12/03/2013

Pauvres pigeons

Que nous ont-ils faits, ces oiseaux, pour mériter pareil traitement?

Je me demande bien pourquoi la langue française les dénigre tant, elle qui utilise le nom de ces volatiles gris, aux allures pataudes, pour parler des victimes du système. De tous les grugés, les dupés, les plumés de la terre.

«On n’est pas des pigeons» revendique à la télévision belge l’émission de consommation dénonçant les arnaques. Les Français ont leur mouvement des Pigeons rassemblant des entrepreneurs fâchés par la réforme de la fiscalité.

Samedi, le recours à cette image m’a frappée à deux reprises. «Pigeons», titre sobrement un confrère du Matin pour parler des exposants et journalistes, venus couvrir le Salon de l’auto, et qui ont payé des chambres d’hôtel à des prix totalement surfaits. Jusqu’à 2000 francs la nuit. Notez que les pigeons, les vrais, logent au moins à l’œil.

«Faites passer le message afin que d’autres personnes ne se fassent pas pigeonner», me signale encore Marlyse, en dénonçant la dernière tromperie en date à Onex. Une femme sonne à sa porte et lui demande de l’aide. Cette prétendue étudiante à Aigues-Vertes est en panne de voiture et n’a pas d’argent pour rentrer chez elle. Elle voudrait 18 francs. Marlyse n’a rien donné.

Mais une amie à elle est tombée dans le panneau. Sauf que la jeune fille demande cette fois-ci 16 fr. 20 pour la dépanner. L’amie a pris de nom de la demoiselle qui avait promis de lui rendre son prêt. Elle ne l’a pas revue.

«Pigeon». «Pigeonner». Ces oiseaux méritent tout de même meilleure considération. A quand l’éloge des pigeons voyageurs?

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