05/11/2015

Livraison différée

«Mon grand-père paternel est entré jeune à la Poste. Pour lui, c’était non seulement un métier qui l’intéressait, mais une véritable vocation, par amour du service public. Il a voué sa vie à la poste. Aujourd’hui, il doit se retourner dans sa tombe.»

La direction du géant jaune ne doit pas adorer recevoir pareil courrier courroucé. Surtout quand la signataire est femme de lettres…

Celle-ci est donc en pétard. Pourquoi diable la poste a-t-elle, un beau jour, décidé de ne plus livrer les colis ou les recommandés dans les immeubles qui n’ont pas de sonnettes extérieures?

Ce n’est tout de même pas de sa faute si la régie n’en a pas installé. Pourtant, c’est elle qui trinque! Enfin, elle et tous les locataires dans son cas.

Lundi dernier, Huguette se trouvait chez elle en fin de matinée lors du passage du facteur. Faute de temps, il n’a donc pas sonné deux fois. Ni même trois. Il s’est contenté de glisser un avis dans sa boîte aux lettres pour l’inviter à retirer son colis au bureau de poste. Ce qu’elle a fait le lendemain.

Mais voilà. La dame a plus de 70 ans et le paquet pèse lourd. Elle le cale sur l’épaule, comme le ferait un débardeur et se met en route. Elle en a pour six bonnes minutes de marche pour aller chez elle, mais fatigue assez vite.

A mi-chemin, un ouvrier la voit peiner et lui propose son aide. Il saisit le colis et l’apporte jusque chez elle. Comme aurait pu le faire le facteur, la veille, s’il avait eu la possibilité de monter dans les étages. Mais il ne l’a plus. Les temps ont changé depuis le grand-père postier d’Huguette. Le service public aussi.

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