02/10/2014

Blocage et chômage

C’est en voulant renouveler son abonnement annuel de bus qu’elle a cette mauvaise surprise.

Le payement en ligne ne se fait pas. Etrange. Isabelle pense tout d’abord à un caprice cybernétique. Puis elle se résout à téléphoner à Paypal pour voir où ça coince. Là, on lui annonce que sa MasterCard est bloquée. Mais par qui? Par sa banque.

Ça, c’est la meilleure! La Genevoise contacte illico la Cornèr Banca, où elle est cliente depuis plusieurs dizaines d’années. Au bout du fil, une aimable collaboratrice la renseigne. La société a pris de nouvelles dispositions envers les personnes au chômage. Ce qui est son cas. Sa carte est désormais bloquée jusqu’à ce que sa situation change…

Cette annonce met Isabelle hors d’elle. Ainsi donc, la banque ne prend même plus la peine d’avertir ses fidèles clients quand un tel changement intervient. Pas une lettre pour la prévenir, pas un courriel, rien. C’est la politique du fait accompli. Et elle est blessante.

Alors oui, elle est au chômage. Et alors? Est-elle pour autant insolvable? N’a-t-elle pas toujours honoré ses paiements? De quel droit la banque s’immisce ainsi dans sa vie privée?

A ces questions, envoyées sous pli avec la carte coupée net en quatre, l’établissement répond sobrement.

Il justifie sa position par son souci d’empêcher le surendettement d’un titulaire d’une carte de crédit, lorsque sa situation économique s’est dégradée.

Et puis la banque a le droit de bloquer à tout moment une telle carte sans devoir motiver sa décision.

Le droit, certes. Mais il y a la manière!

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Commentaires

Pour des raisons pratiques (voyages fréquent à l'étranger) depuis plusieurs années j'utilise des cartes "prepaid" en francs suisses et en euros. Ces cartes permettent de créditer les comptes de 10'000 francs et de 10'000 euros au maximum.
C'est onéreux, mais on limite les dégâts en cas de vol.

Écrit par : F.H.Jolivet | 02/10/2014

Bonjour,

Voilà qui est pour le moins curieux.

D'une part parce qu'une personne au chômage conserve des droits - notamment un que je ne souhaite à personne - c'est de pouvoir toucher des prestations de chômage.

D'autre part : qui a indiqué à Corner Banca que Isabelle était au chômage ? Son ex-employeur ? Isabelle elle-même?

Il semble qu'il y ait un grave dysfonctionnement!

Écrit par : Keren Dispa | 02/10/2014

Cela ne m'étonne pas. UBS, ma banque depuis 30 ans, a renvoyé mon salaire à mon employeur sans explication. Après bien des appels et des courriers j'ai fini par apprendre que mon employeur avait omis la dernière lettre de mon iban. Après reparation ( trois semaines sans mon salaire tout de même) j'ai reçu comme réponse à ma réclamation qu'on ne peut plus se permettre d'avoir des iban incomplets pour raison de sécurité. Et quid du devoir d'informer le client qu'il y a un problème ? Rien à fiche!

Écrit par : Alfandari | 02/10/2014

Et si une personne, soit au chômage, soit sans revenu, mais disposant d'une certaine fortune qui lui permet d'assumer ses dépenses ? Faudrait-il envoyer la déclaration fiscale ?

Écrit par : Pat | 04/10/2014

Oui, c'est très étrange. Même les personnes se retrouvant à l'assistance peuvent conserver leur carte de crédit auprès de Cornèr Banca, banque particulièrement souple, pourvu qu'elles continuent d'honorer leurs paiements régulièrement. De plus, quelqu'un a dû informer l'établissement. Sans cela, comment cette banque aurait-elle appris le changement de situation d'Isabelle ? À moins qu'elle reçoive ses indemnités de chômage sur un compte courant auprès de Cornèr Banca...

Écrit par : Kissa | 04/10/2014

Un autre cas : une personne a soudain perdu la possibilité d'avoir, auprès de PostFinance, un solde négatif de 500 francs maximum mensuels. La raison : elle a des poursuites pour dettes. Là aussi, qui en a informé PostFinance ?

Écrit par : Kissa | 05/10/2014

- "Sans cela, comment cette banque aurait-elle appris le changement de situation d'Isabelle ?"

Les banques tiennent un fichier commun de mauvais payeurs, qu'ils mettent à jour à partir de feuilles d'avis, et des données maintenues par des sociétés de recouvrement.

La confidentialité de ce genre de données personelles n'est pas protégée par la loi. Ce qui permet à certaines sociétés de recouvrement d'acheter auprès d'employés peu scrupuleux d'offices cantonaux de poursuites, de caisses de compensation, de caisses de médecin, d'assurances maladie, sociétés de leasing, des données à jour sur la qualité de solvabilité des individus.

http://www.frc.ch/articles/bons-ou-mauvais-payeurs-tous-fiches/

Écrit par : Chuck Jones | 05/10/2014

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