31/05/2014

Faire le pont dans la rade

Pour une fois, nous pourrions faire un petit effort. Ne pas être trop prévisibles. Trop râleurs, blasés ou moqueurs.

Genève promet de nous surprendre en cette fin de semaine? Eh bien soyons fous! Laissons-nous aller à faire la fête…

Au cas où certains d’entre vous l’ignoreraient encore, nous sommes arrivés au cœur de l’événement local tant annoncé. Pile dans le moment fort des célébrations du Bicentenaire de l’entrée de Genève dans la Confédération suisse.

Ce serait dommage de faire la fine bouche devant pareil festin! Il ne s’offre pas tous les jours…

D’autant qu’il y en a pour tous les goûts. Je ne vais pas vous résumer ici le menu à rallonge mitonné avec amour par des gens venus de tous les horizons. Mais s’il n’est pas là-dedans un plat à votre convenance, ce serait vraiment à désespérer.

Et puis la rade sort aussi le tout grand jeu pour l’occasion. Elle s’est pomponnée et pavoise, photogénique comme tout. La voilà fine prête à accueillir les foules, sur les quais comme sur l’eau.

Le temps même semble vouloir se mettre au diapason des réjouissances. La bise, annoncée modérée, devrait gonfler les voiles latines des barques du Léman qui viendront faire la parade et chatouiller les costumes d’hier et de demain du défilé du 1er juin.

Mais pour que cette fête populaire soit une vraie réussite, reste encore une inconnue: la participation du public. Or visiblement, bon nombre de Genevois ont fait le pont de l’Ascension. Au loin.

Alors pour une fois, ne soyons pas trop prévisibles. Faisons le pont dans la rade! Chiche?

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30/05/2014

Les arbres du parking

C’est un petit coin de verdure où chantent les oiseaux, caché à l’arrière d’un ensemble protégé de l’avenue de Champel. Un lieu clos, charmant et sans doute propice aux rêveries pour ceux qui habitent près de lui.

Or, ce cordon boisé n'existera plus, une fois terminée la période de nidification. Ces 33 arbres de belle taille seront alors abattus pour permettre la construction d’un parking souterrain de 51 places.

Bien sûr, il y a eu opposition. Mais elle n’a pas fait le poids devant les intérêts en jeu…

Si l’on en croit la Direction générale de la nature et du Paysage, qui a donné son feu vert à l’abattage, une grande partie des arbres voués à disparaître ne sont pas en bon état, une vingtaine d’entre eux étant déséquilibrés, difformes et trop fortement élagués. De plus, ils ne constituent ni des éléments majeurs du paysage, ni des arbres remarquables, au sens d’une directive édictée par l’Etat.

Peut-être. Mais dans le cœur des humains proches de ce jardin, ce sont à leurs protégés que l’on touche. A leurs fidèles compagnons. Certains sont là depuis aussi longtemps qu’ils s’en souviennent. C’est donc la mort dans l’âme qu’ils s’apprêtent à voir débarquer les tronçonneuses.

Même si on leur promet que quarante nouveaux arbres seront replantés pour compenser les anciens.

Même si on leur garantit que le futur parking sera à l’usage exclusif des habitants de l’immeuble.

Rien ne remplacera leur petit coin de verdure où s’épanouissent encore quelques grands et beaux arbres riches d’une vie animale joyeuse et intense…

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28/05/2014

Solidarité sur l'alpage

En ce jour de l’Ascension, vingt ados genevois montent à l’alpage!

Ces jeunes citadins s’en vont donner un coup de main à un paysan de montagne vivant dans le canton de Saint-Gall, à 1850 mètres d’altitude.

Le comble de l’exotisme, pas vrai?

Pour son voyage de fin de scolarité obligatoire, la classe solidaire du CO Bois-Caran a souhaité s’engager dans un projet en Suisse, l’aide aux pays en développement n’étant plus d’actualité.

La «11.01» s’est donc portée volontaire auprès de la Fondation actions en faveur de l’environnement (FAFE). Une structure qui permet à des jeunes de se rendre utiles en aidant à divers travaux agricoles courants.

Avec leur maître de classe, les élèves genevois ont peaufiné le projet, préparé un budget, recherché des fonds. Le prof de géographie a bossé avec eux le thème des paysans de montagne. Celui de français leur a fait lire "Derborence"…

Et voilà que ces filles et garçons, qui pratiquent peu le suisse allemand et n’ont pas spécialement d’expérience de la vie montagnarde, s’apprêtent à entrer dans le vif du sujet!

Ils vont retrousser leurs manches pour dépierrer et débroussailler les pâturages, préparer les repas, participer à diverses activités de fromagerie. Ces neuf jours au vert seront entrecoupés de randonnées et de visites, pour varier les plaisirs.

Avant de partir, les citadins se sont quand même renseignés pour savoir s’il y avait de l’électricité, là-haut, et du réseau… Et s’il n’y en avait pas assez?

Ils pourront toujours partager cette riche expérience avec leurs amis en remplissant leur carnet de voyage de croquis et de notes… Bon séjour là-haut!

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27/05/2014

Une faute à rallonge

Viviane conduit depuis au moins cinquante ans. Sans aucun accroc.

Cette automobiliste modèle a pourtant commis une faute manifestement intolérable qui lui vaut un jour de détention! Ou 40 francs d’amende, plus 20 francs d’émolument.

Entre ces deux maux, son cœur de septuagénaire ne balance pas: sûr qu’elle n’ira pas en tôle pour ça!

Mais avant de s’acquitter, par gain de paix, de la somme exigée, elle a tenté d’expliquer son geste et se faire pardonner par le service des contraventions. Las. C’était trop grave.

La faute? Un soir de février de l’an dernier, où il faisait un froid de canard, cette dame avait réservé une table au Café du Village et cherchait à se garer.

Après avoir tourné un bon moment dans le village, elle voit deux places libres face à la pharmacie. L’une est privée, pas question de braver l’interdit. L’autre porte la mention «réservée à la clientèle». La pharmacie étant fermée et pas de garde, Viviane se permet d’y laisser sa voiture et s’en va manger.

A son retour, son pare-brise est décoré d’un papillon de dénonciation. Ça lui reste sur l’estomac!

La fautive reçoit la douloureuse en juin 2013, et fait opposition, en donnant sa version des faits. Et voilà que la semaine passée, soit plus d’un an après les faits, elle apprend que le service des contraventions maintient son ordonnance pénale. Qui sera transmise au Tribunal de police…

Pour une première, c’est une première! Certes la loi, c’est la loi. Mais au final, est-ce bien raisonnable, tous ces recommandés et cette peine pour pareille broutille?

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26/05/2014

Croiser les regards

«J’espère vraiment que mon avenir sera moins ennuyeux que mon présent.»

Cette phrase me trotte dans la tête depuis que je l’ai croisée, l’autre jour, sur le pont de la Coulouvrenière. Elle figure sur un des panneaux de l’exposition en plein air «La Traversée», installée depuis peu au cœur de la cité, et qui donne la parole aux jeunes. Dans un cadre bien précis…

Si cette phrase m’a fait tant d’effet, c’est que le but des organisateurs de l’événement AVENIR 2014 est atteint. Il s’agit pour eux de croiser les regards. De montrer aux passants de tous âges ce que pensent et attendent de la vie les jeunes d’ici, âgés de 15 et 25 ans.

Les témoignages recueillis font dans la variété. Il y a le philosophe: «Etre irresponsable c’est une étape de ta jeunesse, ça te permet de tirer les conséquences de tes expériences»; le réaliste: «moi si je faisais ce que j’aime, je ne gagnerais pas d’argent»; l’optimiste: «moi, même à 80 piges, dans ma tête je serai toujours jeune!»

Ces phrases sont exposées avec de beaux portraits répondant à la question «que veux-tu devenir?» Filles et garçons posent avec une ardoise où ils écrivent à la craie leur vœu, non sans avoir souvent passé l’éponge avant de tracer rester enfant, devenir sage, être créatif.

Devant toutes ces affirmations, les passants réagissent. Comme ce vieux monsieur, plongé dans une grande réflexion devant un portrait de jeune homme, se remémorant peut-être ce qu’il avait rêvé devenir, à cette époque.

«La jeunesse c’est profiter de la vie.» Alors profitons de ces réflexions qui se découvrent jusqu’au 2 juin, du pont de la Coulouvrenière aux Lavandières.

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24/05/2014

Bouchons à l'horizon

A quoi sent-on que l’été arrive?

A la quantité de manifestations qui se bousculent au portillon de nos fins de semaine!

En regardant de près les propositions de sortie prévues là, tout de suite, pour divertir les foules, ça saute aux yeux: nous sommes désormais en haute saison! Et deux jours ne suffiront pas à tout faire. Embouteillages en vue.

A peine sortis de la Fête des voisins, les Genevois vont tomber samedi dans les 90 caves ouvertes du canton ou sur les 200 activités de la Fête de la Nature. M’est d’avis que ces deux tournées vont être difficiles à mener de front…

Les familles feront plutôt d’une pierre deux coups aux Bastions, où le frais gazon municipal accueille le Festival du livre et de la petite enfance ainsi que la Fête des vélos.

Un peu plus loin, grand écart assuré: les Grottes font la nouba dans leur coin et le Bout du Monde pareil dans le sien, avec la Fête de l’Espoir. Et ce n’est pas tout! Mai est encensé au parc à Lancy, les sportifs marchent contre le cancer à Vandœuvres, les voisins du CERN sont invités à faire plus ample connaissance sous terre et Carouge célèbre le printemps en s’empiffrant.

Pendant ce temps, les habitants du chemin de Bonvent, au Grand-Saconnex, tiennent samedi leur marché aux puces sympa comme tout, avec vente aux enchères et autres animations. Le tout au profit de Carrefour-Rue qui s’occupe de personnes démunies.

Je n’arriverai donc jamais à comprendre les Genevois qui prétendent s’ennuyer au bout du lac! Car avec ces fêtes qui s’épanouissent en même temps, la fin de semaine sera épuisante.

Vivement lundi, qu’on se repose!

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23/05/2014

Pas touche aux nids

Avis aux navigateurs du dimanche qui voudraient faire leur première sortie de la saison sur le lac. Avis aussi à tous ceux qui œuvrent dans un port.

Si vous découvrez des squatters à bord de votre bateau ou sur les bouées d’amarrage, genre nids de foulque macroule, de grèbe huppé ou autre espèce à plumes, surtout, pas touche!

Certes, la découverte peut gêner. Voire perturber les plans de la journée. Mais la vie exigeant une certaine souplesse dans sa conduite, il faudra vous contenter d’admirer ces œufs. Et attendre que la nature fasse son boulot.

Ça peut vite faire long! Compter en moyenne 28 jours d’incubation. Plus deux à trois jours après la naissance des oisillons, le temps pour eux de rester au sec avant d’aller voguer sur le dos de leur mère ou juste à côté d’elle.

Autant dire un mois de fichu pour la navigation.

Certains propriétaires de bateau jouent le jeu et patientent. Il leur arrive même de faire appel au garde de l’environnement ou au permanent du centre ornithologique de réadaptation pour tenter de déplacer ces nichées. Mais ce n’est pas gagné d’avance.

D’autres navigateurs piquent la mouche. Comme si c’était de leur faute, aux oiseaux, s’il n’y a plus assez de roselières, de plages ou d’estuaires dans ce lac pour aller s’y reproduire en paix.

Que font alors ces tristes humains? Ils balancent discrètement ces nids au jus. Pas bien. Pas bien du tout!

Cette pratique est d’ailleurs punissable par la loi. Comme le fait de boucher les nids d’hirondelles et de martinets.  Alors autant prévenir: pas touche!

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22/05/2014

L'hommage des voisins

Une belle personnalité s’en va, et c’est tout un quartier qui a le blues. Sans parler de sa famille, bien sûr.

C’est aujourd’hui que l’on enterre «Thérèse» (Marie-Thérèse, de son vrai prénom) l’âme du Tea-Room du P’tit Bel-Air. J’ai beau ne pas l’avoir rencontrée, sa disparition me chagrine aussi.

Année après année, cette dame m’a fait parvenir, glissés dans une enveloppe, et avec un petit mot, les sous collectés dans son établissement en faveur de la Thune. Une constance dans l’engagement qui force l’admiration. Comme si c’était on ne peut plus naturel de faire un geste pour les plus démunis.

C’est donc volontiers que je passe ici l’hommage que souhaitent lui rendre «Les voisins du P’tit Bel-Air.»

«A 86 ans, «Thérèse» nous a quittés, après avoir marqué de sa personnalité forte et chaleureuse tout un quartier de Chêne-Bourg. Elle ouvrait chaque matin à six heures, pour les premiers et fidèles clients, servant cafés, sirops et autres boissons, et ce durant 52 ans!

Voisins, ouvriers, commerçants ou gens de passage s’arrêtaient pour un brin de causette ou un moment de détente. Sa petite terrasse et le comptoir à l’intérieur étaient fleuris tout au long de l’année: plantes de saison ou orchidées, une merveille! C’était un lieu vivant de ce coin de commune.

Il est des personnes irremplaçables et son décès laisse un grand vide. Qui reprendra la collecte de la Thune du cœur du mois de décembre que, pendant tant d’années, elle a assumée pour remplir la panse du petit cochon genevois?

 Alors voilà, ce mot est juste une manière de lui rendre hommage…»

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21/05/2014

Oubli sur la montagne

L’honnêteté existe encore ici-bas. Même si, dans l’histoire du jour, elle se manifeste plutôt là-haut, sur la montagne...

Pierre et une amie se rendent début mai à Visperterminen, un petit coin de paradis pour les randonneurs. Après une heure de descente en direction de Viège, les marcheurs décident de faire une pause pique-nique au bord du chemin. Il vide son sac à dos pour sortir son casse-croûte qu’il attaque aussitôt.

Le paysage est sublime, il fait bon, la vie est belle!

Le repas terminé, ils se remettent en route, après avoir tout remis dans leur sac. Tout, sauf le portefeuille de Pierre, laissé dans l’herbe par inadvertance. Il contient pourtant près de 200 francs, les abonnements CFF et TPG, ainsi que d’autres documents importants.

Les marcheurs descendent d’un bon pas jusqu’en plaine, puis prennent le train pour revenir à Genève. C’est alors que Pierre réalise son oubli. Il blêmit.

Bon, ce n’est pas comme s’il avait laissé son bien en évidence sur un banc, dans un parc genevois. C’est moins passant, les sentiers valaisans. Mais tout de même. Il faudrait bientôt revenir sur place le chercher, sait-on jamais.

Cela ne sera pas nécessaire. Car le lendemain, en rentrant de courses en ville, Pierre voit que son répondeur clignote. Un homme a laissé un message en allemand, puis a tenté le français pour lui annoncer la bonne nouvelle: il a trouvé ce que le Genevois a oublié et l’envoie par la poste. En recommandé.

Deux jours après, Pierre récupère son portefeuille, avec absolument tout dedans. Sûr qu’il va retourner là-haut pour fêter tant d’honnêteté!

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20/05/2014

Rebrousser chemin

Pas dit que le scrutin d’hier sur les parkings relais et les TPG lui ait mis du baume au cœur! Françoise pense déjà que tout est fait pour compliquer sa vie, elle qui utilise le P+R Sous Moulin et la ligne 25 pour aller à Genève. Puis rentrer chez elle, après sa journée de boulot.

Ras-le-bol, dit-elle, de ce bus toujours surchargé le soir, qui met des plombes pour faire le trajet Terrassière-Vallard et qui, en plus, fait régulièrement descendre ses passagers sur le trottoir de la route de Malagnou sous prétexte qu’il est en retard. Une vraie galère, ce bus!

Alors, comme ça, les TPG larguent leurs usagers en route quand bon leur semble et rebroussent chemin?

Oui, parfaitement, et pas seulement sur la ligne 25! Cela se pratique au besoin sur tout le réseau, me dit-on à la direction de l’entreprise…

Comment ça se fait? Tout se joue, semble-t-il, à la centrale de régulation du trafic des transports publics. Sous les yeux de ces contrôleurs terrestres, des écrans. Et sur ces écrans, en temps réel, tous les véhicules qui transportent des passagers, plus des drapeaux qui signalent des zones où ça coince grave.

Si j’ai tout bien compris, à chaque fois qu’il y a un bouchon empêchant un bus ou un tram d’avancer (et assurer ainsi la desserte en sens inverse), un régulateur demande au conducteur de s’en retourner, si cela s’y prête. Les passagers descendant de leur véhicule devraient retrouver place dans le bus suivant. Ce qui n’est pas toujours le cas.

Et ces transbordements à répétition sont assez mal vécus. Par Françoise et tous ceux qui les subissent sur cet axe chamboulé par les travaux du Ceva. Car ils ne voient pas le bout du tunnel…

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18/05/2014

Fumeur ou vapoteur

Les fumeurs m’ont toujours intriguée. Normal, je ne suis pas des leurs. Même si j’en subis les odeurs, et parfois les humeurs…

Mais depuis que les e-cigarettes ont envahi le marché et l’espace public, ils me fascinent carrément. Car à bien les observer au quotidien, clopeurs et vapoteurs ne dégagent pas pareil quand ils s’adonnent à leur plaisir.

Et je ne parle pas ici des fumées, mais des attitudes.

Le fumeur classique tient sa sèche entre l’index et le majeur, dans un geste d’une certaine élégance. La main est souvent ouverte vers l’extérieur, tendue, offerte. La personne qui fume ainsi donne l’impression d’assumer sa dépendance et d’en tirer une certaine satisfaction.

Le vapoteur tient son joujou à pleine main, la taille de la chose ne permettant pas de la tenir en équilibre entre deux doigts. Il en faut plus pour l’enserrer. La main est alors rentrée, tournée vers lui, comme pour protéger un bien. Le vapoteur a tout de celui qui fume en cachette. Du gosse qui suçote son pouce ou son doudou. Mignon tout plein.

Une fois la pause-cigarette terminée, le fumeur de cibiche écrase son mégot d’un geste déterminé ou s’en débarrasse d’une chiquenaude. Loin du bal.

Le vapoteur s’affiche plus précieux. Il prend soin de son e-cigarette, qu’il a peut-être accordé à sa tenue du jour ou payé le lard du chat pour en faire un accessoire remarquable.

Il y a des jours, comme ça, ou je me demande bien dans quelle catégorie je me trouverais si j’étais fumeuse.

Notez qu’aujourd’hui, je le suis peut-être un peu…

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17/05/2014

Passer un savon...

Je ne sais pas ce qu’il y a dans l’air. La bise, certes. Mais pas seulement. Les gens sont un peu à cran, je le crains.

Une lectrice me demande ainsi de passer un savon à un automobiliste. C’est une première!

Et comme la missive vient d’une femme qui se dit «folle de rage» j’ai cru, un instant, devoir aller affronter physiquement l’imbécile qui était au volant de la grosse bagnole. Celle qui a failli, l’autre jour, écraser une fillette sur un passage piéton, route de Jussy. J’aurais été mal. Notez que lui aussi.

Mais si passer un savon revient à remonter sérieusement les bretelles à ce triste individu, je veux bien.

Parce que ralentir à proximité d’une école, quand il y a un passage clouté, c’est le minimum du minimum que l’on peut attendre des conducteurs. Surtout si un scooter se trouve déjà à l’arrêt au milieu de la chaussée pour laisser passer un enfant.

Heureusement, la petite était du genre prudent. Elle ne s’est pas lancée en courant sur un passage qu’elle croyait sûr. Le bolide l’aurait alors fauchée.

Car le chauffard n’a pas ralenti la moindre. Au contraire. Il a doublé le scooter à toute allure, franchi la ligne blanche sans états d’âme avant de filer de là en quatrième vitesse. Les limitations de vitesse, connaît pas non plus.

La fillette n’a sans doute pas compris à quoi elle avait échappé, ni pourquoi la dame sur son deux-roues vociférait de la sorte contre cet écraseur.

Comme il roulait décidément trop vite, la scootériste, folle de rage, a renoncé à le rattraper pour lui passer un savon. Je le fais donc à sa place. Avec un certain plaisir, finalement…

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16/05/2014

Gare aux baratineurs

Comme Micheline la veille, celle que je nommerai Elise s’est fait piéger jeudi par ces prétendus envoyés de la régie. Avec un aplomb et un sans-gêne rare. Une fois dévalisée, elle a lu la mise en garde parue dans l’encre bleue d’hier.

Trop tard, le mal était fait!

Alors j’en remets une couche. Pour prévenir. Car ces deux baratineurs s’en prennent aux personnes vivant seules, si possible âgées, un peu fragiles et qu’ils pistent quelque temps avant de passer à l’action. Dans le cas d’Elise, ils s’y sont pris en deux fois.

Mardi, un type parvient à déjouer le code convenu par cette dame de 85 ans avec ses proches pour qu’elle ouvre sa porte. A peine l’a-t-elle entrebâillée qu’il a déjà le pied chez elle: il vient de la part de la régie pour des problèmes de chauffage. Elle a beau dire qu’elle n’en a pas, il fait comme si, mesure des radiateurs, plaisante puis ouvre en passant le secrétaire: il est très joli, il aimerait l’acheter! Elle le met à la porte.

Mercredi, rebelote. Là encore, Elise ne comprend pas pourquoi elle a ouvert la porte à cet autre type, venant lui aussi de la régie. Pour la rassurer, il présente une carte bidon avec sa photo. Comme elle hésite à le laisser entrer, il la bouscule et va droit dans la pièce où se trouve le secrétaire avec ses valeurs.

Arrive alors l’«éclaireur» de la veille. La partie est perdue pour Elise, seule face à ces deux hommes. Ils lui jouent encore la comédie des travaux, et elle se fait prendre dans un manège qui la fait aller dans une pièce avec l’un tandis que l’autre fouille ses affaires.

Résultat des courses: tous ses bijoux en or ont disparu. Ses souvenirs et ses illusions aussi. Et c’est pire que tout.

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15/05/2014

Cours de méfiance

Il faudra bien, un jour, donner des cours de méfiance à nos aînés, pour les protéger de leur excès de confiance…

Mardi en fin de matinée, on sonne à la porte de Micheline. Un homme, jeune et costaud, se présente à cette dame de 84 ans: il vient de la part de la régie regarder l’état des fenêtres. Elles devraient être changées sous peu.

La locataire n’est pas emballée. Elles vont très bien, ses fenêtres! Mais déjà l’employé se dirige vers la cuisine qui fait face à la porte d’entrée. Il inspecte de près l’état du bois entourant les vitres et prend sa tâche très à cœur.

Micheline s’énerve contre le projet de la régie. Encore un truc inutile qui fera augmenter son loyer! Toute à ses réflexions, elle voit soudain un autre homme entrer dans son appartement.

«Et vous venez même à deux pour ça!» lâche-t-elle en soupirant. Micheline suit les employés dans la tournée des fenêtres, puis les précède pour les raccompagner à la porte.

L’après-midi, alors qu’elle se fait toute belle pour sortir, elle réalise que sa chevalière a disparu de sa place, sur l’étagère. Et que sa deuxième bague, précieuse, s’est aussi envolée. Le lien est vite fait avec la visite du matin.

Pas possible, elle s’est fait avoir. Comme une bleue! Elle téléphone à la régie pour avoir la confirmation: il n’a jamais été question de changer ses fenêtres. Elle en aurait été avertie…

Micheline est fâchée. Contre ces lascars, mais surtout contre elle-même. La voilà donc prête à donner son premier cours de méfiance à l’attention des gens de son âge: il faut toujours demander le bon de la régie, s’il est question de travaux. Bon début!

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14/05/2014

Plantée générale

L’ami m’avait avertie: si tu fais un tour au parc La Grange tu verras, le coup d’œil est assez saisissant.

Il l’est! Sur la grande allée qui remonte le parc vers la route de Frontenex, près des places de jeux des enfants, il y a comme un malaise. Alors que la nature explose tout alentour et que le parc, splendide, est noyé sous la verdure et les fleurs, la mort rode.

Près de la moitié des quarante arbres alignés le long de cette allée sont secs, ou pas loin de l’être. L’écorce se détache déjà de certains troncs, leurs branches restent nues comme en hiver ou donnent encore quelques feuilles clairsemées. Ça sent la fin.

Cette perspective est d’autant plus regrettable que ces arbres ne sont pas vieux. Ils ont remplacé, il y a une quinzaine d’années, les bouleaux qui vivaient là par groupes de trois et semblaient bien portants. Ils avaient pourtant été abattus au printemps. En avril, se souvient l’ami. Même que ça filait le bourdon de voir ces troncs sciés pleurer des litres de sève…

Le SEVE, lui, n’a pour habitude de «bousiller» des arbres, me dit-on en réponse à ma question du pourquoi du comment. Le SEVE a pour mission l’entretien du patrimoine arboricole, qui nécessite des replantations. Soit!

A l’époque, ces chênes des marais avaient été choisis pour leur valeur décorative. Las, ils ne se plaisent pas là et dépérissent, les uns après les autres. La faute au terrain trop calcaire.

Après études, un remplacement complet de cet alignement sera effectué au profit d’une essence mieux adaptée au lieu. Laquelle?

Le bouleau, par exemple!

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13/05/2014

La fleuriste plumée

J’ai reçu ce petit poème d’une fleuriste et vous le livre, à peu près tel quel, avec un petit ruban bleu autour:

«Ce n’est pas la Fête des mamans tout le temps…

M est maman de trois enfants. Et ce dimanche, comme tous les ans, elle se rend à son magasin de fleurs dans le quartier des Charmilles.

Occupée à vendre ses fleurs, un voleur sans cœur lui dérobe son sac à l’intérieur de son arcade.

Quel méchant voleur, sans cœur, ni pour les mamans ni pour les enfants… tout ça pour quelque soixante francs!

Mais quel tracas. Il faut refaire tous ces papiers et ces cartes… alors que ses fleurs, c’est la saison, elles n’attendent qu’une nouvelle maison.

Alors toi, le voleur, pourquoi avoir choisi la vendeuse de fleurs? Heureusement, à la maison, les visages de ses enfants et de son tendre ami lui font oublier le temps des soucis.

La vie est belle, ma chère Julie, et tant pis pour le voleur. Peut-être lira-t-il ce petit poème et ramènera-t-il le sac devant l’arcade?»

Ce serait la moindre des choses!

Voilà une mère de famille qui bosse tout le dimanche pour servir des gens, soucieux de trouver ce qui se fait de mieux en vue de leur réunion familiale, alors qu’elle-même n’en aura pas. Une professionnelle qui fait de superbes arrangements floraux et qui a toujours un mot gentil pour ses clients.

Et comment la remercie-t-on? En piquant son sac! C’est nul. Je suis d'ailleurs prête à parier que cet indélicat a payé les fleurs pour sa mère avec les soixante francs de la fleuriste…

Ce serait vraiment le bouquet!

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12/05/2014

Faire avec ou contre

J’ai trouvé le temps d’aller faire un tour à la nouvelle gare Cornavin. Alors là, je dis chapeau les CFF!

Enfin de l’espace, de la hauteur, des perspectives. Et des équipements qui correspondent aux besoins de notre temps. Grâce à ce lifting en profondeur, les voyageurs disposent désormais d’une gare de grande ville, et non plus d’un terminus de province.

Ça change! Et en mieux. J’avoue tout de même avoir eu un léger pincement au cœur en ne voyant plus la vitrine de la maison Caran d’Ache qui m’a ravi durant mon enfance. Et après…

En plus de cette bouffée nostalgique, j’ai encore deux regrets. Il n’y a pas l’ombre d’une horloge avec sa trotteuse dans la partie centrale de la gare, avant d’accéder aux quais.

Et surtout pas d’endroit où s’asseoir sans consommer! Les CFF ont beau nous promettre quelques bancs sur les quais et une petite salle d’attente, ça ne suffit pas.

Résultat: tous les escaliers ou les rebords où l’on peut poser une fesse sont occupés par des gens assis. Or, les experts du rail disaient justement ne pas vouloir installer de bancs à l’intérieur de la gare pour ne pas gêner les flux de voyageurs.

La belle excuse! J’ai repéré plein d’endroits dans le hall principal, contre les murs, au pied d’affiches publicitaires où l’on pourrait disposer des sièges qui ne gêneraient en rien le passage.

Mais voilà, les usagers des bancs ne sont pas contrôlables par les CFF. Il pourrait y avoir des indésirables. Alors plutôt que de faire avec, on fait contre.

Dommage pour ceux qui sont ainsi privés de lieu de repos et de rencontres.

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10/05/2014

Sacrées mamans!

Petite piqûre de rappel. Dimanche, c’est la Fête des mères. Aïe, l’heure est grave! Comment faire pour bien faire ce jour-là avec la sienne? De mère, donc.

La couvrir de fleurs, de chocolats, de bijoux, de gâteaux en forme de cœur? Ne rien lui offrir du tout, pour ne pas entrer dans la spirale commerciale de la fête? Car il n’y a pas besoin d’un jour spécial pour lui témoigner son amour, c’est bien connu…

Depuis la Grèce antique, d’après ce que j’ai lu sur le sujet, les enfants fêtent leur maternelle un jour par an. En toute simplicité. En leur disant peut-être un mot doux. En leur offrant une pâquerette. Un dessin. Un bricolage. Le tour était joué, et les mamans comblées.

Pour les satisfaire aujourd’hui, il faut se lever tôt! Du moins si j’en crois les conseils prodigués à la louche sur les sites créés pour l’occasion.

L’adulte sans inspiration pourra y trouver des modèles de lettre à écrire à sa maman pour l’émouvoir, un poème à lui réciter, des idées de cadeaux dans le vent, des trucs et astuces pour réussir ce grand jour à coup sûr.

Il fera son marché parmi toutes les offres ciblées pour ce 11 mai: la montre vendue dans un pot de fleurs où l’on peut glisser des graines, car «l’amour fleurit au printemps…» La croisière de rêve sur le lac, l’excursion en train à travers la Suisse, le menu des mères (?). Le pompon étant le concours «suisse milk» pour les génitrices du pays!

Comment faire pour bien faire?

Le mieux serait sans doute de passer du temps avec elle pour profiter de sa présence. Un moment tout simple mais chaleureux. Bonne fête, maman!

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09/05/2014

Les mots mutants

Un lecteur m’a signalé hier cette drôle d’inscription figurant dans le préau d’une école primaire genevoise: «PISCINE ET SALLE D’EDUCATIN PHYSIQUE…»

Et tout où ça, je vous le demande? A l’école de Pâquis-Centre… Educatin physique! Dans le quartier dit chaud. Ils font exprès ou quoi?

C’est presque un peu gros. Je file vérifier sur place. L’info est correcte, mais l’inscription ne semble hélas pas dater d’hier, d’après l’état du panneau. A croire que le caractère alphabétique absent ne dérange personne.

Pourtant une seule lettre vous manque et tout est sens dessus dessous. Encore et toujours cette fameuse histoire d’O…

Par un heureux concours de circonstances, j’ai reçu le même jour deux photos jouant aussi avec les mots.

La première a été prise dimanche au bord de l’Allondon. Pas besoin d’aller vérifier là-bas, encore que pour la balade, ça me plairait bien. Le panneau photographié est un hommage à un «Naturaliste Allondonien et picurien». Epicurien? Et pis pu rien? Allez savoir…

La seconde est d’origine incontrôlable. Pour la simple et bonne raison que la rédaction en chef ne me laissera jamais partir au bout de la France pour visionner à mon tour cette annonce, immortalisée dans une gare, et certifiée sans trucage: «Le prochain train ne manquera pas la raie».

Ces employés SNCF sont soit fâchés avec l’orthographe, ou alors de fameux coquins. A votre avis, à qui doit-on attribuer cette annonce demandant aux passagers d’emprunter le passage «sous tes reins»?

Bon, je crois que je vais m’arrêter là!

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08/05/2014

Réflexions du matin

Il est parfois de brèves rencontres qui vous font réfléchir sur le sens de la vie…

Bruno sort ainsi de chez lui un beau matin, rasé de frais, le borsalino sur la tête et la mine conquérante. Il faut bien ça, pour se rendre au boulot!

Dans le quartier encore endormi, cet homme d’âge mûr avance d’un bon pas quand il croise un jeune homme noir. Plus très frais, le garçon. Visiblement, il n’a pas fermé l’œil de la nuit. Chacun son rythme, pas vrai?

T’as pas une cigarette? fait au réveillé celui qui semble bien fatigué.

Non! Je fume la pipe, répond Bruno, en joignant le geste à la parole.

Son interlocuteur le dévisage soudain avec grande attention. Fumeur de pipe, ça pose son homme! A moins que ce soit ces quelques cheveux blancs, près du borsalino, qui lui font de l’effet et le tirent de sa torpeur.

J’ai beaucoup de respect pour les anciens! dit alors le chasseur de cigarettes en le regardant droit dans les yeux, avant de s’incliner poliment et de tourner les talons.

Bruno, ça le laisse perplexe. Puis il se tasse imperceptiblement. Perd un peu de sa superbe. Et songe.

A soixante ans, il pourrait certes passer pour ancien, là-bas, en Afrique. Mais ici, où les centenaires sont légion, il se sent jeune!

A la différence près que lorsque le grand âge viendra, il ne sera jamais considéré comme un ancien. Respecté, écouté, comme c’est le cas au pays du jeune homme. Ici, il sera simplement vieux. Hors service. Juste bon à oublier.

Brrr, tu parles d’une journée qui commence bien. Et Bruno file vite au boulot pour chasser ces idées noires…

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