27/04/2012

Promenade en péril

Promenade des Lavandières. C'est un joli nom, vous ne trouvez pas?

«Tout c'qu'est dégueulasse porte un joli nom» chante pour sa part un poète français. Il exagère. Quoique.

Car les Lavandières ne sont plus ce qu'elles étaient. Non pas que je regrette l'époque où ces femmes laborieuses battaient le linge sur le fleuve. Il y a plus drôle à faire. Surtout depuis que les machines à laver existent.

Mais j'ai la nostalgie de ce temps, pas si lointain, où l'on pouvait cheminer en paix entre les Halles de l'Ile et la passerelle des Forces Motrices, les deux bras du Rhône encadrant la flânerie.

Car en cet entre-saison, les dealers ont pris cette promenade en otage. Ils se postent le long du trajet. Attendent l'acheteur seul ou en groupe. Planquent leur marchandise dans les failles des murets, les interstices des rochers, les plantations ou dans le passage sous le pont de la Coulouvrenière.

Je peux presque vous dire exactement où, car ça se passe sous nos yeux! Tous les jours. Le trafic s'épanouit à l'air libre, et la chose semble normale. Le passant dit quelque chose contre ce cirque? Il est taxé de raciste.

Mais Julie, de quoi tu te plains? Ceux-là sont gentils. Ils ne font que dealer (!) Ils ne volent pas les simples promeneurs, m'a-t-on dit. Peut-être.

Mais quand je marche pour aller au boulot et que je vois, de loin déjà, qu'il faudra passer seule au milieu d'une bonne dizaine de trafiquants peu amènes, qu'est-ce que je fais?

Je change d'itinéraire. Je renonce à la Promenade des Lavandières. Et je grommelle jusqu'au bureau, d'où je vous écris ces quelques lignes...

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