03/12/2015

Le don impossible

Après le don d’organes, le don du sang. Vous allez penser que j’exagère, mais voilà: offrir un petit peu de soi à son prochain, sans rien attendre en retour, ça peut rendre heureux.

Mais lorsqu’un tel don est impossible, ça rend chagrin… Bien sûr, les centres de transfusion sanguine ont pour mission de protéger les receveurs et de choisir leurs donneurs selon des critères très stricts. Or, ces interdits sont souvent mal vécus. D’où ce témoignage.

Fin octobre, Rémi se pointe aux HUG pour donner son sang suite à un appel d’urgence lancé par les parents d’un enfant atteint de leucémie.

Etant homosexuel, il se fait aussitôt refouler. Gentiment. Peut-être même avec le sourire. Mais c’est un non catégorique et définitif. Il fait partie d’une population dite à risque, il lui est donc défendu d’offrir son sang. Ceci bien qu’il soit en parfaite santé.

Car Rémi fait du sport au quotidien. Il mange bio, local et équilibré. Il n’est pas porté sur la bouteille et prend soin de son corps comme de son esprit. Pour ce qui est des risques, il se fait dépister trois fois par an et ses relations sexuelles sont toutes protégées. Ce qui n’est pas le cas de tout le monde.

«Le fisc me considère comme un citoyen à part entière, je paie des impôts pour financer des infrastructures dont je ne profiterai jamais, mais le droit me considère comme trop «sale» pour donner mon sang…» relève Rémi avec dépit.

En France, il est question d’en finir avec cette discrimination dès 2016 et d’ouvrir progressivement le don du sang aux homosexuels. En Suisse aussi, on aimerait bien que ce débat ait lieu. Bon sang!

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