04/12/2015

Le temps d'un thé

Un homme prend le train en gare de Cornavin en direction de Genève aéroport. Par réflexe, ou par envie, il grimpe dans le wagon-restaurant et s’installe à table.

Evidemment, ce passager est bien le seul à vouloir commander une boisson, alors que l’on compte 14 minutes de trajet à tout casser entre les deux gares. Qu’importe, il hèle le serveur et demande un thé à la menthe.

Le temps de faire bouillir l’eau, le train doit déjà être sorti de la couverture des voies de Saint-Jean…

Pendant que l’employé s’active, l’œil du client fait le tour du propriétaire. Et il ne l’a pas dans sa poche… Ce qu’il découvre le rend vite grinche: dans ce wagon-restaurant, tout est écrit en suisse allemand.

«C’est quoi encore ce truc?» demande-t-il à l’homme qui lui sert son thé. «Ils ne peuvent pas écrire en bon allemand, ou en français?»

«Oui peut-être», répond diplomatiquement le serveur d’origine tamoule, qui doit sans doute maîtriser plusieurs idiomes pour pouvoir gagner sa vie. «Mais qu’est-ce que vous voulez, c’est la langue des patrons!»

Ça lui en bouche un coin, à notre Genevois pur sucre! Il n’a pas le temps d’argumenter que déjà son train arrive à destination.

Son thé est encore chaud brûlant, c’était à prévoir. Imperturbable, l’employé reverse le contenu de la tasse dans un gobelet que le passager peut emporter. Tschüss, donc!

Il sirotera finalement sa boisson sur le quai de la gare, en méditant sur la réflexion du polyglotte de service. Il a dit vrai, de bleu de bleu!

07:00 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook |  Imprimer | | |

Les commentaires sont fermés.