11/05/2015

parlez-moi d'moi...

Une chanson tourne en boucle dans ma tête depuis des jours, et pas moyen de m’en débarrasser. Comment pourrait-il en être autrement, puisque ce qui la déclenche se répète tous les jours dans la rue?

La ritournelle en question est un vieux tube, dont je ne retiens que cette supplique: «Parlez-moi d’moi, y a qu’ça qui m’intéresse, parlez-moi d’moi, y a qu’ça qui m’donne d’l’émoi…» le tout sur un mode guilleret et entraînant.

Guy Béart chantait ce refrain, Jeanne Moreau aussi. C’est dire si ça fait un bail que le sujet titille. Parlez-moi d’moi!

Avec la mode des selfies, autrement dit autophotos, c’est pas loin la même histoire. Plus besoin de se faire flatter avec de belles paroles, suffit d’être au cœur du regard. Pile dans le viseur.

Notez que le refrain de Béart ne me vient pas en tête lorsque je vois ce type de photo immortaliser des groupes de copains, des familles. Le pape avec les jeunes. Une équipe de sportifs. Une classe en vadrouille. Très bien.

C’est l’égoportrait, comme ils disent du côté du Québec, qui me chagrine toujours plus. Celui qui se pratique comme un clic devant le miroir.

Ça finit par donner: moi à la plage; moi au magasin; moi dans le métro; moi avec la statue; moi et le coucher de soleil. Partout moi, moi et moi. C’est pas un peu lassant, à la fin?

Alors pour varier les plaisirs, on a inventé la perche télescopique. Celle qui donne plus de recul à l’appareil, qui replace mieux le sujet au centre du vaste monde. L’égoportrait devient grand art.

Parlez-moi d’moi, y a qu’ça qui m’intéresse…

07:00 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook |  Imprimer | | |

Les commentaires sont fermés.