31/01/2014

Compagnon indésirable

Sa missive n’a rien d’un coup de gueule. Elle ne dénonce pas de scandale ou d’abus. Elle regrette tout au plus une interdiction qui la chagrine.

Camille ne m’a pas précisé son âge. J’imagine volontiers cette dame avec des cheveux grisonnants, coquette et souriante, trottinant avec son petit caniche dans les rues de Plainpalais.

Elle fait aussi de plus longues balades qui les mènent tous deux aux Bastions, en vieille ville et parfois même au bord du lac, si le temps le permet. Une halte est alors prévue aux Halles de Rive.

C’est que la promeneuse aime venir dire bonjour à son copain boucher, boire un verre au bar des Halles ou manger une assiette avec des amis. La vie sociale, ça s’entretient.

Un jour, elle se fait arrêter à l’entrée du lieu par un garde bien intentionné. Pédagogue, en plus. Madame, vous ne prenez pas votre chien à la Migros, n’est-ce pas? Eh bien ici, c’est pareil!

Camille lui répond que les Halles sont un lieu de passage, un marché couvert, avec une entrée et une sortie. Tandis qu’à la Migros, entrée et sortie ne font qu’une. Ce n’est pas pareil.

Et puis pas question d’attacher son caniche dehors, de peur qu’on le lui pique. Parce que les petits chiens se volent aussi, à Genève…

Elle n’a donc pas pu entrer dans les Halles cette fois-ci. Ni un autre samedi où, passant devant elles, la marcheuse voit trois maîtres tenir leur animal en laisse à l’entrée, en attendant que leur douce moitié finisse les achats.

Or, Camille n’a plus de conjoint. Cette vue lui a soudain rendu sa solitude pesante. Malgré son fidèle compagnon à quatre pattes. D’où sa missive…

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30/01/2014

Tout, sauf la poubelle

C’est indécent. C’est décadent. C’est tout ce que vous voudrez, mais en tout cas rien de bon pour notre avenir.

Quelle mouche me pique? Eh bien vous avez sans doute lu comme moi le résumé de la dernière étude sur les ordures suisses. Ça craint.

On y apprend que chacun d’entre nous jette chaque année plus de 30 kilos de nourriture. Dont la moitié est encore comestible!

Je n’ose imaginer comment ceux qui ont mené l’enquête pour le compte de l’Office fédéral de l’environnement ont pratiqué pour arriver à ces résultats. Mais le gaspillage annoncé dépasse l’entendement.

Tant d’énergie et de travail dépensés à produire des denrées qui finissent à la poubelle. Trop nul!

Cela montre que les consommateurs d’aujourd’hui sont trop riches, ou trop paresseux. Trop ignorants, aussi? Ils ne savent peut-être pas que les surplus de repas peuvent être mis en valeur. Alors je leur adresse une bonne nouvelle.

T’as de beaux restes, tu sais!

Et ces restes, il faut les accommoder. Suffit d’un peu d’imagination. Pour tous ceux qui en seraient dépourvus, il existe des sites qui regorgent de conseils pratiques pour «sublimer ces restes, ces trésors.»

Sans aller jusqu’à ce truc tarte à la crème, les débutants en recyclage d’aliments y apprendront à faire des tartes, quiches, clafoutis et pudding qui ont la cote auprès des internautes. Les soupes leur semblent trop simples. Les omelettes aussi. Mais au fond, qu’importe la recette. Pourvu que la nourriture ne soit pas bêtement jetée.

Tout, sauf la poubelle.

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29/01/2014

Offrir son anniversaire

Après deux histoires d’arnaque, il est temps de passer à des nouvelles un peu plus réjouissantes.

Je vous avais parlé il y a peu du petit Clément. Pour rappel, ce garçon avait demandé à sa tante que l’argent utilisé pour lui faire un cadeau de Noël soit plutôt versé à Terre des hommes.

L’association en a profité pour me signaler une action qui pourrait susciter de nouvelles vocations auprès des plus jeunes (des vieux aussi?): l’anniversaire solidaire!

Depuis le 23 janvier, elle a ainsi mis en ligne sur son site une page qui permet de faire un don à l’occasion de ce grand jour. Comment ça marche?

Partant du principe que les jeunes d’ici ont accès à internet, ils iront sur www.terredeshommessuisse.ch quelques jours avant le jour J et cliqueront sur «Je veux offrir mon anniversaire en faveur des enfants défavorisés».

Les intéressés sont alors invités à créer une page personnelle où ils expliquent les raisons pour lesquelles ils souhaitent participer à cette action.

Les proches désirant les soutenir dans cette démarche feront naturellement un don à l’association. Et la fête sera ainsi profitable aux enfants dits du Sud.

Mais attention. Il faut que l’envie de faire ce geste de solidarité vienne des enfants eux-mêmes, et non de leurs parents qui voudraient se donner bonne conscience. Autrement, c’est triché!

Encore un mot: sachez que l’opération «peluches» du 24 janvier à la patinoire des Vernets a fait un tabac: on estime que 7500 à 8000 doudous ont plu sur la glace. Un record! Les petits patients de l’Hôpital de l’Enfance de Genève auront bientôt de quoi s’amuser!

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28/01/2014

Gare au pneu crevé

Dimanche, en fin de matinée, une voiture à plaques vaudoises s’arrête au feu rouge, devant la gare Cornavin.

Au moment où la Mazda redémarre, ses deux occupants entendent un bruit bizarre à l’arrière du véhicule. Dans son rétroviseur, la passagère voit s’agiter tout près deux cyclistes, dont l’un peine à remonter sur sa bécane.

A-t-il heurté la voiture? Le couple n’a pas le temps de s’interroger longtemps: les pédaleurs ont disparu. Mais il y a comme une gêne à bord. Madame en a la confirmation quand elle baisse la vitre et entend ce qui la trouble. Ça fait clap-clap-clap en roulant. «On a crevé!»

Le temps de repérer un lieu où s’arrêter sans gêner la circulation, nos deux Vaudois trouvent refuge sur le large trottoir du quai de la Poste.

Tandis que la femme appelle le TCS, le mari sort le cric pour dégager la roue. C’est là qu’un type à bicyclette les accoste. Il tournicote autour d’eux, donne des conseils inutiles et finit par leur casser les pieds. Ils lui demandent poliment de s’en aller, ce qu’il fait.

La scène n’a pas duré longtemps. Juste assez pour que l’homme réussisse à détourner l’attention du couple et lui fasse tourner le dos au véhicule.

Le conducteur retourne alors s’occuper de son pneu. Il constate avec stupeur qu’il est entaillé sur le côté. Ce n’est donc plus une banale crevaison!

La femme a soudain un drôle de pressentiment. Elle regarde sur le siège: son sac a disparu! Volé sans doute par le comparse du baratineur à vélo.

Bilan de ce joli dimanche: des cartes bancaires à bloquer, des papiers à refaire, un, voire deux pneus à changer.

Bienvenue à Genève!

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27/01/2014

Très chère zappette...

C’était un mauvais jour pour Suzanne. Un jour de la semaine dernière où tout allait mal. Sauf à Melbourne, où les choses semblaient encore bien parties pour Federer et Wawrinka. Suspens, suspens…

Faut dire que cette dame est fan de tennis! Vissée à sa télé, elle ne quitte pas des yeux les matches. Et voilà qu’en plein tournoi, son écran a des ratés.

Oh rage, oh désespoir! La retraitée fonce sur son téléphone et appelle la maison qui lui a vendu l’appareil. Pas de souci, Madame, on vous envoie quelqu’un. Mais sachez que si c’est un problème de reconfiguration, comme il y en a tant ces jours, ça fera cent francs.

Cent francs, ce n’est pas donné, mais ça reste tout de même moins cher qu’un billet pour l’Open d’Australie! Un dépanneur débarque donc chez elle.

Oh, mais vous n’avez pas la télécommande qui convient pour que je puisse faire mon boulot. Mince alors, je dois retourner en chercher une autre.

A son retour, il bidouille ce qu’il faut et l’accro au tennis est sauvée: elle verra la suite de la compétition. Voilà, ça fait 150 francs! La cliente tique. Ce n’est pas de sa faute si la zappette vendue avec sa télé ne va pas! Rien à discuter, l’homme attend son dû.La femme demande alors un reçu.

Oh mais pas de chance, j’ai laissé mon calepin dans la camionnette. Je vous le mets dans la boîte aux lettres.

Elle l’attend toujours! D’où cette impression de s’être fait arnaquer par un «extra» qui profite de la situation. C’était cousu de fil blanc, son truc…

Sûr qu’elle a oublié tous ces tracas dimanche, en suivant à l’écran le sacre de Wawrinka. La semaine de Suzanne a donc fini sur un bon, un excellent jour!

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25/01/2014

Déclaration de rêve

pont.JPG«JE RÊVE DE TOI».

Cette déclaration publique est écrite sobrement, en blanc sur fond noir. Et en grand format, bien sûr: la banderole est accrochée le long de la balustrade du pont de la Coulouvrenière. Avec le texte écrit côté fleuve.

Celles et ceux qui circulent à toute allure sur ce grand axe ne la voient pas. Normal, elle ne s’adresse pas à eux. Mais à qui, alors?

A moi! Moi qui lis ces mots doux depuis la promenade des Lavandières, du côté Bateau-lavoir. «Je rêve de toi». Oh, que c’est bon tout ça! Car si c’est un rêve, ce n’est déjà pas un cauchemar. Un bon point! Euh… qui est ce «je», au fait?

A l’évidence, ce message ne m’est pas destiné, hélas. Mais il est formulé pour que tous ceux qui le lisent se sentent concernés. Un instant du moins. Est-ce le but recherché?

Il doit pourtant y avoir plus! Une personne a pris la peine de confectionner la banderole avec des sacs-poubelles en toile de fond et des lettres tracées avec du scotch. Pour qui? Pourquoi?

J’opte pour l’amoureux transi et désargenté qui sait que sa belle travaille en l’Ile. Ou l’inverse. J’envisage aussi une démarche artistique. Ou la présence d’une caméra cachée pour se moquer de nos réactions troublées.

Reste encore une autre possibilité. La déclaration adressée au fleuve. Et là, le message prend une autre tournure. Car le Rhône, on ne s’y jette pas uniquement pour nager, les désespérés en savent quelque chose.

Mon côté fleur bleue me pousse finalement à croire que ce «Je rêve de toi» est une démonstration d’amour. Elle me fait en tout cas plus d’effets que les cadenas d’amour du pont d’à côté!

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24/01/2014

Peluches sur la glace

«Dis, elles ont passé où, mes peluches?» La demande vient d’un grand ado qui n’a plus vraiment l’âge de jouer avec ses nounours. Et pourtant, il en a besoin pour sortir ce soir. Etrange!

Où sont-elles donc? C’est la question du moment. Elle doit tourner en boucle dans des centaines de foyers genevois.

Une épidémie? Non. Un match de hockey en vue!

C’est ce soir qu’a lieu aux Vernets la 9e opération «peluches» lors de la rencontre opposant le Genève-Servette Hockey Club au HC Lugano.

C’est l’opération la plus belle de toutes, selon les supporters du cru. La plus chou aussi. Ben oui. Imaginez ce public, friand d’émotions fortes et de confrontations musclées, qui se rend à la patinoire avec des lapins, des tigres ou des cochons tous mous sous le bras…

Des montagnes de douceur dans ce temple de glace, pour faire plaisir aux minots soignés à l’Hôpital des enfants de Genève. C’est pas mignon tout ça?

Mais attention aux jets intempestifs de peluches! Elles sont à lancer lors du premier but que les Aigles marqueront. Pas avant, et encore moins par dépit si c’est l’équipe adverse qui cartonne. Autrement, c’est le petchi!

L’an dernier, plus de 7000 doudous de toutes tailles tapissaient la glace des Vernets après le but marqué par Rivera. Combien seront-ils ce soir?

Les organisateurs verront bien. Puis ils retrousseront leurs manches. Car ces boules de tendresse passeront encore par la case nettoyage avant que les joueurs les prennent pour aller les distribuer aux enfants. Ça leur fera drôlement plaisir!

Que demander de peluche?

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23/01/2014

Levée de dictionnaires

Vous ne laissez rien passer, disais-je.

Et comment! Impossible pour moi de faire l’autruche plus longtemps et de faire comme si de rien n’était.

J’avoue avoir été fort séduite par la logique sans fautes développée par Yves. A savoir que lorsque personne ne se trouve dans un véhicule des TPG, hormis le conducteur (voir les «Encres bleues» des 10 et 14 janvier), il faudrait écrire dans la girouette «sans voyageur», au singulier. Et non au pluriel, comme c’est le cas aujourd’hui.

Mais cette logique a provoqué une véritable levée de dictionnaires!

«On peut reprocher beaucoup de choses aux TPG, mais l’orthographe?» me taquine Bertrand, avant de me renvoyer aux études. Il me conseille de consulter la règle du «sans» sur différents sites, dont celui de l’Académie française.

D’autres lecteurs en appellent au Grevisse. Au Petit Robert. Au Larousse ou au Bescherelle, histoire de remettre les points sur les i. N’en jetez plus!

Après consultation des experts en la matière, un léger doute subsiste. Tout est question d’interprétation. Mais si l’on part du principe qu’un bus est effectivement un moyen de transport collectif, le pluriel s’impose.

Les TPG ont donc fait juste. Sur ce point du moins. Car ça me démange de coller d’office un «s» au nom de leur nouveau trolleybus. Celui qui ressemble à un tram. Exqui.City qu’il s’appelle.

Exquis, ce serait tellement mieux! «Qui produit la plus délicate impression», résume à ce sujet le Larousse. C’est tout l’image des TPG…

Bon, je crois que je vais m’arrêter là pour aujourd’hui.

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22/01/2014

Le voyage de matu

«Un voyage, un projet, une ville, des regards, des rencontres, une trace…» Et au final, un sacré programme!

Le papillon que je tiens entre les mains l’indique hélas clairement: cette expo de collégiens était à découvrir jusqu’à hier seulement. Mince alors!

S’il est trop tard pour vous inciter à faire un saut à la galerie qui accueillait cet accrochage collectif, il faut que je vous le raconte, puisque j’y suis juste allée à temps.

Dans le sous-sol voûté d’Un R de famille, un espace de la Fondation Pro Juventute Genève, les visiteurs ont pu découvrir le fruit d’un travail effectué par une classe de l’option «arts visuels» du Collège Claparède à l’occasion de son voyage de maturité à Budapest.

Un voyage qui n’a pas fait la une des journaux. Et pour cause, il s’est bien passé! Il fera donc la der…

De cette semaine passée dans la capitale hongroise, les collégiens ont tous rapporté une trace artistique de leur rencontre avec la ville. Certains optent pour le carnet de croquis de voyage ou le dessin à main levée d’architectures classiques, d’autres préfèrent la photo ou la vidéo montrant des interventions faites dans les rues de Genève et de Budapest. Des élèves créent des cartes postales ou tirent des parallèles au fusain entre les deux villes traversées par l’eau.

Des textes accompagnent chaque travail exposé. Tous témoignent, avec un enthousiasme et une fraîcheur juvéniles, de l’envie d’aller au plus près de la réalité de la capitale, loin des clichés touristiques et des idées reçues.

Un tel voyage forme la jeunesse! Bravo à tous. Au prof aussi, pardi!

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21/01/2014

La pêche aux pièces

Quel âge peut-il avoir, Edgar? Disons que cet homme respectable n’est plus un gamin depuis longtemps.

Mais il a toujours gardé cette habitude qui lui vient de son enfance: celle de glisser son doigt dans les machines où l’on met de l’argent pour obtenir un billet ou un service, afin de vérifier s’il n’y aurait pas là une pièce oubliée. Sait-on jamais!

C’est une distraction comme une autre, la pêche à la monnaie. Je parie que vous êtes nombreux à l’avoir déjà tentée, dans les distributeurs des TPG ou les appareils téléphoniques qui subsistent encore sur la voie publique.

Un soir de décembre, notre homme respectable poireaute sur le quai d’une gare en attendant son train. Il a pas mal de temps à perdre. Ça tombe bien, il y a là plusieurs travées avec des consignes de bagages.

Edgar passe en revue les fentes des casiers et joue à la chasse au trésor. C’est alors qu’il se fait aborder par deux messieurs en uniforme de Securitrans. La police ferroviaire, donc.

Ces messieurs indiquent à notre fureteur du moment que la mendicité est interdite et que son comportement dérange beaucoup de monde.Tiens donc!

Il n’y a pas un chat à l’horizon. Et l’interpellé ne fait pas la manche: sa quête concerne des machines, pas des humains. Malgré l’aspect farfelu de cette interdiction, il stoppe net sa pêche aux pièces. Le goût lui en est passé.

C’est qu’il en a gros sur la patate, Edgar. Car ça n’a jamais fait de mal de guigner si un sou traîne quelque part. Faut croire que si. Chaque sou compte, pour les CFF!

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20/01/2014

Des gestes si naturels

Ce n’est pas le monde à l’envers, mais presque.

Aujourd’hui, quand une personne inconnue vous rend spontanément service, alors que vous êtes dans la panade, ça semble juste extraordinaire.

Comme si l’on était condamné à ne faire que des mauvaises expériences au contact des gens. Or, ces gestes sont on ne peut plus naturels, ou je me trompe?

Je reçois souvent des messages de lecteurs pour témoigner leur gratitude à ces êtres anonymes qui les ont tirés d’un mauvais pas.

Marion aimerait dire merci à celui ou celle qui a rapporté au guichet de l’UBS de Meyrin la carte de crédit qu’elle avait oubliée jeudi dans le bancomat. Ça lui a évité bien des démarches fastidieuses.

Marie-Laure aurait souhaité dire de vive voix tout le bien qu’elle pensait d’eux au chauffeur de taxi et aux trois autres messieurs qui l’ont relevée dans la rue alors qu’elle avait chuté sur les genoux. Mais cette dame âgée était trop choquée sur le moment pour le faire.

René voudrait aussi exprimer sa reconnaissance à la passante qui s’est préoccupée de son état après qu’il se soit planté lundi à vélo, rue Ancienne.

Merci donc à tous ces inconnus. Mais franchement, je crois que nous aurions tous fait les mêmes gestes qu’eux…

Clément mérite quant à lui un coup de chapeau. Ce garçon de 8 ans et demi a proposé à sa tante en décembre dernier de ne pas lui offrir de cadeau, mais de faire à la place un don pour Terre des hommes. Lors de la marche de l’Espoir, il avait été touché par le sort des enfants victimes de différentes horreurs dans le monde, et il voulait leur venir en aide.

Une telle générosité, à cet âge, c’est plutôt rare!

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18/01/2014

Urgences: le retour...

Une dame âgée de 83 ans vient de vivre une expérience inoubliable, jugez plutôt. Le lundi de la fête des Rois, elle fait un malaise. La voilà qui tombe sur un meuble et s’ouvre la joue.

Son ami et son fils présents appellent le 144 et une ambulance la conduit aux Urgences de l’hôpital. La blessée est vite prise en charge et elle est fort bien soignée.

Après une nuit passée aux HUG, elle subit encore divers examens le mardi matin. On lui propose d’aller dans un autre hôpital pour se reposer. L’aînée préfère rentrer chez elle. Soit.

La veille, son ami a pris ses habits tachés de sang et compte bien lui en rapporter des propres pour sa sortie. Il n’en aura pas le temps.

Car alors que la famille se renseigne auprès de l’hôpital pour savoir quand elle peut venir chercher sa parente, elle apprend qu’il est déjà trop tard: une voiture de transports pour handicapés est sur le point de déposer l’octogénaire au bas de son immeuble.

Mais dans quelle tenue! La patiente a fait le trajet en chaussettes, chemise de nuit et robe de chambre de l’hôpital, avec le cathéter encore planté dans sa main! Pas possible, j’y crois pas.

Et pourtant, couac il y a bien eu quelque part: j’ai vu la photo prise par ses proches. Car ils se sont tant étranglés d’indignation en la voyant arriver dans cet état qu’ils ont immortalisé la scène. Ils ont surtout aidé cette petite femme chancelante à grimper les cinq étages de son immeuble sans ascenseur. Son médecin traitant lui a enlevé le cathéter le lendemain. Aujourd’hui, elle va bien.

Urgence à l’aller, urgence au retour! L’hôpital jure ses grands dieux qu’une telle pratique n’est pas dans ses habitudes. Nous voilà rassurés!

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17/01/2014

Le bain ou la douche

Il pleut, il mouille. Sous l’averse qui douche copieusement les passants, une affiche me fait soudain de l’œil. Pétante de couleurs, cette invite m’est lancée par une compagnie aérienne «low-cost».

Fuir l’hiver, profiter du beau temps sous d’autres cieux: c’est ce que suggère cette image où l’on voit un enfant souriant tremper les pieds dans la mer. Que du bonheur! On en poserait illico son pépin pour s’immerger jusqu’au cou dans l’eau tiède. D’autant que l’affiche le clame sans détour: c’est bientôt l’«HEURE DU BAIN».

Prendre un bain, donc. Un désir qui n’a a priori rien d’exorbitant. Les prix affichés pour la baignade semblent à portée de toutes les bourses.

Toutes? Pas vraiment!

Car il est encore des personnes vivant à Genève pour qui prendre un bain, dans une simple baignoire, n’est tout simplement pas possible. Faute de logement

C’est ce qu’a montré le 19 décembre dernier le documentaire de Temps présent intitulé «Une douche contre la misère», qui parle du Point d’Eau et de la question des sans-abri. Et si je vous en parle, c’est parce que cet excellent documentaire est projeté ce soir au Codebar, un lieu de rencontre et d’expression situé aux Grottes.

Ce reportage vaut tous les discours. Il exprime le profond désarroi de ceux qui viennent régulièrement au Point d’Eau se doucher et laver leurs vêtements pour conserver leur dignité. La projection sera suivie d’une rencontre avec les auteurs du film et les responsables de cette structure. Entrée libre, bien sûr!

(Codebar 10, rue Baulacre à 19 h )

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16/01/2014

Des voeux à méditer

J’ai reçu d’un cousin vivant au loin ses bons vœux pour la nouvelle année. Son message m’est apparu à l’écran avec l’avertissement «à méditer…»

Bien, je suis partante! Sujet de la réflexion? «Le jour qu’Albert Einstein craignait est finalement arrivé!» Aïe. La bombe? C’est fait. Quoi d’autre, alors?

Si vous avez déjà vu la chose sur internet, passez un tour et revenez demain. Pour les autres, je vous la fais courte: la missive fait défiler des scènes de la vie quotidienne montrant des accros graves aux téléphones portables, avec des légendes sous chaque image.

Prendre un café avec des camarades? Quatre jeunes sont plongés dans la contemplation de leur mobile, sans un regard pour les autres. Ou pour le café.

Passer un jour à la plage? Les gars et les filles consultent leur écran au lieu de se passer l’écran total sur les épaules et le reste du corps. Prendre un dîner avec des amis? A table, les quatre potes ne se régalent que de portable.

La conversation avec sa meilleure amie? Deux filles côte à côte sont en face à face avec leur téléphone. La visite au musée? Les tableaux sont superflus, il y a tout ce qu’il faut regarder entre les mains des visiteurs. Et ainsi de suite.

Arrive enfin l’image du génie. Avec ces deux phrases qui lui sont attribuées: «Je crains le jour où la technologie surpassera nos échanges humains. Le monde aura une génération d’idiots.» On peut avoir l’impression que ce jour est arrivé.

Une génération d’idiots! Il y va tout de même un peu fort, Albert Einstein. Tout est relatif…

Sur ce, bonne méditation, et vive les échanges humains!

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15/01/2014

La pub qui fait jaser

Les actions du siècle sont de retour ces jours-ci, en version «SALE» ou «Soldes». Et avec elles déferlent dans le paysage toutes sortes d’annonces pour appâter le client. Dont la campagne de pub de Balexert. Elle fait fort. Si fort même qu’elle en agace plus d’un. Ou d’une.

Bon, faut dire aussi que des personnes la trouvent drôle et délicieusement grinçante. Comme quoi l’humour est une notion subjective!

N’empêche. Marie-Gabrielle juge cette campagne «sexiste, rétrograde et particulièrement insultante pour les femmes.» Voyez-vous ça! Et pourquoi?

Pour rappel, l’image en question montre un enfant en pleurs (pour beurre, certes) avec sa pensée chagrine «Maman m’a encore oublié» écrite devant le mot «soldes». Les associations d’idées font le reste.

«Qui peut encore penser qu’une mère oublierait son enfant pour aller faire du shopping?» s’énerve la lectrice.

Les messieurs diront que le message n’a rien de sexiste, puisqu’ils sont aussi épinglés dans une autre variante de la pub. Oui mais. Ces messieurs n’oublient pas leurs enfants, eux. Ils font juste très long. Nuance!

Au-delà de ces clichés, une question demeure. Comment imaginer qu’un minot en larmes puisse donner envie de consommer? Mais c’est de l’humour, voyons! Même pas vache. Triste, tout au plus.

Reste alors l’intention. Faire une pub décalée pour capter l’attention. Dans le genre, c’est plutôt réussi: elle a fait la manchette et la Une du quotidien orange. Et un passage dans le bleu.

Mais au fond, est-ce que cela appâte vraiment le client? A voir.

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14/01/2014

Les pièges du français

Vous ne laissez rien passer, pas vrai? L’histoire des girouettes des véhicules TPG qui affichent «Sans voyageurs» vous fait ainsi réagir.

Si vous êtes tous d’accord pour dire que les personnes se déplaçant en bus ou en tram sont plus des passagers que des voyageurs, seul un lecteur a relevé dans l’annonce de la grande régie une faute de français qui le fait bondir.

Yves tient à préciser que lorsqu’un véhicule circule à vide, c’est qu’il n’y a pas de passager, aucun passager, zéro passager à bord. Il s’agit donc d’un mot au singulier. Le «s» est de trop. Logique!

On ne va pas demander aux TPG de changer là tout de suite le contenu des girouettes alors qu’ils viennent de perdre leur directeur général. Il n’y a pas urgence. Mais quand ils auront un peu de temps, qu’ils fassent un geste pour la langue française.

Ils pourront commencer par troquer «voyageurs» contre «passagers», ce qui ne semble pas être trop sorcier à réaliser puisque les mots comptent le même nombre de lettres. Et puis sucrer le «s» final. Du coup, ça rendrait des Genevois heureux à bon compte!

Aïe! Je suis tombée dans le piège. Le piège «du coup»…

Javier m’avait pourtant mis la puce à l’oreille, en avril dernier: il faut tordre le cou à cette expression qui se propage comme un virus dans toutes les conversations, à la télé, à la radio et même dans les journaux… «Du coup» s’utiliserait à tort et à travers et contaminerait notre belle langue. Je n’y avais pas prêté garde. Erreur!

Promis, je ne l’utiliserai plus ce tic de langage. Si j’en ai d’autres, n’hésitez pas à me les signaler. Sans coup fourré…

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13/01/2014

Une note étonnante

Il en rit encore. Mais sur le moment, ça n’a pas fait rigoler tout le monde…

L’histoire remonte au mois dernier. Daniel est alors un homme on ne peut plus heureux: il vient de passer la bague au doigt de son grand amour! Les tourtereaux sont aux anges et ont le cœur à la fête.

Ils sont prêts à casser la tirelire pour célébrer pareil événement! Après la cérémonie à la Mairie de Carouge, ils louent deux limousines et partent faire la noce avec leurs proches dans un établissement chic de Divonne.

La table est mise pour 18 convives. Les boissons coulent à flot, les plats se succèdent. Je ne sais pas au juste ce qu’ils ont mangé et bu, en ce midi de décembre, mais ils étaient repus des biens de ce monde. Un peu pompette aussi…

Le repas touchant à sa fin, Daniel s’en va régler la douloureuse. Elle est on ne peut plus raisonnable. C’en est même étonnant. Il est vrai qu’il a déjà versé un acompte de 500 euros, alors pourquoi pas… Mais pour l’instant, c’est le cadet de ses soucis. Et que la fête continue!

Les limousines embarquent la joyeuse troupe et la déposent dans la cité sarde. Daniel flotte toujours sur un petit nuage rose. C’est alors que son téléphone sonne.

C’est l’établissement chic qui l’appelle. Confus. La douloureuse, voyez-vous, n’était pas juste. Les boissons ont été facturées, certes. Mais pas les 18 repas… Un truc de dingues!

Daniel en rit encore. Oublier 18 repas dans une note, il n’avait jamais vu ça. Bien sûr, il ira payer son dû à Divonne. Mais pas forcément en limousine…

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11/01/2014

Lendemain d'hier

Pour ceux qui ne lisent la Julie que le samedi, et j’en connais, je fais vite le topo sur l’action menée de concert avec vous ces dernières semaines.

La Thune du Cœur 2013 se monte à 66 000 francs. Pas mal! La somme a été remise dans nos locaux le jour de la fête des Rois à Partage, aux Colis du Cœur et à Eglise ouverte. Trois associations qui sauront en faire bon usage, elles qui sont en première ligne pour venir en aide aux plus défavorisés de la région.

Elles apprécieront aussi le coup de pouce de dernière minute apporté par Suzanne et Louis. Ce couple a servi le vin chaud de l’Epiphanie à près de 80 personnes et en a profité pour faire une collecte pour la Thune. Merci et santé à ces habitants de Perly!

A propos, paraît que le Sapinou de Perly, celui qui se trouve donc à la sortie de l’autoroute, était à nouveau paré de boules et de guirlandes cet hiver. La nouvelle laisse à penser que la fée discrète qui bichonnait ce conifère pour les Fêtes a retrouvé tout son peps. Tant mieux!

Et tant pis pour les habitants de la rue de la Faucille, aux Grottes, qui n’ont pas eu droit à leur arbre de Noël. Sandrine me dit que c’est un peu normal: les décorations fournies par la jeune personne qui s’en occupait étaient régulièrement volées…

Ce roi des forêts n’échouera au moins pas sur le trottoir avec les 40 tonnes d’arbres levés chaque mois de janvier en ville de Genève. Des sapins choisis avec amour, embellis, admirés et qui soudain ne sont plus rien.

Juste des restes de fêtes couchés au sol et sur lesquels pissent les chiens. Ça me file toujours un peu le bourdon, ces arbres à terre…

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10/01/2014

Voyageur et passager

«Voyageur» ou «passager»?

Telle est la question. Pas dit pourtant qu’elle taraude outre mesure le patron de la mobilité genevoise. Luc Barthassat a sans doute d’autres priorités que celle de réfléchir au contenu des girouettes des véhicules TPG…

Les girouettes? Dans le cas présent, elles indiquent non pas d’où vient le vent, mais où va le bus ou le tram. Or, lorsqu’il se déplace à vide, le message affiche «Sans voyageurs».

L’annonce a fait tiquer un monsieur soucieux du bon usage de la langue française. Il a donc interpellé le magistrat: la locution est erronée et devrait être remplacée par «Sans passagers».

Selon lui, les usagers des TPG n’ont rien de voyageurs puisqu’ils ne partent pas à la découverte d’autres contrées ou ne font pas de longs déplacements (quoique…) Ils se contentent d’aller d’un point A à un point B. Le passager étant plutôt quelqu’un qui emprunte un moyen de transport sans en assurer la marche, dixit le Larousse.

Mais voilà! Les TPG ont une tout autre lecture de ce dictionnaire! Sous «voyageur», ils ont retenu la définition d’une personne qui fait un trajet en empruntant un moyen de transport en commun. Point barre. Autre argument massu, ce terme est utilisé en Suisse romande par tout le secteur du transport public et également par la statistique fédérale. On ne va donc pas chipoter et faire une Genferei de plus…

Et c’est ainsi que les passagers des TPG vont continuer à se prendre pour des voyageurs rêvant à de lointains ailleurs.

Comme les pigeons voyageurs?

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09/01/2014

On va le payer cher!

Le cirque de Noël vient de plier son chapiteau sur la plaine de Plainpalais. Et tandis qu’il fait place nette sur le ghorr du Beaujolais, le printemps s’installe tous alentours!

En ce mercredi de grâce de l’an 2014, les gosses ont déjà pris d’assaut la place de jeu voisine. Les parents babillent entre eux ou mangent sur le pouce, tout en surveillant les chérubins. Il y a de l’insouciance dans l’air. Des rires.

Plus loin, un vagabond dort sur un banc, capuche rabattue, dos au soleil, insensible aux bruits que font les jeunes amateurs de sensations fortes dans le skatepark de Plainpalais. Des intrépides aux têtes casquées, mais bras nus. Normal, nous sommes le 8 janvier…

A deux pas de là, sur la terrasse de la buvette, les clients sirotent tranquillement leur café dans la chaude lumière du jour. Certains ferment les yeux pour mieux goûter la douceur ambiante ou s’étirent comme des chats pour capter un maximum de rayons de soleil. Il convient de faire ses réserves.

Les Puces vivent aussi de belles heures. Les marchands sont tout sourire: il y a foule entre les stands! Les passants traînassent, soupèsent des objets, reniflent les bonnes affaires. Dans cette tiédeur bienvenue, les langues se délient. Dont une bien connue des Genevois: «N’oublie pas que nous sommes des pisse-froid. Tu verras: on va le payer cher, ce beau temps!»

Et de prédire le retour des gelées, de la bise noire et du grand froid. A quand le «vortex polaire», tant qu’à faire?

En attendant, qu’on le paye ou pas, j’ai pris du beau et bon temps, mercredi. Profitons, paraît que ça va durer un jour ou deux. Après, on verra bien!

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