02/03/2015

Sacré farcement!

J’ai heurté Paulette. Oui, parfaitement. L’affront ne date pas d’hier, mais de mi-janvier, lorsque j’ai fait une encre bleue intitulée «La Savoie sans Savoie», où il était dit que les Lyonnais s’étaient adjugé le cardon de Plainpalais.

Et ça ne passe pas. Car Paulette est une vieille mamie savoyarde de la Maurienne, même si elle vit aujourd’hui au Petit-Lancy. Elle m’écrit qu’elle a toujours mangé du cardon, bien épineux, celui qui poussait dans le jardin familial. Pour elle, pas de discussion: le cardon, c’est toute la vallée du Rhône. Voilà qui est dit. Et tant pis pour les producteurs de Lully.

Alors pour me remettre les idées en place, et l’estomac avec, elle m’envoie une vraie, une authentique recette savoyarde. Celle que sa grand-mère paternelle mitonnait déjà et dont elle raffolait: le farcement, bien sûr!

Ce plat de saison qui tient au ventre fera tousser les pros de la diététique. Mais il était, à l’époque, une fête: «On n’était pas aussi gâtés, autrefois…»

Pour ce plat sucré-salé, prévoir un kilo et demi de vieilles pommes de terre, deux œufs, deux cuillères à soupe de farine, sel et poivre. Puis deux bonnes poignées de raisins secs, plus quatre pruneaux secs par personne. Sans oublier les tranches de lard fumé, dont il faut tapisser le fond et les côtés du moule. Vous suivez?

Verser la préparation dans le moule lardé, poser le couvercle dessus, puis cuire au bain-marie sur le feu quatre heures au moins. Quatre heures!

L’aïeule savoyarde de Paulette préférait déjà la cuisson au four avant de démouler le sacré farcement. J’avoue que ça m’en bouche un coin...

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