27/02/2014

Allécher, oui mais...

On nous prend vraiment pour des bobets. Prêts à tout avaler, et avec le sourire, en plus.

Ainsi la nouvelle campagne des McCafé de McDonald’s. Si vous sortez de la gare du côté de la rue piétonne du Mont-Blanc, vous tomberez de bon matin sur leur panneau. Ou dedans.

Un grand verre de jus d’orange vous fera de l’œil sur le présentoir. Vous en avez déjà l’eau à la bouche. D’autant que la boisson vitaminée est accompagnée de tout ce qu’il faut pour un petit-déjeuner à prix cassé: une tasse de café, un croissant, un morceau de pain, un peu de beurre et de confiture, le tout pour 6 fr. 50. Miam, j’en veux!

Mais voilà. Il faut y regarder de plus près. Comme toujours. Tout en bas de l’image alléchante figure la précision qui tue: avec jus d’orange + 2 francs.

La publicité fait donc de la retape avec une boisson qui n’est finalement pas comprise dans la promotion. C’est moche! Parce que même à 8 fr. 50, l’offre pourrait encore être intéressante. Alors pourquoi risquer de fâcher le client avec une réclame qui ne dit pas tout et qui donne, au final, le sentiment de se faire gruger?

Question d’image, peut faire mieux!

Mais il est vrai que certains publicitaires n’ont peur de rien. J’ai vu hier l’annonce d’un institut de minceur qui m’a fait mourir de rire: «Son corps de naïade rongé par la cellulite est sauvé, grâce au secret de sa mère!» Vous visualisez la scène? Avec les dents de la mer qui rabotent ça? J’y crois pas une seconde.

Bon, je crois qu’il est temps pour moi de sauter un tour. Je file à l’anglaise. Sous la pluie. Et jusqu’à mardi!

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26/02/2014

Le prix qui fait tousser

Vachement select, la rue du Rhône!

Samedi dernier, un couple y fait du lèche-vitrines. Pour le plaisir des yeux, bien sûr. Car la plupart des commerces de cet axe du luxe ne sont pas pour eux. Ni pour nous d’ailleurs.

Bras dessus bras dessous, Monsieur et Madame s’arrêtent devant les vitrines d’Hermes. La classe! La décoration est toute en catelles de satin dans des tons doux et harmonieux.

Un blouson noir est exposé. Pas mal, dans le genre sport chic. L’homme regarde les indications aux pieds du mannequin et s’étrangle soudain devant le prix affiché: 68 750 francs… Pas possible! Il y a erreur de virgule.

Pour en avoir le cœur net, il entre dans le magasin et s’adresse aux deux demoiselles souriantes. «Dites, pour le blouson noir, là, vous ne vous êtes pas trompés de prix?» «Non, Monsieur. Car ce blouson est en «croco exotique».»

Ah bon, parce qu’il existe peut-être du «croco local»? Moins cher?

Je suis allée voir ce que le lecteur m’a rapporté. Pas de doute, il a raison. C’est d’ailleurs à se demander pourquoi ce magasin affiche encore ses prix qui font tousser les passants.

Car en léchant les vitrines à l’aller et au retour, j’ai constaté que la majorité des bijoutiers, joailliers, vendeurs de sacs haut de gamme ou de chaussures à talons vertigineux ne le font pas.

Comme certaines régies de la place qui n’osent articuler le montant d’une vente et donnent des ordres de grandeur avec des clefs. Discrétion oblige.

Mais tout de même. Une veste à 68 750 francs! C’est à peu près la somme de tous vos dons pour la Thune du cœur 2013. Ça me laisse songeuse…

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25/02/2014

Retour à la normale...

C’est bon, ils sont rentrés. Les élèves, les profs, les parents, tous! La vie peut reprendre son cours normal.

Alors, quoi de neuf sous le soleil genevois?

La place de jeux de la rue Soubeyran est à nouveau accessible. Chouette! Parce que durant les vacances scolaires, elle était quasi impraticable. La faute au chantier d’arborisation qui a tout mis sens dessus dessous.

Les nombreuses familles restées la semaine dernière dans le quartier de Vieusseux ont apprécié! Pourquoi pénaliser les gosses qui ne partent pas à la montagne en réalisant ces aménagements juste à cette période? Quand ils ont tout le temps d’aller y jouer?

Vous me direz qu’il faut bien les faire à un moment ou à un autre, ces travaux. D’autant qu’ils améliorent la qualité de cet espace vert: les jardiniers ont planté des lilas des Indes et d’autres jeunes arbres, en remplacement des vieux qui dépérissaient.

Mais bon. La terre retournée peut aussi devenir terrain de jeux. Surtout en ces temps printaniers. Les minots de Vieusseux auront peut-être profité des coins labourés pour y cacher des œufs.

Car je ne sais pas si vous l’avez aussi remarqué, mais les poules, lapins, œufs et compagnie ont déjà envahi les présentoirs des magasins. Deux mois avant les Fêtes de Pâques!

Deux mois pendant lesquels nous allons crouler sous les chocolats et les sucreries. Deux mois pour annoncer une fête qui va gaver les consommateurs avant même qu’elle ne soit là.

Tant d’avance sur le calendrier devient déraisonnable. Pas vrai?

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24/02/2014

Timbrage en question

Les donneurs de sang ne savent bientôt plus à quel saint se vouer.

Un jour, ils entendent le responsable de la Croix-Rouge Suisse affirmer que le pays a moins besoin de sang que par le passé. Et le lendemain, le centre de transfusion sanguine les relance pour qu’ils viennent en offrir quelques décis. Faudrait savoir…

Ce qui est sûr, toutefois, c’est qu’il y a pénurie chronique d’or rouge à Genève. C’est pourquoi les convocations partent régulièrement des HUG pour faire une piqûre de rappel aux donneurs potentiels.

Un lecteur vient de recevoir la sienne. Il a tiqué. Car le timbre à date n’apparaît plus du tout sur l’enveloppe, contrairement à ce qui se pratiquait jusqu’à présent. Figurent uniquement l’adresse de l’expéditeur et le port payé. Point barre.

Et alors? Alors c’est un peu bête!

Car tous les donneurs automobilistes savent que cette enveloppe leur donne accès au parking qui leur est réservé. Sur ce pli, il est bien spécifié qu’il faut l’apposer sur la voiture pendant le don et qu’il est «utilisable dans les quatre semaines après le timbrage postal.»

Mais il n’y a plus de timbre à date qui fait foi! D’où problème: que feront ces automobilistes pour éviter la prune qui leur tombera dessus pendant qu’ils offrent leur sang à la collectivité?

Sûr qu’une solution à ce message contradictoire sera trouvée. D’ici là, les enveloppes au timbrage virtuel fileront au recyclage papier et les donneurs se rendront à pied ou en bus à l’hôpital. Ce qui ne serait finalement pas plus mal.

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22/02/2014

Fumées sur les toits

Il n’y a pas de fumée sans feu, dit-on. C’est pourquoi il y a un truc qui me chiffonne, en ces jours d’hiver.

La chose ne saute pas aux yeux lorsque le temps est désespérément gris. Mais quand le ciel est bleu et que le regard s’arrête sur la silhouette de la cité, c’est une évidence: il y a des bâtiments qui fument, et d’autres pas.

Des toits d’où s’élèvent en volutes légères des vapeurs claires qui se dissipent en gagnant les hauteurs. Et puis des toits qui ne dégagent strictement rien. Pas l’ombre d’une fumée. Les immeubles qu’ils abritent seraient-ils donc privés de chauffage?

Quand on commence à lever le nez sur les hauteurs de la ville et à s’attarder sur ces détails, les toits nous racontent de drôles d’histoires.

Sur ceux qui carburent à je ne sais quoi, il y a quantité de conduits. Des groupes épars de cheminées en terre cuite, ajourées ou surmontées de petits chapeaux de guingois. Ces mamies font de la résistance. Mais elles semblent un peu à l’abandon, dépassées par les tuyaux en métal qui se découpent sur le ciel en lâchant des nuages de vapeur.

Sur les immeubles qui donnent l’impression de ne carburer à rien, c’est le genre plutôt propre en ordre. Pas de conduits visibles. Comment assurer alors une température convenable aux logis? Avec le chauffage à distance? Un combustible invisible? C’est à n’y rien comprendre.

Car dans la rue de ce mois de février, je vois les passants perdre haleine; les pots d’échappement évacuer les gaz de combustion; les fumeurs vapoter. Pourquoi certains bâtiments chauffés ne dégageraient rien, pouvez-vous me l'expliquer?

J'ai toujours entendu dire qu’il n’y avait pas de fumée sans feu…

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21/02/2014

Au service des autres

Il aime les gens et adore rendre service. Ces qualités l’ont naturellement poussé à faire le métier qu’il exerce depuis neuf ans avec bonheur. Est-il pompier? Assistant social? Rien de tout ça. Fabio travaille au bureau des objets trouvés!

Ce quadragénaire a fait tourner la tête à une de mes collègues. Pas à cause de ses beaux yeux, encore que… Non! Si cette journaliste ne jure que par lui, c’est pour louer son extraordinaire serviabilité et ses compétences.

Tout ça pourquoi? Pour un portable, perdu par la jeune femme, retrouvé par un tiers, apporté aux objets trouvés et non récupéré dans le délai de trois mois. Faut dire que ma collègue avait vite racheté un nouvel engin pour son travail. Puis arrive le jour où elle se préoccupe enfin de la chose, appelle le service et tombe sur cet employé modèle.

Il va alors tout faire pour qu’elle récupère son bien. Ce n’est pas gagné d’avance, vu le temps écoulé, l’appareil en partance pour l’Association Réalise, les codes égarés et je vous passe les détails. Elle est prête à tout abandonner. Mais il y croit, s’obstine, prend du temps et bingo, c’est bon, il l’a enfin!

Depuis lors, elle ne cesse d'encenser cet homme de bonne volonté qui l’a rabibochée avec la fonction publique. Super Fabio!

Au fait, aurait-il vu Buddy?

Ou l’auriez-vous croisé dans la région de Perly et environs? Ce chien perdu est un Bouvier bernois de 18 mois, pucé, avec de petites taches noires sur la partie blanche du museau. Il s’est échappé le 6 février d’une garderie à la journée où il se trouvait avec son frère. Ce dernier déprime. Ses patrons aussi, eux qui ont collé des affiches un peu partout et battent la campagne pour le retrouver. Pour toute information concernant Buddy: 079 790 49 59.

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20/02/2014

Le temps, pile et face

Quel drôle de temps!

Un glacier a déjà sorti sa terrasse sur les quais. Je n’en croyais pas mes yeux, mercredi midi, en passant près de Sissi: les sièges jaune pétard invitant les passants en bras de chemise à s’installer derrière des boules pistache noisette…

A deux pas de là, quelques touristes consultent les horaires des croisières sur le lac et se font prendre en photo devant le Jet d’eau. Les Mouettes dansent sur les flots et font des taches canari sur fond bleu. Ah, que c’est bon tout ça...

Dis, t’es en vacances, Julie? Non! Mais j’avoue avoir de la peine à rester en place au bureau quand il fait beau. Surtout quand la moitié de la République fait relâche… Alors oui, je sors pour humer l’air et traquer les premiers signes qui annoncent la belle saison.

Il y en a plein, si l’on veut bien les voir. Les pelouses sont mouchetées de crocus, de primevères et de perce-neige qui n’ont rien percé, côté or blanc. Les feuilles se tiennent en embuscade. Et les cygnes et les canards n’ont bientôt plus goût au pain. C’est dire.

Tiens, le temps change! A l’heure du goûter, de gros nuages lourds viennent cacher le soleil. En un clin d’œil, les prémices du printemps sont oubliées. Les gens ajustent leur écharpe et serrent les dents. C’est à nouveau l’hiver.

La vue du jardin Anglais renforce aussi cette impression: il est retranché derrière des barricades grises et froides. Mince alors! Que se passe-t-il?

Paraît que c’est pour la bonne cause. La Ville va procéder à de gros travaux de réfection des conduites d’arrosage qui vont durer quelques semaines. Pour assurer un gazon tip top en ordre au printemps. En attendant, ceinture!

Quel drôle de temps.

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19/02/2014

Chutes et rencontres

Est-ce le beau temps qui les rend tous si serviables ou cet air de vacances qui flotte sur la ville?

Commençons par la chute d’Yvonne. Lundi matin, une seconde d’inattention a suffi. La voilà qui tombe à plat ventre en sortant du centre commercial la Praille. Impossible de se relever. La terre est basse et elle n’a plus vingt ans. A l’aide!

Un monsieur accourt, mais Yvonne préfère attendre son mari qui arrive en trottinant. Grâce à lui, elle parvient à se redresser. Elle tient debout mais saigne sérieusement du nez. C’est alors qu’un deuxième inconnu intervient: il sort du café voisin avec des serviettes en papier pour stopper l’hémorragie. Oh, merci!

Et surgissant soudain de nulle part, deux policiers proposent à la blessée de la raccompagner chez elle! Elle préférerait se rendre chez son médecin, à Plan-les-Ouates. Très volontiers, Madame. Et ils l’embarquent!

Malgré ses bleus, Yvonne voit la vie en rose. Merci à ces messieurs adorables!

Gréti voudrait aussi exprimer toute sa gratitude à la dame qui l’a relevée vendredi dernier, vers la gare, après qu’un homme pressé d’attraper son train l’ait bousculée et fait tomber à la renverse. Du haut de ses 86 ans…

Cette femme qui allait à son travail a pris le temps de l’aider à se redresser, de la faire monter dans son bus et de s’assurer que les coordonnées de l’homme pressé soient prises. Sage précaution.

Car l’aînée ne sort pas indemne de cette collision. Elle lui vaut une fissure du bassin et des contusions partout. Mais c’est une solide, Gréti. Dans quatre à six semaines, une fois remise sur pied, elle retournera faire du bénévolat aux Colis du cœur. Quelle santé!

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18/02/2014

Rouler en parallèle

Odile a finalement payé l’amende d’ordre que lui a infligée un brigadier. Soixante francs, ce n’est pas la mer à boire. Mais elle peine à l’avaler…

Fin janvier, la Genevoise emprunte le tunnel de Vernier en direction de la France. Il est 18 h 20. Les automobilistes qui ont l’habitude de faire ce trajet savent qu’à cette heure, la circulation n’est pas franchement une partie de plaisir.

Notre conductrice, qui doit passer par là deux fois l’an, et encore, veille à bien tenir sa place dans le flux motorisé. Le trafic est dense. Elle se retrouve bientôt à rouler sur la piste de gauche dans le tunnel de Vernier. Son compteur indique 80 km/h, selon elle, et les deux files de voitures avancent à cette vitesse en parallèle. Odile se souvient très bien avoir circulé à même hauteur qu’une auto affichant un logo commercial.

C’est pourquoi l’amende qu’elle reçoit quelque temps plus tard la laisse sans voix. Elle contacte le brigadier qui signe la missive. Au bout du fil, cet homme affirme qu’elle a roulé seule sur la voie de gauche sur deux kilomètres. Elle aurait dû se rabattre.

Mais comment aurait-elle pu le faire, puisque la voie de droite était entièrement occupée? Elle aurait dû le faire, insiste le policier, qui dit s’être trouvé dans le tunnel en même temps qu’elle, appelé pour une intervention. Or, Odile n’a pas vu l’ombre d’une voiture de police ou d’un véhicule avec gyrophare.

Comme il n’y a pas de photo pour accompagner ces accusations, c’est la parole du brigadier contre celle de la conductrice. Qui a basté.

D’où son avertissement: roulez toujours sur la voie de droite, dans un tunnel. Vous éviterez au moins de telles surprises!

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17/02/2014

Le repos des Rois

Le cimetière des Rois, c’est notre Père Lachaise à nous, rempli de gens célèbres ou méritants. Voir les deux à la fois.

Et si j’en parle aujourd’hui, c’est parce que Claude se désole de ne plus pouvoir le traverser chaque matin, comme il en a l’habitude, entre la rue du Stand et le boulevard Saint-Georges.

Lors de ce raccourci de rêve, Claude admire les arbres séculaires, croise des passants, écoute les chants des oiseaux ou regarde les chats qui gambadent sur la pelouse. Il se rappelle ainsi tous les jours qu’il est bien vivant, alors que d’autres dorment sous la terre.

Or, voilà qu’il est privé de ce plaisir: les portails latéraux de cette oasis de paix sont trop souvent fermés. Dérangeons-nous les morts? se demande-t-il.

Même pas. Car au fil du temps, le cimetière des Rois s’est fait une raison. Il est aussi un lieu de vie et de repos non éternel. C’est pourquoi le règlement tolère que l’on vienne y manger sur le pouce, discuter ou réviser ses cours.

Mais ce n’est pas un parc pour autant. La pratique du vélo, la bronzette en bikini ou la java la nuit, très peu pour lui. Paix des morts oblige.

Pour revenir à ce qui préoccupe Claude, il faut savoir que les horaires d’ouverture du cimetière dépendent d’une décision du Conseil administratif et d’un règlement concernant uniquement le portail principal, rue des Rois.

Il est actionné par une horloge automatique qui le fait ouvrir à 7 h 30 et fermer à 19 h. Et les portails latéraux? Ils sont ouverts et fermés en fonction de la disponibilité du personnel. Autrement dit, c’est à bien plaire.

Faut croire que ça plaît peu, ces temps. Vivement le printemps…

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15/02/2014

Apparition, disparition

La scène se déroule à la hauteur du Muséum d’histoire naturelle, route de Malagnou, le jour de la Saint-Valentin. Il est près de 7 h 45 et la circulation bat son plein au cœur de la ville.

Devinez qui se met à traverser la route, sans respecter les feux rouges? Un renard!

L’apparition fait sensation: on dirait que tout le monde retient son souffle pour ne pas rompre l’enchantement. Voitures et motos s’arrêtent pour laisser le goupil affolé se frayer un chemin dans la jungle motorisée. Il arrive sain et sauf vers le Muséum et file à toute allure.

Cette fois-ci, le renard ne finira pas empaillé dans les vitrines d’à-côté. Tant mieux pour lui. Mais il devrait sérieusement songer à prendre la clé des champs!

C’est ce que font dès aujourd’hui les élèves genevois et leurs parents qui partent pour les vacances de février. La ville va sembler bien vide à nous autres qui restons là de piquet.

Mais si des habitants partent, d’autres rentrent. Comme ces jeunes mariés de retour d’une lune de miel en Laponie.

Une parente vient les chercher mercredi à l’aéroport et ils font un crochet au Petit-Lancy pour récupérer le chat mis en pension dans la famille. Le temps d’échanger quelques mots et de reprendre le minet, ils redescendent à la voiture. Elle est vide. Tout a disparu! Les valises et les sacs à dos contenant clés, papiers, carte de crédit, appareil photo et cadeaux. Les voyageurs ont oublié qu’ils n’étaient plus en Laponie, mais à Genève.

Si jamais le voleur lit ces lignes, qu’il me fasse parvenir la carte mémoire de l’appareil photo. Car ces souvenirs visuels au pays du Père Noël n’ont de prix que pour les mariés. Alors...Il faut toujours rêver.

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14/02/2014

L'amour, toujours...

Depuis Jacques Brel, on sait que les fleurs, c’est périssable. Et qu’il vaut mieux apporter des bonbons.

Sauf que les bonbons, tout comme les chocolats en forme de cœur, les pâtisseries et autres douceurs de la Saint-Valentin dégoulinent de sucre. Avec un effet durable garanti: tout dans les fesses! Ou le ventre, c’est selon.

D’ailleurs je parie qu’en ce jour à forte valeur commerciale, les pubs des instituts de minceur laisseront les dames tranquilles. Les bonnes résolutions, c’est pour demain.

Offrir des fleurs à l’être aimé semble plus raisonnable pour nos rondeurs. Lesquelles choisir? (Les fleurs, donc)

Des roses, bien sûr! Avec elles, vous ne risquez rien: elles sont reines en toutes circonstances. Leur variation dans les tons rouge dit l’intensité du sentiment. Mais évitez la couleur jaune! Ça pourrait faire des histoires dans un couple: elle évoque l’infidélité…

Les amoureux du jour ignorent peut-être que les fleurs véhiculent des messages cachés. Alors s’ils renoncent aux roses et osent la différence, autant les avertir.

Ils brûlent d’amour? Choisir les iris flambés. Ils aiment en secret? Opter pour les gardénias. L’adorée est unique à leur cœur? Place aux pimprenelles. Les novices choisiront des primevères. Ça tombe bien, c’est presque de saison.

Les poètes préféreront les fleurs d’églantine, d’aubépine, voire d’abricot, s’ils sont un brin timides. Les plus sensuels prendront des saponaires.

Et moi, je choisirai quoi? Ben oui, parité oblige, les femmes devraient aussi faire une fleur à l'élu de leur coeur.

Tout ça promet de beaux bouquets…

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13/02/2014

Annonces alléchantes

Il faut décidément avoir de bons yeux pour ne pas tomber dans le panneau.

Exemple? Un présentoir fort avenant est posé devant les Starbucks Coffee de Genève chaque premier jour de la semaine, et ce depuis la mi-janvier.

Il appâte le passant avec cette invite qui sent la bonne affaire: «Bon lundi matin. Déguste un petit-déjeuner pour 2 fr. 50 avec ton café ou thé.»

Ah, c’est drôlement sympa!

Pierre se réjouit en voyant cette offre alléchante. Sauf qu’il déchante assez vite: le bémol se situe tout en bas de l’annonce et en très petits caractères.

Il signale que l’offre est valable «uniquement en combinaison avec une boisson Starbucks de taille grande ou plus». Pierre veut en avoir le cœur net. Et se renseigne. Combien coûte le café le plus abordable dans cette catégorie, je vous le demande? Il est à 6 fr. 30! Ça fait le petit-déjeuner à 8 fr. 80 minimum, pour une boisson avec un donut ou un yogourt.

A ce prix-là, je ne vois pas où est la bonne affaire. Pierre non plus. Il est donc allé prendre un ristretto au café du coin, avec un croissant et le sentiment d’avoir encore économisé des sous.

Au café il aura peut-être joué, dans la Julie du jour, au «Quiz Voyage». Le concours où l’on peut gagner jusqu’à 5000 francs pour ses vacances. J’ai tenté le coup. Fastoche, j’ai tout juste! A moi la chaise longue sous le parasol et la mer turquoise à mes pieds…

Dans tes rêves, Julie!

Car il est écrit, en petits caractères tout en bas de l’annonce, que je n’ai pas le droit, comme mes collègues, de participer au concours. Tu parles d’un grain de sable. Mais pour le voir, encore faut-il avoir de bons yeux.

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12/02/2014

Le bus fait son retour

Il y a des coïncidences troublantes dans la vie.

Lundi midi, l’association Procap alerte la presse: son minibus servant au transport de personnes handicapées a été volé le 31 janvier. A tout hasard, elle lance un appel au public pour tenter de retrouver son précieux allié.

Lundi soir, le Mercedes Benz bleu réapparaît sur la voie publique, comme par magie. Sacré tour de passe-passe!

Faut dire que l’info a été publiée dans l’après-midi sur le site de la Julie. Sur un autre aussi, je dois bien l’avouer. Mais visez un peu l’efficacité!

Le véhicule volé à Plainpalais a donc été retrouvé à Meyrin et se trouve actuellement à la fourrière. Dans quel état? La collaboratrice sociale de l’association, ravie de la nouvelle, n’en sait trop rien. Elle n’a pas eu le temps d’aller faire le constat.

Pour l’heure, elle ne sait plus trop où donner de la tête: le téléphone sonne sans arrêt à la centrale! Des informateurs lui disent avoir vu le minibus, ici ou là. Des gens plein de compassion plaignent les handicapés ainsi pénalisés dans leurs déplacements.

Plus concrètement, des personnes se disent aussi prêtes à acheter un nouveau moyen de transport à Procap! Ou lui louer un véhicule à tarif préférentiel.

Il y a là une extraordinaire mobilisation pour dépanner l’association et, à travers elle, tous ceux qui souffrent de handicap. Reste à espérer que le bus soit vite remis en état pour qu’il puisse à nouveau les aider au quotidien.

D’ailleurs, si une place de parking un peu sûre pouvait être trouvée dans le quartier de Plainpalais pour le revenant, ce serait carrément magique.

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11/02/2014

Fait divers chaleureux

Par définition, le fait divers est «un événement sans portée générale qui appartient à la vie quotidienne». C’est le Larousse qui le dit.

Dans la pratique, il traite avant tout de vols, d’accidents, d’agressions ou pire encore. Il fait sensation auprès du public. Vous connaissez la musique.

Pourtant, les faits de la vie quotidienne d’une région sont divers à plus d’un titre. Ils peuvent être positifs. Ils le sont même souvent, et j’adore en parler pour contrebalancer des nouvelles un peu minantes.

L’histoire positive du jour? Elle se passe dans le quartier des Grottes, un vendredi de fin janvier. Une femme et ses deux enfants traversent la route sur un passage piéton quand le garçon de 8 ans est pris d’une crise d’épilepsie.

La maman prend ses dispositions, installe son fils sur le bord du trottoir et s’occupe de lui. Elle a hélas l’habitude de ces convulsions impressionnantes.

Une automobiliste voit la scène, sort aussitôt de sa voiture et propose d’appeler un médecin. «Pas besoin de toubib, merci, ça ira», répond la maman qui gère bien la situation.

Au lieu de la regarder avec de gros yeux, parce que c’est un peu bizarre de ne pas vouloir de docteur, l’intervenante insiste pour lui venir en aide. «Je pourrais peut-être vous raccompagner chez vous?» Volontiers.

Et en voiture Simone! Tout le monde se serre à l’intérieur du véhicule où se trouve déjà un petit bout de chou. Belle ambiance à bord!

Au moment de l’au revoir la maman, encore chamboulée, oublie de demander son nom à la jeune conductrice. Et elle s’en veut, car son geste lui a fait chaud au cœur. D’où ce fait divers…

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10/02/2014

Une veste épatante

Sacrée météo! Elle nous prédisait un week-end d’élections humide à souhait. Confiante en ces sombres perspectives, j’avais donc préparé, vendredi déjà, une encre bien dégoulinante autour des pieds trempés et du moral dans les chaussettes (mouillées, forcément…)

Or voilà que dimanche, le soleil brille dans le bleu du ciel! Mon sujet tombe à l’eau. Sacrée météo…

Heureusement, j’ai sous la main une histoire sympa à partager. Celle d’un homme qui, ayant raté un rendez-vous, entre dans un café bondé de la vieille ville et s’assied à une petite table.

Arrive un client qui ne trouve pas de place et reste debout devant Yves. Ce dernier lui propose de s’asseoir sur la chaise libre devant lui. Pas de réponse.

Le nouvel arrivé porte un vêtement avec la griffe «suisse» bien en évidence sur l’épaule et un petit drapeau à croix blanche cousu juste à côté

«Vous avez une belle veste» constate Yves, admiratif. L’homme debout: «Elle vous plaît?»

«Oh oui!» répond celui qui aime les produits du terroir. «Alors levez-vous et essayez-la», lui intime celui qui, déjà, ôte sa veste pour la passer à son interlocuteur.

«Etendez les bras… Oui, elle vous va bien. Je vous la donne!»

«Là, vous me gênez…» répond notre homme, surpris par tant de cordialité.

«Je n’ai rien à faire de votre gêne! Prenez-la. C’est une veste qui vient du cœur!» Extraordinaire, non?

Et c’est ainsi que, suite à un rendez-vous raté, un objecteur de conscience s’est retrouvé avec une veste militaire chaude et venue du cœur sur le dos. Il en est encore tout retourné!

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08/02/2014

Voter à tout prix

Il pleuvait fort sur la grand-route, elle cheminait, son parapluie retourné par les bourrasques de vent, un peu perdue et les pieds trempés.

Que faisait donc cette petite dame de 92 ans sur la route des Acacias, hier matin, par un temps à ne pas mettre un chien dehors?

Elle cherchait désespérément le Service des votations et élections pour y déposer son bulletin de vote, glissé dans une enveloppe qui prend l’eau.

Son chemin croise alors celui d’un jeune homme adorable. Fabio. Il fait des livraisons dans les parages pour la maison DHL. Voyant l’aînée ainsi désemparée, il lui propose son aide.

Mais avant toute chose, il lui offre le café croissant dans un bistro voisin pour qu’elle puisse se réchauffer! Puis il la fait monter dans sa camionnette, la conduit au bâtiment de la Chancellerie d’Etat et l’accompagne à l’étage.

Les dames qui accueillent cette paire drôlement assortie sont touchées par le dévouement du jeune homme. Mais elles n’ont pas encore tout vu.

Car Fabio propose à celle qui pourrait être sa grand-maman de la raccompagner chez elle quand il aura fini de livrer ses colis. Il revient dans la demi-heure, promis. A la bonne heure!

Les employées fournissent alors à la citoyenne modèle un nouveau matériel de vote, le sien étant bien trop mouillé pour être lisible. La nonagénaire remplit sa fiche, donne son avis sur les sujets qui lui tiennent à cœur, heureuse d’avoir toujours son mot à dire sur les affaires publiques. Et ravie de voir son jeune chevalier servant venir la chercher pour la reconduire chez elle.

On ne le dira jamais assez: voter, ça crée des liens!

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07/02/2014

Le froid de février 1956

Un fidèle abonné me signale gentiment que j’ai dû me mélanger les pinceaux avec la date de l’appel de l’abbé Pierre, en donnant celle du 1er février 1954.

Mais je n’ai rien mélangé du tout! Si ce lecteur a flairé l’erreur, c’est parce que la vague de froid exceptionnelle qui a sévi dans nos contrées a bien débuté en février 1956! Je ne m’en souviens pas, je n’étais pas née. Jean-Claude, lui, était étudiant en médecine.

Il se rappelle très bien que durant les trois semaines où le thermomètre était descendu jusqu’à moins vingt, il avait eu un jour une oreille gelée, après avoir fait le trajet à vélo entre le bord de l’Arve, prise dans les glaces, et le Petit-Lancy. Même qu’il avait retiré les lambeaux de peau qui se détachaient de son oreille les jours suivants…

Pour en savoir plus, j’ai foncé aux archives pour prendre la collection, au format imposant, de la Julie d’antan. Et je me suis plongée dans ces chroniques du grand froid, découvrant ainsi une Genève oubliée, mais déjà solidaire.

Il est question d’un employé de l’Union laitière dont les mains gèlent lors de sa tournée débutant peu après minuit. Les écoles ferment les unes après les autres. Les marchés se vident. Le 7 février, la Ville de Genève met l'ancienne Mairie de Plainpalais à disposition des amis de l’abbé Pierre pour servir de lieu d’accueil. Il sera pris vite d’assaut.

Les journalistes parlent de misère, de soupe populaire, de distribution de charbon et de collectes d’habits. De chutes sur le verglas. Du lac gelé et des 50 cygnes que l’on voulait mettre au chaud dans une cave du Grand Théâtre. Un plaisantin titrait alors: nouvelle version du "Lac des cygnes" à l’Opéra…

C’était en février 1956. Un autre siècle!

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06/02/2014

Les fraises en hiver

Depuis le 31 janvier, les fraises sont de retour sur les présentoirs fruits et légumes de la Migros.

Le sang de Marie n’a fait qu’un tour devant ces fruits à la mine blafarde mis en vente dans son magasin.<

Pourquoi diable proposer des fraises cultivées sous serre, en Espagne, alors que les pubs de cette enseigne prônent justement la proximité et les produits de saison?

Il y a là une contradiction qui heurte les convictions de cette consommatrice. Marie n’est pas la seule à s’insurger. Avant elle, d’autres clients ont piqué la mouche. En lançant par exemple la pétition «Ras la fraise!» pour inciter les grands distributeurs suisses à raison garder et à mieux se préoccuper de développement durable.

Les milliers de signatures récoltées n’ont pas suffi à faire changer la donne. Et les fraises d’Huelva sont toujours fidèles au poste chez nous, au cœur de l’hiver.

Ça vous étonne?

De son côté, Migros Genève ne voit pas où est le problème: ces produits sont cultivés dans le respect de la terre et des hommes, dit-t-elle, et présentent toutes les garanties nécessaires. Bien.

Autre argument de poids: si elle propose ces gourmandises rouges en janvier, c’est bien parce qu’une partie de sa clientèle en est friande. Une clientèle multiculturelle qui compte beaucoup d’Espagnols et de Portugais.

On pourrait en déduire que c’est le mal du pays qui les pousse à se ruer sur les barquettes de fraises et de framboise. Mais j’ai des doutes.

D’ailleurs, comment fait la Migros pour savoir la nationalité de ses clients? Bon, je crois que je vais arrêter de ramener ma fraise…

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05/02/2014

Répétition générale

Pourquoi nous font-ils toujours le coup à l’heure la sieste?

Cet après-midi, quand les plus chanceux d’entre nous piqueront un petit roupillon réparateur après la blanquette de veau ou la choucroute garnie, un hurlement monstrueux viendra les tirer du pageot.

Pas de panique, c’est normal!

Ce sont les 116 sirènes genevoises qui se rappellent à notre bon souvenir. Enfin, façon de dire. Car je ne connais pas de son plus glaçant et oppressant que celui-là!

Il n’a rien à voir avec les chants mélodieux et ensorcelants qu’entonnaient ces êtres surnaturels, mi-femme, mi-poisson, qui séduisaient les navigateurs pour mieux les mener à leur perte sur des récifs. Pas chouettes, les vamps d’antan!

Nos sirènes du jour sont plus civiles. Ces braves ont l’alarme pour vocation. Et si elles dégagent ce son puissant et ondulant qui vrille les tympans, c’est pour avertir la population d’un danger. Pas pour la précipiter dessus. Nuance.

Sauf que cet après-midi, comme chaque année à pareille période, ce n’est pas pour de vrai. Nous en sommes toujours au stade de la répétition générale. Pour être prêt, au cas où.

Et si c’était pour de vrai? Pas dit que la population sache ce qu’il faudrait faire. Les bons réflexes? Euh…

L’essai se déroulera donc un peu comme dans un avion, où le personnel de bord répète les consignes de sécurité dans l’indifférence la plus totale. A ceci près que les sirènes sont autrement plus bruyantes que les hôtesses de l’air!

Surtout lorsqu’elles se mettent en branle à l’heure de la sieste…

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