03/02/2016

La piqûre de rappel

Un son oscillant continu qui troue l’air pendant une longue minute et qui revient, à pleins tuyaux, deux minutes plus tard. C’est aujourd’hui, à l’heure de la sieste, que 116 sirènes d’alarme vont se réveiller pour pousser leur longue plainte lugubre sur Genève.

Rien de très exceptionnel à cela, me direz-vous. L’exercice a lieu chaque année, même date, même heure, partout en Suisse. Et pour cause: c’est toujours l’Office cantonal de la protection de la population et des affaires militaires qui pilote la chose, tip top, propre en ordre.

Chaque fois pourtant, ces essais me font froid dans le dos, alors que je n’ai pas l’âge d’avoir connu la guerre. D’où me vient donc ce sentiment de crainte diffuse, de malaise, quand ces sirènes se mettent à hurler?

Ces alarmes ne font finalement que leur boulot. Elles prouvent loin à la ronde qu’elles fonctionnent bien et que la couverture sonore du canton est assurée. On est donc prêt. Mais à quoi? A l’alarme générale réelle! Celle qui arrivera un jour. Ou pas. Qui sait…

Alors si ces simples essais me font froid dans le dos, je n’ose imaginer l’effet que ça va faire, cet après-midi, à certains négociateurs syriens présents à Genève aux pourparlers sur l’avenir de leur pays. Ou à tous ces réfugiés qui ont fui les conflits armés, n’en pouvant plus de toutes ces horreurs qui leur tombent dessus sans crier gare, et qui tâchent de se reconstruire dans notre région.

Vont-ils croire que ça recommence? Faudrait les rassurer. La complainte des sirènes vise plutôt à montrer que tout est ici sous contrôle. C’est une piqûre de rappel pour dire que tout va bien...

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