30/04/2013

Comment faire envie

T’as remarqué, Julie, la tête qu’ils font? Non mais, vise un peu!

L’ami de Dardagny me montre des canards en papier glacé. Ceux que je feuillette parfois dans la salle d’attente du dentiste. Sauf que là-bas, j’ai tant les chocottes que j’y vois rien. Là, tranquille au bureau, je zieute enfin ces revues de mode. Je fais un métier formidable.

Il a raison, le collègue: les mannequins n’esquissent pas le moindre sourire. Vous pensez, ça leur ferait mal!

Les grandes tiges affichent un regard détaché, fatigué, limite méchant. Elles ont la dalle, c’est sûr. Ou elles boudent. C’est un genre!

Du côté des messieurs, ce n’est pas mieux, coincés qu’ils sont dans leurs tenues rétrécies au lavage. Les pauvres semblent à la peine, un zeste minés.

Et après ça, il faudrait avoir envie de les imiter? D’acheter ce qu’ils portent? A ces prix-là? Pas folle, la guêpe!

A ces revues hors sol, mon voisin de rubrique préfère les catalogues bien de chez nous. Ceux des firmes de vente par correspondance de Suisse profonde. Très profonde, même.

On y voit des gars costauds en habit de travail maniant la pelle ou la pioche. Les mains parfois dans le cambouis. Les dames portent de seyantes salopettes et soulèvent l’arrosoir pour abreuver d’eau pure les jolies fleurs.

Tout est calme, simplicité et volupté. Tous ont bonne mine, le sourire radieux.

Pas follement glamour, ces clichés de Suisse profonde. Mais ils donnent envie d’acheter les produits ainsi mis en avant. Et c’est un peu le but, non?<

Au milieu de tout ça, j’ai oublié de demander à l’ami du troisième pourquoi il trimballait encore les canards glacés…

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29/04/2013

Dimanche matin

Dimanche, je me suis rendue de bon matin à la turbine pour venir vous livrer ma petite encre fraîche du jour.

Le soleil ayant osé une percée, j’ai eu le temps de faire ma trotte au sec. Et d’apprécier ce moment particulier: une ville qui se réveille, un jour de congé.

Pas un chat dans les rues. Juste un coq qui s’égosille au loin. Libérées du trafic, les artères semblent soudain plus généreuses, les espaces alentours plus grands et ouverts, les arbres plus remarquables. Un calme curieux règne sur l’ensemble.

«Il y a moins de bruit et ça s’entend» clament les affiches de la Ville de Genève, croisées en chemin. Sauf qu’en ce dimanche matin, ce n’est pas le revêtement phono absorbant de la chaussée qui explique ce silence relatif. Mais bien l’absence de voitures et de motos, avec leur cortège de klaxons et de pets d’échappement.

Tout est calme, jusqu’au croisement d’une troupe de fêtards sur le retour. De grands ados aux paupières lourdes, canettes en main et rires fatigués.

Un peu plus loin, des cyclistes se sont donné rendez-vous pour une grande virée. J’entends parler du col du Mollendruz. Bonjour la grimpette…

Non loin de là, les dealers arpentent le macadam tandis que des taiseux, accoudés à la balustrade, laissent leur fil de pêche s’étirer dans le Rhône. Ça mord?

Et tandis que je les regarde pêcher, je me prends les pieds dans un tas de bouteilles éventrées, gobelets renversés et paquets chiffonnés. Plus tout le reste. De bien tristes lendemains d’hier.

Le monde appartient à ceux qui se lèvent tôt. Parfois, j’en doute…

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27/04/2013

"Tous en choeur"

Chanter, c’est bon pour la santé!

Ça fait un bien fou tout partout, et ça ne coûte rien. De nos jours, c’est plutôt une bonne nouvelle, non?

Vous et moi pouvons le faire avec trois fois rien: des cordes vocales, du souffle et un brin d’envie. A partir de là, à nous la belle vie!

On peut chanter seul, c’est déjà bien. Mais chanter en groupe, je ne vous dis pas: ça donne une pêche d’enfer. Pour tester la chose en grand, sortez vos agendas et cochez les dates des 17, 18 et 20 juin, à 19 h 30. Il y a répétitions. Ouvertes à ceux qui aiment chanter.

Le Grand Théâtre de Genève nous invite à venir répéter quatre chœurs d’opéras célèbres en vue d’une unique représentation qui sera donnée lors de la Fête de la musique, le samedi 22 juin.

Au programme de cette opération «Tous en chœur», du beau, du lourd! Trois extraits des œuvres de Verdi: le chœur des Hébreux (Nabucco), le chœur des gitans (Trouvère) et Brindisi (La Traviata). Plus un extrait de la Carmen de Bizet.

Quand je vous disais que c’était du costaud! Du qui fait envie… Inutile de jouer les complexés: cette fois-ci, nous pouvons tous chanter à l’opéra, quel que soit notre niveau de chant, que l’on fasse ou non partie d’une chorale, que l’on sache ou non lire la musique.

Il suffit juste de s’inscrire par e-mail à choeur@geneveopera.ch. Ou par courrier, à l’adresse du Grand Théâtre, mention administration des chœurs. Les partitions sont téléchargeables sur le site www.geneveopera.com

Je sens que je vais rôder tout ça sous la douche en chantant à tue-tête «Va, pen-sie-ro, sull’a-li do-ra-te». Les voisins sont avertis!

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26/04/2013

Prestation imposée

Il y a des pratiques commerciales qui agacent prodigieusement les clients. Pour autant qu’ils s’en aperçoivent, ce qui n’est toujours le cas…

Jean-Claude a vite monté les tours devant le courrier du Touring Club Suisse (TCS). La raison? En tant que fidèle client de cette société (notez qu’ils doivent être des milliers dans son cas), il a bénéficié pendant une année d’une assurance complémentaire «frais de guérison hors d’Europe».

C’était cadeau! Très bien, merci. Mais il n’en avait pas besoin.

Or, l’«information contractuelle importante» qu’il reçoit lui dit, en gros: vous avez profité d’une protection supplémentaire gratuite. Désormais, elle est payante. Si vous y renoncez, vous devez nous le signaler par écrit.

Ben voyons. C’est le monde à l’envers! En général, le client signe pour donner son accord. Pas pour signaler qu’il n’est pas d’accord. Car s’il laisse filer les jours, s’il ne répond pas, il passera à la caisse pour une prestation qu’il n’a pas expressément demandée.

Et ce n’est pas correct. La Fédération des consommateurs le précise d’ailleurs: pour qu’il y ait contrat, il faut un accord réciproque sur les points essentiels. Accepter un produit parce qu’il est gratuit est une chose, le faire quand il devient payant en est une autre et devrait obtenir l’accord du consommateur.

Jean-Claude a écrit au TCS pour dénoncer cette pratique. Et la société l’a contacté pour dire qu’elle tiendrait compte de ses remarques. Tant mieux!

En attendant, je me demande combien de clients vont se retrouver à payer 45 francs de plus, sans l’avoir voulu, et sans voyager hors d’Europe...

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25/04/2013

Un temps d'adaptation

J’adore cet entre-deux présent.

Ces jours où l’on sent un certain flottement dans l’air. Une hésitation. Le temps n’est plus froid comme avant, mais pas encore chaud comme après. La nature elle-même se tâte. Sortir tout d’un coup ou patienter un peu avant de déployer toutes ses splendeurs? Ce temps d’adaptation à la nouvelle saison est toujours un poème.

A l’évidence, nous ne sommes pas tous égaux devant ces changements. Ou pressés de la même manière de passer du côté du beau. Certains diront que c’est normal, vu les températures qui jouent au yo-yo. Dans ces conditions, comment s’habiller?

Il suffit de regarder autour de soi. Les tenues témoignent d’un certain état d’esprit. Il y a ceux qui regrettent hiver et ceux qui aspirent à l’été.

Mercredi, je me suis posée à midi sur un banc pour regarder passer les gens. Je ne vais pas vous dire que j’ai vu des passants en doudounes. Mais pas loin! Dans le défilé, j’ai repéré les écharpes en laine sur des manteaux épais, des bottes fourrées, des capuches douillettes, des impers doublés, des gants.

Et se faufilant au milieu de ces emmitouflés, des filles aux épaules, jambes et pieds nus, des tenues légères. Très très courtes, les jupes, et puis des petites chemises ouvertes au vent, des sandales et des bermudas.

J’étais plongée dans ces réflexions quand soudain deux agents de police ont passé sous mon nez. Rollers aux pieds, mollets à l’air, sourire aux lèvres.

Quand les poulets descendent ainsi dans la rue pour se rapprocher de nous, il n’y a plus d’hésitation possible: on va vers le beau!

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24/04/2013

Hirondelles et martinets

Il guettait leur arrivée depuis des jours. Et hier, au saut du lit, Fausto a bondi sur son téléphone pour m’annoncer la bonne nouvelle: «Ça y est, elles sont là. Je viens de les voir, il y en a plein le ciel au-dessus des Grottes!»

Qui donc? Les hirondelles, bien sûr.

En fait, ce sont des martinets noirs. Mais ces oiseaux annoncent tous la même chose: le retour des beaux jours. C’est sans doute pourquoi leur vue nous rend si guilleret. Leur ballet aérien, gracile et joyeux, suffit déjà à nous faire tourner la tête.

Au centre ornithologique genevois, l’arrivée des grands voyageurs est confirmée par Patrick. Son œil expert a déjà repéré, il y a plusieurs jours, les hirondelles rustiques. Les martinets ont quant à eux atterri en nombre dès vendredi dernier, vers Chambésy.

Ce jour-là, cet homme, qui en a pourtant vu d’autres, a poussé un retentissant «yahou!» de bonheur et versé une petite larme. Tellement c’est émouvant de les voir débarquer. D’imaginer les milliers de kilomètres parcourus pour venir se reproduire chez nous, comme toujours.

C’est qu’elles sont fidèles, ces petites bêtes. A leur partenaire. A leur nid. Comment le sait-on? En les baguant. C’est ainsi, m’a dit Patrick, que l’on a pu observer le même couple revenir au même endroit 18 ans de suite!

Le gros des troupes de martinets arrivera dans nos régions d’ici la fin du mois. Pour les hirondelles, ce sera au cours de la première quinzaine de mai. Tout ce petit peuple des airs devrait pouvoir trouver refuge chez nous, pas vrai?

Alors s’il vous plaît, ne déguillez pas ses petits nids d’amour! Ils sont bien trop rares…

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23/04/2013

Lapin dans le viseur

Tout se pique, dans cette République!

Je ne vous parle pas ici des vélos, sacs à main, téléphones, portefeuilles, bijoux et autres grands classiques de la fauche. Je pense à un objet peu banal.

Le lapin du Remor, par exemple. Figurez-vous que c’est la deuxième fois ce printemps qu’on le kidnappe. A se demander quelle mouche les pique de s’attaquer à pareille chose! Parce que dans le genre encombrant, on ne fait pas mieux: la statue jaune vif mesure tout de même deux mètres de haut, comme son frère (ou son cousin?) posté sur la terrasse, place du Cirque.

En mars, lors du premier enlèvement, le lapin avait fini dans le Rhône et mal en point. Repêché, remastiqué, repeint, il était comme neuf, à Pâques.

Et ce samedi, rebelote! En fermant son établissement, Antoine Remor constate que sa mascotte ne monte plus la garde, boulevard Georges Favon. Où la chercher? Il retourne sur les «lieux du crime». Sait-on jamais? Bien vu: place des Volontaires, l’animal joue les vedettes au milieu d’admirateurs.Il n’y est pourtant pas venu à pinces!

Cette fois-ci, le lapin n’est pas passé au jus. Ni à la casserole. Mais lundi, il a fini attaché à un poteau du Remor. Avec une grosse visse dans la queue, reliée à une chaîne et à un cadenas. Dommage. C’est triste et moche, pareil attirail. Mais comment faire autrement?

Au Chat Gourmand de la rue Jean-Violette, ce n’est pas le matou qui s’est envolé du seuil du restaurant, mais un grand palmier. Il ne sera pas remboursé par les assurances. Donc pas remplacé.

Pas étonnant que les exploitants ne fassent bientôt plus l’effort de décorer leur terrasse si tout se pique, dans cette République…

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22/04/2013

Avril, le mois du fil

Avril, n’ôte pas un fil!

On s’en voudrait de contrarier les anciens, surtout après un week-end pareil…

Sage et prudente, Carouge n’ôte pas un fil. Elle en rajoute. C’est vite vu, elle en met partout!

C’est que la ville a choisi de vivre son traditionnel Printemps carougeois autour du fil. Un thème inspirant qui se prête à tous les jeux de mots ou les jeux de mains, qui n’ont rien de vilain.

Dix jours durant, ce fil rouge se déroule dans les librairies, le temple, la piscine ou le cinéma Bio. Il s’étire des Halles de la Fonderie jusque dans les ateliers d’artisans, passe par la Bibliothèque municipale. Même les volets de la Maison Delafontaine en sont recouverts. Ces tissus rouges, jaunes et bleus ont d’ailleurs été crochetés par des petites ou grandes mains carougeoises.

A dire vrai, j’ignore si des messieurs ont participé aux «apéros crochet» qui ont animé la cité sarde ces derniers temps. Mais pourquoi pas? Ça devait être sympa de faire pareil ouvrage en compagnie de l’artiste Carol Hummel. En tout cas, les crocheteurs n’ont pas chômé: leurs carrés en gros fil ont aussi servi à envelopper les fontaines des tours de Carouge.

C’est pourquoi ces chanterelles en béton ont si joyeuse mine, depuis ce week-end. Mieux, elles font de l’œil aux passants, qui en sont fort aise. Il est des installations artistiques plus accessibles que d’autres!

Et comment se nomme le programme de cette manifestation, à suivre jusqu’au 28 avril? «I fil good»!

www.printemps-carougeois.ch; 022 307 89 75

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20/04/2013

Le bouton du lait

Maria m’a envoyé toute une tartine à propos de petit-déjeuner.

Elle prend parfois ce repas du lever, en famille, chez Ikea. Pourquoi pas? L’avantage, semble-t-il, c’est son prix. Il défie toute concurrence: on peut avoir un croissant, un petit pain, une tranche de fromage, du beurre, de la confiture, plus une boisson chaude à volonté. Le tout pour 1.50 francs. Rien à dire!

Sauf que depuis peu, les enfants n’ont plus droit à cette formule, déplore Maria. Il n’y a plus de lait chaud à disposition. Donc plus de boisson chocolatée pour ses trois filles. Elle doit l’acheter en plus, ce qui double ses dépenses. Et ce n’est pas le but.

Comment l’expliquer? C’est tout simplement la fin d’une exception genevoise, me dit-on du côté d’Ikea.

Partout ailleurs, dans ses cafétérias, les machines à café ne fournissent pas de lait chaud. A Vernier, la chose était encore possible grâce à un bouton que l’on pressait pour agrémenter d’un nuage lacté les cafés et les thés.

Certains ont pressé bien plus que d’autres. Et plus longtemps. Pour se faire des chocolats chauds. Or, cela n’a jamais fait partie de l’offre, précise la maison, qui a décidé de supprimer ce bouton. D’où frustration.

Les filles de Maria pourront toujours profiter du petit-déjeuner à prix cassé si elles boivent du thé. Mais il faudra faire vite: la gratuité du stationnement chez Ikea est passée de 30 à 20 minutes.

Le géant suédois se défend de vouloir faire ainsi de petites économies. Car partout ailleurs, ses parkings sont gratuits. Ici, c’est le canton qui a demandé à ce qu’il soit payant. Ne me demandez pas pourquoi, c’est comme ça.

Encore une exception genevoise. On s’en passerait bien.

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19/04/2013

Soirée mémorable

On n’a pas tous les jours 18 ans!

Pour marquer son passage à l’âge adulte, Diana ne compte pas faire la grosse nouba. Une soirée avec sa meilleure amie et les deux «petits amis» respectifs fera l’affaire.

Ils veulent aller danser et s’amuser. Faire la fête, quoi! Pour ça, rien de tel que le By-Pass, pense-t-elle.

Les quatre se mettent donc sur leur 31 pour cette sortie mémorable. Les mimis sont jolies comme des cœurs: elles se sont coiffées, maquillées, pomponnées comme on peut le faire à cet âge. La totale! Les garçons ne sont pas en reste, avec leur polo «sport chic» et des pantalons élégants.

Tout pimpants et joyeux, ils arrivent à l’entrée de la boîte. Le sélectionneur de piquet jauge les quatre tourtereaux. Son verdict tombe: il ne peut pas les laisser entrer.

Alors ça, c’est la meilleure! Car ils ont tout juste, dans leur tenue de soirée. Faut croire que non: le censeur pointe du doigt les chaussures d’un des deux jeunes hommes. Elles feraient tache. Bien qu’elles soient neuves, cirées, assorties au pantalon noir.

A moins que le problème ne se situe pas au niveau des chaussures, mais bien 175 centimètres au-dessus. A la hauteur du visage du garçon, couleur «café au lait». C’est à ce niveau que ça coince?

Mais Julie, tu n’y penses pas, voyons! On ne juge plus les gens sur ce critère. A Genève, en plus. Et pourtant…

La fête est tombée à l’eau, tout comme les illusions de ces jeunes éduqués dans des valeurs de tolérance et d’acceptation des différences.

Joyeux anniversaire, Diana, et bienvenue dans le monde des adultes.

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18/04/2013

Marcher, c'est le pied

Mais qu’ont-ils tous à vouloir nous faire marcher? Dans la Julie d’hier, deux articles étaient au coude à coude pour vanter les mérites de cette activité.

«Marcher, c’est sain et bon pour les rencontres» affirme la coordinatrice de GenèveRando. Le faire «d’un bon pas, dix minutes à la fois» est recommandé du côté de Cité Seniors.

Est-ce à dire que l’on ne marche pas assez? Et si oui, pourquoi? Parce que franchement, ce n’est pas bien sorcier de poser un pied devant l’autre et de recommencer.

Certes, il faut pour cela avoir l’usage de ses jambes, ce qui n’est pas donné à tout le monde. Mais pour la plupart des gens, fastoche. Suffit d’enfiler ses souliers et d’y aller.

Et c’est là que ça coince, semble-t-il. Car il y a les allergiques à l’effort. Ceux qui n’aiment pas, qui ont peur. Ceux qui préfèrent prendre leur voiture ou les TPG au lieu de faire quelques pas en ville. S’ils savaient ce qu’ils ratent!

Car la marche aiguise les sens. Elle développe l’ouïe, l’odorat. Elle donne une autre dimension au temps, se pratique seul ou en bonne compagnie. Et puis elle nous mène toujours quelque part!

La marche se prête aussi à l’arrêt. A la contemplation. Pour mieux regarder la fillette à robe orange qui tient des fleurs de la même couleur dans ses bras, le Rhône qui coule, l’arc-en-ciel dans le Jet d’eau, la courbe d’une ombre sur le sol.

Ne pas vouloir ainsi cheminer, c’est renoncer volontairement à ces petits plaisirs. Aux surprises. Aux rencontres. A ce qui fait la vie. Dommage.

Alors marchons. car c’est définitivement le pied!

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17/04/2013

Le courrier du terrier

J’ai reçu un courrier signé «Winston» qui sort de l’ordinaire. Imaginez plutôt, c’est un chien qui l’a écrit!

Winston, si j’en crois sa description, est un joli petit terrier blanc doté d’un bon caractère. Gai comme un pinson, il adore les gosses et sa compagnie ravit tout le monde.

Tout le monde, sauf Quenzo, un grand et beau berger allemand qui règne du côté d’Anières. Il paraît que ce fier congénère, un poil brutal, l’a déjà attaqué et mordu sévèrement à deux reprises.

J’avoue qu’il m’est difficile de vérifier l’info, à moins d’aller sur place papouiller le terrier. Mais je le crois sur parole: un chien savant, vous pensez!

En résumé, me dit Winston, ça ne peut plus durer. Or, malgré les démarches entreprises par les humains chez qui il vit, malgré toutes les précautions prises, le Quenzo en question persiste.

Et il a la dent dure! Pas seulement contre lui, hélas.

Que faire, me demande mon correspondant, pour ne pas avoir la trouille dès que je pointe mon museau dehors?

Mais je n’en sais rien! Peut-être passer un message au propriétaire du chien, lui demandant de raisonner le rebelle? Déjà fait. S’adresser aux autorités vétérinaires compétentes? Pareil. Changer la promenade, ou l’horaire de sortie? Ça ne sert à rien.

Quelqu’un aurait-il un conseil à donner à Winston, pour que sa vie ne soit plus ainsi empoisonnée?

Sur ce, le terrier me colle une grosse lèche sur les deux joues et me lance un joyeux «Wouaf». Ce n’est pas tous les jours qu’on m’en fait autant!

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16/04/2013

La bonne température

Oh que c’est bon, ce soleil!

Depuis qu’il fait mine de s’installer (au moins jusqu’à jeudi), on retrouve avec plaisir son odeur particulière, la sensation de chaud sur sa peau.Du coup les tenues s’allègent, la sève monte. Le moral aussi.

Aussi étrange que cela puisse paraître, l’effet de cette hausse des températures se mesure jusqu’au cimetière des Rois. Lundi, à la pause de midi, deux amoureux se bécotaient ainsi, couchés dans l’herbe, à deux pas de la tombe de Calvin. C’est dire si les temps changent…

Avec l’arrivée du beau m’est parvenue une autre bonne nouvelle: la collecte de jouets neufs réalisée par le Fitness Holmes Place, juste avant Pâques, a fait un tabac. Plus de cent cadeaux ont ainsi été remis la semaine dernière à l’Hôpital des enfants de Genève, pour le plus grand bonheur des petits malades et de leur entourage.

A ce propos, une grand-maman, m’avait suggéré que l’on glisse aussi dans la collecte de jouets quelques thermomètres auriculaires, si pratiques d’usage.

Pourquoi donc? Lors du séjour de sa petite-fille, elle avait appris de la bouche du personnel soignant que l’hôpital n’avait pas les moyens de s’offrir de tels outils de travail. Et ça lui semblait bien dommage.

Qu’elle se rassure! Si la température se prend effectivement chez les enfants avec un thermomètre digital classique, c’est bien parce qu’il est plus fiable que le modèle auriculaire. Ce n’est pas moi qui le dis, mais les spécialistes des HUG, sur la base d’études et d’observations. Alors…

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15/04/2013

Donner de son temps

Descendre en ville avec sa voiture, c’était déjà pour elle toute une expédition. Cette dame de 87 ans l’a pourtant fait! Puis a trottiné jusqu’à la rédaction pour me donner une feuille où elle avait rédigé le message à faire passer.

Jacqueline ne veut pas parler d’elle, bien sûr. Elle est la discrétion même. Si cette grand-maman s’est donné la peine de se déplacer ici, c’est pour témoigner: oui, la jeunesse d’aujourd’hui est belle, généreuse et enthousiaste. Malgré tout ce qu’on veut bien dire.

La preuve? Sa petite-fille et ses amis! Elle ne me dévoilera pas le prénom de la demoiselle, afin de ne pas la gêner. Et d’ailleurs pourquoi donner son identité et pas celle de tous les autres participants à ce voyage humanitaire?

Qui sont donc ces jeunes qui méritent tant d’attention? Une vingtaine de copains de Lully et de Confignon, partis dernièrement au Bénin pour apporter du matériel patiemment collecté par leurs soins. «Toutes des choses utiles et nécessaires pour les gens de là-bas» précise la grand-mère.

Ce n’est pas le premier voyage de ce type entrepris par le groupe genevois, en concertation avec des ONG travaillant sur place. Il y a deux ans, il s’est rendu au Ghana. L’an prochain, ce sera à Madagascar. Des pays où Jacqueline n’ira jamais, mais qu’elle apprend à mieux connaître grâce à l’engagement de sa petite-fille et de ses camarades.

«Ils vivent une expérience extraordinaire!» dit-elle encore, toute en admiration devant ces jeunes

Je lui laisse le mot de la fin. Celui qui était écrit à la main sur sa petite feuille: «Bravo à tous qui avez donné une partie de votre temps pour améliorer le sort de plus démunis que nous.»

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12/04/2013

Les quilles de Bellevue

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Ils étaient grands, ils étaient beaux. Leur couronne majestueuse portait loin à la ronde. Eh bien c’est terminé!

Une quinzaine de chênes situés le long du bien nommé chemin de la Chênaie, à Bellevue, ne sont plus que l’ombre d’eux-mêmes. Savez-vous à quoi ils en sont réduits, aujourd’hui? A des quilles!

En février, des tronçonneuses mal inspirées ont tranché dans le vif. Elagué toutes les branches et coupé les têtes au carré. Un vrai massacre.

Ne restent que des hauts troncs tout nus. Dans le jargon forestier on appelle ça des quilles. Dans le jeu du même nom, une boule bien lancée suffit pour tout déguiller. C’est pourquoi, devant ces vestiges désolants, on peut se demander d’où viendra le coup fatal. Et quand.

Certes, les autorités diront que deux chênes séculaires avaient eu le mauvais goût, par le passé, de tomber sur des propriétés voisines. Il fallait donc éviter à tout prix que la chose se reproduise. Parce qu’ils sont très vieux, ces arbres. Mais pas forcément malades.

Alors les services concernés ont fait dans la prévention. Radicale. Définitive.

Pour faire passer la pilule auprès des riverains, un tous-ménages précise qu’à défaut d’être esthétiques, ces quilles ont toute leur utilité. Elles offrent désormais refuge aux grands capricornes, aux chauves souris et autres charmantes petites bestioles.Tant mieux pour la faune. Tant pis pour tous les autres.

Reste à espérer que cette mode de mise en quille, qui ressemble fort à une mise en bière, ne soit pas suivie dans le canton. Car elle triste et moche.

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11/04/2013

Un danger public

Les fous du volant, il y en a plein les rues. Pour limiter la casse, mieux vaut ne pas les croiser.

Manque de bol, Alex y a eu droit l'autre jour. Alors qu’il roulait pépère en France voisine, dans sa petite titine, il se fait doubler à toute allure par une voiture de course. La manœuvre se fait avec tant de délicatesse que son rétro explose, son auto valse et ses jambes flageolent. Quel choc!

Le chauffard continue sa route. Pas le temps de s’arrêter pour de pareilles broutilles, vous pensez bien.

In extremis, Alex reprend le contrôle de son véhicule et de ses esprits. Puis appuie sur le champignon pour rattraper le fautif. Il parvient seulement à relever son numéro de plaque. Et se dit tout bas: «Bingo, t’es cuit l’oiseau!»

De retour chez lui, il appelle la gendarmerie française. Lui fait part de l’agression dont il a été victime, donne le numéro d’immatriculation de la voiture, sa marque. Et attend la suite. Elle ne vient pas.

Les gendarmes ne prennent pas ce type de plainte, apprend-il à sa grande stupéfaction. Ils peuvent au mieux l’orienter vers un assureur pour un constat… à l’amiable.

Alex se pince! A l’amiable? Mais il ne veut pas de cet arrangement. Il désire que le coupable soit considéré et traité comme tel. Parce qu’un comportement pareil sur route est insensé et dangereux. A l’amiable, non mais, je rêve!

Pas vraiment. Tandis qu’Alex se mine devant tant d’irresponsabilité, le fou du volant, lui, doit siroter un café sur une terrasse. Avant d’aller commettre la prochaine infraction, en toute insouciance. Evitez juste de le croiser…

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10/04/2013

Dépannage à la caisse

L’histoire commence de façon on ne peut plus banale. Une mère de famille s’en va faire ses courses vendredi dernier à la Coop de son quartier. Au moment de passer à la caisse, mince! Anaïs ne trouve plus son porte-monnaie, avec son billet de cent francs.

Elle laisse ses commissions en plan, file dans le magasin voir si sa bourse n’est pas tombée par hasard entre les rayons. Mais non. Il n’y a rien. Contrariée, elle retourne à la caisse et se voit déjà rentrer chez elle, les mains vides.

La caissière lui annonce alors un truc inimaginable: la cliente qui patientait derrière elle a payé ses commissions! Comme ça. Pour lui faciliter la vie. Elle a sorti de sa poche 51 fr. 45 et s’en est allée. Anaïs n’en revient pas.

Elle ramasse ses courses et court derrière cette dame. Lui demande ses coordonnées pour la rembourser. Mais elle ne veut pas. Dit qu’il faut savoir accepter ce genre de geste gratuit.

Anaïs n’en démord pas. Votre adresse, que je vous envoie au moins un petit bouquet de fleurs.

La dame lui prend les mains et répète qu’elle ne souhaite rien recevoir, seulement aider les autres quand l’occasion se présente. Elle-même est malade, en fin de vie. Si elle peut soulager quelqu’un, autant en profiter.

Anaïs est encore bouleversée par cette rencontre. Elle voudrait remercier l’inconnue au grand cœur. Lui dire aussi que son porte-monnaie n’avait pas été perdu, ou volé, mais bêtement oublié dans une autre veste… Et que le billet qui s’y trouvait sera versé à la Ligue suisse contre le cancer.

Mais elle aimerait tant pouvoir lui écrire quelques lignes. Ne lui manque que l’adresse. La connaissez-vous?

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09/04/2013

Nouvelles du Lignon

Un petit coin de ciel bleu, il n’y a rien de tel pour se sentir un peu mieux.

Jean m’a appelé pour me raconter la suite d’une histoire touchante concernant son papa. J’en avais fait un billet l’an dernier. Je vous le résume?

Le jeudi de l’Ascension, Raymond, 88 ans, quitte son foyer d’Hermance à l’heure du thé. Il traverse tout le canton à pieds, une sacrée trotte! La nuit est tombée depuis longtemps quand il se retrouve près d’une forêt, au Lignon. Ce qu’il fait là? Lui-même ne le sait pas. Ou il a oublié.

Par chance, six jeunes copains refont le monde en ce lieu retiré et trouvent tout de même assez bizarre de voir ce monsieur âgé errer dans le noir, l’air un peu perdu. Ils engagent alors la conversation et se rendent vite compte qu’il y a problème.

Après lui avoir demandé l’autorisation de fouiller ses poches, ils trouvent un billet avec un numéro de téléphone qu’ils appellent. Jean arrive aussitôt pour chercher son paternel.

Un jeune homme, touché par cette rencontre improbable, a conservé ce billet, ou ce numéro, pendant près d’un an. Et fin mars, il l’a utilisé pour demander des nouvelles de Raymond!

Jean lui en a donné de rassurantes et voici le message qui s’est affiché sur son téléphone: «Ça me fait très plaisir de savoir que ce monsieur va bien. On ne l’a toujours pas recroisé dans notre beau quartier du Lignon, ce qui nous dit qu’il se porte bien… et un grand respect à ce grand monsieur.»

C’est pas chou, une telle attention? Qu’on ne vienne pas me dire après ça que les jeunes se foutent de tout. La gentillesse n’a pas d’âge.

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