21/01/2015

Le flocon indécis

Ils arrivent de leur campagne les yeux encore éblouis par cette blancheur qui vient de transformer le paysage et leur quotidien.

Ils ont tous en bouche des récits de couches de neige épaisse comme ci ou comme ça, joignant le geste à la parole pour monter l’importance de la chose aux pauvres qui n’ont rien vu du tout.

Ces collègues ou connaissances évoquent volontiers des situations extrêmes pour qui les entend, de pelles à manier pour se frayer un chemin hors de chez eux, de temps doublé pour venir au boulot, de bus qui ne passent plus, de voitures qui patinent ou de visions de grand Nord.

Et les autres, les citadins, regardent ces habitants de l’extérieur avec un brin d’envie et de nostalgie. Du moins ceux qui aiment vraiment la neige. Parce qu’elle les a presque snobés, hier. Une fois de plus.

Au centre-ville, l’or blanc tant annoncé ressemblait à du saupoudrage de sucre de glace.

Une matière fragile qui se transforme au contact du macadam en une sorte de papette moche et traître qui trempe les chaussures et rend glissant le pavé. Quand il y en a.

Cette indécision du flocon de neige à le rester ou à se transformer en flotte m’attriste toujours un peu quand les conditions semblent enfin réunies pour le grand chambardement blanc.

Mais au final rien, ou si peu. Au-dessus de la ville tiède, le flocon renonce et se relâche, préférant mouiller les passants plutôt que de les envelopper d’un blanc-manteau.

Nous sommes décidément inégaux face à la neige…

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