03/11/2015

Guéguerre routière

Les cyclistes en ville ont hélas mauvaise réputation.

Ils sont volontiers taxés de cycloterroristes, de frappadingues à deux roues ou de dangers publics, pour rester polis. Ils seraient l’incivilité même, à en croire certains de nos concitoyens.

Quelques mordus de la petite reine ont certes tout faux dans leur comportement, mais faut pas pousser!

Dans la circulation routière, les cyclistes restent les plus vulnérables: ils risquent leur peau à vélo, coincés entre motos et autos. Alors ils la protègent.

En se mettant à l’abri, ils dérangent les piétons. Lesquels sentent désormais le danger venir de partout. Ils doivent se méfier des deux et des quatre roues. Avec ou sans moteur. Bientôt, ils surveilleront le ciel pour qu’il ne leur tombe pas dessus un drone ou un autre bidule télécommandé.

Et que dire des automobilistes? Lundi dernier, dans la rubrique des faits divers, trois accidents sur quatre voyaient des conducteurs de voiture prendre la fuite après avoir renversé un piéton, deux cyclistes et une scootériste. Sont-ils pour autant taxés d’autoterroristes?

Dans la jungle du trafic genevois, on monte volontiers les catégories d’usagers de la route les unes contre les autres à grands coups de slogans réducteurs. C’est la guéguerre des transports.

Mais on oublie un peu vite qu’au cours d’une semaine, on peut être à tour de rôle piéton, automobiliste, cycliste et scootériste. Il faudrait donc cesser d’être pareillement amnésique en prenant la route. Et ne pas perdre de vue qu’on n’est pas seul au monde…

07:00 | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook |  Imprimer | | |

Commentaires

Tiens, voilà qui me rappelle une de mes premières interventions sur mon site de candidat au CE. http://www.pierrejenni.ch/blog/41-la-tyrannie-du-pieton

En ma qualité de chauffeur de taxi, je suis soulagé d'observer que les cyclistes grillent les feux. Ils libèrent la voirie et gardent leur stabilité.
C'est un peu facile des fustiger leurs comportements sans relever les avantages des risques qu'ils assument.
A Bâle, une expérience pilote leur permet de passer au rouge pour le tourner à droite. C'est un bon début.

Écrit par : PIerre Jenni | 03/11/2015

Vous mettez le doigt là où ça fait mal : La stigmatisation des cyclistes procède bel et bien d'une politique du bouc émissaire qui permet à nos autorités de détourner les citoyens des vrais problèmes à résoudre.

Un peu comme cette histoire de l'Usine ...

Les vrais problèmes à Genève sont :
- Le logement : impossible de trouver à se loger à prix raisonnable
- L'emploi : Si vous perdez votre emploi, vous en retrouverez un très difficilement ... et avec un salaire inférieur.
- La mobilité : Genève étouffe de son trafic automobile ...

Écrit par : El Captain | 03/11/2015

Comme j'aime cette approche ! Merci pour les cyclistes. Oui, étant cycliste, j'ai tendance à culpabiliser par mes "non respect" des codes de la route, mais c'est toujours dans deux buts : un dégager la route pour laisser libre circulation aux automobilistes qui sont plus rapides et deux pour moins attendre, essayer de se faire discret. Oui, il y a tjrs de plus en plus de cyclistes mais n'est-ce pas aussi la politique voulue ?

Écrit par : Sima | 09/11/2015

Les commentaires sont fermés.