26/09/2015

Cultiver la souplesse

Jérôme est un habitué des lieux. Il vient là tous les lundis pour se faire du bien, pas pour se prendre la tête.

C’est pourtant ce qui lui est arrivé l’autre jour en allant simplement jouer au badminton avec un collègue au Centre sportif de la Queue-d’Arve.

Il s’y pointe en tenue de sport, comme d'habitude, ne prenant sur lui que le strict nécessaire. Sa raquette et une enveloppe contenant les 14 francs que lui coûte la location du terrain. Mais il y a un hic. Il a confondu une pièce d’un franc avec une de 20 centimes, et le compte n’est pas bon.

Le sportif demande à l’employé à la caisse s’il peut payer ces 80 centimes la semaine prochaine. Jérôme est donc un fidèle usager des installations. Ses coordonnées sont enregistrées. Il est fiché, pour tout dire. Mais c’est niet!

Le sportif insiste auprès du caissier. Vous pourriez peut-être m’avancer ces sous? Faut pas rêver. C’est encore niet.

Le temps file, la tension monte. Alors qu’il s’apprête à retourner au boulot pour chercher l’argent, il tombe sur d’autres employés connus à qui il demande un prêt. Juste pour dépanner. Niet toujours. Bonjour le fair play!

Il fonce alors au turbin et revient, en ronchonnant, avec la petite monnaie. Le caissier encaisse. Ses comptes seront justes. Ouf. L’argent, c’est le nerf de la guerre! Jérôme aura ainsi payé 14 francs pour une demi-heure de jeu...

Le lundi suivant, il donnera la même somme pour obtenir un terrain mal équipé qui a tout de la punition. Un hasard, vraiment? Et dire que l’on cultive la souplesse dans ce centre sportif municipal...

Pour éviter la soupe à la grimace, notre homme ira désormais courir le long de l’Arve, là où il n’y a pas (encore?) besoin réserver. Et de payer.

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