30/09/2015

La solution mobile

Et de deux! L’association Carrefour Rue vient d’inaugurer avec bonheur son deuxième hameau de logements pour personnes sans domicile. Il se nomme "Noé", rapport au petit bateau échoué depuis des plombes sur cette longue parcelle de Plan-les-Ouates.

La coquille de noix a été retapée et douze studios mobiles pétant de couleurs ont été disposés çà et là sur le terrain accueillant afin de favoriser les contacts entre les nouveaux habitants.

Après des parcours de vie difficiles, ceux-ci disposent désormais d’une adresse et d’un lieu où ils peuvent reprendre pied. Oh, l’espace n’est pas bien grand. Mais il y a juste ce qu’il faut pour vivre dans les 14 m2 mis à leur disposition pour quelques mois.

Il y a là de quoi dormir, manger et faire sa toilette. Plus une salle commune, une buanderie et un jardin pour se tenir les coudes ou refaire le monde.

En ce beau mardi de septembre, alors que la foule se presse pour apprécier cette réalisation collective, le hameau de studios mobiles semble une évidence, tant il répond à un besoin. Noël Constant et son équipe ont pourtant bataillé ferme pour l’obtenir.

«Pour des choses aussi simples, on complique beaucoup!» lâche l’homme au catogan, avant de remercier tous ceux qui ont permis à Noé de voir le jour, depuis les propriétaires qui prêtent leur terrain jusqu’aux autorités, mécènes, entreprises, donateurs et autres gens de bonne volonté.

L’histoire ne s’arrête pas là. D’autres hameaux sont à créer. Il faut trouver des terrains. De l’argent. Des aides. Mais cela vaut la peine. Car là où pousse l’espoir, la vie peut refleurir.

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29/09/2015

Y a pas de souci

En fait, du coup, y a pas de souci…

Difficile d’échapper aux tics de langage qui fleurissent au quotidien dans nos conversations.

Même si vous résistez, ces mots se glissent subrepticement dans votre tête et finissent par s’imprimer dans un coin de votre mémoire. Et puis un jour, sans trop savoir pourquoi, vous vous retrouvez à les utiliser, comme les autres.

Y a pas de souci!

Cette expression bonne à tout faire a donc fini par détrôner «Y a pas de problème» dans le genre de formule magique qui rassure tout le monde. Le phénomène n’est pas récent en France, où il semble sévir depuis un bon lustre déjà. Mais nous sommes toujours un peu lents à la détente, dans la région. Et peut-être plus encore chez nos voisins vaudois.

En virée à Lausanne avec sa femme, l’ami Jean-Claude a croisé ce tic à trois reprises en peu de temps. Une vraie épidémie. Au Buffet de la Gare, il commande deux cafés. Le garçon acquiesce et lâche sans sourciller «y a pas de souci».

Plus loin, devant un stand de glaces, Madame choisit le parfum vanille avant de lui préférer fruits de la passion. Elle est confuse, mais le glacier sourit. «Pas de souci»! Une variante admise.

Les Genevois en goguette demandent ensuite leur chemin à un passant qui prend le temps de leur répondre. Ils le remercient. «Y a pas de souci» répond le Vaudois affable. Il devrait peut-être y en avoir?

Et quand est venu le temps de songer au repas , Jean-Claude n’a pas pu résister: surtout, pas de sushi! Y a un souci?

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28/09/2015

Lune de miel rousse

Samedi 19 septembre, Ophélie et Gaël fêtaient leur mariage dans la jolie salle villageoise de Mex, au milieu de 80 parents et amis. Ambiance détendue et bon enfant. On a bien mangé, bien bu, bien rigolé, d’après ce que l’on m’a dit.

Et qui dit fête dit cadeaux. Pour éviter de surcharger les jeunes époux de présents envahissants, inutiles ou peu appréciés, il a été convenu de leur faire un cadeau collectif.

Tout au long de la soirée, les convives ont donc glissé dans une jolie boîte des enveloppes contenant de l’argent ou des écrits plus personnels. Voire les deux à la fois.

Bref, cette boîte rose regorgeait de mots doux et de gros billets. De quoi permettre aux tourtereaux de s’envoler au loin en pépiant de bonheur vers leur lune de miel.

Eh bien c’est raté.

Les jeunes mariés sont plutôt minés. Car on leur a volé leur coffre à trésors. Ils s’en sont aperçu une fois la fête et les flonflons terminés. Qui l’a pris? Pas un invité, j’espère, ce serait vraiment trop moche.

Après la noce, la gueule de bois… Qu’on leur rapporte au moins les mots doux! L’argent, faut pas y compter.

A défaut de lune de miel, les amoureux se sont peut-être contentés, ce matin, d’une lune rousse. Ou rouge. Un vrai cadeau de la nature.

Bon. Pour voir l’éclipse totale de l’astre de la nuit, ils ont dû sortir du lit rudement tôt. La phase d’observation la plus intéressante étant prévue entre 4 h 11 et 5 h 23, au dire de la Société astronomique de Genève.

Paraît que le monde appartient à ceux qui se lèvent tôt!

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26/09/2015

Cultiver la souplesse

Jérôme est un habitué des lieux. Il vient là tous les lundis pour se faire du bien, pas pour se prendre la tête.

C’est pourtant ce qui lui est arrivé l’autre jour en allant simplement jouer au badminton avec un collègue au Centre sportif de la Queue-d’Arve.

Il s’y pointe en tenue de sport, comme d'habitude, ne prenant sur lui que le strict nécessaire. Sa raquette et une enveloppe contenant les 14 francs que lui coûte la location du terrain. Mais il y a un hic. Il a confondu une pièce d’un franc avec une de 20 centimes, et le compte n’est pas bon.

Le sportif demande à l’employé à la caisse s’il peut payer ces 80 centimes la semaine prochaine. Jérôme est donc un fidèle usager des installations. Ses coordonnées sont enregistrées. Il est fiché, pour tout dire. Mais c’est niet!

Le sportif insiste auprès du caissier. Vous pourriez peut-être m’avancer ces sous? Faut pas rêver. C’est encore niet.

Le temps file, la tension monte. Alors qu’il s’apprête à retourner au boulot pour chercher l’argent, il tombe sur d’autres employés connus à qui il demande un prêt. Juste pour dépanner. Niet toujours. Bonjour le fair play!

Il fonce alors au turbin et revient, en ronchonnant, avec la petite monnaie. Le caissier encaisse. Ses comptes seront justes. Ouf. L’argent, c’est le nerf de la guerre! Jérôme aura ainsi payé 14 francs pour une demi-heure de jeu...

Le lundi suivant, il donnera la même somme pour obtenir un terrain mal équipé qui a tout de la punition. Un hasard, vraiment? Et dire que l’on cultive la souplesse dans ce centre sportif municipal...

Pour éviter la soupe à la grimace, notre homme ira désormais courir le long de l’Arve, là où il n’y a pas (encore?) besoin réserver. Et de payer.

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25/09/2015

Les amis des dames

Paraît que les marrons ont d’autres vertus que leur rondeur, me fait remarquer ma consœur Anne, pour compléter l’encre d’hier. Ils seraient aussi très efficaces contre les mites. Mais sans garantie du constructeur…

A propos de choses qui tombent en cette saison, elle me raconte la scène qui vient de se dérouler sous ses yeux.

Une vieille dame marche péniblement dans la rue, accrochée, ainsi que son chien, à son déambulateur. Son animal de compagnie fait une pause. Il se prépare, laisse doucement tomber deux crottes puis se remet à trottiner, soulagé. La vieille dame ne réagit pas.

Une passante lui fait remarquer la chose. L’aînée répond qu’elle ne voit pas et poursuit son triste chemin.

Inutile de lui courir après, elle ne lèvera pas le petit doigt de son déambulateur. La passante avise alors un poteau équipé de sacs «spécial crottes canines» et va ramasser les excréments; elle jette le tout dans la poubelle, ravie de son geste civique. Qui vaut ce merci!

Et pendant ce temps Arlette, une sportive tout terrain, descend le Rhône en paddle avec son toutou! La quadragénaire s’est lancée dans l’aventure afin de lever des fonds pour l’Arche de Kira, le refuge vaudois où elle a pu adopter son compagnon à quatre pattes, au pied étonnamment marin.

Parti de Villeneuve, le duo a navigué jusqu’à Genève avant de glisser sur le fleuve. Il semble que la descente ne soit pas de tout repos pour cette ancienne championne de surf. Mais elle reste bien droite sur sa planche, le chien itou, d’après les amis qui les suivent sur Facebook.

C’est encore loin Marseille? Wouf wouaf waf!

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24/09/2015

Le coup du marron

Ça m’est soudain tombé dessus, sans crier gare. Plonk!

L’objet non identifié a percuté mon crâne avant d’aller rouler au sol. Non mais c’est quoi encore ce truc?

C’est un marron! Une belle boule brune, dense et lisse. Un boulet, tiré des hauteurs par quelque esprit frappeur. Faudra bientôt légiférer je pense pour imposer le casque aux passants osant encore se promener ces jours sous les marronniers.

Sans rancune, j’ai ramassé le marron à gnon et l’ai glissé bien au chaud dans ma poche. Comme je le faisais, gamine. La boule faisait alors une petite bosse dans l’habit, une présence amusante qui roulait sous les doigts.

En regardant toutes les autres billes brunes et luisantes gisant encore à terre, abandonnées, inutiles, j’ai eu envie d’en ramasser d’avantage. De les prendre une à une, et puis les détailler de près afin de découvrir leurs petits secrets. Oui, mais pour en faire quoi ensuite? Des bricolages, comme autrefois?

C’est aussi ça, l’automne qui vient d’arriver, en ce mercredi.

Les bouffées de nostalgie remontent irrésistiblement, comme les premiers brouillards sur le Rhône.

Un plonk sur la tête aura suffi pour que me reviennent les jeux oubliés de l’enfance. Les jolies bestioles réalisées avec ces marrons, glands, feuilles et bouts de bois ramassés çà et là et tenus entre eux par des cure-dents, dans des équilibres instables. C’était avant…

Alors laissons tomber les marrons, comme les feuilles et les températures, c’est de saison. Bien qu’en cet équinoxe d’automne, le jour et la nuit sont de même longueur.

Profitons-en, ça ne va pas durer.

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23/09/2015

Propre en ordre

cygnes.jpgJamais nous ne parviendrons, nous autres Romands, à rivaliser avec la perfection des Suisses allemands.

Je ne parle pas de la langue, bien sûr, encore que cela se discute… Non, là où ils font décidément très fort, c’est dans leur pratique tip-top, propre en ordre, appliquée à l’accueil des touristes.

De retour de Lucerne, un lecteur me signale photo à l’appui un détail qui fait toute la différence entre eux et nous.

Posés au bord du lac des Quatre-Cantons, des petits écriteaux soignés demandent aux visiteurs venus d’ailleurs de ne pas nourrir les cygnes.

Leur signalisation d’interdiction n’est pas peinte en rouge mais en bleu, pour rester dans la couleur locale. Rapport au drapeau lucernois. Ou au lac.

Et puis le message est traduit en quatre langues: allemand, anglais, français et japonais. Quelle efficacité!

Au bout du Léman, rien de tout ça. C’est débrouille toi. On laisse les touristes faire leurs expériences et s’approcher de ces blanches majestés jusqu’à les toucher, comme si elles étaient d’un naturel docile. Voire aimable.

Or rien n’est plus irritable qu’un cygne quêtant un bout de pain…

C’est sur le pont de l’Ile que j’ai enfin vu la première petite info de prévention sur un panneau présentant les oiseaux de la rade. Sous un parapluie, un canard se protège de jets de bouts de pain. «Soyez raisonnables» cancane-t-il. «Nous sommes parfaitement capables de nous nourrir nous-mêmes. Limitez-vous à ce qui vous fait plaisir. Merci.»

En français dans le texte. Et pas l’ombre d’une traduction en allemand, voire en anglais. En japonais, on n’en parle même pas. Sacrés Genevois!

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22/09/2015

A vos marques...

A vos marques, prêts?

«Partez» viendra sous peu! Nous allons en effet fêter en cette fin d’année les vingt ans de la Thune du Cœur! Incroyable, non? A dire vrai, c’est à la fois une bonne et une mauvaise nouvelle…

Bonne, parce que cette action de solidarité rassemble encore et toujours des femmes, des hommes et même des enfants prêts à donner volontiers une thune, ou plus, pour aider les plus défavorisés de la région. Et que c’est formidable de pouvoir compter sur cette grande générosité genevoise, sur ces amicales de pompiers, de sportifs, de musiciens, de retraités, sur ces bistrots, entreprises ou collectivités qui se démènent pour réunir des fonds afin de soulager les gens dans la mouise.

Mauvaise, parce que la situation des personnes en situation précaire ne s’est pas améliorée en vingt ans, bien au contraire. Il y a toujours plus de familles qui peinent ici à joindre les deux bouts. La Thune du Cœur a donc toute sa raison d’être.

Si je viens maintenant vous glisser tout ceci à l’oreille, c’est pour vous donner le temps d’imaginer comment participer à cette belle entreprise.

On vient par exemple de me signaler que des résidents d’un EMS vont fabriquer des biscuits et les vendre en faveur de notre action. Ça pourrait donner des idées à d’autres institutions, ou à des écoles, pourquoi pas?

Envoyez-moi vos idées pour réaliser des collectes et je les ferai connaître loin à la ronde. Cela fera boule de neige dans la République bien avant Noël. C’est ainsi que nous parviendrons à faire grossir la Thune du Cœur!

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17/09/2015

Panne d'électricité

Bizarre, bizarre: le code d’entrée de son immeuble ne réagit pas lorsqu’il revient chez lui, en ce lundi matin. Qu’importe, au fond, l’homme a une clé pour entrer. Mais à l’intérieur quelque chose cloche. Plus il avance, plus la lumière décline. Il relève encore son courrier avant de se faire peu à peu aspirer par le trou noir.

Bien que sa démarche soit naturellement souple et sportive, le locataire du 5e se dirige maintenant à pas hésitants vers l’ascenseur. Il presse sur le bouton d’appel. Rien ne bouge. Mince: c’est la panne d’électricité. La totale!

Pour gagner son logis, il se lance alors dans une ascension chancelante, à tâtons dans l’obscurité. Ses repères sont la main courante, la cage d’ascenseur et les escaliers. Surtout, ne pas oublier de compter les doubles volées…

Ses souliers pointus deviennent ses cannes d’aveugle. Ses mains s’égarent sur les murs et les portes. Il se sent très gauche, vite désorienté, un peu perdu.

Alerté par le bruit, un voisin ouvre sa porte. Ben oui, vous ne saviez pas? Y’a plus de jus ici depuis hier avant minuit!

L’habitant haut perché poursuit sa montée et parvient devant sa porte. C’est du moins ce qu’il espère. Il ne lui reste plus qu’à trouver la bonne clé au trousseau, le trou de la serrure et c’est la délivrance, la lumière du jour, enfin!

Bon. L’électricité n’est pas revenue pour autant chez lui. Que faire des surgelés fraîchement achetés? Le frigo coule. La cuisinière a rendu les plaques. Comme la chaîne stéréo, le téléphone, Internet. Et puis son portable est à plat.

Alors il se pose dans un fauteuil et se met à feuilleter sa Julie! Celle de papier, donc. Parce que de mon côté, je retire la prise jusqu’à mardi…

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16/09/2015

Tout en finesse

pub.JPGTiens, ça va te mettre en joie, m'assure-t-il, un brin goguenard. Et voilà qu’il me file une page de pub pour autos tirée d’un journal dit malin. Pas de risque, en effet, qu’elle me tombe toute seule sous les yeux…

En la voyant, les chaussettes m’en tombent. Le reste aussi.

Je vous résume la chose? Pour vanter une gamme de voitures utilitaires, un garage de la place n’a pas trouvé mieux que de faire une pub décalée et bourrée de testostérone. Très lourdingue, donc.

Bref. Au cœur d’un encart d’un quart de page trône un soutien-gorge rouge rehaussé de dentelles noires. Sans personne dedans. Mais avec des légendes destinées à faire saliver les lecteurs, je suppose.

Visant le bonnet du sous-vêtement, une flèche indique ainsi «Volume de chargement de 3 m3 à 17 m3.» Waouh! Les baleines du soutif se muent en «carrosserie renforcée» et les fines bretelles deviennent pour l’occasion une «charge utile ajustable».

Voilà où nous en sommes, encore et toujours. Dans ce vieux cliché navrant liant grosses bagnoles et jolies pépées. Certains diront que c’est sans doute de l’humour, au Xe degré, certes. Mais qu’il faut bien rigoler.

Sauf qu’il y a encore un truc qui me chiffonne. Au-dessus de la pièce de lingerie sexy est écrit «Les professionnelles en sont dingues!»

Le message devient vraiment confus. Pourquoi utiliser le féminin pluriel?

Les professionnelles, ce sont les voitures utilitaires ou les femmes en dessous affriolants?<

Le masculin pluriel eut été plus logique, tant qu’à faire.

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15/09/2015

Autant prévenir...

On n’est jamais assez prudent, pas vrai? Dans le milieu bancaire plus qu’ailleurs, semble-t-il. Faut dire que certaines décisions judiciaires ont mis les nerfs de la profession à rude épreuve. Et chat échaudé craint l’eau froide…

Le Credit Suisse a organisé il y a peu une grande réception au bout du lac. Un repas réunissant des personnes internes et externes à l’entreprise.

Chacun reçoit une invitation en bonne et due forme pour connaître le jour, l’heure et le lieu de l’événement. Chouette, on va bien s’amuser! Sauf qu’en lisant l’information importante qui suit, ça fait soudain moins envie.

Il y a là une liste de tous les cas de figure qui pourraient vous arriver en vous inscrivant à cet événement. Pour ne pas qu’il soit dit que vous n’étiez pas au courant. Si d’aventure il y avait un problème. Au cas où…

Il est question de l’utilisation du nom et des données du convive, de photographies et d’enregistrement réalisés pendant la fête. «...veuillez noter que des tiers pourraient interpréter votre participation à cet événement comme le signe d’une relation bancaire…»

Tout ceci pour une réception, donc. A ce stade, ce n’est plus de la prudence ou de la frilosité excessive. Ça frise le code. Le droit a pris le relais du bon sens, et c’est une tendance regrettable.

«Si j’invite des amis à une grillade, je précise qu’il y a risque de feu? Ou un étranglement éventuel avec des chips?» demande mon informateur, refroidi par tant de précautions.

Il décline d’ailleurs toute responsabilité au cas où la vue du lecteur ayant oublié de chausser ses lunettes serait en quoi que ce soit affectée dans sa lecture!

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14/09/2015

Ponts et chaussées

Quand il y a des ponts, c’est le petchi sur les chaussées. Celui du Jeûne genevois n’a pas failli à la tradition.

Ainsi ce jeudi, au carrefour du pont du Mont-Blanc, tous les feux de signalisation sont à l’orange. Le message est clair: chacun se débrouille comme il peut. Et quand on connaît le fonctionnement du conducteur genevois lambda, ça craint!

Au bout d’un moment, l’automobiliste pris en tenaille dans les flots contradictoires de circulation se prend à rêver qu’un être se dévoue pour remplacer les machines.

Une personne en uniforme, armée d’un bâton, voire d’un sifflet s’il le faut, capable de diriger les files pétaradantes et de leur signaler où et quand passer. Chacun son tour.

Parce que sans ça, c’est la gabegie. Mais rien. Pas l’ombre d’un gendarme à l’horizon.

Juste des feux orange qui clignotent. Ils se retrouvent le long des travaux de réfection de la chaussée laissés ouverts au quai du Mont-Blanc. Et plus loin aussi, sur l’autoroute.

Tout ça engendre des bouchons à répétition. Car en ce jour de Jeûne, faut pas croire que les Genevois restent chez eux face à une tarte aux pruneaux. Ils sont tous sur les routes et profitent de ce congé pour changer d’air. Et ils ont bien raison.

Parmi eux se trouvent notamment les travailleurs qui refont les routes, les gendarmes qui veillent à l’ordre public et même ceux qui pensent à l’organisation de la circulation. On ne va donc pas s’en sortir.

Quand il y a des ponts, c’est le petchi assuré sur les chaussées…

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12/09/2015

Simple ou compliqué

Après avoir fait un saut à la poste du Stand, un homme reprend sa voiture et débouche sur le quai de la Poste, avec l’intention de se rendre place Cornavin. Mais pourquoi faire simple, quand on peut faire compliqué? Suivez le guide:

«Au feu du pont de la Coulouvrenière, interdiction de tourner à droite. Je n’ai d’autre choix que de continuer droit devant et prendre le même virage que le tram de Bernex. Sitôt que le feu de la rue du Stand passe au vert, je tourne à gauche, ainsi qu’il est permis.

Lorsque je recoupe Georges-Favon, je suis contraint d’aller tout droit, moi qui voulais filer à gauche… Bien. Me voici donc à 20 mètres de mon point de départ. Il me faudrait obliquer à droite, vers la rue du Grütli, mais un panneau m’enjoint de continuer ma route. Ce que je fais. Respectueusement.

Voici que la rue de Hollande s’offre à moi. A peine l’ai-je empruntée que la signalisation, à l’angle Petitot, me fait à nouveau obstacle, sous forme d’un sens interdit. Je serais alors tenté de contourner la difficulté en faisant le détour par Saint-Gingolph, mais quarante mètres plus loin, j’ai enfin la possibilité de prendre la rue de Hesse.

Pour quelques tours de roue seulement, car elle est barrée par le terre-plein de la perpendiculaire.

Seule issue: respecter l’obligation de tourner à droite pour se retrouver sur le boulevard du Théâtre. A partir de là, je redeviens maître des opérations, longeant la Synagogue puis ralliant le boulevard Georges-Favon, que je viens par deux fois déjà de couper. Ouf! Et maintenant, direction la gare…»

La droite est le plus court chemin entre deux points, disait Euclide. C’était au temps où l’on allait encore à pieds…

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11/09/2015

Propre en ordre...

Une régie zurichoise a repris le contrôle d’un immeuble assez fatigué de la rue du Grand-Pré et remet de l’ordre dans les dossiers de ses locataires.

Ça commence par un questionnaire sur l’utilisation de la buanderie. Celle que je prénommerai Henriette répond qu’elle n’en a pas usage. Elle possède depuis vingt ans un lave-linge, installé à ses frais par un professionnel.

Fort bien. Dans ce cas, Madame, vous devez nous fournir l’autorisation d’installation, lui dit-on en haut lieu.

Mais voilà. Henriette n’est pas en possession de ce document. Comme d’autres locataires qui ont emménagé dans un appartement déjà équipé.

Que faire? Eh bien c’est simple: elle doit signer la convention annexée au courrier. Ce papier l’autorise à disposer d’une telle machine, et lui annonce au passage une augmentation de loyer de 10 francs par mois.

Et pourquoi donc, je vous prie? Pour couvrir les coûts de consommation d’eau et d’épuration supplémentaires provoqués par le lave-linge, répond la régie.

La locataire se cabre: elle ne lave pas plus qu’avant et elle paye déjà son eau dans les charges de son appartement. Alors ce forfait flotte, elle n’en veut pas!

Bon, dix francs de plus par mois, ce n’est pas la mer à boire. Mais c’est le principe qui fait s’étrangler Henriette.

Car la gérance menace. Si la locataire ne signe pas la convention, elle devra débrancher son installation. Un collaborateur technique passera pour constater que le nécessaire a bien été fait. Il ne pourrait pas plutôt vérifier si son lave-linge est bien raccordé, pour que tout soit propre en ordre?

Et Henriette a signé. Punkt. Schluss.

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09/09/2015

L'ode aux pruneaux

Amis des fruits, bonjour! C’est en ces termes que débute la lettre de Fruit’info qui me tient au courant de l’actualité du côté des vergers.

Ben oui, j’aime les fruits. Et tout particulièrement celui qui déboule sur les étals en vue du Jeûne genevois: le roi des pruneaux, le Fellenberg.

Rien que de l’évoquer, j’en ai l’eau à la bouche… En découle subito une envie de sucre, un besoin de grignoter. Ça tombe bien! Paraît que le pruneau est un allié minceur. Un en-cas idéal. Un parfait coupe-faim. Quand je vous dis qu’il a tout pour plaire…

De plus, il est bourré de fer. Suffit de croquer à pleines dents dans cette chair ferme et juteuse pour avoir la pêche en moins de deux. Et, cerise sur le gâteau, il est sacrément beau, mon pruneau!

L’avez-vous déjà bien observé? Il est d’une forme admirable, paré d’une robe mauve et bleutée, lisse au toucher. Devant pareille perfection, on se sent presque coupable de le fendre en deux pour l’étaler sur une pâte brisée.

On ne peut pourtant pas procéder d’une autre manière si l’on veut extraire le ver qui s’invite parfois dans ses tripes et réussir la tarte du jour. Car vous n’allez pas échapper à cette gourmandise fruitée. Il ne devrait y avoir qu’elle au menu de ce jeudi, comme le veut la tradition. Mais les temps changent. Alors jeûnez bien, et vive les pruneaux.

Les fruits, donc. Pas les balles d'armes à feu. Faut pas confondre. D’ailleurs je ne comprends pas toujours le langage imagé de l'argot: flinguer quelqu’un reviendrait ainsi à lui coller un pruneau dans le cassis…

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08/09/2015

Souriez, disaient-ils

«Souriez, vous êtes filmés».

Il fut un temps où l’on avertissait encore les gens qu’une caméra les surveillait de près. Pour la bonne cause, bien sûr, celle de l’ordre public.

Aujourd’hui, plus besoin de prendre de telles pincettes avec la population: les yeux fureteurs ont envahi l’espace. Ils zieutent aussi bien les rues et les magasins que les routes ou les bâtiments. Entrées et sorties. Sous-sols itou. Ils filment sans mot dire, en continu. Ça peut toujours servir.

Souriez, vous êtes enregistrés. «En toute confidentialité» vous susurre-t-on à l’oreille, lors d’un téléphone à une assurance ou à une administration. Vous êtes également suivis à la trace après chaque clic sur votre ordinateur, après chaque achat dans le magasin où vous avez une carte fidélité.

Ces fouineurs connaissent ainsi tout ou presque de vous. Mais ils n’étaient pas encore allés jusqu’à vous coller si près du corps. En allant renifler sous vos aisselles pour mieux connaître vos performances physiques et les noter. C’est désormais chose faite.

Souriez, vous êtes totalement à poil devant votre assurance-maladie! Grâce aux capteurs et autres bidules électroniques dont les données lui seront transmises, la CSS saura qui fait du sport et à quel rythme, qui mange quoi en quelle quantité.

Histoire de veiller à la santé de ses assurés. Et de fixer une prime maladie au mérite. C’est du moins le concept.

Car qui fait du sport et veille à sa santé ne devrait pas payer les mêmes primes qu’une personne qui fume, boit et ne se bouge pas, n’est-ce pas?

Souriez, qu’ils disaient…

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07/09/2015

Un village à reconstruire

L’actualité est ainsi faite qu’une catastrophe en chasse vite une autre.

Les images de ces êtres déracinés qui tentent de fuir des zones de guerre en y laissant parfois leur peau défilent ces jours sous nos yeux et nous font presque oublier les scènes précédentes de désolation et de malheur.

Loin des yeux, mais pas forcément loin du cœur.

A Satigny, Rita s’engage au sein d’un groupe «SOS Népal-village Sakkal» qui réunit actuellement des fonds et des compétences pour venir en aide à un village, Syalu, perché à 2100 mètres d’altitude près de la frontière du Tibet.

Un lieu magique que cette bonne marcheuse a découvert avec son mari en 2012, lors de leur premier trek. Des liens privilégiés se créent alors avec Sakkal, le guide népalais, qui devient un ami de la famille.

L’homme est en vie après le terrible tremblement de terre d’avril dernier. Mais il ne reste rien de son village. Les maisons et l’école sont à terre, le pont et la route d’accès coupés, les cultures détruites. Les survivants campent sous des bâches et n’ont pas grand-chose à se mettre sous la dent, hormis du riz.

Rita n’a pas obtenu l’aide de la Chaîne du Bonheur pour son projet de reconstruire les 75 maisons de Syalu. Alors elle retrousse ses manches.

Un repas de soutien a été organisé le 15 août dernier dans sa commune, des collectes d’habits et de fonds sont lancés. L’infatigable marcheuse va partir le 6 décembre sur place pour commencer à redonner vie au village. Pour plus d’infos, consulter la page Facebook SOSVillageSakkal, ou téléphonez à Rita au 079 699 78 33.

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05/09/2015

Ascenseur maudit, bis

"Au 37, rue Louis Favre, l’ascenseur file de l’urticaire aux locataires! Marchera, marchera pas? C’est la surprise quotidienne. Car, comme le dit Emmeline qui loge en ces lieux «il a dû être fabriqué un lundi, tant il nous joue des tours»".

Ainsi commençait l’encre bleue du 16 juin 2008. Depuis, sept ans ont passé dans cet immeuble des Schtroumpfs. Les enfants ont grandi, les parents ont vieilli, de jeunes voisins ont emménagé.

L’ascenseur, lui, n’a pas changé.

Après une phase de rémission, il est à nouveau en crise. Depuis la mi-août, il n’en fait qu’à sa tête et fonctionne un jour sur deux, et encore…

Monsieur a ses sautes d’humeur: il veut bien prendre un client à l’aller, mais pas au retour; il boude certains étages; il refuse de monter des familles avec bébé et poussette au 6e ou se terre au sous-sol pour se faire oublier.

C’est grave, docteur?

Au chevet du lift, l’entreprise de maintenance joue la transparence. Elle attend la livraison d’une pièce vitale pour soigner le malade. Tant qu’elle n’est pas arrivée, ça fait une belle jambe aux habitants, mais ça leur remonte au moins le moral: on ne les oublie pas complètement.

Car au chevet de l’immeuble, la Gérance immobilière de la Ville brille par sa discrétion. Pas un courrier, pas une affichette collée sur l’ascenseur pour encourager les locataires à bout de souffle à prendre patience. Rien.

En 2008 déjà, un facétieux avait dessiné une solution pour régler le problème de ce maudit ascenseur: une grue pour hisser les locataires dans les appartements hauts perchés et un toboggan géant pour les quitter. Chiche?

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04/09/2015

L'amour ou la guerre

«Faites l’amour, pas la guerre!»

Ça vous rappelle quelque chose? Forcément: ce slogan percutant a eu ses heures de gloire. Lancé par on ne sait trop qui aux Etats-Unis, il a vite séduit les foules, au point de devenir l’étendard d’une génération.

Si j’en crois Wikipédia, la phrase a été imprimée la toute première fois sur des badges distribués par milliers lors d’une marche pour la Fête des mères. C’était en 1965. Autant dire hier.

Un temps où les réseaux sociaux n’existaient pas. Le slogan pacifiste s’est pourtant rapidement propagé dans le monde et s’est décliné sur tous les supports possibles et imaginables. Sans que les conflits cessent pour autant…

Faites l’amour, pas la guerre, donc. Une Genevoise s’est mis en tête, ces jours, de porter à nouveau la bague qui représentait ce slogan et qui devait alors faire fureur.

Elle en avait une à l’époque, achetée pour trois fois rien. Mais elle l’a un jour perdue. A défaut de retrouver la sienne, elle cherche la même. La dame a donc arpenté le marché aux puces, les brocantes et vide-greniers de la région. Mis des annonces. Sans résultat.

Quand je lui demande pourquoi s’obstiner ainsi à vouloir cette parure, elle me dit que c’est par nostalgie d’un temps où tout semblait encore possible. Et parce que la guerre reste profondément sale et moche.

Vous me voyez venir. Si cet anneau roupille dans votre bric-à-brac, tirez-le de son sommeil. Pour me l’envoyer. Et je transmettrai.

Faites l’amour, pas la guerre. Ou faites les deux, ont ironisé certains: mariez-vous! D’où la bague, peut-être.

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03/09/2015

Sur la pointe des pieds

Il arrive tout en douceur, sur la pointe des pieds. Le petit matin se fait désormais plus frisquet. Quelques bancs de brouillard flottent çà et là dans les campagnes. Les nuages bas enveloppent le Salève et forment un couvercle qui se dissipera bientôt en journée, quand le soleil reprendra ses droits.

Et puis les cormorans fendent le ciel, en signe de victoire. Des feuilles, mortes avant l’heure, tapissent les herbes jaunies. L’eau du lac semble moins tiède sous les orteils. La plage se vide…

«Coquillages et crustacés», chantait en son temps une blonde nostalgique pour déplorer la perte de l’été. Nous n’en sommes pas à ce stade mais juste en équilibre instable, tiraillés entre deux saisons. Paraît que nous sommes entrés dans l’automne météorologique.

Alors on se raccroche pour jouer les prolongations estivales. On résiste. On fait comme si la belle saison n’allait plus finir, comme si le temps allait s’arrêter sur la case "beau et chaud" jusqu’à perpète, parce que ça fleure bon les vacances, les terrasses et la jeunesse.

Alors on plonge encore dans le Rhône, on sort les canoës gonflables pour jouer à descendre l’Amazone jusqu’au Lignon et on fait la fête. Avec des grillades qui chatouillent l’odorat.

Mais déjà certaines coquettes ont passé une jaquette sur leurs épaules dorées au soleil. Les peaux tatouées se remettent tranquillement à l’abri des regards sous des pans de tissu. Les pieds nus ne se glissent plus dans les sandales, ils s’enfilent dans des chaussures. Ouvertes, mais tout de même. Ce n’est plus tout à fait pareil.

Et pourtant, il fait encore si chaud au soleil de midi…

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