20/03/2015

La molle de printemps

«J’ai la molle de printemps!» lâche un cher collègue, Genevois pur sucre, en s’affalant dans un fauteuil. La molle? Ben oui, la molle! Tu connais pas, Julie?

Ben non… Pour en savoir plus sur le cas, Wikipédia n’est d’aucun secours: j’ai testé, il n’y a rien sur cette expression du bout du lac. Reste alors le bon vieux "Glossaire genevois " de Jean Humbert.

Et la molle y figure! Ça veut dire «n’avoir pas le cœur au travail, être plus disposé à flâner qu’à s’occuper. Exemple: j’ai la molle; la molle me gagne; la molle me tient.»

Tiens, c’est donc ça! Cette nonchalance qui nous gagne aux premières douceurs. Ce sentiment béat de bien-être, la face au soleil (sauf lors de l’éclipse partielle de ce jour…) Ce besoin de traînasser, alors que tout presse. Cette envie de ne rien faire, si ce n’est d’envoyer balader les obligations pour profiter du moment présent.

La molle de printemps, donc.

Mais attention, prévient ce collègue attentionné, elle est particulièrement redoutable quand elle se double de la molle du lac!

Tiens donc, qu’est-ce encore que cette molle-là?

Elle est du genre tenace et dure bien plus longtemps que celle du printemps. Elle saisit les gens à proximité du plan d’eau, les rend rêveurs, un brin nostalgiques, l’œil dans le vague et flottant entre deux eaux.

Elle est portée par des odeurs d’algues, de crème à bronzer et invite au farniente. Elle est terrible…

Et dans ce cas, on dit comment, en Genevois: j’ai la molle double, la double molle ou la molle au carré?

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Commentaires

Et ce qui est encore plus grave avec la molle au carré c'est qu'elle prend tous les visiteurs de notre ville un jour ou l'autre, sans crier gare. De bleu, de bleu !

Écrit par : PIerre Jenni | 20/03/2015

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