22/10/2012

Un piège à oiseaux

Grandes manœuvres dans le ciel d’automne: alors que les cormorans se font un peu plus discrets au-dessus du lac, voici venu le temps des étourneaux. De ces vols extraordinaires qui balaient les airs, se contractent puis s’épanouissent à folle allure avant de disparaître à l’horizon.

Ces feux d’artifice en ombre chinoise sont gracieusement offerts à tous ceux qui prennent encore le temps de lever le nez au ciel. Il ne faut pas s’en priver, c’est un vrai cadeau!

Si le spectacle donné chaque jour par ces milliers de passereaux me ravit, il pince un peu le cœur d’un mien collègue. Ce ballet aérien annonce pour lui l’hiver. Or il aimerait pouvoir le fuir et voler avec un groupe de copains jusque dans une petite oasis là-bas, au sud, pour se mettre au chaud et gazouiller de bonheur. Le rêve!

En réalité, avant de partir au loin, les étourneaux devraient éviter de passer à proximité du Saint-Georges Center. Car ce bâtiment administratif tout rutilant est devenu, semble-t-il, un piège à volatiles depuis que les échafaudages ont été enlevés et que ses grandes baies vitrées reflètent le ciel.

Les gros oiseaux, pies, corneilles et compagnie ne s’y laissent pas prendre. Ce sont plutôt les petits qui s’élancent à toute allure contre ce mirage et tombent de haut.

Des rouges-gorges, mésanges et hochequeues terminent ainsi tristement leur vie sur le trottoir qui longe le boulevard. Résultat: les pieds des arbres voisins sont en train de devenir un cimetière où des âmes compatissantes vont déposer les petites dépouilles.

Un Saint-Georges bis, en somme.

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