15/07/2015

A bout de nerfs

Il y a donc l’électricité dans l’air sur le front des transports.

Certains chauffeurs de taxis (pas tous, bien sûr!) sont à bout de nerfs et ça déteint grave sur leurs clients. Que faire pour éviter un tel gâchis?

L’autre jour, un couple âgé appelle un taxi pour se rendre chez le toubib. La distance à parcourir n’est pas très longue, mais c’est déjà le bout du monde pour ces personnes malvoyantes qui marchent avec des cannes.

Notez que si les taxis existent et sont utiles, c’est bien pour ce genre de cas…

Bref, à peine arrivé, le chauffeur rabroue vertement les aînés: la course est trop courte pour lui. Qu’ils prennent le bus!

Devant leur insistance il les embarque, comme il est obligé de le faire, tout en maugréant ferme. A 68 ans, dit-il, il n’a plus d’ordre à recevoir. «Moi j’en ai 83 et mon mari 92» rétorque la cliente, pensant ainsi lui clouer le bec. Réponse du malotru: «Donc vous attendez la sortie…»

Encore bravo pour ce trait d’esprit et cette belle empathie!

Choqué par la mésaventure, le couple prend le bus au retour, pour ne pas risquer de tomber à nouveau sur cet individu. Mais il se trompe de ligne et termine à pied, en pleine canicule…

S’il avait eu le choix, il aurait fait autrement. Mais voilà…

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Commentaires

Vous en avez encore beaucoup des comme ça ?
Parce que moi qui conduit un taxi depuis bientôt 40 ans, j'entends tous les jours des personnes âgées me remercier et me dire combien, nous les taxis, nous leurs sommes précieux.
Les personnes à mobilité réduite constituent un bon tiers de notre clientèle, pensez-vous sincèrement que nous allons grogner à chaque course ?
Oui, les taxis ont de la peine à survivre, principalement en raison du non respect des lois qui changent tous les 6 ans et l'absence de contrôles devant la concurrence déloyale. Ils restent un élément incontournable de la mobilité et pratiquent leur métier avec conscience et empathie. A part quelques moutons noirs, comme partout.
A quand un article positif sur les taxis ?

Écrit par : Pierre Jenni | 15/07/2015

Bonjour Mme Julie

M. Jenni, je suis bien persuadé que vous êtes un chauffeur de taxi tip top. Et vous n'êtes pas le seul à l'être. Mais les chauffeurs ne sont pas tous comme vous. Lorsque vous parlez d'une minorité de mal-agissants, il s'agit alors d'une grande minorité !

Je rappelle aux lecteurs que vous êtes perçu par les autres chauffeurs comme un intello aux idées bizarres. Très intelligent aux idées très bizarres. Vous n'êtes pas un échantillon représentatif de votre profession et d'ailleurs vous êtes retrouvé éjecté de Taxiphone pour cette (mauvaise) raison.

Cela étant si l'Etat faisait son boulot, il y aurait plus de travail car moins de chauffeurs. En effet, plus de 20 % des chauffeurs ne sont pas solvables ou ne sont pas honorables comme l'exige la loi. L'Etat faillit à sa mission de protéger le client et ceux des chauffeurs qui respectent la loi.

Quant à des vrais taxis (jaune ou bleu) faisant appel à Uber, je ne vois pas en quoi cela pose problème aux chauffeurs ou aux clients. Le seule problème posé est que taxiphone, la centrale d'appel historique, risque de se trouver confrontée à de la concurrence et comme elle est médiocre, elle risque de perdre des parts de marché. C'est pour cela qu'elle fait signer à ses "protégés" une clause d'exclusivité.

Il serait donc temps d'éliminer les canards boiteux de votre professions (condamnés, insolvables et multirécidivistes des comportements illégaux)

Il serait temps de modifier la loi et de prévoir que toute centrale d'appel (y compris taxiphone) ne peut pas imposer à ses protégés d'être la seule centrale d'appel à laquelle les taxis peuvent fait appel.

Écrit par : CEDH | 15/07/2015

Bonjour CEDH,

Puisque vous insistez sur l'assainissement de la profession par l'expurgement des chauffeurs insolvables je tiens à préciser quelques points :
- La loi est claire, l'autorisation est délivrée lorsque le candidat justifie sa solvabilité. Aucune disposition ne saurait contraindre un professionnel, dans quelque domaine que ce soit, à perdre sa qualité pour un passage à vide.
- La plupart des chauffeurs qui se sont mis à leur compte ont dû acquérir leur droit à titre onéreux. Et comme l'Etat à vidé notre fonds, il ne saurait indemniser les chauffeurs écartés.
- Les raisons qui ont mis la profession à genoux sont essentiellement liées aux errements du parlement qui ont atteint leur apogée avec la loi Unger qui a nécessité plus de 8 ans de travaux dont 3 à la commission des transports pour être abrogée avant même son entrée en application.

Concernant Uber, vous ne semblez pas réaliser que cette société viole, partout dans le monde, plusieurs lois et, comme vous le relevez sur mon blog, fonctionne pour le moment à perte en indemnisant ses chauffeurs et en payant les frais juridiques lors des diverses poursuites pénales. Si pour vous c'est OK alors je pense qu'il est inutile de poursuivre cette discussion.

Taxiphone n'a pas peur de la concurrence tant qu'elle reste loyale. La clause d'exclusivité à laquelle vous faites référence est une des dispositions contractuelles qui sont pratiquées dans tous les domaines et qui garantissent au client que le prestataire est bien celui qu'il a choisi.

Enfin en ce qui concerne les moutons noirs, et là je ne parle pas des chauffeurs insolvables, mais des voyous qui se comportent comme ceux que la Julie à épinglé, je suis tout à fait d'accord. Mais voilà, le service en charge (SCom) est totalement dépassé. Ses décisions sont souvent arbitraires et mal ciblées. Elles font systématiquement l'objet de contestations devant les tribunaux. Et pourtant le Scom connait parfaitement la poignée d'individus concernés. Nous demandons tous la réintroduction de la brigade des taxis qui donnerait enfin les moyens à l'autorité de faire respecter la loi. C'était d'ailleurs une exigence des commissaires rapporteurs lors du vote unanime de la loi Spoerri en 2005.

Pour le reste, je vous encourage à mieux lire mes diverses interventions sur le sujet qui expliquent en profondeur les tenants et aboutissants. Alors pourrons-nous continuer cette discussion de manière plus constructive.

Écrit par : Pierre Jenni | 15/07/2015

Bonjour Julie,

M. Jenni nous a informé du fait que 20 % des chauffeurs de taxi indépendants, lesquels constituent la grande majorité des chauffeurs, ont fait l'objet d'au moins un acte de défaut de bien. Un tel acte atteste de ce que lesdits chauffeurs doivent une somme d'argent au créancier sans que celui-ci puisse être payé, le chauffeur ne disposant ni de bien ni de revenu à saisir.

Monsieur Jenni estime que ces personne manifestement insolvables doivent pouvoir continuer à exercer leur métier. Il prétend que la condition de solvabilité ne doit exister que lors de la délivrance de l'autorisation.

Prétendre que les conditions présidant à la délivrance d'une autorisation ne doivent exister que lors de la première décision et non pas tant que l'autorisation est en vigueur est étrange. Ainsi, à suivre M. Jenni, un chauffeur peut devenir insolvable, mais aussi faire des séjours en prison voire être privé de permis de conduire !

La position de M. Jenni, si elle reflétait notre droit, devrait sans aucun doute nous conduire à nous interroger. Néanmoins je vous rassure, tel n'est pas le cas. Une décision administrative peut être révoquée lorsque les conditions d'octroi ne sont plus, le temps s'écoulant, réunies; et que cela découle d'une modification des faits, de la loi, voire de l'interprétation de la loi. Pour cela, selon la jurisprudence du Tribunal fédéral, il n'est pas besoin de base légale explicite. Monsieur Jenni est invité a consulter un manuel de droit administratif.

Certes, la révocation n'est pas automatique et il doit être procédé à une balance d'intérêt. Cependant les Tribunaux inclinent assez vite en faveur de la révocation lorsque l'autorisation est de longue durée, qui plus est, lorsque un intérêt de police est en jeux.


Monsieur Jenni,

Je relève que vous admettez qu'Uber ne faisait pas (encore?) de bénéfice. Et je vous rappelle que si beaucoup de nos concitoyens n'ont rien contre Uber ce n'est par amour pour les procédés d'Uber, mais bien parce qu'ils sont excédés de la médiocrité des services de taxis qui existent (pas qu'à Genève) et dont les procédés ne valent pas mieux.

Quant au fait que les chauffeurs de taxi aient fait un mauvais investissement, ils n'ont qu'à s'en prendre à eux. Vous me faites penser aux chauffeurs de taxi parisiens qui ont acheté 250'000 Euro le droit d'exploiter un taxi, pari spéculatif insensé, et qui se plaignent de ce que cela vaut moins. Quant on spécule, on assume. Quant on investi, quant on est entrepreneur on assume aussi. Autrement il vaut mieux être salarié.

Au passage cela fait bien plus de 8 ans que le service de taxi genevois est ....décevant.

A défendre les moutons noirs et à vouloir préserver les plates-bandes de votre centrale historique, comme vous le faites, vous hâtez la fin de votre profession, laquelle est amenée à disparaître, comme nombre d'emploi peu qualifié, et c'est là un problème sociétal important.

Bonne soirée à tous.

Écrit par : CEDH | 15/07/2015

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