31/10/2015

Zombies et friandises

«Envie de sang, de cris et de zombies?» questionne la pub. Euh, pas spécialement, à dire vrai.

Je dois être vieux jeu. La «Z walk», autrement dit la marche des zombies, a beau m’interpeller de si aimable façon, c’est non merci! Même si la virée de ce samedi soir est ouverte à tous, petits et grands, morts ou vivants.

Voilà qui ratisse large et promet de belles frayeurs aux passants… Sachez alors que les zombies partent à la nuit tombée du Chat Noir et vont marcher sur la ville. Âmes sensibles s’abstenir… Les déguisés, eux, vont bien se marrer.

Nous voici donc en plein Halloween, la fête des vampires, des sorcières et des loups-garous. Le temps des courges découpées allumées dans la nuit, de l’Horror Disco, voir de la Voodoo Night.

Même si la sauce n’a pas vraiment pris sous nos latitudes, on ne peut ignorer ces étranges réjouissances. Les grands magasins réservent toujours un coin Halloween pour les plus jeunes.

C’est d’ailleurs en passant devant ces rayons jouets que Roselyne s’est retrouvée nez à nez avec une énorme tête de mort et un squelette humain grandeur nature.

Elle s’est soudain sentie mal. Triste aussi. Car ces représentations macabres lui ont fait penser aux cadavres de migrants échoués sur les plages, pas très loin de chez nous. A l’horreur. La vraie, celle que vivent actuellement des milliers de gens sur la mer et les routes.

Au lieu de dépenser des fortunes pour ces déguisements, elle invite plutôt les parents à faire un don à des œuvres caritatives. Pour cette fête de saison, leurs enfants peuvent aussi se grimer simplement avant d’aller frapper aux portes voisines pour obtenir des friandises…

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30/10/2015

Le réseau du futur

Les slogans, c’est fait pour entrer dans nos crânes et y rester gravés le plus longtemps possible. Dans le genre crampon, celui de Swisscom est pas mal du tout: l’entreprise se flatte ainsi d’être «le réseau du futur».

Côté technologie, peut-être. Côté administratif, en revanche, elle peut avoir un temps de retard. Normal, me direz-vous, le courrier part de Berne… Mais cela n’explique pas tout.

Patrick a ainsi reçu le 21 octobre, à son domicile genevois, une lettre du grand opérateur datée du 15 octobre. Une petite semaine pour faire la route, nous sommes encore dans les temps.

Là où ça devient franchement comique, c’est que la missive annonce au client une interruption de son raccordement pour le 13 octobre…

Le 13 octobre 2015, pas 2016! Swisscom prend donc la peine de prévenir son abonné d’une coupure qui est déjà intervenue, deux jours avant! C’est gentil, mais inutile. Et c’est ainsi que dans la tête des clients, le réseau du futur devient vite celui du passé!

Un qui s’emmêle aussi les pinceaux dans ses envois, c’est le service des votations et élections de Genève. Je vous avais parlé le 12 octobre dernier de cette veuve qui avait reçu le matériel de vote destiné à son époux, parti au printemps dernier. Elle avait renvoyé l’enveloppe à l’expéditeur, en collant dessus bien en vue l’étiquette «décédé».

Ben le message n’a pas passé. Ou il n’a pas été compris, c’est selon. Le fait est que ça continue: on demande aujourd’hui à son défunt mari de voter de l’au-delà pour le Conseil des Etats. Où va-t-on chercher les voix… C’est vraiment n’importe quoi.

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29/10/2015

Présumée coupable

La dame aux cheveux blancs n’est pas du genre à resquiller. Elle payerait plutôt deux fois qu’une pour être en règle dans les transports publics.

Lundi, Christiane prend donc son ticket au distributeur de Chêne-Bougeries à 7 h 59 précises. C’est écrit dessus. Elle croit glisser ce bout de papier dans sa poche puis empoigne ses cannes pour se hisser dans le tram qui arrive.

Plus loin, elle change de véhicule. Contrôle des billets. Notre passagère fouille dans sa poche pour en sortir le précieux sésame. Mais il n’y est plus! Après avoir regardé un peu partout où elle aurait pu le ranger, force est d’admettre qu’elle voyage sans titre de transport… La contrôleuse la verbalise.

La plaisanterie lui coûte cent francs! Une somme que la retraitée est invitée à régler au plus vite avec sa carte Maestro, ce qu’elle fait, la boule au ventre.

Sur le chemin de retour, elle s’arrête à l’arrêt Chêne-Bougeries et scrute le sol à la recherche du ticket qui a forcément dû tomber là. Rien. Têtue, elle se met à inspecter la poubelle. Et là, par chance, elle reconnaît son billet parmi d’autres détritus: 7 h 59, le 26 octobre. Bingo!

Toute excitée par sa trouvaille, elle appelle les TPG pour leur dire qu’elle a retrouvé son titre de transport, espérant ainsi récupérer le montant de son amende. Car cent francs, quand on touche l’AVS, c’est une grosse somme!

«On n’entre pas en matière. Ce billet ne prouve rien» dit-on. «N’importe qui aurait pu vous le donner.» Tu parles!

Comment prouver sa bonne foi? C’est mission impossible: Christiane est présumée coupable. Et ça la rend malade. Les TPG pourraient faire un geste pour la réconforter. Ce serait bien vu.

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28/10/2015

Arrêt sur image

autom.JPGÔ feuille, suspends ton vol et fais un petit effort. Accroche-toi, bon sang!

Reste un peu plus longtemps au sommet de ta gloire, agrippée là-haut à ta branche, resplendissant de jaune, de pourpre, d’orange ou d’ocre.

Car tes couleurs flamboyantes nous filent la patate. Elles illuminent nos journées et nous font oublier qu’on file droit dans le froid. Là où la vie se décline en noir et blanc. Avec quelques touches de gris. Youpi…

Alors fais de la résistance, la feuille, et nous, profitons de cette explosion de teintes chaudes et fauves pour nous en mettre plein les yeux, le moral aussi.

J’aimerais bien faire un arrêt sur image. Appuyer sur la touche pause, histoire de faire durer le plaisir et de retenir le temps. Les érables, les tulipiers, les bouleaux ou les ginkgos garderaient ainsi leur parure de rêve aussi longtemps que souhaité.

Mais on n’est pas au cinéma et la nature fait son boulot: le feuillage meurt de soif à petit feu et le vent ne peut retenir son souffle plus longtemps. D’ici à la fin de la semaine, beaucoup de feuilles auront décroché et fini leur course à terre.

Dans les bois, déjà, les sentiers sont tapis d’une épaisse couche de feuilles mortes que les promeneurs brassent des pieds pour les entendre bruisser.

Dans les parcs, elles n’ont pas même le temps de sécher. Elles tombent et décorent de taches rouges et or le vert gazon. Puis les souffleuses entrent dans la ronde.

Elles font tourbillonner les belles dans un dernier ballet aérien, avant de les pousser au rebut, dans un gros tas protégé par des barrières. Ô feuille, suspends ton vol…

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27/10/2015

L'aide alimentaire

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur Partage et les Colis du Cœur, vous le saurez en allant ce mercredi à l’inauguration publique de leurs nouveaux locaux carougeois.

Ces deux associations, actives dans l’aide alimentaire aux plus démunis, viennent d’emménager dans le même bâtiment, rue Blavignac, pour des questions d’ordre pratique (voir p. 21).

La population est donc invitée à voir comment elles fonctionnent pour répondre aux besoins des plus fragiles d’entre nous. Et il faut saisir cette occasion unique pour réaliser le boulot impressionnant qu’elles font!

Pour rappel, Partage collecte les invendus, les surplus alimentaires et les produits d’hygiène auprès des entreprises et commerces genevois, puis les distribue gratuitement aux associations soutenant les gens en difficulté.

Quant aux Colis du Cœur, ils offrent une fois par semaine aux personnes vivant en dessous des normes d’assistance des denrées qui leur permettent de faire des repas chez elles.

La journée d’inauguration débute à 7 h 30 par un casse-croûte offert aux lève-tôt et se poursuit, jusqu’à 17 h, avec des visites guidées des locaux. On pourra y voir le stockage des denrées, les frigos, le coin cuisine, l’espace de réparation des triporteurs de Partage ou la salle d’attente aménagée pour les bénéficiaires des Colis du Cœur.

Et après un débat sur la lutte contre le gâchis alimentaire, tout le monde se retrouvera autour d’une soupe étoilée et d’un buffet campagnard. J’y cours!

Mercredi 28 octobre, de 7 h 30 à 22 h, Rue Blavignac 16. www.partage.ch; www.colisducoeur.org

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26/10/2015

Absence temporaire

Il y a des jours, comme ça, où l’on se demande si ça vaut vraiment la peine de se lever.

C’est aujourd’hui qu’ils lui coupent le sifflet. Qu’ils ferment le robinet. Qu’ils le mettent d’office au repos forcé. A la diète.

Résultat de ce régime sévère: il va disparaître du paysage! Il ne se dressera plus avec panache dans la rade pendant presque trois semaines.

Trois semaines sans Jet d’eau, je défaille! Et je ne suis pas la seule à être ébranlée par cette perspective.

Chaque fois que l’emblème de Genève fait défaut, il y a toujours quelqu’un, dans la République ou même hors frontière cantonale, qui s’en inquiète et demande des explications.

Il est passé où, mon Jet d’eau?

Pour tenter de limiter les appels qui vont bientôt carillonner à leurs oreilles, les Services industriels de Genève ont fait de la pub pour annoncer l’arrêt temporaire de leur protégé. Les SIG sont en effet propriétaires de cette immense sculpture aquatique et mouvante. Et ils la bichonnent!

Dès aujourd’hui et jusqu’au 12 novembre, une équipe spécialisée dans l’entretien mécanique du réseau d’eau va ausculter le cœur du dispositif. Ces professionnels vont passer en revue l’électricité, les pompes et le moteur de la fontaine géante. Et veiller à ce que l’eau puisse continuer à jaillir de là pour s’en aller tournoyer dans les airs 140 mètres plus haut.

Si la révision annuelle se passe bien, le Jet d’eau devrait être remis en service le 13 novembre. Un vendredi 13! Ils font exprès, ou quoi? Je croise les doigts…

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24/10/2015

Une heure de plus...

Chaque année c’est le même cirque, lors du dernier dimanche d’octobre.

On passe à l’heure d’hiver. Ah! On fait déjà quoi, dans ce cas… On avance ou on recule la montre?

Les accros aux bidules électroniques n’ont bien sûr pas ce type de préoccupation. L’heure venue du froid s’affiche direct sur leurs appareils, ils n’ont plus qu’à se caler sur elle. Aucun mérite.

Pour les autres, c’est une autre paire de manches. A l’attention de ceux qui s’emmêlent trop souvent les pinceaux dans les rouages du temps, j’ai trouvé sur la Toile ce petit truc mnémotechnique qui devrait les aider à passer le cap: en octobre, on recule d’une heure; en avril, on avance d’une heure. Fastoche, je vais m’en souvenir. Il était temps!

A trois heures du mat, nous dit donc l’Institut fédéral de métrologie, nous devrons ramener les aiguilles de la tocante sur deux heures.

A vos ordres. Sauf qu’au beau milieu de la nuit, on dort ou on fait la nouba. A moins qu’on ne refasse le monde. Les aiguilles peuvent toujours attendre…

Les plus futés auront fait ce qu’il fallait avant de se coucher, pour rester le plus longtemps possible dans les bras de Morphée. Ou autre.

Les moins prévoyants réaliseront le décalage le lendemain, à un moment ou à un autre de la journée. Tiens, on a gagné une heure. Soixante minutes en bonus ce dimanche, que du bonheur! Mais la prolongation a tout du cadeau empoisonné pour ceux qui trouvent déjà le temps long…

A quoi utiliser cette heure en plus? A rattraper le temps perdu ou à le perdre complètement? J’hésite encore. Car le passage à l’heure d’hiver, c’est aussi et surtout la nuit qui tombe plus vite!

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23/10/2015

L'ONU nous invite

Ceci n’est pas un scoop, mais une bonne nouvelle: samedi, le Palais des Nations ouvre ses portes à la population d’ici et d’ailleurs. En quel honneur? Pour fêter un anniversaire. Plus on est de monde pour souffler les 70 bougies des Nations Unies, mieux c’est.

L’invitation ne se refuse pas. Dame! Il est si rare d’être autorisé à déambuler dans les jardins ou les couloirs du Palais et d’y rencontrer ceux qui font la Genève internationale.

Bon, faut pas rêver. Pour participer à ces réjouissances, on devra montrer patte blanche. Ne pas oublier de prendre avec soi une pièce d’identité valable si l’on veut passer le contrôle de sécurité à l’entrée, comme à l’aéroport. Après, c’est tout cadeau!

Le Palais des Nations a mis les petits plats dans les grands pour accueillir ses hôtes d’un jour. Nous pourrons suivre les visites guidées du Palais et de la Bibliothèque, tester la cafétéria ou le bar de la maison et découvrir 80 stands présentés par les Missions permanentes et autres partenaires de l’ONU.

Mais ce n’est pas tout. Il y aura un peu partout des concerts, des expositions, des films et des spectacles. Des activités sont aussi prévues pour les enfants. Ceux qui ont raté le bus "Genève à la rencontre des Suisses" pourront se rattraper, il sera là.

Paraît même qu’un petit train circulera dans le parc toute la journée pour reposer nos gambettes, ce qui est bien vu. Pour se rendre au Palais des Nations, une navette gratuite des TPG sera mise en place entre la gare Cornavin jusqu’à la place des Nations. Vous hésitez encore?

Samedi 24 octobre, de 10 h à 17 h.

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22/10/2015

Le cube rose bonbon

cube.JPGAprès le Point Rouge hier, le cube rose aujourd’hui. Comme c’est parti, je vais peut-être passer au triangle vert demain…

«Avez-vous vu ce minicube rose sur la place Charles-Sturm?» me demande Maurice, très intrigué par cet objet non identifié.

Non, j’ai pas vu. Je fais donc un saut là-haut sur la colline. Alors c’est quoi? Mais c’est la Flux Box, pardi!

D’ailleurs, c’est écrit dessus. Mais cela ne dit pas forcément grand-chose au promeneur non averti. Pour faire simple, ce gros bonbon carré est un «incubateur de créativité au service des entreprises et de la société». Bien.

La porte de l’incubateur étant entrouverte, je me glisse à l’intérieur. Quelques tabourets roses, un écran, des fils électriques et un slogan au mur. Plus de nombreuses traces de passage. La nuit, on doit y voir la vie en rose…

Pour en savoir plus sur la créativité, faudra repasser. Quand? Rien n’est indiqué sur place. Le site Web de la Flux Box est plus bavard. Il dit que chaque mercredi et jeudi après-midi, le cube s’anime pour permettre aux habitants du quartier et aux curieux de s’immerger dans la danse, grâce à des vidéos d’archives et à des performances.

Et pourquoi cet art en particulier? Parce que la place Charles-Sturm abritera un jour le Pavillon de la Danse!

Si Maurice veut en savoir plus, qu’il vienne admirer les élèves de la section danse du Centre de formation professionnelle Arts Appliqués, le jeudi 29 octobre à 16 h. Ce sera du plus bel effet.

Après, il sera trop tard. Le cube rose quittera l’esplanade à la fin du mois sur la pointe des pieds.

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21/10/2015

Au Point Rouge

La librairie Point Rouge est en sursis. C’est une bien triste nouvelle pour les habitants de la rue des Bains et tous les amateurs de bouquins.

Car dans cette boutique de Caritas, les ouvrages d’occasion ont trouvé depuis cinq ans un formidable écrin et une nouvelle vie grâce à Christian. Un moustachu affable qui a tout fait dans sa vie avant de gérer ce lieu comme un grand amoureux des livres.

C’est vite vu, on trouve de tout ici, à des prix plus qu’amis. L’arcade et ses deux pièces à l’arrière regorgent de romans, d’atlas, de livres de poche, d’albums pour enfant ou de polars. Plus tout le reste, classé avec soin et logique.

C’est un fidèle usager des lieux qui m’a mis au parfum: vous imaginez? Caritas veut fermer le Point Rouge à la fin de l’année. Pas possible! C’est trop injuste, incompréhensible, regrettable. Quel dommage pour la vie de quartier. Et quelle perte…

Vrai, mais pas tout à fait. La libraire devait certes fermer fin 2015 pour être transférée au sous-sol de la rue de Carouge, dans l’actuel Bric-à-brac de Caritas. Dans une cave, donc.

Mais une prolongation vient d’être accordée jusqu’à fin mai. Une date qui correspond au départ à la retraite de Christian. Et après? Mystère.

Avant de prendre leur décision définitive, les responsables de l’association caritative devraient peut-être lire les commentaires qui s’accumulent dans le livre d’or du Point Rouge, ou les commentaires laissés sur Facebook.

Ils réaliseraient alors la place que cette librairie s’est taillée dans le cœur des clients et le lien social qu’elle crée au quotidien. Ce sont des valeurs qui n’ont pas de prix.

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20/10/2015

La cycliste dépannée

L’alerte octogénaire se déplace depuis toujours à vélo. Pour aller faire ses courses en toute sécurité, loin de la circulation, elle emprunte souvent le raccourci qui relie le chemin de la Montagne à l’avenue de Bel-Air.

Jeudi dernier, elle s’engage comme d’habitude sur le chemin, sans trop regarder le panneau qui s’y trouve. Ou alors elle le voit sans le comprendre et part «à l’étourdie».

La cycliste descend la pente, met pied à terre pour passer la chicane et se retrouve soudain prise au piège. Car le passage est barré et le chantier grand ouvert. Le Ceva! Oh là là…

Des ouvriers voient alors la mine déconfite de l’aînée qui s’apprête à rebrousser chemin, si près du but. «Restez là, on va vous donner un coup de main.» Sympas, les gars!

Pour contourner l’obstacle, il faut escalader un tertre et le redescendre, ce qui n’est pas gagné d’avance. Et hop, un homme s’empare du vélo de course de Madame pour le passer de l’autre côté tandis que les autres se relaient le long de la pente pour la prendre par le bras et la conduire à bon port.

Cette arrière-grand-mère en est fort aise: tous ces messieurs qui se plient en quatre pour elle, c’est inespéré!

A l’arrivée, un des ouvriers lui fait remarquer que son casque cycliste ne tient pas bien sur sa tête. Allez, il lui remet vite la visière en place avant de lui souhaiter bonne route. La cycliste en a pédalé d’allégresse en pensant à la gentillesse des travailleurs du CEVA.

Elle se demandait d’ailleurs si elle ne voulait pas retenter l’expérience, au retour. C’est si bon de se faire ainsi chouchouter!

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19/10/2015

Le temps des patates

C’est le temps béni des patates, des vacances pour les uns et du turbin pour les autres. Genève respire un peu mieux, on ne va pas s’en plaindre.

Profitons donc pleinement de cette ville enfin libérée du trop-plein de trafic et de bruit: ça la rend aimable!

Allons nous balader dans les parcs pour admirer les arbres flamboyants ou musardons au bord du lac. Des flopées de touristes viennent de loin pour s’y promener, ce n’est pas pour rien!

Et allons aussi, pour une fois, nous faire du bien dans un lieu associé à la tristesse ou à la mélancolie. Je pense au centre funéraire de Saint-Georges. Là où l’on prend trop souvent congé des êtres chers.

Le service des pompes funèbres de la Ville de Genève récidive. Après avoir programmé au printemps dernier un récital de chants orthodoxes qui a séduit un large public, il propose ce lundi soir un autre concert atypique.

La chanteuse genevoise Noga et l’ensemble MUQARNAS se produiront ainsi dans la chapelle pour un concert éclairé à la bougie. On y entendra des chants venus d’ailleurs, que ce soit dans l’espace et le temps. Entrée libre, chapeau à la sortie. (Concert à 20 h 15, Centre funéraire de Saint-Georges, 13, chemin de la Bâtie.)

Dans un registre plus bidonnant, la Revue vous attend ces soirs à bras ouvert au Casino-théâtre. Et si j’en parle ici c’est pour vous dire, ou vous rappeler, que mon Jules y fait caisse vestiaire, en espérant collecter quelques thunes pour la bonne cause.

N’hésitez surtout pas à lui remplir la panse avant ou après le spectacle. Paraît qu’il a la dalle!

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17/10/2015

Un monde impitoyable

«Beaucoup sont appelés, mais si peu sont élus…» La parabole du festin des noces peut sembler déplacée en cette période électorale, mais franchement. Quand on prend le temps de regarder les affiches placardées dans les rues, elle s'impose.

Je me suis glissé l’autre jour entre les panneaux électoraux disposés devant la Poste du Mont-Blanc, histoire de les regarder une dernière fois droit dans les yeux.

Eh bien, c’est assez étrange: pour les besoins de la cause, les candidats aux Chambres fédérales semblent habités par leur mission. Ils sont en marche, poussés par on ne sait trop quoi.

Tous y croient. Tous espèrent. Tous s’en donnent les moyens, avec plus ou moins de bonheur. Leur silhouette se découpe sur un ciel souvent bleu et serein, plein de promesses. Pas de nuages à l’horizon. Ou si peu.

Quel que soit leur bord, ces aspirants parlementaires se montrent sous leur meilleur jour: ils ont la mine avenante, les yeux pétillants, le sourire aux lèvres et le teint frais. La politique leur va si bien. Mais pour combien de temps encore?

Au moins jusqu’à dimanche soir! Pendant les quelques heures à venir, les bobines des candidats vont continuer à s’épanouir sur les supports les plus divers, du papillon au format géant. Pas étonnant d’ailleurs que ça leur monte un peu à la tête, ces élections.

Puis viendra l’heure de la soupe à la grimace pour au moins 170 d’entre eux. Avec la perspective de croiser dès lundi dans la rue leur visage souriant, alors qu’ils ont la gueule de bois.

La politique, un monde impitoyable. Il y a si peu d’élus…

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16/10/2015

La mise en veilleuse

On plie tout, et à l’année prochaine!

Les jardiniers des espaces verts genevois attaquent ces jours leur grand nettoyage d’automne. Ils mettent à l’abri les végétaux délicats et font tout propre en ordre avant l’arrivée des premiers frimas. Tout ça sous la pluie…

Le couloir végétal du pont des Bergues n’est donc plus. Les plantes grimpantes ont été détachées de leurs tuteurs puis déterrées. Les bidons qui les contenaient se sont fait la malle.

Si j’ai bien suivi l’affaire, c’est un peu à cause d’eux que la végétation n’a pas été aussi luxuriante que prévu cette année. La canicule a mis le feu aux bidons, les racines ont trinqué, les plantes n’ont pas aimé. Normal qu’elles n’aient pas été follement exubérantes le long des arceaux.

Dépouillé de ses vagues vertes, le pont des Bergues semble désormais bien nu. Un poil triste. Et tandis que les jardiniers s’affairent à ranger tout leur matériel, les bains suisses voisins, désespérément vides, ont triste mine.

Toute trace des beaux jours s’efface. Les terrasses des bistrots ferment les unes après les autres, les carrousels se démontent, les chaises de jardin se rangent à la cave. C’est comme si tout se mettait en veilleuse. Fini la rigolade, place à l’hiver.

Mais à Perly, tout n’est pas encore prêt pour ces réjouissances. Car le petit sapin qui avait été planté l’an dernier pour remplacer le célèbre Sapinou, fauché dans la fleur de l’âge, n’a pas survécu à la canicule.

Alors si on pouvait lui retrouver un remplaçant pour que les elfes et les lutins viennent à nouveau le décorer pour Noël, ce serait rudement bien!

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15/10/2015

Du sapin au cyprès

Auprès de mon arbre je vivais heureux, chantait Brassens en son temps.

Heureux, mais pas très vieux…

Aujourd’hui, on se sert des arbres pour évoquer la pyramide des âges en Suisse. C’est moins chantant, mais très parlant! J’ai ainsi découvert, dans la revue "Info Alzheimer" ces infos qui m’ont fait tilt sur ce qui nous attend…

Au beau milieu du siècle dernier, la représentation de la structure notre population avait la forme d’un sapin. Une large base composée de jeunes et une pointe de vieux relativement fine. Peu d’élus arrivaient alors à atteindre ce sommet.

En 2010, le sapin cède la place à un hêtre. Vous connaissez ce feuillu? Il est du genre dodu, avec des rondeurs réparties plus en hauteur. La part des personnes âgées gagne tranquillement les étages supérieurs. C’est beau et équilibré, un hêtre.

En 2050, si l’on en croit les démographes, nous passerons au cyprès. L’arbre qui symbolise la vie éternelle et qui pousse si bien dans les cimetières.

Et pourquoi le cyprès? Parce que sa colonne verte montre que le nombre de personnes entre 25 et 75 ans sera à peu près le même partout. Quant à sa longue pointe qui oscille au vent, elle exprime la part des plus âgés.

C’est aussi la partie la plus vulnérable du conifère. Celle qui trinque en cas de méchant temps, qui se plie et se rend. Il n’y a hélas rien de nouveau sous le soleil: plus on additionne les ans et plus l’on risque d’être atteint d’une forme de démence. Ce ne sont pas vraiment des lendemains qui chantent.

A moins de tenter la variante «auprès de mon cyprès je vivrai heureux!»

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14/10/2015

Un temps d'avance

Les rôles sont bien répartis dans ce canton: le marronnier officiel de la Treille annonce le printemps et les grands magasins se chargent de signaler l’arrivée de Noël.

On taxe volontiers de fou le marronnier qui a un peu trop d’avance sur le calendrier. Que dire alors des commerces qui déballent les boules bien avant les patates? Ils sont décalés ou déréglés?

Parce que ce n’est hélas pas une blague: tout le matériel pour garnir son sapin et décorer son intérieur douillet est en place dans les rayons. Ça brille de mille feux. Et ça me met en boule.

Car il semble qu’ils sont toujours plus pressés d’installer l’hiver au cœur de la ville. Qu’ils font la course, d’année en année, pour savoir qui dégainera le premier sa guirlande de Noël.

Mais au secours, nous ne sommes pas du tout mûrs pour vivre ce temps-là!

Toute la nature respire l’automne. Les feuilles n’ont pas eu le temps de toutes jaunir avant d’aller tapisser les sols. Quelques raisins font de la résistance dans les vignes; les vergers croulent sous les pommes et les poires. L’eau du lac est bien tempérée.

Et même si les Mouettes viennent de passer à l’horaire d’hiver, nous sommes encore loin des flocons et des frimas, n’est-ce pas?

Mais ils insistent lourdement, ceux qui ont tant d’avance sur le gâteau. On me glisse à l’oreille que le hameau du Père Noël ouvre aussi ses portes ce samedi, au Col du Mont Sion. Et que le super-cordonnier de la rue des Bains a déjà un calendrier pour ses clients avec un Père Noël souhaitant "Joyeuses Fêtes".

Et dire que nous ne sommes pas encore à mi-octobre!

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13/10/2015

Poussette trop large

Depuis qu’elle a donné naissance à ses jumeaux, elle ne touche plus vraiment terre. Côté pratique, tout se complique.

Les courses, par exemple. Pas simple déjà de les faire avec un bambin. Mais avec deux, c’est vite galère.

A la Coop de son quartier, à Onex, Karen remplit ainsi de grands cabas qu’elle porte sur l’épaule pendant que ses petits sont assis côte à côte dans la poussette qu’elle dirige d’une main. Ou d’une hanche? Elle n’a parfois pas assez de mains pour tout faire à la fois.

Si la poussette est confortable pour ses enfants, elle lui pose un problème de taille: l’engin est trop large pour passer entre les caisses normales. Pour régler ses achats, elle va donc là où le couloir est plus spacieux: la caisse réservée aux clients qui ont dix articles et à ceux qui sont en chaise roulante.

Elle n’est ni l’un ni l’autre, mais ne peut aller nulle part ailleurs. Et alors? Alors c’est chaque fois le même refrain: on lui dit qu’elle n’a rien à faire là.

Chaque fois, elle doit se justifier. A la fin, c’est usant! Elle a bien testé d’autres succursales. A Carouge, on l’a envoyée scanner ses achats seule. Seule, mais avec ses bébés et ses cabas sur les bras!

Vendredi, devant la caisse spéciale qui lui était à nouveau refusée, elle a fondu en larmes, de guerre lasse. «Allez faire vos achats en France» lui a glissé une dame, en guise de consolation.

Karen ne devrait pas aller si loin de chez elle. La direction de la Coop me précise que la cliente «peut bien sûr payer ses achats à la caisse pour personnes handicapées». Suffisait de le dire! «Nous sensibiliserons nos collaborateurs…» m’assure-t-on en haut lieu bâlois. Pourvu que le message passe!

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12/10/2015

Le vote de l'au-delà

Nous sommes dans la dernière ligne droite, celle d’avant les élections fédérales. Ça vous rappelle quelque chose?

Les partis tiennent des stands dans les rues pour se rapprocher du bon peuple; les bobines des candidats se baladent à longueur de journée sur les bus de la République; les débats sont organisés un peu partout pour rappeler les enjeux du scrutin. Et malgré tout, les électeurs sont mous à la détente.

Les citoyens qui ont le droit de vote l’exercent trop peu et ceux qui aimeraient se prononcer ne peuvent pas le faire. Ou plus. A moins que?…

Une dame que je connais bien a reçu deux enveloppes contenant le matériel de vote pour les élections du 18 octobre. Une pour elle, l’autre pour son époux. Oui mais voilà. Son compagnon de vie depuis 60 ans est décédé à la fin de ce printemps.

La veuve est choquée. Car rien ne lui a été épargné, côté paperasse, pour faire savoir à qui de droit que son mari n’était plus de ce monde. Et voilà qu’un courrier officiel invite l’ancien militant à prendre part aux élections fédérales. Extraordinaire, non? Donner sa voix de l’au-delà…

Elle pourrait voter pour son homme: elle sait depuis toujours de quel côté son cœur balance. Mais ça lui file le bourdon. Comme si elle en a besoin! Faudrait peut-être rappeler à ceux qui contrôlent les votes par correspondance dans les EMS de ne pas envoyer de bulletin de vote aux morts.

A la poste, la veuve a finalement collé l’étiquette «décédé» sur l’enveloppe et l’a renvoyée à l’expéditeur. Pour qu’il sache. Ça fera donc une voix de moins aux prochaines élections fédérales. Dommage!

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10/10/2015

L'espoir en marche

Le monde va mal, la terre se déglingue, des êtres humains en souffrent, mais tant qu’il y a de l’espoir, c’est que tout n’est pas définitivement foutu!

Des milliers de personnes, enfants, ados et adultes vont ainsi se mettre en marche ce dimanche pour venir en aide à des jeunes vivant au loin dans des conditions intolérables.

Plus ils marcheront et plus grande sera la recette versée à la bonne cause. Tel est le principe de la Marche de l’Espoir, 24e du genre, organisée par l’association Terre des hommes.

Depuis le début de la semaine, les quais de la rive droite se préparent à accueillir ce grand rassemblement festif et solidaire. Des tentes poussent comme des champignons sur la boucle de 6 kilomètres qui part de la Rotonde du Mont-Blanc, passe par le Jardin Botanique et revient sur les quais.

Il y aura donc la foule des grands jours sur les bords du lac et une ambiance du tonnerre, avec tous ces gosses motivés à avaler des kilomètres sous les vivats des spectateurs.

Une nouveauté cette année: pour attirer les 15-25 ans à la Marche de l’Espoir, un Geneva Hope Challenge leur sera proposé avec du «cross + training» (ne me demandez pas ce que c’est au juste) et de la zumba aux Bains des Pâquis voisins. Ça va chauffer!

Et pour redonner espoir aux malades de l’Hôpital cantonal et à leurs proches, signalons que l’Ensemble instrumental romand, placé sous la direction d’Eric Bauer, se produira ce dimanche à la salle Opéra. Le concert sera donné à 15 h et les musiciens joueront des œuvres de Bartók, Ligeti et Mozart. Entrée libre, bonheur assuré. Que demander de plus!

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09/10/2015

La chute interdite

Nous sommes un vendredi après-midi dans le passage sous-voies de la gare Cornavin. Un bien sombre goulet où transitent et se croisent, dans le désordre le plus complet, humains et engins.

Surgi d’on ne sait trop où, un jeune homme à vélo fend l’air à toute allure. Il ne voit pas la piétonne d’une cinquantaine d’années qui suit son chemin sans se douter de rien.

Et paf, c’est la collision!

La dame tombe lourdement la tête la première sur le bitume. Ça fait mal rien de voir la chute.

Jusque-là, c’est un fait divers comme il en existe hélas trop souvent en ville.

Ce qui le transforme en fait étrange, pour le témoin qui me rapporte la scène, c’est l’attitude de la victime. A peine relevée, elle fuit les lieux en chancelant, sans demander réparation.

Le cycliste, de son côté, se fait du souci pour celle qu’il vient bêtement de renverser. Il pose son vélo contre un pilier et court la rattraper. Mais la dame venue d’ailleurs accélère le pas quand il arrive à sa hauteur, pour éviter de lui parler. Il insiste. Pour s’en défaire, elle doit sans doute lui dire qu’elle n’a rien. Que tout va bien.

Tu parles, après un choc pareil!

Mais voilà. Cette femme blessée transpire la peur, la précarité. Elle ne veut surtout pas se faire remarquer. Pas en ces lieux, près de la police. Ses papiers ne doivent pas être en ordre.

Alors elle se tait, encaisse et serre les dents. Malgré son traumatisme crânien, elle n’ira pas faire de contrôle médical, elle ne se plaindra pas. Elle fait profil bas, la tête lourde et endolorie.

Et ça fait mal pour elle.

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