28/02/2013

L'adieu de l'indigné

La mort vous indigne?

Non, répond sereinement Stéphane Hessel à la question de Darius Rochebin. C’était en janvier 2012, lors d’un «Pardonnez-moi» de belle mémoire.

«Je suis plutôt attiré par cette expérience nouvelle» précise l’auteur du manifeste Indignez-vous! «L’arrestation, c’était un début. Mais la mort, ça va être formidable! J’ai une gourmandise de la mort…»

Stéphane Hessel a donc fini par la trouver, dans la nuit de mardi. Il l’avait frôlée à Buchenwald, il y a près de 70 ans. A tant remettre ce rendez-vous, la mort s’est sans doute faite plus douce pour lui.

Pas de quoi être triste, diront certains: partir à 95 ans, avec toute sa tête et ce parcours de vie, c’est extra! Oui, et pourtant. Sa disparition m’a filé le bourdon. Une telle figure, c’est si bon, et si rare…

A l’annonce de sa disparition, les indignés attristés ont lancé sur Facebook l’idée d’un grand rassemblement mercredi soir à Paris. Des milliers de bougies brûleront, place de la Bastille.

Et tandis que tous ces orphelins s’organisent pour lui rendre hommage, je regarde à nouveau l’entretien mené par Rochebin. Il demande à l’amoureux de poésie quels sont pour lui les plus beaux vers. Ceux d’Apollinaire.

Stéphane Hessel récite alors par cœur: «J’ai cueilli ce brin de bruyère/L’automne est morte t’en souviens-t’en/Nous ne nous verrons plus sur terre/Odeur du temps Brin de Bruyère/Et souviens-toi que je t’attends.»

Et ce vieil indigné de confesser, à la fin de L’Adieu «Ça m’émeut. Les larmes me viennent aux yeux.» A moi aussi.

07:00 | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook |  Imprimer | | |

23/02/2013

Cuisinez plus malin!

Ces jours, je ne suis pas dans mon assiette.

La grippe? Pas seulement. C’est plutôt cette épidémie de mauvaises nouvelles concernant notre alimentation qui me rend malade.

Chaque jour qui passe apporte son lot de révélations. Sur les tromperies liées au commerce de la viande. Sur le triste état des chevaux, quand ils ne sont pas encore devenus des bœufs. Sur les conditions de vie déplorables dans certains élevages d’animaux. Adieu veau, vache, cochon, couvée…

Rabattons-nous sur les légumes et les fruits, puisqu’il faut en consommer cinq portions par jour. Mais là encore, qui nous dit par quels traitements ils ont passé pour avoir une mine si réjouie? Sans doute des pesticides et autres joyeusetés, bonnes pour la santé.

Franchement, ça vous met en appétit, toutes ces histoires?

Espérons tout de même que cette sombre affaire de lasagnes réveille enfin les consommateurs pressés ou paresseux. Et qu’au lieu d’acheter les yeux fermés des plats déjà cuisinés, ils prennent parfois le temps de faire la popote. Ils limiteraient ainsi les dégâts.

S’ils manquent d’inspiration, je leur donne un bon truc. Le Service cantonal de la santé publique vient de sortir son quatrième et dernier recueil de recettes, regroupant les plats d’hiver cuisinés et plébiscités par des enfants. Son nom? Cuisinez malin!

Malin, car les mets proposés sont à base de fruits et de légumes locaux et de saison. Les préférés des minots? La soupe de courge aux châtaignes et la truite saumonée et gratin de cardons.

Miam!

www.ge.ch/cuisinezmalin

07:00 | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook |  Imprimer | | |

22/02/2013

Rêves et réalité

Il y a des matins au boulot qui sont plus difficiles que d’autres. Ainsi ce jeudi, à l’heure du café: en ouvrant mon journal bien aimé, un catalogue de pub m’est tombé droit dans les mains.

Un véritable piège, vous dis-je. Un truc à ne plus rien faire de sa journée. Ce sont des inspirations pour rester plus longtemps au lit! Des pages entières sur le mode sommeil. Dormir, nous susurrent-elles à l’oreille. J’en baille déjà.

Et que je te montre des images de pageots grands comme des paquebots, de tas d’oreillers bien rembourrés, de couettes douillettes et de beaux draps.

Après ce genre d’invite poussant à la paresse, il faudrait peut-être que j’aie la plume vive et le ton alerte? Mais je n’ai qu’une envie: retourner au plume soigner mon rhume. Avec une bonne bouillotte et une tisane.«Ne passez pas à côté de vos rêves» poursuit la pub tentatrice. C’est bon, je me sens prête à entrer en hibernation. Mais voilà que le téléphone sonne. La réalité a repris le dessus!

Et puisqu’il faut revenir sur terre, autant l’être au plus près du bitume. Cela fait une semaine déjà que les hommes de la voirie ont gentiment déblayé neige et glace du sol pour permettre au petit marché de l’avenue Peschier de s’y tenir.

Le hic, c’est que cet amas glacé a été entreposé sur des places de stationnement. Il n’a pas bougé et ne risque pas de fondre, avec la caillette actuelle. Résultat: deux places de moins à disposition des voitures à macaron G.

Est-ce que les gens du SDS vont verbaliser le tas blanc pour dépassement de stationnement autorisé? Faut pas rêver…

07:39 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook |  Imprimer | | |

21/02/2013

Un gros gaspillage

Que deviennent les mets préparés avec de la viande de cheval, étiquetés bœuf, et retirés du commerce?

Depuis que cette vaste tromperie a été révélée au grand jour, la marchandise serait juste bonne à jeter à la poubelle. C’est d’ailleurs ce qu’a fait la Coop, prétextant une rupture de la chaîne du froid. (Ce qui peut être vrai pour les plats rapportés aux magasins). Or, jusqu’à preuve du contraire, les aliments incriminés sont consommables. Ça ne vous fait pas un peu bizarre?

Toute cette affaire me laisse un arrière-goût amer. On se fait rouler. Et pour quel gaspillage, au final! N’y aurait-il pas moyen de limiter la casse?

Bien que le sujet soit assez sensible, la centrale alimentaire Partage le dit sans détour. Elle est prête à récupérer ces plats cuisinés, pour autant qu’ils soient déclarés propres à la consommation par les services compétents.

Pour ces professionnels du tri et de la collecte d’invendus alimentaires sur Genève, la situation est scandaleuse. Pourquoi les magasins payeraient-ils pour détruire des denrées consommables, mais qui n’ont plus la cote, alors qu’ils pourraient les donner?

L’entreprise sociale et solidaire est donc en contact avec les enseignes locales pour tenter de sauver ce qui peut l’être. Si elle y parvient, elle pourrait stocker ces produits, les étiqueter correctement puis les mettre à disposition des 58 associations qui s’approvisionnent gratuitement chez elle.

Chacun fera alors comme bon lui semble, sans être trompé sur la marchandise, comme les consommateurs l’ont été. Affaire à suivre...

07:00 | Lien permanent | Commentaires (4) | |  Facebook |  Imprimer | | |

20/02/2013

Facture bidon

«C’est un monde, tout de même!» s’est dit Jeannine, en lisant le courrier reçu de la maison HIM Swiss-internet S.A.

Il y a là une facture de 391 francs et quelques centimes pour son inscription sur un site internet de thérapeutes. Or, elle n’a jamais rien demandé de tel.

D’abord, elle n’a jamais fait de publicité pour ses activités de graphologue, elle n’en a pas besoin. Le bouche à oreilles, il n’y a rien de tel.

Et puis Jeannine n’a plus de temps à perdre avec ce genre de données qui la feraient connaître loin à la ronde. A 88 ans, elle est déjà bien assez occupée comme ça. Enfin, et surtout, elle ne possède pas d’ordinateur. A quoi lui aurait donc servi une telle inscription?

C’est ce que j’ai demandé à l’entreprise. D’après elle, il s’agit là d’une offre. Pas d’un contrat. Et ce malgré les numéros de référence donnés, le mot de passe fourni et le montant exigé, payable net sans escompte.

En fait, cela ressemble furieusement à une facture, mais cela n’en est pas une. Méfiance, méfiance!

Les données de Jeannine ont été supprimées du portail. La facture bidon ira à la poubelle. Essayé, pas pu!Mais tout de même. C’est un monde, n’est-ce pas?

C’est ce que s’est dit Marguerite aussi en trouvant, dans sa boîte aux lettres, un avis du géant jaune. Il lui apprend que la poste du Petit-Lancy va quitter ses locaux au centre du village pour s’expatrier vers Saint-Georges. Le bureau s’appellera «Les Marbriers», rapport aux tombes d’à côté. C’est gai!

Marguerite, qui n’est plus toute jeune, ne trouve pas bien raisonnable de faire ainsi trotter les anciens jusqu’aux portes du cimetière…

07:00 | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook |  Imprimer | | |

19/02/2013

Ascenseur en panne

O rage, ô désespoir!

L’ascenseur public le plus apprécié de la République est hors service. L’avis de maintenance, affiché sur sa porte depuis la semaine dernière, n’a pas bougé. La situation non plus.

«Nous effectuons un grand service qui va durer un certain temps» avertit d’ores et déjà la maison Schindler. Oh là là, je n’aime pas ça! Un certain temps? Une semaine, un mois ou trois jours?

Alors c’est la soupe à la grimace du côté des piétons et des cyclistes qui se pressent tous les jours au portillon pour bénéficier de la navette verticale. Et pour cause: cette grande cabine vitrée les propulse du quai du Seujet au 6e ciel sans le moindre effort. Le pied!

Il ne leur reste plus qu’une légère montée pour accéder à Saint-Jean ou aux Délices. Les marcheurs évitent ainsi le raidillon du sentier du Ravin et les pédaleurs n’ont pas à se farcir la montée de la rue Sous-Terre.

L’ascenseur du Seujet, c’est le trait d’union rêvé entre le Rhône et le haut des falaises. Ses fidèles usagers y taillent volontiers une bavette ou admirent la vue magnifique qui s’offre à eux. Quand il est hors service, c’est la grosse tuile! La dernière panne a duré des plombes. M’est d’avis que si la régie de l’immeuble tarde à faire le nécessaire, la Ville pourrait s’en préoccuper. Même si cela ne fait pas partie de son cahier des charges.

Car enfin, c’est bien Rémy Pagani qui voulait équiper la rampe Sous-Terre et 25 autres lieux de remonte-pentes pour les vélos. Mais oui, souvenez-vous de son projet «Cyclocable»!

Ici, le câble de l’ascenseur existe déjà et les bicyclettes en profitent. Ce serait tout bénéfice, ou je me trompe?

07:00 | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook |  Imprimer | | |

18/02/2013

Historiettes du cru

En ce jour de la Saint-Valentin, une dame bien mise monte dans le train. Son mari la suit. Elle porte à la main, tel un trophée, une splendide rose rouge. La fleur des amoureux.

Jean-Claude, qui voit arriver ce beau couple dans son compartiment, ne peut se retenir. Il félicite le monsieur d’avoir si bien fleuri sa femme. Laquelle rétorque aussi sec: «Je l’ai reçue du restaurant. Pas du mari.» Oups! Paraît qu’ils en ont finalement bien rigolé.

Dans ces rencontres inattendues qui font du bien, celle de Marguerite et du jeune inconnu, un matin de janvier, à Plan-les-Ouates. La dame se déplace avec des béquilles, et il a neigé. La cour légèrement en pente qui sépare son immeuble des boîtes aux lettres lui semble soudain infranchissable.

Elle avise le garçon qui passe par là. «Pourriez-vous aller regarder si j’ai du courrier?» Pas de problème. Il prend les clefs, va inspecter le casier vide, revient lui rendre son trousseau et s’en va.

C’est à ce moment que le facteur arrive au loin. Marguerite voit le jeune homme aller à sa rencontre et lui expliquer le topo, tout en faisant des signes dans sa direction. Compris! L’émissaire du géant jaune file alors droit vers elle et lui remet son courrier en mains propres. Trop charmant!

Enfin Janine souhaite remercier ici le personnel chargé du nettoyage ainsi que les collaborateurs administratifs de Qatar Airways. Ils ont en effet retrouvé l’iPod nano qu’elle avait oublié dans la pochette de son siège, entre Colombo et Genève. Et lui ont signalé que son bien l’attendait. Or, la voyageuse en avait déjà fait son deuil… Cette heureuse surprise valait bien quelques lignes.

07:00 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook |  Imprimer | | |

16/02/2013

Ville morte, vraiment?

«Genève, ville morte», «Genève, t’es triste la nuit», «Dors sur ton fric.» Selon ces slogans griffonnés sur les murs de la ville, les nuits genevoises seraient d’un ennui mortel. Ah bon?!

Les jeunes et joyeux noctambules revendiquent de pouvoir faire la fête partout et tout le temps, sans aucune contrainte. Oui mais voilà, ça dérange.

Pour eux, forcément, ceux qui se plaignent du tapage nocturne sont des grincheux, des frustrés, des tristes à pleurer. Des calvinistes, tant qu’à dire.

M’est d’avis que ce n’est pas si tranché. Les fêtards ne sont pas tous jeunes ou branchés. C’est aussi vous et moi lors d’une virée entre copines, d’une sortie de bureau ou d’un anniversaire un peu trop arrosé.

Les plaignants ne sont pas que des vieux. des aigris. C’est encore vous et moi. Des êtres qui aspirent à dormir, même s’ils habitent à proximité de bars ou de boîtes de nuit. Et il y en a!<

Que faire pour que l’on s’entende tous à nouveau? Les chuchoteurs ne suffisent pas. Les descentes de police non plus. Et la récente décision de l’Etat, bonne au demeurant, pêche par sa maladresse. Dommage.

Les palabres vont commencer entre autorités et commerçants. Des contrats de quartier seront sans doute signés. Cela prendra du temps, de l’énergie. Pour quels résultats? Je m’en voudrais d’être pessimiste. Mais quand deux égoïsmes s’affrontent, le problème est insoluble. Même dans l’alcool.

Au fond, c’est la même histoire que pour les logements. Il faut construire, bien sûr. Mais pas à côté de chez nous. Faire la fête, naturellement! Mais pas sous nos fenêtres.

Alors où?

07:00 | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook |  Imprimer | | |

15/02/2013

Abonnés absents

Notre merveilleux Département de la mobilité est immobilisé, me fait savoir Georges, un brin goguenard.

La faute n’est pas à mettre sur le compte de la neige. Ou de la glace, qui rend hasardeux tout mouvement. C’est l’informatique qui patine.

En ce jeudi gelé, l’administration en ligne ne répond plus: «Une erreur s’est produite pendant le traitement», affiche l’écran, tandis que je vérifie l’information. A l’heure du goûter, nouvel essai et là, oh miracle, la mobilité s’est remise en route. Georges appréciera!

Une erreur plus grave s’est glissée, lundi, dans le courrier de Denise. Elle ouvre une lettre provenant de la Permanence du Léman qui la stupéfie. C’est une facture pour des soins donnés à son mari de fin novembre à mi-décembre 2012.

Or, son époux est décédé en 2006! La veuve ne se remet pas du choc éprouvé à la lecture de ce pli, du chagrin ainsi ravivé. Ne pourrait-on pas éviter de telles erreurs? Car ces envois bouleversent inutilement ceux qui les reçoivent. On dira sans doute que c’est la faute à l’informatique. Pratique.

Mais je dois aussi balayer devant ma porte. Car la Tribune fait parfois très fort, dans le genre: elle a envoyé une offre de réabonnement à la maman d’Evelyne, fidèle de la Julie pendant des décennies. Le hic, c’est que cette lectrice a quitté ce monde en 201O. Et que son abonnement avait été résilié il y a 8 ans déjà, pour cause d’Alzheimer. Et voilà que l’informatique l’oublie. Un comble!

Heureusement, Evelyne est dotée d’un bon sens de l’humour. «Certes, les temps sont durs pour la presse. Mais de là à vouloir réabonner les morts…»

07:00 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook |  Imprimer | | |

14/02/2013

Le coeur, what else?

«Le cœur, what else?»

Tel est le titre de la leçon inaugurale que donne René Prêtre à Lausanne, en ce jour de la Saint-Valentin!

Le chirurgien cardiaque, élu Suisse de l’année 2009 (il pourrait l’être chaque année, vu sa cote de popularité) fait donc sa rentrée universitaire avec un joli clin d’œil.

Son slogan sonne comme la pub caféinée du beau Georges et tombe à point nommé pour marier l’organe musculaire au symbole de l’amour. Très fort, le Prêtre!

Le cœur est ainsi à la fête ce jeudi, des sphères universitaires aux étals des fleuristes et des confiseurs, dans les vitrines de dessous sexy, de bijouteries voire même de librairies.

Sa forme, rouge et rebondie, envahit les menus de Saint-Valentin et les zones cadeaux des grands magasins, figure en bonne place dans les offres spéciales de croisières en tête à tête. Elle se retrouve sur les sites où des amoureux transis, mais peu inspirés, peuvent télécharger les poèmes de circonstance à déclarer le moment venu.

Certains regretteront qu’il faille une fête à caractère commercial pour manifester son amour. Et qu’un jour du calendrier soit réservé à échanger mots doux ou cadeaux entre amoureux. Ce sera fait au moins une fois par année, oserais-je leur dire. Des bien-pensants risqueraient de l’oublier, autrement…

Heureusement il existera toujours, en dehors du 14 février, des êtres assez sensibles pour tracer des cœurs dans la neige ou le sable, les dessiner sur les murs, les graver dans le bois. Il est des déclarations plus durables que d’autres.

Longue vie aux amoureux!

07:00 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook |  Imprimer | | |

13/02/2013

Mieux vaut être averti

Si cela peut vous éviter quelques ennuis, n’hésitez pas à lire ce qui suit.

Hamid souhaite mettre en garde ses concitoyens genevois contre un escroc qui sévit en ville. Pour l’instant, il s’attaque aux personnes originaires, comme lui, d’Afrique du Nord. Mais ce malfrat ne va pas s’en tenir là.

L’homme aborde les gens en disant qu’il a perdu ses clefs d’appartement et que ses deux petits enfants sont coincés à l’intérieur. Pour ouvrir la porte, le serrurier exige 200 francs, somme qu’il n’a pas sur lui. Au centime près, il lui manque 62 fr. 25. Plausible, n’est-ce pas?

La femme de Hamid n’a pas hésité. Vous pensez, deux enfants en danger… Elle et son amie ont donc donné l’argent qui faisait défaut à ce père angoissé. Un excellent comédien, soit dit en passant. Le hic, c’est qu’il a refait le coup peu après à Hamid, qui était au parfum. Il l’a envoyé sur les roses!

Une arnaque plus classique, mais tout aussi énervante: Roger reçoit, début février, un courrier de la Loteria Primitiva, posté à Madrid, lui annonçant un gain faramineux. Sa fille, à Nyon, a eu droit à pareille missive.

Or, ni lui ni elle n’ont participé à cette loterie. Ils n’ont aucun lien avec l’Espagne et jamais donné leur nom à un quelconque organisme espagnol.

Dans l’avis de récompense, qui aligne les incohérences, il leur est demandé d’être très discret jusqu’à ce que tout soit réglé «et l’argent versé sur votre compte bancaire». Ah, nous y voilà! Car il faudra bien donner cette info sensible pour recevoir les 615 810 euros promis. Et là, les crédules vont se faire siphonner leur compte. Bingo!

Qui pourrait faire cesser ce manège?

07:00 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook |  Imprimer | | |

12/02/2013

Vacances de neige

Si vous ne venez pas à moi, je viendrai à vous, s’est dit la neige, en pensant aux petits Genevois qui restent ici en ces vacances de février. Sitôt dit, sitôt fait.

Les enfants qui se sont réveillés lundi à Genève ont donc reçu cet or blanc comme un véritable cadeau.

En recouvrant les rues, les parcs et les champs, la neige a créé un immense terrain de jeu à leur portée: plus besoin de grimper en station pour pratiquer les sports d’hiver, il leur suffit de sortir.

Alors on prend les luges, les bobs ou les patinettes. On enfile doudounes et mitaines pour une expédition dans la blancheur rafraîchissante.

Les uns marchent la tête renversée en arrière, la bouche ouverte pour gober les flocons. Les autres les agglutinent en boules compactes qui vont bientôt valdinguer dans les airs. Certains préfèrent encore les rouler pour en faire des créatures décorées de bois, de feuillages ou de pives. A ce jeu, les parents ne sont pas en reste.

Depuis hier, les parcs de la ville sont hérissés de bonhommes de neige et d’animaux indéfinissables. Leurs pentes prises d’assaut par les amateurs de glisse. C’est ludique et joyeux, avec ces taches de couleurs bougeant dans tous les sens sur les blanches étendues, avec ces cris perçant le silence ouaté.

Et tant pis si certains adultes, moins joueurs, râlent en ville contre la neige qui les fait arriver en retard au boulot ou mouiller leurs chaussures dans ce qui, tôt ou tard, vire à la tiaffe.

Les gosses s’en moquent, ils ont congé. Mieux, ils auront passé leurs vacances d’hiver dans une station de plaine au top. Leurs copains, partis au loin, auront tout loupé!

07:00 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook |  Imprimer | | |

11/02/2013

Curiosité sur la paille

«Venez voir, ça vaut la peine!»

Béatrice m’a appelée la semaine dernière pour me parler d’un drôle de truc. Sa voix enjouée et ses drôles d’explications ont piqué ma curiosité. Alors j’ai fait un saut chez elle, en centre-ville, pour voir… son nounours.

Et je n’ai pas été déçue. Car ce petit ours est étonnamment vivant!

Le plantigrade est pourtant fait de paille. D’où son allure un peu raide: les tiges qui le composent sont pliées et tenues par du fil de fer discret. Mais il est mignon comme tout, avec ses yeux coquins et son bout de nez fichés dans la forme végétale.

Béatrice a acheté cet objet pour agrémenter son appartement; c’est une décoratrice d’intérieur dans l’âme! Un beau jour, elle en a eu assez et l’a posé sur le balcon. La pluie l’a copieusement arrosé. Le vent a sifflé dans ses oreilles. Le temps a fait son travail…

Il y a peu, la maîtresse des lieux a décidé de récupérer son nounours pour lui refaire une beauté. Et là, oh stupeur, elle s’aperçoit qu’il est habité: des champignons ont poussé sur son corps!

Et pas des microscopiques, je peux vous l’assurer. Ces végétaux hardis pointent leur tête à plusieurs centimètres du ventre, du dos et de la tête de l’ours en paille. Après quelques jours passés au chaud, ils ont un peu séché. Mais ils restent toujours bien accrochés à cet étrange terreau.

D’où viennent ces champignons? Sont-ils comestibles? Mystère. Béatrice n’est pas prête à les goûter. Ses chats non plus. J’aurais pu vous les montrer, pour avoir votre avis, mais les photos que j’ai prises sont trop moches, et je n’ai plus de place. Reste l’imagination!

07:00 | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook |  Imprimer | | |

09/02/2013

Discrète, la prévention

Le nouveau skatepark de Plainpalais, vous connaissez?

C’est, semble-t-il, l’un des plus vastes d’Europe. Ses 3000 m2 de surface offrent différents espaces de jeu, dont un «bowl», un «ditch» et une «street plaza». Désolée pour ces anglicismes, mais c’est ainsi que sont nommés ces trous destinés aux amateurs de frissons sur roulettes.

J’avoue, je n’ai pas testé ces installations, ça me fait un peu peur… Et puis ce n’est plus de mon âge. Il n’y a que des jeunes qui s’élancent là avec leur «skate», «roller» ou BMX (vélo) pour faire leurs folles acrobaties.

Ce skatepark a été inauguré le 6 octobre dernier, avec des démonstrations ébouriffantes de ces différentes disciplines. Magnifique, mais tout de même assez dangereux!

Or ce qui est frappant, quand on se rend, quatre mois plus tard, vers ces installations qui ont coûté bonbon, c’est la pauvreté des moyens de prévention destinés aux usagers.

Les grands panneaux métalliques boulonnés au sol affichent actuellement un grand vide désolant, en matière d’information.

Seules quatre pancartes en bois, rafistolées avec du scotch, sont disposées autour du skatepark. Et encore, il en est une qui a été cassée à grand coup de pompes.

C’est là que se cachent deux feuilles de papier officielles. Elles annoncent que la Ville de Genève décline toute responsabilité en cas d’accident et rappellent quelques consignes de sécurité, de convivialité et prudence à l’usage des utilisateurs.

Avec, en gros, le numéro d’urgence 144. C’est mieux que rien. Mais ce n'est pas très sérieux.

07:00 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook |  Imprimer | | |

08/02/2013

Manque de souplesse

Je veux bien croire que ce n’est pas tous les jours facile d’être du SDS. Personne ne vous admire, dans votre uniforme du Service du Stationnement. Normal, vous êtes là pour coller des prunes. Et le Genevois n’aime pas les prunes. Sauf sur le gâteau.

Alors vous vous blindez. Vous vous retranchez derrière votre bon droit. Vous l’avez, d’ailleurs. Sans vous, chers contractuels, Genève étoufferait sous les voitures mal stationnées.

Mais franchement, pourquoi tant de raideur dans l’exercice de votre fonction? Il faut, parfois, faire preuve de souplesse, d’un brin d’empathie. Fermer les yeux quand, à l’évidence, les gens sont dans des situations délicates. C’est trop demander, hélas.

Valérie a parqué son véhicule sur une ligne jaune, rue de Carouge, devant une arcade. Elle est pressée: sa maman fait un malaise. Elle l’accompagne dans son appartement, branche sa machine à oxygène et reste là cinq minutes, le temps de s’assurer que ça va mieux.

C’est déjà trop! A son retour, un employé du SDS photographie, avec son petit appareil à verbaliser, l’objet du délit. La conductrice lui explique le topo: elle n’a pas fait du lèche-vitrines, elle s’est occupée de sa maman malade!

«J’veux rien savoir» rétorque-t-il. Valérie en pleurerait de rage. Pas tant pour l’amende de 120 francs que pour cette sécheresse de cœur.

Elle écrit donc à la Fondation des Parkings pour contester la chose, joint l’ordonnance médicale de sa maman, avec les heures de traitement et tout. Niet, dit l’administration. Ce n’est pas une raison valable.

Et mourir, ça l’est? Pas sûr!

07:00 | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook |  Imprimer | | |

07/02/2013

Lunettes à récupérer

Serge a perdu ses lunettes de lecture. Une paire à dix balles, dit-il. Mais il avait pris soin de coller, à l’intérieur de l’étui, une étiquette avec ses coordonnées.

Sage précaution. Le Service cantonal des Objets trouvés a ainsi pu lui annoncer qu’un bien susceptible de lui appartenir avait été déposé à ses bureaux. Qu’il vienne donc le récupérer, moyennant le paiement de divers frais et émoluments.

Il s’y rend, tout content. Il déchante vite. Pour reprendre ses lunettes, on lui réclame 75 francs. Pas question! Serge repart furibard, en clamant qu’il ira s’acheter une nouvelle paire bien moins chère. Quel gâchis.

Alors quoi? Au lieu de monter les tours, il aurait pu fournir une preuve d’achat. Oui, mes lunettes ont bel et bien coûté deux thunes. Les employés auraient alors revu leur copie à la baisse.

Mais ils lui auraient de toute façon demandé 16 francs. Car toute chose entrant au 5, Glacis de Rive, est facturée dix francs au minimum à celui qui l’a perdue. Plus 6 francs de frais de port.

Après, ça se complique. Le règlement stipule que les objets sont évalués selon leur coût de remplacement à neuf sur le marché genevois.

Ainsi pour des lunettes, le prix moyen d’une monture sans marque est fixé à 400 francs, celle avec marque à 600 francs. Les émoluments se montent à 20 ou 40 francs, à quoi s’ajoutent les récompenses, 40 ou 60 francs. Plus les frais de port. Ça taxe!

Mais cela reste encore meilleur marché qu’une paire neuve. Sauf peut-être pour les loupes, identifiées comme telles, et estimées à 10 francs. Suis-je assez claire, cher Serge?

07:00 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook |  Imprimer | | |

06/02/2013

Tous malades

Toux et éternuements à tous les étages. Au secours, on dirait qu’ils sont tous malades. Le pire, c’est qu’ils le sont vraiment.

La grippe court, la gastro galope, et c’est tout le canton qui se retrouve groggy. On est peu de chose, pas vrai, face aux microbes…

Avec ces centaines de travailleurs alités, l’économie tourne au ralenti. Et ce n’est pas fini. D’après les spécialistes, le pic de l’épidémie n’est pas encore atteint. Aïe, ça promet!

L’école publique ne se porte pas mieux. J’ai ouï dire que c’était déjà la Berezina la semaine dernière à Lancy. Renseignements pris, il n’y a pas eu de classe vide dans les cinq établissements primaires de la commune. Mais tout de même: on parle de 27% d’absents à Cérésole. De classes où il manquait près de la moitié des effectifs. Aux Palettes, on a compté jusqu’à 89 malades pour un total de 504 enfants.

Alors imaginez ce que cela donne au niveau du canton! Parce qu’il n’y a pas de raison que ce soit différent du côté de Versoix, des Pâquis ou des Trois-Chêne, n’est-ce pas?

Quand on sait que l’Instruction publique genevoise annonçait 70 657 élèves à la rentrée 2012, on imagine qu’ils sont aujourd’hui des milliers à tousser sous la couette. Pauvres choux!

Pauvre entourage aussi: compter un parent mobilisé, voire un grand-parent ou une nounou pour chaque petit malade. Sans oublier les enseignants, en première ligne pour attraper tous les virus. Malgré les vaccins.

Et dire que les vacances scolaires débutent dans trois jours: c’est vraiment pas de chance de les passer au lit!

07:00 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook |  Imprimer | | |

05/02/2013

Deux pieds deux roues

Le beau barbu me fait de l’œil, à l’entrée du pont de la Coulouvrenière.

Casqué, les mains posées sur son fidèle destrier, ce chevalier porte un plastron bleu aux armoiries singulières: un beau cœur rouge, précédé d’un «I».

Il love quoi, ou qui, cet homme-là? Les piétons, si l’on en croit le dessin connu des Genevois: la silhouette d’un adulte tenant un enfant par la main. Tiens, vlà autre chose!

S’il avait été en chair et en os, on aurait pu causer de sa croisade. Mais avec une affiche, c’est plus compliqué, même si le message est clair: «Ici, les piétons ont la priorité.» Sous-titré: les cyclistes adaptent leur vitesse. Ah, quelle bonne idée!

La Ville de Genève vient donc de lancer sa campagne «cohabitation vélos-piétons». En commençant par poser ces annonces aux lieux stratégiques où règne une certaine confusion entre les partisans des deux pieds ou des deux roues. A savoir à la rue du Stand, au pont de la Coulouvrenière et à la place de la Fusterie, côté rue du Rhône.

Il était temps! Car depuis la création des zones mixtes permettant aux vélos d’emprunter certains espaces réservés jusque-là aux seuls marcheurs, chaque catégorie d’usagers pense être dans son bon droit et défend son territoire.

Les cyclistes y roulent souvent trop vite ou passent trop près des piétons. Ceux-ci, de leur côté, ne prêtent guère attention à ce qui arrive derrière eux, font parfois des écarts, et bonjour les frayeurs! Quand ce n’est pas la chute.

Le beau barbu qui me fait de l’œil, à l’entrée du pont, me signale que j’entre dans un espace à partager. Pas de souci. J’ai mis ma liquette «I love cycliste»!

07:00 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook |  Imprimer | | |

04/02/2013

avis de recherche

C’est mon côté fleur bleue. Je ne résiste pas à un appel aussi romantique, même s’il ne m’est pas destiné.

Hervé me supplie de l’aider à retrouver une fille avec qui il a flirté, vendredi 1er février, à la discothèque du Petit Palace. Je veux bien.

Mais je trouve amusant tout de même qu’à l’heure des réseaux sociaux, où tout se sait et se dit quasi en direct, il passe par l’encre bleue pour retrouver celle qui lui a fait tourner la tête. Faut dire qu’ils se sont rencontrés à une soirée «Black out»…

Alors si Laurène (ou Lorraine?) lit ces lignes et partage les mêmes sentiments qu’Hervé, qu’elle me contacte. J’en connais un qui serait drôlement content si elle se manifestait.

Après les annonces de cœur, celles de l’emploi. Béatrice a bien rigolé devant un encart paru dans nos pages. Les Services industriels genevois sont ainsi en quête d’un-e chef-fe de projets d’entreprise (contrat de deux ans) dont la mission principale consistera à «supporter le chef de projet actuel». Est-il à ce point imbuvable qu’après deux ans, on craque? L’eau de Genève, traitée par les SIG, est pourtant la meilleure qui soit.

Enfin cette petite annonce de la part de Nicole pour remercier les personnes qui lui ont prêté assistance à Collonges, mi janvier, alors qu’elle s’était tordue la cheville en tombant dans la rue et restait prostrée au sol. Un automobiliste très prévenant s’est arrêté pour l’aider à se relever, un autre l’a prise en charge pour l’accompagner chez le médecin. Tant de gentillesse lui a fait un bien fou. Une fois remise de son entorse, elle pourra ainsi repartir du bon pied!

07:00 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook |  Imprimer | | |

02/02/2013

L'ode aux parapluies

Ça plombe le moral, un temps pareil! Gris dessus, gris autour, gris dedans. Mouillé, en plus. A ne pas mettre le nez dehors. Ni les pieds d’ailleurs. Et dire que c’est parti pour durer…

Où chercher un peu de réconfort, au milieu de toute cette grisaille? En tout cas pas dans l’attitude complice des passants, bien qu’on soit tous plus ou moins dans le même bain. Ils ont souvent l’œil vissé au sol pour éviter la flaque, le corps bardé d’habits sombres. Sale temps, va!

Où donc trouver un peu de gaîté? Dans les parapluies, pardi! Car ce sont quasi les seules taches lumineuses et colorées dans le paysage détrempé. Les seules touches décoratives et mouvantes qui s’offrent au regard.

S’il reste encore pas mal de messieurs qui préfèrent s’abriter sous des ailes de corbeau, j’ai vu s’épanouir hier quantité de pépins rose fluo, citron, menthe à l’eau, orange, bleu azur ou vert perruche. Quel bien ça fait!

Mais ce n’est pas tout. Les coquettes se promènent sous la protection de fleurs, de papillons ou d’herbes folles. Les romantiques optent pour les couchers de soleil, les arcs-en-ciel, les cœurs avec des froufrous tout autour. Les amateurs de motifs géométriques dégainent les pois, les rayures et les quadrillés, dans une déferlante de tons vifs et contrastés.

Alors ça devient presque admirable, une ville sous la pluie, quand on suit des yeux tous ces accessoires hauts en couleur qui dansent au-dessus de la foule, chacun bougeant au rythme de celui qui les porte.

Un p’tit coin d’parapluie, c’est parfois presqu’un coin d’paradis! Ça vous remonte un peu le moral?

07:00 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook |  Imprimer | | |