24/11/2014

La trappe parfumée

Ce billet fleure bon le romantisme finissant…

Il m’a été soufflé par une vieille connaissance à son retour d’un grand magasin de notre ville, dont le rayon parfumerie est particulièrement fourni.

Autrefois, cet homme ne pouvait traverser ce lieu aux mille senteurs sans être abordé par tous les vendeurs. Ils lui proposaient alors des languettes de papier parfumé qu’il humait, ou non, selon les humeurs du jour.

Les années ont passé. Ses cheveux ont blanchi. Il frôle désormais la septantaine. Toujours alerte. Mais aujourd’hui, il n’existe simplement plus aux yeux des diffuseurs de parfums.

Ces jeunes répartis dans le rayon parfumerie se tiennent toujours en faction devant les flacons, sourire aux lèvres, tirés à quatre épingles. On les dirait vernis. «Mais ils ne flairent de clients que pimpants» lâche celui qui ne l’est visiblement plus assez à leur goût.

Or, cet aîné n’est pas en haillons. Il est propre sur lui. Tous les matins, il se rase et se lave les cheveux. Son habillement, à défaut d’être élégant, est correct, selon ses dires. Mais cela ne suffit plus, à l’évidence, pour être encore considéré dans le coup.

«Il faut croire que j’ai une tête à ramollir mes biscottes dans le café au lait», constate cet érudit. Une tête à ne plus vouloir se parfumer. Et c’est là que les vendeurs en parfumerie se plantent.

«C’est vrai que les vieux, à mesure que leur métabolisme se déglingue, deviennent un peu malodorants… Il ne me restera donc plus qu’à acheter de l’Eau de Cologne en litres dans les pharmacies.»

Ainsi va la vie!

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Commentaires

Cela s'appelle en français ni plus ni moins de la "discrimination" !

Lamentable ... vous devriez citer le nom du magasin mais on le devine sans problème.

Belle journée à vous

Écrit par : Marie | 24/11/2014

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