgées apprécieront, elles qui ne sont pas toujours très à l'aise avec ces engins. Car il ne faut pas non plus confier sa carte à un tiers ou son code à un employé de banque. Quant au service au guichet, il se fait rare. Qui va donc leur venir en aide?

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14/03/2012

C'est le printemps!

Je ne sais pas au juste quel son ténu fait une feuille en sortant de son bourgeon. Poc? Poufff? Ce doit être sans doute plus doux ou plus chantant. A dire vrai, je n'ai jamais assez tendu l'oreille pour entendre surgir une pointe de verdure sur un arbre.

Hier pourtant, l'éclosion de la première feuille du marronnier de la Treille a fait grand bruit. Pensez donc: en ce mardi 13 mars, le printemps est officiellement arrivé à Genève!

C'est d'ailleurs la sautière du Grand Conseil Genevois qui l'a annoncé par communiqué de presse. En des termes si charmants que les députés devraient en prendre de la graine. Au lieu de se balancer de la flotte.<

«Notre marronnier de la Treille insuffle en ce premier jour et par la délicate émergence de sa première feuille son esprit printanier, mettant ainsi un terme aux tempêtes hivernales.» Une allusion aux affaires qui ont récemment secoué la République? Peut-être. Quoi qu'il en soit, je trouve cette annonce formidable.

Nous sommes donc au printemps, youpi! Le ciel est bleu, la bise est tombée, le soleil dore les peaux. Mieux, il fait presque bon et les jours rallongent. Que demander de plus...

Un peu de musique, peut-être. Celle que les passagers peuvent entendre tous ces après-midi dans le tram aux couleurs de Voix de Fête. Jusqu'au 17 mars, le véhicule du festival genevois accueille musiciens et chanteurs qui se produisent quelques minutes en direct.

Ça fait plus de bruit qu'une feuille de marronnier, n'en déplaise à certains. On dira alors que c'est une autre manifestation du printemps genevois.

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13/03/2012

Services en tout genre

Victoire: le Saint-Bernard du tournevis a été retrouvé! Suite à l'appel lancé vendredi, son nom m'est parvenu par tous les moyens de communication possibles (sauf le pigeon voyageur, mais la pratique se perd, semble-t-il).

Vous aviez tous gardé bien au chaud les coordonnées d'Ingold, au cas où. Normal: c'est une perle rare! Lui-même s'est manifesté, auf deutsch bitte, pour dire qu'il était toujours disposé à donner un coup de main. Pour des travaux de bricolage, s'entend. Mais gare à ne pas trop solliciter ce «Berliner Serrurier» comme il se présente. Il est tout de même à la retraite, le grand Ingolf...

Dans la foulée, une lectrice m'a proposé un autre dépannage bénévole, mais en informatique. C'est gentil, même si ce n'était pas tout à fait la demande. Je conserve précieusement ce contact, on ne sait jamais.

Dans un autre domaine, on me demande à quelle association s'adresser quand on est en possession de denrées alimentaires sèches qui ont atteint la date de péremption. Gaëlle avait ainsi quelques kilos de pâtes et de riz qu'elle pensait encore consommables, en tout cas par les animaux. Contactée, la SPA a répondu par un niet définitif et ces denrées ont fini à la poubelle. N'y aurait-il pas une meilleure solution, à part les manger? Si vous l'avez, je suis preneuse.

Jean-Pierre quant à lui propose un truc tout simple aux personnes qui se gourent chaque année en changeant leur montre lors du passage à l'heure d'été (prévue le 25 mars): en mArs, on AvAnce les aiguilles d'une heure. En octobRE, on REcule les aiguilles d'une heure. Simple comme bonjour.

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12/03/2012

Les saintes glaces

T’es pas un peu givrée, Julie?

Pourquoi parler des saints de glace maintenant? Pour mémoire, Mamert, Pancrace et Servais se manifestent toujours après la première lune du mois de mai. T’as pas à t’agiter, l’heure n’est pas à la mise en terre des plantations. Oui mais…

Les saintes glaces sont bien là, à nos portes. Depuis la semaine dernière, il y a déjà la queue sur le trottoir de la rue des Pâquis. Pour les gelati!

Il y en a aussi devant tous les lieux où ces délices glacés sont fabriqués de façon plus ou moins artisanale.Alors les passants, béats, lèchent à n’en plus finir ces boules en équilibre sur leur bricelet. Et ça coule sur les mains ou les habits des gosses. Et ça fait du bien, visiblement, cet avant-goût d’été.

Sur les quais, c’est du pareil au même. Les stands de stracciatella vanille et mocca ont fleuri en même temps que les premières violettes. Parasols et terrasses accueillent des clients presque intimidés.

Sur le pont de l’Ile, en plein courant d’air réfrigérant, la première boîte à glaces s’est installée.

C’est pas un peu tôt, tout ça?

Parce que pendant ce temps, les cabanes à marrons sont encore en activité. Jusqu’à fin mars, oui! Même si certains vendeurs ont déjà levé le camp. Reste qu’en pleine bise, il n’y a pas à dire, je préfère les châtaignes aux sorbets.

Et s’il en est un qui doit se méfier des saints de glace, c’est bien l’arbre planté il y a trois jours sur le «hub» de Bel-Air, presque au pied de la Tour de l’Ile. Il a tout intérêt à s’accrocher à son carré de terre, s’il veut passer l’été.

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10/03/2012

Bons plans et bonus

Veste orange et sac assorti en bandoulière, la demoiselle est tout sourire, malgré la bise. Elle distribue ses petites brochures à qui veut bien les prendre. Or, ceux qui passent place Bel-Air s'en emparent souvent en ronchonnant.

Pas moi. J'ai même dit oui volontiers merci beaucoup, et la mimi orangée en est presque tombée à la renverse. Faut croire que les usagers des TPG sont un peu remontés.

La lecture de ces «Bons plans pour optimiser vos déplacements et voyager en toute tranquillité» (tapez www.tpg.ch pour plus d'info), va sans doute les rasséréner. Grâce au ton résolument zen de la publication.

Et puis graphiquement, c'est gai et léger, toutes ces couleurs et ces chiffres. Pour peu, on se croirait dans un jeu de piste où l'on doit trouver les bonnes combinaisons. Celles des lignes qui vont enfin nous faire gagner du temps. Chouette, on y va?

Le lecteur apprend ainsi les trucs pour éviter le centre-ville, ou comment être le plus efficace possible pour passer d'un quartier à l'autre. En changeant par exemple à l'arrêt le plus adapté. Fallait y penser! Parce que oui, il faut toujours changer, avec le nouveau réseau. Où est le problème?

Il n'y en a pas, à lire ce fascicule de 16 pages survitaminées, pleines d'optimisme et d'allant. Certes, il faut veiller à monter dans le bon véhicule, s'il y a un terminus intermédiaire. Il faut aussi apprendre à manipuler les nouveaux distributeurs qui rendent la monnaie. Et savoir que le terminus de la carte@bonus, c'est encore du bonus!

Que du bonheur, donc. Les usagers devraient enfin s'en rendre compte.

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09/03/2012

Demande bricoleur

Une lectrice, ignare en informatique, me demande de l'aide. La malheureuse. Si elle savait...

J'ai eu beau faire défiler à l'écran d'anciennes encres bleues et mettre des mots clé pour activer les recherches, rien. Le bide total. Impossible de donner le coup de main demandé: retrouver le numéro de téléphone d'un jeune retraité dont j'ignore le nom. Il y a plus d'un an et demi, ce monsieur s'était proposé pour effectuer bénévolement des travaux de bricolage.

Ghyslaine aurait besoin de son aide, pour autant qu'il soit un peu versé en serrurerie. Auriez-vous par hasard conservé les coordonnées de ce Saint-Bernard du tournevis? Dans ce cas, je suis preneuse!

Reste que pour se faire aider, sans bourse délier, il y a toujours le bon vieux système du troc. Ou plutôt d'échange de compétences. Tu m'aides à l'ordinateur, je taille tes rosiers et tes bambous. Un cours de maths pour la pose d'une étagère. Un gâteau maison pour la réparation d'une roue de vélo.

Ces propositions restent hélas bien souvent confidentielles. Elles se lisent parfois sur les petites annonces gratuites dans les entrées de supermarchés. Mais il faut ouvrir l'œil.

Et puis il y a aussi le SEL. Le système d'échange local. A Genève, le sel du lac comprend ainsi 130 membres qui troquent entre eux des biens, des services et des savoirs. Leur particularité? Ces échanges sont mesurés en grains de sel! Cette unité permet des transactions plus ouvertes, et donc forcément plus variées qu'entre deux personnes. Mais je n'y ai pas encore trouvé de jeune retraité bricoleur...

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08/03/2012

Le coup du Jet d'eau

Il fut un temps où je me languissais de ce grand jour: l'ouverture du Salon international de l'auto! Waouh!

Je faisais même le compte à rebours des nuits me séparant de la grand-messe automobile. Non pas que je sois spécialement accro au turbo. Mais le jour J coïncidait avec le retour du Jet d'eau!

Après une longue pause hivernale, ça me filait le frisson de le voir ainsi s'élancer dans le ciel. J'en éprouvais des démangeaisons printanières. C'était jusqu'en 2003.

Depuis que le grand Jet se pavane toute l'année dans la rade, je me languis moins de la venue du Salon. Il peut bien s'ouvrir aujourd'hui, drainer les foules considérables et tout le trafic du monde, ça ne me titille plus. Heureusement, il en est qui se réjouissent encore de cette date.

Comme Christophe. Il fête ses 40 ans ce jeudi. Et cela fait 40 fois que son anniversaire tombe sur la Journée des femmes. Pas de bol, pour celui qui se présente comme un peu macho! Passer presque inaperçu au milieu de toutes ces célébrations féministes, un comble. Alors joyeux anniversaire, Christophe! Pour peu, je vous enverrais des fleurs...

Même si les fleurs, ce sont plutôt nous autres qui allons les recevoir aujourd'hui à la Coop «Genf Plainpalais». Elisabeth me signale que le magasin nous offrira un gerbera rose foncé. Pas pour nos beaux yeux, non. Mais pour le lancement d'une nouvelle serviette hygiénique... Un cadeau qui fera drôlement avancer la cause des femmes.

Ah oui, au fait. Vous savez quand on lui coupait le sifflet, au Jet d'eau, quand il ne restait pas à l'année? Au Salon des Arts ménagers. Je ne l'invente pas...

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07/03/2012

Sauvée malgré elle

C'est terrible, les gens qui veulent vous sauver. Surtout quand vous ne leur avez rien demandé!

Pauline reçoit ainsi une enveloppe par la poste avec son nom et adresse écrits à l'ancienne, avec des lettres capitales bien travaillées et des minuscules joliment liées entre elles.

A l'intérieur, un courrier manuscrit, lui aussi. L'épistolière de service se présente à sa lectrice, donne son nom et son adresse. Rien d'une anonyme. Elle pourrait être sa voisine. Pauline l'a sans doute déjà croisée au supermarché du coin, sans savoir que c'était elle.

Mais qu'est-ce qu'elle me veut, cette brave dame? En lisant la lettre, la jeune femme n'y comprend rien. Puis se met à culpabiliser: aurait-elle commis un truc répréhensible? A l'évidence, on veut la sauver avant qu'il ne soit trop tard et l'encourager à lire "Réveillez-vous".

Une revue qui, soit dit en passant, affiche un tirage moyen de 41 042 000 exemplaires, et traduite en 84 langues! Du lourd et du solide pour diffuser le credo des Témoins de Jéhovah.

«L'honnêteté est-elle payante?» se demande ce numéro de janvier. Non, bien sûr. Et la brave dame de donner alors en pâture spirituelle à Pauline ce proverbe: «Le pain acquis par le mensonge est agréable à l'homme mais ensuite sa bouche sera remplie de gravier.»

Beurk! se dit la lectrice. Mais je n'en veux pas, de ce pain-là.Ni de tout ce charabia.

D'abord, je n'ai rien réclamé. Ni aide, ni conseil, ni entrevue. Je vis bien. Alors merci, Madame, de tant de sollicitude. Je suis déjà farpaitment réveillée!

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