08/09/2014

Le signal du marron

Il est petit, brun, dur et rondelet.

C’est un marron!

Il a roulé aux pieds de Xavier alors qu’il cheminait de bon matin pour venir au boulot. Mon collègue l’a ramassé et me l’a posé vendredi sur mon bureau, avec ce petit mot: «Le premier que je trouve par terre. C’est l’automne…»

Non, pas déjà!

L’été vient tout juste de commencer, il fait chaud. Les bottes de pluie sont rangées. Le maillot de bain sèche. L’eau du lac affiche une vingtaine de degrés. Le temps est à la crème solaire, aux glaces, aux terrasses. Alors faut pas venir me gâcher la fête avec ce marron!

Quoique… Celui-ci est drôlement joli. Bien lisse, comme un galet. Il pèse son poids, au creux de la main. Ça me rappelle d’ailleurs un souvenir, pas si vieux, au fond: le ramassage de ce fruit avec les copains de l’école primaire.

On remplissait des sacs avec les marrons qui tapissaient les parcs, puis on les apportait à la ferme Vecchio. Là, quelques sous étaient donnés pour chaque kilo pesé. C’était tout ça de gagné pour la course d’école.

Aujourd’hui les bêtes ne mangent plus ces récoltes urbaines. Et les gamins ne ramassent plus les marrons, sauf pour se castagner. Ils finissent contre les souliers d’un adulte qui les ramasse pour annoncer l’automne.

Ainsi donc, on y serait?

Quelque chose dans l’air semble dire que oui. Des feuilles jaunissent et tombent. Il fait plus frais le matin.

Si l’éclosion de la première feuille du marronnier de la Treille annonce le printemps, le premier marron tombé dans le canton signalerait donc bien la fin de l’été. Hélas.

07:00 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook |  Imprimer | | |

Les commentaires sont fermés.