07/03/2015

Persister ou baster

La vedette du quartier de Saint-Jean, c’est elle. Anne-Marie. Une dame âgée, menue et souriante, qui aspire à la paix.

Mais comment y parvenir dans ces conditions? A 86 ans, après une vie sans tache, cette citoyenne genevoise vient de recevoir un mandat de comparution devant le Tribunal de police!

Telle est la suite, implacable, de ce long feuilleton opposant une gentille mamie, devenue frondeuse, à l’administration publique.

Depuis l’automne 2013, Anne-Marie refuse en effet de payer l’amende de 350 francs reçue à cause son petit chien Punky, mort depuis. Elle la conteste. Et n’en démord pas. En septembre 2014, elle se disait même prête à aller trois jours en prison, pour démontrer l’absurdité de la chose.

Son annonce jette le trouble autour d’elle. Une pétition circule rapidement à Saint-Jean, signée par 72 personnes. Les habitants apportent leur soutien à celle qui dit tout haut ce que les gens pensent tout bas. Pour quel résultat?

A l’automne, lors d’une réunion de quartier, le magistrat Barazzone rassure l’aînée remontée. Tout va s’arranger, elle n’a plus de soucis à se faire.

Or quelques jours plus tard, elle reçoit la visite d’un charmant Monsieur, porteur d’un gros bouquet de fleurs. Ce diplomate tente de la raisonner. Il lui dit qu’il serait plus raisonnable de payer cette amende avant que l’affaire ne tourne au vinaigre. Mais Anne-Marie s’obstine. Elle ne payera pas.

Et les mois passent. Naïvement, elle pensait l’affaire classée. Erreur. «Ils ont la rogne!» lâche-t-elle, dépitée, devant son mandat de comparution. Que faire alors: persister ou baster?

 "Tout ça me rend malade…"

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