31/01/2015

Coup de fil pas si facile

Nous vivons une époque formidable: sans bidule électronique vissé à l’oreille ou calé en main pour communiquer jusqu’à plus soif, les gens se sentent cuits, désemparés, débranchés.

Sarah est ainsi aux cent coups: son iPhone 4 ne répond plus. Vite, elle file dans ce qui était autrefois un cinéma et qui est devenu depuis le temple Apple.

Là, elle est fort bien reçue par un gentil jeune homme en T-shirt bleu. Qui l’écoute et la dirige vers un autre gentil employé en bleu. Elle lui expose la situation: écran mortibus, plus d’appels possibles. Le grand vide.

L’employé vérifie l’abonnement de l’engin, une antiquité datant de 2010, tout de même et affirme que la cliente a droit à un nouvel iPhone. Mais il y a un comme un hic. Le contrat étant au nom de son mari, elle ne peut rien faire sans lui. Ou sans son accord.

Il faudrait pouvoir l’appeler pour qu’il vienne à ses côtés. Or, comme on le sait, son appareil ne fonctionne plus. Sarah demande donc au charmant employé de lui prêter un téléphone pour joindre son mari. Mais le vendeur n’en a pas.

Elle insiste. Pourrait-elle utiliser le téléphone du magasin? Il n’y en a pas, répond, imperturbable, son interlocuteur planté au milieu d’innombrables portables. Il précise, à toutes fins utiles: «Nous vendons les appareils, pas la communication.»

Au lieu de proposer à Sarah d’envoyer un mail à son mari, un whatsApp ou autre, il lui suggère d’acheter une carte téléphonique à la Poste voisine. Puis de trouver une cabine publique, où le coup de fil est encore si facile. Nous vivons une époque formidable...

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Caravane de secours

La bonne nouvelle a un peu tardé à venir, mais elle est enfin arrivée: Bob et Jane sont désormais à l’abri et au sec. Au chaud? Presque.

Ce couple survivait depuis des mois sous une tente et des bâches dans les bois de Sézenove. Après avoir subi tour à tour la pluie, la bise, la gadoue et la neige, il a emménagé cette semaine dans une caravane, avec chiens et chat.

Il était temps!

Bon, ce n’est pas encore Versailles, mais au moins ces deux-là ont un toit, en attendant une solution plus durable à leur problème de logement.

C’était le 11 décembre dernier que j’avais parlé ici de Bob et Jane. Un mari et sa femme, tous deux âgés de 46 ans, à l’AI, bien marqués par la vie. Sans appartement depuis des plombes et d’une santé laissant à désirer, ils n’en pouvaient plus de cette galère.

Suite à la parution de l’article, un lecteur m’a envoyé de l'argent pour eux et deux sœurs au grand cœur sont venues me dire qu’elles étaient prêtes à donner leur caravane. Génial! Encore fallait-il que la roulotte soit installée sur un terrain où elle ne dérange personne.

C’est là que tout s’est compliqué.

Le service social de la commune de Bernex a fort heureusement pris le relais pour régler l’épineux problème. Le choix s’est finalement porté sur une parcelle communale…

Un contact a aussi été établi avec Carrefour-rue. L’association qui vient en aide aux personnes sans domicile fixe ou démunies a transporté mercredi la caravane des sœurs pour l’installer dans la campagne bernésienne.

Bob et Jane ont ainsi trouvé un refuge pour se tenir au sec ces prochaines semaines. C'est un bon début!

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30/01/2015

Les tabliers aux murs

«A l’âge de 9 ans, j’ai reçu un jeu de construction Opticus et photographe offert à Noël. Il fallait construire un appareil de photo, c’est alors que tout s’est déclenché. J’ai fait des portraits de mes camarades de classe, et 60 ans plus tard, je photographie toujours dans les bistrots, la rue, des hommes, des femmes…»

Le photographe qui se livre ainsi, c’est Daniel Winteregg. Ce preneur d’images et d’instantanés de vie a œuvré en son temps à la Julie, puis au Temps. Depuis qu’il en a un peu plus, de temps donc, il se promène, curieux de tout, posant son regard amusé et fraternel sur le monde qui l’entoure.

C’est à l’Arcade 84 qu’il a eu envie de réaliser une série de portraits intitulée «Les Tabliers». Une façon pour lui de rendre hommage aux personnes qui pèlent et coupent les légumes, qui font la vaisselle ou s’activent en cuisine pour servir des plats du jour. Des personnes en tabliers qui sont en voie d’intégration dans ce centre d’ergothérapie et centre de jour.

Un endroit comme il en existe peu à Genève: c’est un lieu de vie, de soins et d’activités destiné principalement à des êtres souffrant de troubles psychiques. Ils trouvent là un cadre favorable pour tenter d’aller de l’avant.

C’est aussi un café-restaurant où l’on se sent bien, où l’on mange de bonnes choses à des prix abordables, dans un cadre convivial. Depuis jeudi, on peut donc admirer «Les Tabliers» de Daniel Winteregg, accrochés aux murs. Ne pas hésiter à se glisser en cuisine pour aller les regarder de plus près…

Arcade 84, 3, rue Schaub, ouvert du lundi au vendredi de 8 h 15 à 16 h 30.

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29/01/2015

Traduction fantaisiste

La lecture des publicités peut nous plonger dans des abîmes de perplexité.

Entre les traductions automatiques qui causent de sacrés dégâts au texte et les fautes de frappe, on est parfois gâté!

La Migros a ainsi dû se mordre les doigts devant ce satané «r» en trop: son papillon promotionnel invite en effet les clients à collectionner 20 autocollants, à échanger ensuite contre un «parquet» surprise. Sacrée surprise, en effet! Bon, on comprend encore le message.

Mais quel charabia dans les modes d’emploi! Jean-Claude m’a fait parvenir celui du support de téléphone portable vendu cet automne chez Aldi et qui vaut son pesant de cacahuètes:

«Avant chaque utilisation, vérifier les dégâts. Ne pas utiliser la base de Dans le niveau de dommages… Assurez-vous que le véhicule de soutien pas d’articles sont confidentiels», et tout le reste à l’avenant.

Dans un catalogue de luminaires, Pierre me signale aussi ces perles éclairantes. Tel produit donne une «lumière agréable sans évanouissement.» Ou «ce panneaux de LED haute performance servir comme éclairage.» Quand ce ne sont pas des installations «dimmables sur demande, optionnel pour les gradateurs.» Certes…

Et dire que la traduction du poème de Lewis Carroll, "Jabberwocky" m’avait toujours parue énigmatique…Mais à côté de ce que l’on peut lire ailleurs, ces mots-valises sonnent bien mieux à l’oreille. La première strophe?

«Il était grilheure; les slictueux toves Gyraient sur l’alloinde et vriblaient: Tout flivoreux allaient les borogoves; Les verchons fourgus bourniflaient…» Oh yeah!

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28/01/2015

Le bon voisinage

C’est un immeuble comme il en existe tant dans le canton. Ici, les locataires se respectent, se disent bonjour, et les choses en restent généralement là.

Sur le même étage vivent d’un côté une grande famille, et de l’autre une dame plus âgée, vivant seule. Quinze années passent ainsi: on se croise sur le palier, on échange sans doute quelques mots sur les enfants qui grandissent ou sur les caprices de la météo.

Puis la santé de l’aînée se détériore. Elle perd petit à petit ses repères. Sa mémoire chancelle. Elle ne sait plus trop quel jour elle vit, ce qui la trouble.

L’automne dernier, elle parle de ses problèmes à sa voisine d’en face, lui confiant aussi qu’elle attend une place dans un EMS.

La mère de famille comprend bien le message. Mais quel signal envoyer à cette dame fragilisée pour la rassurer et lui montrer qu’elle n’est pas seule?

Elle trouve alors une solution simple et cohérente. Chaque matin, elle va écrire sur une feuille A4 le nom du jour de la semaine et la date, genre jeudi 6 novembre, le tout accompagné d’un petit dessin. Puis elle scotche l’information sur sa porte d’entrée.

Sa voisine peut ensuite entrouvrir la sienne pour savoir quel jour il est. Elle peut même le faire plusieurs fois d’affilée si elle ne s’en souvient plus. Et ça l’aide.

Cette attention peut sembler dérisoire. Mais en un mois et demi, elle a changé l’ambiance de la maison et a permis à l’aînée de vivre plus sereinement ses derniers jours dans son appartement.

Juste avant d’entrer à l’EMS, cette dame a encore fêté Noël dans la famille d’en face de chez elle. Et c’était bien!

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27/01/2015

L'aspirateur inspirant

Une automobiliste se rend un beau jour au «Car Wash Center» de Meyrin pour refaire une beauté à sa voiture.

La toilette extérieure du véhicule étant terminée, elle désire s’attaquer à l’intérieur, à l’aide d’un aspirateur. C’est un genre de long tuyau mou rattaché à une machine, souvent trop court ou trop anémique pour avaler ce qui lui est demandé. Mais pas toujours.

Bref. Pour disposer de ce service, Catherine insère un franc dans l’appareil. Il l’avale. Mais le truc n’aspire rien. Si ce n’est au repos…

Etrangement, l’aspirateur voisin du sien répond présent, elle peut donc mener à bien l’opération de nettoyage.

Mais comme ce n’est pas la première fois que cet appareil lui joue des tours, la cliente repère le numéro de téléphone figurant sur le flanc de l’engin et l’appelle.

N’ayant personne à qui parler, elle laisse alors un message, fort courtois, pour signaler le problème et demander à ce qu’il soit réglé, afin que les usagers suivants ne soient pas frustrés dans leur envie de poutzer.

Puis les jours passent et l’affaire est oubliée.

Or la semaine dernière, Catherine reçoit un appel du propriétaire de la station de lavage! Il s’excuse tout d’abord du désagrément, la remercie ensuite pour son geste citoyen et lui demande enfin son adresse. Pour lui envoyer des fleurs, peut-être?

Faut pas pousser! La missive qu’elle a reçue contenait une pub du centre de lavage sur laquelle était scotché un écu (une thune!) assortie d’un porte-clés de l’entreprise et d’un gentil mot. Une démarche classe et inspirante!

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26/01/2015

Quelle cramine!

Nous parlons souvent de lui sur tous les tons, de toutes les manières possibles et imaginables, avec ou sans gants.

D’où cette petite variation sur un thème continu et de saison: le froid, ou du moins la perception qu’on en a, selon notre résistance aux basses températures. Notez que tous ceux qui ont mis le nez dehors vendredi soir ne parlaient que de ça dans les rues. Quand ils ouvraient encore la bouche…

Brrr, le temps s’est bien rafraîchi. Il fait rudement frisquet. Mais quelle cramine! C’est la Brévine par ici…

Oh, mais non: on se caille les meules. On se pèle. On se les gèle. Voir on se gèle le cul ou les roustons, selon les régions…

Cette sensation qui engourdit les pieds, gerce les mains, fait blêmir ou bleuir tout ce qui dépasse du bonnet donne lieu à des comparaisons étonnantes: il fait un froid de canard, ou de chien, ou de loup, ou de tous les diables. Comprenne qui peut.

La température ambiante se fait frigorifique ou réfrigérante. Elle nous paralyse, nous mord, nous transperce, pour peu qu’il y ait la bise qui s’en mêle, ou la pluie givrante.

C’est peu dire qu’on glaglate ou qu’on grelotte. Mais ouille! Ça pince, ça pique, ça fige grave.

Alors on devient frileux comme une marmotte. On a la chair de poule et les poils du nez qui se hérissent.

Fait froid, quoi! Un froid à geler la mer et la rade, à fendre les pierres, à ne pas mettre un chat dehors. Ni un SDF d’ailleurs. Et pourtant…

Je crois bien qu’avec tout ça, j’ai pris un coup de froid!

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24/01/2015

Les bonnes résolutions

Le mois de janvier est celui des bonnes résolutions, c’est bien connu.

Les Fêtes terminées, l’heure est au ressaisissement: les ambitions affichées sont alors si grandes et variées qu’une vie entière n’y suffirait pas. Mais qu’importe, au fond, puisque la plaisanterie recommence l’année suivante, à pareille époque…

Ces envies de vivre mieux, plus léger ou moins brouillon ne se contentent pas de nous envahir la tête. Il faut aussi les écrire, pour avoir une chance de s’y tenir. Et si possible sur du papier.

Car ces billets, en forme de piqûres de rappel, sont à épingler dans sa salle de bains, à coller sur son frigo ou à punaiser au-dessus de sa table de travail. Bien en vue. Chez soi.

Or, voilà que je viens de découvrir toutes ces bonnes résolutions secrètes étalées dans les vitrines de Brachard, rue de la Corraterie! Elles sont rédigées à la main, sur des feuilles de calepin géant, et font bon ménage avec les articles de papeterie de la maison.

Cette mise en scène futée de nos petits travers interpelle les passants, bien plus que les «sale» qui s’étalent partout ailleurs. Ces phrases ou ces mots les intriguent. Ils leur font de l’œil, créent de la complicité. Nous sommes tous les mêmes, pas vrai?

Car sur ces listes ou ces intentions couchées sur le papier se trouvent les inévitables «mieux organiser mon emploi du temps; passer mon permis; faire un régime; trouver du travail.» Mais aussi «arrêter de fumer; ranger et trier mes affaires; faire du sport.»

Et surtout il y a, au-dessus des boîtes de crayons de couleurs et de pastels: «Prendre du temps pour mes loisirs.» Ah, ça oui. Enfin une résolution qui me convient!

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23/01/2015

Bonne pub pour Lille

Lille, c’est la classe!

Je veux bien croire Jean-Pierre, mais pourquoi une telle affirmation, ici et maintenant?

Comme beaucoup d’autres Suisses amateurs de tennis, ce Genevois a fait le déplacement fin novembre dans la ville du nord de la France pour assister à la finale de la Coupe Davis.

Il a fait partie de la grande «vague rouge» qui a joyeusement déferlé dans les rues de la capitale des Flandres.

Transporté par la victoire historique de son équipe, et ravi de la façon dont les supporters suisses avaient été reçus sur place, Jean-Pierre s’est fendu d’un courrier à la Mairie de Lille. Il remerciait chaleureusement la ville et ses habitants de leur belle hospitalité.

Eh oui, il existe comme ça des gens, et j’en connais, qui n’hésitent pas à prendre la plume pour faire part de leur point de vue à des personnalités vivant parfois à des milliers de kilomètres de chez eux…

«L’accueil dans le Nord a été incroyable», écrivait alors le Genevois. «On s’est même vu offrir une tournée sur la terrasse d’un petit troquet devant le stade où l’on s’attardait, parfois, avant d’entrer dans cette superbe arène de Villeneuve d’Ascq. Le garçon a dit: la tournée est pour moi.» Promis, relevait le supporter de Federer, «on fera de la pub pour cette belle région!» C’est chose faite.

A sa grande surprise, Jean-Pierre vient de recevoir les bons vœux de la Mairie de Lille, accompagnés d’un mot très gentil écrit à la main par… Martine Aubry. Sans aucune visée électoraliste, le mot.

Lille, c’est vraiment la classe!

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22/01/2015

Le banc de l'enfance

banc.JPGUn banc public, c’est fait pour que les amoureux puissent se bécoter en paix et les passants se reposer, pour jouir du paysage ou du bon temps.

Encore faut-il, pour que l’expérience soit agréable, que ses lattes en bois soient au complet et que de la peinture écaillée ne se fiche pas dans les habits… Bref, un banc public n’est rien d’autre qu’une invite à s’asseoir.

Or, celui qui vient de pousser sur la pelouse du quai Wilson ne semble pas répondre à cette logique.

Pourquoi? Eh bien parce qu’il faudrait une échelle pour y accéder. Ou un escabeau: tout dépend de la taille du promeneur qui aurait envie de se jucher là-haut.

Ce siège monumental fait dos à l’hôtel Président Wilson et face au lac. Sa présence intrigue les badauds, qui en ont pourtant vu d’autres, et titille l’imagination.

Car ce banc, totalement disproportionné pour nous autres adultes, peut nous faire replonger en prime enfance. Dans ce temps où tout le mobilier nous semblait hors de portée. Où il fallait faire une sacrée gymnastique pour escalader une chaise et parvenir à se mettre enfin à niveau des grands.

A moins que l’installation en question ne soit destinée aux grands de ce monde, habitués à se trouver au-dessus de la mêlée pour contempler l’horizon.

On pourrait aussi se demander à partir de combien de centimètres supplémentaires un simple banc public devient-il une œuvre d’art? Telle est sans doute la question à se poser, à l’heure où Artgenève s’apprête à ouvrir ses portes.

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21/01/2015

Le flocon indécis

Ils arrivent de leur campagne les yeux encore éblouis par cette blancheur qui vient de transformer le paysage et leur quotidien.

Ils ont tous en bouche des récits de couches de neige épaisse comme ci ou comme ça, joignant le geste à la parole pour monter l’importance de la chose aux pauvres qui n’ont rien vu du tout.

Ces collègues ou connaissances évoquent volontiers des situations extrêmes pour qui les entend, de pelles à manier pour se frayer un chemin hors de chez eux, de temps doublé pour venir au boulot, de bus qui ne passent plus, de voitures qui patinent ou de visions de grand Nord.

Et les autres, les citadins, regardent ces habitants de l’extérieur avec un brin d’envie et de nostalgie. Du moins ceux qui aiment vraiment la neige. Parce qu’elle les a presque snobés, hier. Une fois de plus.

Au centre-ville, l’or blanc tant annoncé ressemblait à du saupoudrage de sucre de glace.

Une matière fragile qui se transforme au contact du macadam en une sorte de papette moche et traître qui trempe les chaussures et rend glissant le pavé. Quand il y en a.

Cette indécision du flocon de neige à le rester ou à se transformer en flotte m’attriste toujours un peu quand les conditions semblent enfin réunies pour le grand chambardement blanc.

Mais au final rien, ou si peu. Au-dessus de la ville tiède, le flocon renonce et se relâche, préférant mouiller les passants plutôt que de les envelopper d’un blanc-manteau.

Nous sommes décidément inégaux face à la neige…

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20/01/2015

Rester connecté

Après des années passées comme secrétaire dans une entreprise de la place, Mireille se retrouve un triste jour au chômage.

Le premier choc passé, elle se met à consulter les petites annonces et faire des recherches d’emploi, même si elle n’y croit plus trop, vu son âge.

Pour mener à bien cette tâche, elle achète une imprimante wifi dernier cri afin de pouvoir tirer sur papier ses lettres de motivation plus son CV et les poster à la ronde.

Mais voilà. Il doit y avoir de mauvaises ondes dans son immeuble ou un truc déréglé après l’installation de son imprimante par un jeune féru d’informatique. Toujours est-il qu’il n’y a soudain plus de réseau chez Mireille. Ou alors à des heures improbables.

Elle contacte illico son opérateur qui lui envoie un technicien. Mais très vite, le réseau plante à nouveau. Aïe! Ses démarches vont en pâtir si ses missives ne peuvent partir à temps.

Elle s’en plaint amèrement auprès de l’entreprise, laquelle demande à sa cliente de lui adresser une lettre précisant ses griefs. Mais sans imprimante, comment communiquer?

En attendant que le wifi fonctionne à nouveau chez elle, ce qui devrait un jour arriver, Mireille pourrait se rendre dans un cybercafé pour y faire ses courriers. Elle s’y refuse pour l’heure: elle a tout le matériel qu’il faut à la maison et paye déjà la prestation. Elle pourrait alors rédiger ses recherches d’emploi à la main, de sa plus belle écriture.

Mais pour décrocher un poste de secrétaire hyperbranchée, ce n’est pas la meilleure idée qui soit... Au secours!

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19/01/2015

Sale ne fait pas propre

Ici, pas de «sale», que du propre! Aux Recyclables de la rue de Carouge, on lave désormais plus blanc que blanc pour annoncer la grande braderie de livres d’occasion.

Comme partout ailleurs, le temps est aux bonnes affaires. Elles se manifestent très souvent par une épidémie de «sale» qui se répand sur les vitrines des magasins. A l’intérieur aussi.

Depuis l’apparition de cette étrange maladie, il y a deux ou trois ans de ça, de nombreux clients se plaignent. Ça leur fait mal aux yeux.

Ces personnes ne sont pas des intégristes de la langue française qui ne supporteraient pas un anglicisme. Elles réfléchissent simplement au sens des mots. Et dans ce cas, il n’y a pas photo.

Sale, ça fait vraiment tache! Surtout pour des marchandises neuves…

Des commerçants ont pris la mesure de cet agacement et reviennent aux traditionnelles soldes. Pour être sûrs que leur clientèle anglophone comprenne bien la signification de ce mot étrange, ils font figurer l’annonce promotionnelle dans les deux langues. Bel effort éducatif!

Certaines enseignes préfèrent éviter les sujets qui fâchent et se contentent de mettre en avant le signe «%» qui signale des prix réduits.

D’autres se la jouent encore plus feutrée. Dans les Rues Basses, le grand magasin Globus affirme sobrement que celui qui calcule achète chez lui…

Notez qu’il a de la concurrence.

Ceux qui calculent beaucoup depuis jeudi se ruent là où ne s’affiche ni sale, ni soldes: samedi, des gens faisaient la queue sur une cinquantaine de mètres pour entrer dans un bureau de change!

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17/01/2015

Des euros sur les bras

J’ai reçu cette semaine des appels de lecteurs un peu agacés me demandant pourquoi je n’avais pas encore communiqué le montant de la Thune du Cœur. On se pince!

Evidemment, s’ils ne lisent la Julie que le samedi, ils ont loupé l’information. Dommage pour eux.

Mais bon, s’ils ont participé d’une manière ou d’une autre à l’engraissage de Jules, cette séance de rattrapage s’impose: la collecte 2014 se monte à 80 000 francs et des poussières. C’est top!

Voyons, Julie, ça ne fait pas sérieux, ce chiffre tout rond, accompagné de tas de minons.

Vous voulez vraiment tout savoir? Place alors à la transparence: la Thune pèse très exactement 80 552,75 francs. Telle est la somme rondelette en caisse au moment du partage.

Une chose cependant me turlupine, je dois bien l’avouer. Nous aurions pu rassembler un poil plus d’argent si j’avais su ce que tramait la BNS… Mais voilà. Qui aurait pu prévoir ce coup-là?

Entre les cartes de remerciement aux donateurs et mes billets du jour, je pensais avoir encore le temps d’aller changer tous les euros qui se sont glissés dans notre collecte. Des petites coupures comme des pièces de tailles et de couleurs variées. Eh bien c’est trop tard. Raté!

Dans mon bureau reposent des kilos de monnaie d’euros. De la grenaille pesant des tonnes, répartie en rouleaux de 1, de 2, de 5 centimes, de plus aussi. Tout ça a plongé!

Ces euros me restent sur les bras. Qu’en faire? Des euros, donc. Les garder peut-être au chaud, en attendant des taux meilleurs. Et la prochaine Thune.

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16/01/2015

Le blues de la boîte

Mais où est donc passée ma boîte? Enfin, la boîte d’échanges entre voisins?

Celle de mon quartier s’est fait la malle comme ça, du jour au lendemain. Paraît qu’elle aurait prévenu les habitués, mais je n’ai rien vu venir.

Alors je suis restée avec mes livres sous le bras, penaude, ne sachant trop où les déposer. Désappointée aussi. Pour une fois qu’un truc marchait bien, faut encore qu’on nous l’enlève! Vous voyez le genre de réflexion…

Or, il n’y a pas raison de s’énerver, d’après ce que m’a dit un membre de l’association Tako, à l’origine de cette action. Si les onze boîtes d’échange situées en ville de Genève ont toutes été retirées, c’est parce qu’on arrive à la fin de la phase pilote du projet. Phase déjà prolongée, soit dit en passant.

Exit, donc, ces caisses qui favorisent les trocs, les discussions entre habitants et les surprises. Mais elles ne sont pas mortes pour autant: elles devraient revenir, plus belles qu’avant, et surtout plus nombreuses!

L’association recherche en effet des fonds et est en discussion avec les autorités municipales pour obtenir, si possible au mois de mars, la pose de 42 boîtes d’échanges.

A l’image de celles qui ont fait leurs preuves, ces nouvelles installations devraient être prises en charge par des citoyens. Dans chaque quartier se trouve une bonne âme qui veille sur ce lieu d’échanges, qui classe son contenu et assure un brin de propreté.

Depuis le début de l’expérience, Tako estime que ses boîtes ont permis l’échange de 108 000 objets, représentant 132 tonnes de matériel. Belle démonstration d’utilité publique!

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15/01/2015

La Savoie sans Savoie

savoie.JPG«Nos voisins savoyards, on les aime bien, mais tout de même!»

Quelle mouche a donc piqué André? Je lui cède la plume, pour en savoir plus.

«Pour l’Escalade, magnanimes, nous avons fini par passer l’éponge. Pas gênés pour un sou, ils nous ont ensuite chapardé la fondue, rebaptisée «fondue savoyarde» exactement comme, un beau jour, les Lyonnais se sont adjugé le cardon de Plainpalais… Ils ont aussi fait le coup à d’autres en annexant le gratin dauphinois sous forme de gratin savoyard. Où s’arrêteront-ils?»

Pour m’éclairer sur cette épineuse question, André m’a fait parvenir, avec sa lettre, une boîte de biscuits de fabrication artisanale achetée près d’Aix-les-Bains. Vide la boîte, hélas. Mais je comprends mieux.

Qu’a-t-elle donc de singulier?

«Elle arbore, pour la couleur locale, une marmotte. Bon: il s’en trouve sur leurs alpages» relate mon informateur. Même que certains Belges de passage en altitude appellent ces quadrupèdes rongeurs des oursons siffleurs, mais je m’égare…

Figure aussi sur l’emballage métallique «une touffe de gentianes acaules: il n’en manque pas sur leurs hauteurs. Plus le blason savoyard dont on sait la ressemblance avec le drapeau suisse: rien que de très légitime.»

Alors quoi? «Enfin, trônant au centre de la boîte, le Cervin, flanqué du petit train rouge du Gornergrat!…»

«C’est compliqué la Savoie», relate notre gourmand philosophe. «Y militent quelques autonomistes qui n’ont toujours pas désarmé. Maintenant, bas les masques: la Savoie compte aussi des annexionnistes…»

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14/01/2015

Présenter ses voeux

Ah, les bons vœux!

Cela fait plus de deux semaines déjà que nous les présentons autour de nous, espérant pour l’autre, mais aussi pour soi-même, joie, santé, prospérité, amour et tout le tralala.

Des brassées de sentiments positifs, des tonnes de pensées bienveillantes s’échangent ainsi de vive voix ou sont couchés sur le papier, voire balancés par mail à un large cercle de connaissances.

Le rituel aide à faire passer la pilule: une année s’ajoute à notre compteur. Une de plus… Tant qu’à faire, autant qu’elle soit porteuse d’espoirs et démarre sur de bonnes bases.

La carte de vœux de la Julie montre ainsi un couple qui se réjouit devant l’affiche de la Tribune clamant «Bonne nouvelle année!» «Enfin un journal avec des bonnes nouvelles!»

Sur ce point-là, c’est plutôt raté. Il y a eu ces journées noires à Paris et, plus loin, d’autres horreurs. Les mauvaises nouvelles ont repris le dessus, tout naturellement. L’optimisme aura été de courte durée. Et pourtant.

Il est un artiste qui y croit encore! Roger Cuneo ne se contente pas de dessiner partout des personnages qui ont le sourire aux lèvres. Il donne aussi un spectacle «L’amour toujours?» fait de poèmes, de chansons et de proses.

Cette soirée pique-nique et poésie a lieu ce mercredi 14 janvier dès 19 h à l’Ancre Bleue, à Sézenove. Le nom de ce lieu m’a tapé dans l’œil, forcément! Réservation conseillée pour y entrer (022 757 12 70) et chapeau à la sortie. Ce spectacle sera aussi donné dimanche 18 novembre à 14 h, à la Cité senior. Et c’est bon pour le moral!

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13/01/2015

Les rois sont nus

Sale temps pour les sapins de Noël.

Ils sèchent tristement sur pied, abandonnés çà et là dans les rues de la ville, entre poubelles et détritus divers.

Les rois des forêts sont désormais nus, dépouillés de toute magie, gênés de se trouver en si fâcheuse posture sur la voie publique. Certains se drapent dans un grand plastique, pour garder un semblant de dignité. C’est dire.

Or, il n’y a pas si longtemps encore, les familles s’émerveillaient devant eux. Ils étaient chouchoutés, admirés, entourés. Ils se trouvaient au cœur de toutes les attentions, avec leurs promesses de cadeaux et leurs parures étincelantes.

On est vite peu de chose, pas vrai?

Aujourd’hui ces sapins sont devenus des encombrants. Des vieux restes dont il faudrait se débarrasser au plus vite, comme des souvenirs gênants. Même les chiens pissent dessus en passant. Quel manque de respect…

C’est donc la gueule de bois assurée chez les sapins de Noël. Et ce n’est pas fini: au fur et à mesure que les camions de la voirie viennent les ramasser, il en ressort encore des appartements. Toujours secs, plus désolants.

Il en est un cependant qui reprend du service, planté au beau milieu du trottoir de la rue de l’Athénée, entre les numéros 21 et 23. Que fait donc là cet arbre, dressé de guingois? Il comble un gros trou!

Un bon gros trou situé près d’une plaque d’égout mais pile sur le passage des piétons. Il est béant depuis une semaine déjà, et attend qu’on veuille le boucher, d’une manière ou d’une autre.

Parce que le jour où ce petit sapin sera enlevé, bonjour les accidents!

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12/01/2015

Histoire de panneau

C’est l’histoire d’un panneau. Un panneau de localité qui indique le lieu où l’on met les pieds. Ou les roues.

Celui dont me parle Martin est bleu. Normal, il se trouve sur une route principale, celle du Bout-du-Monde, à droite en montant depuis le giratoire. Mais au lieu d’annoncer l’entrée en ville de Genève, il signale «Champel».

Or, s’étonne Martin, les quartiers ne sont jamais signalés! Ceux des Pâquis, des Eaux-Vives ou de la Jonction n’ont pas droit à de tels égards. Pas assez chics, peut-être?

Même pas.

Vous me corrigerez si vous en savez plus sur la question. Mais d’après les renseignements obtenus auprès des services municipaux, ces panneaux signalent l’entrée dans des localités, et non dans des communes.

Soit. Et alors? A l’époque, Genève était constituée de quatre communes qui ont été conservées à titre de sections, pour ne pas devoir modifier les plans du cadastre. Champel était alors un hameau situé à l’extérieur de Genève. Un lieu-dit qui a ensuite donné son nom à un quartier.

Aujourd’hui, si j’ai tout bien suivi, certaines communes sont constituées de plusieurs localités et hameaux, et des panneaux les signalent.

Ils ont un rôle à jouer du point de vue de la circulation routière, pour inciter les automobilistes à ralentir, par exemple, mais ne représentent rien administrativement parlant.

A en croire nos autorités, l’écriteau du Bout-du-Monde n’est donc pas une fleur faite à Champel. Martin sera soulagé. A moins que je ne sois tombée dans le panneau…

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10/01/2015

Jocky, chien d'assistance

Jocky a été le premier chien à voyager aux côtés de sa jeune maîtresse sur un vol Easyjet. Il l’accompagne d’ailleurs fidèlement partout où elle va: à l’école, au cinéma, dans les grands magasins ou les transports publics. Normal, Jocky est un chien d’assistance!

Ce golden retriever a été dressé pour aider au quotidien les humains qui ne peuvent se débrouiller seuls à cause de leur handicap. Cette perle rare vit avec une jeune fille trisomique de 16 ans et sa famille.

Peu après Noël, cette famille revient justement de voyage à la gare Cornavin, en compagnie de Jocky, qui porte le signe distinctif des chiens d’assistance. Luisa, la maman, se met alors en quête d’un taxi pour rentrer à la maison.

Le premier chauffeur refuse. Elle s’adresse au deuxième. Il passe tout droit. Le troisième dit non, tout comme le quatrième. Luisa demande au cinquième conducteur s’il est allergique au chien. C’est ça, oui!

La mère de famille a beau lui signaler qu’il est tenu d’accepter un chien d’assistance dans son véhicule, l’homme persiste. C’est son taxi, il fait ce qu’il veut, point barre.

Au bout d’une dizaine de tentatives infructueuses, et alors que sa fille montre des signes de fatigue, Luisa voit rouge. Elle s’adresse à un policier pour se plaindre de ces refus systématiques. Mais l’agent ne peut forcer personne à transporter la famille et Jocky.<

Ce sera finalement un chauffeur de taxi d’origine tunisienne qui, voyant de loin la scène, leur viendra en aide et les conduira à bon port. Comme ça. Parce que c’est son boulot. Et qu’on ne laisse pas des clients dans la panade. A bon entendeur, diraient certains…

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