24/09/2014

L'ancêtre de la Julie

Mon ami pucier, qui a l’œil, m’a apporté l’autre jour un recueil contenant les premiers numéros de la revue Le Fédéral, «journal genevois, politique, industriel et littéraire» datant de 1832.

Cet ancêtre de notre presse écrite compte quatre pages par numéro, sort deux fois par semaine et son abonnement annuel coûte 20 fr.. Il est sans publicité. Du moins à ses débuts.

Une chronique m’a tapé dans l’œil. C’est une sorte de Julie d’antan. Une plume qui recueille les observations de la cité et signe «Un vieux Genevois». Ce que je ne suis pas, bien sûr…

Lui se présente, au départ de l’entreprise: «J’ai épousé les intérêts de la République; je suis devenu l’homme du canton; chaque Genevois l’est sans doute mais tous ne peuvent y mettre autant de temps que moi…»

D’ailleurs, il voit tout. «...Je n’ai pas quitté les Rues Basses pendant la destruction des dômes, je suivais avec sollicitude chaque poutre; le seul morceau que je pus lire alors ce fut les plaintes des chauves souris chassées de leurs obscures demeures… Je me rends les samedis à la vente publique des ruclons; je compte les réverbères qui se sont éteints avant onze heures…»

«…Il est résulté de ce grand intérêt, qu’on s’adresse toujours à moi pour avoir les détails sur ce qui se fait et sur ce qui se fera; qu’on me présente même des requêtes; mais encore, c’est que bien des gens me rendent responsable de ce que les choses ne vont pas à leur gré, ni aussi vite qu’ils le voudraient…»

C’est pourquoi cette plume alimente le Fédéral de ses avis, idées et rapports, «tout ce qui peut intéresser les lecteurs genevois.» C’était y a 182 ans déjà.

Ciel, mes aïeux…

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