29/06/2013

Un air de vacances

Houlala, je ne les ai pas vues arriver, ces vacances d’été.

Normal. Quand on porte la doudoune à fin juin, on ne s’imagine guère les doigts de pieds en éventail en juillet. C’est pourtant juste demain.

Alors passons vite en revue deux ou trois affaires en cours. La maman de Suzanne n’a toujours pas retrouvé sa montre, même si vous êtes des dizaines à m’avoir signalé l’horloger de la rue Crosnier. Hélas, ce n’est pas chez lui qu’elle s’est arrêtée. Mais où alors? Le mystère reste entier. Tout comme celui qui entoure la croix de Mireille.

J’ai reçu cette semaine un petit mot des Puces de Bonvent. Les organisateurs de ce marché solidaire me font savoir que l’engagement de tous les bénévoles, donateurs et acheteurs a porté ses fruits: ils ont réuni 16 000 francs. Extra! Cette somme vient d’être remise à Carrefour-Rue, qui en a bien besoin ces temps-ci. Merci à tous.

Et mes excuses à toutes celles et ceux dont je n’ai pas pu passer le petit, le moyen ou le gros mot. Certains messages pourront attendre la reprise, d’autres pas. Je pense à tous ces remerciements pour les gestes de gentillesse et d’attention qui devraient sembler naturels, mais deviennent aujourd’hui exceptionnels.

Si je vous dis tout ça, c’est parce que je ferme la boutique. Ben oui, la der est occupée dès lundi par les séries d’été. Alors Hermann et moi, on s’en va.

Je m’en vais musarder quelques jours à la campagne et au retour, je passe sur le billard. Ceci pour vous dire que je devrais être sur pied avant la rentrée. D’ici là, très bel été à vous tous. On se croisera peut-être dans les parcs, ou au bord du lac!

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28/06/2013

On connaît la chanson

Comme je vous l’annonçais hier, la suite d’avoir et être, c’est aujourd’hui:

«Avoir était ostentatoire/Lorsqu’il se montrait généreux/Etre en revanche, et c’est notoire/Est bien souvent présomptueux

Avoir voyage toujours en classe Affaires/Il met tous ses titres à l’abri/Alors qu’Être est plus débonnaire/Il ne gardera rien pour lui

Sa richesse est tout intérieure/Ce sont les choses de l’esprit/Le verbe Etre est tout en pudeur/Et sa noblesse est à ce prix

Un jour à force de chimères/Pour parvenir à un accord/Entre verbes ça peut se faire/Ils conjuguèrent leurs efforts

Et pour ne pas perdre la face/Au milieu des mots rassemblés/Ils se sont réparti les tâches/Pour enfin se réconcilier

Le verbe Avoir a besoin d’Être/Parce qu’être, c’est exister/Le verbe Ètre a besoin d’avoirs/Pour enrichir ses bons côtés

Et de palabres interminables/En arguties alambiquées/Nos deux frères inséparables/Ont pu être et avoir été.»

Joli, non? Car ce texte dit bien les choses, sans prétention. Même si un éminent spécialiste l’a exécuté, prétextant des erreurs fondamentales, il donne matière à réflexion, ce qui est toujours bon. Alors, vous avez trouvé le nom de l’auteur inconnu?

La signature oubliée en bas de ces lignes est celle d’Yves Duteil. Eh oui! Ce sont même les paroles d’une chanson. Il suffit d’ajouter à ce poème un beau timbre de voix, une mélodie qui tourne rond, plus une guitare qui le démange. Et on connaît la chanson!

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27/06/2013

Avoir et être font la paire

Une amie m’a fait parvenir ce texte. Un petit bijou, pour les amateurs de la langue française. Pour les autres aussi…

Il faudrait le partager avec tes lecteurs, me dit-elle. Je veux bien. Mais un truc me chiffonne: il est de qui, cet écrit? Mystère! Il circule sans signature.

Après un tour sur la Toile, j’ai fini par trouver la réponse. Tiens, j’aurais dû m’en douter! A vous de deviner le nom de l’auteur. Et si vous donnez votre langue au chat, vous en saurez plus demain. Car je m’étale sur deux jours. Quel luxe! Faut dire que le texte ne tient pas dans un seul billet. Voici donc cette jolie variation sur avoir et être:

«Loin des vieux livres de grammaire/Ecoutez comment un beau soir/Ma mère m’enseigna les mystères/Du verbe être et du verbe avoir

Parmi mes meilleurs auxiliaires/Il est deux verbes originaux/Avoir et Être étaient deux frères/Que j’ai connus dès le berceau

Bien qu’opposés de caractère/On pouvait les croire jumeaux/Tant leur histoire est singulière/Mais ces deux frères étaient rivaux

Ce qu’Avoir aurait voulu être/Être voulait toujours l’avoir/A ne vouloir ni dieu ni maître/le verbe Être s’était fait avoir

Son frère Avoir était en banque/Et faisait un grand numéro/Alors qu’Être, toujours en manque/Souffrait beaucoup dans son ego

Pendant qu’Être apprenait à lire/Et faisait ses humanités/De son côté sans rien lui dire/Avoir apprenait à compter

Et il amassait des fortunes/En avoirs, en liquidités/Pendant qu’Être, un peu dans la lune/S’était laissé déposséder.» (à suivre…)

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26/06/2013

les cahiers au feu

Cet après-midi, c’est la Fête des écoles. La fête des petits!

Vu l’instabilité générale qui règne en haut lieu, il faut se croiser les doigts, faire des vœux, des génuflexions ou je ne sais trop quoi pour le ciel ne leur tombe pas sur la tête. Il a déjà donné, jeudi dernier…

Faut dire que ce n’est pas tous les jours que près de 5500 enfants du cycle élémentaire défilent au cœur de la ville. L’événement vaut bien un coin de ciel bleu! Et s’il pouvait rester en place, le temps que les minots boivent leur sirop grenadine et fassent un tour de manège aux Bastions, ce serait top!

A dire vrai, je ne sais pas comment se passent les «promos» dans les autres communes du canton. S’il y a aussi des cortèges, des musiques, des goûters et tout le tralala. Si c’est aujourd’hui ou en fin de semaine. Il faudrait que vous me disiez un jour comment sont fêtés tous ces jeunes écoliers.

En ville de Genève, le spectacle est assuré par cette extraordinaire marée enfantine qui envahit les rues. Elle fait fondre les foules sentimentales qui couvent du regard ces bouts de chou tirés à quatre épingles et portant des chapeaux ou des décorations sur le thème retenu.

Cette année, les quatre éléments tiennent la vedette. Je parie qu’ils seront plus inspirants que le bon vieux Rousseau de l’année dernière.

De toute façon, j’aurai la larme à l’œil en voyant passer ces enfants. Trop chou, vraiment! Les plus grands feront la fête vendredi dans les parcs. Il sera alors temps de chanter «Vive les vacances, plus de pénitence, les cahiers au feu, la maîtresse…» Eh bien elle fera enfin ce qu’elle veut!

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25/06/2013

Contrôle et self-control

Vive les TPG!, s’est exclamé le passager en fin de course. Notez qu’il avait pourtant tout faux au départ.

Car Daniel l’avoue sans rougir. En bon Genevois, il resquille. Oh le vilain! Un samedi, son bus s’arrête peu après le démarrage. Les portes s’ouvrent sur trois uniformes: contrôle des billets.

Glups! Ce coup-ci, il va trinquer…

A l’arrière, deux contrôleurs font leur boulot. Ce faisant, ils conseillent à une dame de s’asseoir pour éviter de tomber. Pour une raison que tout le monde ignore, la quinquagénaire pique furieusement la mouche et les traite comme des moins que rien. Ambiance!

A l’avant, le troisième contrôleur vérifie les billets et arrive tranquillement à la hauteur de Daniel, tandis que la passagère, déchaînée, fait du tapage.

L’usager présente un titre de transport périmé. «Ça va pas le faire, n’est-ce pas?» Non. L’employé doit verbaliser. OK, ce sont les règles du jeu.

Daniel sort sa pièce d’identité, tout en plaisantant devant le triste spectacle que donne toujours la femme. «Ce serait plutôt à moi de faire ma crise, pas vrai?» Le contrôleur rit jaune. Puis observe attentivement la situation, soupire et prend une décision. Il demande au resquilleur taquin s’il a 3 fr. 50 sur lui. Oui, et il sort aussitôt la monnaie de sa poche. L’employé s’en saisit: il ira lui-même chercher le billet. Et la paix…

Je dois avoir un bon karma, se dit notre homme, tandis que le contrôleur descend du bus et glisse les pièces dans la machine. A son retour, Daniel n’en peut plus de le remercier. Son geste lui a évité l’amende. Et cloué le bec à la furie. L’assistance a presque applaudi l’exploit! D’où ce cri du cœur...

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22/06/2013

La gueule de bois

Vendredi matin, Genève s’est réveillée avec la gueule de bois en contemplant les dégâts de la tempête de la veille. Mais c’est pas vrai…

Sous le ciel bleu et le soleil revenus, les scènes de tristesse qui se découvrent ont presque quelque chose d’incongru. Les tapis de feuilles hachées menu recouvrent encore les sols; les petites branches craquent sous les pieds; les plus grandes s’achèvent à coup de tronçonneuses; les voitures sont persillées de vert et les champs couchés; les fleurs pendouillent au bout des tiges cassées.

Cette verdure avait pourtant mis un temps fou pour sortir. La faute au printemps pourri. Elle s’était fait attendre, désirer. La voilà anéantie en douze minutes.

Toutes ces vignes bichonnées avec amour, ces arbres taillés pour donner de beaux fruits, ces cultures mises en pleine terre et couvées du regard. Tout ce boulot pour rien. C’est à pleurer.

Alors oui, les assurances vont panser les plaies. Calculer les indemnités. Compenser les pertes. Mais pour celles et ceux qui mettent leur cœur à l’ouvrage pour cultiver la terre et embellir la vie, c’est une désolation.

L’image de la viticultrice en larmes devant sa vigne dévastée m’a touchée. Tout comme le visage marqué des pompiers et des employés des espaces verts mis à forte contribution par ce déchaînement des forces de la nature. Je leur fais la bise, ils sont formidables.

Que faire, pour se remettre de ces émotions? Allez à la Fête de la musique, jouez, chantez, dansez! Il n’y a pas meilleur remède qui soit. Mais prenez vos pépins, sait-on jamais…

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21/06/2013

Retour sur terre

C’est l’histoire d’un homme qui souhaite en savoir un peu plus sur la marche du monde et de l’Univers.

Gilles se rend donc à Uni-Dufour pour assister mardi à la conférence publique donnée par Hubert Reeves. Il presse le pas: l’exposé va débuter dans dix minutes. Heureusement, sa sœur a réservé deux places et elle est sans doute déjà arrivée. Donc pas de souci.

Erreur! Un cerbère monte la garde à l’entrée de l’auditoire. Il signifie à Gilles que c’est plein et qu’il doit aller dans un autre lieu où l’intervention de l’astrophysicien sera retransmise.

«Ma sœur se trouve dans la salle et m’a retenu une place», objecte le nouvel arrivé. «Regardez, elle est là!»

Effectivement, une femme agite la main en leur direction. Mais le gardien, sans doute mal luné, campe sur sa position. «Vous n’entrez pas, il n’y a plus de place pour vous. Seulement pour les VIP!» Tiens, voilà autre chose!

Gilles insiste. Peine perdue. De guerre lasse, il demande à parler à un responsable. Cette requête fait un drôle d’effet au vigile: il voit rouge et ceinture Gilles pour lui barrer, de façon musclée, l’accès à la conférence pourtant intitulée «Cosmologie et créativité»…

Lui se raccroche à la porte. L’empoignade ne passe pas inaperçue. Cris, agitation, intervention de la sœur, puis d’une organisatrice, qui calme le jeu. Gilles est libéré, tout remué par cet abus de pouvoir incompréhensible.

Il peut enfin gagner sa place. Mais le cœur n’y est plus vraiment, même s’il a plaisir à écouter Hubert Reeves parler de l’avenir de la planète bleue.

Comment garder la tête dans les étoiles quand on est confronté à un problème si terre à terre?

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20/06/2013

Les pieds dans l'eau

Passez un bel été au fil du Rhône, qu’ils disent dans la pub.

Je veux bien, il fait beau et chaud! Et hop, je glisse dans mon sac le maillot de bain plus les sandales en plastique pour éviter, après la baignade, de marcher dans les détritus qui fleurissent le long des berges. Et zou, à moi le fleuve.

Mince! Ils sont où, les pontons?

Ils sont là. Mais pas vraiment sur le Rhône. Plutôt dessous. En tout cas celui qui se trouve du côté de Saint-Jean. Les planches d’en face sont quant à elles à fleur d’eau. C’est normal, docteur?

Oui, me dit-il! D’abord, le bois de ces constructions supporte très bien la flotte. Les serviettes de plage un peu moins, mais bon, il faut s’adapter aux circonstances. Et là, elles sont un peu spéciales, compte tenu de la météo.

Car il s’agit de vider le trop-plein du lac. Le Léman reçoit ces temps-ci plus d’eau qu’il ne peut en libérer. Les vannes sont donc ouvertes autant que possible. Et puis le très gros débit de l’Arve n’arrange rien. Il fait même bouchon hydraulique, si vous voyez ce que je veux dire. Cela fait remonter les lignes d’eau et le Rhône déborde un peu sur une partie du sentier des Saules.

En gros, si j’ai bien tout compris, il faudrait que les températures redescendent, ce qui arrêterait de faire fondre les glaciers du côté de Chamonix, grossir l’Arve et remonter le Rhône.

Oui mais si les températures baissent, les baigneurs et les lézards auront moins envie d’aller sur les pontons…

Patience, patience, ça va s’arranger.

Ça me fait penser qu’on aurait pu inaugurer ce mois la plage publique des Eaux-Vives, s’il n’y avait pas eu recours du WWF. Oh rage, oh désespoir…

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19/06/2013

Des soins sur le pouce

C’est fou le nombre d’expressions de la langue française qui tournent autour de lui. Manger sur le pouce. Se tourner les pouces. Ne pas bouger d’un pouce.

C’est le plus gros et le plus court des doigts de la main, dit sobrement le Larousse. Le plus exposé aussi.

Celui d’Arthur, 11 ans, en a vu de toutes les couleurs depuis qu’il a percuté le pied d’un copain de classe, un vendredi après-midi. Ce sont des chocs fréquents, quand on joue au foot.<

A la sortie des cours, direction les Grangettes. Des radiographies sont faites, une entorse est diagnostiquée. Le garçon ressort de là avec un bandage. Une grosse poupée.

Lundi après-midi, changement de traitement. Un spécialiste de la clinique a lu les radios pendant le week-end et téléphone pour annoncer qu’il faudrait plutôt plâtrer. Bien, on arrive avec notre fils, disent les parents. Euh non, pas là tout de suite. Plutôt mercredi.

Ça commence gentiment à bien faire. La maman emmène donc son fiston en pédiatrie, aux HUG, avec le rapport et les radios. Arthur en sort plâtré à minuit, après une attente de 6 h 30! Vous me direz que ce n’était plus vraiment une urgence, puisque son doigt était cassé depuis vendredi…

Mais voilà que mardi, le plâtre se fendille déjà. Mal fait. Retour à l’hôpital le lendemain. Le pansement est alors changé et refait en résine. Va-t-il tenir trois semaines? On se tient les pouces!

Tout ceci n’est pas bien grave. Sauf pour Arthur. Mais c’est fou le nombre de petits dysfonctionnements successifs que son doigt révèle. Alors pouce!

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18/06/2013

Les perte et oubli

Peut-être pourriez-vous l’aider, si vous habitez le quartier.

La maman de Suzanne se promenait vendredi matin du côté des Tranchées. Cette dame de 86 ans est alors entrée chez un horloger pour lui demander de changer la pile de sa montre. Comme il fallait attendre dix bonnes minutes, elle en a profité pour aller faire une autre course un peu plus loin.

Mais voilà, après avoir tourniqué dans les rues, la personne âgée n’est plus parvenue à retrouver le magasin. Bien sur, elle n’avait laissé ni son nom ni son adresse au commerçant. D’où cet appel. A l’horloger, ou à ceux qui le connaissent: faites-moi signe, je sais à quel poignet se met cette montre en rade. Voilà pour l’oubli.

Pour la perte, il s’agit d’une toute petite croix faite de six tourmalines roses, égarée lors d’une séance de physio et récupérée par on ne sait qui. Mireille, 82 ans, a porté cette croix jour et nuit pendant plus de cinquante ans. C’est son trésor, sentimentalement parlant. La personne qui l’a pris peut sans problème garder la chaîne en or qui le retenait. Mais la croix, il faudrait la rendre! Glissée dans une enveloppe anonyme et postée à mon attention. Mireille retrouverait ainsi le sourire.

Et puisque ce billet est aujourd’hui consacré aux personnes âgées, j’en profite pour remercier Pro Senectute pour la belle sortie organisée sur le lac. C’était vendredi dernier, m’a dit une participante ravie. Il y avait sur le bateau de la CGN une ribambelle de vieux joyeux, de matelots sympas, de serveurs et d’animateurs prévenants. Même le soleil et une petite brise étaient de la partie. Trop bien!

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17/06/2013

Support publicitaire

«Après la tombe de James Fazy, pourriez-vous faire quelque chose pour le nettoyage de la façade du Grand- Théâtre?» me demande Gérald.

Je veux bien, mais elle n’est pas sale, que je sache. Les vénérables pierres qui donnent sur la place de Neuve ne sont ni envahies de mousses, ni recouvertes de tags ou d’affiches collées à la hâte.

L’atteinte au patrimoine est d’un autre ordre, affirme ce lecteur agacé. Le bâtiment est victime à répétition de «déprédation publicitaire». Késako?

Il s’agit de la toile géante, renouvelée à chaque lancement de saison, qui s’étale actuellement sur le devant de l’institution. Le Grand-Théâtre présenterait ainsi au public genevois et aux touristes une façade de chantier. «Plus moche, on ne peut pas!»

Je suis allée regarder de plus près cette publicité grand format disant «Emmène moi à l’opéra». L’invite n’a effectivement rien d’un bristol! La bâche colorée recouvre le premier étage et obture trois fenêtres majestueuses. Depuis les beaux salons, on ne doit plus voir grand-chose du dehors. Un peu comme quand on voyage dans les véhicules des TPG dont les vitres sont transformées en vitrines.

Gérald pousse alors le bouchon un peu plus loin. Puisque les autorités acceptent de porter atteinte aux monuments emblématiques genevois, à quand une grande toile sur le Mur des Réformateurs proclamant «Devenez protestants»?

Notez que ce n’est pas tout de le devenir, ou de l’être. Pour que la pub porte vraiment ses fruits, il faudrait qu’elle dise encore comment améliorer les finances de l’église réformée. Car l’argent n’y coule pas de source...

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15/06/2013

Huit cents bénévoles!

Partager, c’est si facile. Encore faut-il le vouloir. Ou ne pas l’oublier…

Alors je vous fais une petite piqûre de rappel: le Samedi du Partage, c’est aujourd’hui!

Cette grande et belle opération de solidarité d’avant les vacances d’été se déroule dans 73 magasins d’alimentation et supermarchés du canton. Le principe? Les clients déposent dans des palettes une partie de leurs achats. Facile, je vous le disais.

Et pour assurer la récolte de ces dons alimentaires et de produits d’hygiène, plus de 800 bénévoles sont de piquet toute la journée dans les commerces. C’est juste extra! Ils ne devraient pas être de trop pour relever le défi, qui est de taille: il faudrait passer aujourd’hui le cap des 100 tonnes de denrées récoltées en juin de l’année dernière.

S’il faut battre ce record, c’est hélas parce que les besoins augmentent: il y a toujours plus de précarité à Genève. De familles qui n’arrivent plus à tourner, de personnes larguées, à la rue.

Le Samedi du partage vise à faire le plein de réserves qui seront ensuite distribuées gratuitement aux plus démunis. A savoir une cinquantaine d’associations, de centres sociaux et de lieux d’accueil leur venant en aide.

Sont particulièrement recherchés les conserves de fruits et de légumes, le café, thé, tisane, chocolat en poudre, ainsi que le vinaigre et les sauces pour agrémenter les féculents. Mais pas que.

Les bénévoles distribuent volontiers la liste des denrées attendues. Il en faudrait donc plus de 100 tonnes en tout.

Chiche? On devrait y arriver, en se mettant tous ensemble. Parce que partager, même peu, c’est si facile!

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14/06/2013

Lieux de rencontre

Faut pas croire, Julie, mais la vie change aussi, dans nos villages.

Jadis, on se rencontrait au bistrot, se souvient Jean-Claude. «On»! Surtout les hommes, je parie. Mais bon, je ne vais pas en faire une jaunisse.

On se retrouvait donc au bistrot pour refaire le monde. Cela ne se fait plus guère, car ces pintes ont disparu. Ou elles ont été transformées en restos si chics que l’on ne s’accoude plus au comptoir pour y boire un coup. Pour entrer dans ces établissements, faut avoir les moyens. Ce que tout le monde n’a pas forcément, même en habitant la campagne genevoise.

Avant, les villageois se retrouvaient aussi à la poste. Elle a fermé boutique, dans pas mal de cas, ou a été déplacée dans des épiceries. Celles qui existent encore. Et je ne parle pas des laiteries…<

Les habitants se croisaient parfois le dimanche au temple. Mais les pasteurs fondent comme neige au soleil. Ceux qui restent font la tournée des villages pour apporter la bonne parole. Et elle se fait rare.

Parfois, c’est une petite banque Raiffeisen qui est supprimée.<

Quel est donc le dernier lieu de rencontre où l’on cause encore, dans les villages d’ici? La déchetterie, pardi!

Le lieu pue un brin, mais on s’y habitue. Les habitants parviennent toujours à y converser même quand d’autres balancent leurs topettes dans le dévaloir du container. Avec un petit moment de gêne, en cas d’avalanche: est-ce la consommation d’un jour, d’une semaine ou d’un mois?

Au fond, tout ne change pas vraiment, dans nos villages…

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13/06/2013

Les jeunes et les vieux

Il y a des trucs sympas qui se passent chez nous. Un exemple?

Abdoul, un jeune du square de Clair-Matin, à Lancy, est venu l’autre jour voir Mara qui travaille au service d’animation de l’EMS Les Mouilles.

Ce bon gars souhaitait rencontrer les vieux de la maison avec ses copains du quartier. Ben oui, depuis le temps qu’ils se croisent dans le coin et qu’ils ne se connaissent pas… Belle initiative!

Après discussions, les benjamins décident de venir présenter, sur la terrasse des aînés, leur work out. C’est de la musculation qui se cultive sans machine et qu’ils pratiquent tous ensemble dans le quartier. Va pour la démonstration. Après, on fera la fête.

Elle a eu lieu mardi soir, par un grand beau temps, et tout le monde en garde un souvenir lumineux. Les invités se sont présentés, les résidents ont fait de même. Le monsieur aux cheveux blancs qui a lu ce texte aurait presque pu le faire en rap:

«A l’EMS des Mouilles, on ne mange pas que de la tambouille

Vous, jeunes, la musique que vous écoutez, ça nous fait monter la moutarde au nez

Jazz, gospel, classique ou folklorique, cela est notre gymnastique

Ici ce n’est pas une maison de vieux fermez donc les yeux et vous nous verrez un peu mieux…

…Venez donc nous revoir, on ouvrira notre bar, pour vous recevoir.»

Après la démonstration de pompes et de muscles qui les a tous laissés baba, les aînés ont sorti les salades, les jeunes ont grillé des saucisses. Ils ont mangé et trinqué. Et puis la soirée s’est prolongée, la tête dans les étoiles. Trop bien!

C’est quand, la prochaine fête?

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12/06/2013

La triche au collège

Quand un élève triche aux examens, il est recalé. Logique. C’est en tout cas la règle du jeu et elle est connue de tous.

Aujourd’hui pourtant les tricheurs, ou leurs parents, sont toujours plus nombreux à attaquer cette décision en justice. Côté éducatif, on a vu mieux.

Ainsi, pas plus tard que la semaine dernière, un collégien s’est fait pincer lors d’un examen écrit de maturité avec sa mascogne glissée dans son livre.

Oh mince, j’ai complètement oublié d’ôter ce pense-bête, a dit le fautif.

Ben voyons! Le prof n’y a pas cru une seconde. En cas de tentative de fraude, le tarif est le même pour tous: arrêt de la session d’examens. Et bye bye la matu. Ce sera pour l’année prochaine.

Mais le collégien a fait recours. Il n’a plus rien à perdre, pas vrai? Résultat: il a obtenu l’effet suspensif et peut continuer à passer les examens comme si de rien n’était. Ou presque.

La justice tranchera. Ce sera la bonne foi de l’élève contre celle de l’enseignant. Selon le résultat des courses, les travaux écrits seront corrigés et les oraux notés.

Deux cas plus ou moins similaires touchent d’autres collèges de Genève. Chouette! Pour miner les profs et saper leur autorité, on ne fait pas mieux! Toute décision scolaire devient donc attaquable: c’est un marché juteux pour les avocats. D’ici à ce que l’un d’eux demande des dommages et intérêts à l’Etat pour le traumatisme subi par un élève surpris à mascogner…

Or, si ce petit chéri a besoin d’un pense-bête pour passer son écrit, c’est bien la preuve qu’il n’est pas encore à maturité.

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11/06/2013

Les mamis se fâchent

Si j’utilise le mot mami dans le titre, c’est parce que la machine ne veut pas faire entrer dans l’espace imparti le mot grand-maman. Trop long!

Mais mami me gêne un peu. Ce terme a un côté vieillot qui ne correspond pas aux grands-mères d’aujourd’hui.

La preuve? Bernadette! Elle circule en «scoot», comme elle le dit, son petit-fils de 10 ans à l’arrière, pour aller au parc Aventure des Evaux. Si elle fait aussi de l’accrobranche? Je n’en sais rien! Bref, elle parque sa mopette dans l’arrondi situé près de l’entrée du parc.

Elle se met là parce qu’il n’y a pas de places prévues pour les motos avant la barrière. A son retour, une prune de 120 francs l’attend! Bernadette se renseigne. Elle apprend que la barrière vient d’être installée, qu’elle est fermée le mercredi et que le parking scooter se trouve à la rotonde, après la barrière…

Moralité, soit vous forcez le passage, soit vous casquez! Bernadette a pesté, a payé, et nous a informés. On fera gaffe!

Une autre grand-maman aussi râlé sec vendredi dernier. Au débarcadère des Eaux-Vives, elle s’apprête à monter à bord d’une Mouette Genevoise pour voguer, en compagnie de son petit-fils de 2 ans et demi, jusqu’aux Pâquis.

Elle porte sous le bras la draisienne du garçon. Un truc à deux roues sans pédales. Un jouet, quoi. Stop! Vous n’embarquez pas. Le règlement interdit le transport des bicyclettes!

C’est une plaisanterie? Non! Anne argumente. Ce n’est pas un vélo. Et ça ne prend pas de place, voyez plutôt. Mais les employées sont intraitables.

Elle est donc restée à quai, frustrée, son petit Arthur pleurant de ne pas pouvoir faire la grande traversée.

Que faire, contre tant de bêtise?

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10/06/2013

Tout juste, la Poste!

C’est tout neuf, ça vient de sortir. En courrier A! La Poste deviendra une SA de droit public le 26 juin. Selon le communiqué officiel, le géant jaune «bénéficiera de structures modernes qui lui permettront d’exercer diverses missions de manière optimale.»

Ah, la bonne nouvelle que voilà! Elle réjouira sans doute Jean-Pierre et tous les autres usagers du bureau postal du Petit-Saconnex fraîchement rénové.

Car en matière de «structures modernes», ils ont découvert que les chaises destinées à faire patienter les clients âgés ou fatigués ont disparu. Que l’appareil distribuant les numéros de passage au guichet a été déplacé au milieu du petit hall. Il faut désormais le chercher parmi les nouveaux présentoirs de marchandises, plus volumineux et remplis de trucs insensés.

Tu parles d’un service public!

A moins que la vente de poêles à frire, de savons et de roses ne fasse partie de la nouvelle mission de la Poste, exercée de «manière optimale».

Il est vrai que l’opération doit être rentable! La société a déjà sous la main les caisses et les employés, le local où entreposer les marchandises, plus l’attente évidente des clients. Et quand on doit tuer le temps, qu’est-ce qui ne demande pas d’effort? La consommation. Nous sommes programmés pour ça!

Et si l’on déblayait tout ce bric à brac pour aménager de vraie salle d’attente. Avec des bancs pour les plus âgés du quartier, des journaux, un point d’eau. Les clients se parleraient à nouveau.

Dans tes rêves, Julie! Aujourd’hui, l’attente doit être lucrative dans un espace de tentations plein comme un œuf. D’où la poêle à frire…

Tout juste, la Poste!

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08/06/2013

la chasse au poteau

C’est la journée du vélo! Par chance, il devrait faire beau. Mais ça ne saurait durer…

Ce samedi, les réjouissances à deux roues ne vont pas se cantonner au parc Beaulieu. Elles s’inviteront l’après-midi dans la circulation genevoise lors d’une grande parade «vélo-rétro». Ce sont les automobilistes qui vont être contents…

S’ils sont coincés par le cortège, ils pourront au moins se rincer l’œil: tous les cyclistes participant à cette balade endimanchée sont invités à bichonner leur monture et à soigner leur tenue vélocipédique. Il y a en effet concours d’élégance. Avec remise de prix à la clé. Vise un peu la petite reine!

A propos de clé et de deux-roues, je ne sais pas si vous avez remarqué cette curieuse épidémie de cadenas vides qui revient en ville avec les beaux jours. Ils sont attachés aux poteaux. Aux grillages. Aux barrières inamovibles.

Ces cadenas sont peu romantiques. Rien à voir avec ceux qui fleurissent sur le pont de l’Académie, à Venise. Là où les amoureux du monde entier se promettent des lendemains qui roucoulent en accrochant sur les rambardes ces petits fermoirs, avec leurs initiales dessus, puis jettent la clé au jus pour empêcher quiconque de briser leurs rêves.

Là, c’est plus trivial. Le cadenas qui squatte la voie publique n’est pas rikiki mais généralement bien mastoc. Il signale à celui qui voudrait arrimer là sa bécane «c’est ma place, dégage!» Bien. Message compris. Un cycliste s’est attribué le bon coin en marquant son territoire. Et tant pis pour les autres.

C’est triché! Car aujourd’hui, pour sauver son vélo, il faut débusquer un poteau. Et il n’y en a plus des masses. La chasse est donc ouverte, qu’on se le dise!

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07/06/2013

La brosse à reluire

Ouiii, la stèle a été nettoyée! Par qui? Mystère et boule de gomme…

Les petites mains vertes et agiles du cimetière des Rois n’y sont sans doute pas pour rien. Parce que je ne vois pas les bons vieux radicaux genevois le faire en retroussant leurs manches, malgré toute l’estime qu’ils ont pour ce grand homme politique.

A moins que ce soit l’œuvre de simples citoyens, désireux de rendre ainsi hommage au père de la Constitution genevoise de 1847. Ou qui d’autre encore?

Une chose est sûre: la pierre tombale de James Fazy a eu droit, cette semaine, à un bon coup de brosse à reluire. Ceci peu après l’encre bleue de samedi intitulée «nettoyage de printemps» et invitant justement à faire quelque chose pour elle. Alors youpi!

A moins que cette poutze soudaine soit un hasard du calendrier, sait-on jamais. Mais j’ai de sérieux doutes.

Bien que le cimetière se trouve quasi sous mes fenêtres, je n’ai rien vu de l’opération. Et c’est presque par hasard, au retour de la pause de midi, passée dans ce beau parc, que la chose m’a sautée aux yeux.

Les mousses qui rongeaient la stèle de James Fazy ont été enlevées, la pierre briquée à fond. Les passants peuvent à nouveau lire le nom de celui qui repose sous la première colonne à gauche de l’entrée principale. Avec le numéro 500 à ses pieds.

Cette action ne va pas changer la vie de République, bien sûr. Mais c’est la moindre des attentions, même tardive, qu’elle pouvait avoir pour cet artisan de la Genève moderne.

Merci donc à ces grands discrets!

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06/06/2013

Du corbeau au colibri

Bras nus, jambes nues et sourire aux lèvres. Ça change, pas vrai?

Et ce n’est pas tout: avec le retour du beau, les couleurs reprennent enfin le dessus. Les tenues noir corbeau des foules hivernales restent au vestiaire. Place à la version colibri: les passants osent à nouveau les habits turquoise, rose, violet, bleu pétard. Voire jaune canari. Et ça fait un bien fou aux yeux! Comme de voir éclore les fleurs dans les champs et les parcs.

Il a donc suffi d’un jour ensoleillé et sans bise pour se croire hors du tunnel. Pour chausser les lunettes de soleil, défaire les cheveux et raccourcir les jupes des filles. Ou plutôt des shorts, à y regarder de plus près.

La température grimpe et voilà que nous prend soudain une folle envie de lézarder. De traîner plus longtemps dehors, sous n’importe quel prétexte. D’envoyer valdinguer les chaussures et marcher à pieds nus sur la pelouse. De sentir à nouveau la chaleur sur la peau.

Oh, juste un peu. Pas d’abus, vous pensez! Le patron guette. Le mélanome aussi. Mais Dieu que c’est bon, ces rayons. Ça sent l’été à plein nez.

L’Etat de Genève et les Services industriels l’ont senti venir. Ils ont ainsi sorti une publicité de saison dans la FAO: «PASSEZ UN BEL ETE AU FIL DU RHÔNE» qu’ils nous disent. C’est gentil, merci. Mais le message essentiel de cet encart se tient dans les consignes de sécurité, pour éviter les accidents.

Et dans une précision de taille: la baignade dans le fleuve est placée sous la responsabilité de celui qui nage. Pas des autres. On n’est jamais assez prudent, n'est-ce pas. Notez qu’avec une eau à 12 degrés, il n’y a pas encore trop à craindre!

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