31/10/2013

Adieu le provisoire

Les bâtiments provisoires qui durent ont longtemps fait partie du paysage genevois. A tel point que le public en oublie parfois leur vocation première…

Après la disparition des pavillons du collège Sismondi, remplacés par des barres en dur, le mouvement s’accélère: deux bâtisses en préfabriqué vivent ainsi leurs dernières heures sur la campagne Rigot. Elles campent entre les prés et les arbres, à deux pas du terminus du tram, place des Nations.

Des barrières ont été dressées tout alentour et tendues de bâches blanches, pour sécuriser la zone des travaux.

Une citoyenne s’en offusque. Pourquoi démolir ces équipements qui pourraient encore servir? Surtout s’il s’agit de faire place nette pour un parc!

Car ce ne sont pas les espaces verts qui manquent. Plutôt les logements pas chers pour étudiants. Or, il suffirait de pas grand-chose pour que ces bâtiments, occupés il y a peu de temps encore par un département universitaire, puissent loger du monde. Mais non. Ils seront rasés. Quel gâchis!

Renseignements pris, il semblerait que les autorités ne puissent pas faire autrement.

Car la campagne Rigot a fait l’objet d’un don de John D. Rockfeller à l’Université de Genève, en 1942. Et l’Etat se doit de respecter les clauses de la donation. Comme celle de ne pas y construire autre chose que des bâtiments destinés à des «colleges». Les terrains ont donc été mis en zone de verdure, exception faite d’une zone de développement obtenue pour construire en dur le collège Sismondi.

Et c’est ainsi que périssent des modèles de provisoire durable…

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30/10/2013

Osez ouvrir la porte

Ceci n’est pas une invite à ouvrir sa porte à n’importe qui. Surtout quand on est une personne âgée. Je ne ferais jamais pareille ânerie.

L’incitation est donc à prendre dans l’autre sens. Il faudrait que les gens d’âge et de milieux différents osent une fois pousser la porte d’un foyer de jour pour seniors et découvrent la vie qui s’y déroule au quotidien. Ils seraient surpris. En bien, forcément!

Car il s’en passe, des choses, dans ces lieux discrets et coquets. Faut dire que les habitués ne viennent pas là pour faire de la figuration. Ils participent à des groupes de parole ou des ateliers créatifs, font des dégustations de gâteaux, suivies de quelques mouvements de gym ou d’une séance diapos. Tout est bon pour favoriser les rencontres entre ces personnes qui se sentent un peu isolées.

Le foyer de jour Soubeyran, situé dans le quartier des Grottes, a donc décidé cette semaine d’aller plus loin encore dans les contacts humains: il ouvre grands ses portes à qui veut bien entrer. Et pour aider les curieux à franchir le seuil, il leur propose de découvrir l’exposition de Roger Cuneo.

Cet artiste polyvalent présente ses aquarelles résolument optimistes et colorées, composées d’une multitude de visages avec des cœurs partout à la place des bouches.

Il donnera également un concert dimanche 3 novembre à 17 h 30 sur le thème «L’Amour toujours?» Tout un programme! Faut-il encore préciser que l’entrée est libre et le public bienvenu?

(Foyer de jour Soubeyran, 39, rue Louis-Favre, de 14 h 30 à 18 h 30.rens. 022 345 96 35; www.soubeyran.ch)

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29/10/2013

Un drôle d'oiseau

Le diable se cache dans les détails. Le gag aussi.

Anouk a envie de s’offrir un oreiller traversin tout doux pour y faire de beaux rêves. Une inclinaison plus fréquente qu’on ne le croit, en ces temps d’avant les grands froids…

Dans le magasin où elle se rend, la cliente est attirée par la promotion intéressante d’un coussin. Pourquoi pas, se dit-elle, et elle regarde l’étiquette de plus près pour savoir de quoi il est fait. Les bras lui en tombent.

Pas de doute, c’est tout neuf et ça vient de sortir. Car l’oreiller est rembourré avec le duvet d’un drôle d’oiseau.

Des plumes de «conard»!

Oui, exactement. Ça ne s’invente pas. Anouk m’a même envoyé la photo de l’étiquette, au cas où j’aurais des doutes. C’est bien écrit «nouvelles plumes et nouveau duvet de conard». Classe 1, est-il encore spécifié.

Pour ça, c’est vraiment le top du top. La crème du garnissage.

Cette découverte a mis Anouk en joie. Ben oui. Il n’est pas donné à tout le monde de s’endormir en pareille compagnie.

Et puis les fabricants de ces «kopfkissen» sont vraiment de petits malins. Car l’espèce, le «conard» donc, est loin d’être en voie de disparition! Elle connaît plutôt une vitalité étonnante, sous nos contrées. Les entrepreneurs ne sont pas près de faire faillite, avec cette trouvaille.

Anouk s’est donc offert son oreiller tout doux en plumes de conard. Je compte sur elle pour me signaler si elle fait désormais des rêves ou des cauchemars…

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28/10/2013

Gagner à tout prix

Qu’est-ce qu’ils ont tous à vouloir mon «bonheur»?

Je ne les connais pas, je ne leur ai jamais rien demandé, et pourtant ils s’acharnent à vouloir faire de moi une millionnaire. C’est insensé.

Chaque jour bientôt on m’annonce, dans toutes les langues possibles, une grande et bonne nouvelle: j’ai gagné à la loterie. Sans avoir joué. Mon nom a été tiré au sort parmi des centaines de milliers d’autres. Comme vous, sans doute. Mais quelle chance!

Faudrait juste donner à ces bienfaiteurs venus d’ailleurs nos coordonnées bancaires. Histoire de pouvoir entrer en possession de ces millions. Ben voyons.

Ça devient lassant, cette comédie! Les filous spécialisés dans ce type d’arnaque devraient changer de disque ou alors varier les angles de tir, s’ils veulent toucher de nouveaux pigeons. Car le coup du loto, on n’y croit plus.

Certains s’y attellent et font dans la manipulation un poil plus astucieuse. Quoique…

Une amie a ainsi reçu une étrange missive lui demandant tout de go si c’était la première fois qu’elle gagnait le plus grand prix. Mais le prix de quoi, au juste?

Rédigée en allemand, la prose veut lui faire croire qu’elle va bientôt gagner, non pas des millions, mais 7000 francs. Pour autant qu’elle achète pour trente francs minimum de babioles made in China. Plus les frais de port. Je ne vois pas le rapport.

Suite à cette commande, promis, elle recevra un chèque. Un gros. Un vrai.

Un rabais sur le prochain achat? J’opterais plutôt pour le chèque en bois.

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26/10/2013

Le piment ou le sel

Nous vivons une époque formidable, décomplexée et sans gêne.

Plus rien ne devrait donc nous surprendre. Et pourtant, en découvrant cette pub dans un journal du matin, j’avoue que j’ai tiqué.

«Pimentez votre vie», clame cette annonce en demi-page où figurent, sagement alignées, les bobines de sept personnes souriantes et épanouies.

Et à quoi se dopent ces femmes et ces hommes pour être si heureux?

A l’infidélité!

On voit ainsi Daniel, un cadre dynamique de 42 ans, affirmer sans rougir «je trompe régulièrement ma femme en toute discrétion». Là, c’est plutôt raté, question discrétion…

Deux trentenaires unis devant le maire posent, complices, et la bouche en cœur: «nous pimentons notre vie de couple avec d’autres partenaires». Grand bien leur fasse.

Une dame mariée, proche de la soixantaine, parée d’un rang de perles blanches bon chic bon genre, confesse avoir des envies coquines avec des hommes plus jeunes qu’elle. Juste ciel!

Tous ont naturellement recours à ce site suisse de rencontres pour infidèles. Et tous te regardent droit dans les yeux. Ils assument leur sexualité, ils sont majeurs et vaccinés. Libres, quoi!

Et alors? Les aventures extraconjugales, ça n’a rien de bien nouveau. Chacun gère la chose comme bon lui semble, si besoin est de mettre plus de sel dans sa vie. Mais faire de l’infidélité un argument publicitaire et normaliser la tromperie, ça me débecte. Pas vous?

Euh, vous auriez peut-être préféré connaître le nom du site? Désolée, je l’ai déjà oublié. Que voulez-vous, j’ai un côté fleur bleue…

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25/10/2013

Télémobile urbaine

Un collègue bien attentionné me signale qu’il vient de découvrir la télémobile. C’est quoi encore, ce truc?

C’est un appareil de réception qui n’en fait qu’à sa tête. Pour autant qu’on le débranche, bien entendu. Je vous explique.

Dimanche soir, le fils de ce confrère place sur le trottoir le vieux poste des familles. La télévision est en parfait état de marche, mais elle a fait son temps. Le jeune homme dépose sur l’engin la télécommande ad hoc. Si d’aventure quelqu’un voulait embarquer la TV, qu’il puisse au moins s’en servir.

Lundi matin, le grand bureau des débarras téléphone au père pour signifier que ses services n’emportent plus ces gros trucs électroniques. Il faut les rapporter dans les magasins spécialisés.

Pas de souci, il va le faire. Il descend pour s’en occuper, mais la téloche n’est déjà plus sur le trottoir. Bien, se dit-il. Au moins, l’affaire est réglée!

Mais le poste revient en catimini sur le trottoir, dans l’après-midi. Sans la télécommande. Ah la bonne heure, se dit le copain. J’en avais une deuxième en réserve. Et il dépose la remplaçante sur le poste

Le tout disparaît à nouveau de la voie publique en fin de journée. Pas pour longtemps. Car après une nuit d’insatisfaction manifeste, la boîte à images est remise à la place où elle avait été trouvée. Sans la télécommande. A croire qu’on en fait trafic, à Genève…

Le vieux poste trône alors quelques heures dans la rue, privé de sceptre. Un sujet le trouve finalement à son goût et l’embarque. Pour combien de temps?

Tel est le destin de la télémobile.

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24/10/2013

La bouteille à la mer

Elle m’a envoyé ces quelques lignes comme on lance une bouteille à la mer. Dans l’espoir que tous ceux qui l’ont aidée le 10 octobre dernier se reconnaissent et soient ainsi remerciés.

Adélaïde circule ces temps-ci avec un déambulateur à trois roues. En ce mercredi après-midi, elle grimpe dans le tram 12 à l’arrêt des Grangettes avec son engin à roulettes.

Un quadragénaire, serviable comme tout, l’aide à monter. Mais une fois dans le tram, patatras: les jambes d’Adélaïde refusent soudain de la porter. Elles lâchent, comme on dit. Cela ne lui était encore jamais arrivé. La voilà donc sur les genoux, au milieu des passagers. Quel inconfort…

Le monsieur prévenant la relève et l’installe gentiment sur le siège qu’une personne vient de libérer à son attention. Puis il s’inquiète de savoir où elle va s’arrêter, afin de pouvoir lui donner un coup de main.

Ce qu’il fait, le moment venu. L’homme descend alors le déambulateur et aide la passagère à gagner la terre ferme. Mais au moment où elle récupère son engin, deuxième faiblesse du jour: la dame tombe à nouveau sur les genoux, au milieu des passants.

La situation commence à devenir gênante. A croire qu’elle fait tout pour que cet inconnu prévenant s’occupe d’elle. Car il l’aide encore à se remettre debout et s’assure que tout va bien, avant de continuer sa course. A noter que le conducteur du tram a attendu qu’il finisse sa bonne action et remonte dans la rame pour partir.

Tant de sollicitude a fait grand bien à Adélaïde, malgré ses bobos aux genoux. D’où cette bouteille à la mer!

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23/10/2013

les fleurs pavoisent

Les jardiniers de la Ville de Genève sont de sacrés farceurs.

Je vous racontais hier comment ils avaient sabré la tonnelle du pont de la Machine, au grand dam des passants. Eh bien voici qu’aujourd’hui ils lancent une opération de charme dans la rade: c’est désormais le pont du Mont-Blanc qui croule sous les fleurs!

Cette nouvelle installation ne consolera pas pour autant les foules sentimentales qui aimaient cheminer sous les arches bucoliques de la passerelle piétonne. Enjamber le Rhône sous les cucurbitacées et les thunbergia restera pour beaucoup d’entre nous une expérience sensorielle particulière.

Or l’actuelle mise en fleurs de la grande artère ne vise pas le même public ni les mêmes sensations.

Sur le pont du Mont-Blanc, on y roule, on y roule. Au pas, bien souvent. Les milliers d’automobilistes et de motards qui l’empruntent au quotidien pourront donc déguster des yeux, et de loin, les cascades fleuries qui pavoisent aux couleurs automnales de Genève.

Pour être vues de loin, ces fleurs en or ont pris de la hauteur. Elles se sont accrochées aux vingt candélabres du pont et forment d’étranges tutus qui se dandinent au vent.

Ces guirlandes de fleurs assez spectaculaires sont l’œuvre du centre horticole du Service des espaces verts qui fête ses 150 ans. Il affiche ainsi haut et fort son savoir faire en un lieu peu propice aux promenades botaniques… C’est une bonne façon d’aller à la rencontre du public.

Ces 400 chrysanthèmes resteront en place jusqu’aux premières gelées. Alors merci pour ce beau boulot, les jardiniers!

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22/10/2013

Le temps des patates

Mais où sont-ils donc tous passés?

Les écoles ferment leurs portes pour les vacances de patates et il n’y a quasi plus un chat dans les rues. Cette grande désertion me laisse toujours perplexe.

A croire que les parents de cette République parviennent tous à se mettre au diapason des congés scolaires pour filer avec leurs enfants loin d’ici.

A croire qu’ils possèdent tous un chalet à la montagne, un cabanon à la campagne, un pied à terre où s’évader. Tant mieux pour eux.

Et tant mieux aussi pour nous qui restons au bout du lac: les vacanciers qui font du sur place ou les travailleurs impénitents. Car le farniente des uns déteint sur les autres. Tout est un peu plus calme et tourne au ralenti.

Sauf du côté du pont de la Machine. En ce premier jour de relâches, les employés du Service des espaces verts ont mis la briquette. Au grand dam des passants, ils ont ratiboisé toutes les plantes grimpantes qui transformaient le passage d’une rive à l’autre en une superbe tonnelle ombragée. Quel dommage!

Toute bonne chose a une fin, m’a dit le jardinier pour me consoler. Et vous aviez tout l’été pour en profiter…

Peut-être. Mais pourquoi ne pas avoir prolongé la vie de ces belles plantes, au moins jusqu’à la fin des patates? Qu’on savoure encore ces «Suzanne aux yeux noirs» qui allumaient les passants et ces cucurbitacées qui se balançaient à la bise. C'était trop bien!

Las. Les grands arceaux qui les soutenaient sont en cours de démontage. Et pendant ce temps, à quelques mètres de là, la pose des décorations de Noël a commencé…

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21/10/2013

Une astuce pratique

Je vous parlais l’autre jour de ces tickets qui circulent à double sur le réseau des Transports Publics Genevois.

Pour mémoire, il était question de cette pratique en vogue parmi certains clients de l’entreprise. Quand un passager finit sa course et que son billet est toujours valable, il ne le jette plus à la poubelle. Il le file tout simplement à un autre usager, pour lui éviter de s’arracher les cheveux devant les automates.

Deux clients pour le prix d’un, si je compte bien. Ça ne fait pas forcément le beurre des TPG. Disons que c’est de bonne guerre, quand les billets sont si chers. Et si difficiles à obtenir, parfois.

Martin, qui sait traquer les moindres coquilles dans les textes et les failles du système, a réagi à ce papier en me signalant une astuce que presque personne ne connaît.

Un billet «Tout Genève» est valable 60 minutes et coûte 3.50 (2.50 avec le demi-tarif). Le billet régional, lui, est valable 120 minutes et coûte 4.80 (2.90 avec le demi-tarif).

Si Martin doit faire un voyage en ville qui lui prend plus d’une heure, mais moins de deux, il achète un billet régional pour Gex. Ainsi, au lieu de payer 7 francs, il ne débourse que 4.80. Et s’il possède le demi-tarif, pour 40 centimes de plus, il double la durée de validité de son billet.

Vous me direz que ça ne joue pas, puisqu’il ne va pas à Gex. Erreur! Il n’est absolument pas obligé de se rendre là-bas, et le billet régional est aussi valable à Genève, bien évidemment. Voilà qui est malin.

Ce sont de petites économies, certes. mais elles font toujours plaisir…

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19/10/2013

La Poste aime la pub

La logique de la Poste n’est pas toujours celle de ses clients. Et vice versa.

Barbara n’apprécie pas spécialement la publicité qui bourre les crânes et les boîtes aux lettres. A quoi bon abattre tous ces arbres pour des feuilles qui passent directement à la poubelle.

Elle a d’ailleurs mis sur sa boîte, et depuis fort longtemps, un autocollant qui affiche clairement la couleur: «Non merci - pas de publicité».

Ce message a pris de l’âge. Son contenu n’est plus guère lisible, aux yeux de l’équipe de distribution postale.

A la bonne heure! Le géant jaune en profite pour lui adresser sa nouvelle campagne de séduction. Pile-poil dans la mauvaise cible. Car il offre à ces allergiques de la surconsommation, à ces soucieux d’écologie appliquée au quotidien un jeu de trois autocollants «Publicité OK!»

On se pince.

Un papillon accompagne le cadeau. C’est une véritable ode aux réclames et aux annonces en tous genres. Selon la Poste, les envois publicitaires permettraient à leurs lecteurs d’économiser de l’argent, d’être informés et constamment et au courant des nouveaux produits. Mieux: ils seraient de nature à les surprendre.

Dommage de ne pas en profiter, pas vrai? D’où cette invite aux clients récalcitrants à retirer la mention «pas de publicité» sur leur boîte aux lettres ou à retourner le petit écriteau intégré.

Ce qui, pour Barbara, reviendrait à retourner sa veste. Et ça, pas question.

Comme elle se moque bien de rater les offres intéressantes vantées par la pub de la Poste, tout filera droit à la poubelle.

Quel gâchis!

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18/10/2013

La coûteuse accolade

Ah, ces belles et grandes démonstrations d’affection!

Et que je te prends dans les bras en te tapotant gentiment dans le dos. Ça se fait beaucoup après les matches de foot. Entre filles aussi, sur d’autres terrains. Et à tout âge: c’est toujours bon pour le moral, ces rapprochements.

A Zurich, paraît que ces franches accolades sont souvent pratiquées par des voleurs à l’astuce. Ils enlacent spontanément les passantes, âgées si possibles, pour les remercier du fond du cœur de leur avoir indiqué leur chemin.

Car ils étaient perdus, les pauvres. Sauf qu’après ce geste chaleureux, ce sont les dames qui perdront, non pas le Nord, mais leur collier. Parfois remplacé par une autre parure sans valeur. Des as, ces lascars!

A Genève, il existe une autre variante. Un jeune se trouve ainsi dans un tram. Arrivent deux gars, sympas comme tout, qui l’apostrophent joyeusement puis le prennent par les épaules… Eh, salut mon pote!

Le garçon est surpris. Il ne connaît pas ces types-là. Mais bon, mieux vaut une accolade un peu appuyée qu’une paire de claques.

Une fois ces touchantes retrouvailles terminées, les compères s’en vont et les portes du tram se referment sur eux. C’est alors que le voyageur réalise qu’il n’a plus son porte-monnaie.

Il n’avait pas une fortune sur lui. Juste 35 francs. Par chance, le Service des Objets trouvés lui annoncera que son bien a été retrouvé. Sauf que la bourse était vide et que le jeune devra débourser 31 francs pour la récupérer.

Ça fait cher l’accolade et le service à la population…

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17/10/2013

On connaît la chanson

Tous les matins on lui achetait un petit pain au chocolat la-la-la-la. La boulangère nous souriait, et c’était très bien comme ça, la-la-la-la…

Eh bien c’est fini, la chansonnette!

A la boulangerie des Délices, les clients ont plutôt le blues. Car Myriam a été licenciée. Sans motifs. Après neuf ans de présence chaleureuse en ces lieux. Aujourd’hui, c’est sa toute dernière matinée derrière le comptoir. Et personne ne veut y croire.

Certains habitués sont si écœurés en apprenant la nouvelle qu’ils sont prêts à faire une pétition pour qu’on leur rende leur vendeuse préférée. Pas dit que cela serve à grand-chose. Les jeux sont faits. Et mal faits.

Fin septembre, la fondée de pouvoir de la société propriétaire débarquait à l’improviste au magasin pour lui remettre sa lettre de licenciement. Un vrai coup de massue pour cette fidèle employée. Pour les gérants aussi.

La porteuse de mauvaise nouvelle s’en expliquera. Place à un nouveau concept. A la jeunesse. Et, regardant la boulangère dans les yeux: «Que voulez-vous, je ne peux pas vous ôter vingt ans et vous mettre en minijupe…»

Ben voyons!

Tout est donc question d’apparence. Il est vrai que Myriam est plantureuse et affiche sans rougir ses 45 ans. Et alors?

Alors il ne faudrait pas oublier que cette mère de famille, très populaire dans le quartier, a ses inconditionnels.

Des clients qui apprécient son sens de l’accueil, ses petites attentions, ses bons mots. Et qui ne viendront plus forcément à la boulangerie des Délices acheter leur p’tit pain au chocolat, quand Myriam ne sera plus là. Na!

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16/10/2013

L'homme et l'oiseau

Vu la grisaille et la fraîcheur ambiante, je crois qu’on va se faire plaisir avec une jolie petite histoire toute simple.

Celle que m’a contée Véronique s’est passée il y a une semaine. Au temps béni où il faisait encore assez beau pour prendre un café en plein air sur une terrasse du Bourg de Four.

Elle et son ami repèrent une table au soleil et s’y installent pour commander une boisson. Un monsieur fait de même juste à côté d’eux.

Très vite, un petit moineau vient se poser sur l’épaule de l’homme. Ont-ils rendez-vous?

Le passereau semble comme chez lui sur ce manteau en cuir, même s’il glisse et se rattrape chaque fois que l’humain bouge. Lui, de son côté, n’est visiblement pas conscient d’avoir de la visite.

Très intriguée, Véronique demande à son voisin s’il connaît le jeune piaf qui s’agrippe à lui. Surpris par la question, il découvre l’animal.

Non, connais pas! Mais la compagnie ne semble pas lui déplaire et il ne fait en tout cas rien pour la chasser. L’oiseau en est ravi. Il s’enhardit, comme tout moineau qui se respecte. Il pépie à l’oreille de son hôte, fait un brin de toilette, pique un petit roupillon, sautille à nouveau.

Véronique se dit que tôt ou tard, il va lâcher une fiente et que ce moment de grâce sera fini. Mais rien du tout!

Avec l’accord de son voisin de table, elle tire alors le portrait de ce couple insolite qui s’est formé il y a déjà plus d’un quart d’heure, avant de s’en aller avec son ami.

A leur départ, l’homme et l’oiseau étaient toujours ensemble à la terrasse du Bourg de Four. Et après? Top secret!</p>

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15/10/2013

Un geste cavalier

Près de 5000 Genevois se sont mis en mouvement ce dimanche. Une belle démonstration de mobilité douce!

Tandis que les familles faisaient la Marche de l’Espoir sur les quais, les sportifs ont participé à la course RER. Autrement dit la Run Evasion Rhône et ses 22,3 km séparant la Queue d’Arve de Dardagny. Une sacrée trotte!

Plus de 700 coureurs ont ainsi pris part à cette compétition (voir p. 14) et suivi le parcours bien balisé qui les pousse vers les vignes.

La veille, les petites mains du comité d’organisation ont posé les banderoles le long du tracé. Et la semaine d’avant, ces bénévoles ont pris le temps d’avertir les promeneurs et autres habitués des lieux qu’il y aurait là épreuve sportive.

En ce dimanche matin, pendant que les coureurs suent tant et plus, deux cavaliers, accompagnés d’enfants sur poney, font une balade dans la campagne. La petite troupe arrive près de la passerelle de Chèvre. Impossible pour elle d’aller plus loin: le passage des sportifs en plein effort est bien protégé.

Rien à cirer de ce RER, a dû se dire le premier cavalier qui piaffe d’impatience devant l’obstacle. Et malgré les injonctions du jeune scout commissaire de course et des spectateurs médusés, il force le dispositif et arrache la banderole pour laisser passer la cavalerie.

Bravo! Bel exemple de civisme. Qu’importent les coureurs, les organisateurs, le public et les scouts qui, du haut de leurs 12 ans, ne peuvent pas lui tenir tête. Il faut qu’il passe. Il passera.

Les personnes présentes ont toutes déploré ce geste cavalier. Un adjectif à prendre dans le sens donné par le dico: «qui est sans gêne ni respect.»

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14/10/2013

Les petites annonces

Oui, je suis accro aux petites annonces. A ces listes hétéroclites qui rassemblent tout ce que les gens ne veulent plus et dont ils espèrent tirer encore profit.

La consultation sur papier ou écran de ces catalogues de marché aux puces ne m’est dictée par aucune nécessité. Juste la curiosité. On ne se refait pas…

Car il y a dans ces annonces matière à réflexion. Sur ce que les personnes sont prêtes à vendre. Et ce que cela raconte. Ça titille l’imagination, forcément.

Je vous avais déjà parlé du corbillard d’occasion. Il est d’autres histoires chagrines suggérées par ces quelques lignes laconiques. A vendre belle robe de mariée jamais portée. Chambre de bébé non utilisée. A liquider, suite départ.

Il y a le chat qui donne soudain des allergies. La lapine qui fait trop de petits et qui sont à donner. Le tube de crème à épiler. Pas ouvert, est-il spécifié.

Un parcmètre ancien attend preneur. Tout comme les chaussons de mamie tricotés main, vendus à un prix qui ne paie même pas la laine. J’ai aussi vu une paire de menottes métalliques recouverte de fourrure rouge, «à remettre en main propre». Je me méfierais…

Une personne propose de partager sa boîte aux lettres: «Vous pouvez recevoir vos lettres à mon adresse ainsi que des colis et venir les chercher quand vous voudrez.» Le tout pour cent francs par mois.

Tous ces avis expriment certes le besoin des gens d’arrondir leur fin de mois. Mais aussi d’entrer en contact avec d’autres. Pour rompre leur solitude. Echanger des mots, avant les objets.

C’est toujours utile et passionnant, les petites annonces!

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12/10/2013

Un froid de canard

Brrr! Le froid a déboulé sans crier gare. Sans mettre de gants.

Il a fondu sur nous autres qui étions encore innocemment en sandales et bras nus en ce début de semaine. Le traître! Autant dire que les petons ont réintégré vite fait des souliers fermés et que les petites laines ont refait surface.

Cette dégringolade des températures change radicalement l’ambiance! Finie la rigolade. Envolées, les tenues légères et décontractées qui nous faisaient de l’œil dans les rues. Le froid pique et les corps disparaissent sous les tissus. Ils s’emmitouflent, se drapent, s’enroulent dans des couches chaudes. Le temps est à l’austérité…

Vous avez vu? Tout alentour, la neige a déjà nappé de blanc les hauts du Salève comme les flancs des Voirons. Les stratus remplacent peu à peu les nuages cumuliformes qui bourgeonnent sur le Jura. Les brumes s’installent.

Les cormorans passent sur le lac où les nageurs se font rares. Quelques vols d’étourneaux troublent les airs. Les pontons sur le Rhône sont désertés, les terrasses des bistros se démontent. Les feuilles jaunissent puis tombent sans faire de bruit.

Ce sont des signes qui ne trompent pas. Nous filons inexorablement vers l’hiver. Le changement d’heure se fait d’ailleurs à la fin du mois, c’est dire.

Est-ce que ça ne va pas soudain un peu trop vite, tout ça?

Pourtant, ce coup de froid donne un gros coup de mou à tous. Les gens bâillent à s’en décrocher la mâchoire. Envie de ne rien faire. Ou alors très au ralenti. Envie de traînasser au chaud, de se couler un bain. Et attendre que ça passe.

Je sens que l’hiver sera long.

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11/10/2013

Bon pour la santé

Jean-Pierre se rend l’autre soir à Rive dans un fast-food bien connu de la place pour y croquer un hamburger sur le pouce.

Désolée pour ces anglicismes, mais leur usage est parfois plus simple pour situer le cadre de l’action.

Et quand je dis «sur le pouce», je pense aussi à tous les autres doigts qui tiennent fermement cette montagne comestible tandis que les crocs se plantent dedans, que la sauce déborde de partout et dégouline sur eux. J’avoue ne pas savoir manger proprement un hamburger…

Toujours est-il que devant l’entrée de ce temple de la bouffe rapide, un jeune malheureux lui demande de l’argent. Pour quel usage? questionne alors Jean-Pierre.

J’ai faim!

Pas de doute, il est à la bonne adresse. Comme ce vieux Genevois a le cœur sur la main, il achète une spécialité de la maison pour lui et une autre bien dodue pour celui qui a la dalle et qui végète dehors.

A la sortie de l’établissement, il tend le plat du soir au mendiant. «Euh, non merci, je ne suis pas trop bien. Je préfère plutôt de l’argent.»

Non sans humour, Jean-Pierre se rend à l’évidence. Au fond, ce type a raison: cinq fruits et légumes par jour, c’est bien meilleur pour la santé!

Et c'est pourquoi, au lieu d’être tenté de manger le hamburger qui lui reste sur les bras, il devrait plutôt forcer sur les citrons, oranges et kiwis. Faire le plein de vitamines.

Car vous l’aurez sans doute remarqué. L’hiver pointe à l’horizon…

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10/10/2013

Gare aux baratineurs

Cela n’arrive qu’aux autres, c’est bien connu. Jamais, au grand jamais, elle ne se fera avoir. Pas folle, la guêpe…

Denise fait ses emplettes il y a une dizaine de jours à la librairie Payot. Plongée dans la contemplation des titres de la rentrée littéraire, elle se fait aborder de façon très polie par un homme d’une quarantaine d’années.

Bien mis, comme on dit, beau parleur, souriant, ce monsieur fait campagne. Il défend la cause des handicapés. Bravo à lui.

Il sort de sa sacoche une feuille pour présenter son association, avec photos et textes à l’appui. Puis vient la question incontournable: pourriez-vous faire un don pour soutenir notre action?

Comme on peut se faire prendre par un bon roman, Denise croit en cette histoire. Et sort un billet de vingt francs. Le monsieur s’enhardit. Pourriez-vous plutôt donner 50 ou 100 francs?

Trop, c’est trop! Le charme est rompu. La donatrice se ressaisit. Non, vous n’aurez pas un centime de plus. D’ailleurs, votre quête est-elle autorisée par Payot?

L’homme s’éclipse alors. La librairie confirmera qu’il n’avait rien à faire là. Denise s’est fait avoir comme une bleue.

Mais on ne l’y prendra plus. Quand un autre monsieur bien mis, beau parleur et souriant est venu sonner à la porte de son domicile, cette semaine, avec la même feuille sous le bras, pour défendre lui aussi la cause des handicapés, elle n’a pas hésité une seconde.

Loin du bal!

Gare aux baratineurs qui connaissent les codes d’entrée des immeubles. Ne vous laissez donc pas tondre. Même si cela n’arrive qu’aux autres, c’est bien connu.

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09/10/2013

Les tickets circulent

Est-ce un mouvement citoyen qui s’enclenche ou une rébellion populaire? Je ne parle pas des élections, rassurez-vous…

Il est en tout cas une pratique qui se développe parmi les clients des TPG, me glisse un observateur averti des mœurs genevoises. En descendant du bus, ils sont toujours plus nombreux à refiler leurs tickets quand ils sont encore valables. Les tickets, pas les gens!

C’est là un pur réflexe de solidarité entre voyageurs. De grogne contre ces foutus automates. Ou les deux à la fois! Car ceux qui ont encore la patience de prendre un billet pour effectuer un tour en ville en ont assez. Je ne dirai pas «marre», le mot devenant un peu trop connoté ces temps-ci. Ils en ont donc assez de ces distributeurs capricieux, lents, illisibles ou hors service.

Avez-vous d’ailleurs remarqué combien les touristes sont désemparés devant ces engins? Et le pire, c’est que les habitants d’ici ne sont pas forcément capables de les aider à comprendre le système. Presser, valider, préciser, confirmer. Ça y est, le tram vient de filer. Payer, enfin. Oui mais comment?

Pas étonnant, dès lors, que des gens bien attentionnés donnent leur sésame aux usagers embourbés devant ces machines. Michel en a reçu deux en peu de temps. Ce qui est ma foi assez plaisant.

Mais il est resté sans voix mardi dernier quand une dame fort distinguée, dans la bonne quarantaine, lui a donné son billet valable encore 35 minutes et lui a dit, sans perdre de son élégance: «Faut les niquer ces TPG!»

L’automne genevois commence devant les automates et enrichit le vocabulaire des pourtant bien élevés…

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