15/09/2014

L'arbre à deux temps

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Vous n’aimez pas l’automne?» m’a demandé Monique, au bout du fil.

Sans me laisser le temps de réfléchir à la question qui me prend de court, elle me précise que son appel est en lien avec l’encre bleue de lundi dernier. Sur le signal que donne, en tombant, le premier marron de la saison: la fin de l’été et la venue de temps plus frais, ce que je regrettais…

«Eh bien rassurez-vous, Julie, même en automne, c’est toujours le printemps!»

Autant dire que je ne comprends plus très bien la tournure de la conversation. Monique précise sa pensée: «J’ai vu un marronnier qui vit les deux saisons à la fois. Vous voulez le voir?»

Je veux! Et nous voilà les deux à marcher le long de la route de Saint-Julien, laissant derrière nous la place du Rondeau. Passé le tunnel de Carouge, il y a quelques mètres plus loin sur la gauche une allée d’arbres de belle taille.

C’est là que s’épanouit le marronnier à deux temps. Un drôle de spécimen, qui n’en fait effectivement qu’à sa tête.

Sur une bonne moitié de ses branches, les feuilles ont bruni, se sont recroquevillées et tombent les unes après les autres. Comme les marrons qui tapissent déjà le sol à ses pieds.

Mais sur l’autre partie des branches, les feuilles vert tendre, fraîches et légères font bon ménage avec de grandes fleurs blanches qui se dressent.

Cet extraordinaire regain de vie au milieu du feuillage qui se meurt laisse perplexe. Faut-il s’en réjouir ou s’en désoler? Est-ce le signe d’une santé florissante ou d’un mal pernicieux?

Le marronnier à deux saisons n’a pas encore dit son dernier mot.

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