12/12/2015

La marmite en pétard

«Pas touche à ma marmite d’Escalade!»

Mais c’est quoi encore cette histoire? Oh, rien de trop grave, rassurez-vous. Juste un brave Genevois qui s’insurge contre les libertés prises par certains chocolatiers avec la mémoire vivante de nos traditions…

«Le design n’a rien à voir avec 1602, n’est-ce pas? Alors pourquoi vouloir donner à la marmite des formes épurées? Non! Elle doit reposer sur trois pieds, être dotée de jolies anses et être frappée aux armes de Genève. Autrement, tout fout le camp!»

Bien. J’ai fait la tournée des popotes pour vérifier ses dires, il était si convaincant. Mais j’ai fait chou blanc. Les marmites que j’ai reluquées avec gourmandise à travers les vitrines n’ont rien d’affolants, si ce n’est leur prix.

Toutes semblent conformes, dans leur tenue, à la tradition. Avec quelques fioritures en plus, les chaînes ou les célèbres échelles, qui font encore grimper les prix.

A ce que j’ai vu, mais je n’ai bien sûr pas tout vu, seule la maison Favarger ose faire de ce récipient mythique un chaudron. Sans pieds. Mais pas de quoi déclencher pareil courroux.

Pas touche à ma marmite, qu’il disait. Eh bien non. Touchons-la, au contraire, et plutôt deux fois qu’une.

Emparons-nous des papillotes jaune et rouge et tirons d’un bon coup sur les pétards, pour libérer les tensions. Mais évitons de le faire en plein air, dans une zone piétonne. Ça risque de passer plutôt mal, dans le climat anxiogène de cette Escalade.

Et puis fracassons de bon cœur la marmite en chocolat en clamant haut et fort «ainsi périssent les ennemis de la République!» Ils sont avertis...

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