27/09/2014

Pisser peut coûter cher

C’est un jeune homme sans histoires qui se trouve à une heure du matin dans une rue déserte des Acacias, avec un furieux besoin d’uriner, et pas de vespasienne à l’horizon.

Que fait-il? Ce que les hommes font.

Joseph avise un coin un peu retiré et fait pipi en catimini. Tout juste soulagé, il entend une voix forte qui le hèle dans la nuit. «Dis, t’aimerais que je pisse dans ton salon?»

Crâne rasé, barbe fournie, c’est un flic en civil qui s’approche du jeune. Il se présente, photographie d’autorité la pièce d’identité du fautif et lui colle une amende: 150 balles. Plus cent autres d’émoluments.

250 francs: ça fait vraiment cher le pipi sauvage!

Quoique. Pour en avoir parlé autour de moi, cette amende provoque des réactions on ne peut plus contrastées, selon que l’on est homme ou femme.

Pour ces messieurs, on touche là à un de leurs privilèges: pisser dehors, debout, où je veux, quand je veux. Surtout après avoir bu des bières… Il n’y a rien de grave à uriner sur la voie publique, ce genre d’histoire peut aussi leur arriver, alors franchement, pareille amende, c’est abuser.

Les dames n’y voient, elles, qu’une juste sanction: c’est crade de voir des types pisser sans vergogne dans la rue, et puis ça pue affreusement. Jalouses, accusent les hommes. Que pouic, répliquent-elles. C’est une question de salubrité publique, d’éducation et de vivre ensemble. Non mais!

Mais si, au lieu de verbaliser les pisseurs, on installait plus de vespasiennes près des débits de boissons?

Ce serait déjà un bon début!

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Commentaires

Chère Julie ce que je ne comprends pas c'est quoi ces 100 francs d'émoluments.

Écrit par : F.H.Jolivet | 27/09/2014

... et quand ce n'est que le pipi ! Cela dit, un homme n'est pas un chien. Seuls les chiens ont le privilège de faire leurs besoins dans la rue. Conclusion : l'amende est un peu chère, mais cela lui servira de leçon.

Écrit par : Romy STRATTA | 27/09/2014

Il aurait dû se pisser dans le "froc". Quoique: il aurait peut-être été verbalisé pour "tenue indécente". Quand à la question se ce gentil "représentant de l'autorité" elle, est comme souvent dans ce cas stupide, même si elle est convenue: identifier l'espace public avec un domicile n'a aucun sens juridiquement, il suffit de penser à la nudité, au sexe, et à bien d'autres choses permises dans l'un et non dans l'autre.

Écrit par : Mère-Grand | 27/09/2014

Ce n'est pas nouveau:

http://www.ghi.ch/le-journal/la-une/uriner-dans-la-rue-contravention-250-francs

Par contre je n'ai pas trouvé le texte de loi y afférant...

Écrit par : Johann | 27/09/2014

......mais n'y a-t-il de toilettes dans les débits de boissons :=))))))))???

Écrit par : avis | 27/09/2014

Encore une rue où il n'y avait pas d'arbre ? :-)

Même si contre les arbres c'est interdit aussi. Il y a quelques années, les journaux ont relaté une amende donnée à une grand-mère sauf erreur qui faisait faire pipi à son tout petit petit petit-fils de 3 ans contre un arbre qui avait un besoin urgent.

Là on touche le fond de la bêtise policière.

Mais bon, dans la rue, je comprends que ce soit plus délicat et qu'effectivement c'est peu ragoûtant cette odeur pour les habitants.

Mais Fr. 250.00 me paraît totalement exagéré lorsque la nature, elle, n'attends pas dans certains cas. Disons qu'un cas occasionnel, paie pour tous les autres, qui font cela régulièrement sans état d'âme.

Écrit par : Jmemêledetout | 27/09/2014

Bonsoir,

"Joseph avise un coin un peu retiré et fait pipi en catimini"

Erreur.

Il aurait fallu choisir un arbre.

Écrit par : Keren Dispa | 27/09/2014

Oui, les vespasiennes manquent cruellement! Et c'est cher payé.
:-)

Je suis d'accord qu'uriner dans la rue cela pue, et je ne suis pas solidaire des hommes sur cette question. Mais il y a des situations de grande urgence, même sans excès de bière.

Et même pour les femmes: faire pipi la nuit, accroupie entre deux voitures ou dans un bosquet, peut aussi être la conséquence d'une situation d'urgence. Quoiqu'il semble qu'une des nombreuses dissemblances (et inégalités consécutives) entre les femmes et les hommes soit la capacité de rétention de la vessie. Ne jugeons pas trop vite: nécessité fait parfois loi.

Que celle qui n'a jamais péché lève le doigt.

Écrit par : hommelibre | 28/09/2014

drôlement cher!

Écrit par : annuaire | 29/09/2014

Bonsoir Madame,


C'est pour vous relater une drôle d'histoire survenue à un collègue.

Il est sécuritas.

Il fait des missions la nuit.

Au début de l'année, à la fin d'une mission, il rentre en voiture chez lui (la mission se termine vers 04h30, pas de transports pubics) et attend qu'une place se libère à proximité du domicile.

Las! Après une heure et demie d'attente, il est pris d'un besoin naturel et impérieux. Il ne peut pas se soulager au pied d'un arbre, c'est beaucoup plus "grave".

Il décide de placer son véhicule dans le parking d'une école - nous sommes un mercredi matin, il n'y a pas de cours, presque 20 places sont libres - il place son véhicule avec un petit panneau informant de son numéro de téléphone.

Il rentre vite à la maison, fait ce qu'il a à faire, revient à la voiture et la déplace pour la garer ailleurs.

9 mois plus tard, il reçoit une contravention. Manifestement un délateur a oeuvré et l'a dénoncé.

Vous avez encore envie de vivre dans ce genre de pays?

Honte aux délateurs, laissez scier ceux qui doivent scier!

Écrit par : Divan Niolu | 08/10/2014

@Divan Niolu:parce que à 4h30 vous attendez une place qui se libère, soit votre collègue est optimiste soit il est stupide qu'il soit sécuritas, employé dans un hôpital,où autre métier et il y en a beaucoup qui travaillent de nuit pour ne pas penser que se parquer dans un endroit interdit "juste un petit moment" c'est normal, le pire c'est que la journée c'est pareil.

Écrit par : grindesel | 08/10/2014

grindesel, j'ai posé la question à ce collègue, et effectivement, il me relate:

1. que la mission en question se déroulait dans un canton voisin, à 60 km de Piogre

2. qu'il a pas vraiment le choix, encore 6 mois de travail et il sera à la retraite

3. que lorsqu'il finit à 04h30 - quelquefois 05h00 - il prend la route et vient grossir le flot des travailleurs pendulaires, vous savez, ces gens qui se retrouvent dans les embouteillages à l'entrée de la ville

4. que le seul quartier dans lequel il peut décemment garer son véhicule sans risquer d'amende se trouve appr. à 600 mètres de chez lui, ce qui est remarquable

5. mais que les places sont chères, très chères, et qu'il ne peut pas sillonner le quartier non-stop, alors il reste au volant, moteur éteint, et dès qu'il voit un véhicule qui libère une place, il s'y engouffre, puis il peut rentrer chez lui.

Et il vous remercie pour vos qualificatifs, il apprécie énormément, il espère de tout cœur que vous dormez tranquille pendant que lui et d'autres comme lui surveillent et assurent votre sécurité.

Mais il ne vous salue pas.

Écrit par : Divan Niolu | 13/10/2014

En aucun cas, je ne vais plaindre ce Monsieur qui s'est crû autorisé à utiliser la rue pour des toilettes.

En revanche, l'amende suffisait, voire un avertissement éventuellement mais l'émolument est de trop.

Écrit par : Marie | 13/10/2014

@Divan Niolu: Vous n'avez pas bien lu mon commentaire, j'ai simplement dit que si tous les gens qui travaillaient de nuit et ils sont nombreux et pas seulement dans la sécurité, à se parquer sans se soucier de l'emplacement parce que après tout ils oeuvrent pour le bien commun des habitants ce serait le me...er total et ce dans tous les quartiers du canton. Justement si votre amis est "sécuritas" il devait en tenir autant compte qu'un infirmier, un policier ou de n'importe qui bosse de nuit même à 60km. de Piogre et qui n'est pas le seul après une nuit de boulot à se retrouver dans les embouteillages. Par contre moi je le salue.

Écrit par : grindesel | 13/10/2014

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