05/09/2012

Silence, on jeûne!

Chouette, c’est le Jeûne genevois!

Pour tous les habitants du canton, ou presque, cette date se résume à un jeudi de congé. Une petite rallonge d’été sur fond de tarte aux pruneaux.

Mais demandez seulement autour de vous la raison de ce jour férié et vous ne trouverez plus grand monde pour vous éclairer. Pour vous rappeler que ce jour-là, normalement, on ne mange pas (sauf la tarte) et on prie. Eh oui!

Je vous résume l’histoire? Pour faire très court, on dira que le premier Jeûne a été suivi à Genève en 1567 à l’annonce de la répression menée contre les protestants de Lyon. Puis il a été observé occasionnellement lors de coups durs ou de malheurs, comme après l’Escalade, en 1602, la peste, en 1615 ou le tremblement de terre de 1651.

Si le mois de cet acte moral et religieux varie, le choix du jeudi s’impose dès 1652. Il n’y a tout simplement pas de marché ce jour-là!

Et bien qu’à l’époque la religion ait plus de poids qu’aujourd’hui, la pratique du jeûne se fait assez élastique. En 1751 déjà, les pasteurs déplorent que les gens aillent au cabaret ou à la chasse ce jour-là. Sacrés Genevois…

Au fil du temps, la tradition se perd ou reprend du poil de la bête, selon les circonstances. Elles sont compliquées: protestants et catholiques font jour de pénitence séparé, Genevois et Confédérés aussi. On trouve un terrain d’entente en 1844 en promulguant une loi pour distinguer les deux Jeûnes: le genevois sera jour de prière, le fédéral plus patriotique. Avec un succès mitigé. En 1869, le Jeûne de chez nous n’est plus férié, mais il le reviendra en 1966. Quant au fédéral, on nous l’a sucré au passage.

Reste la tarte aux pruneaux!

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Commentaires

Julie, le jeûne genevois c'est un jeudi, donc... demain. Aujourd'hui on peut manger ;-)

Écrit par : Sonia | 05/09/2012

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