31/03/2014

La remise à l'heure

Bien que la question revienne chaque année, il y a toujours comme un léger flottement au moment du passage à l’heure d’été.

On les tourne dans quel sens, déjà, les aiguilles?

A deux heures du matin hier, il fallait les avancer bien sûr. Pas les reculer. Abracadabra, deux devient ainsi trois. Magique!

J’en connais qui ont sans aucun doute oublié la formule. Ce matin, ils seront fâchés avec leur réveil, voire avec la terre entière. Ambiance…

Or donc, nous avons tous perdu une heure de sommeil. Ou de folle java. Et alors? Alors les humains vont s’y faire. Les pendules aussi. Pour autant qu’on leur donne un coup de main.

J’en profite pour faire une prière aux gardiens du temps public, même si je ne les connais pas et que je ne comprends rien aux mécanismes horlogers.

Franchement. Ne pourrait-on pas, aujourd’hui, faire d’une pierre deux coups et remettre à l’heure toutes les horloges qui ont cadran sur rue? Ne pas se contenter de les avancer de soixante minutes, mais régler celles qui donnent des heures fantaisistes ou plus d’heure du tout?

Je pense particulièrement à l’horloge de la Tour de l’Île. L’immense tocante attire irrésistiblement les regards des passants. Mais elle les trompe! Depuis des plombes, elle est toujours en retard d’une dizaine de minutes.

Et ça jure un peu avec les maisons de haute horlogerie qui se trouvent quasi au pied de l’édifice. Elles pourraient faire quelque chose pour l’ancêtre?

Je cause, je cause mais je n’ai pas mis mon coucou à l’heure d’été…

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29/03/2014

Partir au printemps

Les Genevois ne remarqueront pas tout de suite son absence.

Et puis une fois, on ne sait trop pourquoi, ils se diront tiens, il est passé où? Ça fait longtemps qu’on croise plus ce personnage dans la rue, flanqué de son gros Beauceron, avec son capet de berger sur la tête, sa pipe à la bouche et cette allure lourde, mais déterminée, du marcheur infatigable.

Eh bien ils ne le verront plus! Paul a été mis en terre, cette semaine, dans le joli cimetière de Cologny. A deux pas de chez lui. Là où il a grandi.

Car c’est bien un enfant du village qui vient de disparaître. Un enfant qui a baigné dans le monde des lettres et des livres, mais qui s’en est démarqué. Pour devenir berger de vaches.

Si j’ai envie de lui rendre aujourd’hui hommage, c’est pour tordre le cou aux préjugés dont il a été si souvent victime. Beaucoup de ceux qui le voyaient de loin ou le prenaient en stop le jugeaient fruste. Voire un peu simple.

Or, sous l’emballage un peu rugueux du personnage se cachait un écorché vif, avec un cœur gros comme ça, doué d’empathie comme peu de gens le sont.

Mais Paul était fâché contre la société, qui le lui a bien rendu. Il évoluait à contre-courant, privilégiant le rapport à la nature, la lenteur et l’amitié non virtuelle. Vivant, avant que cela ne devienne à la mode, de débardage dans les bois de Jussy avec son cheval de trait. Faisant des alpages l’été, dans des conditions frisant parfois le servage.

Puis avec les années, c’était devenu une autre routine. Petits boulots, bistrot, hosto. Jusqu’à ce que son cœur le lâche.

Adieu l’ami, je t’aimais bien. Et c’est dur de mourir au printemps, quand on a cinquante ans..

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28/03/2014

Le cortège des oiseaux

Elles sont de retour chez nous, avec une plume d’avance sur le calendrier.

Les premières hirondelles rustiques ont été aperçues, un jour pile avant le début du printemps, par Patrick Jacot. Faut dire que le responsable du centre ornithologique genevois guettait leur arrivée avec une certaine émotion.

Comme lui, je suis toute chose devant ces oiseaux de 20 grammes à peine qui viennent à tire-d’aile depuis le continent africain!

Ils ont fait un vol de plus de 6000 kilomètres, traversé le Sahara, puis la Méditerranée, survolé l’Italie ou le couloir rhodanien avant d’arriver ici pour retrouver leur lieu de nidification.

S’il existe encore… Pas touche à leur nid, donc!

Ces hirondelles rustiques, que l’on appelle aussi hirondelles de cheminée, ne sont pas les seules à voler dans nos cieux depuis peu. D’autres migrateurs viennent grossir à nouveau le cortège des oiseaux. Patrick me signale que les milans noirs et les cigognes blanches sont revenus dans nos contrées.

Tous ces oiseaux sont aussi beaux à voir qu’à entendre. Car ça chante désormais à tous les étages. Dans les airs, les bois et les jardins. On y entend les chants de pouillots véloces, de fauvettes à tête noire ou de mésanges bleue. Ça roucoule aussi. Un vrai concert!

Tandis qu’ils rivalisent en vocalises, les humains du centre ornithologique se mobilisent pour sauver les premiers bébés merle tombés du nid et récupérer les dames colvert qui pondent leurs œufs dans les endroits les plus anachroniques qui soient.

La nature est bien faite!

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27/03/2014

Paroles de dames

Il ne sera pas dit que je passe mon temps à casser du sucre sur tout et sur rien. Je passe aussi la parole à des êtres qui savent apprécier les belles choses de la vie. Des dames, dans le cas présent.

«Voici un peu d’amour dans ce monde de brutes» m’annonce Elisabeth qui vient d’observer le manège de deux pigeons ramiers sur une branche de l’arbre d’en face.

Monsieur fait assidûment sa cour à Madame, en se baissant et en relevant sa queue et elle, touchée par tant de grâce, se love dans son cou et lui fait moultes bisous jusqu’à ce que leurs becs s’entrechoquent.

Je n’ai pas eu droit à la suite des ébats. Elisabeth m’a juste écrit que cette scène d’amour et de bonheur ramier s’est déroulée sur fond de bourgeons sortant timidement leurs petites feuilles vert tendre. C’est bien, le printemps!

Dernièrement, Emma m’a appelé pour me signaler qu’il existe, à Genève, un bus où l’on cause encore! Il s’agit de la ligne 36 qui sillonne la vieille ville. A chaque fois que l’usagère l’emprunte pour se rendre au Bourg-de-Four, les gens qui montent disent «bonjour» au chauffeur et ceux qui descendent «au revoir». Certains se parlent même entre eux sans se connaître. Dingue…

Monique, qui est philatéliste à ses heures, me raconte qu’elle a demandé l’autre jour à la poste de Rive une belle oblitération sur un timbre original et qu’elle en a profité pour acheter deux timbres-poste spéciaux. La tête ailleurs, elle les a oubliés au guichet. Or le lendemain, elle les a retrouvés dans un courrier posté à son attention, avec les remerciements de la postière… Sympa!

C’étaient les paroles de dames. A vous de jouer, les messieurs.

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26/03/2014

Les salles d'attente

Ainsi donc, les CFF ont franchi la barre: ils ont transporté plus d’un million de passagers par jour en 2013. Un record! Vous imaginez le monde que ça fait dans les gares…

Sachant que le réseau suisse compte 800 gares et des poussières et que les villes concentrent bien plus d’usagers du train qu’une station de montagne, combien de gens passent par Cornavin, hein?

Faites le calcul! Moi je dirais que ça en fait des tas. Quelques milliers, à vue de nez.

D’où cette autre question. Pour toutes les personnes de passage dans cette gare fraîche et pimpante, combien de sièges où poser leur fatigue ou leur attente?

Il y a beaucoup de magasins, mais pas un seul banc dans les passages inférieurs et dans les espaces publics du bâtiment! Et pour cause: il faut garantir la fluidité des flux piétonniers, me dit le porte-parole des CFF.

Bon, les voyageurs fatigués ne sont pas forcément condamnés à se rendre dans un bistrot pour se reposer les gambettes: tous les quais disposent de bancs. Au frais, dans les courants d’air. Pour y construire des salles d’attente, il faudrait que ces plates-formes aient des largeurs suffisantes.

C’est le cas du quai 3, où l’abri vient d’être rénové. Le 2, on oublie, trop étroit. Le 4 possède déjà son espace de repos après la douane.

Et le quai 1? Eh bien c’est sous lui, dans le bâtiment de la gare, qu’une nouvelle salle d’attente de 20 places sera ouverte, fin avril. Vingt places! C’est toujours mieux que rien…

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25/03/2014

Le retour au bercail

C’est une bonne nouvelle. Au niveau local, s’entend. Elle agacera sans doute tous ceux qui n’aiment pas les animaux de compagnie, et j’en connais… Tant pis, les autres apprécieront!

Vous souvenez-vous de Buddy? Le jeune bouvier bernois qui avait fugué d’une garderie pour chiens le 6 février dernier? J’avais relayé l’avis de recherche que ses propriétaires, désespérés, avaient placardé un peu partout dans la région de Perly.

Les jours passant, le couple avait fini par perdre espoir. Jusqu’à ce coup de fil de Daphné. Cette dame, qui adore les chiens, avait conservé mon billet dans sa veste et battait la campagne depuis des semaines pour voir si Buddy rôdait par hasard dans les parages.

Et que voit-elle dimanche matin, sur une petite butte près du terrain de foot de Veyrier? Un chien de belle taille qui correspond à la description du fugueur. La bête semble fatiguée et peureuse.

Quelques minutes après l’appel de Daphné, un homme arrive sur place, sans trop y croire. Ce n’est pas la première fois qu’il se déplace pour rien. Or, cette fois-ci c’est la bonne. Il tombe dans les pattes de son chien. Quelles retrouvailles, après 45 jours d’attente!

Revenu au bercail bien amaigri, Buddy a retrouvé son frangin qui se morfondait et une jeune chienne venue lui tenir compagnie. Désormais, il y a trois bouviers bernois dans la maison...

Lors des prochaines sorties qu’ils feront avec leur troupe, ces propriétaires comblés pourront refaire la tournée des lieux où ils ont posé les affichettes d’avis de recherche. Pour les enlever.

Ben oui. Ça permettra de libérer les poteaux, les murs, les arbres, et de tourner la page de la disparition de Buddy.

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24/03/2014

Le cycle s'engage

Il y a des profs et des élèves formidables dans cette République!

Un exemple? Au cycle de Cayla, la classe 1111 et son prof principal réalisent un projet qui les motive tous à fond: s’engager pour les enfants handicapés.

Ces ados d’une quinzaine d’années ont participé à diverses activités, proposées par l’association Cerebral, avec des jeunes souffrant d’infirmité motrice cérébrale.

Et depuis, ils cherchent activement des fonds pour les aider. Après les traditionnelles ventes de pâtisseries, ils lancent l’opération «Cycle en cycle».

Lors de leur voyage d’études, ces élèves effectueront 130 km à vélo sur l’ancien chemin de fer «La Parenzena» qui va de Trieste à Porec. Un trajet qui peut rapporter gros: chaque kilomètre roulé sera subventionné, un peu à la manière de la Marche de l’espoir.

Les participants à ce périple cycliste font donc la course ces jours pour trouver le plus de parrains et de marraines pour financer leurs efforts. La somme ainsi récoltée sera intégralement versée à l’Association Cerebral.

Et ce n’est pas tout! Pour collecter encore plus de fonds, la fameuse classe 1111 organise ce vendredi 28 mars une soirée dansante «The spirit of the 60’s» avec le groupe genevois "Les Clakos". Ça va déménager, dans l’aula de Cayla!

A noter que ces élèves ont encore sollicité parents et amis pour rassembler les lots de la tombola «Cerebral», et qu’ils ont préparé bar et buffet.

Inutile de préciser que la soirée est publique et que vous y êtes attendus dès 19 h 30. L’entrée? Deux thunes. L’adresse? 8, chemin William-Lescaze. C’est noté?

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22/03/2014

Tranquillité publique

Tous les quartiers ne sont pas égaux en matière de tapage et de tapin nocturne. Ça, on le sait depuis longtemps.

Or, cette inégalité est aujourd’hui inscrite noir sur blanc dans les textes officiels. Dans un arrêté qui entre en vigueur là, tout de suite, le Conseil d’Etat interdit l’exercice de la prostitution en divers lieux de Genève.

Où donc, précisément? Un seul périmètre figure dans cet article, le reste n’étant que généralités: abords des écoles, cimetières ou divers endroits qui tombent sous le sens.

La seule et unique zone «interdite de racolage» est comprise entre la rue Ferdinand-Hodler, le boulevard des Tranchées, la rue de l’Athénée et le boulevard Helvétique. Un quartier chic! Ça vous étonne?

Les riverains des Tranchées en ont marre des nuisances sonores générées par la présence de ces dames? Les autorités prennent des mesures pour rétablir la tranquillité publique, dans un quartier «ayant un caractère prépondérant d’habitation».

Extraordinaire!

Bienheureux les habitants des beaux quartiers qui savent si bien se faire entendre.

Et tant pis pour les habitants des quartiers moins dommages. Ceux des Pâquis, par exemple. Car ils ont beau s’époumoner depuis des années et faire des pétitions, non pas contre la prostitution, (ça ne leur viendrait pas à l’idée) mais contre le bruit, la prolifération des bistrots, la vente d’alcool à longueur de nuit, rien ne bouge. Ou si peu.

Tous les quartiers ne sont décidément pas égaux en matière de tapage et de tapin nocturne…

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21/03/2014

La clinique des envois

Sa déclaration d’impôt lui est revenue, expédiée depuis la Clinique des envois! Aïe docteur, ça va faire mal?

Pas trop! Même si ce centre de la Poste Suisse traite de cas désespérés: c’est là, à Eclépens, que des spécialistes ès lettres ouvrent les courriers refusés, ou sans destinataire, pour tenter de retrouver leur expédier anonyme.

Dans le cas de Jacqueline, leur tâche était facile: sa déclaration disait tout d’elle! En bonne citoyenne, elle avait déjà adressé ces papiers le 8 mars dernier à l’administration fiscale cantonale, avec le CD en retour, et avait collé un timbre d’un franc sur l’enveloppe dodue.

La Clinique postale la lui a retournée, expliquant que l’envoi n’avait pas été accepté par le destinataire, l’Etat de Genève donc, car insuffisamment affranchi. Bizarre autant qu’étrange!

Car renseignements pris à la source, l’AFC affirme ne pas refuser de tels envois… Le problème a dû se produire ailleurs. Mais où? Mystère.

Une chose est sûre. Le retour du CD aux impôts n’est pas nécessaire pour l’enregistrement des données du contribuable. Il est toutefois bienvenu, dans un but de recyclage écologique.

Or, il pèse... Lui plus tous les papiers de la déclaration dépassent de peu les 100 grammes. Ce qui porte les frais d’envoi à deux francs. Sans CD, on arrive à 98 grammes, et c’est pile-poil l’affranchissement standard.

Reste une solution plus légère encore. Le téléversement par internet, déjà utilisé par 60 000 personnes à Genève, me glisse-t-on à l’oreille. Suffit d’envoyer la feuille signée avec le code-barres.

Mais pour Jacqueline, ça suffit!

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20/03/2014

Fan de hockey

La glace et moi, ça fait trois. Si l’on compte le puck. Autant dire que je ne connais rien au hockey.

Mais à voir l’excitation qui gagne les supporters des Aigles avant l’acte V qui se joue ce soir aux Vernets, ça me ferait presque envie d’y aller…

Matteo, lui, ne raterait pour rien au monde cette rencontre. Même si depuis le début des playoffs, il se trouve entre deux chaises: ce Tessinois de 11 ans vit à Genève et il tient pour Lugano! Mais à quel prix?

En vue du premier match entre ces deux équipes, la semaine dernière, le garçon est allé acheter son billet avec 40 fr. en poche. La caissière lui annonce alors qu’il n’y a plus de places à moins de 60 fr.!

Le garçon est abasourdi par le prix, mais tient mordicus à son entrée. Il propose à la dame l’argent qu’il a sur lui pour réserver le ticket et file chercher 20 fr. auprès de sa maman. L’affaire est dans le sac, et le fan est ravi de se glisser dans la patinoire pour suivre la partie.

Les parents, eux, maugréent. Il n’est pas normal qu’un môme de 11 ans paye 60 francs sa place!

Au Genève-Servette Hockey club, on dit ne rien comprendre à cette histoire. Car ce jour-là, il restait des places dans toutes les catégories de prix, y compris celles avec des tarifs enfants.

Alors quoi, la caissière a peut-être cru que le petit achetait un billet pour son papa? Dans le bloc «argent», où se trouvent essentiellement des adultes?

Pour éviter ce type de malentendu, le personnel de caisse informera mieux les jeunes sur les places disponibles en tarif réduit, annonce le GSHC.

C’est Matteo qui va être content! Enfin, ça dépendra encore de l’issue du match ce soir…

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19/03/2014

Bouleau et hérisson

Je fais un métier sympa: je pose une question et vous répondez aussitôt!

Suite à une encre bleue qui traitait de la cure de sève de bouleau fraîche, j’ai reçu des tas de mails et de téléphones pour m’expliquer, en long et en large, comment procéder.

Incroyable! Je n’aurais jamais pensé qu’autant de personnes, à Genève, se passionnent pour le sujet.

Bon, les avis divergent sur la longueur idéale de la cure printanière, sur la quantité à boire, à jeun ou pas. Mais tous vantent en chœur la sève de l’arbre de la sagesse. D’après ce que j’ai lu et entendu, la liste de ses effets bénéfiques pour l’organisme est aussi longue que la liste des contre-indications de certains produits de la pharma suisse...

Et dire que je ne connaissais rien à ça avant l’arrivée inopinée, sur ma table de travail, d’une bouteille emplie de ce nectar récolté par François et Laurent dans la campagne genevoise.

Une chose encore. Paraît que l’eau de bouleau qui coulait à flot dans notre région début mars voit déjà son débit ralentir. La faute au printemps précoce. Mais on ne va pas lui en tenir rigueur!

Car avec les vingt degrés et plus d’hier, la nature affiche une forme éblouissante, malgré les particules. Les jardins fleurent bon les jacinthes et les violettes, les feuilles s’enhardissent aux arbres, les amoureux se bécotent.

Autre signe du printemps, mon collègue Herrmann a croisé nuitamment, rue du Contrat social, son premier hérisson. Fraîchement écrasé.

A peine sorti de sa torpeur hivernale, le petit animal n’a pas eu le temps de reprendre ses forces pour la saison des amours. Triste fin, pour un hérisson!

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18/03/2014

Incivilités de papier

On ne plaisante pas avec l’ordre public. Et d’ailleurs, nul n’est censé ignorer le règlement! Vous prendrez bien petite piqûre de rappel pour éviter pareille mésaventure?

En Ville de Genève, le ramassage des vieux papiers et cartons a lieu chaque mercredi matin. Ces déchets sont à déposer le jour même dès 6 h 30 devant les immeubles. Fastoche, ou presque, pour les gens qui logent sur place.

Mais pour ceux qui y travaillent, c’est une autre paire de manches. Dans le cas qui nous intéresse, une femme de ménage dépose des cartons sur le trottoir à la fin de son travail dans les bureaux d’une association. Nous sommes alors un mardi et il est 15 h 30. Trop tôt pour un tel dépôt, si l’on se réfère au règlement municipal.

Quand devrait-elle donc le faire? Après vingt heures. Ou le lendemain à l’aube. Son employeur ne lui en demande pas tant…

Une demi-heure après cet abandon coupable sur la voie publique, deux charmants messieurs viennent toquer à la porte de l’association. Ce sont des employés de la Voirie appartenant à l’unité de gestion des incivilités. Et là c’en est une, à l’évidence.

Ces contrôleurs auraient pu jouer la carte de la prévention et donner un carton jaune, pour cette fois. Eh bien non. C’est carton rouge tout de suite!

L’association aura beau faire son mea culpa dans un courrier et demander un peu de clémence, le service maintient la sanction. Or, l’amende administrative peut aller de 100 à 60 000 francs. Oups!

Elle s’en tirera finalement avec une amende de 400 francs. Ça fait quand même cher le carton…

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17/03/2014

Se régaler des yeux

Isabelle est gourmande de nature!

Elle adore la nourriture, la cuisine de sa mère et les grandes tablées autour de bons petits plats mitonnés avec amour.

Isabelle est gourmande. Mais elle ne peut plus manger…

Une méchante forme de sclérose l’a privée progressivement de sa capacité de se mouvoir et de parler. Et depuis plus de deux ans déjà, son alimentation passe par une sonde gastrique. C’est un peu triste et lassant, les purées de couleur beige, quand on se pique de gastronomie.

Clouée dans son fauteuil roulant, Isabelle n’en a pas moins l’esprit alerte et positif. La quadragénaire a donc pris le parti de se régaler des yeux.

Rien ne lui fait plus plaisir que de recevoir des photos de tables débordant de victuailles ou de plats concoctés par ses connaissances. Photos que de fidèles amies glissent dans un album.

En novembre 2013, pour marquer le deuxième anniversaire de sa vie sans vraie nourriture, Isabelle envoie une requête à cinq chefs, leur demandant de bien vouloir cuisiner un plat pour elle. Pas pour le manger, bien sûr.

Elle voudrait juste qu’ils se fassent prendre en photo avec le plat qu'ils auraient préparé à son attention, qu’ils lui expliquent les produits utilisés et la manière de les apprêter. Histoire de lui mettre l’eau à la bouche.

Las! Ces chefs étoilés n’ont pas répondu. Mais il n’est pas encore trop tard pour le faire, pas vrai?

Et si vous aimez cuisiner et partager vos expériences, faites-en aussi profiter Isabelle, en lui envoyant messages et photos de vos mets à l’adresse suivante: isagastronomie@hotmail.com. Un blog suivra. On en reparlera!

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15/03/2014

Jobs d'été pour tous

Pas facile, pour un papa, de dire non à sa cadette de 15 ans. Non, tu ne bosseras pas cet été pour te faire un peu d’argent de poche. Car ce que tu vas gagner sera déduit de l’aide que je touche. Et on en a trop besoin pour vivre!

C’est quoi cette histoire?

C’est l’histoire d’une famille comme il en existe beaucoup à Genève. Un père en emploi de solidarité avec le salaire minimum, une mère au foyer et deux adolescentes. Une allocation complémentaire, mensuelle et bienvenue, lui est versée par l’Office cantonal de l’emploi.

Il y a près de trois ans, l’aînée de la famille trouve un petit travail occasionnel pour se faire des sous. Soucieux de faire tout juste, le père adresse les deux fiches de salaire à l’autorité compétente. Ce montant est alors soustrait de son allocation. Ce qui gêne doublement les parents. Ça leur fait moins d’argent pour finir le mois et donne un message négatif à leur fille: inutile de chercher à bosser.

Un peu miné de pénaliser ainsi son enfant, le chef de famille demande à qui de droit que l’argent gagné par des mineurs ne soit pas pris en compte dans le calcul de cette allocation. Sans succès.

Alors la semaine dernière, quand sa cadette annonce, toute fière, qu’elle s’est trouvé un job d’été, il lui dit non. A moins que ce soit un boulot au noir.

Or, il va pouvoir lui dire oui, vas-y, bravo ma fille! Car ce qu’il ne savait pas, et ce qu’on ne lui a pas dit, c’est que la disposition a changé en novembre 2012!

Désormais, les gains des jobs d’été des enfants ne sont plus pris en compte dans ce calcul. On me l’a affirmé en haut lieu. Seuls les revenus d’un travail lucratif régulier des jeunes le sont, à raison de 50%.

C’est une sacrément bonne nouvelle!

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14/03/2014

Les lendemains d'hier

Un mois après le vote des Suisses sur l’immigration de masse, l’ambiance n’est pas franchement à la fête.

Je ne parle pas ici des conséquences politiques ou économiques du scrutin. Mais de ses répercussions sur notre vie au quotidien, elle qui voit des milliers de gens passer la frontière, dans un sens ou dans l’autre, pour travailler, se loger, faire ses achats ou se divertir.

Si j’en crois Tatiana, qui se rend souvent en France voisine, le vote du 9 février aurait changé le comportement de certains habitants à l’égard des porteurs de plaques suisses. (Notez qu’à Genève, les réactions devant les plaques françaises ne datent pas d’hier…)

Les Français les regarderaient ainsi d’un mauvais œil. Ils seraient blessés. Vexés. Et le feraient sentir à la moindre occasion. Celle-ci s’est présentée quand la Genevoise s’est rendue au service client d’une enseigne d’électroménager pour faire réviser son aspirateur.

L’employé prend d’abord Tatiana pour une «blonde». Genre votre sac est plein, suffit de le changer. Tiens, le filtre aussi. Comme si la cliente n’avait jamais utilisé d’aspirateur de sa vie.

La quinquagénaire remet en place l’employé. Il la nargue. Après quelques échanges tendus, elle lui présente la facture de l’appareil défectueux.

La réponse du vendeur lui fait alors tomber les chaussettes. «Ah, je comprends mieux: vous êtes Suisse! Et vous, les Suisses, vous détestez les Français!»

Au secours, pas ça! Evitons, de part et d’autre de cette frontière, tous les commentaires désobligeants. Ils ne servent à rien, sinon attiser d’inutiles tensions.

Il y a tellement mieux à faire, ensemble, dans cette région.

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13/03/2014

La sève qui monte

Y a-t-il un message caché là derrière? Une façon de dire vas-y, Julie, mets-toi au boulot?

Je ne sais trop que penser. Mais une chose est sûre: un producteur genevois est venu livrer à la réception une grande bouteille de sève de bouleau fraîche!

A mon attention.

Je veux bien tester les vertus de ce jus récolté dans nos campagnes. Mais comment procéder? Il n’y a pas de mode d’emploi. Et la carte qui accompagne le litron de dégustation me donne un contact illisible pour les infos. Alors quoi, j’essaie quand même?

Je pourrais siffler le nectar d’une traite pour me donner un coup de fouet ou le prendre à la petite cuillère chaque matin pour faire durer le plaisir. Ou… Bon, je vais attendre d’en savoir un peu plus avant de biberonner la sève de l’arbre de la sagesse. Le bouleau, donc. Pas le boulot.

Cette sève qui monte, qui monte est un sujet on ne peut plus printanier. Ses effets touchent autant la végétation que les humains: elle affole les sens et fait parfois perdre la tête.

A ce propos, vous souvenez-vous de ce blouson noir à 68 750 francs vu dans un magasin chic de la rue du Rhône? Il a disparu, me rapporte Pierre. A sa place trône un blouson vert émeraude pour femmes. En croco exotique.

Son prix ne figurant pas encore en vitrine, notre enquêteur s’est renseigné auprès des vendeuses souriantes. Elles ont alors articulé ce montant dément: 85 700 francs! Qui dit mieux? Paraît que l’habit est de taille 38.

Trop petit pour moi. Dommage! Peut-être que si je forçais un peu sur la sève de bouleau fraîche?…

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12/03/2014

Parler avec les mains

L’homme est joyeusement volubile. Il parle autant avec ses mains qu’avec sa bouche. Ça tombe bien: Roberto exerce le métier de figaro…

Oui je sais, c’est un peu cliché de dire que les Italiens ont la gestuelle expressive. Qu’ils ont ça dans le sang. C’est d’ailleurs pour en finir avec ce stéréotype qu’une chercheuse a réalisé une étude montrant que les Italiens ne feraient pas forcément plus de gestes qu’un Danois ou un Japonais (!) Ils seraient juste beaucoup plus amples…

Mais revenons à Roberto qui occupe un espace gestuel assez large dans son salon de coiffure. Alors qu’il fait une coupe à un habitué, le voilà qui évoque un sujet qui lui tient à cœur. Il s’anime tout d’abord puis s’enflamme, les ciseaux à la main. Et c’est drôlement coupant, des ciseaux de coiffeur…

Coincé dans son fauteuil, Paul suit des yeux le bal des cisailles. Aïe, ça risque de faire mal. Et ça le fait: le figaro se coupe hélas un doigt!

Le sang coule, l’heure est grave. Avec sa coupe à moitié faite, le client donne un coup de main au blessé pour désinfecter la plaie et faire un pansement de fortune. Puis reprend place pour que Roberto termine son travail.

Tout ceci rallonge d’un cheveu le temps prévu pour une simple coupe. Mais qu’importe. Cette petite aventure s’est bien terminée et Paul est content d’avoir pu aider son coiffeur préféré.

Il retourne à sa voiture. Que voit-il sur le pare-brise? Une prune! Le disque bleu atteste qu’il a dépassé le temps autorisé de quelques minutes. Pas de chance. D’autant que la contractuelle est restée sourde à ses paroles. Aurait-il dû parler plutôt avec les mains pour se faire comprendre?

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11/03/2014

Grand beau devant

Il fera beau et chaud toute cette semaine, nous prédit MétéoSuisse.

Mais c’est la cata!

Comment voulez-vous, avec un temps pareil, accomplir les tâches ingrates qui nous attendent à cette période de l’année, quand il est censé faire moche et frais?

Les impôts, par exemple. Impossible de s’attaquer à ce pensum alors que le soleil tape si fort à la fenêtre. L’invite est trop forte. Je ne sais pas vous, mais moi, la simple perspective de sortir toute cette paperasse en ces premiers jours de grand beau me file des boutons…

Je préfère, et de loin, les bourgeons. Regarder sortir timidement les feuilles. Celles des arbres, donc. Pas celles de la déclaration. Parce que là, il en manque toujours une, c’est fatal.

Faut vraiment les rendre à la fin de mars, ces impôts? Je crois bien qu’ils attendront les mauvais jours.</p><p id="U1241346232030A0D" style="text-align:left;">Et tant qu’à faire, les rangements patienteront au

Avant, c’était par manque d’énergie. Maintenant, par manque d’envie. Car il y a plus palpitant que de se farcir des classements ou des tris. Ils seraient pourtant bien utiles, avant les grands nettoyages de printemps.

Mais au fait, sont-ils vraiment nécessaires, ces à-fonds?

C’est fou ce que ces températures clémentes nous font oublier nos bonnes résolutions. Elles nous donnent juste envie de sortir. Pour prendre l’air. Tendre le visage au soleil. Profiter des bords du lac ou de la proche campagne.

Il fera beau et chaud toute cette semaine, nous prédit MétéoSuisse.

Mais c’est extra!

09:22 | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook |  Imprimer | | |

10/03/2014

Le cadeau qui revient cher

La famille de Hugo lui a fait un beau cadeau: un bon chez Silhouette. Il en prend pour trois mois ferme de fitness. Une sacrée cure de remise en forme!

Le jeune homme transforme alors ce bon en contrat d’abonnement, sans prendre garde à ce qu’il signe. Erreur…

Car après deux séances d’efforts en tous genres, il doit se rendre à l’évidence: ce n’est vraiment pas son truc. Adieu le rameur, le tapis de course et les haltères. Et dommage pour l’argent dépensé pour des prunes.

Hugo croyait s’en tirer si facilement? Erreur… Alors qu’il avait totalement oublié le fitness, c’est lui qui se rappelle à son mauvais souvenir, fin janvier.

Il apprend qu’il doit régler les frais des trois mois à venir, car son abonnement a été reconduit automatiquement selon une clause figurant dans le contrat. C’est la grosse tuile. Car ce garçon ne roule pas sur l’or et n’a pas envie de débourser 500 francs pour une activité qu’il ne fera pas.

Hugo fait donc son mea culpa dans une lettre recommandée au fitness, où il admet ne pas avoir bien lu le contrat. Il s’empresse d’ailleurs de le résilier et demande un arrangement financier.

Et que croyez-vous qu’il reçut en retour? Un geste commercial sympathique de l’institut Silhouette? Erreur…

Pour toute réponse, il a eu droit à un «dernier avertissement avant mise en recouvrement». Plus une nouvelle lettre concernant le «prochain renouvellement de votre abonnement.»

Ils font exprès, ou quoi?

De guerre lasse, Hugo a payé. Et le fitness s’est engraissé sans trop faire d’efforts. Tu parles d’un cadeau…

07:00 | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook |  Imprimer | | |

08/03/2014

Les règles du jeu

Moi Tarzan, toi Jane, lui Cheetah!

Le nom du célèbre chimpanzé a été donné à la place de jeux près du lac, côté Eaux-Vives. Là où résonnent tout naturellement de sonores "Oohiioohiiooh". 

Pas sûr que l’onomatopée bricolée par mes soins reproduise correctement le cri du roi de la jungle! Qu’importe: les gosses qui passent de liane en liane sous les platanes de Baby plage yodlent librement et à tue-tête en s’élançant dans les airs. Trop bien, ces sensations…

Parce qu’ils jouent encore là-bas, les minots? Les installations ne sont pas démontées, comme prévu depuis novembre? Non. Et c’est tant mieux!

Malgré les panneaux d’avertissement posés par l’association Cheetah, les enfants s’amusent toujours dans ces entrelacs de chambres à air suspendues aux branches. Ce week-end, il y aura foule au paradis des jeunes grimpeurs.

Et pourquoi voudrait-on casser ces installations? Parce qu’elles ne sont pas conformes aux normes de sécurité européennes. On se pince!

Car ces normes n’auraient jamais pu inventer un truc aussi bien adapté au lieu, aussi ingénieux, aussi amusant et bon marché que celui-ci.

Elles n’auraient jamais pu concevoir qu’une place de jeu flirte ainsi avec les arbres, le sable doux et le lac en toile de fond. Tout ici hors normes…

Mais l’enfant n’est pas en danger pour autant. Il y apprend la prudence et fait ses expériences, sans qu’il y ait d’accidents particuliers à déplorer.

Et maintenant? Il faudrait que nos autorités fassent preuve de bon sens. Qu’elles entendent les pétitionnaires et ne démontent pas ce que d’autres villes européennes nous envient.

Autrement, ce serait à pleurer.

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