29/06/2015

Il pleut des canards

Angelo se trouve un matin d’été au pied d’un des platanes de la Jetée des Pâquis. Un arbre vénérable, rassurant pour les humains et accueillant pour tous les oiseaux de passage.

Tournant le dos au tronc massif, ce grand-papa de 87 ans devise avec un inconnu. Soudain, celui-ci regarde fixement derrière son interlocuteur, les yeux écarquillés. Angelo se retourne et que voit-il à son tour?

Venus des plus hautes branches du vieil érable, deux canetons, un noir et un jaune, descendent tant bien que mal le long du tronc! Ils sont bientôt rejoints par quatre autres frangines ou frangins, allez savoir, puis par la cane. C’est comme s’il pleuvait des canards!

Dans cette descente acrobatique du nid familial, un petit atterrit sur la tête, et c’en est fini pour lui. Le grand-papa recueille ce joli corps duveteux au creux de sa main: «De ma vie, je n’ai jamais touché pareille douceur…»

Tandis que l’humain s’émeut devant la boule jaune, la cane rassemble sa progéniture et se dandide en direction du lac, ses miniatures la suivant à la queue leu leu. Et hop, tous au jus. Les voilà qui barbotent déjà au loin.

Ne sachant trop que faire du jeune palmipède tombé du ciel, Angelo le dépose délicatement sur un banc, avant de faire un petit malaise, sous le coup de l’émotion. Mais il a des regrets.

«J’aurais dû le poser dans le courant du lac, vers le phare des Pâquis. Ça m’aurait soulagé que ce caneton arrive au moins jusqu’à l’eau…»

Un autre ami des bêtes y aura sans doute pensé. A moins qu’une corneille ou un milan ne lui ait brûlé la politesse. Telle est la loi de la nature…

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