30/03/2013

L'évasion pascale

Cela fait plus d’un mois déjà que des lapins goguenards nous font de l’œil dans les vitrines. Que les poules pondent à n’en plus pouvoir pour répondre à la demande. Que les présentoirs des supermarchés croulent sous les œufs en chocolat, en nougat, en pâte d’amande. En sucre aussi.

Alors ça devait arriver, tôt ou tard: nous voici enfin à Pâques!

Mais voilà, à tant faire attendre les choses, on ne les goûte plus à leur juste valeur quand elles sont là. Comme si l’on s’était déjà trop gavé de sucreries. Comme si la météo pourrie nous empêchait vraiment de croire en ce temps du renouveau.

Et pourtant. Les rues commencent à se vider. Les églises à se remplir. Bientôt les magasins braderont les marchandises pascales et tout retombera comme un soufflé. Restent les vacances.

Mais avec toute cette flotte, comment va-t-on faire pour aller cacher les œufs puis les rouler sur les pentes? Et les fameuses promenades dominicales en famille? Tout semble se liguer pour faire de ces quelques jours de congé un temps à se taper la cloche.

A ce propos, un gentil grand-papa m’a demandé de lancer un appel pour que ne soient pas sacrifiés tous les jolis petits agneaux si prisés en cette période de l’année. «Ils sont tellement mignons! On pourrait en sauver au moins un et le mettre au Jardin botanique». Sauf que c’est hélas un peu tard… (Pourvu qu’il ne regarde pas en page 22!)

Sur ce, pluie ou pas, je file me mettre quelques jours au vert moussu et vous pose un gros lapin. En chocolat! Rendez-vous, si tout va bien, le mardi 9 avril. D’ici là, belles Fêtes de Pâques!

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28/03/2013

Des petits couacs

Nicole se renseigne sur le site de la Confédération pour savoir comment renouveler son passeport. Ce qu’elle voit à l’écran est censé être du français. Accrochez-vous, c’est parti:

«… La condition de Requise intérêt adresse courriel personnelle juin, Qui Vous is that Vous Attribuée ous with juin Partagez personne de confiance.» Et je vous épargne les paragraphes suivants. Tout du charabia.

Le langage fédéral est rarement folichon, mais là, il rend juste ronchon! J’ai testé le site que Nicole me mettait en lien. Il fonctionnait, avec des phrases correctes. Mon interlocutrice a essayé à nouveau depuis son ordinateur, elle est retombée sur ce jargon délirant. Que faire alors? Acheter un décodeur. Un débroussailleur. Un traducteur. Ou tout laisser tomber et aller rouler les œufs. Ça détend…

Autre couac, une dame de 92 ans est restée coincée samedi dans l’ascenseur de son immeuble. Elle avait beau appuyer sur le bouton d’alarme depuis une demi-heure, personne ne venait. Et pour cause: il n’était pas relié à un service de secours! La prisonnière a fini par actionner le bracelet téléalarme qui la reliait à sa fille. C’est elle qui sonné l’alarme. Policiers et pompiers ont alors accouru, merci à eux. Pourrait mieux fonctionner, le système d’alerte!

Mauvais carnet enfin à certains banquiers de la place du Molard. Ces cols blancs n’ont pas goûté à la musique jouée hier sous leurs fenêtres par les étudiants en médecine de Porto, vêtus de noir. Ils leur ont donc balancé de la flotte dessus. Rien de tel qu’une douche froide pour calmer les ardeurs…

Bienvenue chez nous!

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27/03/2013

Partition en perdition

Autant chercher une aiguille dans une botte de foin. Mais on va la trouver, pas vrai?

On me demande votre aide pour retrouver un objet très spécial, précieux pour certains, inutile pour d’autres, qui s’est perdu dans la nature. De quoi s’agit-il? D’une partition de musique. Et pas n’importe laquelle: c’est la partition du chef d’orchestre de l’opéra "La Bohème", de Giacomo Puccini, dans une version réduite. Elle contient les lignes musicales des 18 instruments et toutes celles des chanteurs, solistes et choristes.

L’association OPERAMI a monté cet opéra en décembre dernier à l’Aula du Collège de Saussure. Un joli succès. A tel point qu’elle envisage de le redonner l’an prochain. Oui mais voilà, sans cette partition, c’est la cata!

Ce gros document s’est fait la malle quelque part entre Genève et Montreux, sans doute dans un transport en commun. C’est dire si le présent appel vise large.

A Genève, tout a déjà été tenté par les principaux intéressés pour le retrouver. Auprès des CFF, des TPG, du Bureau des objets trouvés. Rien.

La maison d’édition musicale qui leur avait vendu cet objet ne l’a plus en stock. Et le marché de l’occasion ne croule pas sous ce genre d’article.

D’où cette demande: si quelqu’un a trouvé la partition et l’utilise pour caler sa bibliothèque ou faire joli dans le salon, qu’il m’appelle! Pareil si elle a été vue on ne sait où. OPERAMI est prête à offrir une récompense pour récupérer cet instrument de travail. Qui sait, des places pour assister à La Bohème? Alors ouvrons l’œil!

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26/03/2013

Les actions de Pâques

Prendre soin de soi tout en se préoccupant des autres, c’est un bon début.

En cette période pascale, le fitness club Holmes Place, situé au 4e étage de Globus, a décidé de faire appel à la générosité de ses membres et de son personnel pour offrir quelques distractions aux enfants hospitalisés.

Chacun est encouragé à déposer un jouet sur une table prévue à cet effet. Pas une peluche déjà pelée ou un tricycle tout rafistolé: neuf, le joujou!

L’intégralité de cette collecte sera donnée à l’Hôpital des enfants qui a toujours besoin de jeux pour aider les petits patients à trouver le temps moins long. Et à s’amuser, tout simplement.

L’action se déroule jusqu’au 31 mars. A ce jour, plus de quarante jouets ont été rassemblés, c’est un bon début! Si d’autres entreprises de la place faisaient de même, les HUG pourraient envisager une ludothèque. Trop bien, non?

L’autre action de Pâques se fait en plein air. Jean-Claude me signale que le temps des morilles est bientôt là. Aussi suggère-t-il aux amateurs de prendre avec eux deux cornets pour leurs récoltes en forêt. L’un pour les champignons, l’autre pour les déchets.

L’an dernier, lui et sa femme ont récolté 502 morilles. Les veinards! Mais ils en ont aussi profité pour nettoyer la forêt. Ils ont récupéré 87 bouteilles en verre et en pet, des boîtes de sardines, un rétroviseur de voiture, une casserole, un baril de lessive et des bricoles.

«Ainsi, nous ne sommes jamais rentrés bredouilles» affirme Jean-Claude. Mais le champignonneur ne dévoilera pas pour autant les bons coins où trouver les morilles… Les déchets? On connaît déjà.

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25/03/2013

La "Muni" fait très fort

N’ayez crainte, je ne vais pas me transformer en critique musicale, ce n’est pas le propos de ce petit billet. Je voulais juste revenir sur le concert formidable donné vendredi et samedi au Grand Théâtre, à guichets fermés.

Pour lancer les festivités liées aux 150 ans de la Musique Municipale de la Ville de Genève, ses dirigeants ont vu grand. Ils ont investi la scène de Neuve pour y donner, avec l’aide de huit chorales, "Ivan le Terrible". Rien que ça!

Tout ça, plutôt: il y avait quelque chose d’extraordinairement réjouissant de voir le plateau de l’institution lyrique occupée par 300 choristes, venus de Genève et de Vaud, et 80 musiciens de la «Muni», en tenue de concert.

Eux aussi devaient sans doute savourer cet instant: se retrouver là, devant une salle comble, après tout le temps passé à préparer l’événement. Car tous ces amateurs, dans le sens le plus beau du terme, ont consacré des mois de répétition pour être en mesure de présenter au public cet oratorio de Prokofiev, extrait du film d’Eisenstein.

Un sacré défi, la musique n’étant pas des plus faciles. Les choristes ont dû apprendre à prononcer les paroles en russe, il a fallu organiser plusieurs «tuttis» réunissant 400 personnes, coordonner le tout avec les images du film passant au-dessus de la scène.

Au final, cet "Ivan le Terrible" fut épatant! Non seulement par son volume sonore, impressionnant, mais aussi par la bonne énergie qui s’en dégageait et la foule qu’il est parvenu à drainer.

Il est vrai que des billets d’entrée à 15 et à 20 francs, ça aide vite à remplir le Grand Théâtre. Et à faire découvrir au plus grand nombre ce spectacle populaire d’excellente tenue. Encore bravo!

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23/03/2013

Faut bien s'amuser

Les gens qui travaillent demandent souvent aux retraités comment ils occupent leur journée.

Jean l’explique volontiers: lui, son truc, c’est de s’amuser!

Je n’ai jamais rencontré ce plaisantin. Mais si j’en crois l’histoire qu’il m’a racontée, il semble bien que sa femme et lui ont des points communs avec le couple formé à l’écran par Huguette et Marcel dans les fameuses «Scènes de ménages». Vous voyez le genre?

La semaine dernière, ces deux-là sortent d’un magasin en ville et se cassent le nez sur un contractuel en train de verbaliser. Quelle aubaine!

Le couple s’approche de l’uniforme et de la voiture. Monsieur attaque: «Alors, pt’it con, tu peux pas laisser en paix les retraités?»

L’employé fait semblant de ne pas entendre et continue à griffonner.

Monsieur passe à la vitesse supérieure, le traitant de «sous-auxiliaire à la Stauffer». L’image m’échappe… L’homme visé le regarde avec des yeux de merlan frit et se met à rédiger un deuxième pv. Pour pneus lisses.

Madame l’insulte alors en des termes que la morale m’interdit de nommer ici. Imperturbable, il glisse le second pv sous l’essuie-glace de la voiture, et s’apprête à en rédiger un troisième.

A en croire Jean, ils ont tenu comme ça un bon moment. Plus le couple se moquait du contractuel, plus il écrivait des pv. Moralité?

«Nous, on s’en foutait, on était venu en tram!» en rit encore Jean. «A la retraite, on essaie de rigoler un peu tous les jours. C’est bon pour le moral!»

Pas sûr que le propriétaire de la voiture gaulée apprécie la plaisanterie à sa juste valeur…

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22/03/2013

Pour le don de soi

Pas dit qu’elle apprécie, Françoise, de se retrouver ainsi sous les projecteurs. D’autant qu’elle n’est pas au courant… Mais si j’en crois la personne qui m’a contactée, alors oui, ce serait bien de lui en faire la surprise.

Car cette infirmière, tout juste à la retraite, va se rendre ce matin au Centre de transfusion sanguine des HUG. Jusque-là, rien de bien extraordinaire. Sauf qu’aujourd’hui, elle offre pour la centième fois ses plaquettes!

Vous imaginez? Cent fois! Quand on sait qu’un tel acte prend environ deux heures, (le temps de se faire piquer le bras, de voir son sang partir dans une machine et d’en revenir, lesté de quelques plaquettes), c’est magnifique d’en avoir fait autant.

J’espère qu’au lieu d’un petit sandwich, on lui portera un toast. Et que l’on trinquera joyeusement à sa santé et à celle des malades qui ont bénéficié de son aide.

Si seulement cela pouvait donner des idées à d’autres…

Car ce n’est pas pour dire, mais les donneurs de sang, de plaquettes et de moelle osseuse font toujours cruellement défaut. Et je ne parle pas des donneurs d’organes.

Mais si Françoise est arrivée à trouver le temps et l’énergie d’offrir à cent reprises ses plaquettes, on devrait peut-être essayer de faire de même. Pas forcément autant. Une fois ou deux, pour commencer. Plus, si entente.

Car franchement, quand on est en bonne santé, cela ne nous coûte pas grand-chose d’aller donner un peu de soi. Même pas mal. Ou si peu.

Allez, j’y vais de ce pas. Car ce n’est pas tout de causer. Il faut aussi agir!

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21/03/2013

Emmaüs innove

La population genevoise est invitée ce vendredi 22 mars à venir partager la soupe de l’Amitié avec la Communauté des Chiffonniers d’Emmaüs Genève.

Ce rendez-vous convivial se passera à l’intérieur et autour du bâtiment sis 69, rue Ancienne. Des tentes sont ainsi dressées dans la cour, côté fontaine. C’est dire si l’on attend du monde!

Car c’est demain que sera inaugurée une nouvelle boutique qui deviendra sans doute un haut lieu de la chine genevoise. Emmaüs y mettra en vente ses plus belles pièces: tableaux, bibelots et meubles. Plus tout ce qui pourra trouver place dans ce petit espace très lumineux, repeint par deux compagnons, père et fils.

L’arcade ne remplace évidemment pas le magasin principal, situé en retrait du Rondeau de Carouge. Elle vient en plus. Comme elle est située sur un axe assez passant, elle fera office de carte de visite: les personnes qui désirent en savoir plus sur les activités d’Emmaüs trouveront là tous les renseignements voulus.

Ceux qui seront demain de la fête découvriront encore un autre aspect du travail de cette communauté: l’accueil des personnes sans ressource ni toit. A l’arrière du magasin de deuxième main se trouvent en effet deux chambres refaites à neuf, avec sanitaires, réservées à l’accueil de nuit d’urgence pour les femmes, seules ou avec enfants.

Comme cette double inauguration a lieu lors de la Journée mondiale de l’eau, le produit des ventes sera versé à l’action «Lac Nojoué», au Bénin.

Des tas de bonnes raisons pour venir déguster la soupe de l’Amitié, mitonnée par Tac Tac et son équipe!

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20/03/2013

Journée pile ou face

Il suffit de pas grand-chose parfois pour que votre journée soit ratée ou réussie.

Celle de Nathalie part plutôt mal. Lundi, vers 8 h 50, elle se rend à l’arrêt de bus de la Servette. Là, que voit-elle? Une dame allongée par terre, le visage baignant dans une flaque d’eau, immobile. Une bien triste vision, en ce matin pluvieux.

Mais ce qui la choque plus encore, c’est l’indifférence glacée des personnes alentour. Elles ne bronchent pas, ne bougent pas, semblent ne pas voir ce qui pourtant saute aux yeux: une femme évanouie à leurs pieds.

Nathalie s’agenouille vite à ses côtés pour lui parler. La blessée retrouve la parole: elle a fait un malaise. Une jeune femme blonde les rejoint, aide à relever celle qui a une énorme bosse au visage. Mieux: elle propose de l’accompagner à la pharmacie pour les premiers soins.

La dame mal en point étant entre de bonnes mains, Nathalie file, non sans avoir remercié sa blonde coéquipière. Mais le souvenir de cette indifférence face à ce qui pourrait tous nous arriver lui a filé le blues toute la journée.

Pour Marie-Jeanne, son samedi fut au contraire un jour radieux! Très handicapée, cette dame se rend à la ferme versoisienne, son magasin favori. Là, elle tombe en admiration devant de jolis petits arrangements floraux bien colorés. Tout à son enthousiasme, elle s’exclame: «Oh, j’ai besoin d’un peu de bonheur et de tendresse!»

Cette phrase joyeuse ne tombe pas dans l’oreille d’un sourd. Un couple de clients l’entend. Monsieur vient alors vers Marie-Jeanne pour lui offrir le plus bel arrangement floral. Comme ça. Pour lui faire plaisir. Et c’est si bon!

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19/03/2013

Bestiaire genevois

Trois nouvelles de nos amies les bêtes.

Les hirondelles, tout d’abord. Je vous parlais samedi de nids obstrués par des mains peu amicales à Lullier. D’après Jac, pas de quoi en faire un plat! Lui-même condamne chaque année les dix nids accrochés sous son avant-toit. Il le fait surtout pour éviter que les piafs ne s’y installent. Puis il ôte ces bouchons, début avril, quand les voyageuses reviennent d’Afrique. Pas de souci, donc: les hirondelles sont toujours attendues et espérées. Comme le printemps!

Le chat, ensuite. Olivier me signale que le haret noir et blanc des Charmilles est mort vendredi, fauché par un véhicule. Ce SDF majestueux avait ses inconditionnels dans le quartier. Mon informateur assure ne pas en être, lassé qu’il était de le voir dormir sur le toit de sa voiture. Le matou vagabond trouvait chic de faire sa sieste sur une toile de cabriolet! N’empêche. C’est bien Olivier qui s’est arrêté, rue de Lyon, de nuit, pour rendre hommage à la mascotte des Charmilles étendue sur la chaussée. Cette histoire fait office de lettre de faire-part, dira-t-il sobrement.

Le lapin, enfin. Je parle ici de la statue qui fête Pâques toute l’année à la place du Cirque. J’ai reçu cette lettre, signée «abasourdi»: «Les filles qui ont, lors de la journée des femmes, dérobé puis jeté dans le Rhône le gros lapin jaune du Café Remor, ont fait beaucoup pour l’égalité des sexes, au Panthéon de la bêtise.» Bien vu! Si ces miss regrettent de l’avoir pareillement roué de coups et balancé à la flotte, qu’elles viennent lui refaire une beauté. Car le lapin, fidèle au poste, est désormais mastiqué de partout et un brin pâlot. Un bon coup de peinture lui ferait du bien!

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18/03/2013

De l'enfer au paradis

Roger avait encore des étoiles plein les yeux en me racontant sa rencontre avec deux fées, jeudi dernier.

C’était pourtant mal parti: ce jour-là, il y avait foule à Plainpalais, tous les bénéficiaires de l’aide sociale étant invités à renouveler leur carte TPG.

Quand Roger arrive, le matin, deux longues files sont déjà formées devant les guichets. Entre 80 et 100 personnes, dira ce nonagénaire un peu chancelant sur ses jambes, malgré sa canne.

Il se prend alors à chronométrer la cadence. A ce rythme, il en pour deux heures d’attente. Debout. Mais comme il ne veut pas s’être déplacé pour rien, il se met dans la file. Et attend.

Au bout de trois quarts d’heure à piétiner sur place, il sent une petite tape sur l’épaule. Une dame lui propose gentiment d’aller s’asseoir sur un banc, au soleil. «Je vous appellerai quand ce sera votre tour!»

Il ne se fait pas prier. Cette personne est si aimable, et lui si fatigué! A peine a-t-il le temps de savourer la situation et de reposer ses jambes qu’on l’appelle. «Je verrai toujours cette jolie brune qui ouvre la porte, me pointe du doigt et dit «c’est à vous, Monsieur!»»

L’employée le fait passer devant son guichet, s’excuse auprès du client qui attendait son tour et établit rapidement le document désiré. Avec le sourire.

«En dix minutes, j’ai passé de l’enfer au paradis» se réjouit celui qui pense ne pas avoir assez remercié ses deux fées de la journée. Car tant de gentillesse et de bonté lui ont donné des ailes. «Je suis parti de là tout guilleret, d’un pas plus assuré: j’avais retrouvé la Genève que j’aime. Tout n’est donc pas perdu!»

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16/03/2013

Hirondelles sans nids

Une hirondelle ne fait pas le printemps, dit-on. Mais elle y contribue drôlement!

C’est sans doute pourquoi l’on se réjouit tant de la venue de cet oiseau qui nous annonce des jours meilleurs. Alors on guette son arrivée dans le ciel. On scrute le lieu où il se posera près un si long voyage.

C’est ce qu’a fait Jacqueline en se baladant l’autre jour dans le beau parc de l’Ecole d’horticulture de Lullier. Elle s’aperçoit alors que quatre nids d’hirondelles, posés au même endroit depuis des années, ont été obstrués. Fermés par des bouchons posés là par des mains peu amicales.

Notre promeneuse crie au sabotage. Car cela signifie que quatre hirondelles ne pourront plus nidifier à leur retour d’Afrique. Bonjour l’accueil!

Jacqueline me demande d’agir au plus vite pour déboucher ces abris. C’est gentil, mais je n’ai pas d’échelle de pompier sous la main. Et puis j’ai vite le vertige. M’est d’avis que les amis de la faune et de la flore de Lullier feront le nécessaire. Déjà qu’ils ont constaté la disparition mystérieuse d’autres nids.

Alors, à qui profite le crime?

Aux amateurs du propre en ordre? Plus de cris d’hirondelles, plus de fientes, plus d’odeurs.

Aux amateurs de mets raffinés? Un employé de Lullier m’a révélé que ces nids se mangeaient. Une délicatesse, pour les gourmets asiatiques. J’ignorais. Mais bon, nous mangeons bien des cuisses de grenouille ou des escargots, pourquoi pas des nids d’hirondelle?

Bien que ce soit plutôt ceux des martinets qui sont recherchés. Plus précisément le mucus avec lequel ils construisent leur abri. Mais je m’égare.

Vivement le retour des hirondelles!

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15/03/2013

La carte et le pneu

Vive le progrès.

Georges m’apprend que les cartes de crédit Maestro ne fonctionnent plus pour les distributeurs TPG, les parkings souterrains et les parcmètres de la République. Normal, ça fonctionnait trop bien.

Résultat: l’usager qui a envie de régler son dû autrement qu’en monnaie sonnante et trébuchante est invité à se procurer une carte spéciale. Une «carte cash». Une de plus!

En citoyen modèle, notre homme s’embarque donc sur le site de sa banque pour se procurer ce sésame. Commence à naviguer, puis à tanguer ferme, et enfin couler à pic.

Serait-ce à cause de ses connaissances limitées en informatique? A 88 ans, il aurait des excuses. Pas découragé pour un sou, il se rend au guichet de sa banque, vise une jeune personne et lui demande de l’aide. L’ordinateur ne devrait pas avoir de secrets pour elle.

La demoiselle tente sa chance. Elle finit à son tour par s’avouer vaincue: «Ça coûte 15 francs. Hélas, mon système ne me permet pas d’établir cette carte. A la Poste, peut-être? Mais c’est sans garantie.»

Georges a bâché. Il n’ira pas à la Poste, si c’est pour recommencer ce cirque. Vive le progrès, donc.

Et vive mon flair, si j’ose. Le sujet de l’encre bleue de mercredi, «Droit dans le muret» évoquait la piste cyclable de la rue de Saint-Jean qui laisse à désirer. J’apprends à l’instant que cet aménagement raté vient de recevoir le «Prix du Pneu Crevé» décerné par l’association Pro Vélo Genève à la Ville de Genève. Or, je ne savais pas qu’un tel concours existait.

Autant dire que je bois du petit-lait…

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14/03/2013

Ils passent à table

La semaine de cette femme commence par une grosse tuile. Le chauffage au sol de son appartement explose, et c’est aqua alta dans son quatre pièces genevois: toutes ses affaires et celles de son fils baignent tristement dans la flotte.

Heureusement, la régie prend vite les choses en main: le liquide est pompé et les corps de métiers sollicités pour réparer les dégâts d’eau.

Mardi midi, la locataire rentre chez elle en vitesse pour chercher son frichti. Arrivée dans son immeuble, elle voit que quatre machines sont déjà là pour enlever les parquets qui gondolent.

Extra comme les choses vont vite, se réjouit-elle en poussant la porte de son logis et en déboulant dans la cuisine. Et là, oh stupeur, que voit-elle?

Quatre gaillards confortablement installés à table. Sa table, donc. Ces messieurs mangent ses pâtes aux œufs, cuites dans sa casserole, servies dans ses assiettes et mangés à l’aide de ses couverts. Tranquilles, les gars. A l’aise.

Boucle d’Or, c’est un conte. Là, c’est la réalité!

Le silence est tombé sur ces pique-assiette, surpris la main dans le plat. Ils ne s’attendaient pas à la voir pendant le chantier. Penauds, ils étaient. Mais pas un ne s’est excusé.

Sidérée, elle n’a rien pu dire de plus que bonjour. Elle a pris son Tupperware dans le frigo, fumé une clope dans une autre pièce et filé sans piper mot.

De retour au boulot, sa mine déconfite a alerté ses collègues. Et c’est sa cheffe qui a téléphoné à la régie pour les aviser de ce truc un peu fort de café.

Espérons que la régie fera un geste pour cette locataire. En la relogeant, par exemple, pendant la durée des travaux. Ce serait la moindre, pas vrai?

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13/03/2013

Droit dans le muret

Parler vélo en plein Salon de l’auto, ce serait pas un peu ballot?

Pas vraiment. Je voulais revenir sur la piste cyclable de la rue de Saint-Jean qui fait jaser. Avant les travaux, elle existait tant bien que mal. Depuis les travaux, elle n’existe plus.

Les travaux? Il y avait autrefois, juste avant les Délices, un trottoir construit en encorbellement au-dessus des voies CFF. Ses armatures étant corrodées, il a fallu les changer. D’où la démolition, puis la reconstruction de l’ouvrage.

Cyclistes et automobilistes ont fait ménage commun forcé sur la chaussée pendant la durée du chantier, qui a pris des plombes. Pour quel résultat?

Le nouvel ouvrage est moins large qu’avant. La piste cyclable a disparu. Et un muret a poussé le long du trottoir situé en face du virage, pour ceux qui viennent du pont Sous-Terre.

Il est placé de telle façon qu’il coupe l’élan de ceux qui grimpent à la force du mollet. Il les oblige à redescendre un peu la rue de Saint-Jean pour l’aborder et continuer leur montée à l’abri des voitures. Les cyclistes pestent devant ce truc tout sauf pratique.

Ils ne devraient pas. Pester, donc. Car ce muret n’est pas conçu pour eux. C’est avant tout un dispositif de retenue des véhicules!

La bande de béton se dresse là pour éviter qu’en cas de choc frontal, les voitures n’atterrissent sur les voies CFF. C’est tout. Tant mieux si elle peut aussi améliorer la sécurité des usagers du trottoir, piétons et cyclistes confondus.

Ne reste donc plus qu’à attendre un marquage provisoire qui dira enfin aux deux-roues où rouler. Cela sera fait au printemps. Après le Salon de l’auto.

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12/03/2013

Pauvres pigeons

Que nous ont-ils faits, ces oiseaux, pour mériter pareil traitement?

Je me demande bien pourquoi la langue française les dénigre tant, elle qui utilise le nom de ces volatiles gris, aux allures pataudes, pour parler des victimes du système. De tous les grugés, les dupés, les plumés de la terre.

«On n’est pas des pigeons» revendique à la télévision belge l’émission de consommation dénonçant les arnaques. Les Français ont leur mouvement des Pigeons rassemblant des entrepreneurs fâchés par la réforme de la fiscalité.

Samedi, le recours à cette image m’a frappée à deux reprises. «Pigeons», titre sobrement un confrère du Matin pour parler des exposants et journalistes, venus couvrir le Salon de l’auto, et qui ont payé des chambres d’hôtel à des prix totalement surfaits. Jusqu’à 2000 francs la nuit. Notez que les pigeons, les vrais, logent au moins à l’œil.

«Faites passer le message afin que d’autres personnes ne se fassent pas pigeonner», me signale encore Marlyse, en dénonçant la dernière tromperie en date à Onex. Une femme sonne à sa porte et lui demande de l’aide. Cette prétendue étudiante à Aigues-Vertes est en panne de voiture et n’a pas d’argent pour rentrer chez elle. Elle voudrait 18 francs. Marlyse n’a rien donné.

Mais une amie à elle est tombée dans le panneau. Sauf que la jeune fille demande cette fois-ci 16 fr. 20 pour la dépanner. L’amie a pris de nom de la demoiselle qui avait promis de lui rendre son prêt. Elle ne l’a pas revue.

«Pigeon». «Pigeonner». Ces oiseaux méritent tout de même meilleure considération. A quand l’éloge des pigeons voyageurs?

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11/03/2013

Le grand basculement

Pour certains téléspectateurs genevois, il y a eu l’avant et l’après 20 février.

Ce jour-là, c’était un mercredi, les abonnés Naxoo ont vu leurs émissions préférées disparaître de leur écran. Le grand vide. Le méchant flou.

Certes, ils n’ont pas été pris par surprise. Depuis un mois, un bandeau rouge défilait sous leurs yeux pour expliquer le chambardement à venir. Le grand basculement. Et paf, il était là!

Ne me demandez pas de résumer le pourquoi du comment. Le boss de Naxoo a bien essayé de me faire un dessin, me parlant des chaînes que l’on envoyait dans les tuyaux, du besoin d’y libérer de la place, d’abandon de la TNT au profit de la DVB-C. J’avoue, j’ai pas tout compris. Mais à l’entendre, un tel basculement s’imposait. Soit!

Mais voilà, nous ne sommes pas tous égaux, face à la technologie.

Il y a ceux qui maîtrisent et qui ont fait les manipulations nécessaires les yeux fermés. Tant mieux pour eux.

Et il y a les autres! Tous ceux qui se sont sentis largués. D’après la direction de Naxoo, la centrale téléphonique a reçu en quatre jours plus de 9000 appels de clients perdus demandant de l’aide. D’autres sont venus au «shop».

Des personnes âgées, principalement. Dont Arnold. Après les explications reçues, il a compris qu’il devrait se débrouiller seul, mais qu’il n’y arriverait pas. Et c’est bien ce qui le fâche: combien de téléspectateurs en rade ont été obligés, comme lui, de passer par un spécialiste pour relancer la programmation des chaînes? Ça fait certes le beurre des techniciens. Pas le sien!

Seule consolation, si c’en est une: il semblerait que cette technologie soit bonne pour une dizaine d’années…

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09/03/2013

Un sou, c'est tout

Il y a des jours où l’on se pince très fort pour se persuader qu’on ne rêve pas. Tout semble si absurde.

Un jeune citoyen s’est donc pincé grave en recevant, à mi-décembre, un courrier de l’Hôtel des finances. L’administration lui présente sa situation fiscale 2011 en un coup d’œil. Vite vu: il lui reste à payer… un sou!

Un total de cinq centimes, sonnants et trébuchants, à payer avant le tant. Veuillez utiliser le bulletin BVR joint à ce courrier. Voilà, ce n’est pas un gag, j’ai le document sous les yeux.

Le coup du sou étonne en haut lieu. Il y a eu bug, pas possible autrement. Bonne nouvelle: le contribuable pincé n’a pas à payer le montant réclamé, même si le bordereau comporte un bulletin. Il n’a pas à craindre non plus les foudres du fisc.

Car pour les rappels ou sommations de paiement, l’administration a fixé un seuil minimum à dix francs pour ces envois générés par le système informatique. Pour éviter, justement, ce genre d’absurdité. Ouf, on respire!

Jean-Christophe a aussi soupiré d’aise après quelques échanges tendus avec Orange. L’opérateur lui avait en effet facturé ses 48 SMS de bons vœux, envoyés le 1er janvier, au tarif MMS. Bien plus chers, évidemment.

Le jeune homme avait réglé au plus vite la facture, sans trop réfléchir. Mais en la regardant de plus près, il découvre le pot aux roses. Orange lui affirme alors qu’il a fait une mauvaise manipulation lors de l’envoi des SMS et qu’il ne sera pas remboursé. Le client insiste. Lourdement. Et l’opérateur fait marche arrière. «Exceptionnellement», il fait un geste en créditant le montant contesté sur sa facture de février. Bien vu!

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08/03/2013

Femmes du jour

Aujourd’hui, on nous aime. Nous, les femmes!

La déclaration d’amour des artisans boulangers-confiseurs de Genève à nous autres femmes a paru en pleine page dans la Julie d’hier. En rose vif. Et avec des cœurs tout partout. Waouh!

Paraît qu’en ce vendredi 8 mars, ils nous offriront une surprise à déguster chez eux. Alors là, mes sœurs, je vous le dis, tant pis pour nos rondeurs: on ne va pas de priver d’une telle gâterie. C’est si rare…

Car les commerces nous font peu de cadeaux. Pire. Ils nous font souvent payer plus que les messieurs

A la teinturerie, par exemple, le nettoyage d’une chemise de femme coûte plus cher que celle d’un homme.

Pareil chez le coiffeur. En moyenne, Madame débourse trente francs de plus que Monsieur pour une coupe. Même à la garçonne.

Côté épilation, l’inégalité demeure. Les rasoirs pour les jambes féminines sont plus onéreux que ceux pour les moustachus. Les lames sont pourtant pareilles.

Au rayon parfumerie, les parfums ciblés elle ou lui ne se vendent pas aux mêmes tarifs. Au rayon des habits aussi. Pourquoi une telle différence de prix entre de simples chaussettes?

La faute aux taxes douanières. Elles ne sont pas semblables, selon que les vêtements sont destinés aux hommes ou aux femmes. Dingue, non?

Même pour se soulager dans les toilettes publiques, les filles payent le double des garçons. Est-ce bien juste?

Tout ça alors que nous avons en moyenne un salaire de 20% inférieur à celui de nos compagnons mâles. Il serait temps de ça change. Surtout si on nous aime…

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07/03/2013

Le temps du Salon

Des esprits taquins m’ont passablement charrié d’avoir parlé du redoux mardi, le jour où il faisait à nouveau frisquet. Faudrait peut-être que j’évite de causer météo, le temps tourne si vite…

N’empêche. Ces moqueurs ont-ils fait un tour du côté des quais pour y prendre la température? Moi si. Et je peux leur dire qu’elle a drôlement grimpé. Les marchands de glaces pistache noisette sont de retour!

Les terrasses ont fait leur apparition, à peine les tas de neige disparus. Les chaises sont désormais bien alignées dans ce décor de carte postale, les parasols prêts à s’ouvrir au premier rayon de soleil. (Oui je sais, d’après les prévisions météo, il pleut aujourd’hui!) Le fond de l’air se réchauffe, j’avais donc pas tout faux.

Même le lac de Joux, entièrement gelé, vient d’être déclaré non fréquentable. A cause du redoux, justement. Les Genevois qui n’ont pas profité des six jours pendant lesquels l’on pouvait marcher sur la glace devront patienter avant de pouvoir aller glisser là-haut.

Et de la patience, ils vont en avoir sacrément besoin dès aujourd’hui: c’est le début du Salon de l’auto.

Il fut un temps où son ouverture coïncidait avec le retour du Jet d’eau, après une longue hibernation. Ça faisait plaisir. Mais ce repère a disparu. Ne restent que ces signes qui ne trompent pas: un afflux en ville de grosses voitures venues d’ailleurs, de petites aussi, qui toutes viennent se glisser dans une circulation déjà saturée. Alors ça bouchonne et ça ronchonne.

Mais je ne vais pas râler, vous pensez. J’irai à pieds. Ce sera toujours plus rapide qu’en bolide.

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