30/04/2013

Comment faire envie

T’as remarqué, Julie, la tête qu’ils font? Non mais, vise un peu!

L’ami de Dardagny me montre des canards en papier glacé. Ceux que je feuillette parfois dans la salle d’attente du dentiste. Sauf que là-bas, j’ai tant les chocottes que j’y vois rien. Là, tranquille au bureau, je zieute enfin ces revues de mode. Je fais un métier formidable.

Il a raison, le collègue: les mannequins n’esquissent pas le moindre sourire. Vous pensez, ça leur ferait mal!

Les grandes tiges affichent un regard détaché, fatigué, limite méchant. Elles ont la dalle, c’est sûr. Ou elles boudent. C’est un genre!

Du côté des messieurs, ce n’est pas mieux, coincés qu’ils sont dans leurs tenues rétrécies au lavage. Les pauvres semblent à la peine, un zeste minés.

Et après ça, il faudrait avoir envie de les imiter? D’acheter ce qu’ils portent? A ces prix-là? Pas folle, la guêpe!

A ces revues hors sol, mon voisin de rubrique préfère les catalogues bien de chez nous. Ceux des firmes de vente par correspondance de Suisse profonde. Très profonde, même.

On y voit des gars costauds en habit de travail maniant la pelle ou la pioche. Les mains parfois dans le cambouis. Les dames portent de seyantes salopettes et soulèvent l’arrosoir pour abreuver d’eau pure les jolies fleurs.

Tout est calme, simplicité et volupté. Tous ont bonne mine, le sourire radieux.

Pas follement glamour, ces clichés de Suisse profonde. Mais ils donnent envie d’acheter les produits ainsi mis en avant. Et c’est un peu le but, non?<

Au milieu de tout ça, j’ai oublié de demander à l’ami du troisième pourquoi il trimballait encore les canards glacés…

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